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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 19:32

Au siècle, le peuple dominant, le peuple triomphant en Gaule, c'est le peuple Wisigoths. Installés en Aquitaine, ils se sont emparés de l'Auvergne, ont poussé jusqu'à la Loire et ne semblent pas décidé à s'en tenir là.

  Les Wisigoths ainsi que les Burgondes qui eux aussi ont agrandi leur territoire en pénétrant dans l'intérieur de la Gaule pratique l'arianisme, une religion hérétique qui nie le mystère de l'incarnation.

Nicée    Retranchés entre Seine et Loire, les chrétiens restés fidèles au concile de Nicée comprennent alors que si l'on ne met pas fin à la progression des Wisigoths et des Burgondes, l'arianisme s'imposera en Gaule et en Occident.

 

[ci-contre]

L'empereur Constantin, entouré des évêques conciliaires présente le texte du symbole de Nicée, adopté lors du premier concile œcuménique

 

 

  Un plan de bataille commence à s'imposer aux évêques catholiques. Après tout, la conversion d'un seul homme, Constantin, un siècle et demi plus tôt, avait suffi pour sauver l'Église. Qu'un prince catholique, audacieux et brave, se dresse devant les chefs Wisigoths et Burgondes et leurs ambitions, et, avec l'aide de Dieu, la Gaule serait libérée de l'hérésie; le sort de l'occident chrétien en serait changé !

  Encore fallait-il trouver ce prince...

  Il ne viendrait pas de Rome, prise et ruinée par les Goths. Il ne viendrait pas de la faible enclave latine que Syagrius, isolé dans Soissons, s'efforçait de maintenir. Il ne viendrait pas d'Armoriquedontleschefs bretons avait déjà beaucoup à faire pour protéger les côtes contre les Saxons et la frontière contre les Alains.

  Aucun prince catholique n'était à même d'affronter victorieusement les Wisigoths et les Burgondes. Pour le moment...

  Car si ce prince n'existait pas encore, il était possible de le susciter, voire de le fabriquer.

 

  Le choix de l'Église 

 

  Alors les évêques se tournèrent vers les païens. À leur élu, ils avaient à offrir la Gaule et l'héritage de Rome : un vieux pays, un vieux peuple, une vieille culture. Ces trois richesses, il en serait le maître. À une seule condition, fondamentale : qu'il embrasse la foi catholique, qu'il s'en fasse le champion, le défenseur.

  Les regards catholiques se tournèrent vers le Nord. Il y avait là un peuple de courageux guerriers auquel Rome avait souvent fait appel et dont les chefs paraissaient intelligents et raisonables : les Francs.

 

  Les Francs, c'est ce peuple germanique formé par l'union des Bructères, des Chattes, des Saliens et des Sicambres. Menés par leur chef Childéric, ils ont par deux fois, en 463 et en 468, largement contribué, à la demande de Syagrius, à repousser les armées wisigothes d'Euric.

  À la mort de Childéric c'est son fils de 15 ans Chlodowig (Clovis) qui est hissé sur le pavois.

 

  Pour Rémi l'évêque de Reims, qui rêve d'une Gaule libre, réunifiée, forte et catholique, celaDetail.vitrail.eglise.Saint.Remi.Reims.2ne fait aucun doute, Clovis est l'homme providentiel. Il lui écrit une lettre dans laquelle il lui reconnaît un début de légitimité : «Tu es ce que tes pères ont été...». Il lui fait une proposition d'alliance : «Montre toi plein de déférence pour tes évêques et recours toujours à leur avis». Il lui donne un conseil, presque un avertissement : «Si tu t'entends avec eux, ton pays s'en trouvera bien». Et une promesse «Si tu veux régner...» qui révèle la confiance et l'espoir que l'Église porte en lui, en dépit de Syagrius qui aux yeux des évêques ne représente plus l'avenir.

  «Montre t-en digne» lui dit Rémi. S'en montrer digne, c'était suivre, aussi scrupuleusement que possible les règles de vie qu'avait tracées ce dernieràson intention. Des lois faites pour les chrétiens. Faudrait-il en passer par là ? Le catéchuménat, la messe, le baptême...                                                                                          Saint Rémi (détail-vitrail)

  La proposition de Rémi méritait qu'on y réfléchisse.

 

  Progressivement, Clovis fait la conquête des territoires environnant les terres dont il a hérité. En général les villes s'ouvrent devant lui sans résistance. Il n'est pas considéré comme un ennemi, pourtant le chef Franc ne peut empêcher par ses hommes, le pillage des riches habitations ni même des lieux de cultes.

 

  Le vase de Soissons

 

  Or, lors du pillage d'une cathédrale, un vase sacré d'un travail et d'une beauté tout à fait exceptionnels à été dérobé. Les autorités religieuses demandent à Clovis la restitution de cet objet. Celui-ci, s'il n'entend pas grand chose aux subtilités du culte catholique (calices et ciboires ne sont à ses yeux que de la vaisselle plus ou moins précieuse), ne tient pas à braquer l'Église contre lui. Il promet donc la restitution du vase dès que le partage du butin des pillages sera effectué, à Soissons.

  Récupérer le vase n'est en fait pas chose aussi simple qu'il n'y parait. Le jour du partage du butin c'est un peu comme le jour de paye. La règle est stricte, chaque guerrier a droit à sa part, chaque part est tirée au sort, aussi intervenir lors de la répartition des biens peut être peu apprécié par des hommes aux manières parfois primaires.

Le vase de Soisson  Le jour de la répartition, le roi Franc demande avec civilité à ce que le vase lui soit accordé hors part. Cette demande, si elle n'est pas exorbitante est tout de même maladroite. Il veut rendre le précieux calice à l'Église sans pour autant amputer sa part de gains. Peut-être faut-il considérer qu'il restitue l'objet sacré au nom du peuple Franc et que par conséquent c'est un prélèvement effectué sur la part de tous. Mais il ne dit rien de cela.

  N'acceptant pas le passe droit que s'octroie Clovis, un guerrier s'approche du vase et le frappe d'un geste rageur en hurlant : «Tu n'auras rien de plus que ce que le sort t'octroiera !»

  L'affront est immense mais le roi se contient. Il se tait et ramasse le précieux objet qui plus tard sera réparé par un habile orfèvre puis restitué à l'Église. Ce guerrier était dans son droit, c'est Clovis  fais du vase de Soissons qui voulait transgresser la règle, et si le roi ne respecte pas les usages, qui le fera ?

 

  L'année suivante, le 1er mars 487 précisément, Clovis réunit son armée pour la traditionnelle revue annuelle. L'armée franque est certes une armée barbare, mais c'est d'abord un corps d'élite de l'armée romaine. Sur de nombreuses sépultures ont a d'ailleurs trouvé l'épitaphe : "Citoyen Franc et soldat romain". Les Francs en sont fières et pour s'en monter digne, rigueur et discipline sont exigées.

  Alors qu'il passe lentement en revue ses troupes, Clovis s'arrête face à un homme dont l'entretient des armes laisse à désirer. Il le fixe droit dans les yeux; c'est l'homme qui s'est opposé à lui à Soissons.

  «Personne n'a des armes aussi mal tenues que les tiennes. Ta lance n'est pas en bon état... Ni ton épée... Ni ta hache...»

  Clovis lui arrache cette dernière de la ceinture et la jette à terre. Le soldat se penche alors Veng-Clovpour la ramasser, alors son chef se saisit de la sienne et lui porte un terrible coup sur la tête :

  «Ainsi as-tu fais à Soissons avec le vase». Puis le roi ordonne aux autres de s'éloigner, laissant le cadavre exposé au public, probablement sans sépulture.

  Cet épisode est extrêmement intéressant. Tout roi qu'il était, Clovis n'avait pu s'opposer àla volonté d'un soldat, dès lors qu'il ne demandait que l'application de la coutume. Toutefois, dans un autre contexte, celui militaire, il a le droit de vie et de mort sur ses soldats. Il a donc parfaitement le droit, et même le devoir de châtier un soldat dont la conduite est répréhensible. Le roi barbare vient de monter à tous qu'il était préférable d'être à ses côtés plutôt que face à lui.

 

  Le roi païen

 

  Spirituellement, Clovis se fie aux croyances de ses ancêtres. Sa vie c'est la guerre, laWotan conquête militaire, et pour lui, toute réussite, toute gloire, toute victoire procède des seigneurs qui règnent dans le palais du  Walhalla. Ses divinités sont viriles, combatives, triomphantes, cruelles. Il veut bien écouter les conseils de Rémi, l'évêque de Reims, mais croire en son charpentier juif qui a fini cloué sur une croix entre deux bandits, pas question !

  Les catholiques, il les aime bien, mais en vérité ce qui le préoccupe par dessus tout, c'est son intérêt personnel. Et c'est donc sans états d'âmes qu'il accorde la main de sa sœur Aldoflède à Théodoric de Ravenne, le roi Ostrogoth et hérétique.

                                                                                                      Wotan

 

  Clotilde 

 

  La première épouse de Clovis, la mère de Thierry, étant morte, l'entourage du roi étudie la question avec application. On lui parle (Rémi probablement) d'une jeune et ravissante princesse burgonde, Clotilde[1], dont le cœur serait à prendre.

  Une jolie princesse burgonde, voilà qui pourrait être avantageux diplomatiquement. Un problème se pose toutefois : la jeune fille élevée par sa grand-mère maternelle dans un monastère est une fervente catholique. Si elle rejette l'arianisme pratiqué à la cour de son oncle à Genève, est-ce l'épouse qu'il faut à un roi polythéiste ?

  Tout de même, à bien y réfléchir, épouser une catholique pourrait être une excellente façon de se rapprocher de l'Église sans se compromettre. De plus, tous ceux qui l'ont rencontré sont formels : elle est charmante !

  Et en 492, à l'église sainte Sophie de la Trinité à Soissons, Clovis, fils de Childéric, épouse Clotilde fille de Chilpéric. La nouvelle reine n'a posé qu'une condition : les enfants qui naîtront de leur union seront baptisés dans la religion de leur mère.

  De cette union naîtra bientôt Ingomer. Mais l'époque est rude, un enfant sur deux ne survit pas à ses premiers mois. Parmi ceux qui passent le cap, une autre moitié ne fêtera jamais son cinquième anniversaire. Pour quatre naissances, trois décès en moyenne, un seul nouveau né peut arriver à l'âge adulte.

  Et à peine baptisé, Ingomer tombe malade et succombe. Le chagrin est immense pour sa mère, la colère l'emporte chez sa mère. Si l'enfant est mort, c'est parce que le dieu de Clotilde est faible !

  Le temps passe, le chagrin s'estompe. Le petit est auprès du Seigneur; Clotilde le sait et l'a dit à son époux. Celui-ci n'en est pas convaincu mais l'amour qu'il porte à la reine a apaisé sa colère. Et en 495, naît Clodomir.

  Clotilde, dont l'influence grandit auprès de son mari, obtient de celui-ci son accord pour faire baptiser le nouveau prince, qui à son tour... tombe malade.

  Cette fois cela ne fait aucun doute : Wotan et les autres dieu punissent le roi Franc pour sa clot-clovtrahison au culte de ses ancêtres.

  De son côté, Clotilde ne veut perdre espoir. Jour et nuit, elle prie au côté de son fils.

  Pour Clovis, cela ne sert à rien ! L'enfant mourra, comme l'autre. Comment pourrait-il en être autrement ?!

  Mais les supplications de la reine sont entendues et Clodomir se remet totalement.

  Le roi est heureux et ne sait finalement qui remercier. Clotilde va le lui expliquer, lentement, patiement, quotidiennement.

  Puis naîtront Childebert, Clotaire et Clotilde.

 

   Après avoir triomphé de Syagrius à Nogent, Clovis a étendu son royaume. Toutefois il connait un petit revers à LutèceGeneviève refuse d'ouvrir les portes de la ville à un païen. Le roi Franc pourrait donner l'assaut à la ville, mais il aime trop Lutèce pour y mener des combats qui ne manqueraient pas d'endomager la ville dont il veut faire sa capitale. De plus, il a trop de respect pour celle qui tint tête à Atilla. Alors, il organise un blocus de la ville, sans grand succès puisque la sainte patrone de la ville organise le ravitaillement de celle-ci par voie fluviale.

 

  Le serment de Tolbiac

 

  En 496, les Alamans, une communauté de guerriers germaniques, ont conclu un pacte avec les Burgondes. Ils se montrent de plus en plus menaçant vis à vis du royaume de Cologne, des Francs Rhénans. Devant l'importante menace, Siegebert, le roi Rhénan, fait appel à son allié Clovis.

    Le peuple Rhénan dont la première épouse de Clovisétait issue, étant l'allié des Saliens, ce dernier réuni ses armées et vient à la rescousse de Siegebert, vaincu et blessé à Tulpiacum (Tolbiac). Bataille-de-Tolbiac map-fr.svg

  La bataille a lieu non loin de là, dans une plaine. C'est un choc de fantassin, violent, brutal, obstiné. Seuls les rois, comme le veut la tradition, sont montés sur un destrier, blanc, ce qui leur permet d'être reconnaissables de loin. Les Alamans, plus nombreux prennent bientôt le dessus sur les Francs. Le Rex Francorum, invoque Wotan et tous les preux du Walhalla. Sans résultat. Sans doute les walkyries ont-elles décidé que l'heure était venue pour Chlodowig d'aller les rejoindre.

 

  Mourir en combattant, voila un grand honneur, à condition de tomber en vainqueur. Mais la situation dégénère et la bataille semble perdue.

  À ses côtés, Aurélien l'ami de toujours, Aurélien le catholique se signe, et d'autres hommes l'imitent. Au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, ainsi soit-il.

 Mille choses traversent l'esprit de Clovis : Que pensera le peuple de son roi vaincu ? Qu'adviendra t-il de ses enfants, de son épouse ?

  Clovis descend alors de son cheval, puis s'agenouille : «O Jésus-Christ. Je T'invoque ! C'est en Toi que je veux croire pourvu que Tu m'arraches à mes adversaires ! Dieu de Clotilde, si Tu me donnes la victoire sur mes ennemis, je me ferai chrétien !»

Ary Scheffer - Bataille de Tolbiac 496                                             Ary Scheffer  -  La bataille de Tolbiac  -  (1837)

Clovis remonte en selle, il voit le prince alaman qui progresse dans sa direction, triomphant. Autour de Clovis, les cadavres des Fédérés francs et Gallo-Romains couvrent le sol. C'est un désastre.

  Soudain un cri de stupeur monte des lignes ennemies. Le chef alaman vient de s'écrouler, touché mortellement.

  Il faut immédiatement profiter du moment de trouble que cause la mort du chef au sein des troupes alamanes. Clovis et ses guerriers se ruent à l'attaque. En face, c'est la panique, totalement désorganisés, désemparés, les alamans fuient ou se rendent.

  La victoire, parce que miraculeuse, est magnifique. Les Francs sont passés du désespoir au triomphe. Clovis s'est vu vaincu, déchu, humilié, le voila grand, admiré, comblé. Et cela, il le doit non pas aux dieux de ses ancêtres mais à ceux de son épouse.

  En invoquant le dieu des chrétiens, Clovis a fait un pas vers Lui. En lui accordant la victoire, le Chrtist lui tend la main. Clovis, homme de parole, homme d'honneur, a fait une promesse, il l'a tiendra. La prochaine étape sera donc le baptême.

 

 

[1] http://dossierstorique.over-blog.com/article-clotilde-reine-des-francs-39258020.html

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 22:56
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Observation : Fig. 7. -- À remarquer le luxe de la demeure gallo-romaine : mosaïques du sol, sculpture des colonnades. -- Tirer de l'image quelques indications sur les esclaves, anciens captifs : aucune liberté, achetés, vendus, cédés comme du bétail. -- Faire observer au premier plan, à droite : le chef franc : tête couverte d'un casque, cheveux flottant sur les épaules; derrière lui, le soldat franc : tête nue, cheveux relevés en crinière sur le sommet de la tête. -- Les armes des francs : l'épée, la hache, (francisque) qu'ils lançaient à distance pour atteindre leurs ennemis. -- Au fond, un vrai «déménagement de voleurs» (étoffes, bijoux, etc.); à gauche, un élément comique dans la tristesse générale de la scène.


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Observation : Fig. 8. -- Trois personnages, trois attitudes : le roi franc, assis sur un siège élevé, semble écouter, en réfléchissant tout comme un bon élève, l'évêque qui parle debout devant lui; la reine, assise en contre-bas, à gauche du roi, les yeux levés vers le prêtre, l'écoute également avec une profonde attention. -- Faire remarquer les rouleaux près du siège de l'évêque (livres écris à la main, très long travail, ce qui explique le petit nombre des manuscrits). -- Quelques remarques sur les costumes : cheveux long de Clovis, insigne de la royauté chez les Francs, sandales, robes flottantes, etc.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 00:27

  Les Francs n'ont pas seulement donné leur nom à la France; leur langue, le francique ne disparaîtra pas sans avoir laissé de trace dans la langue française.

  L'apport franc à la constitution de la langue française se distingue d'autres apports (mots de formation savante pris du grec ancien, mots isolés d'origine italienne, espagnole ou arabe...) par le fait qu'il résulte de l'implantation, sur le territoire gaulois, d'une population de langue germanique : les Francs. Si ces derniers apprennent assez rapidement à s'exprimer dans le bas-latin parlé par les gallo-romains, ils n'en continuent pas moins à pratiquer jusqu'à la dynastie carolingienne leur langue germanique d'origine : le francisque.
  Outre ses effets au niveau de la typologie, de la phonétique et de la syntaxe, l'apport francisque a laissé, au niveau lexical, des mots assez importants et assez nombreux. Plus de 500 mots d'origine francique existent encore aujourd'hui dans la langue française (il y en avait 700 dans le vieux français). Selon M.J.Brochard («Le francisque» dans Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaire Le Robert), certains emprunts lexicaux, dans une zone située entre la Picardie et la Lorraine, remontent à la première colonisation (Vè siècle). D'autres, qui ne dépassent pas le sud de la Loire, témoignent d'une forte implantation au nord de la Loire pendant la période mérovingienne.  La troisième catégorie d'emprunts pénètre, par l'intermédiaire du latin carolingien, jusque dans les régions du sud de la Loire. Ces mots sont, pour la plupart, des emprunts interromans que l'on trouve dans d'autres langues romanes.

abrogans 1stpage 1243613507  Des mots d'origine francique se retrouvent dans pratiquement tous les domaines, excepté le commerce, l'artisanat et la religion.
  Conquérants, les Francs apportèrent à la langue française le mot guerre et tout un vocabulaire ayant trait à l'art médiéval : heaume, haubert, hache, héraut, ainsi qu'à l'art équestre : galoper, trotter, étalon, croupe, éperon, étrier. On leur doit également le nom de certaines fonctions : maréchal, sénéchal, baron.
  Plusieurs verbes d'usage courant viennent des Francs. On trouve parmi eux des verbes indiquant : le mouvement : marcher, danser , grimper, frapper, ramper, heurter; l'observation : guetter, épier, guigner; la mise en ordre : ranger, garer; l'engagement : garantir, gager; le fait de conduire les autres : guider; le fait de s'assurer un profit, d'être vainqueur : gagner.

  De même, est-on redevable à la langue des Francs de divers mots traduisant un sentiment particulièrement fort : orgueil, haine, hargne, honte, ainsi que d'adjectifs marquant l'énergie et le courage : hardi, ou l'honnêteté : franc.
  Citons encore des couleurs : bleu, blanc, gris; des adverbes : trop, guère; des termes ayant trait à la vie rurale : hameau, jardin, haie, hêtre, houx, mousse, haricot, grappe, gerbe, gibier, harde, hanneton, crapaud, mare; des noms de bâtiments : hangar, halle; des noms d'objets divers : hotte, cruche, trique, échasse, jauge, gaule, gant, froc, trappe, gaufre.
  L'apport de Francs à la langue française est si riche et si diversifié qu'il permet de construire des phrases où tous les noms, adjectifs et verbes proviennent de la langue francique. Ainsi continuons-nous d'une certaine manière à parler la langue des Francs lorsque nous disons que «la guerre éclate», que nous parlons de «gagner la guerre» ou que nous construisons une phrase telle que «le hardi baron guerroie sans heaume et sans haubert. Éperonnant son étalon, il franchit la haie au galop et, de sa hache, frappe l'orgueilleux sénéchal».

  Dans un style plus pacifique et bucolique, on utilise également des termes d'origine franque lorsque nous parlons d' attraper des crapauds dans la mare, de ranger la houe dans le hangar ou de récolter les haricots blancs du jardin.
  L'apport germanique à la langue française ne se limite pas à l'apport initial des Francs. Les vikings qui s'installent en Normandie au Xè siècle apporteront nombres de mots d'origine scandinave dont une partie passera des dialectes normands dans la langue française. Ces termes ont essentiellement trait à la navigation et au monde de la mer : flotte, cingler, étrave, agrès, quille, hune, vague, crique, varech, crabe, homard, marsouin. Viennent également du scandinave des verbes tels que flâner et hanter.
  Tous ces mots s'ajoutant à l'apport francique et aux mots qui continueront à être empruntés aux langues de peuples germaniques avec lesquels les Français restent en contact étroit durant tout le Moyen Âge (matelot, nord, sud, est, ouest, hisser, garder...) augmenteront l'impact germanique sur la langue française. César aurait ainsi bien du mal à retrouver son latin dans la phrase suivante : «Le matelot hisse le foc et grimpe sur le mât de hune. La flotte cingle vers le nord; à bord du bateau, l'équipage, harassé, grommelle
  Une certaine légèreté de l'esprit français peut même s'exprimer en des termes qui ne doivent rien à la langue d'Ovide. Ainsi ne sommes-nous pas aussi «latins» que nous le croyons lorsque nous prononçons une phrase telle que : «Le galant marquis garde en gage le gant de la baronne
  Notons, pour conclure, que les prénoms royaux les plus fréquemment utilisés nous viennent des Francs. Louis (Lodewig en francique, Ludwig en allemand), dont Clovis (Chlodwig) n'est qu'un doublet; Charles (Karl).
  De même, près du quart des patronimes français actuels ont des racines germaniques, notamment franciques. Notons ainsi, parmi tous ceux qui sont cités par Albert Dauzat[1] : Auger (Adal-Garl), Baudouin (Bald-Win), Béraud (Berwald), Drumond (Drud-Mund), Foucher (Fulc-Hari), Gaubert et Jobert (Gaut-Berht) , Godard (Gud-Hard), Guichard (Wig-Hard) , Flobert et Flaubert (Hlod-Berht), Raimbaud (Ragin-Bald), Roland (Hrod-Land); Lambert (Land-Berht), Landry (Land-Ric), etc...

  Peut-on en conclure que finalement, nos ancêtres ne sont pas les Gaulois ? Certainement pas !
  Les Gaulois devinrent Gallo-Romains non parce qu'ils furent submergés par des populations d'origine romaine, mais parce qu'ils se soumirent à l'autorité militaire et administrative de Rome, et que petit à petit, ils adoptèrent de nombreux aspects de la culture romaine. Puis, les Gallo-Romains passèrent sous domination franque. Là encore, la population resta composée en très grande majorité de Gaulois, des Gaulois romanisés qui, se pliant à l'autorité des Francs assimilèrent une partie de la culture franque, sans pour autant perdre leur identité gauloise.
  Bref, la France est un pays né d'une belle synthèse de trois éléments : Celtes (les Gaulois), Latins (les Romains), Germaniques (les Francs). La synthèse a été possible, et fructueuse, car Celtes, Latins et Germains appartenaient au même fond culturel et ethnique : les Indo-Européens.

D'après un article de Pierre Maugué paru dans Enquète sur l'histoire N° 17

[1]Les noms de familles en France, Payot, 1949.

 

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 17:10
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Leçons d'Histoire de France provenant d'un livre scolaire datant du début du XXème siècle, pour classe de cours élémentaires.

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 22:13

Cours d'Histoire de France... du XVIème siècle.

EPITOME[1] DES GESTES[2] DES CINQUANTE-HUIT ROIS DE FRANCE DEPUIS PHARAMOND (1546)

 De Clovis premier de ce nom, cinquième roi des Français et premier chrétien.

  Clovis succéda à son père Childéric, lequel par sa prouesse conquit Soissons, vainquit le roi Bisin, et les Thuringiens; et épousa Clotilde de Bourgogne. Laquelle le pria de non plus paganiser, et de croire à un seul Dieu. Ce que ne fit de prime face. Mais étant en conflit avec des Alemans désespérant de la bataille, lui souvint de Dieu, et crut en lui : lequel lui donna toute victoire sur ses ennemis. Après cette victoire fut baptisé par Saint Rémi, l'an quinzième de son règne. Et obtint de Dieu un étendard nommé Lauriflamme, sous lequel expella les Ariens, Gondebaud roi des Bourguignons, et les visigos de la terre d'Aquitaine, après avoir occis Alarich leur roi. Parquoi Anastaze empereur l'appela Auguste, et lui bailla titre d'empereur. Ce fait, décéda l'an XXX de son règne, De la création du monde 4474, de notre salut 514.


[1]  Abrégé d'histoire [Scolaire]
[2] Cycle de poèmes épiques racontant l'ensemble des aventures d'un héros.

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 10:31

  Il est de bon ton en république de présenter la royauté sous un jour défavorable ou d'en accentuer les travers. Clovis n'échappe pas à ce traitement puisque celui-ci est systématiquement décrit comme une brute, un rustre, fin calculateur. 
  Oui, le roi Franc était violent, mais ses adversaires aussi étaient violents, ses alliés étaient violents, le Vème siècle était violent. Les attaques des huns, des Goths, des Vandalles etc... étaient encore présentes dans l'esprit de tous, et un peuple qui aurait montré de la faiblesse se serait fait écraser par son voisin.
  Le chef, le roi, le guerrier Clovis 1er pouvait être cruel, mais c'était aussi un homme sensible et fidèle.

  Quelques mois après son mariage (neuf évidement) Clotilde est sur le point de mettre au monde son premier enfant. Clovis est enthousiaste et impatient bien qu'il soit déjà père. En effet, Thierry est né vers 485 / 490 d'un premier mariage probablement avec une princesse franque rhénane. De ce premier mariage, de cette première épouse, nous ne savons quasiment rien, mais il y fort à parier que cette union fut célébrée comme « gages de paix » (friedelehen) avec les "cousins" Rhénan, ce qui explique que Clovis obtiendra en 511, l'espace oriental du Regnum francorum qui recouvrait l'ancien royaume de Cologne.
  C'est un garçon ! Il reçoit le prénom d'Ingomir, ou Ingomer, et Clovis bien que retissant accepte par amour pour Clotilde que le petit prince reçoive le baptême catholique.
  Clovis ne le comprit probablement pas, mais, en cette circonstance, l'Église l'utilise, lui et sa famille, afin de donner à la société tout entière un exemple venu de haut, et donc impératif. Pas plus que la bénédiction nuptiale, le baptême des nouveaux-nés n'était encore entré dans les moeurs, pas même dans les familles catholiques. Au contraire, l'usage courant, surtout s'agissant d'enfants mâles, destinés aux fonctions politiques et militaires, était de le retarder jusqu'à la maturité, voire jusqu'à la vieillesse.
  Mais hélas, quelques jours après avoir été baptisé, l'enfant meurt. Evénement tragique mais terriblement fréquent. La moitié des nouveaux-nés n'atteignent pas l'âge d'un an à cette époque. Naturellement, Clotilde est effondrée, la peine de perdre son enfant est immense, mais catholique, elle sait que celui-ci,  pure et innocent a été accueilli au royaume de Dieu.
                                                              Clovis et Clotilde par Antoine-Jean Gros
 
  Clovis lui, est terrassé. A la douleur paternelle du roi, immense, ravageante, lui qui attendait tant cet enfant, s'ajoute un terrible sentiment de culpabilité.
  Lui qui tout au long de la grossesse de sa femme n'a cessé de railler l'impuissance trop flagrante, trop connue du Dieu des chrétiens, toujours incapable de protéger ses fidèles, a commis l'erreur de lui laissé consacrer son enfant. Baptisé, Ingomer est mort aussitôt, succombant à sa première maladie tandis que Thierry, l'ainé, le petit païen voué à Wotan (ou Odin le dieu principal de la mythologie nordique), a toujours éclaté de force et de santé. Comment le roi a-t-il pu laissé faire une chose pareil, il a tourné le dos à ses dieux et voilà le résultat ! Clovis se sent aussi coupable que s'il avait tué son fils.
  Le roi en veut à son épouse, mais celle-ci relève la tête rapidement et dit :
_ Mon coeur à moi n'est pas frappé de douleur à cause de la mort de mon fils, parce que je sais qu'ayant été rappelé de ce monde encore revêtu de ses vêtement blancs, il sera désormais nourri sous le regard de Dieu. Et je rend grâce au Créateur de toutes choses, au Tout-Puissant, car Il ne m'a pas jugée indigne, Lui qui a daigné accueillir en Son Royaume l'enfant que j'avais porté en mon sein.
  Clovis a du mal a comprendre son épouse, mais l'obstination de celle-ci à s'accrocher à ses croyances l'impressionne. Il y a là quelque chose qui le dépasse et l'oblige à réfléchir, à s'interroger sur le fond de cette religion qu'il méprise mais qui le fascine aussi. Et quelques mois plus tard, lorsque la reine se voit enceinte pour la seconde fois, il consent à nouveau bien que redoutant que le drame se reproduise, à ce que l'enfant à naître soit baptisé.
  C'est donc en 495 que naît un second garçon prénommé Clodomir. Celui-ci est immédiatement baptisé au cours d'une cérémonie fastueuse qui n'apaise pas la crainte dissimulée de ses parents. Les craintes sont justifiées car à peine a-t-il reçu le chrême et les onctions que Clodomir est pris de fièvre.
  On averti le roi qui, immédiatement surgit dans sa chambre et se plante à son chevet, comme si sa présence pouvait empêcher la mort de s'approcher de lui.
  Mais les heures passent et l'état du petit empire. Clovis ne se fait pas d'illusion, l'enfant va mourir. Si c'est la volonté de Dieu, Clotilde souffrira mais l'acceptera mais pas Clovis. La reine le sait, alors elle regagne sa chambre où elle a installé un petit oratoire et prie.
  Songeur et désolé, le roi s'est assis près de son fils mourant, et, silencieux attend la fin... Qui ne vient pas.

  Le sommeil agité de l'enfant redevient paisible. A l'aube la fièvre est tombée, Clodomir est sauvé.
  Son père le découvre paisiblement accroché au sein de sa mère qu'il tète goulûment.
_ Le Christ a entendu mes prières dit Clotilde.
  Clovis, heureux mais fatigué, esquisse un sourire, hausse les épaules et se retire, pas persuadé du tout que le Christ ai quelque chose à voir avec la guérison de son fils.




  Clovis avait trois soeurs, Audoflède, Alboflède et Lantechild. En 494, Audoflède épousa Théodoric le Grand, maître de l'Italie. Le roi des Francs qui vouait une grande tendresse à ses soeurs cadettes avait été peiné du départ d'Audoflède à Ravenne. Alors ne désirant pas voir Alboflède et Lantechild partir, il ne s'empressait pas à leur trouver un mari.
  Hélas, dans les premiers mois de l'année 497, la princesse Alboflède mourut.
  Cette disparition brutale plongea Clovis dans un désespoir inouï qui frappa de stupeur tous ses proches. Enfermé dans son palais soissonnais, refusant de quitter ses appartements où il pleurait à se rendre malade, le guerrier impassible s'était mué en pauvre homme qui s'abandonnait à sa peine avec des excès indignes d'un roi et d'un chrétien. Aucune consolation n'y faisait, et même, les marques de tendresse et de compassion que Clotilde lui témoignait, loin d'apaiser la douleur fraternelle de Clovis, semblait, au contraire, l'augmenter. L'évêque Rémi usa, pour sa part, d'une autre méthode, et, puisque, décidément, les paroles de réconfort, les assurances pieuses quant au sort éternel de la princesse, n'y faisaient rien, il changea de ton, se fit dur, incisif et presque méprisant :
"Je suis affligé, et même très affligé, moi aussi, de l'objet de ta tristesse : le décès de ta soeur germaine (né du même père et de la même mère), d'heureuse mémoire. Mais nous pouvons nous consoler, car elle a quitté ce monde de telle manière que nous avons plus de raisons de l'admirer que de la pleurer. Elle a vécu de manière à nous laisser croire que le Seigneur l'a accueillie près de Lui et qu'elle est allée rejoindre au Ciel les élus. Elle a vécu pour la foi chrétienne et maintenant a reçu la récompense des vierges fidèles. Non, ne pleure pas une âme qui se consacrait au Seigneur. Elle resplendit sous le regard de Dieu dans toute la fleur de sa virginité, et porte sur le front le diadème réservé aux âmes immaculées. Oh, loin de nous l'envie de la pleurer, elle qui a mérité de devenir la bonne odeur du Christ et de pouvoir, par Lui, se faire le secours de ceux qui lui adressent des prières. Chasse donc, Seigneur, la tristesse de ton coeur, et domine les émotion de ton âme. Il te revient de gouverner avec sagesse, et de chercher ton inspiration parmi des pensée à la hauteur d'un si grand devoir. Tu es la tête de ton peuple, et l'âme de ton gouvernement : que tes sujets ne te voient point t'abandonner à une faiblesse produite par une tristesse immodérée; qu'ils ne te croient pas plongé dans l'amertume de la douleur, eux qui sont habitués à tenir de toi leur félicité. Console toi donc et que ton âme ne se laisse pas enlever sa vigueur par l'excès de ton affliction."
  C'était précisément le langage qu'il fallait tenir au roi. Piqué au vif, ulcéré qu'on pût le croire sans force et sans courage, ou douter de son impassibilité virile, Clovis sécha aussitôt ses larmes.

  La nouvelle que Paris, qui jusqu'ici refusait de lui ouvrir ses portes, acceptait, suite à sa conversion, de l'accueillir lui rendit la joie de vivre.

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 02:03

La vie de Clovis 1er, roi des Francs. Documentaire en deux partie diffusé sur ARTE.

ATTENTION, pour des raisons idéologiques typique d'un documentaire diffusé sur cette chaine, Clovis est décrit comme une brute sanguinaire et tyranique, mais ce n'est pas Clovis qui était violent, c'est l'époque qui l'était. Les rois de cette époque n'était pas des tendres mais gardons nous bien de juger l'histoire ancienne avec notre mentalité "moderne".



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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 18:19

  Nous sommes en 493, Clovis 1er, roi des Francs, est devenu un roi puissant exerçant son autorité sur la moitié de la Gaule. Respecté, il entretient de bonnes relations avec Théodore le Grand, roi des Ostrogoths, qui règne sur l'Italie, et aimerait établir de nouvelles alliances politiques.
 
  Pour cela, il a envoyé des ambassadeurs auprès du roi de Burgondie, Gondebaud, dans le but de rencontrer secrètement sa nièce Clotilde pour demander si elle consentirait à épouser le roi des Francs. Celle-ci accepte et sans en avertir son oncle, on procède à un échange d'anneaux en guise de promesse.
  "Elle est sage et belle" rapportent les envoyés à leur retour. C'est décidé, elle deviendra son épouse et la reine des Francs.

  Clotilde ou Chlotilde est née en 475. Fille du roi Burgonde Chilpéric II, frère de Gondebaud, elle fut épargnée lors du massacre de ses parents par son oncle paternel. Grégoire de Tours, qui rapporte cet évènement, précise en effet que Gondebaud assassina son frère et fit jeter son épouse dans le Rhône avec une pierre attachée au cou, avant de recueillir ses deux nièces Chrona et Chlothilde dans son propre palais.
  Chilpéric "guerrier très victorieux", bien qu'entouré de conseillés hostiles au catholicisme s'est montré durant son règne respectueux envers les évêques et notamment l'évêque Patiens (dont le roi admirait les festins mais dont la reine louait les jeûnes selon Sidoine Apollinaire), prélat à qui il permit de construire de nouvelles églises. Il permit aux évêques de fructueuses prédications et protégea ses administrés catholiques comme Gundioc, le grand-père de Clotilde, l'avait fait. Chilpéric fut d'une part un roi burgonde mais d'autre part il fut puissamment soutenu par quelques-uns des derniers empereurs d'Occident qui lui accordèrent, en 473 semble t-il la charge de maître des deux milices et celle de patrice. Il a donc revêtu les charges les plus importantes qui apparentent un roi barbare aux membres de la noblesse romaine.
  La mère de Clotilde fut l'une des plus saintes femmes de son temps, et remplie des vertus propres aux meilleures des reines, voire des impératrices.
Comme sa mère le fut, Clotilde est une fervente catholique, elle a été élevée dans un monastère par sa grand-mère maternelle, et cottoie à la cour de son oncle,Caretène, la principale épouse de celui-ci, elle même chrétienne. Par l'un et l'autre de ses parents, par son éducation elle n'a plus rien d'une barbare.
  C'est une princesse catholique de grand lignage que Clovis a choisit pour épouse et pour reine. 
 
  Gondebaud qui a assassiné ou fait assassiner deux de ses frères, Clilpéric II mais aussi Godomar II, afin de n'avoir plus à partager le royaume qu'avec son troisième frère Godégisèle, a besoin de se trouver des alliés. Attaqué par les Alamans qu'il a réussi à repousser aux confins de la Suisse, il s'inquiète de la réussite de Clovis. Aussi lorsque ce-dernier délègue son conseillé Aurélius "illustre Gaulois" pour demander la main de Clotilde, Gondebaud s'empresse d'accepter.
  Aussitôt il fait préparer le trousseau "et tout ce que réclame les noces d'une telle princesse", et remet sa jolie nièce aux envoyés de Clovis. Sans attendre, la fiancé monte sur une "basterne", ce char à boeuf utilisé par les gallo-romains qui est suivi de chariots chargés de ses bagages, et prend la route du nord pour rejoindre son fiancé.

  De retour de Constantinople, Aridius ministre et confident de Gondebaud apprend à son arrivé à Marseille que le roi burgonde a donné la main de Clotilde à Clovis. Celui-ci voit d'un très mauvais oeil l'union à venir, il soupçonne la princesse, une fois devenue reine de vouloir venger l'assassina de sa famille. Des cavaliers sont lancés à la poursuite du convoi princier. Mais Clotilde informée du retour imminent d'Aridius, et sachant qu'il chercherait à empêcher ce mariage ne reste pas longtemps à bord du chariot trop lent. Elle grimpe sur un cheval et fonce à bride abattue rejoindre son futur époux.
  De son côté, Clovis a quitté Soissons avec une petite armée pour aller à la rencontre de sa fiancée. Il passe par Reims, Châllons-sur-Marne, Arcis-sur-Aube et Troyes. La rencontre a lieu à Villery, un petit village situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Troyes. Sur une colline situé à la sortie de Villery se trouve un ancien camp romain, qui permet, en grimpant dans une petite tour, d'observer la région. Et lorsque la princesse et son escorte apparaissent à l'horizon, Clovis s'empresse d'aller l'accueillir.
  Clotilde et Clovis sont réunis, la poursuite engagée par l'armée burgonde à échoué.
  Dès que Clotilde descend de son cheval, le roi Franc est frappé par sa beauté et sa jeunesse. "Quand il l'eut vue, le roi fut rempli d'une grande joie". En d'autres termes, c'est le coup de foudre.
  Quelque jours plus tard, c'est la mariage qui eut lieu à Soisson, et dont on ignore sur quel rite religieux il fut célébré; puis les importantes fêtes qui accompagne un mariage royal. Clotilde a 18 ans, Clovis 27 ans. Comme l'explique le grand historien Belge Godefroy Kurth dans le livre paru en 1896, qu'il consacra à Clovis, ce mariage fut heureux : Dès les premiers jours le jeune roi barbare s'attacha d'un coeur sincère à l'épouse de son choix. Il lui laissa prendre sur sa vie un grand et salutaire ascendant, et Clotilde devint le bon génie de ce héro sauvage. Il lui resta fidèle : nulle part on ne voit que, comme tant de ses successeurs, il lui est infligé l'injurieux partage de son affection avec des rivales. Elle fut la reine de son coeur comme elle était la reine de son peuple.

  Quelques temps après, Clotilde tomba enceinte. Bien que païen, Clovis consentit, pour complaire à Clotilde, à laisser baptiser le premier fils qu'elle lui donna. La reine présenta elle-même au baptême son enfant mais dans la semaine même l'enfant tomba malade et mourut. « Si cet enfant avait été consacré au nom de mes dieux, dit Clovis, il serait vivant ; mais comme il a été baptisé au nom de votre Dieu, il n'a pu vivre. »

  La colère de Clovis se calma peu à peu, et peu à peu aussi l'influence de Clotilde s'accrut ; sa grande intelligence, nourrie par les méditations et les instructions religieuses, l'avaient rendue assez maîtresse du cœur de son époux pour que celui-ci soit à nouveau réceptif de la foi de son épouse.
  A la naissance de leur second enfant, le roi céda aux nouvelles instances de la reine, et permit que celui-ci fût aussi baptisé. Mais l'enfant tomba encore malade après la cérémonie du baptême, et Clovis entra de nouveau en fureur. « Que peut-il lui arriver, sinon ce qui est arrivé à son frère, répétait-il, c'est-à-dire qu'il meurt après avoir été baptisé au nom de votre Christ ? »Mais les prières de Clotilde furent entendues et Clodomir ne mourut pas, et trois autres enfants naquirent : Childebert, Clotaire et Clotilde.
  Depuis cet évènement,Clovis protégea en toute occasion la religion chrétienne. Par ses victoires et par sa politique il affermit le pouvoir des Francs et amena la destruction de l'arianisme.
  Après la mort de Clovis, Clotilde qui était proche de ses enfants, les amena à monter une expédition contre le royaume burgonde des fils de Gondebaud, vraisemblablement pour venger ses parents assassinés (selon Grégoire de Tours). Suite à cette guerre, son fils Clodomir fut tué à la bataille de Vézeronce.
    Elle ne voyait dans sa famille aucun sujet de consolation. D'une part ses fils se faisaient la guerre, de l'autre elle avait marié sa fille Clotilde à Amalaric, roi des Wisigoths, qui ne cessa de persécuter sa femme à cause de sa fidélité au culte catholique. Quand la fille des Francs se rendait à l'église, elle était insultée publiquement par l'ordre du roi, recevait de la boue et des immondices ; à son retour au palais, si elle se plaignait, le roi la frappait de sa propre main.
  Pour secourir sa fille, elle poussa Childebert à attaquer le mari de celle-ci. Childebert qui n'attendait qu'un prétexte pour s'attaquer au royaume Wisigoth leva aussitôt une armée et se lança via l'Auvergne, au secours de sa soeur. Amalaric tenta de s'enfuir à bord d'un de ses vaisseaux mais non content d'être une brute, celui-ci était aussi étourdi puisque pris de panique il était parti en laissant son trésor à Narbonne. Ordre fut donné à la flotte de faire demi-tour. De retour dans son palais, le roi Wisigoths'empressa de rassembler ses richesses mais avant qu'il eut terminé, on l'averti que les troupes de Childebert étaient entrées dans Narbonne. Abandonnantses trésors et ses insignes royaux, il se précipita vers l'église catholique pour, comble de l'ironie, y demander l'asile.
  Mais, selon la chronique de Saragosse, un soldat franc l'appréhenda, le reconnu et le tua. Childebert 1er s'empara du trésor d'Amalaric et libéra sa soeur. Hélas, celle-ci était dans un si triste état qu'elle mourut sur le chemin du retour à Paris. Childebertramena sa dépouille dans la capitale où il l'a fit enterrer aux côtés de leur père dans la crypte de l'église Sainte Geneviève.
Toute l'affection que Clotilde avait eue pour Clotilde et Clodomir semblait se reporter sur les trois enfants de ce roi, Gontaire, Chlodoaire, Chlodoald. Childebert et Clotaire voyant les enfants grandir, craignaient que la faveur de la reine ne leur donnât plus tard une part au royaume, et qu'ils ne vinsent à réclamer les droits de leur père. Ils décidèrent de se débarrasser de leurs neveux. Sentant monter l'avidité de ses fils, Clotilde tenta de protéger les trois fils de Clodomir, mais ne put sauver que Clodoald, le futur saint Cloud, tandis que les deux autres étaient massacrés par leurs oncles, horrible habitude de l'époque.  
 
  Après un si grand malheur, Clotilde vécut plus que jamais dans la retraite ; elle déploya, dit Grégoire de Tours, « tant et de si grandes vertus, qu'elle se fit honorer de tous. » On la vit, assidue à l'aumône, traverser les nuits de ses veilles, et demeurer pure par sa fidélité à toutes les choses honnêtes ; elle ornait les temples, veillait avec largesse au

Sainte Clotilde assidue a l'aumone
Sainte Clotilde
assidue à l'aumône

soin des monastères et des églises : le peuple la révérait moins comme une reine que comme une servante de Dieu.

  Elle ne chercha point à punir ses fils du meurtre des enfants de Clodomir. Elle tenta plusieurs fois d'apaiser leurs querelles. On nous raconte que Théodebert, fils de Théodoric, s'étant uni contre Clotaire avec son oncle Childebert, la reine, pour obtenir leur réconciliation, passa toute une nuit prosternée en oraison sur le tombeau de saint Martin ; le lendemain un orage effroyable éclata sur le camp de Childebert. Les rois y virent un avertissement du ciel ; ils envoyèrent des messagers à Clotaireen lui faisant demanderde vivre en paix et en union. La réconciliation faite, ils retournèrent chez eux, et personne, dit le pieux évêque de Tours, ne put douter que cette bienheureuse pacification ne fût due à l'intercession de la reine.

Clotilde mourut à Tours, en 545, sous le pontificat de l'évêque Injuriosus. Ses fils la firent transporter à Paris, afin qu'elle pût y être inhumée aux côtés de son époux, dans le Monastère des Saints-Apôtres devenu l'Abbaye Sainte-Geneviève. Les cantiques sacrés chantés par des chœurs nombreux et répétés par une grande affluence de peuple, de guerriers, de pauvres et de simples femmes, attestaient le respect que les contemporains de Clotilde portaient à son caractère et à ses vertus.

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 16:03
Voici une lettre que Rémi, évêque de Reims, a écrit à Clovis 1er, roi des Francs, pour son avènement en 481. Il s'agit d'un véritable programme politique chrétien :

                                     Au seigneur insigne et magnifique par le fruit de ses actes, le roi Clovis, Rémi évêque.


  Une grande nouvelle nous est parvenue, selon laquelle vous avez pris l'administration de la Belgique Seconde. Il est dans la tradition que tu deviennes ce que tes parents ont toujours été.

  Ce que tu dois accomplir, pour que le jugement du Seigneur ne t'abandonne pas, ce sont encore de grandes actions puisque tu es parvenu au faîte des honneurs, parce que ce sont les actes qui témoignent en faveur de l'homme.

  Tu dois t'attacher des conseillers qui puissent être l'ornement de ta renommée. Ta bonté doit s'exercer de façon chaste et honnète. Tu dois faire honneur à tes prètres et recourir toujours à leurs conseils, car si tu t'accordes bien avec eux ta province en sera renforcée. Aide les habitants de tes cités, relèves les affligés, soutient les veuves, nourris les orphelins, et plutôt que de menacer fais en sorte que tous t'aiment tout en te craignant.

  Que la justice s'exprime par votre bouche, sans attendre de dons des pauvres et des pérégrins. Que prétoire soit accessible à tous et que personne n'en soit chassé. Tu possède les richesses paternelles, alors tu peux libérer les captifs et les absoudre du joug de la servitude. Si quelqu'un se présente à votre regard, qu'il ne se sente pas pérégrin.

  Amuse toi avec les jeunes, discute avec les vieux, et si tu veux régner, juge noblement.

En latin
Rumor ad nos magnum pervenit, administrationem vos Secundum Belgice susceptisse. Non est novum, ut coeperis esse, sicut parentes tui semper fuerunt : hoc inprimis agendum, ut Domini iudicium a te non vacillet, ubi tui meriti, qui per industriam humilitatis tuae ad summum culminisque pervenit, quia, quod vulus dicitur, ( ex fine ) actus hominis probatur. Consiliaros tibi adhibere debes, qui famam tuam possent ornare. Et beneficium tuum castum et honestum esse debet, et sacerdotibus tuis debebis deferre et adeorum consilia semper recurre ; quodsi tibi bene cum illis convenerit, provincia tua melius potest constare.Civos tuos erige, adflictos releva, viduas fove, orfanos nutre, si potius est, quam eridues, ut ommes te ament et timeant . Justinia ex ore vestro procedat, nihil sit sperandum de pauperes vl peregrinis ; ne magis dona aut aliquid accipere vellis ; paetorium tuum omnibus pateatur, ut nullus exinde tristis abscedat. Paternas quascunque opes possides, captivos exinde liberabis et a iugo servitutis absolvas : si quis in conspectu vestro venerit, peregrinum se esse non sentiat . Cum iuvenibus ioca, cum senibus tracta, si vis regnare nobilis iudicare.

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 17:45


  A la mort de Childéric 1er en 481, c'est son fils Clovis qui devient roi des Francs Saliens.
  Clovis qui est né vers 465, est alors agé de quinze ans, cela parait jeune, trop jeune aujourd'hui, mais au Vè siècle, l'espérance de vie était plus courte qu'à notre époque (ce qui ne veut pas dire que personne ne vivait vieux), et surtout selon la loi salique (transmise oralement car pas encore écrite en 481), la nubilité (âge de se marier, "majorité") est à douze ans pour les filles et quatorze ans pour les garçons.
  Le prénom "Clovis" signifie : "illustre à la bataille" et Clovis le sera ! En français moderne, cela donnera "Louis" cependant, c'est le nom de Clovis 1er qui est retenu par les historiens, sinon il aurait fallu appeler Louis XIII, Louis XIV; Louis XIV, Louis XV etc...
 
  Dès son avènement, Clovis possède une double autorité : militaire, en tant que chef du peuple Franc; et civile puisque comme son père, il gouverne un territoire où vivent des citoyens de l'empire romain (gaulois, gallo-romain...).


  Le jeune Clovis 1er est un roi païen, mais il reçoit et écoute les nombreux conseils que Rémi, l'évêque de Reims, lui donne pour régner sagement et justement[1].
  Mais c'est un Franc et les Francs sont connus pour être de grands guerriers, aussi rapidement, l'envie d'agrandir son royaume le démange.

                                                                                Guerrier Franc

  Il décide tout d'abord de s'emparer du royaume de Soisson, une enclave Gallo-romaine contrôlées par Syagrius. Et en 486, il passe à l'attaque. Les combats sont féroces et la victoire des Francs est suivie, comme c'est l'usage, de pillages et de destructions. Clovis s'empare alors d'un domaine entre la Meuse et la Loire, dernier fragment de l'Empire Romain d'Occident.
  La prise de Soisson permet maintenant à Clovis de posséder tout le Nord de la Gaule.
  Le voila chef de guerre victorieux, craint de ses voisins et à la tête d'un royaume très riche et très étendu. Les Wisigoths, alliés de Syagrius ne voulant pas s'attirer les foudres du roi des Francs, livrent le chef romain au vainqueur de la bataille de Soisson qui le fait égorger un peu plus tard.
  Au cours de cette bataille, Chararic (ou cararic), cousin de Clovis et chef des Morins Belges (Francs saliens), qui était venu se battre aux côtés de Clovis s'était tenu à distance de la mêlée, attendant le dénouement des combats pour choisir son camp. L'armée de Syagrius se désagrégeant rapidement, Chararic se joignit aux hommes de Clovis, mais celui-ci n'est pas dupe et quelques années plus tard, il fait tondre et oblige Chararic et son fils à se faire moine, puis anexe leur territoire.
 
   A partir de 490, Clovis lance quelques raides victorieux contre des villes situées sur les terres d'Alaric II le chef des Wisigoths. L'idée de s'emparer de son royaume caresse probablement l'esprit du roi Clovis, mais l'heure n'est pas encore venue.
 
   En 493, à Soisson, Clovis épouse Clotilde[2], princesse Burgonde, fille de Chilpéric II, nièce du roi Burgonde Gondebaud. C'est le deuxième mariage de Clovis mais on ne sait hélas rien du premier. La reine Clotilde qui a été épargnée lors du massacre de ses parents et de son frère par leur oncle paternel, Gondebaud, est née en 475, elle est catholique et son influence sera grande auprès de son époux.
 
  En 496, les Alamans tentent à plusieurs reprises de pénétrer sur le territoire des Burgondes, alliés des Francs Saliens. Ils sont repoussés mais remontent vers le Nord et s'en prennent cette fois aux Francs Rhénans, eux aussi alliés de Clovis. Ce dernier, bien qu'il sache que les Alamans ont une armée plus fournie que la sienne décide de venir en aide à Siegebert, le roi Rhénan.
  L'affrontement a lieu à Tulpiacum (Tolbiac). Clovis a mis sur pied un plan audacieux pour vaincre les Alamans. Mais ceux-ci plus nombreux semblent prendre le dessus durant la bataille. Voyant la défaite se dessiner, le roi des Francs fait le serment de se convertir à la religion de Clotilde si son Dieu lui accorde la victoire. Et alors que la débâcle est proche, un retournement de situation s'opère qui permet aux troupes de Clovis de triompher.
  Homme de parole, le roi Clovis 1er se converti au catholicisme et se fait baptiser avec ses guerriers par l'évêque de Reims, Saint Rémi. Le baptême a lieu le 25 décembre 496, 497 ou 498 ou encore 499 (les historiens n'ont aucune certitude à ce sujet).
 
  Impressionné par les victoires successives de Clovis, Godegisile le roi burgonde de Genève, s'entend en secret avec le roi des Francs contre son frère Gondebaud. Et en 500, Clovis affronte ce-dernier à Dijon. Vaincu, le burgonde est contraint d'abandonner son royaume et se réfugie à Avignon.
  
  Si Clovis est très souvent occupé à faire la guerre, il ne néglige pas pour autant les affaires administratives. C'est durant son règne qu'il est décidé d'établir des lois écrites. A l'image de la loi gombette chez les Burgondes ou du bréviaire d'Alaric chez les Wisigoths, la loi salique, celle des Francs Saliens, est un code de procédure criminelle ainsi qu'un code de la famille. Elle a pour but de faire cesser les vengeances personnelles. La loi salique entre dans les plus petits détails et établie un barème précis des amendes à payer en cas de délit.
  
  On cherche a ramener la paix dans la société civile et les choses semblent vouloir également se calmer du côté des champs de batailles. 
  Alors que depuis le début du Vème siècle, les Wisigoths n'ont cessé de chercher à développer leurs territoires vers le Nord, on assiste à une volonté d'entente, certainement due au fait que le roi Alaric II a mesuré la force de Clovis. Le roi Wisigoth fait dire à Clovis : Si mon frère le veut, je lui suggère, Dieu aidant, que nous nous rencontrions". Clovis qui vient de signer un pacte d'alliance avec  les peuplades gauloises d'Armorique, accepte la rencontre. Un accord d'amitié et de paix est donc conclu. Mais alors qu'Alaric avait favorisé une réconciliation entre Clovis et Gondebaud, la situation va bientôt se retourner contre lui.
  Le royaume Wisigoth occupe les terres situées au sud de la Loire et à l'ouest du Rhône, ainsi qu'une grande partie de l'Espagne. Clovis regarde avec envie ce territoire depuis quelques années et au printemps 507, accompagné de ses alliés Burgondes et Francs Rhénan, il franchit la Loire afin d'en découdre avec Alaric II.
  L'affrontement à lieu dans la plaine de Vouillé, près de Poitier, et lors du terrible corps à corps qui s'est engagé, le roi Wisigoth est tué par Clovis en personne.


  Dès lors la route du sud s'ouvre à Clovis qui va conquérir Toulouse, l'Aquitaine, la Gascogne, le Languedoc et le Limousin.
  La victoire de Vouillé est d'une grande importance : Clovis marque d'une empreinte durable les futures frontières de la France car ses successeurs, Mérovingiens, Carolingiens puis Capétiens, pourront se prévaloir d'une suzeraineté plus ou moins effective sur les territoires qui seront plus tard le duché d'Aquitaine et le comté de Toulouse. De plus, dès 508, Clovis installe sa nouvelle capitale à Paris en lieu et place de Tournai trop excentrée par rapport aux nouvelles conquêtes.
    La même année, Théodoric, chef des Ostrogoths, contre attaque et ses troupes viennent à bout des Francs au sud de la Durance (Provence). Arles, Orange, Avignon ainsi que Narbonne sont reprises.
  Lorsque la guerre prend fin, en 510, Clovis est alors en possession de la majeure partie du royaume des Wisigoths et Théodoric le Grand, de la Provence et de la Narbonnaise, à l'exception de Toulouse.

  A sa mort, le 27 novembre 511, Clovis a assuré l'essentiel en garantissant le trône à ses fils et durablement changé le visage de la Gaule en lui redonnant une unité, un roi catholique, et en faisant de Paris sa capitale[3]. Mais les règles de partage entre les héritiers mâles vont fragiliser ces acquis.

[1] http://dossierstorique.over-blog.com/article-lettre-de-l-eveque-remi-a-clovis-38886239.html
[2] http://dossierstorique.over-blog.com/article-clotilde-reine-des-francs-39258020.html
[3] http://dossierstorique.over-blog.com/article-sainte-genevieve-de-paris-42459054.html

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