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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 07:41

 

 

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:20

  Georgius Florentius Gregorius est né à Clermont le 30 novembre 538 dans une illustre famille de l’aristocratie sénatoriale gallo-romaine ; un de ses parents, Avitus († 456), a même été empereur d’occident. Lui et plusieurs autres membres de la famille ont occupé des postes majeurs, notamment en tant qu’évêques, en Gaule. Du côté maternelle, ses attaches sont surtout bourguignonnes (Langres, Dijon, Autun, Chalon-sur-Saône, Lyon). Orphelin, il est élevé par son grand-oncle maternel Nizier, évêque de Lyon, et par son oncle Gall, évêque de Clermont.

 Suivant la tradition familiale, il opte résolument pour la dynastie mérovingienne issue de Clovis et fréquente volontiers la cour des rois francs d’Austrasie. Ayant embrassé très tôt la carrière ecclésiastique, il obtient en 573, grâce à l’appui du roi Sigebert († 575),gregoiredetours.jpg la charge prestigieuse d’évêque de Tours qu’avaient déjà occupée certains de ses parents.

  Cette haute fonction, magnifiée par la responsabilité du tombeau de saint Martin, permet à Grégoire de jouer un rôle significatif auprès des petits-fils de Clovis et, plus généralement, dans la gestion du royaume mérovingien.

   Son action s’affirme parfois de façon conflictuelle (avec le roi de Neustrie Chilpéric notamment) mais ses qualités personnelles font aussi de lui un conseillé politique écouté et il apparaît, par exemple comme médiateur entre le roi Gontran de Burgondie († 593) et le jeune Childebert II d’Austrasie († 596) lors du traité d’Andelot (587).

   Grégoire de Tours a laissé une volumineuse œuvre littéraire, surtout hagiographique : des livres de miracles, (ceux de saint Martin de Tours ou de saint Julien de Brioude en particulier), d’autres à la gloire des confesseurs et des martyrs, un ouvrage consacré à la vie des Pères. Il s’est également intéressé à la liturgie et à la théologie (un commentaire des psaumes qui semble aujourd’hui perdu). Mais il est surtout célèbre pour ses Dix livres d’histoire (Historiarum libri decem) qu’il commença à rédiger, par morceaux, à partir des années 576 – 580, puis compléta et remania jusqu’à la fin de sa vie. Ces dix livres constituent une immense analyse exégétique des événements qui se sont succédé depuis la création du monde et l’incarnation. L’essentiel de l’œuvre est centré sur la Gaule mérovingienne et sur l’Histoire des Francs qu’on lui conféra plus tard et qui lui restera.

Décrite au livre II, la figure du roi Clovis qui a mené son peuple à l’adoption de la foi catholique joue un rôle clef.

   Sans surprise, Grégoire place le baptême de Clovis à l’exacte milieu du règne : pendant quinze ans, Clovis, encore païen, a multiplié les gestes favorables au christianisme puis, devenu catholique, il a pendant quinze ans combattu avec succès les wisigoths ariens et imposé son pouvoir avec l’aide de Dieu. Les livres suivants insistent sur les bienfaits de la collaboration entre souverains et évêques, intercesseurs efficaces entre l’ici-bas et l’au-delà, porte parole des saints et interprètes de la volonté de Dieu.

  L'Histoire des Francs s'arrête en 591. Grégoire pensait sans doute la poursuivre : le livre X est en effet beaucoup plus court que les autres, comptant 30 chapitres, contre plus de 40 pour les précédents. C'est néanmoins à ce moment-là qu'il achève son ouvrage, y ajoutant des notices et un petit opuscule. Celui-ci constitue le chapitre 31 du livre X. Il y demande à ses successeurs de ne jamais faire détruire ces livres, ni de les réécrire sans respecter leur intégrité, et de les conserver entiers et intacts.

  Pour son travail, Grégoire de Tours utilisait les documents, les traditions orales, et faisait appel à ses souvenir personnels à partir du livre IV, racontant avec beaucoup de vie et dans un style très simple ce qui lui parait essentiel.

  Les Dix livres d’histoire ne sont pas des livres historiques au sens actuel, scientifique, du terme. L'auteur entend surtout étudier l'histoire universelle et présenter la société chrétienne de son temps. Il juge les rois en fonction de leurs relations avec l'Église.

  Grégoire meurt à Tours en 594.

  La langue de Grégoire de Tours, éloignée du latin classique, a valu de nombreux jugements péjoratifs à son œuvre. Ces préjugés ont été jusqu'à très récemment une des causes de la méconnaissance générale du haut Moyen Âge. Cette époque était considérée de façon réductrice comme une période de recul de la civilisation. Pour se convaincre de l'acuité et de la précision du style de Grégoire de Tours, on peut se référer au chapitre I du livre VII de l'histoire des Francs, dans lequel Grégoire décrit la mort et le rappel à la vie du moine Salvi, qui sera plus tard évêque d'Albi puis canonisé après sa mort. La description du miracle par Grégoire de Tours reprend très exactement la description clinique d'une "Expérience de mort imminente" étudiée par les médecins contemporains, montrant bien que le texte n'est pas une affabulation hasardeuse d'un auteur crédule, prompt à crier au miracle, mais bien un témoignage factuel, qui valide la valeur de l’œuvre, rassure sur la fiabilité l'historien et conduit le lecteur à un autre regard sur le fait religieux.

 

Sources : Rois de France - Clovis Ier, éd. Atlas _ Religions & Histoire N° 41

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 07:07

  Au IVème siècle le christianisme se propagea très rapidement, mouvement illustré par Saint Bénigne à Dijon, Saint Marcel à Chalon, Saint Valérien à Tournus et Saint Symphorien à Autun. Les premiers sièges épiscopaux sont fondés à Autun, Chalon, Besançon, ils influenceront plus tard l’organisation territoriale et féodale. Dans le même temps les incursions Germaniques (Alains, Alamans, Burgondes, Francs, …) se multiplient. Rome installent alors les Burgondes dans la région de Mayence/Genève, avec pour mission de défendre la région, ainsi que les routes qui mènent en Italie.

  En 451 ils participent au côté d’Aétius à la défaite des Huns aux Champs Catalauniques (en Champagne). En se repliant les Huns dévastent la plus grande partie de la future Saône-et-Loire et du Juras (Autun, Macon et Besançon), filant ensuite vers l’Europe de l’est. rome_antique_image777.jpg

  Six ans plus tard, en 457, les Gaulois se révoltent contre les Romains, faisant allégeance aux rois burgondes Gondioc et Chilpéric : Chalon, Autun, Dijon mais aussi Grenoble appartiennent aux burgondes. En 476 Chilpéric meurt, en même temps que l’empire Romain s’écroule, et le royaume Burgonde est partagé entre Gondebaud et Godégisel à qui revient la partie nord avec Chalon. Grâce à leur mariage avec des princesses Franques catholiques ils peuvent s’appuyer sur le clergé. En 493 Clovis, roi des Francs, épouse Clotilde, nièce des deux frères. En 500 Godégisel trahit son frère et entre en guerre contre lui avec le soutien de Clovis. Il est finalement vaincu par Gondebaud et massacré ainsi que toute sa famille à l’exception de sa plus jeune fille Guntheuca. Gondebaud devint roi de toute la Burgondie et promulgue un code de lois, loi Gombette, qui fixe les règles principales du royaume :

_ Respect des ecclésiastiques et de leurs propriétés

_ Pratique de l’hospitalité (feu et couvert pour les voyageurs)

_ Libre usage ses bois morts à ceux qui n’en n’ont pas de propre

_ Hérédité des terres données par le roi, ce qui amènera à la féodalité.

_ Instauration du jugement de Dieu par le duel (il durera 1000 ans)

  Sous son règne la fusion et l’unité des Gaulois et des Burgondes se réalisent autour d’un roi apprécié et par des mariages entre les peuples. Gondebaud institue l’ancien royaume de Godégisel à son fils Sigismond et le fait acclamer sur le pavois. La même année, avec l’autorisation de son père, Sigismond se convertit au catholicisme, baptisé par Avit, évêque de Vienne, il est le deuxième grand prince barbare de Gaule à se convertir.

  En 507 Sigismond, qui règne notamment sur ce qui deviendra la Saône-et-Loire, s’allie avec son cousin par alliance, Clovis, roi des Francs, afin de lutter contre les Ostrogoths et les Wisigoths, officiellement afin de détruire l’arianisme, en réalité afin de s’étendre en Provence pour les Burgondes et au sud de la Loire pour les Francs. La coalition s’impose à la bataille de Vouillé qui voit la déroute des Wisigoths ; les deux rois sont rejoints par Gondebaud, père de Sigismond. Au retour ils assiègent Arles qui ne tombe pas et Théodoric, roi des Ostrogoths, reprend l’offensive, délivre Arles, annexe la Provence et remonte jusqu’à Valence s’emparant de tout le sud du royaume Burgonde. En 510 Gondebaud reprend Vivier et Avignon. En 511 Sigismond fait bâtir le monastère de Saint Maurice à Agaune (Suisse). En 516 Gondebaud meurt laissant Sigismond seul souverain.

  Il occupe alors une place de choix dans l’aristocratie de l’époque : gendre du roi des ostrogoths Théodoric, cousin de Clothilde reine des Francs. Il est de plus soutenu par les évêques locaux : Avit à Vienne, Maxime à Genève. Ses deux enfants Suavegotta et Sigéric, sont baptisés et Suavegotta épouse Thierry, fils de Clovis, régnant sur la future Austrasie (nord est du royaume). Enfin a lieu un dernier mariage qui supposé renforcer l’alliance entre Francs et Burgondes finit en réalité par la détruire : Clodomir, fils de Clovis et Clotilde épouse Guntheuca, fille de Godégisel, cousine germaine de Sigismond dont les parents tueront ceux de Guntheuca. Celle-ci va persuader Clodomir de les venger. En 522 Sigismond soupçonnant, à l’instigation de sa femme, son fils Sigéric de vouloir le détrôner le fait assassiner. Comprenant son erreur, mais trop tard, il se réfugie au monastère d’Agaune. Sous prétexte de venger son cousin, Clodomir, roi des Francs d’Orléans, se jette sur le royaume burgonde en 523.

  Sigismond et son frère Godomar vaincus s’enfuient, le premier à Agaune, le second dans les Alpes. Sigismond décide d’entrer dans les ordres, mais trahi il est exécuté avec toute sa famille. Guntheuca réalise sa vengeance. Cependant Godomar succède à son frère et allié aux Ostrogoths reprend le terrain perdu face aux Francs. En 524 Clodomir est tué à Vezerone (Isère). Son frère Clotaire épouse sa veuve et récupère son héritage. Dans le même temps les Ostrogoths de Théodoric envahissent le sud du royaume de Burgondie. Godomar convoque une grande assemblée du peuple Burgonde pour décider des actions à mener. Clotaire et Childebert réattaquent la Burgondie (534) et assiègent Autun où Godomar est enfermé. Celui-ci réussi à s’enfuir, les Francs prennent la ville et retournent chez eux. En 534, accompagnés de Théodebert roi d’Austrasie et de leurs neveux ils repartent à l’assaut. Les Burgondes sont vaincus ; Godomar, déposé mais vivant, est libre jusqu’à sa mort. C’est la fin du royaume de Burgondie. Les Francs établissent leur dynastie et leur autorité.

  L’époque Mérovingienne commence. Le nord de la Burgondie appartient alors à Thibertclotaire1er d’Austrasie, fis de Thierry (Langes, Besançon, Autun, Châlon, Nevers), le centre à Childebert (Mâcon, Genève, Lyon, Vienne) et le sud à Clotaire (Grenoble, Die, Valence). Puis, suite à la disparition de Thibert et Childebert, Clotaire devient roi d’un territoire qui comprend désormais une bonne partie de ce que fut la Burgondie.

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:41

  À la mort de Childebert, Clotaire hérita de l’intégralité du royaume de son père Clovis. Il devint alors le deuxième roi de France.clotaire1er

   Clotaire eut l’ambition de son père sans en avoir les vertus. Il reconstitua le royaume de Clovis, mais n’exerça pas avec la même autorité ni la même sagesse. Loin d’administrer son royaume dans l’intérêt de ses sujets, il combattit les siens et mena des guerres qui dévastèrent les terres, tuèrent des gens et ruinèrent l’économie.

 

  À la mort de son père, Clotaire a 14 ans. Du royaume divisé entre les quatre fils duclo-clot-chil-thie roi des Francs, il hérite de la plus petite portion mais c’est celle dont son père avait lui-même hérité. Le voilà roi de Soissons, royaume exigüe, mais compensé par l’aspect historique de celui-ci. Composé d’importantes cités gallo-romaines devenues sièges épiscopaux, comme Laon, Noyon, Cambrai, Arras, Thérouanne et Tournais le royaume de Clotaire comprend logiquement Soissons, avec son riche palais qui avait été la résidence successive des proconsuls romains (Aetius, Egide, Paul, Syagrius), ainsi que de son père Clovis.


   Vers 520, Sigismond roi de Burgondie fait étrangler son fils Sigéric qu’il soupçonne de vouloir lui ravir le trône. Les héritiers de Clovis apprenant la nouvelle, décident d’aller punir Sigismond qui est de plus le cousin de la reine Clotilde. C’est aussi et surtout l’occasion de s’emparer de la Burgondie. Clotaire, Childebert et Clodomir lèvent donc des troupes, tandis que Thierry, gendre de Sigismond ne participe pas à l’expédition. Les trois frères, s’imposent face aux armées burgondes, et s’emparent du territoire. Clodomir étant le seul à avoir une frontière attenante à la Burgondie, c’est lui qui prend possession des terres, Clotaire et Childebert se dédommageant probablement  avec le trésor royal.

Sigismond a été capturé par Clodomir. Mais Gondomar, son frère, reçoit l’appui de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths installés en Italie, et reprend possession de la Burgondie. Voilà qui ne plait guère à Clotaire et Childebert qui ne se privent pas d’en faire le reproche à leur frère. Humilié, Clodomir fait éxécuter Sigismond et sa famille, puis, en 524, repart à la conquête de la Burgondie.

  Cette fois-ci, c’est Thierry qui l’accompagne. Les deux frères ne rencontrent que peu de résistance. Rapidement dominé, Gondomar se réfugie dans les Alpes. Clodomir se rue à sa poursuite, mais prit dans un embuscade, il perd la vie.

  Mis rapidement au courant des événements, Clotaire décide de tirer les marrons du feu. Pendant que Thierry regagne l’Austrasie, et que Childebert hésite sur les décisions à prendre, il entre dans Orléans avec sa truste et envahit le palais où se trouvent encore Gontheuque, la femme de Clodomir, avec ses trois jeunes fils. Malgré les protestations de la jeune femme, il déclare qu’elle devient son épouse. Du même coup, il prend possession du royaume de Clodomir ainsi que de son trésor. Clotilde, apprenant la mort de son ainé et le sort fait à sa veuve, se rend aussitôt à Paris et demande à Childebert de réclamer pour elle ses trois petits-fils. Clotaire les remet volontiers aux envoyés chargés de cette mission. Il possède maintenant sans opposition de ses frères, le beau royaume de Clodomir : toute la moyenne et basse vallée de la Loire, avec ses places fortes, ses vignes et ses vergers. Il ne demande pas autre chose. Ces trois gamins n’auraient fait que lui compliquer la vie.


  La situation matrimoniale de Clotaire est fort compliquée, si comme ses frères, il a été élevé dans la foi catholique, il a conservé certaines coutumes héritées de ses ancêtres germaniques.  Il est luxurieux, avide, et désire s’approprier territoires et richesses par n’importe quel moyen. Et les femmes font parties de ces moyens. Il avait épousé, quand il avait à peine vingt ans, une jeune fille du nom d’Ingonde qui appartenait à son entourage et qui était probablement de basse extraction. Nous ne savons rien d’elle, sinon qu’elle mit au monde successivement cinq fils et au moins une fille. Celle-ci qui portait le nom de Closinde, épousa plus tard le roi des Lombards Alboin. Les deux premiers fils, Gonthier et Childéric, moururent en bas âge. Les trois suivants, Charibert, Gontran et Sigebert, devaient grandir dans l’ombre de leur père et hériter d’une partie de son royaume.

  On pouvait supposer qu’Ingonde, quand son royal mari fit de Gontheuque sa femme, protesta avec véhémence ; qu’il y eut même entre eux une entrevue orageuse. Il n’en fut rien ; car Ingonde, n’étant pas princesse de sang, était tolérée dans la maison du roi, qui était plus son maître que son époux. C’était là un statut très commode, pour le maître comme pour son épouse morganique. Le maître pouvait en effet s’en défaire quand il voulait, car c’était un lien précaire ; et l’épouse se trouvait de toute façon heureuse d’avoir été choisie, elle, femme de condition modeste, pour entrer dans le lit du maître. Tandis que Gontheuque étant de haute noblesse, il était légitime que le roi l’épousât. Et l’on peut d’autant moins parler de rivalité entre les deux femmes que Clotaire avait choisi l’une par amour et l’autre par intérêt. La seconde tout en ayant des droits théoriques supérieurs, n’était en fait qu’une royale prisonnière.

  Ces mœurs apparaissaient clairement dans une anecdote que nous rapporte sans broncher le pieux Grégoire de Tours. Alors que Clotaire n’avait encore pour épouse qu’Ingonde, qu’il aimait passionnément, celle-ci lui tint ce propos :

_ Mon maître a fait de sa servante selon son bon plaisir, et lui a ouvert son lit. S’il veut mettre le comble à ses bienfaits, que mon seigneur le roi veuille écouter une demande sa servante. Daignez, je vous en prie, choisir pour ma sœur, qui est votre esclave, un mari agréable et fortuné, pour que je n’en sois plus humiliée, et que, enorgueillie, je vous serve plus fidèlement.

  Clotaire se rendit donc dans la ville où était restée sa belle sœur Arégonde, pour voir à quoi celle-ci ressemblait, et ainsi choisir à qui il l’a mariera. Clotaire fut ébloui par la beauté de la jeune femme. « Le roi qui était débauché à l’excès, dit Grégoire de Tours, fut enflammé de passion pour Arégonde ; et il se l’associa par un mariage ». On voit ce qu’est ce type d’union : celui qui, selon la coutume germanique, permet à un homme de condition élevée de prendre officiellement une femme de condition inférieure, en attendant de s’unir pour la vie à une autre, choisie dans sa caste. C’était cette sorte d’union qu’avait pratiquée Clovis avec la mère de Thierry avant d’épouser Clotilde. Mais Clovis pour autant que nous puissions le savoir, n’avait alors qu’une seule concubine, qu’il renvoya lorsqu’il eut conclu un mariage légitime. Clotaire, lui, non seulement ne renvoie pas Ingonde quand il épouse la reine Gontheuque, mais il lui ajoute une nouvelle concubine : une véritable polygamie. Et qu’en pensaient les évêques gaulois ? Il semble bien que, tout en prêchant la sainteté du mariage monogame, ils toléraient, comme impossible à éviter, cette coutume ancestrale d’un peuple trop fidèle à sa loi.

  De retour à son palais, Clotaire déclara à Ingonde qu’il avait trouvé l’époux parfait pour sa sœur : lui-même ! Elle n’en fit pas un drame, le principal était de ne pas se faire chasser du palais. Et Arégonde donna naissance à un fils, Chilpéric, nom du grand-père maternel de Clotaire.


  En confiant les enfants de Clodomir à Clotilde, Clotaire semble avoir oublié qu’ils sont les héritiers légitimes du royaume de leur père. Or, ces enfants vont grandir, être éduqués, instruits, entrainés à la guerre, et un jour réclameront leur dû.

  Clotaire et Childebert ne l’entendent pas ainsi, ils se réunissent pour prendre une décision sur la conduite à tenir. Deux options leur apparaissent : soit les héritiers ont le crâne tondu, ce qui signifie leur destitution ; soit, ils doivent mourir.

  Clotilde reçoit un message de Childebert et Clotaire, l'invitant à leur faire parvenir Théodebald, Gunther et Clodoald afin de proclamer leur royauté. Mais aussitôt arrivés,massacre-enfants-de-clodomir Clotaire assassine l'aîné, Théodebald, d'un coup de couteau dans l'aisselle. Épouvanté, Gunther se jete aux pieds de Childebert qui, choqué est sur le point de céder aux suppliques de son neveu, mais Clotaire lui fait alors remarquer qu'il était à l'origine de l'entreprise, Childebert repousse alors Gunther contre Clotaire qui l'égorge. Au moment de s’en prendre à Clodoald, celui-ci a disparu. Ses protecteurs, probablement d’anciens amis de son père, avait réussi à le soustraire à ses odieux oncles, puis le conduisirent en Provence, hors de portée de ceux-ci. Ayant préféré renoncer à la royauté plutôt qu'à la vie, il se fera tondre les cheveux. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, il deviendra par la suite abbé de Nogent-sur-Seine, lieu qui prit ensuite le nom de Saint-Cloud.

 

  En, 531, Thierry annexe la Thuringe. La conquête n’a pas été facile et Thierry a même dû faire appel à Clotaire pour triompher. Naturellement, Clotaire a droit à sa part du butin, mais il se montre trop gourmand, et les deux frères n’arrivent pas à s’entendre. Il se montre à ce point insupportable que Thierry projette de se débarrasser de lui. Mais il manque un peu d’imagination et le piège qu’il temps à son frère est trop grossier : S’étant installé dans la résidence principale de rois de Thuringe, il fait appeler Clotaire pour discuter à nouveau des suites de leur victoire. Les murs de la pièce où il siégeait étant luxueusement couverts de tentures ; derrière lesquels des guerriers armés étaient posté, mais il n’avait pas remarqué que leurs pieds dépassaient. Clotaire entre dans la pièce, voit tout de suite le danger, fait immédiatement demi-tour, puis revient au bout de quelques minutes entourés de solides antrustions. Le guet-apens a échoué, et bien évidement, Thierry s’excuse d’avoir fait peur à son frère auquel, bien entendu, il ne veut aucun mal.


  Les deux frères finissent par s’entendre sur le partage du butin. À une exception près :radegonde01 la fille du roi défunt Berthar, qui n’a pas fui devant les combats. Elle s’appelle Radegonde, elle a douze ans. La jeune fille est très belle et est de sang royal, aussi les deux frères ont-ils l’intention de l’épouser lorsqu’elle aura atteint l’âge de se marier. La querelle reprend de plus belle jusqu’à ce que Clotaire menace Thierry de prendre les armes s’il ne cède pas. La campagne contre les Thuringiens a été prolifique, à quoi bon risquer de tout perdre pour une femme se dit Thierry, qui renonce à la princesse.

Clotaire emmena donc Radegonde avec ses esclaves et ses trésors dans l’une de ses villas, à Athies, dans les sud-est de l’actuel département de la Somme. Il la fit élever comme une future reine ; non seulement il l’entoura d’un luxe royal, avec des servantes dévouées et des gardes efficaces, mais il lui fit donner une éducation intellectuelle et religieuse.

Quand Radegonde fut en âge de prendre époux, Clotaire ordonna que l’on prépare la cérémonie de mariage. Mais la jeune femme déteste son futur époux, très pieuse, il n’estRadegonde_a_la_table_de_Clotaire.JPG pas question pour elle d’épouser cet homme violent et libidineux. Elle décide donc de prendre la fuite[1]. La rocambolesque escapade est un échec, Radegonde s’en remet donc à la Providence. Elle sera l’épouse de Clotaire et reine des Francs. 

Une épouse bien distante en vérité, qui ne vit pas à la cour et qui lorsqu’elle partage le lit de son époux lui fait bien comprendre son désintérêt.

 

 

 

[1] voir l'article : Radegonde, épouse de Clotaire Ier

Image 1 :  Portrait de Clotaire 1er éxécuté par Jean-Louis Bézard (2ème quart du 19e siècle)

Source : Clotaire Ier Fils de Clovis, Ivan Gobry éd. Pygmalion _ Venance Fortunat, Vie de Radegonde

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:15

  Grégoire de Tours, sans qui on ne saurait pratiquement rien du  VIe siècle, témoigne de l'importance de la chevelure chez les rois francs. Assistant à l'exhumation de Clovis, décédé soixante-dix ans plus tôt, il reconnaît à la longueur de ses cheveux que c'était Clovis. Il ajoute que seule une part de ses cheveux, celle qui était sur la nuque, avait été rasée; le reste était intact, avec toutes les mèches. Il indique aussi que la chevelure royale est un point de ralliement. Ainsi, lorsque Bertoald, duc des Saxons, veut démoraliser les troupes franques, il annonce au cœur d'une bataille la fausse nouvelle de la mort de Clotaire. Le roi a une réplique  immédiate. En silence, il se montre à ses troupes et ôte simplement son casque : sa longue chevelure blonde le fait reconnaître de ses soldats, même de ceux qui ne l'ont jamais vu.
  Son frère Clodomir se fait lui aussi reconnaître par sa chevelure, mais par ses ennemis cette fois. Tombé à terre lors de la bataille de Vézeronce, les Burgondes, le prenant d'abord pour un noble, surent de qui il s'agissait lorsque son casque roula de sa tête et que se mit à flotter librement une abondante chevelure blonde. Clodomir fut mis à mort promptement.

  Chez les Francs, seuls les princes de sang royal portent les cheveux longs, ce qui leurClodion-le-chevelu-roi-merovingien vaut le surnom de rois chevelus. Dès le début de l'époque mérovingienne, dans la région de Thuringe, sur les bords du Rhin, il était de coutume que chaque bourg ou ville se choisisse un roi à longue chevelure pris dans la plus noble de leurs familles. Mérovée lui même, qui donna son nom à la première dynastie des rois francs, était le fils présumé de Chlodion " le chevelu. Ce signe extérieur de royauté sera respecté par les souverains qui se succédèrent durant cette période de l'histoire. Les conséquences furent bien souvent néfastes pour les futurs héritiers au trône. 

Le roi Clotaire Ier eut un fils nommé Gondovald qui dût partir en exil pour échapper à la mort. En l'an 577, il revint. " Une longue chevelure, selon l'usage de ceux qui sont de la race des rois francs, tombait sur ses épaules " dit le chroniqueur de l'époque. Gondovald se présenta auprès de son oncle Childebert 1er sans que rien de fâcheux ne lui arriva. Le géniteur, Clotaire, demanda à voir son enfant, mais avec de sombres desseins. Il lui fit aussitôt couper les cheveux, niant ainsi publiquement que le garçon était de lui. 

  À la mort de Clotaire, l'enfant fut accueilli à Paris; mais Sigebert (535-575}, autre fils du roi Clotaire, le fit capturer et livrer afin de lui couper de nouveau les cheveux et l'évincer ainsi du trône. Puis il l'envoya en exil dans la ville de Cologne. Mais Gondovald s'échappa et fuit en Italie en attendant des jours meilleurs, laissant croître sa chevelure. 

  Quelques années plus tard, il revint en France à la tête d'une armée. Cependant, il se fit sans cesse railler par les soldats ennemis qui lui criaient: " N'es-tu pas celui qui a été tant de fois exilé et privé de sa chevelure par les rois francs ? ".

  Afin de s’emparer du royaume de leur frère Clodomir, défunt, Clotaire et Childebert s’emparèrent de ses héritiers. Les deux plus grands (Théodebald et Gunther) âgés de 10 et 7 ans furent assassinés par leurs oncles. Le plus jeune Clodoald échappa au massacre, bien des années plus tard, il se fit tondre pour signifier qu’il renonçait à la royauté et devint abbé. Le sort réservé aux fils aînés de Clodomir paraît aujourd’hui bien cruel, cependant, était-il acceptable à l’époque mérovingienne, lorsque l’on était prince de sang, de se faire tondre le crâne ? Existait-il pire infamie ? Ne valait-il pas mieux mourir ?

 

  La loi salique punit sévèrement l'audacieux qui empoigne la chevelure d'un Franc, menaçant d'abîmer la chevelure ou d'en arracher des mèches. Un homme privé de ses cheveux est considéré comme un mutilé. Car si les cheveux longs sont le siège de la  puissance royale, la chevelure est celle de la puissance virile tout court. La tonsure par rasage est  avant tout une mesure d'humiliation. Les cheveux repoussant rapidement, la dégradation sociale se fait par la décalvation qui prive définitivement un homme de sa force ; s'il est roi, de sa capacité à régner.
Le supplice est fréquent Gondovald, à la fin de son aventure, est livré à la soldatesque qui, après l'avoir percé de lances, lui arrache les cheveux et la barbe. Paulus, duc wisigoth rebelle, vaincu, est aussi scalpé. C'est même une mesure de clémence. En effet, malgré la souffrance qu'elle induit, la décalvation n'entraîne que rarement la mort. Ce que l'on souhaite, c'est rompre le lien qui lie l'individu au divin, faire ainsi disparaître le réservoir de sa force mais aussi l'humilier aux yeux de la population.

  Pour l'opération, les Francs, ignorant les procédés de compression et de ligature, possédaient trois façons d'opérer : la coupe aux ciseaux, le dépouillement par plaies contuses frappées à coups de bâton orbes et affectant tout le crâne, enfin le scalp par arrachement plus ou moins complet du cuir chevelu. Cette opération est ingénieuse, simple et fort différente de celle des Indiens d'Amérique. La déchirure entraînant presque toujours une hémorragie, on cautérisait le cuir chevelu au fer rouge, ce qui provoquait des brûlures. Ainsi, les Francs avaient réalisé cette gageure: raser en défonçant, scalper non pas au couteau mais au bâton, tout en préservant la vie.Evariste-Vital Luminais (1822-1896) Le dernier des Mérovin                                                   Evariste Vital Luminais _  Le dernier des Mérovingiens

   Tandis que les guerriers, hommes libres, se rasent la nuque, et que les esclaves sont rasés entièrement, les Mérovingiens portent leur chevelure intacte qui retombe en longues boucles. Revêtus de ce diadème naturel, ils gardèrent jusqu'à l'expiration de la dynastie cet insigne de la royauté. Plus fidèle qu'une couronne, la chevelure reste attachée à la tête du prince, quand bien même celui-ci est décapité. Les « rois chevelus » sont donc autant de Samsons. On comprend dès lors la place que tient la chevelure dans la législation germanique. Dans la plupart des tribus, l'homme libre n'a pas d'autre signe extérieur de sa condition que sa chevelure.

 

  Les cheveux courts, à cette époque, étaient l'un des signes montrant que la personne se vouait à la vie religieuse. Moines, diacres, prêtres et évêques arboraient la tonsure, marque du passage des laïques à l’état ecclésiastique. 

La prêtrise n'était pas forcément une vocation. Elle pouvait prendre la forme d'une punition et d'une mise à l'écart du trône. Ainsi, Childebert II (570-596), roi d'Austrasie, de Bourgogne et d'Orléans, avait un fils qu'il envoya guerroyer pour soumettre le Poitou. Mais ce fut un échec militaire. De plus, le jeune prince fit un mariage que le roi n'approuvait guère. Childebert fit donc enfermer ce fils indésirable en prison, et il s'empressa de lui faire couper les cheveux, le chassant ainsi de la famille royale. Il lui fit endosser l'habit de clerc et l'obligea à devenir prêtre. 

En revanche, de longs attributs capillaires étaient un signe de déchéance chez les serviteurs de Dieu. Le prince Gondovald, précédemment cité pour s'être fait couper les cheveux contre son gré à de multiples reprises, fut, lors d'un de ses retours d'exil, hébergé par l'évêque de Cahors. Ce dernier fut excommunié pour avoir reçu dans sa maison celui qui se prétendait fils de roi. La condamnation était très sévère; mais en outre, l'évêque subit un châtiment supplémentaire: il lui rut interdit de couper ses cheveux et sa barbe durant trois années.

La tonsure des uns et la tradition des cheveux longs pour les autres fut d'ailleurs pérennisée sous les carolingiens, et ultérieurement.

 

Sources : http://www.histoire-en-questions.fr _ Fédération des archéologues du Talou et des régions avoisinantes http://fatra.talou.free.fr

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 15:28

  Childebert est né vers 497, il est le quatrième fils de Clovis[1], et le troisième garçon que Clotilde et Clovis aient eu ensemble. Son nom signifie en langue franque "combat(tant) brillant".Childebert-I

  À la mort de son père en 511, Childebert devint roi de Paris. Son royaume comprenait, outre la région parisienne, la Picardie, la future Normandie, le Maine, ainsi qu'une partie de la Charente et de la Gironde. (Voir carte ci-dessous)clo-clot-chil-thie

  Entraîné à la guerre et au combat depuis son enfance, en 523, Childebert se joignit sans hésitation à Clotaire et Clodomir qui avait monté une expédition punitive à l'encontre du roi burgonde Sigismond, oncle de Clotilde, qui avait fait assassiner son fils Sigeric. Le but de cette attaque en réalité, était moins de venger leur cousin que de s'emparer de la Burgondie.

  Rapidement vaincus, Sigismond et son frère Gondomar s'enfuirent, abandonnant le royaume aux mains des Francs. Childebert n'ayant pas de frontière commune avec la Burgondie laissa à ses frères, et plus particulièrement à Clodomir, instigateur de cette campagne, le soin de prendre possession des terres conquises. Les frères trouveraient bien par la suite le moyen de se partager le butin !

  Mais le roi Ostrogoth d'Italie, Théodoric le Grand, ne désirant pas voir les Francs s'installer aux portes de son royaume, fournit des troupes à Gondomar afin que celui-ci reprenne possession du royaume. Les principales villes burgondes, fraîchement conquises n'étaient pas suffisamment gardées, aussi, quelques mois après avoir connu la défaite, les Burgondes prirent leur revanche; ce que Childebert et Clotaire ne manquèrent pas de reprocher à Clodomir.

 

  Ne voulant pas en rester là, en 524, Clodomir lança en compagnie de son frère Thierry, une seconde expédition contre les Burgondes. Mais en juin de cette année, aux environs de l'actuel village de Vézenonce (Isère), Clodomir trouva la mort.

  Le royaume de Clodomir devait donc être partagé entre ses trois enfants, bien que ceux-ci fussent encore trop jeunes pour régner. Childebert qui souhaitait récupérer les terres de Clodomir, ou tout au moins une partie de celles-ci, invita Clotaire à Paris afin d'élaborer un accord. Deux options furent retenues : supprimer les enfants, ou leur raser la tête, ce qui signifierait que ceux-ci renoncent à leur droits. La deuxième solution elle était la moins cruelle, cependant, arrivé à l'âge adulte, les héritiers de Clodomir risquaient de poser des problèmes à leurs oncles. Childebert et Clotaire décidèrent donc de se débarrasser d'eux définitivement.

  Clotilde qui avait recueilli Théodebald, Gunther et Clodoald, reçut un message de Childebert et Clotaire, l'invitant à leur faire parvenir les enfants afin de proclamer leur royauté. Mais dès qu'ils furent arrivés, Clotaire assassina l'aîné, Théodebald, d'un coup de couteau dans l'aisselle. Épouvanté, Gunther se jeta aux pieds de Childebert qui, choqué faillit céder aux suppliques de son neveu, mais Clotaire lui fit remarquer qu'il était à l'origine de l'entreprise. Childebert rejeta alors Gunther contre Clotaire qui l'égorgea. Clodoald resta en vie parce qu'il parvint à s'enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, il devint par la suite abbé de Nogent-sur-Seine, lieu qui prit ensuite le nom de Saint-Cloud. Ayant préféré renoncer à la royauté plutôt qu'à la vie, il se fit tondre les cheveux.

  Clotaire et Chidebert se partagèrent alors le royaume de Clodomir, c'est ainsi que Childebert devint roi d'Orléans.ChildebertIer-Gravure-1836

  En 517, afin de celer la paix entre les héritiers de Clovis et les Wisigoths, le roi franc avait donné sa fille unique en mariage à Amalaric.

   Ce mariage était aussi une bonne affaire pour Amalaric, car Clotilde lui apportait un douaire d’une grande valeur : la moyenne vallée de la Garonne avec Toulouse, ancienne capitale des rois wisigoths. Clotilde qui avait été solidement éduquée par sa mère dans la foi catholique, manifesta sa réticence devant cette union avec un arien ; aussi, pour calmer ses craintes, ses frères firent signer à l’époux une déclaration par laquelle il s’engageait à respecter la pratique religieuse de sa femme.

  Amalaric fut quelque temps fidèle à sa promesse. Mais, poussé par son entourage, il décida d’entreprendre la conversion de la jeune Clotilde à l’arianisme. Il commença lui-même, par des discours, à tenter de la convaincre d’adhérer à sa religion, puis il la fit catéchiser par les évêques ariens, qui n’obtinrent pas plus de succès. Lasse, Clotilde réclama à son époux de la laisser tranquille. Ne pouvant réussir sur le terrain théologique, Amalaric passa à la persécution. Ce furent des menaces, puis les mauvais traitements. Quand la reine se rendait à l’église catholique, elle recevait de la boue et des immondices lancés par des sujets postés sur son chemin. Elle continua malgré tout à fréquenter assidûment la maison du Christ. Le roi irrité de cette résistance, en vint aux coups ; au point qu’en 531, elle put envoyer à Childebert, par un messager sûr, un linge maculé de son sang.

    Le message parvint à Childebert alors que celui-ci se trouvait en Auvergne, région récemment conquise par son frère Clotaire. Arcadius, un notable un peu fourbe, avait fait savoir au roi de Paris que les habitants de la région seraient favorables à ce que leur province passe sous son contrôle. Or, une rumeur annonçant la mort de Clotaire lors d’une campagne qu’il menait en Thuringe, parvint aux oreilles de Childebert. Ce-dernier se rendit donc en pays Arverne où, avec la complicité d’une partie de la population, il se rendit maître d’Averna (Clermont).

  Childebert n’eut guère le temps de profiter de sa conquête puisqu'il apprit immédiatement que son frère n’était pas mort, qu’il avait triomphé des Thuringiens, et qu’il se dirigeait maintenant vers l’Auvergne. Ne souhaitant pas affronter Clotaire, Childebert avait commencé à quitter les lieux lorsque l’appel à l’aide de sa sœur lui fut remit.

  Il n’hésita pas une seconde : il devait aller au secours de Clotilde. D’abord parce qu’elle était sa sœur, ensuite parce que son persécuteur était un hérétique ; enfin, parce que ce méchant personnage détenait un territoire des Gaules.

  Quand Amalaric apprit qu’une armée franque était en marche vers Narbonne, il prit peur. S’il éprouvait de la bravoure à frapper une femme, il ne tenait nullement à affronter des guerriers. Il ne prépara aucune résistance militaire : il ordonna d’appareiller une flotte qui les transporterait lui et les siens en Espagne.

  Mais arrivé au vaisseau qui devait l’emporter, il constata avec effarement qu’il avait oublié ce qu’un roi barbare n’oubliait jamais : son trésor. Il retourna immédiatement dans sa capitale. Les Francs n’y avaient pas encore pénétré. Alors sans envoyer d’éclaireurs pour savoir s’ils approchaient, il courut, avec quelques serviteurs dévoués, jusqu’à son palais. Mais tandis qu’il emportait un coffre rempli d’or et de pierreries, un cri retentit :

_ Childebert est à Narbonne !

  Il fallait fuir au plus vite, et tant pis pour le trésor. Dans la plus grande confusion, livré à lui-même, Amalaric ne savait où se cacher. Dans les rues, les guerriers francs seFramee faisaient de plus en plus nombreux, cherchant les lieux propices au pillage. Terrorisé, le roi Wisigoth se dirigea, comble de l’ironie, vers l’église catholique, afin de s’y réfugier. Mais avant qu’il ait atteint son objectif, un leude qui l’avait reconnu, le transperça de sa framée. C’est du moins ce que raconte la chronique de Saragosse, qui met ainsi la mort du dernier roi de la dynastie amale au compte de ses ennemis. Mais dans son Histoire des Goths, Isidore de Séville, s’appuyant sur d’autres sources raconte que les compagnons d’armes d’Amalaric, voyant le roi fuir lâchement au lieu de combattre, le massacrèrent.

  Rendu maître de la ville, Childebert fit main basse sur le fameux trésor des rois wisigoths. Clotilde était libre, mais bien mal en point. La princesse prit place dans un chariot qui fit route en direction de Paris. Hélas, bien qu’elle fût entourée de tous les soins et de toutes les attentions, Clotilde épuisée, usée par les mauvais traitements, s’éteignit avant d’être parvenu à destination. Childebert ramena son corps jusqu’à Paris, où il l’a fit inhumer dans la grande basique Saint-Pierre, où leur père reposait, auprès de Sainte Geneviève.

 

  En 532, en accord avec ses frères, Childebert repartit en guerre contre le nouveau roi de Burgondie, Godomar III.

  Il assiégea Autun, la prit, et enferma à jamais Godomar III. Et en 534, Clotaire Ier, Théodebert, fils de Thierry et Childebert prirent l’intégralité du royaume burgonde, sur lequel, ils co-régnèrent.

  La même année, Thierry malade, mourut. Childebert fut tenter de récupérer le royaume de son demi-frère, mais Théodebert, soutenu par ses leudes, réussit à conserver son royaume et calma l'avidité des ses oncles par de grandes donations. 

 

  En 542, accompagné de Clotaire, Childebert prit Pampelune en Espagne, et fit le siège de Saragosse. Ce fut un échec, mais il rapporta de cette expédition l'étole de saintChildebert consacre une basilique Vincent, en l'honneur de qui il fit bâtir une église.

  Childebert mourut le 13 décembre 558, jour choisi pour la dédicace solennelle de la basilique Saint-Vincent et Sainte-Croix, appelée ensuite Saint-Germain-des-Prés, qu'il avait fondée pour glorifier les reliques de saint Vincent de Saragosse. On n'ajourna pas la cérémonie, qui fut en même temps, fait unique, celle des funérailles du roi. L'évêque Germain officiait au maître-autel entouré de six autres évêques et la dépouille de Childebert fut inhumée dans le caveau qui l'attendait et qu'il avait lui-même désigné.

 

 Clotaire s'empara de son royaume et fit main basse sur le Palais de la Cité à Paris où se trouvaient les trésors royaux et la famille du défunt. Il condamna alors Ultrogothe, l’épouse de Childebert, ainsi que ses deux filles à l'exil, d'après Grégoire de Tours.

  Toutes trois reposent également en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

 

 

 [1] Le premier : Thierry avait pour mère une princesse franque, rapidement décédée. Le deuxième, le premier avec Clotilde : Ingomer, meurt peu après sa naissance. Puis viendront : Clodomir, Childebert, Clotaire et une sœur, Clotilde.

 

Source : Grégoire de Tours, Histoire des Francs _ Ivan Gobry, Clotaire Ier - éd. Pygmalion _

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 18:23

  Clotaire et son demi-frère Thierry ayant vaincu les Thuringiens se partagèrent le royaume. Malgré les jalousies et les convoitises que ce genre de négociations peut occasionner, les deux rois francs avaient fini par se mettre d’accord sur le partage du butin. Sauf sur une seule pièce, tout à fait exceptionnelle et non partageable : la fille de Berthar, l’un des rois vaincus du Thuringe. Celle-ci s’appelait Radegonde, et avait une douzaine d’année. Fort jolie, les deux rois comptaient bien l’épouser, lorsqu’elle serait en âge de nubilité. Voyant que son frère ne semblait pas décider à céder, Clotaire lui affirma qu’il était prêt à l’affronter militairement. Thierry considérant que le jeu n’en valait pas la chandelle, renonça à la princesse Thuringienne. Radegonde

 Clotaire emmena donc Radegonde avec ses esclaves et ses trésors dans l’une de ses villas, à Athies, dans les sud-est de l’actuel département de la Somme. Il la fit élever comme une future reine ; non seulement il l’entoura d’un luxe royal, avec des servantes dévouées et des gardes efficaces, mais il lui fit donner une éducation intellectuelle et religieuse. Celles-ci se confondaient car à l’époque, l’étude de la lecture ainsi que de la grammaire latine s’apprenait par l’étude de la bible. Ainsi, sauf insignifiantes exceptions, tous souverains du royaume qui savaient lire, connaissaient également les Saintes Écritures. La jeune Radegonde qui reçut naturellement le baptême s’intéressa sincèrement à la religion catholique, et fut même prise de passion pour le Christ et la vie des saints. En faisant donner cette éducation nécessaire à toute princesse chrétienne, Clotaire le violent ne se doutait pas qu’il préparait une sainte, et une opposante résolue à sa tyrannie.

  Il la laissa grandir et mûrir loin de lui ; où plutôt à l’écart de sa propre vie, qui n’était pas édifiante. Pendant ces années où elle se préparait (officiellement) à devenir son épouse, il n’eut pour elle que respect.  Après tout, Clotaire était déjà suffisamment bien entouré pour ne pas avoir à solliciter la jeune femme trop tôt.

  Bien que confinée, Radegonde était la maîtresse des lieux et jouissait d’une autorité incontestée ; aussi était-elle obéie avec empressement de cette petite cour, non seulement parce qu’elle était la princesse et la dame, mais aussi parce qu’elle était simple et bonne.

  Étrangère et prisonnière, elle n'acceptait pas, vu son rang, de continuer à vivre en esclave dépendante du bon vouloir de son maître. Elle vivait entourée des jeunes filles, probablement noble, de la villa, et œuvrait comme préceptrice des jeunes enfants. Elle les rassemblait pour leur enseigner la parole du Christ, leur faire apprendre et réciter des prières et organiser des processions.

  Mais pas un jour ne passait sans que la tragédie qu'elle avait vécu ne lui revint en mémoire; mais la digne princesse gardait sa blessure secrète. Plus tard, Radegonde fera la connaissance de Venance Fortunat, un poète chrétien né en Vénétie, qui avait su, par sa prose, honorer la beauté de Brunehilde et les vertus royales de Frédégonde. Il interprétera dans de longues élégies, les plaintes qui échappaient du cœur de la jeune fille.

À quelles larmes n'ai-je pas été vouée, moi, pauvre prisonnière

Traînée par l'ennemi dans les cendre de ma patrie

Et les débris du palais de mes aïeux ! J'ai vue toute ma noble maison

Déchue de sa gloire et captive d'un maître hostile;

J'ai vu mon père et mon oncle égorgés tour à tour, leur couronnes d'or

Jetées dans la poussière, leurs corps privés des honneurs funèbres.

Et toute ma nation ensevelie dans le même tombeau.

Toute Barbare que je suis, je ne pourrai verser autant de larmes

Que j'en ai versées alors, quand bien même j'en verserais un lac.

Ce ne sont pas seulement mes parents défunts que je suis forcée de pleurer,

Ce sont encore ceux que la mort m'a épargnés. Souvent, je réprime mes larmes,

Mon visage est humide, et si mes soupirs se taisent, mon chagrin demeure.

 

 Bien des années après, Radegonde se rappelle les événements dans leurs détails, et les raconte au poète, qui les écrit pour la postérité. Ainsi le sac de Seithingi, sa capitale.

 

La demeure royale, jadis si florissante, n'est plus recouverte

Que de cendre funèbres : elle s'est effondrée avec ses somptueux ornements d'or.

Elle n'est plus maintenant qu'un amas de ruines;

Ses habitants ont été emmenés captifs chez leur seigneur et maître.

Des hauteurs de la gloire ils sont tombées dans la condition la plus basse.

Une foule d'illustres et puissants personnages de la cour

Reste sans sépulture et privée des honneurs que l'on rend aux morts.

La sœur de mon père, au teint de lait, aux cheveux d'un roux

Plus vif et plus étincelant que l'or, est couchée sur le sol où elle fut abattue.

L'épouse marche pieds nus dans le sang de son époux et la sœur sur le cadavre de son frère.

La mère, à bout de forces, a perdu jusqu'à celle de pleurer.

Le sort a décider du destin de ceux que le destin a frappés.

Je ne leur survis que pour les pleurer.

  VenantiusFortunatus-Lawrence-Alma-Tadema-1862

                           Venantius Fortunat lisant des poèmes à Radegonde, par Lawrence Alma Tadema

 

  Radegonde savait que Clotaire avait pour dessein de l'épouser, d'en faire sa reine et surtout sa maitresse et cela la répugnait.

  Le roi Franc, bien que peu préoccupé par la morale et les lois de l'Église, ne semblait pas pressé d'épouser la jeune fille qui avait maintenant atteint l'âge de nubilité. En réalité, il ne pouvait pas précipiter le mariage car il tenait à respecter les lois politiques qui réglaient la vie des rois barbares : il y a au royaume de Soissons une reine officielle, qui s'appelle Ingonde; et si le roi peut s'offrir le luxe de s'adjuger plusieurs concubines, il n'a le droit d'épouser plusieurs reines.

  En 536, Ingonde mourut, sans que semble-t-il son époux en soit responsable. Clotaire allait donc enfin pouvoir prendre pour femme la fille du roi de Thuringe. Sans s'attarder sur les obsèques de la défunte, il ordonna de préparer les noces. Le lieu choisi était l'une des plus somptueuses villa du souverain, celle de Vitry en Artois. On envoya alors prestement une troupe d'antrusions à Athies pour annoncer qu'il fallait préparer dès le lendemain la princesse Radegonde à son mariage.

  Elle fut atterrée. La vie au grand air, au milieu de servantes dévouées, à fréquenter les offices liturgiques, à lire la vie des saints, et surtout loin du bourreau de sa famille lui était finalement devenue agréable.Mais le moment tant redouté était arrivé, celui où elle devrait épouser un homme qu'elle détestait.

  Il fallait échapper à ce mariage. Et pour y échapper, il fallait fuir. Aidée de quelques-unes de ses fidèles servantes, Radegonde prépara sa fuite.

  Au milieu de la nuit, les conjurées vinrent chercher Radegonde. Elles prirent place dans une embarcation où effets personnels et vivres étaient installés. L'Oise n'était pas loin, mais l'équipage uniquement féminin n'était pas expert en navigation. L'embarcation avançait lentement mais parvint tout de même dans la Somme dont elle descendit le cours. Arrivées jusqu'à un lieu proche de Péronne, appelé depuis Sainte-Radegonde, les femmes réalisèrent que voyageant vers le nord, elles se rapprochaient de Vitry. On fit demi-tour pour ramer cette fois à contre-courant.

  Ramant avec énergie, les fugitives parvinrent à Saint-Simon où le fleuve, opérant un demi-tour, retournait vers le nord. Il fallait à tout prix éviter de se jeter dans la gueule de loup. La seule conduite à tenir était de gagner l'Oise à pied. Seulement voilà, la rivière était bien à cinq lieues de là ! Il était trop tard pour reculer, il fallait continuer.

  Au petit matin, Radegonde et ses complices parvinrent à destination. L'Oise, plus large était plus facile à naviguer que la Somme. Descendant le courant, elles arrivèrent, sans doute dans l'après-midi, à Choisy-au-Bac, immédiatement au nord de Compiègne.

  Encore quelques efforts et elles seraient arrivés à Conflans-Sainte-Honorine, où l’Oise se jette dans la Seine. La ville située dans le royaume de Childebert les mettrait à l’abri de la colère de Clotaire. Mais ces jeunes femmes, loin de leur villa n’était pas dans leur élément ; au lieu de descendre le cours de l’Oise, elles obliquèrent vers l’est et s’engagèrent dans l’Aine. Terrible erreur car de ce fait, elles s’enfonçaient dans le royaume de Clotaire, anéantissant ainsi tous leurs efforts.

  Il faisait nuit lorsque la barque arriva à Soissons. Soissons, capitale de Clotaire ! La rivière ne traversait pas la ville. Elle la contournait, hors des remparts, ce qui permit à Radegonde et son équipage qui avaient reconnu les lieux, de continuer leur chemin. Il fallait maintenant tenter de gagner le royaume de Thierry, situé à quelques lieux. Il n’était pas certain que celui-ci, soucieux de ne pas fâcher son frère, accorderai l’asile aux fugitives, mais de toute façon il n’y avait pas d’autres solutions envisageables.

 Tout espoir était encore permis lorsqu’à Missy, à quelques kilomètres en amont de Soissons, une des multiples patrouilles lancées par le roi de Soissons aperçût l’embarcation. Rapidement, des cavaliers entourèrent le bateau et l’obligèrent à accoster. Les filles furent emmenées au palais de Soissons, transie de froid et accablées d’amertume. Aussitôt, les heureux découvreurs se rendirent à Vitry afin d’informer le roi de la capture de Radegonde.

 Puisque la fiancée était au palais royal, il fut décidé de transporter les préparatifs des noces de Vitry à Soissons. On ne sait pas si des représailles eurent lieu vis-à-vis des aventurières ; Clotaire, excité par ce mariage, ce montra-t-il clément ?

 Puisque sa tentative d’évasion a échoué, Radegonde s’en remet à la Providence. Elle sera donc épouse de Clotaire et reine des Francs. A elle de découvrir de quelle façon elle pourra au mieux servir accomplir sa fonction.

  Un rôle politique n'était pas envisageable, mais elle pouvait espérer accomplir une tâche sociale dans le sens où on l'entend couramment aujourd'hui. Pour cela, elle adopta ce peuple qui avait été l'ennemi du sien. Elle s'inquiéta pour les miséreux, fit servir des repas aux affamés, elle transforma en hôpital la villa d'Athies, qui était devenue sa propriété personnelle; elle tenta, chaque fois qu'elle pouvait, d'arracher au potentat la grâce des condamnés à mort.

  Radegonde vivait une grande partie de l'année seule avec ses servantes, loin de cet époux abhorré. Cette situation ne devait pas trop déranger Clotaire qui ne s'était jamais contenté d'une seule femme, de plus l'attitude froide et rebelle de la reine ne devait point l'enchanter. Chaque fois qu'elle devait prendre un repas en sa compagnie, elle arrivait en retard à table; parfois par dignité, le plus souvent parce qu'elle était occupée par ses dévotions, qui s'étaient amplifiées depuis sa fuite et sa capture. À chaque retard, Clotaire manifestait son désagrément par quelque éclat violent, qui la laissait de marbre; d'ailleurs, un moment après, il lui demandait pardon de son emportement; et si celui-ci avait été trop vif, il lui offrait un cadeau, dont elle se souciait peu. Les nuits où ils partaageaient le même lit, elle se levait discrètement, et s'étendait à terre, vêtue seulement d'un cilice, jusqu'à ce que le froid l'eut complètement engourdie. Cette conduite provoqua d'abord chez le roi une vive réprobation; mais comme elle n'en avait cure, il finit par s'habituer.

  Dans ses domaines du Vermandois, elle aimait se délasser par de longues promenades à cheval. Il restait ici et là des vestiges des cultes païens, maintenant abandonnés; mais leur signification restait; c'est pourquoi elle ordonnait qu'on y mit le feu.

  En 548, Théodebert Ier, fils de Thierry Ier, roi de Metz, frère aîné de Clotaire, mourut. Afin de prendre possession de son royaume, Clotaire voulut épouser Vuldetrade, l'épouse de Théodebert; mais les évêques du royaume protestèrent avec force, rappelant au roi qu'il avait déjà une épouse. Clotaire renonça à épouser Vuldetrade, mais s'empara malgré tout du royaume de son neveu, mort sans descendance.

  L'idée de voir son mari prendre une seconde épouse n'a pas dû réjouir Radegonde, toutefois, vu la vie dissolue et l'opportunisme de Clotaire, la nouvelle lubie de celui-ci n'a pas du trop l'étonner. Par contre un événement bien plus tragique bouleversa la reine : lorsque Radegonde fut enlevée, son jeune frère (dont le nom et l'âge nous sont inconnus) l'accompagnait. Or celui-ci, hôte de son beau-frère, exprime un jour son désir de quitter la cour pour se rendre à Constantinople, où s'étaient réfugiés sa tante et son cousin. Pourquoi retrouver sa famille après tant d'années ? N'y aurait-il pas là un projet politique ? Clotaire ne s'interrogea pas très longtemps. Il refusa; puis faisant le lien entre le désir du prince de quitter le royaume et une révolte de Saxons à laquelle participait un certain nombre de nobles thuringiens, il fit exécuter le jeune frère de Radegonde, sans s'embarrasser d'un procès. Apprenant (tardivement) l'assassinat de son frère, celle-ci entra dans une terrible révolte.

  Venance Fortunat la fait parler ainsi à la nouvelle de cette infamie :

  Pourquoi te tairais-tu, ô ma profonde douleur, devant la mort de mon frère ?

  Comment tomba-t-il, l'innocent, dans ce piège criminel,

  Comment fut-il ôté à ce monde quand il avait tant de confiance ?

  Malheur à moi, qui verse de nouveaux pleurs à ces souvenirs,

  Et que retrouve ma douleur au souvenir de mon chagrin ?

  Il fut frappé tout jeune encore, quand sa barbe n'était qu'un duvet;

  Et moi, sa soeur, j'étais absente : je n'ai pas assisté à ses funérailles.

  Il ne m'a pas suffit de le perdre : je ne lui ai pas fermé les yeux,

  Je n'ai pu me jeter sur son corps pour lui dire un adieu ultime.

 

  Ce crime s'ajoutait aux injures et aux souffrance endurées par Radegonde, elle n'en supporterai pas d'autres. Elle alla trouver le roi, lui adressa un reproche cinglant de ses crimes,lui déclara fermement qu'elle ne pouvait plus vivre avec lui, et lui réclama sa liberté. Surpris  et confus, il l'accorda aussitôt. La séparation civile était acquise.

  Restait à obtenir la séparation religieuse. Elle était sacramentellement unie au roi, et, femme de foi, ne pouvait tranquillement rompre cette union de son propre chef. Une fois débarassé de cet époux indigne, Radegonde n'avait qu'un souhait : épouser le Christ. Si elle prononçait le voeu de continence entre les mains d'un évêque, elle appartiendrait à Jésus-Christ, et Clotaire perdrait tout droit sur elle.

  Sans tarder, elle se rendit à Noyon où se trouvait l'illustre évêque Médard. Alors queradegonde-consacrée-Médardcelui-ci venait à peine de terminer de célébrer un office, il vit débarquer la reine qui le pria instamment de lui imposer le voile des femmes consacrées. L'évêque, très surpris, hésita. Mais Radegonde en qui il avait totalement confiance, lui jura qu'elle avait la permission du roi. Médard lui donna alors satisfaction en prononçant les paroles de consécration.

  Enfin libre, elle se rendit à Athies, regroupa tous ses biens qu'elle fit distribuer aux pauvres dans la campagne environante.

  Qu'allait-elle faire maintenant ? Pas question de se réfugier dans un monastère sous l'autorité d'une abbesse. Lors de son mariage, Clotaire avait offert à son épouse une villa à Saix, dans la Vienne. Accompagnée d'amies et de servantes qui désiraient elles aussi se consacrer au Christ sous sa direction, Radegonde transforma cette ancienne possession de Clodomir, jamais fréquentée par la reine car trop éloignée de Soissons et d'Athies en ermitage. Rapidement, les indigents et les miséreux de la région fréquentèrent l'endroit. Des lépreux s'y présentaient, car loin de montrer de la répugnance à leur aspect, on les accueillait comme des amis.

  Malgré cette nouvelle vie faite de privation et de travail sans relâche, Radegonde était heureuse. Mais après quelques mois de cette vie, on lui apprit que Clotaire, désirant récupérer son épouse, approchait de Saix. Il fallut donc fuir à nouveau.

  La troupe se rendit alors à Poitiers; mais évidement, la présence de Radegonde fut vite connue, et l'on y annonça l'arrivée prochaine du roi.Que faire, fuir encore, éternellement ? Non il fallait trouver une autre solution; demander de l'aide. Médard étant mort depuis quelques mois, vers qui pouvait-on se tourner ? Vers Germain bien sur, l'évêque de Paris !

  Radegonde lui envoya des émissaires, probablement des clercs importants de Poitiers. Aussitôt, celui-ci prit le chemin deTours et se rendit au tombeau de Saint Martin. Là, après avoir passé un moment en prière, il convoqua Clotaire qui, toujours sensible au prestige des hommes de Dieu, se présenta à lui. Germain développa les raisons pour lesquelles le roi violait la loi de Dieu et s'apprêtait à faire le malheur d'une femme. MaisRadegonde-soignant-maladesle roi restait sourd. Alors, dans un élan spontané de sa douleur, le vieil évêque se jeta à ses pieds, et le supplia avec des larmes de laisser la liberté à Radegonde.Touché, mal à l'aise aussi, le roi s'agenouilla à son tour et promit fermement d'abandonner son projet.

  Il fit mieux. Il possédait un domaine à Poitiers. Il en fit don à Radegonde, et y ajouta une importante somme d'or pour y bâtir un monastère. Germain se rendit lui-même à Poitiers annoncer la bonne nouvelle. Comblée, Radegonde annonça l'édification d'une grande abbaye. La nouvelle se propagea, et de nombreuses jeunes filles, tant du peuple que de l'aristocratie, voulurent y prendre le voile. Pour la bénédiction de l'édifice consacré à la Sainte-Croix, elles furent plus de deux cents; beaucoup supposait qu'elles auraient Radegonde pour abesse; mais celle-ci avait abdiqué toute grandeur et toute autorité. Elle désirait être une simple moniale, dans l'obéissance et l'humilité. Elle choisit pour diriger cette importante communauté une fille de grande famille, d'une profonde piété et d'une haute culture, Agnès.

  Radegonde mourut le 13 août 587, à 68 ans, dans le monastère Notre-Dame. Elle fut enterrée dans l'église abbatiale Sainte-Mère-de-Dieu ou Sainte-Marie-Hors-les-murs (aujourd'hui église Sainte Radegonde) à Poitiers. Ses funérailles eurent lieu le 25 août 587 en présence de Grégoire de Tours. De nombreux miracles lui sont attribués, notamment des guérisons miraculeuses, ce qui attira de nombreux pèlerins. Elle fut déclarée sainte peu de temps après sa mort. C'est un des rares saints à ne pas avoir été canonisé par le Saint-Siège, mais par la croyance populaire.

  Sainte-Radegonde-tombeau

                                                              Tombeau de sainte Radegonde à Poitiers


  Vie de Sainte Radegonde par Venance Fortunat (nombreuses enluminures) sur le site de la médiathèque F. Mitterand de Poitier.

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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 15:40

  Jusqu'au règne de Clovis, on sait peu de chose, faute de documentation, sur ce qu'était l'armée franque. Ce peuple n'était pas uni sous l'autorité d'un roi. Les "rois" francs étaient alors des chefs élus par les guerriers de leurs tribus ou d'un ensemble de tribus. S'ils étaient vainqueurs et remportaient d'importants butins, leur autorité était naturellement reconnue. Sinon, on ne se contentait pas de les destituer, on les mettait à mort.

 

  Chez les anciens Francs, comme chez les autres Germains, il n'y avait pas d'arméeHache-fer-franc permanente, contrairement aux armées romaines, dont les effectifs, s'ils étaient proportionnellement bien moins nombreux, étaient composés de soldats de métier. C'est la vieille d'une guerre que l'assemblée des hommes libres décidait de lever des troupes. À l'exception des esclaves et des affranchis, tous les hommes de plus de quinze ans étaient appelés à combattre, chacun devant pourvoir à son équipement. Les Francs ayant la culture de la guerre, c'est avec courage et honneur que les hommes prenaient les armes.

  L'armement des Francs, à l'origine semblable à celui des autres peuples germains, devient de plus en plus spécifique au fil du temps. Ainsi voit-on apparaître au milieu du Vè siècle, de longues épées à lames damassées[1], des fourreaux ornés de figures d'animaux, et de boucliers ronds propres aux Francs. À cela s'ajoutent des lances, des javelots, ainsi que des haches de jets, que les guerriers francs affectionnent particulièrement. Les chefs francs avaient beaucoup de prestance, comme le dit le romain Sidoine Apollinaire à un ami : «J'imagine avec quel plaisir, toi qui si souvent aime a regarder les armes et les guerriers, tu aurais à assister à l'arrivé du prince royal Sigismer paré selon l'usage et la manière de sa peuplade, lorsqu'il arriva (à Lyon) au palais de sa fiancée.»

 armes-franques

  Après la conquête de la Gaule, l'organisation des armées franques subit d'importants changements, alors que les guerres extérieures ou internes au domaine franc se multiplient.

  Les rois se dotent d'une garde personnelle, dont les membres sont les antrusions et d'un corps chargé de surveiller les frontières, les sarae. À part cela, l'armée, faute de ressources fiscales suffisantes, n'est toujours pas permanente. Principale innovation : le recrutement n'est plus tribal mais territorial. Une fois l'heriban (ou convocation) rendue publique, le recrutement est assuré par les représentants du roi, les comtes ou, dans les régions frontalières, les ducs. Généralement m'heriban ne concerne que les régions proches du futur théâtre des opérations. Sous les petits-fils de Clovis, le recrutement s'élargit aux populations gallo-romaines. Pour autant, les contingents ne sont pas mixtes; ils sont soit germains "soit romains".

 

[1] On obtient une lame damassée par soudure lors d'un travail bien précis à la forge. En quelques lignes, on peut résumer la tâche du forgeron qui consiste à souder ensemble par martelage différentes couches de fer " doux " et d'acier à plus haute teneur en carbone. Répétée un grand nombre de fois, cette opération aboutissait à la réalisation d'une lame possédant un nombre X de couches d'acier et de fer, ce qui conférait à cette dernière une bonne élasticité et un bon tranchant. http://users.skynet.be/lames/damas01.html#damas

 

Source : Rois de France - Les Mérovingiens, éd. Atlas

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 01:20

  Devenue reine en 491, Clotilde mit au monde l'année suivante, un garçon prénommé Ingomir ("grande race, descendance illustre"), mais celui-ci fut très vite emporté par un mal soudain.

  L'année suivante, la reine donnait naissance à un nouveau fils auquel on donna le nom de Clodomir ("glorieux et grand"). Mais à peine fut-il baptisé qu'une terrible fièvre s'empara de lui. On crut bien que le malheur allait s'abattre à nouveau sur Clovis et Clotilde. Mais les ferventes prière de la jeune maman furent entendues, et le petit prince recouvra la santé.

 

  Tout comme ses frères, Clodomir fut élevé dans la foi catholique par sa mère,et dans la tradition des guerriers francs par son père.

  Si l'éducation qu'il a reçu a fait de lui un croyant sincère, elle a aussi façonné un chef cruel et sans vergogne.

 

  Le partage du royaume de Clovis avait été établi avant la mort de celui-ci. Aussi la division entre les frères fut accueillie sans surprise et sans contestation.

  Clodomir reçut en héritage un territoire situé à l'ouest et au centre de la Gaule, dont l'essentiel était formée de la vallée de la Loire entre Nevers et l'Océan, il fit d'Orléans la capitale de son royaume qui comptait au sud des villes prises aux wisigoths, comme Bourges, Tours et Poitiers, et au nord Chartres. clo-clot-chil-thie

 

  Clodomir administrait son royaume, nommait les évêques, finançait l'entretien des édifices administratifs, tout en s'entraînant au combat d'homme à homme et à la maîtrise d'un cheval.

  Les quatre frères, guerriers dans l'âme, étaient à l'affût de nouveaux territoires à conquérir, mais à titre individuel bien sûr !

  En faisant assassiner son propre fils, Sigismond, roi de Burgondie, fournit un prétexte aux rois Francs : venger la victime, Sigeric, qui était leur cousin.

  Clodomir qui avait une frontière commune avec la Burgondie était particulièrement intéressé par l'éventuelle conquête de ce royaume.

  Il persuada ses frères de joindre à lui dans l'expédition punitive à l'encontre de Sigismond. Ceux-ci acceptèrent à l'exception de Thierry qui avait épousé la fille du roi Burgonde. Surprises par l'attaque de Clodomir, Childebert et Clotaire, les armées de Sigismond furent rapidement dépassées, et le roi ainsi que son frère Gondomar s'enfuirent.

  Les trois mérovingiens prirent donc possession de la Burgondie. Pour ne pas que leur intervention soit prise pour une invasion pure et simple, ils annoncèrent leur volonté de châtier les responsables de la mort de leur cousin.

  Pour cela, Clodomir fit publier un édit qui promettait une récompense à quiconque lui livrerait les fils de Gondebaud. Pour l'instant, il avait capturé et enfermé à Orléans, l'épouse de Sigismond, ainsi que les deux enfants qu'il avait eu d'elle : Gisald et Gombaud.

  La récompense promise pour la capture des rois en fuite allait rapidement donner des résultats.

  Des leudes burgondes qui s'étaient rendus dans un ermitage qui abritait Sigismond, affirmèrent à celui-ci que sa cachette n'était pas sûre et qu'il ne tarderait pas à être découvert. Ils lui recommandèrent donc de gagner l'abbaye d'Agaune où il ne serait jamais retrouvé. Confiant, le roi accepta de s'y rendre, escortés par ces fidèles sujets. Mais alors qu'ils se trouvaient aux portes de l'abbaye, ils furent soudain entourés par des soldats francs qui capturèrent Sigismond et l'enchaînèrent. Le prisonnier fut conduit à son tour vers Orléans, pendant que les traîtres touchaient leur récompense.

 

  Sous la responsabilité de Clodomir, des garnisons furent installées dans les principales villes récemment conquises. Mais n'appréciant pas l'appétit des Francs, le roi des Ostrogoths en Italie, se décida à intervenir.

Gondomar lui ayant envoyé des émissaires pour lui faire connaître sa retraite, il lui adressa un corps d’armée sous le commandement du général Tolonic, qui fit publier un appel aux leudes burgondes. Tous, avec l’aide des Ostrogoths, devaient se rassembler sous la bannière de Gondomar et reconquérir leur royaume.

 Il fut entendu. Tous les guerriers qui avaient déposé les armes les reprirent et se rassemblèrent autour de Gondomar. Des détachements composés de Burgondes et d’Ostrogoths s’emparèrent des places trop faiblement occupées. Quelques mois après la défaite, Gondomar entrait triomphalement dans Lyon et dans Vienne.

 Ce fut une amère surprise pour les rois francs. Childebert et Clotaire reprochèrent à Clodomir cet évènement. Celui-ci entra dans une violente fureur et tint pour responsable de la situation le malheureux Sigismond. Il donna l’ordre de l’exécuter. Avit, abbé de Micy dans le diocèse d’Orléans, tenta de l’en dissuader mais Clodomir déterminé, le fit expulser du palais.

  Le 1er mai 524, avant d’entrer en campagne, Clodomir fit sortir de leur prison Sigismon, sa femme et ses fils. Ils furent conduits à Columna, à proximité d’Orléans, et là décapités tous les quatre. Puis on jeta les corps mutilés dans un puits.

  Son forfait accompli, Clodomir décida d’envahir à nouveau la Burgondie. Cette fois ses jeunes frères préférèrent ne pas participer à l’aventure. Par contre Thierry, dont seule la frontière méridionale le séparait de la Burgondie, et qui en tant que gendre du roi défunt avait des droits sur une partie du royaume, répondit favorablement à l’appel.

  Ensemble, les deux complices pénétrèrent en Burgondie, et s’y enfoncèrent. Ils n’y trouvèrent aucune résistance : toutes les places fortes jusqu’à Vienne étaient soumises. Mais ils savaient que Gondomar s’était réfugié dans les Alpes, où il avait rassemblé un petit corps de troupes ; c’était là-bas qu’ilfallait le rejoindre, l’écraser, lui faire subir le sort de son frère. Ils le trouvèrent à Vézeronce (Virontia). Le combat s’engagea mais très vite les armées Burgondes se trouvant en grande difficulté, Gondomar fit demi-tour et s’enfuit au galop. Clodomir se lança immédiatement à sa poursuite en compagnie declodomir quelques-uns de ses hommes, mais Gondomar qui connaissait les lieux disparu. Le roi franc ne voulut pas abandonner la poursuite et se retrouva bientôt dans un passage étroit et feuillu entouré de hauts rochers. Soudain le cri de ralliement des Francs retenti, Gondomar avait probablement été capturé par des antrustions. Clodomir s’approcha de l’endroit d’où provenaient les appels mais lui et ses fidèles n’eurent pas le temps de prendre leurs armes : ils furent massacrés. Gondomar se précipita sur le corps de l’assassin de son frère, lui trancha la tête et l’éleva au bout de sa lance en signe de victoire.

 Malheur au vaincu, mais aussi malheur à sa famille ! Apprenant la mort de son frère, Clotaire se précipita à Orléans. Il envahit le palais où se trouvait encore Gontheuque l’épouse de Clodomir, avec ses trois jeunes fils. Malgré les protestations de la jeune femme, il déclara qu’elle devenait son épouse. Du même coup, il prenait possession du royaume de Clodomir et de son trésor. Clotilde apprenant la mort de son fils ainé et le sort fait à sa veuve, se transporta à Paris et demanda à Childebert de réclamer pour elle ses trois petits-fils. Clotaire les remit volontiers ; ces trois gamins n’auraient fait que lui compliquer la vie.

  En prenant pour épouse Gontheuque, Clotaire avait pris un avantage sur ses frères quant au partage du royaume de Clodomir. Mais en vérité, et cela semble avoir échappé à Clotaire, les vrais héritiers, c’étaient Théodebald, Gunther et Clodoald, les enfants de Clodomir !

 Trop jeunes pour régner, les enfants vivaient donc pour l’instant auprès de Clotilde à Paris. Mais l’aîné, âgé de dix ans pourrait dans deux ans être proclamé roi, ce qui semble bien être l’intention de sa grand-mère.

 Clotaire et Childebert ne l’entendant pas ainsi, durent prendre une décision sur la conduite à tenir. Deux options leur apparaissent : soit les héritiers ont le crâne tondu, ce qui signifie leur destitution ; soit, ils meurent.

 Les oncles de Théodebald, Gunther et Clodoald envoyèrent donc un message à Clotilde, l’invitant à leur faire parvenir les enfants afin de proclamer leur royauté. Mais une fois sur place, Clotaire se chargea lui-même supprimer ses neveux. Ce fut tout d’abord Théodebald qui fut passé par le glaive, puis Gunther. Mais au moment de s’en prendre à Clodoald, celui-ci avait disparu. Ses protecteurs, probablement d’anciens amis de son père, le conduisirent en Provence, hors de portée de ses oncles. massacre-enfants-de-clodomir

  Se consacrant à la religion, plus tard, le jeune homme se fit ermite…

 

Sources : Ivan Gobry, Clotaire Ier fils de Clovis - Grégoire de Tours, Histoire des Francs -

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 17:05

Thierry, ou Théodoric Ier « chef, puissant » ou « chef du peuple », est le fils aîné de Clovis. Il est né vers 485, d'une mère issue d'une famille franque rhénane alliée de Clovis, qui mourut alors qu'il était jeune enfant.

  Thierry-Ier

                                       Thierry Ier - gravure sur acier de 1850

 

  Élevé avec ses demi-frères, Thierry reçoit, comme c'est l'usage pour les jeunes princes francs, une éducation de guerrier. Maniement des armes, techniques de combat, maîtrise de son cheval... autant de disciplines que les jeunes héritiers pratiquent quasi quotidiennement. De ce fait, les fils de Clovis étaient toujours disposés à attaquer leurs voisins et à se battre entre eux. Ainsi, l'étendue de leurs royaumes variait selon les victoires, les défaites, et les héritages.

 

Le royaume

 

  À la mort de Clovis, le royaume est divisé en sous-royaumes (teilreich) distincts de celui-ci, permettant à chaque fils d'exercer une royauté complète dans le sous-royaume attribué, plutôt que de diviser l’exercice du pouvoir entre les princes sur l'ensemble du territoire.  Lors du partage du royaume paternel en 511, Thierry, qui est le seul à avoir atteint l'âge adulte, hérite du meilleur lot. Son Teilreich comprend l'ancienne Belgique première (avec Trèves), une partie de la Belgique seconde (avec Reims et Châlons), les deux Germanies (avec Cologne et Mayence) et, par-delà, une large ouverture sur les territoires alamans sur lesquels les Francs, depuis les campagnes de Clovis et la chute du royaume de Cologne, exercèrent une sorte de protectorat. S'y ajoute l'Auvergne et une frange orientale de l'Aquitaine, conquises par thierry pour son père lors de la guerre contre les wisigoths en 507/508, avec les cités de Clermont, Le Puy, Albi, Rodez, Cahors, et probablement Limoges.

  Voici donc Thierry Ier, roi d'Austrasie. Théo-Chil-Clot

  Il s'installe à Metz. Pourtant, la ville de Reims tient une place particulière dans son cœur, Thierry aurait voulu en faire sa capitale mais la région est ruinée par les nombreux assauts que lui ont livré les Francs et qui ont fait fuir une bonne partie de la population. Pour redresser cette situation déplorable, il s'appuie sur ce qu'il reste de cadres gallo-romains. Il nomme Niziers à l'évêché de Trèves, ancien moine, c'est un homme énergique et bâtisseur qui restera l'un de ses proches conseillers.

 

  Le roi Thierry Ier, n'est pas un simple souverain administrateur de son royaume, c'est un Francs, un guerrier. Déjà en 507,  Thierry âgé d'environ dix-huit ans, s'était montré à son avantage lors de la bataille de Vouillé contre les wisigoths. Suite à cela, son père lui avait confié un corps d'armée avec mission de conquérir l'Auvergne. Ce qu'il avait fait avec l'aide de Gondebaud le roi de Burgondie. 

  Sigismond qui a succédé à Gondebaud, sait que les fils de Clovis convoitent son royaume, alors habilement, après s'être converti au catholicisme, il donne à Thierry sa fille Swavegotha en mariage. Bonne idée mais pas suffisante.

 

  Les guerres

 

  En 523 Clotaire, Chidebert et Clodomir décident de s'emparer de la Burgondie en représailles de l'assassinat de leur cousin Sigéric par son père Sigismond. Thierry, gendre de ce dernier refusera de se joindre à l'expédition sanglante de ses frères.

 

  L'année suivante, Clodomir qui n'était pas parvenu à s'emparer de la Burgondie décide à nouveau de conquérir ce territoire. Cette fois seul Thierry l'accompagne car en tant que gendre du roi défunt, il entend faire respecter ses droits sur une partie du royaume. Au cours de la campagne, Clodomir trouve la mort et le roi Burgonde, Gondomar, prend la fuite. Thierry s'empare alors du royaume en occupant les principales villes. Mais pendant qu'il guerroyait en Burgondie, des pirates danois ont fait une importante intrusion à l'embouchure du Rhin, sur ses terres. Thierry délaisse alors la Burgondie et rentre prestement chasser les intrus; ce qui permet à Gondomar de récupérer son royaume.

  Il peut paraître surprenant de voir que Thierry qui tenait à sa merci la Burgondie, ait délaissé ces terres. Ses frontières avec ce territoires aux abondantes et riches cités gallo-romaines étaient importantes, mais il est probable que plus qu'au royaume d'un autre, il tenait par dessus tout au sein, à celui que son père lui avait légué.

 

  Ces danois, qu'on appellera plus tard : les Vikings, ont razzié[1] tout ce qu'ils ont trouvéCasque-viking et ont embarqué de nombreux habitants pour en faire des esclaves. Mais une fois les barques chargées de ce butin, Chlochilaïch, le «roi» danois, au lieu de suivre l'ensemble de ses guerriers est resté sur le continent avec un groupe d'entre eux pour achever le pillage. En demandant aux hommes des embarcations de suivre la côte en attendant de le reprendre à bord, il ignore qu'il commet une imprudence fatale; car l'information est allée jusqu'à Thierry, qui aussitôt rassemble le meilleur de ses troupes et confie son commandement à son fils Thibert (ou Théodebert, fils unique né d’une union concubinaire, et demi-frère de Théodechilde que Thierry avait eu avec Swavegotha qu’il avait épousé en 507.). Celui-ci descend alors la vallée du Rhin et fond sur l'ennemi, qu'il massacre, ainsi que son «roi». La flotte austrasienne, qui a descendu le cours du fleuve, attaque avec succès les bâtiments danois, jette les occupants à la mer, récupère les marchandises et les prisonniers.

Théo-vikings

            Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet, Tours, vers 1455-1460
L'armée de Théoderic, conduite par son propre fils Théodebert, arrête les envahisseurs danois et les met en fuite. À l'horizon, deux navires ont déjà pris le large.

 

  Cette victoire n'est le résultat que d'une campagne contre un agresseur. Une seconde campagne, plus méditée, sera dirigée sans provocation contre les Thuringiens. Ce peuple germanique, apparenté aux Suèves, venait des régions actuelles de Silésie et de Haute-Saxe, mais avait, au Ier siècle avant Jésus-Christ, remonté le Danube et s'était finalement, au IVè, installé sur la haute vallée de la Weser. Un peuple errant, certes, mais peu combatif, qui se sentait en infériorité en face d'autres Barbares, plus nombreux et plus agressifs. Contrairement aux mœurs de ses voisins, il s'efforçait d'être en paix avec tous. Il avait pourtant une supériorité enviable, celle de ces chevaux, recherchés par les autres peuples pour leur perfection guerrière, et qui, à défaut d'être pour eux-mêmes des instruments de victoire, leur valaient de fructueuses opérations financières : le grand Théodoricétait, dans ce domaine, un fidèle client.

  En 531, la thuringe est gouvernée par trois frères : Hermenfried, Baderic, et Berthar. Trois rois pour le même royaume, voilà qui ne fait guère bon ménage surtout chez les Barbares. Hermenfried, l'aîné, époux d'Amalaberge, nièce de Théodoric le Grand, est le plus ambitieux. Il commence donc par faire assassiner Berthar.

  Pour Baderic, c'est plus compliqué, car celui-ci se méfie. Hermenfield fait appel à Thierry, promettant à ce dernier la moitié du royaume de Baderic, si celui-ci perd la vie durant les affrontements

  Thierry accorde son aide à Hermenfried. Croit-il réellement que le Thuringien tiendra sa promesse ?

  Quoi qu'il en soit, les deux hommes passent à l'attaque et Baderic est tué par son frère. Mais comme on pouvait s'y attendre, Hermenfried désormais unique roi de Thuringe ne tient pas à voir son royaume amputé. Il ne peut tenir parole car «les Ostrogoths s'y opposent» explique t-il. Grotesque prétexte auquel le Franc ne croit pas un instant.

  Thierry se tourne alors vers Clotaire qui plein d'ardeur pour le combat et la conquête sera un allié précieux pour aller faire rendre gorge au félon. Les Francs sans grande discrétion se préparent à l'invasion. Ils seront conduit par trois chefs : Clotaire, Thierry et son fils Théodebert.

  Cependant, au lieu d'attaquer l'ennemi en trois points différents, ils lancent leurs troupes telle une horde furieuse et compacte. Les Thuringiens avertis de l'attaque, ont tendu des pièges sur le parcours et l'avant garde, de même que la deuxième vague franque s'y précipitent. Hermenfried, guère meilleur stratège que ses adversaires n'en profite pas pour contre-attaquer, ce qui permet à Thierry de reformer ses troupes et de repasser à l'attaque. Cette fois le terrain étant plus favorable, il écrase l'armée thuringienne, sans toutefois parvenir à se saisir de leur roi qui a pris la fuite.

  Quelque temps plus tard, Thierry propose une rencontre pacifique à Hermenfried, sur les remparts de Zülpich. Hélas, celui-ci fait... une très mauvaise chute !

  Rien ne s'oppose plus désormais à l'annexion de la Thuringe par Thierry Ier.

  En 531, Thierry annexe donc la Thuringe, ce qui marque la fin du royaume thuringien. Pour éliminer toute résistance locale, il dut certainement faire alliance avec les Saxons. En contrepartie, les Saxons reçurent une partie du territoire thuringien.

 Mais décidément dès qu’il s’éloigne de son royaume, les ennuis ne tardent pas à se présenter au Roi de Metz, car pendant qu’il est en Thuringe, une rumeur annonce sa mort. Cette (fausse) nouvelle enchante les Arvernes qui n’apprécient pas d’avoir dû se soumettre à Thierry. Aussi sollicitent-ils Childebert pour que celui-ci devienne le nouvel homme fort de la région ; et celui-ci s’empare de Clermont.

 Prévenu de cette traitrise, Thierry rassemble ses armées pour marcher vers l’Arvernie. Quand Chidebert apprend cela, il déguerpit aussitôt, se disant que si son frère est irrité par ce qu’il vient de se passer, il exercera sa vengeance sur les Arvernes.

 Et en effet, les représailles ne tardent pas. À la tête d’une forte armée, Thierry pénètre en Arvernie en saccageant tout sur son passage, brûlant les maisons et les récoltes, tuant les paysans, abattant même les églises : c’était la façon qu’adoptaient les princes, en ce temps-là, pour manifester leur mécontentement. Le sénat d’Arvernie résolut de résister. Qu’a-t-il à perdre ? De toute façon, le roi trahi sera impitoyable. Peut-être les valeureux Arvernes peuvent-ils défendre leur ville jusqu’au retour de Childebert. Mais reviendra-t-il ? Les Arvernes ne se posent pas de questions et mettent leur capital en état de défense.

  Rendu sur place, Thierry adresse un ultimatum au sénat : reddition immédiate, sinon, dès que la ville sera enlevée, le pays sera rasé et sa population passée au fil de l’épée.

 Quintien, le saint et courageux évêque des Arvernes, ayant appris la menace qui pèse sur sa ville épiscopale, demande à voir le roi. Reçu par celui-ci, il parvient à le convaincre d’épargner la population. Thierry promet de réfléchir à la supplication de l’évêque, et en effet, lorsque quelques jours après il s’emparera de Clermont, il ne mettra pas à exécution ses menaces concernant les habitants.

 Pendant ce temps, ses lieutenants s’attaquentaux autres places de la province, où, ne se sentant pas engagé pas les promesses de leur souverain, ils n’hésitent pas à employer la manière forte pour s’imposer, pillant les villes vaincues, et incendiant Thiers qu’ils n’ont pas réussi à prendre.

 Malgré la résistance de quelques villes, l’Arvernie est rapidement et de nouveau, soumise à Thierry. Mais le roi Austrasien, bien que tenant fermement à cette province lointaine, ne juge pas à propos d’y séjourner plus longtemps. Il laisse pour gouverner la province un duc, probablement de ses parents, Sigivald. Pour comte de Clermont, il établit un Gaulois rallié, Lytigius, qui, exploitant pour son profit cette enviable situation, se fit le persécuteur et l’exploiteur de ses compatriotes. La situation perdura jusqu’au jour où l’évêque Quintien déposera plainte contre lui auprès du roi. À la grande surprise des habitants, Thierry prendral’affaire très au sérieux : il enverra sur place une escouade d’antrustions, qui se saisiront du gredin et l’emmèneront ligoté en Austrasie.

  Sigivald quant à lui, ne se comportait pas beaucoup mieux, ce qui ne manquera pas de lui couter cher…

    Les tracas n’étaient pas finis pour Thierry. Après l’Auvergne, ce fut en Austrasie même, qu’une rébellion se fit jour. Elle vint d’un leude mi-ambitieux, mi-dérangé, nommé Mundéric (le chef protecteur), nom qu’il s’était peut-être lui-même attribué. Il réunit auprès de lui quelques guerriers que le roi avait malmené ou avait vexé. « Ce trône est autant le mien que celui du roi Thierry, leur proclama-t-il. Je vais rassembler mon peuple, et lui réclamer un serment par lequel il me reconnaît comme roi au même titre que lui. » Il parcourut le pays en provoquant des attroupements au milieu desquels il vantait sa généalogie et exaltait ses faits d’armes. Le roi rassemble alors une armée et marche vers le rebelle, qui va s’enfermer dans la forteresse de Vitry-le-brûle, aujourd’hui Vitry en Perthois, au nord-est de Vitry-le-François . Thierry l'assiége, mais ne parvient pas à emporter la place. Alors il décide, comme il l’avait fait avec Hermanfried, de l’attirer dans un piège. Le leude Argésil lui fait une promesse au nom du roi : la vie sauve s’il venait parlementer avec lui ; mensonge tout à fait classique en ce temps, auquel mordit pourtant l’assiégé. Ce fut la fin de Mundéric…

 Du côté de l’Auvergne, tout n’est pas réglé. Certes Thierry avait renforcé les garnisons mais il craignait un retour de Childebert. Plutôt que d’attendre une nouvelle incursion de sa part, mieux vaut essayer de s’entendre avec lui. Si Thierry aimait les conquêtes, il n’appréciait pas particulièrement d’aller lui-même au combat. Poltronnerie, crainte de la défaite ? S’il a fait campagne enThuringe, c’est bien parce qu’il a été appelé. Mais il a préféré ne pas envahir la Burgondie, qui était sa voisine, et avait laissé le champ libre à Clotaire qui disposait pourtant de forces inférieures aux siennes. Childebert a une puissance supérieure à celle de Clotaire, bien qu’étant lui aussi quelque peu timoré. Thierry arrange alors une entrevue avec son cadet. Celle-ci est peu cordiale, et n’aboutit à rien de positif. Toutefois, un pacte de non-agression est conclu ; avec grande difficulté car les deux frères n’ont aucune confiance l’un envers l’autre. Finalement, pour obtenir une caution à leurs promesses incroyables, ils conviennent d’échanger des otages. Méthode habile qui s’exercera durant plusieurs siècles encore, et qui est fort peu douloureuse pour le souverain puisqu’en cas de violation des accords, ce n’est pas lui qui paiera sa trahison, mais ses plus dévoués sujets. La mésentente va vite se produire mais chacun, au lieu de réclamer l’échange des otages, va préférer les garder pour en faire des esclaves.

 Au moins, l’Arvernie reste à Thierry. Avec cependant une population gauloise hostile, avec laquelle les administrateurs devront garder une conduite mesurée, car trop de relâchement favorise les complots, et trop d’oppression pousse à la révolte. Or, Sigivald, le proconsul que le roi a établi mène une politique de répression, écrasant les habitants d’impôts, humiliant l’aristocratie, et s’enrichissant personnellement en pillant les églises. Comme les plaintes commencent à se faire de plus en plus nombreuses, Thierry finit alors par décider qu’il faut se débarrasser de ce personnage néfaste. Sigivald est donc convoqué en Austrasie, puis dès son arrivée, est assassiné…

 Voilà donc le problème réglé ! Mais Sigivald ayant un fils qui vit à la cours (et qui lui aussi se nomme Sigivald), Thierry préfère ne pas prendre le risque d’une vengeance. Il ordonne donc à Théodebert d’éliminer celui-ci. Mais Thierry ne semble pas le savoir : les deux jeunes hommes sont unis par une amitié profonde. Il est impensable que le futur héritier du trône s’oppose à son père directement, il décide donc de conseiller à son ami de s’enfuir et de ne revenir qu’à la mort du roi. Sigivald junior gagne alors immédiatement la Burgondie, dévale la vallée du Rhône, trouve refuge à Arles, encore aux mains des Ostrogoths, puis, ne s’y sentant pas en sécurité, s’enfuit jusqu’à Rome.

 Après avoir libéré sa sœur Clotilde de son cruel époux Amalaric qui la maltraitait, Childebert s’était emparé du trésor du roi goth mais n’avait pas jugé utile de prendre possession du royaume qui comprenait pourtant des villes aussi prestigieuses que Toulouse ou Narbonne. Thierry qui s’intéresse à la Gaule méridionale contiguë à sa province d’Arvernie, juge le moment propice pour mettre la main sur ce territoire. Mais il préfére ne pas conduire lui-même l’expédition qu’il confie à son fils Théodebert.

  Celui-ci justifia positivement la confiance que lui accordait son père, il s'empara de différentes localités tenues jusqu'ici par les wisigoths, mais alors qu'il venait de s'emparer de Beziers, et faisait le siège d'Arles, un messager vint lui apprendre que son père gravement malade était mourrant. Le jeune prince comprit aussitôt qu'il risquait de se trouver dépouillé de sa succession par ses oncles s'il ne se hâtait pas de rejoindre son père. Il prit donc immédiatement la route pour se rendre à Metz où, quelques jours après son arrivée, Thierry mourrut.

  Ayant le soutient des leudes du royaume, il monta à son tour sur le trône d'Austrasie.

  Sources : Grégoire de Tours, (trad. Robert Latouche) – Histoire des Francs _ Ivan Gobry, Clotaire Ier éd. Pygmalion _

 

[1] le terme razzia n'existait pas à l'époque, il provient de la méditerranée et concerne les attaques des pirates musulmans qui durant plusieurs siècles pillèrent et réduisirent en esclavage les populations chrétiennes voisines.

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