Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 01:10

  Les Gaulois, connus pour être d'excellent artisans métallurgiquessavaient extraire le minerai, maîtrisaient sa purification et connaissaient les alliages tels que le bronze (mélange de cuivre et d'étain).

  Dans les villages, le forgeron était un homme important. Il fabriquait des outils, des récipients, des armes, d'ailleurs la solidité des épées forgées en Gaule était réputée et enviée par les peuples voisins.

  Dans son atelier, l'artisan bronzier fabriquait aussi de superbes parures en argent et en or, portées aussi bien par des femmes que par des hommes, mais il coulait et frappait également de la monnaie.

 

  Les premières monnaies gauloises étaient frappées, puis sont apparues des monnaies de circulation courante coulées : les potins.

  Les potins étaient composés d'étain, de cuivre et de plomb. Fabriquées par chapelet dans des moules où était coulé le métal en fusion, ce qui leur donne souvent un aspect médiocre par comparaison avec les monnaies frappées dont le relief est beaucoup plus net. Ces monnaies, de faible valeur étaient assez répandues et restèrent en usage longtemps après la conquête romaine. Il fallut même de nombreuses décennies pour que le monnayage romain ne soit suffisamment abondant pour remplacer complètement les monnaies gauloises en général et le potin en particulier.

 

     Le potin des Rèmes

 

  Les Rèmes, fidèles alliés des Romains, étaient l'un des peuples les plus puissants de la Gaule. Leur territoire s'étendait sur l'actuelle Champagne, le long de l'Aisne. Leur principal oppidum était Bibrax, et la capitale de la civitas à l'époque gallo-romaine était Durocortorum (Reims).

  Ils émirent différentes monnaies; des statères, des deniers et de nombreux potins.

  potinrème3

  Ce potin de bronze est appelé "Potin au personnage courant".

potinrème   Sur l'avers on voit un personnage tenant une lance et un torque, le bijou celte soulignant ainsi l'importance du personnage.

  Sur le revers figure un animal, un ours mangeant un serpent surmonté d'une fibule[1], ou un cheval stylisé surmonté également d'une fibule.

  La représentation du guerrier celte est bien évidement un symbole d'exaltation des peuples gaulois vaillant combattants.

  Quant à l'animal stylisé, pas vraiment ours, pas vraiment cheval, il témoigne à la fois des croyances religieuses proches de la nature des gaulois et du côté artistique déjà très présent chez nos ancêtres.

 

[1] La fibule (du latin fibula signifiant attache) est une agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement. Elle est généralement considérée comme l'ancêtre de l'épingle de sûreté.

 

La monnaie chez les Gaulois et les gallo-romains : http://dossierstorique.over-blog.com/article-la-monnaie-chez-les-gaulois-et-les-gallo-romains-44594761.html

En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles.

Partager cet article

Repost0
3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 23:17

  Le bouclier gaulois était entièrement réalisé en matériau organique à l'exception de la protection métallique couvrant la partie centrale, l'umbo, les rivets de fixation, la gouttière métallique qui protège les bords, l'orle, et une plaque métallique qui recouvre la poignée en bois, le manipule.Guerrier-gaul

Seules les pièces métalliques ont été retrouvées lors de fouilles archéologiques effectuées dans des tombes de guerriers. En Picardie, des centaines de ces éléments ont été découverts dans un sanctuaire où les boucliers étaient exposés pour décorer les murs, puis furent jetés ensuite dans les fossés.

  Dans la Guerre des Gaules, César décrit des boucliers vraisemblablement réalisés en clayonnage (tressage de branches). Même si, dans ce cas, de tels boucliers ont été fabriqués en l'espace d'une nuit pour remplacer les armes confisquées plus tôt, il parait probable que les réalisations en vannerie équipaient certain soldats.

  La forme des boucliers est connue grâce à des représentations grecques et romaines, et des fragments de bois découverts au lac de Tène, en Suisse ont permis aux experts d'en reconstituer la fabrication.

  Le bouclier gaulois était toujours plat et de forme ovoïde. Il mesurait 1,10 m de long et 0,50 à 0,60 m de large.

Caval-celt

  Toutefois, les cavaliers et fantassins pouvaient être à l'occasion, équipés de boucliers ronds.

  Le bouclier classique était fabriqué par collage d'un entrelacs de fines lamelles de bois fibreux, frêne, peuplier ou aulne, probablement avec de la colle d'os, de peau ou de poisson. Cette technique offrait légèreté, souplesse et résistance aux chocs. L'épaisseur de la planche révélée par la dimension de pièces métalliques telles que l'orle ou les rivets, était de 10 à 17 mm dans la partie centrale, et de 5 à 10 mm sur les bords. Les évolutions dans les techniques de fabrication permirent petit à petit d'alléger le bouclier afin de répondre aux besoins de combattants de plus en plus mobiles.

  La planche était recouverte de couches de tissus ou de cuir pour en renforcer l'élasticité et ainsi limiter le risque d'éclatement à l'impact.

  La forme de la planche, de l'umbo, le revêtement, et les couleurs du bouclier étaient probablement des signes communs aux membres d'une même tribu.

 

En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles

Partager cet article

Repost0
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 15:32

  Il y a 2600 ans, sur la côte languedocienne, naissait la cité de Lattara, aujourd'hui Lattes, située à 7 km de Montpellier. Site gaulois ou comptoir étrusque ?

  Lattara fut en tout cas, dès ses origines, marquée par la rencontre entre les autochtones et les autres populations de Méditerranée occidentale. Des marins venant de la côte italienne, de la ville grecque de Marseille, ou de rivages espagnols accostaient régulièrement dans ce port de commerce et s'y sont peut-être installés de manière définitive.

Survol de la restitution de la ville de Lattara. © MCC/MRT.

 

   Reportage sur les fouilles et les travaux du laboratoire archéologique de Lattara sous la direction de monsieur Thierry Janin :

 

 Ce site gaulois fait l'objet de recherches archéologiques depuis plus de 30 ans. Voici une restitution 3D du site gaulois de Lattes extrait du site www.lattara.culture.fr (site très riche et très complet, à visiter) dans la collection des Grands sites archéologiques (www.grands-sites-archeologiques.culture.fr) éditée par le Ministère de la culture et de la communication.

 

  À la fin du VIe s. avant notre ère, les indigènes, peut-être stimulés par des navigateurs et commerçants étrusques, s’installent durablement sur une éminence dominant la lagune et les vallées du Lez : c’est la naissance de la ville de Lattara. Il est probable que cette fondation rassemble plusieurs habitats plus dispersés, auparavant implantés dans les environs immédiats. Mais malgré ce regroupement d’une partie de la population, certains habitats vont perdurer autour de la cité. Au cœur des échanges et des transferts, Lattara va dès lors jouer un rôle moteur dans la distribution des importations et la diffusion des idées, des techniques et la circulation des hommes.

 

 

Presqu’un siècle avant la fondation de Lattara, vers 625 avant notre ère, les premiers échanges entre le monde méditerranéen et les Gaulois du Languedoc sont engagés. De simples échanges, on assiste dès le début du VIe s. à la mise en place de véritables réseaux commerciaux qui vont concerner l’ensemble des habitats indigènes du Midi. Logiquement, ce sont les établissements situés à proximité du littoral qui bénéficieront le plus des produits importés : les amphores à vin surtout et la vaisselle de table. Au gré des alliances politiques et commerciales qui vont rythmer l’histoire des sociétés méditerranéennes, les réseaux d’échanges et donc les produits transportés et diffusés dans les habitats indigènes vont changer, traduisant l’évolution des circuits commerciaux.

 

Les nombreuses maisons fouillées à Lattes diffèrent de celles qu’on connaît pour les périodes précédentes : aux cabanes recensées en Languedoc pour la fin de l’Âge du Bronze (900-700 avant notre ère) ou le tout début de l’Âge du Fer (700-675 avant notre ère), succèdent des unités domestiques qui montrent l’emploi de techniques de construction et d’aménagement domestique divers et parfois nouveaux.
Lattara1

Partager cet article

Repost0
2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 00:13

 La bataille d'Alésia, en image :

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost0
25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 23:29

  Le monde celtique était constitué d'un morcellement de peuples, sans unité politique stable. Il est donc difficile de dresser un portrait commun aux druides Gaulois, Celtes de la péninsule Ibérique, Irlandais et Gallois.

  Cependant, certains points culturels apparaissent communs à ces différents peuples celtes.

 Druide1

 

   Les druides faisaient partie de la classe sacerdotale celtique, qui se divisait principalement en trois spécialités : les druides, les bardes et les devins. En haut de la hiérarchie se trouvaient bien entendu les druides. Dans son ouvrage sur la guerre des Gaules, César (100 à 44 av. J.C.) les présentaient comme une catégorie de privilégiés (en compagnie des chevaliers) dans la mesure où ils s'abstenaient d'aller à la guerre, étaient exemptés d'impôt, de service militaire et de toute autre charge. Il existait un druide supérieur qui possédait sur tous les autres une très grande autorité. Lorsqu'il mourrait, la succession revenait au plus digne; s'il y avait plusieurs candidats, la décision se faisait par le suffrage des druides ou par une lutte armée. Le rôle des druides était de s'occuper de la religion, de veiller à l'observation des rites, de régler les pratiques religieuses, de rendre la justice et d'enseigner (Guerre des Gaules, VI, 13-14). Pour l'historien grec Diodore de Sicile[1] (90 à 20 environ av. J.C.), les druides étaient des philosophes et des théologiens. Pour le géographe grec Strabon (environ 63 av.J.C. à 19 apr. J.C.), les druides s'adonnaient à l'étude des sciences de la nature et à le philosophie morale; ils rendaient justice et avaient le rôle d'arbitre au cours des guerres (Géographie, IV, 4, 4). Enfin, le géographe romain Pomponius Mela (milieu du premier siècle apr. J.C.) décrivait les druides comme des érudits, maîtres de sagesse et d'astronomie (chorographie, V, 2, 18).

 

  Le mot druide utilisé également en Irlande, vient de dru-, "chêne" et -wid- "voir, savoir. Druide signifie donc : "celui qui connaît par le chêne". Cette explication donné par Pline l'Ancien est aujourd'hui confirmé par une majorité d'historiens qui se sont penchés sur la question.

 

  La classe sacerdotale celtique était également  composée de bardes, mot utilisé en Irlande: bard, et au Pays de Galles :  bardd. Selon Diodore de Sicile, ils étaient des poètes lyriques, accompagnés d'une harpe, qui chantaient tantôt des hymnes, tantôt des satires. Ils utilisaient surtout leur art à l'occasion des guerres; sur les champs de batailles, ils s'avançaient au milieu des adversaires et les apaisaient (Bibliothèque historique, V, 31). Timagène[2] d'Alexandrie (Ier s. av. J.C.) indique que les bardes chantaient en vers les hauts faits des hommes illustres, accompagnés de leur harpe.

 

  Autre catégorie de druides : les devins. Pour Diodore de Sicile, ceux-ci prédisaient l'avenir par l'observation des oiseaux et l'immolation des victimes. (Bibliothèque historique, V, 31). Strabon les appelaient les "vates", spécialisés dans le sacrifice et l'interprétation de la nature (Géographie, IV, 4, 4). Enfin, ils portaient le nom d'"euphage" chez Timagène, et avaient pour fonction de révéler la force et les merveilles de la nature (Ammien Marcellin, XV, 9).

  druide-bleu.1247824411

  Des écrits parlent de druidesses ayant vécues au IIIè siècle, mais la classe sacerdotale semblait plutôt réservée aux hommes. Alors s agissait-il de druidesses, de femmes qui s'étaient auto-proclamée druidesses alors qu'au IIIè siècle les vrais druides étaient en voie de disparition, ou était-il plutôt question de voyantes ?

 

  Les druides n'ont pas mis par écrit leur savoir religieux pour les Celtes, les choses importante ne s'écrivaient pas, elles se disaient de vive voix. Cette position par rapport à l'écriture peut sans doute s'expliquer comme suit : les druides considéraient certainement la parole comme active, dynamique, évoluant comme la vie, à la différence de l'écrit qui fixait, figeait les choses et, dans un certain sens, les tuait. Une raison est donnée par César : les druides n'ont pas mis leur doctrine par écrit afin de ne pas la divulguer aux profanes.   

 druids stonehenge-711682L'enseignement se basait uniquement sur l'oral, ce qui obligeait les élèves à faire travailler leur mémoire. Les gens qui venaient s'instruire auprès des druides devaient ainsi apprendre par cœur un grand nombre de vers. Pour devenir druide, les études étaient très longues car elles pouvaient durer vingt ans (Guerre des Gaules, VI, 14). Pomponius Mela[3] confirme cette durée d'enseignement et précise qu'il était dispensé aux personnes les plus distinguées, mais aussi que cette formation se déroulait secrètement au fond des cavernes ou des bois les plus retirés (Chorographie, V, 2, 18).

  De par leurs nombreuses compétences, les druides occupaient une position prééminente chez les Celtes anciens. Pour ainsi dire, il étaient dépositaires d'un savoir traditionnel qui constituait les fondements de la société qu'ils conservaient et transmettaient de manière orale. Cette classe de savants existait sans doute avant la dispersion des différentes populations celtiques, ce qui peut expliquer la présence de traits de civilisation communs entre Gaulois, Celtes Ibères, Irlandais ou encore Gallois.

  La romanisation, qui a touché la plupart des pays celtiques (à l'exception de l'Irlande) a causé la disparition du druidisme. La conquête romaine a entraîné de nombreux bouleversements au niveau politique et institutionnel.

  Dans le nouveau mode de société imposé par Rome, qui exigeait le culte de l'empereur, les druides n'avaient plus leur place. Leur importance déclina progressivement, et c'est la période augustéenne qui a scellé définitivement leur sort. Suétone[4] nous apprend que l'empereur Claude "abolit entièrement chez les Gaulois, la religion si barbare des druides qu'Auguste s'était contenté d'interdire aux citoyens romains". (Vie des douze César, 5, Claude, 25). La disparition de l'élite sacerdotale a entraîné de facto l'affaiblissement inéluctable de la langue indigène, la perte de la théologie ainsi que la fin d'un système religieux cohérent.

 

  En tant que représentants de la classe sacerdotale, les druides étaient les seuls personnages de la société celtique à pouvoir communiquer avec les dieux. Pour cela, les druides les invoquaient essentiellement par des surnoms, car le véritable nom des divinités faisait l'objet d'une interdiction religieuse. Par respect, superstition, pour ne rien révéler de la religion à un étranger ?

  Les druides qui entretenaient une relation privilégiée avec les dieux, tenaient de ceux-ci leurs pouvoirs et leurs connaissances. Ils faisaient donc office d'intercesseurs entre les dieux et les hommes. Et lors de la prise de pouvoir d'un nouveau roi, ils transmettaient à celui-ci les valeurs de vérité, de savoir et de sagesse, chères à leurs divinités.

  Ayant le privilège d'avoir accès à la science divine, les druides avaient la connaissance des choses du passé, du présent et de l'avenir. Cela explique leur pratique si fréquente des actes de divinations et de prophéties.

  Diodore de Sicile a noté que les devins avaient recours à un rite particulier pour consulter les présages : "Après avoir consacré un homme, il le frappe avec une épée de combat dans la région au dessus du diaphragme, et quand la victime est tombée sous le coup, ils devinent l'avenir d'après la manière dont elle est tombée, l'agitation des membres et l'écoulement du sang" (Bibliothèque historique, V, 31). Une technique comparable se retrouve chez l'historien romain Justin (II ou IIIè siècle apr. J.C.) Lorsque les Gaulois ont appris qu'Antigone, le roi de Macédoine, allait les attaquer, ils se sont préparés au combat en immolant des victimes pour interroger les auspices; l'aspect des entrailles leur a présagé une grande défaite mais, au lieu de prendre peur, ils sont entrés en fureur et ont commis un véritable massacre dans leur propre camp (Histoires philippiques extraites de Trogue Pompée[5]). Il y a aussi le témoignage de rituels divinatoires moins sanglants. Ainsi, le même Diodore de Sicile nous apprend que les devins prédisaient l'avenir par l'observation des oiseaux. Justin confirme là aussi cette information lorsqu'il explique que les Gaulois ont pénétré en Illyrie car ils étaient guidés par le vol des oiseaux. Justin précise qu'ils étaient, de tous les peuples, les plus instruits dans la science augurale. Enfin, Élien le Sophiste[6] (170-234 apr.J.C.) évoque plusieurs peuples "barbares", dont les Celtes, qui se livraient à des actes de divination par l'entremise d'oiseaux, de signes ou par les entrailles des animaux (Histoires variées, II, 31).

  Comme la plupart des peuples, les Celtes eurent recours au sacrifice, quelquefois humain car, avant la christianisation ce rite était un acte essentiel de la vie religieuse qui permettait de communiquer avec les dieux et de purifier la société humaine. Il était forcément accompli par des personnes qui étaient en contact avec les forces divines, c'est à dire les druides pour les Celtes. À en croire César, le sacrifice avait une place très importante dans la vie de la société gauloise. Ainsi, les personnes qui ne se soumettaient pas à la décision des druides étaient exclues des sacrifices, ce qui était le châtiment le plus grave chez les Gaulois; ceux-là étaient dès lors considérés comme des impies, des criminels ou des impures (Guerres des Gaules, VI, 13).

 

  Celui qui avait les connaissances, l'expérience et la sagesse était considéré comme le plus à même à délivrer des jugements corrects. "Ce sont les druides qui tranchent presque tous les conflits entre États ou entre particuliers, et su quelques crime a été commis, s'il y a eu meurtre, si un différent s'est élevé à propos d'héritage ou de délimitation, ce sont eux qui jugent, qui fixent les satisfactions à recevoir et a donner" (Guerre des Gaules, VI, 13). Cette fonction est confirmée par Strabon selon qui les druides rendaient des jugements sur tous les litiges privés ou publics, se prononçaient dans les cas de meurtre (Géographie,IV, 4, 4)

  Les druides disposaient de pouvoirs de guérison. Par incantation, par chirurgie et par les plantes.

  Si l'on sait peu de choses sur les deux premières méthodes, les sources concernant la druidspratique de la médecine par les plantes sont plus nombreuses : Il convient tout d'abord de citer le célèbre passage sur la cueillette du gui : "Les druides n'ont rien de plus sacré que le gui et l'arbre qui le porte, pourvu que ce soit un rouvre... On trouve très rarement du gui (de rouvre) et, quand on en a découvert, on le cueille en grande pompe religieuse; ce doit être avant tout au sixième jour de la lune, qui marque chez eux le début des mois, des années et des siècles... Ils l'appellent dans leur langue "celui qui guérit tout". Il préparent selon les rites au pied de l'arbre un sacrifice et un festin religieux et amènent deux taureaux blancs dont les cornes sont liées alors pour la première fois. Un prêtre, vêtu de blanc, monte dans l'arbre, coupe le gui avec une serpe d'or et le reçoit avec un sayon blanc. Ils immolent ensuite les victimes en priant le dieu de rendre son présent propice à ceux auxquels il l'a accordé. Ils croient que le gui, pris en boisson, donne la fertilité à tout animal stérile, qu'il est un remède contre tous les poisons. Tant les peuples mettent d'ordinaire de religion dans des objets frivoles !" (Histoire naturelle, XVI, 95). Pline évoque ensuite une plante appelée selago en gaulois, qui ressemble au genévrier sabine (arbuste rampant). Sa cueillette faisait l'objet d'un véritable rituel : "On la cueille sans se servir du fer avec la main droite à travers la tunique à l'endroit où on passe la gauche, comme pour voler; il faut être vêtu de blanc, avoir les pieds nus et bien lavés, et avoir, avant la cueillette, sacrifié du pain et du vin; on l'emporte dans une serviette neuve. Les druides gaulois ont publié qu'il faut en avoir sur soi contre tous les malheurs et que la fumée en est utile contre les maladies des yeux". Pline parle d'une autre plante que les druides ont nommé samolos : "C'est une plante qui croît dans les lieux humides; elle doit être cueillie de la main gauche, à jeûn, pour préserver de la maladie les porcs et les bœufs; celui qui la cueille ne doit ni la regarder ni la mettre ailleurs que dans l'auge, où on la broie pour la leur faire boire"(Histoire naturelle, XXIV, 62-63).Dans les trois cas, les druides utilisaient une plante qu'il fallait cueillir selon un rituel précis (ce qui témoigne du caractère religieux de l'acte) et qui sera utilisée pour guérir les hommes et les animaux. L'utilisation d'une médecine par les plantes est également attestée par Marcellus de Bordeaux[7] qui évoque de nombreuses formules magiques, notamment une adressée aux déesses gauloises (matronae).

 

  En cas de guerre, les druides n'étaient pas tenus de combattre. L'utilisation des armes ne leur étaient pas interdites, mais les druides étaient souvent âgés et les précieuses connaissances qu'ils avaient acquises, les rendaient plus utiles à l'écart plutôt qu'au cœur des combats. En cas de conflit, les druides ne se contentaient pas de décider s'ils prendraient part au combat ou pas, ils pouvaient également occuper la fonction d'ambassadeur ou de médiateur. C'est ce que dit Diodore de Sicile : "Non seulement dans les nécessités de la paix, mais encore et surtout dans les guerres, on se confie à ces philosophes et à ces poètes chantants, et cela, amis comme ennemis. Souvent, sur les champs de bataille, au moment où les armées s'approchent, les épées nues, les lances en avant, ces bardes s'avancent au milieu des adversaires et les apaisent, comme on le fait avec les bêtes farouches avec des enchantements. Ainsi chez les barbares les plus sauvages la passion cède à la sagesse et Arès respecte les Muses" (Bibliothèque historique, V, 31). Strabon indique que lors des guerres, les druides avaient la position d'arbitre (Géographie, IV, IV, 4). C'est ce que fit Diviciacos, un druide Éduen, vers l'an -60, quand il se présenta devant le Sénat romain pour demander une aide militaire pour combattre les Séquanes.

 

  Le druide n'était pas le chef de son peuple, toutefois, quel chef se serait aventuré à commander sans consulter régulièrement son druide.

 

 

.



[1] Diodore de Sicile, vécut du temps de Jules César et d'Auguste. Après avoir visité les contrées d'Europe et d'Asie ainsi que l'Égypte, il s'établit à Rome. Il laissa une œuvre considérable, l'une des plus riches d'informations sur l'Égypte antique, la Grèce antique et la Rome antique. Il travailla pendant 30 ans à la Bibliothèque historique, qui couvre plus de mille ans d'histoire, des temps mythologiques  à Jules César . Son œuvre, rédigée en grec, comprend 40 livres.
[2] Timagène : Rhéteur ( Professeur de rhétorique - l'art de bien parler -, dans l'Antiquité) et historien de langue grec, né à Alexandrie, vers 80av. J.C. et mort à la fin du Ier siècle.
[3] Pomponius Mela est le plus ancien géographe romain. Il écrivit aux alentours de 43 une description qui couvre le monde connu des Gréco-Romains.
[4] Suétone est un polygraphe et un érudit romain ayant vécu entre le Ier et le IIè siècle.  Il est principalement connu pour sa Vie des douze Césarqui comprend les biographies de César à Domitien.
[5] Trogue Pompée est un Gallo-Romain né à Vaison-la-Romaine, auteur au Ier siècle ap. J.-C. d’une Histoire universelle, l'Histoire philippique, en 44 livres, essentiellement à partir d'historiens grecs de l'époque hellénistique. Il acheva son récit à l'époque d'Auguste, contemporaine de la sienne
[6] Élien le sophiste est un historien et un orateur romain de langue grecque.
[7] Marcellus de Bordeaux surnommé l'Empirique, naquit vers le milieu du IVè siècle. Il n'était pas médecin et semble ne s'être adonné à l'étude de la médecine que pour le plaisir d'être utile. Son habileté, ses succès nombreux firent du bruit et attirèrent sur lui l'attention de l'empereur Théodose Ier. Sous le règne de Théodose II, il rédigea son traité de Medicamentis, une liste de tous les remèdes qu'il avait pu recueillir dans ses lectures et dans le cours de ses voyages.
En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles

Partager cet article

Repost0
17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 17:35
  À Mouliets-et -Villemartin (Gironde) un village gaulois d'artisans et de commerçants gaulois prospère, situé au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques, des Petrucores et des Nitiobroges, a été découvert. Le site

  Le site

  Le site de Lacoste a été découvert en 1954 dans la petite commune de Mouliets-et-Villemartin en Gironde. Lors de prospections de surface, une multitude d'objets celtiques et antiques, datés entre le IVe siècle avant notre ère et le IIe siècle de notre ère, avaient été recueillis. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis d'y localiser une zone d'habitat et un quartier artisanal de potiers du second âge du Fer (-450 à -50).

  Entre août 2007 et avril 2008, la construction d'un gazoduc a été l'occasion pour une équipe de l'Inrap de fouiller une bande de 800 m de long sur 10 m de large, et d'approfondir les connaissances du site et de son organisation.

  Un village bien organisé

  Le site s'étend sur une trentaine d'hectares dans la basse vallée de la Dordogne. Non fortifié, il se trouve près d'un carrefour de voies, à la croisée de plusieurs peuples du nord de l'Aquitaine : les Petrucores, les Nitiobroges et les Bituriges Vivisques.

  Autour d'un village de 4 à 5 hectares, des quartiers voués à la production d'objets manufacturés sont implantés : ateliers de potiers, de forgerons et de bronziers. Un réseau de petits fossés, constituant un parcellaire très régulier, orienté nord-sud et est-ouest, délimite des espaces destinés, semble-t-il, aux activités agropastorales.

  L’habitat et les quartiers artisanaux

  Les sols des maisons, en graviers, étaient recouverts de planchers aujourd'hui disparus.
  Les parois, de terre et de bois, reposaient sur des poutres sablières. A l'extérieur, on trouve de nombreux dépotoirs (tessons de céramiques, faune, etc.) et des foyers formés de plaques d'argile reposant sur des céramiques écrasées.

  La principale activité artisanale reconnue à Lacoste est le travail du fer. Outre des amas de scories et des battitures , les forgerons ont laissé derrière eux une importante quantité d’objets en fer cassés, rompus lors de leur mise en forme – principalement des petites pièces comme des fibules – ainsi qu’un lingot de fer de type Currency bar
Des ateliers de bronziers ont été identifiés grâce à la présence de fragments de creusets, de coulées et de gouttelettes de métal. À ces gouttelettes étaient associés de nombreux fragments de creusets (dont un complet), quelques barrettes de métal préformées, ainsi que des fragments de petites fibules vraisemblablement cassées en cours de fabrication. La manufacture de petits objets en bronze à Lacoste n’est pas une surprise. Les ramassages de surface ont depuis longtemps permis d’identifier la pratique de cet artisanat, notamment grâce à la découverte de certains objets caractéristiques, comme les entonnoirs de coulée  et des fragments de moule en terre cuite.
  Des ateliers de verriers sont également pressentis.

  Le mobilier archéologique

  Le mobilier archéologique recueilli lors de cette fouille est très abondant. Ce sont plusieurs tonnes de céramiques qui ont été découvertes dans la zone d'habitat et plusieurs centaines d'objets en fer dans les quartiers des forgerons. De nombreux vestiges de la vie quotidienne ont été exhumés, notamment des objets de parures celtiques en métal, en verre, en ambre ou en lignite.
  Le site de Lacoste a livré une multitude d’objets témoignant d’activités domestiques, artisanales, agricoles ou artistiques avec des objets de parure. La fouille préventive apporte une information capitale sur leur origine. En effet, nombre d’entre eux étaient fabriqués sur place, dans des quartiers spécialisés. Parmi les objets de parure, ont été également découverts des fragments de perles et de bracelets en verre. Le verre gaulois, qui n’est pas soufflé mais filé, présente une extraordinaire gamme de bleus, de jaunes, de verts et de pourpres. À la centaine de fragments déjà recueillie sur le site depuis sa découverte s’ajoutent 28 nouvelles pièces qui font aujourd’hui de Lacoste l’un des sites les plus riches de Gaule pour ce type de parures. Leur fabrication in situ est probable, au même titre que celle des objets en fer et en bronze dorénavant bien attestée.
Voir l album
  Lacoste ville-marché
  Cette fouille fournit une somme d'informations capitales concernant une catégorie de sites encore mal connue aujourd'hui.
  Lacoste était situé au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques (en Gironde, autour de Bordeaux), des Petrucores (en Dordogne, autour de Périgueux) et des Nitiobroges (dans le Lot-et-Garonne, autour d'Agen).
La prospérité de cette petite bourgade repose essentiellement sur une société qui a su très tôt - dès le IIIe siècle avant notre ère - développer une économie basée sur la production de masse, le commerce et les échanges, parfois à longue distance.
 


Source : INRAP

Partager cet article

Repost0
9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 15:26

  frappe-monnaie

  Au VIIè siècle avant Jésus-Christ, les Lydiens (habitants de la Lydie, un ancien pays d'Asie Mineure, situé sur la mer Égée) ajoutèrent dans leurs transactions basées sur le troc, les premières monnaies frappées au marteau sur des pépites d'électrum (alliage naturel d'or et d'argent). Elles étaient marquées d'un sceau, sur une seule face, à l'aide d'un cylindre de métal. Plus tard, Crésus (-561 à -547), pour éviter la fausse monnaie, fit graver des monnaies en or sur les deux face : les «créséides». Cette empreinte était reconnue de tous, acceptée et utilisée dans toute les transactions. La monnaie était née, sa valeur dépendait alors de son poids et du métal employé.

  Les Grecs furent les véritables propagateurs de la monnaie utilisée comme moyen d'échange autour du bassin méditerranéen. 
  La monnaie fait son apparition en Gaule au VIe siècle av. J.-C.par la colonie grecque établie à Marseille qui frappe des oboles. Progressivement, elle se répand parmi les peuples limitrophes (vallée du Rhône). 
  De très nombreux guerriers Gaulois exerçaient en tant que mercenaires, leur valeur était reconnue ce qui leur permettait de négocier chèrement leurs services notamment au sein des cités grecques. Ce mercenariat fit entrer plus de 4 tonnes d'or en Gaule dont le statère d'or de Philippe II de Macédoine (-359 à -336) qui servit de modèle aux artistes gaulois qui s'en inspirèrent largement pour réaliser des pièces de monnaies sur lesquelles ils ajoutaient des symboles issus de la mythologie celte. 
 

monnaie-Gaul
  Au IIe siècle av. J.-C., le monnayage est développé, et les peuples ayant des mines d'or, comme les Arvernes, frappent des statères.
  Chaque peuple gaulois était indépendant du point de vue du monnayage, certains étaient plus productifs que d'autres, mais il y a tout lieu de supposer que les pièces en métaux précieux circulaient entre peuples voisins. Les monnaies frappées à cette époque représentent souvent des animaux, des humains stylisés, des formes géométriques.
  Le cheval fut couramment représenté sur le revers des monnaies gauloises. Le sanglier était également assez représenté. Quand au coq, bien qu'emblème de la France, il ne figure sur aucune pièce gauloise. 

  Habiles commerçant, les Gaulois du centre de la France ont introduit des monnaies d'argent basées sur la drachme des Phocéens mais également sur le denier romains. Ils installèrent un système monétaire copié sur Rome.
  Les Romains qui 300 ans avant J.C. avaient développé un système original avec comme unité un as de bronze dont le poids, la forme et le métal variait, passèrent une centaine d'années plus tard au denier d'argent. Puis, fut créé l'auréus composé d'or et valant 25 deniers d'argent. Le cuivre fut réservé pour l'as et le bronze pour le sesterce.
Tableau-Monnaie  En Gaule, les échanges commerciaux étaient abondants, de grandes foires organisées dans ses principales cités attiraient de nombreux négociants. Ses tissus, ses salaisons, ses produits agricoles, sa situation géographique, toutes ces richesses, amèneront le jeune et ambitieux proconsul Caius Julius Caesar à soumettre la Gaule à la puissance de Rome en 52 av. J.C.
Vercingetorix stater CdM
 
Statère Gaulois des Arvernes.
Bien que le nom de Vercingétorix figure sur cette pièce, il ne s'agit pas du portrait du héros Gaulois, mais du profil d'Apollon.


  Peu à peu, les espèces romaines se substituèrent totalement aux monnaies gauloises.
  En 15 av. J.C. Lyon (Lugdunum) capitale des Gaules, se vit attribuer un atelier monétaire. Et lorsqu'en 4 av.J.C. celui de Rome fut fermé par la volonté de l'empereur Octave Auguste, Lyon devint le plus important atelier monétaire de l'Empire dans lequel toutes les espèces furent frappées. Malgré des arrêts sporadiques, l'atelier fonctionna jusqu'à la chute de Rome.
  D'autres ateliers furent ouverts de manière exceptionnelle à Vienne, Nîmes ou Arles. C'est d'ailleurs à Nîmes que furent frappées les deniers sur lesquels figuraient le portrait de Jules César, qui fut le premier Romain à voir de son vivant, son buste orner l'avers des pièces.

  Sous le contrôle de Rome, la Gaule entame une transformation progressive de sa société. Mais les taxes imposées par l'administration romaine occasionnent des mécontentements et parfois même des révoltes. 
  En 21, excédé par la lourdeur des impots à payer, Julius Florus, un Gaulois du peuple Trévire tente de soulever les Belges, et la même année, l'Éduen Julius Sacrovir, aidé des Séquanes réunit plus de 40 000 hommes. Mais les deux légions envoyées à leur rencontre s'imposent et le calme revient en Gaule-romaine.

  La romanisation de la Gaule se poursuit, le commerce se développe, et les commerçants occupent une place importante dans la société gallo-romaine.
  Il existe toutes sortes de corporations tant pour l’alimentation que les vêtements ou la poterie. Les stèles présentent assez souvent les deux symboles du commerce : la balance et la monnaie. Les balances sont de deux sortes : la libra à deux plateaux la plus répandue et la statera qui comprend un seul plateau et un fléau à bras inégaux, un peson mobile se déplaçant le long du bras le plus long. C’est la balance romaine. Pour la balance à deux plateaux, on utilise des poids calibrés. La mesure de base est la livre de 327,45 g.; et il existe des pesons de plusieurs livres ainsi que des sous mesures duodécimales, jusqu’à l’once, 1/12 de livre, soit 27,88 g., et le scrupule, 1/288 de livre, soit 1,137g. 
  L’usage de la monnaie est général à l’époque gallo-romaine, toutefois il devait subsister un large usage du troc.

Comment lire une monnaie gallo-romaine : http://dossierstorique.over-blog.com/article-32264124.html

 

En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles

Partager cet article

Repost0
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 18:29
  Un oppidum (du latin n. oppidum, pl. oppida : lieu élevé, fortification) est un lieu de refuge public, caractéristique de la civilisation celtique, dont les défenses naturelles ont été renforcées par des travaux collectifs. Il est souvent situé sur un lieu élevé (une colline ou un plateau), mais peut aussi être sur une île, un cap, dans un méandre de fleuve, un marais, etc.
  Les oppida (pluriel en langue latine) sont connus notamment grâce aux descriptions de Jules César, dans ses commentaires sur la guerre des Gaules. Ils se caractérisent par des murs de terre et de pierres, renforcés par des traverses de bois assemblées perpendiculairement par de longues fiches de fer de 20 à 30 cm.

 
  La situation des sites d'oppida est connue grâce aux anciens itinéraires, à la toponymie (terminaison en -dun), à la cartographie, à la reconnaissance aérienne. Elle est confirmée ou non par des fouilles archéologiques.


  À Moulay, en Mayenne, à l'extrémité d'un vaste promontoire granitique situé à la confluence des rivières de la Mayenne et de l’Aron, la fouille d’un des plus grands oppida de la Gaule a débuté. Si une première enceinte fortifiée était connue depuis le XIXe siècle, c’est à l’occasion d’un aménagement routier en 2004 que les archéologues ont identifié ce site remarquable. 
L’origine gauloise du rempart

L’origine gauloise du rempart

L’enceinte fortifiée anciennement connue s’appuie sur des vallées encaissées présentant par endroit des falaises hautes de plus de 20 mètres. Un rempart massif, de 20 mètres de large pour une hauteur conservée de 6 à 8 mètres, se développe sur près de 350 mètres de longueur et clôt un espace de 12 hectares, à l'intérieur duquel est installé le cœur du bourg actuel de Moulay.
Dans les années 1970, les premières investigations archéologiques révèlent l'origine gauloise du lieu et de l'ouvrage défensif, longtemps considéré comme une fortification militaire romaine et qualifié de « camp de César ». Peu d’aménagements internes sont identifiés, mais le mobilier correspond à une occupation domestique du Ier siècle avant notre ère : poteries, meules à grains, amphores vinaires importées d’Italie, éléments de parure, et à la pratique d’activités métallurgiques : moule de bronzier et scories. Un rempart secondaire en pierre sèche a également été reconnu sur le reste du pourtour du site en sommet de falaise. Ainsi l’oppidum de Moulay apparaît comme un site majeur de l’époque gauloise.

L’un des dix plus vastes oppida de Gaule

En 2004, dans le cadre du contournement routier des communes de Moulay et de Mayenne, l’Inrap a mené un diagnostic archéologique sur près de 9 kilomètres. Le projet routier passe à moins de 300 mètres à l’est de la fortification gauloise connue, sur la suite du promontoire rocheux. À l’extérieur de l’enceinte, le diagnostic a révélé de nombreux indices de la période de La Tène finale (IIe et Ier siècles avant notre ère), dont un nouveau rempart d’environ 1 200 mètres de long à 1 000 mètres en amont du premier. Il rejoint en ligne droite les vallées de la Mayenne et de l'Aron. Cette nouvelle ligne défensive change considérablement la morphologie du site : la surface définie par les deux enceintes concentriques avoisine alors les 135 hectares.
Plus grand site connu aujourd’hui sur le Massif armoricain, Moulay fait dès lors partie des dix plus vastes oppida gaulois. L’agglomération fortifiée correspond au chef-lieu de la cité gauloise des Diablintes. À la période romaine, le centre de pouvoir se déplace à quelques kilomètres de là à Jublains (Noviodunum), puis à Mayenne au nord de Moulay dès l’époque carolingienne. Ces trois sites voisins illustrent ainsi la permanence du siège du pouvoir politique et son évolution au cours de plus d’un millénaire sur d’un même territoire.

Un projet scientifique d’envergure

La fouille, qui s’étendra sur 11 hectares, devrait permettre d’étudier le contexte environnemental de l’oppidum et la structuration de son occupation.
Le projet scientifique, réalisé grâce aux données anciennes et aux résultats du diagnostic, s’est enrichi d’exemples fournis par les fouilles récentes d’agglomérations gauloises de l’ouest de la France. De nombreux éléments du paysage figurant sur le cadastre du XIXe siècle sont parfois encore visibles aujourd’hui, les chemins creux notamment, et attestent une origine vraisemblablement gauloise. La découverte, lors de travaux de remembrement agraire dans les années 1970, d’un ancien chemin creux remblayé par près de 200 meules gauloises qui pourrait finalement correspondre à la voie principale de l’enceinte orientale de l’oppidum identifiée en 2004, en est un exemple. Par ailleurs, dans les environs immédiats du site fortifié, une ferme gauloise a déjà fait l’objet d’une fouille tandis que deux autres établissements agricoles seront étudiés dans les mois à venir.

Les enjeux scientifiques de cette opération archéologique, dont l’envergure exceptionnelle n’a pas d’équivalent à l’échelle européenne sur un site analogue, devraient permettre d’apporter un regard nouveau sur le phénomène des oppida celtiques.

Voir le reportage

Source : Inrap

Pour en savoir plus sur les oppidums : http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/entremont/fr/index2.html
http://www.oppida.org/
 
En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles

Partager cet article

Repost0
15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 14:24

LA FAMILLE GAULOISE.

Alors qu'un peu partout, dans l'Antiquité, mais surtout à Rome, la famille restait plus ou moins dépendante de la tribu, la famille gauloise apparaît comme une entité bien déterminée et formée des seuls membres qui lui sont essentiels : père, mère, enfants. Les individus agissent en leur nom propre et en celui-là seul. Au point que les parents très proches par le sang peuvent se trouver complètement séparés ou ennemis dans l'action : ce fut le cas pour Vercingétorix qui fut combattu à outrance par son oncle, le frère de son propre père.
Les Gaulois s'opposaient d'ailleurs systématiquement à toute formation de clans familiaux, comme ils s'opposaient avec un soin jaloux à tout pouvoir personnel. Une loi chez les Eduens défendait à deux frères d'être à la fois magistrats. Et l'on sait que le père de Vercingétorixfut mis à mort par sa nation simplement parce qu'il était soupçonné de vouloir exercer la tyrannie.
Par contre, la famille gauloise apparaît unie des liens les plus solides. Cela vient en grande partie de ce que les Celtes sont strictement monogames. La femme n'est pas regardée comme l'esclave, mais comme l'associée de l'homme; elle jouait un très grand rôle dans la vie de son époux. Même dans les querelles, elle intervient à ses côtés et, s'il faut en croire Ammien Marcelin (l'un des plus importants historiens de l'Antiquité tardive), c'est un adversaire redoutable dont les poings s'abattent rapides et durs "comme des engins de catapultes". Plutarque (philosophe de la Grèce antique), raconte même que les Gauloises intervenaient dans les conseils où se décidaient la paix et la guerre et que l'on recourait à leur arbitrage dans les contestations avec les étrangers.

SABINUS ET EPONINE.

Antérieurement à la conquête romaine, le territoire qui forme aujourd'hui le département de la Haute-Marne était occupé par les Lingones, l'un des peuples les plus anciens et les plus puissants des Gaules.
Ils avaient pour capitale Langres, qui a pris le nom du peuple, mais qui s'appelait auparavant Andomadunum.
Jules César, lors de sa conquête des Gaules ne chercha pas à combattre les Lingons mais au contraire il en fit ses alliés; et ceux-ci lui fournirent des vivres et des contingents dans sa guerre contre les Helvètes.
Vainement l'héroïque Vercingétorix essaya-t-il de les rallier à la cause de l'indépendance nationale. Dans cette lutte suprême du courage gaulois contre l'étranger, ils restèrent indifférents.
Plus tard même, quand Julius Vindex (Gaulois originaire d'Aquitaine et chevalier romain, légat (gouverneur) de la province de Gaule lyonnaise) voulut renverser Néron, ils se déclarèrent contre lui, et soutinrent avec les Trévires, dit Tacite, les intérêts de Néron ; ce dont Galba (empereur romain - 24 décembre 3 av. J.-C. - 15 janvier 69 apr. J.-C. -  qui régna de juin 68 à sa mort) les punit en privant leurs villes de leurs murailles et d'une partie de leur territoire.
Humiliés, ils changèrent d'attitude.
Vitellius et Vespasien se disputant l'empire, la confusion régnait au sein des armées romaines et des révolte se firent de plus en plus fréquentes en Gaule-Romaine.
Le combat mené par Vercingétorix, même s'il fut perdu, était un exemple pour de nombreux gaulois qui attendaient le moment de venger l'Arverne et les druides, malmenés par les Romains prêchaient la guerre.
Les lingons avec à leur tête un chef puissant et renommé qui s'appelait Julius Sabinus décidèrent alors de se révolter à leur tour et de chasser les Romains.
Le courageux et combatif Sabinus mena ses troupes au combat face aux Séquanes, fidèles alliés de Rome.
Après plusieurs combats, il fut vaincu. Réduit à la dernière extrémité, il hésita sur ce qu'il deviendrait. La fuite en Germanie lui était facile ; mais, uni depuis peu par amour à une jeune Gauloise nommée Éponine, il préféra braver tous les périls plutôt que de se séparer de celle qu'il ne pouvait ni abandonner niemmener avec lui.
Suétone (en latin Caius Suetonius Tranquillus), un polygraphe et un érudit romain ayant vécu entre le Ier et le IIe siècle, principalement connu pour ses Vie des douze Césars, qui comprend les biographies de Jules César à Domitien, raconte l'histoire de Julius Sabinus. Si Suétone, en tant que romain est très critique vis à vis du chef gaulois, il dresse un portrait beaucoup plus favorable de son épouse Éponine :

Éponine, douée d'une rare beauté, et d'une vertu encore plus rare, épousa Sabinus, homme très riche et très ambitieux. Pendant les troubles qui désolèrent la Gaule, sous les règnent d'Othon, de Vitellius et de Vespasien, chaque général d'armée, chaque gouverneur de province se crut en droit de prétendre à l'autorité souveraine.
Sabinus, soutenu des habitants de Langres, ses compatriotes, osa se faire saluer empereur. Cet homme vain, audacieux, disait descendre de Jules-César; il conçut l'espérance d'abattre ses compétiteurs, et de régner sur les Romains. Mais il devait expier sa révolte par la défaite entière de ses troupes, et gémir sur le sort de ses partisans. Les uns échappèrent par la fuite au courroux du vainqueur, les autres se donnèrent eux-même la mort, pour éviter detomber au pouvoir des généraux romains, ennemis implacables dans leur vengeance.
Sabinus aurait pu trouver un asile au fond de la Gaule; mais il aimait tendrement sa femme, et en était tendrement aimé. Ne voulant pas l'abandonner, il se retira dans une maison de campagne, où se trouvaient des souterrains qu'il était impossible de découvrir. Parmi les nombreux domestiques de Sabinus, deux affranchis honorés de sa confiance, connaissaient seuls le secret de ces souterrains. Sabinus Leur communiqua la résolution qu'il avait prise de s'enfermer dans ce triste séjour, jusqu'à l'époque où les événements lui permettraient d'espérer la grâce de sa rébellion. Pour empêcher toute recherche, il fit courir le bruit de sa mort. Il assembla auparavant ses esclaves, et leur dit qu'après le malheur qu'il venait d'éprouver, il ne savait que trop que ses ennemis nourrissaient l'intention de lui faire souffrir les plus cruels supplices, et que, pour échapper àleur barbarie, il était déterminé à se donner lui-même la mort. Après ce discours, il les remercia de leurs services, leur distribua des récompenses, et les congédia tous, à l'exception de ses deux affranchis, qui reçurent de lui des instructions particulières. Ensuite il s'ensevelit dans le souterrain, et commanda qu'on mit le feu à sa maison.
Les deux affranchis publièrent partout que leur maître avait pris d'une main un breuvage empoisonné, tandis que de l'autre il avait incendié sa maison, afin de préserver ses restes de tout outrage. Ce récit plongea Éponine dans la plus vive affliction : ses regrets, ses larmes, ses sanglots accréditèrent le bruit déjà universellement répandu, et les personnes les plus distinguées de la ville s'empressèrent de venir porter des consolations à la femme de Sabinus. Cependant de désespoir d'Éponine s'accroissant à chaque heure, elle ne se sentit point la force de survivre à la perte d'un époux adoré : déterminée à le suivre au tombeau, elle passa trois jours sans prendre de nourriture. Sabinus, informé de la situation affreuse de sa femme, et craignant qu'elle ne porta trop loin sa douleur, envoya un de ses affranchis lui révéler la vérité.
Rendue au bonheur par cette nouvelle inattendue, Éponine sentie combien il était important de feindre, et ne changea rien à l'expression extérieurs de sa tristesse. Mais, brûlant d'impatience de revoir son époux, elle alla le trouver la nuit. Comme cette course mystérieuse n'éveilla nul soupçon, elle la renouvela chaque jour pendant sept mois. Néanmoins, la plus légère imprudence pouvait faire découvrir cet important secret; Éponine renferma son mari dans un coffre rempli de vêtements, et le ramena ainsi chez elle. Les affranchis représentèrent à leur maîtresse qu'elle compromettait la sûreté de Sabinus en le laissant dans une maison fréquenté par tant de monde. Cette tendre épouse céda à leurs raisons. Sabinus fut donc conduit dans sa triste demeure, où, pendant neuf ans, il reçut chaque jour les visites d'Éponine, sans que personne se doutât qu'il existait encore.
                                 Sabinus et Éponine par Étienne-Barthélémy Garnier (1810)

Mais toutes les mesures de la prudence faillirent échouer contre un événement qui causa à la fois aux deux époux les plus vives alarmes que la plus vive joie. Éponine Devint enceinte. Pour cacher àtous les yeux sa grossesse, il imagina de se frotter d'une certaine drogue propre àfaire gonfler sa peau : de sorte que l'enflure générale de son corps déguisa sa véritable situation. Éponine mit au monde deux enfants jumeaux, qu'elle nourrit dans la caverne de Sabinus.
Les nouveaux devoirs qui la tenait souvent éloignée de sa maison, ouvrirent un vaste champ aux conjonctures. O, épia les démarches d'Éponine avec tant de soin qu'on parvint à découvrir la retraite de Sabinus. On l'arrêta ainsi que sa femme; et tous deux, chargés de chaînes, furent conduit à Rome avec leurs enfants.
Éponine se jette aux genoux de Vespasien, lui présente ses enfants, et les larmes aux yeux : "Depuis longtemps j'aurais sollicité de votre clémence la grâce de Sabinus. Egaré Parde mauvais conseils, il songeait plutôt, en se mettant à la tête d'un parti, à se dérober à la violence de nos tyrans, qu'à monter sur le trône; mais j'ai attendu que mes fils, innocent des fautes de leur père, fussent en état de joindre leurs pleurs et leurs soupirs aux miens. Ils ont pris naissance dans une retraite souterraine; là je les ai nourris; là, privés de la lumière et de la société des hommes, ils ont, depuis neuf ans, expié le crime de leur père. Soyez touché de leur infortune; n'exercez pas sur ces malheureux enfants un acte de rigueur inutile à votre pouvoir". Ces paroles, Sabinus, Éponine et leurs jeunes fils prosternés aux pieds de Vespasien, émurent toutes les âmes. Nul témoins de cette scène ne doutait que l'empereur n'accorda la vie de Sabinus aux prières d'une femme qui avait donné un si rare exemple d'amour conjugal et d'amour maternel. Mais l'ambitieux Vespasien, que dévorait sans cesse la soif de la puissance, et que tourmentait l'effroi de la perdre, méconnut le plaisir si doux de pardonner; il se montra inexorable, et condamna Sabinus à mort.
Constamment généreuse, Eponine voulut partager le supplice de son époux. Dès qu'elle n'espère plus le sauver, ses larmes cessent de couler : "Je ne regrette pas de perdre la vie", dit-elle avec fierté à Vespasien, "puisque j'ai du moins joui de la félicité de passer neuf ans avec mon mari dans les ténèbres d'une caverne. Mon sort est plus beau que le vôtre, malgré l'éclat et la pompe qui environnent votre trône. Mon coeur ne me reproche rien; vous ne pouvez en dire autant; et, quelle que soit votre grandeur présente, vous n'empêcherez pas que le souvenir de vos cruautés ne souille à jamais votre mémoire".
Éponine couronna la vie la plus vertueuse par une mort héroïque.

Les fils d'Eponine et Sabinus  furent séparés, envoyés l'un à Delphes l'autre en Égypte.

 

En cliquant sur la pub, vous me ferez gagner quelques centimes qui me permettront d'acheter des livres ou des magazines afin de me documenter en vue de nouveaux articles

Partager cet article

Repost0
9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 18:38

Les gaulois aimaient les grands rassemblements et l'occasion de se réunir leur était fournie couramment par les foires et les marchés.
Nombreuses et importantes, les foires étaient tenues presque toujours en plein air dans des villes qui portaient le nom de magus qui signifie foire ou marché : il y avait ainsi Juliomagus (Angers), Rotomagus (Rouen), Tornomagus (Tournon), etc...
Ces foires et ces marchés étaient en même temps l'occasion de tenir les assemblées qui re^résentaient la vie politique du pays. Elles étaient en même temps les assises générales et avaient un rôle juridique. La principale assemblée annuelle avait lieu à un emplacement nommé Cassciate (Neuvy-en-Sullias, Loiret). Cette assemblée annuelle maintenait l'unité entre les différents peuples dont se composait la Gaule.
Ce n'était pas seulement pour des motifs d'ordre commercial ou judiciaire que les Gaulois aimaient à se rassembler. Leur principale mobile était d'ordre religieux. Lors des marchés périodiques, les druides avaient leur rôle à jouer et presque toujours le lieu de la foire coïncidait avec une sorte de pèlerinage. César définie les Gaulois comme un "peuple très adonné aux pratiques religieuses" . Et en effet la pratique du culte était semble t-il extrèmement développé, et la vie toute entière discipliné par les croyances.
Les gaulois pratiquaient certainement une sorte de religion naturelle en ce sens que certains lieux leur paraissaient revêtus d'un caractère sacré : les forêts par exemple, ou les sources. C'est évidement aux coutumes gauloise qu'il faut rapporter certaines pratiques qui ont persisté dans nos campagnes durant tout le Moyen-Age et jusqu'au temps modernes : la danse autour de l'arbre au mois de mai par exemple. D'autre part, comme tout les peuples païens, ils ont divinisé certaines forces naturelles comme le tonnerre, et rendu un culte aux eaux qui guérissent et dont leur territoire était si riche.

Les druides étaient les prêtres des croyances gauloise, il formaient une sorte de classe à part dans le peuple, mais étaient associés à toutes les activités de la vie courante. Les druides subissaient une très longue formation qui s'étendait parfois sur vingt ans. Un formation uniquement orale ce qui hélas nous laisse dans une grande ignorance. Leur doctrine se devait de demeurer secrète et leur formation était toute entière fondée sur des exercices de mémoire, des poèmes rythmés qui résumaient l'essentiel de la religion. L'usage de l'écriture étant interdit, il fallait écouter et retenir ce que la tradition orale pouvait seule transmettre.
Les rares informations dont les historiens disposent nous apprennent que les druides professaient la croyance en l'immortalité de l'âme. Lors de l'assemblée annuelle, c'était eux qui faisaient office de juges et qui immolaient les criminels. Lorsque les romains après leur conquête du monde celte voudront détruire l'unité de ces peuples, ils traqueront les druides.
Aux druides revenait entre autre charges, l'éducation de la jeunesse. Les Celtes furent les seuls peuples antiques à confier à une classe spéciale la fonction d'éducation.
La religion était étroitement mêlée à la vie des différent peuple gaulois; on ne décidait pas la paix ou la guerre sans l'avis des druides. Dans ses commentaires, Jules César raconte qu'alors il avait donné l'ordre à son allié Dumnorix de s'embarquer pour la Bretagne (l'Angleterre) celui-ci  refusa parce que les dieux s'y opposaient.
Les grandes assemblées politiques et les assises judiciaires avaient le caractère de cérémonies religieuses et certains lieux comme Alésia par exemple, étaient spécialement vénérés. Enfin, comme les sources, certains arbres avaient un caractère sacré, en particulier le chêne-rouve sur lequel une touffe de gui a poussé. On coupait le gui selon des rites minutieux au sixième jour de la lune, et on sacrifiait sous l'arbre deux taureaux blancs. Le gui ainsi cueilli était réputé porter bonheur.
De longs poèmes résumaient donc la science druidique. Ils évoquaient des thèmes spirituels ou narraient une épopée. En dehors des druides une autre classe d'hommes avaient la fonction de réciter et de composer des poèmes : les bardes.
Tout comme la Grèce antique, ou comme notre Moyen-Age, la Gaule a connu ce que les autres civilisations occidentales ont ignoré : des poètes de profession transmettant au public les récits légendaires accompagné de leur lyre. Les bardes chantaient  l’histoire et la généalogie (lignage des souverains et des familles nobles), la poésie (mythologie et épopées), la louange, la satire et le blâme (gouvernement de la société). Ils avaient une grande importance dans la vie des peuples gaulois, ils étaient présent dans toutes les fêtes, cérémonies religieuses, festins, etc...
Aux dire d'Appien *, un jour un général romain vit venir à lui un chef gaulois accompagné non seulement par ses guerriers, mais aussi par ses chiens et son barde. Ce fut ce dernier qui parla d'abord ce qui stupéfia les romains habitués à la discipline militaire.


* Appien d'Alexandrie (né vers 90 après J.-C. et mort vers 160) est un historien grec qui a vécu au IIe siècle de notre ère. Il devint citoyen romain et obtint la charge de "procurateur" dans l'administration impériale sous Antonin le Pieux (138-161). Arrivé à un âge avancé, il rédige une Histoire Romaineen 24 livres qu'il divise en fonction des guerres. L'oeuvre traite des guerres de Rome depuis le début jusqu'à la fin de la République.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin