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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:24

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Image issue de "Premier livre d'histoire"  édition Armand Collin 1957  couverture

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 18:23

  Le torque est un collier rigide en métal (bronze, fer ou or), ouvert ou fermé, dont le type remonte à la fin de l'âge du Bronze européen, au début du Ier millénaire av. J.-C. Son nom vient du latin torquis dérivé de torqueo (tordre), qui évoquait un motif torsadé.

  C'est pendant la période de Hallstatt (850 - 450 av. J.-C.), première grande période de la civilisation celtique, que le torque se diffuse comme parure et devient un objet accompagnant courament les défunts dans leur sépulture. Il est alors porté aussi bien par les hommes que par les femmes. Il est formé d'une épaisse tige métallique ronde, généralement terminée en boule à ses deux extrémités et plus ou moins travaillée ou ornée. Le corps du collier est généralement en fer mais n'est pas toujours, entortillé. Les torques étaient faits à partir de brins de métal entrelacés, généralement en or ou en bronze, moins souvent d'argent.

  Les extrémités des anciens Torques portent généralement des ornements sculptés, souvent des globes, des cubes, ou des têtes d'animaux, et, moins fréquemment, des figures humaines.

Bien qu'ils étaient le plus souvent faits pour être portés sur le cou, il y avait aussi des bracelets avec cette forme. Destiné à des usages divers, au-delà de la parure, il servait de cadeau de prestige dans le cadre des échanges aristocratiques, mais aussi d'objet votif destiné à remercier une divinité pour son aide, ainsi qu'un élément très souvent associé à la tombe. Pour accompagner les morts, on fabrique alors des modèles en or spécialement destiné à cet usage.


  Par ailleurs, dès cette époque, les héros et les dieux sont souvent représentés portant le torque, signe de la grande valeur symbolique de l'objet. Sur le "Pilier des Nautes découvert à Paris", le dieu Cernunnos porte un torque autour du cou et un autre torque sur chacun de ses bois, ce qui montre le caractère sacré de cet élément de parure.

  Pendant l'époque laténienne (450 - 50 av. J.-C.), l'usage du torque se modifie quelque peu : il devient beaucoup plus rare dans les sépultures masculines, mais reste un objet indissociable de la parure funéraire féminine, dans les couches aristocratiques de la population. Pourtant, il reste un objet de parure très courant, en particulier dans les milieux guerrier, comme l'attestent les très nombreuses représentations figurées de Celtes des IVème - IIème siècles av. J.-C., comme par exemple ceux du relief de Civitalbà, en Italie centrale, il en devient même, parmi les populations italiques et grecques, le signe d'identification par excellence du guerrier celte.

  Le décor du torque, à l'époque laténienne, devient d'une grande richesse, intégrant entrelacs, motifs végétaux issus du monde italique et traditionnelles représentations de têtes celtiques. Il semble que chaque peuple ait développé un décor qui lui était propre, le torque devenant ainsi également un moyen de reconnaissance ethnique. Les dépôts votifs de torques ont toujours cours, souvent associés à des monnaies, qui ont fait leur apparition dans le monde celtique au IVème siècle av. J.-C., avec l'imitation des statères de Philippe de Macédoine. En Grande-Bretagne, mais aussi dans la Péninsule ibérique, ces dépôts sont parfois d'une richesse extraordinaire et la découverte de la région de Newark, si elle offre un exemplaire d'une valeur artistique exceptionnelle, vient confirmer l'importance de la pratique votive et du caractère hautement symbolique du torque de l'autre côté de la Manche.

 

Sources : Anne Lombard-Jourdan, Alexis Charniguet, Cernunnos, dieu Cerf des Gaulois, éd. Larousse - Jean-Louis Brunaux, Les religions gauloises. Nouvelles approches sur les rituels celtiques de la Gaule indépendante, éd. Errance

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 19:31

Réponse à la question du mois qui était : 

  En 52 avant J.C., les Parisii affrontèrent les troupes de Caius Julius Caesar. La bataille fut remportée par les armées romaines. Les combattants gaulois qui y laissèrent leur vie furent inhumés à un endroit où, plus tard, fut érigé un monument parisien fort visité. Quel était ce monument ?*  

 

 

  En l'an -52 , la plaine de Garanella, à Lucotecia[1] fut le lieu d'un combat opposant les troupes du chef gaulois Camulogène aux légions du général romain Labienus.

    

  La plaine de Garanellase situait dans l'actuel quartier de Grenelle à Paris, qui s'étend des Invalides jusqu'aux anciens terrains marécageux de Javel en bordure de Seine à l'ouest, et à l'actuelle périphérie sud-ouest de la capitale. La terre de la plaine de Grenelle difficile pour l'agriculture, fut longtemps très éparsement peuplé malgré la proximité de Paris.

 

  Le nom vient du latin Garanella, qui signifie « petite garenne », donné à la plaine. Peu à peu le nom de Garanella devint Guarnelles, puis Garnelles avant de prendre son nom actuel.

 

  En l'an 700 de Rome, Jules César envoya son lieutenant Labiénus avec quatre légions et une partie de sa cavalerie affronter les Parisii qui avaient refusé de déléguer des députés à l'assemblée des principaux États de la Gaule, ceux-ci résolurent de se défendre, demandèrent des renforts aux pays environnants et confièrent la direction de la défense à Camulogène (de la cité d'Évreux), un vieillard dont le grand âge doublait d'expérience la science militaire. Le vieux chef évita tout d'abord le combat, afin de donner à ses troupes ; plus courageuses qu'aguerries, le temps de se former, et voulant tirer parti de l'avantage que lui offraient les marais qui s'étendaient au sud de Lutèce, il commença par faire détruire le pont qui permettait d'accéder à la petite cité et vint se retrancher dans les marécages, afin de disputer le 


Les Gaulois se battaient nus
jusqu'à la ceinture

 passage aux Romains et défendre l'approche de la ville, plutôt que d'attendre dans son sein l'attaque de l'ennemi.

  Bientôt, fortifiés dans leurs positions, les Parisii ne demandèrent qu'à en venir aux mains avec les Romains. Labiénus arrivé devant le camp de Camulogène, chercha à forcer le passage, mais sa tentative fut inutile ; il fut repoussé et il eût vu peut être périr toutes ses légions, s'il n'eut fait une prompte retraite.

  Au milieu de la nuit, il décampa et retournant sur ses pas, le général romain vexé par l'échec qu'il venait de subir, se jeta sur Melun, dont les habitants étaient pour la plupart accourus pour grossir l'armée de Camulogène, et saccagea la ville. Puis il descendit le long du fleuve emmenant avec lui une flotille d'une cinquantaine de barques et se présenta, de nouveau devant Lucotecia pour l'assiéger.

  Prévenu par des survivants au massacre, Camulogène ordonna d'incendier la ville, de rompre les ponts de bois et toujours protégé par le marais, il demeura dans le camp vis-à-vis des Romains dont il était séparé par la rivière.

  Ces modestes habitations de bois, c'était tout ce que possédaient les malheureux Gaulois et les flammes qui montaient et tourbillonnaient dans l'espace, en colorant les eaux du fleuve d'une teinte rougeâtre, anéantissaient leur patrimoine, mais qu'importe, l'honneur des Parisii l'exigeait et ils en faisaient volontiers le sacrifice, préférant perdre leurs biens que de les voir tomber au pouvoir de l'ennemi. Or, tandis que ceci se passait, Labiénus fut averti qu'il ne lui était plus permis de compter sur le secours de César en cas de défaite ; son armée, menacée par la défection des Éduens (peuple qui habitait le pays situé entre la Saône, la Loire et le Rhône), se repliait sur la province Narbonnaise.

  Il fallait donc se hâter de vaincre ou de mener ses troupes à Agendicum (Sens). La ruse devait venir en aide à la force. A la tombée de la nuit, Labiénus convoqua son conseil, exhorta ses officiers à faire leur devoir puis il ordonna à une partie de ses troupes de monter sur les barques et de descendre le fleuve en silence, à la


Cavalier gaulois après l'invasion romaine
(premier siècle de l'ère chrétienne,
d'après les sculptures anciennes)

distance d'environ 4000 pas. Arrivés à destination, ils avaient ordre de faire halte et de l'attendre. Puis, pour donner le change, il envoya cinq cohortes avec des bagages remonter bruyamment le long du fleuve ; en même temps des bateliers furent chargés de se diriger du même côté, en frappant bruyamment l'eau de leurs rames. Ce stratagème réussit, soldats et bateliers attirèrent l'attention des Gaulois qui pensèrent que les Romains quittaient progressivement les lieux. Mais Labiénus qui avait rejoint les troupes, passa la Seine à la faveur d'un orage épouvantable dont le bruit couvrit celui de son mouvement. À l'aube, découvrant le déplacement des romains, Camulogène se mit vivement à la tête du gros de son armée pour s'opposer à la marche de Labiénus.

  Les belligérants se trouvèrent face à face dans la plaine de Grenelle. Bientôt une nuée de flèches et de javelots obscurcit l'air. Camulogène commandait en personne et encourageait ses guerriers par la voix et par l'exemple. D'abord la victoire parut incertaine. Mais soudain une légion romaine, ses étendards dépliés, attaqua les Gaulois par derrière et leur coupa la retraite. Alors ce fut une mêlée épouvantable, un horrible carnage; les hommes combattaient corps à corps; mais une fois de plus l'organisation et l'expérience du combat des légions romaines leur donna l'avantage. On se battait avec un égal acharnement, mais les Gaulois ne purent soutenir longtemps le choc des légions victorieuses.

 

  Malgré une courageuse résistance, les troupes gauloises furent défaites et passées par les armes. Camulogène, se portait aux endroits les plus périlleux et se jetait au plus fort de la mêlée. Ce premier défenseur de la liberté parisienne trouva, la mort qu'il cherchait, lorsqu'il vit que tout espoir de vaincre était perdu.

 

  La victoire des Romains fut complète. Ces derniers, en honneur à leur victoires rebatisèrent la plaine "Champs de Mars". Les nombreux guerriers Gaulois qui avaient succombé furent enterrés sur place, à l'endroit même où quelques siècles plus tard fut érigée... la Tour Eiffel.

 

  Labiénus se retira à Agendicum, laissant derrière lui les ruines fumantes de Lucotecia. La ville gauloise brulée allait, comme le phénix de la fable, renaître de ses cendres, mais pas tout à fait au même endroit[2].

 

[1] Nom gaulois de la capitale de Parisii. Lutèce est le nom romanisé.

 

Sources : Paris à travers les siècles, histoire nationale de Paris et des parisiens depuis la fondation de lutéce, jusqu'à nos jours (1879) - Les Campagnes de Jules César dans les Gaules, études d'archéologie militaire, Félicien de Saulcy(1862)

 

* Merci à tous ceux qui ont participé à cette première question, en répondant ou en effectuant des recherches. Je pensais que la question ne serait pas difficile, mais en fait je me trompais. Il y a très peu de sources sur internet traitant ce sujet, aussi la recherche n'était pas simple. Tant mieux !

Bravo (petit bravo) à Chantal qui a donné la bonne réponse tout en avouant qu'elle répondait au hasard.

Bravo (demi bravo) également à Viviane qui, visiblement a elle aussi répondu au hasard, en donnant trois réponses possibles (c'est de la triche !)

La vraie gagnante est en réalité Claudine dont voici la réponse : Les Gaulois vaincus par les armées de Labenius auraient bien été inhumés au Champ de Mars ? le monument actuel étant la Tour Eiffel.

Auteur du riche blog lejardindutemps.com consacré entre autre à l'histoire et le patrimoine de sa région, Claudine remettra son titre de championne en jeu dès le mois prochain

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 00:29

  En  52 avant J.C. (702 après la fondation de Rome), le jeune proconsul romain Jules César se rend en pays Parisii pour assister à une assemblée de chef gaulois.

 

  Les Parisii c'est un peuple gaulois installé dans l'actuelle région parisienne. Arrivés vers le Ier Kwarisiisiècle de notre ère, ils occuppaient ce territoire concédé par les Sénons, auxquels ils étaient apparentés. Mis à pert la cuvette des confluents de la Seine avec la Marne, la Bièvre et l'Ourcq, les Parisii s'étaient établis également dans la vallée marécageuse de l'Essonne. La Seine étant leur axe vitale. Leur nom leur vient probablement de leurs aïeux, les Kvarisii, le peuple des carrières (kvar), dont le Kw s'est transformé en P. La présence en sous-sol de calcaire et de gypse offrait aux habitants les ressources nécessaires à la construction de mégalithes, dont trois édifiées rive droite servirent longtemps aux dévotions. Leur cité principale est Lucotecia, en langue gauloise.

 

  Jules César, dans "La guerre des Gaules" fournit de précieux renseignements aux historiens, cependant, il va aussi sur certains sujets les induire en erreur.

   Dans son ouvrage, Jules César fournit quelques détails, très flous, sur l'emplacement de Lutèce. Il y explique qu'en 52 avant notre ère il envoie le général Labienus combattre les Parisii, qui s'étaient ralliés parmi les premiers à Vercingétorix. À la tête de quatre légions, son lieutenant quitte Sens pour rallier « Lutèce, oppidum des Parisii, situé dans une île de la Seine ». Notons que César utilise indifféremment le mot oppidum pour désigner une éminence élevée ou un centre urbain. Ce n'est pas très précis, mais cela permet d'en conclure que les Parisii habitaient sur l'actuelle île de la Cité.

lutece-Astérix  Cependant, les affirmations du chef romain n'ont jamais été confirmées par les archéologues. Alors certes, les Gaulois construisaient lesurs habitations en bois et en paille, et tout cela a disparu, naturellement. Il n'y a pas eu non plus de découverte significative d'objets métaliques (monnaie, épée, ustensille de cuisine...). Cela peut s'expliquer par le fait que l'île a été si souvent détruite, reconstruite, remodelée, que toute trace originelle en a été effacée.

  Alors, va pour la Cité ! Notez : les Parisii, peuple gaulois avaient installé leur principal oppidum sur le chapelet d'îlots (six ou sept à l'époque) se trouvant à l'emplacement de la future île de la Cité.

  STOP ! Posez vos stylos. En 2003, des fouilles préventives sont effectuées sur le tracé de l'autoroute A86, au lieu-dit Les Guignons, à Nanterre. Et là, la découverte qui va suivre, va changer beaucoup de certitudes plis ou moins établies.

  Habitations, rues, puits, port, sépultures, monnaies... tout y est.

 

statere-parisii2  La découverte archéologique de Nanterre n'est pas le fruit du hasard. Déjà, de premières fouilles menées en 1993 sur le chantier de l'autoroute y avaient révélé des traces d'habitations. De nombreux objets artisanaux y avaient été collectés, notamment des enclumettes et des ratés de coulées de monnaie, faisant supposer la présence d'un atelier monétaire. Or les Parisii sont connus pour avoir fait battre de magnifiques pièces d'or valant aujourd'hui une fortune. Jusqu'à 10 000 euros l'unité !

  Alléchés par cette première trouvaille, les archéologues de l'Inrap furent cependant contraints à l'inaction. C'est la loi du genre : ils ne peuvent fouiller qu'en état d'urgence, profitant de l'ouverture d'un chantier. Ils patientèrent ainsi dix ans, jusqu'à l'acquisition par le groupe Vinci d'une ancienne fabrique de ressorts pour bâtir à la place un immeuble de bureaux. Double coup de chance : le site est contigu aux fouilles de 1993, mais surtout l'usine ne comportait pas de sous-sol qui aurait détruit tout vestige ancien. C'est donc avec le coeur joyeux qu'en septembre 2003 Antide Viand, 29 ans, archéologue à l'Inrap, entame les fouilles. Il tombe d'abord sur les traces d'un habitat urbain datant de 150 à 50 ans avant notre ère, puis, au-dessous, sur une trentaine de sépultures plus anciennes d'un bon siècle.

 

  De riches commerçants

 

  La disposition des bâtiments selon un plan orthogonal lui fait comprendre qu'il n'est pas en présence d'un simple village, mais d'une cité opulente. « Les objets retrouvés illustrent le quotidien d'une population aisée ; les fibules de fer, les perles de verre, les fragments de bracelets et le torque tubulaire témoignent d'un statut privilégié. » Exactement le genre de découvertes prévisibles dans la capitale des Parisii, riches commerçants contrôlant le trafic de marchandises sur la Seine et ses confluents. Du reste, les vestiges d'un port avaient déjà été trouvés lors d'un précédent sondage, sous la rue Gutenberg de l'actuelle Nanterre.



  Bientôt, la fouille s'étend sur 6 000 mètres carrés. Elle met en évidence deux voiries parallèles encadrant de longues maisons d'environ 20 mètres sur 5. Bâties de bois et de torchis, elles ont disparu depuis longtemps. Seuls les trous des poteaux restent gravés dans le sol. En revanche, plusieurs puits en pierre de 2 à 3 mètres de profondeur ont été retrouvés, chacun adossé à une habitation. Une petite étendue de chaussée, composée de cailloux banquet-asterixtassés et même creusée d'ornières, a pu également être mise au jour. Au milieu des maisons, les archéologues identifient un espace vide, quadrangulaire, entouré de fossés et de palissades, qu'ils imaginent avoir rempli une fonction collective. La présence d'une broche à rôtir et d'une fourchette à chaudron leur fait penser à une place réservée aux banquets. Et qui sait ? Peut-être était-ce sur celle-ci que Jules César convoqua, au printemps de l'an 53 avant notre ère, l'assemblée annuelle des Gaules ?



  Certains pourront s'étonner de la présence d'une cité gauloise en plaine, et non pas sur une éminence ou sur une île facilement défendable. « Le méandre de la Seine qui constitue aujourd'hui la boucle de Gennevilliers était alors plus refermé qu'aujourd'hui, explique Antide Viand. On peut donc penser que le mont Valérien, placé à son ouverture, constituait une défense efficace. »

 César qui n'a séjourné guère longtemps dans la région n'aurait-il pas pris la boucle quasi fermée de Gennevilliers pour une île. Il poursuit son récit en écrivant que Labienus se heurte à un marais infranchissable où le vieux chef gaulois Camulogène, placé à la tête des troupes gauloises, se terre. Quel est ce marais ? A l'époque, ils ne manquent pas. En supposant que le général romain ait emprunté la rive gauche, il peut très bien s'agir de celui qui marquait le confluent de la Bièvre et de la Seine, à l'emplacement de l'actuelle place Maubert. Toujours selon César, Labienus fait demi-tour pour traverser la Seine à Melun, puis revient dare-dare vers Lutèce, par la rive droite cette fois-ci.



  Où se situait donc Lutèce ?

 

  Première hypothèse : la ville gauloise se trouve effectivement sur l'île de la Cité. Dans ce cas, les légions romaines se heurtent à un nouvel obstacle quasi infranchissable. Car, à l'époque, la Seine se dédoublait à la hauteur de Bercy. Un bras nord partait lécher les pieds des collines de Belleville, Montmartre et Chaillot, enserrant un infâme marais surmonté de quelques buttes. Pour rallier l'île de la Cité, les Romains auraient donc dû franchir le bras du fleuve, puis la zone marécageuse. Peu probable.

 

  Seconde hypothèse : Lutèce se trouve à Nanterre. Cette fois, la marche de Labienus s'en trouve facilitée. Il se contente de contourner la zone marécageuse par le nord pour piquer vers le sud juste après avoir passé le méandre de Gennevilliers. Il se retrouve alors en face de la capitale des Parisii, que Camulogène fait incendier avec ses ponts. On connaît le reste de l'histoire : le rusé Labienus fait semblant de diviser ses forces en trois, à parts égales, avant de profiter d'un orage pour faire traverser en catimini le plus gros de ses troupes dans des barques. Surpris par cette manoeuvre audacieuse, Camulogène est battu à plate couture. Les Romains restent maîtres du champ de bataille et peuvent donc rebâtir la ville incendiée à un endroit leur convenant davantage. Par exemple sur la rive gauche de l'actuel Paris et l'île de la Cité.

 

  C'est donc clair, la première Lutèce peut être définitivement localisée à Nanterre.

  Pas si vite. Il reste quelques écueils à lever. Ainsi, la tradition signale l'existence d'un Nanterre celte, appelé Nemetodurum, signifiant la « bourgade sacrée ». Si nous progressons vers la vérité, méfions nous des certitudes et attendons une nouvelle campagne de fouilles pour en savoir plus.

 

 

 

 

Sources : Jules César La guerre des Gaules, Le Point du 04/03/2004, Lorant Deutsch Metronome

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 17:38

Troisième partie de l'article consacré aux dieux celtes. Première partie cliquez ici, deuxième partie cliquez là.

 

  Apollon-Diancecht, le dieu médecin

 

  Diancecht répond à la définition de César selon laquelle «Apollon éloigne les maladies». Selon Marcel Brasseur dans son ouvrage Les Celtes. Les dieux oubliés, le nom de Diancecht est originellement Dia an Cecht, le «dieu de la puissance». Ce nom qu'on peut aussi traduire par la formule «prise rapide», est une allusion à sa puissance magique. Cecht désigne la puissance celtique des origines - selon certaines généalogies, il est d'ailleurs le grand-père de Lug. Il distribue la vie et la répare si nécessaire, notamment grâce à la fontaine de Santé, une sorte de fontaine magique qui permet de ressusciter les morts.

  En Gaule, on retrouve un certain Maponos dont la fonction correspond à celle de Diancecht, et au Pays de Galles, on l'appelle Mabon.

 

  Unité, pluralité et postérité des divinités celtes

 

  Chez les Celtes, le divin prend différente formes, comme l'indique la riche iconographie celtique des diversités. S'il est difficile de synthétiser l'ensemble des dieux vénérés par chaque tribu (certains étant qualifiés par des épithètes) on peut néanmoins parler d'une structure commune qui s'articule autour des trois fonctions (sacerdotale, guerrière et artisanale) régissant la société celtique dans son ensemble. De même, les divinités féminines sont toutes le reflet de la terre mère et incarnent la souveraineté sous tous ses aspects. Les Celtes, qui considéraient leur environnement comme sacré, se sont par ailleurs placés sous la protection de divinités ou d'esprits de la nature : ainsi en est-il d'Epona[1], la déesse gauloise qui protège les chevaux, ou de Cernunnos, le dieu de la forêt aux ramures de bois de cerf. Son iconographie comporte une soixantaine de représentations,  Il est notamment représenté sur le chaudron de Gundestrup (récipient cultuel datant du IIè siècle avant J.C.) Son iconographie présente certaines caractéristiques.

Cernunnos-Gundestrup                                                              Cernunnos sur le chaudron de Gundestrup

  • Cernunnos porte le bijou emblématique des Gaulois, le torque , parfois autour du cou, accrochés à ses bois ou dans une de ses mains.
  • Cernunnos est assis en tailleur, à la manière « bouddhique ». Cette posture est traditionnelle des dieux et des héros celtes, représentés en tailleur.
  • Cernunnos tient un sac de pièces qu’il répand ou un panier plein de nourriture, deux représentations de l’abondance.
  • Cernunnos est parfois tricéphale ou à trois visages comme dans la stèle aux trois divinités découverte en 1973 aux Bolards, en Côte d'Or. 
  • Cernunnos est tantôt représenté jeune et imberbe, tantôt comme un vieillard à la barbe fournie.
  • Cernunnos est parfois entouré d’animaux, ce qui pourrait en faire un Maître du règne animal. Le serpent à tête de bélier lui est souvent associé. Ce serpent à tête "criocéphale" bénéficiait d'une grande popularité dans toute l'Europe celtique et en Gaule, illustrant l'unité culturelle réalisée par les Celtes au terme de leur expansion. On le retrouve dans les Alpes italiennes, sur les gravues rupestres du Val Camonica dès le IVèsiècle, sur le chaudron de Gundestrup, sur les monnaies des Séquanes et des Boiens de Bohême.

La représentation de Cernunnos, dieu mi-humain, mi-animal, cesse apparemment au IIesiècle de notre ère. Rome, devenue maîtresse des Gaules, s'est empressée d'assimiler toutes ces divinités pour se les approprier. Aujourd'hui, elles survivent dans la toponymie, la sculpture et la mythologie.

 

[1] Epona : http://dossierstorique.over-blog.com/article-la-deesse-epona-60289580.html

 

Sources : Religion et Histoire N° 34 - Anne Lombard-Jourdan, Alexis Charniguet, Cernunnos, dieu Cerf des Gaulois, éd. Larousse

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26 décembre 2010 7 26 /12 /décembre /2010 13:16

Deuxième partie de l'article consacré aux dieux celtes. Première partie : cliquez ici

 

  Mars-Ogme ou Ogmios l'Héracles aux liens

 

  Lucien, philosophe grec du IIè siècle après J.C. né à Samosate, tombe, un jour qu'il est en Gaule, en arrêt devant un tableau représentant u personnage vêtu d'une peau de lion, armé d'une massue traînant derrière lui des hommes souriants que des chaînes relient par les oreilles à sa langue. Il s 'agit d'Ogmios, ou Ogme, «le dieu lieur», dieu de l'éloquence qui lie les auditeurs. Ogme est également le dieu de la guerre et de la violence, de la magie, de l'écriture, de l'éloquence magique - d'ailleurs, il est l'inventeur de l'alphabet dit «ogamique», qu'on retrouve dans les légendes celtes jusqu'au Moyen Âge. Il préside enfin aux serments. Pour Georges Dumézil, il était comparable au dieu védique Varuna, l'omniscient et omnipotent, maître du cosmos (l'univers ordonné), des lois et des châtiments.

ogmios-albrecht-drürer

                                                                       Ogmios par Albrecht Drürer

 

  Ogme est d'autre part le conducteur des morts dans l'autre monde. Par opposition au Dagda, dieu bon, les Irlandais l'ont surnommé Elcmar, «le très mauvais» ou «le grand envieux», dans le récit christianisé du cycle d'Etain. Il incarne alors tout ce qui est sombre, violent, brutal et déréglé. Le Dagda et Ogme sont associés dans l'exercice de la souveraineté, le Dagda incarnant l'autorité spirituelle et Ogme le pouvoir temporel dans sa forme brutale. Ils forment un couple indissociable, tel Mithra et Varuna dans l'Inde védique. La fonction guerrière se divise à son tour en deux niveaux chez les Celtes :

_ magico-guerrier avec Ogme

_ royal et régulateur avec Nuada, roi des Tuatha Dé Danann.

  On remarquera pour finir qu'Ogme paie ses pouvoirs par une mutilation qualifiante, à savoir le percement de la langue qui fait du dieu de l'éloquence un bègue. C'est là un principe théologique connu et ancien, selon lequel un dieu paie son pouvoir par la mutilation de l'organe physique lié à celui-ci.

 

  Minerve-Brigit, la déesse mère

 

  Les artisans, ou aes dana, sont sous le patronage de Brigit, déesse souveraine que l'on trouve sous des noms différents, tour à tour épouse, fille ou sœur de chacune des grandes divinités souveraines. Principe féminin unique du panthéon celtique, on l'appelera, selon ses fonctions et manifestations, Brigit (ou Brigid), Boand, Eithné, Etain, Ana, Dana...

  Sous le nom de Brigit, elle est fille du Dagda, la patronne des poètes, des forgerons et des médecins. L'un de ses surnoms est Belisama, «la très brillante». Le Glossaire de Cormac la nomme mater deorum Hibernensium, c'est à dire «mère des dieux de l'Irlande». Brigit incarne ainsi la déesse mère dans toute sa fécondité et son abondance, se situant ainsi dans la troisième fonction dumézilienne (voir première partie ici). Une fécondité qui s'incarne dans la terre elle-même, à travers le symbolisme des mamelons de Dana ou d'Ana, collines jumelles d'Irlande dont la forme évoque une paire de seins. La tradition chrétienne gaélique a perpétué le souvenir de Brigit à travers la fête de la Sainte Brigitte. En Bretagne enfin, Dana est assimilé à sainte Anne, mère de la Vierge. Un pardonlui est même dédié à Sainte Anne d'Auray, dans le Morbihan.

 

À suivre...

 

Source principale : Religion et Histoire N° 34

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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 18:53

  Peut-on parler de panthéon celtique ? À première vue, il semble difficile d'établir un système unifié des croyances et des dieux chez les Celtes tant les théonymes se révèlent divers. La seule référence solide que nous ayons en matière de divinités celtes demeure César, dans sa Guerre des Gaules. Les dieux Gaulois étaient fort nombreux (il a été recensé près de quatre cents noms, mais tout laisse à penser qu'il ne s'agit là que de la partie émergé de l'iceberg !), puisque chaque tribu vénéraient plusieurs dieux locaux. On connaît cependant un grand nombre de divinités adorées dans toute la Gaule et la Bretagne insulaire (parfois sous des noms différents, ce qui explique en partie la multiplicité des théonymes), qui trouvent tous leur équivalent dans la mythologie irlandaise. Une évidence en tous cas; le panthéon celtique est fidèle à la trifonctionnalité (sacerdotale, guerrière et productrice) mise en évidence par Georges Dumézil.

 

  Les dieux selon la typologie de César

 

  Selon César, Mercure est le plus grand des dieux, «inventeur de tous les arts», «celui qui indique la route à suivre et guide le voyageur», celui en dernier lieu qui garantie la fortune. Jupiter «gouverne les cieux», Mars «régit les guerres» et reçoit le butin. Apollon «éloigne les maladies» et Minerve enfin «enseigne les principes des arts manuels». Christian-Joseph Guyonvarc'h constate qu'appliqués au domaine celtique, les «cinq dieux énumérés par César forment tout le panthéon» ce que vient corroborer Yvan Guéhennec[1]: «Pour définir le panthéon celtique, il faut s'en tenir aux noms principaux des divinités car celles-ci, selon les lieux et les périodes, peuvent porter différents théonymes. C'est pour cela qu'une divinité celte et indo-européenne se reconnaît davantage par sa fonction que par le nom qu'on lui attribue».

  Quels sont, selon ces critères, les cinq principaux dieux que les Celtes honoraient ?

 

  Mercure-Lug, le dieu polytechnicien

 

  En Gaule, Lug (ou Lugus) apparaît peu dans l'épigraphie. L'inscription «Lvgoves» (de Lugos) a été retrouvée dans les Alpes suisses et «Lvgovibvs» en Espagne.Mais c'est surtout dans le nom des villes que la Gaule conserve son souvenir : la toponymie demeure le reflet des croyances. Ainsi, Lugdunum, l'actuelle ville de Lyon, signifie-t-elle «la forteresse de Lug». La légende rapporte en effet qu'elle fut fondée sur l'emplacement désignée par un vol de corbeaux, animaux de Lug. Sous Auguste, la forteresse de Lug devient la capitale des Gaules. En Irlande, Lug est fêté le 1et août lors de la Lugnasad («assemblée de Lug»). Au Pays de Galles, il s'apparente à un héros divin de la littérature des Mabinogi, Lleu Llaw Gyffes, c'est à dire Lleu «à la main prompte». Lug y est en effet désigné par le qualificatif de Lamh-Fadha, signifiant «au long bras». Cette référence commune à la main prompte ou au long bras prouve que les Celtes d'Irlande et ceux du Pays de Galles honoraient une même divinité, capable de frapper à distance.

  Que ce soit en Gaule, en Irlande ou au Pays de Galles, Lug possède la caractéristique  d'être une divinité complète. Dans le Cath Maighe Tuiread, un cycle mythologique de l'Irlande, il est désigné sous le nom de Samildanach, c'est à dire «le polyvalent» ou «le polytechnicien». Ce dieu possède tous les arts, toutes les techniques dont il est l'inventeur. Dieu primordial, il est le chef des Tuatha Dé Danann (les dieux des quatre îles du Nord du monde), hors classe et hors fonction puisqu'il transcende précisément toutes le fonctions. Il est le Lumineux (c'est la signification de son nom) et, par conséquent, un dieu solaire. Son épouse Eithné incarne la souveraineté, et sa mère adoptive, Tailtiu, désigne la terre d'Irlande. Quand à sa mère de chair, Eriu, elle est de la race des Fomoires, créatures monstrueuses et belliqueuses attachées aux temps archaïques de l'ïle.

 

  Jupiter-Dagda, le dieu bon et père de la tribu

 

  Le Dagda est le maître des cieux, une sorte de père de la tribu. En Irlande, ce «dieu bon», est également connu sous les noms d'Eochaid Ollathir («le père puissant») ou de Ruadh Rofhessa («rouge de la science parfaite»). Comme le note Christian-Joseph Guyonvarc'h, le Dagda est tout ce qui est à la fois clair, doux réglé et ordonné. Il est le dieu de l'amitié, du savoir, de la sagesse (c'est le dieu druide), du temps chronologique et atmosphérique. Il est aussi le maître des éléments. Dans la division dumézilienne (voir plus haut), il assura la fonction sacerdotale.

  En Gaule, le Dagda apparaît notamment sous le nom de Sucellos, le dieu au maillet, lié à la nature nourricière. Représenté sous les traits d'un homme d'âge mûr, barbu, vêtu à la gauloise, d'une tunique moulante à manches longues, d'un gros manteau, parfois de braies et chaussé de sandales ou de bottines. Il est parfois accompagné d'un chien, de tonneaux, d'amphores ou d'une corbeille de fruits. Son maillet rappelle la massue du dieu bon, qui a la propriété de tuer par un bout et de ressusciter par l'autre. C'est peut-être également un symbole des activités manuelles puisque Sucellos est honnoré par les bûcherons, les tonneliers, les carriers, les constructeurs de radeaux. Il est particulièrement apprécié dans la patie orientale de la Gaule, en Rhénanie, mais aussi en Narbonnaise (sud-est du pays) où il est parfois assimilé au dieu latin de la végétation Silvain.

taranis4.jpg

                                                                       Taranis

  Taranis et Teutates sont d'autres divinités gauloises se rattachant au Dagda. César l'associait pour sa part à Dis Pater, dieu du monde souterrain.

  Son épouse, Morrigan («grande reine»), est la déesse de la guerre.

 

À suivre...                                                                                                                            

 

[1] dans : Aux sources de la tradition celtique    

                                                                                                   

Source : Religion & Histoire N° 34

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 01:36

  Au début du IIè siècle avant J.C., la société gauloise est peu ouverte sur l'extérieur, et sans réelle économie de marché. Pourtant levin y connaît rapidement un grand succès et y est donc abondament importé. Ce sont les élites gauloises qui organisent l'échange avec les marchands et redistribuent une partie du vin à l'occasion de fêtes politico-religieuses. Ces relations privilégiées entre marchands et élites glissent progressivement vers une économies de marché, et vont préparer le terrain à le conquête romaine de la Gaule...

 

  Pour l'heure, les marchands italiens cherchent à conquérir et à créer un "marché gaulois". Le sud-est de la Gaule et l'axe Rhône-Saône est accaparé par Marseille et ses alliés. La seule solution est le débarquement de marchandises sur la côte catalane et son transport fluvial, puis terrestre jusqu'à Toulouse. De là, les marchandises peuvent gagner le reste de la Gaule par la Garonne ou par caravanes à travers le Massif central.

 

  Justement, des fouilles archéologiques entreprises au cœur du quartier Saint Roch àcaserne-niel2Toulouse ont permis de révéler l'existence d'un probable lieu de rencontre saisonnier de caravanes marchandes regroupant activités artisanales et commerciales au IIè siècle avant notre ère.

  Depuis le XIXè siècle, plusieurs dizaines de puits gaulois avaient été signalés et d'importants épandages d'amphores repérés. C'est finalement plus de trente tonnes de tessons d'amphores, soit plus de 10 000 unités, et environs 12 000 petits objets métalliques (clous compris) qui ont été découverts sur un site localisé dans une plaine alluviale, à proximité de la Garonne, mais à 4 kilomètres de l'oppidum de Vieille Toulouse.

  Celui-ci, limité par des fossés creusés au premier siècle de notre ère[1] sur des limites préexistante du siècle précédant, contient des aires de circulation et de regroupement qui ont été assainies par l'éparpillement de centaines de milliers de tessons d'amphores. Il pourrait s'agir de vastes «places de marché» ou «foirails», pour des produits venus de Méditerranée.

 

  À proximité de ces places, se tenaient des ateliers de petite métallurgie qui fabriquaient différentes sortes d'éléments de bronze et de plomb, utilisés par les commerçants voisins ou les transporteurs de marchandises.

  Sur place, une vingtaine de puits étaient à disposition pour abreuver hommes et bêtes, venus en nombre les jours de marché, ou durant des "foires"  organisées sur plusieurs jours.

 

  Sur une partie du site, des amphores déposées couchées et alignées, ou dressées sur le sol, et accompagnées de plusieurs crânes de bovidés et d'au moins un crâne de cheval, entouraient une sorte d'enclos dressé de palissade, à l'intérieur duquel se trouvent plusieurs sépultures humaines, dont notamment deux squelettes entiers, celui d'un jeune garçon reposant sur le ventre, et celui d'une femme, enterrées avec ses bijoux, dont un bracelet en bronze. Ces restes ne présentent pas de trace de violence, il pourrait s'agir par conséquent, d'un petit sanctuaire contenant les dépouilles de défunts "honorables". Cet espace sacré a du être utilisé pendant une partie de l'existence du site, en relation avec les activités marchandes et des cérémonies impliquant sacrifices d'animaux et libations de vin.

 

  Reportage vidéo sur les découvertes faites sous l'ancienne caserne de Niel. (Reportage assez médiocre à mon goût, dû à un mauvais montage, ainsi qu'au français approximatif de M. Jud)

  [1] À la fin de l'âge du Bronze et au début du premier âge duFer (IXè - VIIIè siècle av. J.C.), une grande nécropole occupait l'ensemble du site. Plusieurs concentrations de sépultures ont été repérées. Il s'agit dans la majorité des cas de dépôt dans une petite fosse d'un vase faisant fonction d'urne funéraire.
  Source : L'archéo-Théma N°10

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 15:45

  Épona est une déesse gauloise qui a ses équivalents au Pays de Galles (Rhiannon) et en Irlande (Macha).

epona1

  Son nom est un dérivé du mot gaulois désignant le cheval épos. Cette divinité gallo-romaine est donc lié au monde du cheval. Les très nombreuses représentations d'Épona qui ont été retrouvées, en pierre, en métal, en terre cuite ou en bois, toutes de dimension réduites, étaient sans doute destinées à protéger l'écurie, voire la maison. Des inscriptions découvertes à Entrains-sur-Nohains (Nièvre) prouvent cependant qu'un temple avec tout son décor fut offert à Épona.

epona  La déesse est toujours représentée vêtue et seule. Elle est le plus souvent assise de côté sur le cheval ou la jument que son poulain accompagne parfois. Plus rarement, Épona est debout près de sa monture ou trône entre deux poulains.La déesse peut porter une patère (vase à libation), une corbeille de fruits, une corne d'abondance ou encore un sceptre.

  Ces attributs rappellent qu'Épona protège les productions agricoles et par extension les villae (domaines agricoles), mais son rôle principale est celui de protectrice des chevaux, des écuries, des cavaliers, des palefrenier, des voyageurs, des charretiers.  Un ex-voto découvert à Alise Sainte Reine montre sans doute l'un de ces derniers. Un autre petit relief de pierre représentant Épona a été découvert à Alésia où l'on sait grâce à l'archéologie et au témoignage de l'encyclopédiste latin Pline l'Ancien que des pièces de harnachement métallique étaient fabriquées.

  Épona était particulièrement populaire en Bourgogne, dans epona dacial'Est de la Gaule et sur les frontières rhénane et danubienne pendant les IIè et IIIè siècles. Cette ferveur s'explique sans doute par le fait que ces régions dotées d'un réseau routier dense concentraient une grande quantité de cavaliers de l'armée romaine, d'hommes travaillant dans les relais routiers et de voyageurs de toutes sortes.

  Épona était également honorée à Rome, où, au premier siècle après Jésus-Christ, sa fête était inscrite pour le 18 décembre dans un calendrier, et où le poète Juvenal (qui n'aimait pas ce que Rome était devenue), signale que l'on peint son effigie sur les murs des "écuries puantes".

 

 

 

Source : Musée d'Archéologie Nationale

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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 00:14

  Les guerriers en pierre ou en bronze découverts par les archéologues fournissent des indications sur les armes ou le type d'armure portées par les soldats de l'armée celtique. Les soldats étaient équipés de lances, d'épées et de poignards pour ce qui est des armes offensives, mais aussi de boucliers, de casques, et de temps en temps d'armures, généralement à mailles métalliques. Ces dernières étaient rares, sans doute en raison de leur coût élevé de fabrication. Elles ne font leur véritable apparition qu'à la fin de l'âge du Fer.

  statue-chef-gaulois

  Statue en pierre d'un chef gaulois - seconde moitié du 1er siècle avant J.C. provenant de Vachères (Alpes -de-Haute-Provence)

  _ La facture des traits du visage, très précisément dessinés et d'une fixité presque solennel, rappele la tradition de la statuaire celtique du Sud de la France, connue pour la représentation d'animaux, symboliques ou sacrés, et de figures, presque exclusivement masculines de divinités et de héros.

  _ Plusieurs indices révèlent que le personnage représenté est de type romain : la cotte de mailles métallique munie d'épaulières et fermée sur la poitrine, la ceinture sur le côté de laquelle est suspendu le glaive à lame étroite, le manteau aux pans accrochés sur l'épaule par une fibule (aiguille ronde). Tout cet équipement indique que son propriétaire est un officier de haut rang.

  _ Le bouclier de forme ovoïde, doté d'un umbo, et la présence d'un torque au cou indiquent que malgré son vêtement "à la romaine", ce personnage est un chef guerrier gaulois.

 

 Selon les auteurs classiques, les Celtes combattaient parfois nus. Les chevaux jouaient un rôle important dans la guerre : ils étaient montés par des cavaliers, mais étaient aussi utilisés pour tirer les chars. Les soldats utilisaient également sur le champ de bataille des trompettes dont le son puissant et discordant avait l'art de déconcerter l'ennemi.

  guerrier-trompette

  Cet instrument était constitué d'un long tube de bronze terminé par un pavillon en forme de hure de sanglier – une tête qui semblait grommeler – ou, plus rarement, de tête de loup.

 

    Les armes et l'armure des guerriers étaient souvent ornées de nombreux motifs sophistiqués, sculptés ou obtenus au repoussé. Il présentait même parfois des incrustations d'émail, de corail, d'ambre et d'autres matériaux exotiques. Les boucliers, les casques, les harnais, et surtout les épées représentent bien ce que peut être l'art celtique. L'équipement nécessaire à la pratique de la guerre offrait aux artisans de multiples occasions d'exprimer plastiquement leurs propres idées et celles de leur société, et permettait aux guerriers de faire étalage de leur statut et de leur art : "L'armement est à la mesure de la haute taille des hommes une grande épée qu'on suspend au côté droit, un bouclier oblong de grande dimension, des piques longues à proportion"comme l'a formulé Strabon dans sa Géographie. Plus les armes d'un guerrier étaient impressionnantes, plus il jouissait d'une position sociale élevée. 

Certaines, davantage conçues pour l'apparat que pour le champ bataille, témoignent de la dimension ostentatoire de l'équipement guerrier.

  Les armes des Celtes étaient généralement en fer ou en bronze, mais leur ornementation avec des matériaux rares, chers ou exotiques permettait d'en faire des objets d'apparat.

 

  epee courte poignee anthropoide

   Épée courte celtique, 1er siècle avant J.C. retrouvée dans une tombe à Tesson (Charente-Maritime)

  _ Cette épée est longue de 50 cm environ : il s'agit d'une épée courte à double tranchant, adaptée au combat rapproché, au duel à pied; toutefois, le caractère peu fonctionnel de sa poignée incite à y voir plutôt une arme d'apparat, qui n'était pas réellement utilisée pour se battre.

  _ Les épées à poignée anthropoïde (en forme de corps humain) quoique peu nombreuses, sont répandues dans toute l'Europe.

  _ Le pommeau de l'épée représente une tête dont les traits du visage sont rendus de manière schématique : une petite bouche presque souriante, un nez rectiligne et des yeux globuleux; les cheveux semblent coiffés et séparés par plusieurs raies.

  _ Les branches en «X» que dessine le corps de la poignée pourraient représenter les bras et les jambes écartés de la figure humaine.

 

  Parmi les motifs représentés sur les armes, il en est quelques-uns, comme les images de sangliers ou de loups par exemple, qui véhiculent immédiatement l'idée de férocité et d'agressivité, d'un fort pouvoir symbolique. D'autres demeurent en revanche plus énigmatiques, et le rattachement au thème de la guerre de tel ou tel thème découvert sur un bouclier ou un fourreau relève du domaine des conjectures. Il est possible que des messages subtils et complexes – messages de  communication entre groupes humains ou messages entre  le héros de la guerre et ses dieux – aient fréquemment pris une forme plastique symbolique. De nombreux fourreaux et boucliers présentent des motifs qui pourraient être liés à l'efficacité de l'arme et chargés de lui conférer encore plus de pouvoir. L'idée était peut-être de lui donner des propriétés magiques, d'augmenter par exemple, pour une épée, son pouvoir de destruction ou, pour un bouclier, sa capacité à détourner les flèches.

 

  Les casques, en cuir (les plus nombreux), en bronze ou en fer, étaient tout simples : de forme pointue ou arrondie, ils comportaient des paragnathides (couvre-joues) et parfois un couvre-nuque. Quelques exemplaires montrent quels supports ils offraient aux fabuleuses possibilités d'ornementation de l'artiste.

  casque-agris

                                     Casque celtique de parade, IVè siècle avant J.C. provenant d'Agris (Charente)

  _ Au Ivè siècle avant J.C. l'incursion des Celtes en Italie fut l'occasion d'établir des relations plus étroites avec le monde de l'Étrurie et de la Grande-Grèce : il en résulta une évolution de l'art celtique, qui assimila le répertoire des orfèvres et des bronziers italiotes et grecs, et prit le nom de "style végétal".

  _ Ce casque sans aucun précédent local, a été très probablement importé de la péninsule italienne ou bien fabriqué sur place par des artisans formés dans un milieu italo-celtique.

  _ Ce casque doté (à gauche sur la photo) d'un protège nuque et paragnathides (couvre-joues mobile) sur lesquels fugurent de minuscules têtes d'animaux, est en bronze recouvert d'une feuille d'or avec incrustations de corail; la richesse de son décor et de ses matériaux en fait un objet de grand prestige, utilisé pour les cérémonies et les parades.

  Une grande partie du matériel archéologique dont nous disposons a été trouvé dans des sépultures. Les Celtes d'Europe avaient pour coutume d'enterrer, dans les cas d'inhumation, les guerriers avec leurs armes. Lorsque le corps était incinéré, seule une pièce représentative de l'activité du défunt accompagnait les cendres dans la tombe. Il a été établi que les armes placées dans les tombes, ou jetées à l'eau en guise d'offrandes votives, étaient parfois "tuées" rituellement, c'est-à-dire mises en pièces ou pliées en deux. L'idée était peut-être de les faire passersymboliquement d'une existence matérielle à une existence spirituelle, de leur ôter toute valeur ou simplement de faire preuve de Prodigalité. Parfois aussi, des armes quasiment neuves étaient jetées dans les cours d'eau. 

casque-amfreville

  Casque celtique en bronze et en fer, feuille d'or et émail rouge, deuxième quart du IVè siècle avant J.C. provenant d'Amfreville-sous-les-Monts (Eure)

  _ Ce casque a été trouvé au XIXè siècle dans un bras mort de la Seine : le dépôt intentionnel d'armes dans de cours d'eau ou des étangsest interprété comme un élément d'un rituel particulier consistant à offrir des biens précieux aux divinités qui avaient leur demeure dans les eaux ou qui communiquaient avec le monde humain par l'intermédiaire de l'eau.

  _Le motifs décoratifs sur la feuille d'or recouvrant le casque ainsi que ceux en corail et en émail rouge appartiennent au "style végétal".

  _ La forme de ce casque, sa décoration et l'emploi de matériaux divers le rapproche de l'exemplaire précédent. Son origine est probablement la même.

  L'ornementation des casques de combat semble chargée d'un sens symbolique spécifique : talismanique, elle était peut-être destinée entre autres à augmenterla combativité du guerrier.

  L'ornementation des casques semble chargée d'un sens symbolique spécifique : talismanique, elle était peut-être destinée entre autres à augmenterla combativité du guerrier.

 

  Parmi les tombes gauloises riches par leurs contenus, on peut citer, par exemple, celle de La Gorge-Meillet dans l'Est de la France qui renfermait le char du défunt, ses armes ainsi que son casque en bronze, placé à ses pieds. Elle contenait aussi tous les récipients utilisés pour le banquet funéraire, ainsi que des rôtis de porc et de boeuf.

 

  La lance – qu'il s'agisse de la lance proprement dite ou du javelot – était, avec l'épée. la principale arme du guerrier celte. Diodore de Sicile a décrit la formidable apparence de quelques-unes de ces lances qui, dentelées ou barbelées, pouvaient infliger d'horribles blessures.

 

  Une nouvelle protection apparaît vers le IIIè siècle avant J.C. : les cuirasses.

  En fer, rares à cause de leur coût de fabrication élevé, et les celles de cuir, d'où leur nom, plus nombreuses, mais qui disparurent sans laisser de traces du fait de leur matière périssable.

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