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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 08:09

   Dans la sociéte gauloise de la fin de l'indépendance, la guerre était un phénomène quasi permanent. De ce fait, les hommes s'étaient organisés militairement en conséquence. Les Gaulois de ce temps, connaissaient les grand principes de la guerre et les paramètres de la manœuvre. Ils combattaient en établissant des stratégies embryonnaires et en appliquant des tactiques élaborées.

   Une certaine habitude de la violence, qui n’était pas réservée d’ailleurs à la seule civilisation celte, s’explique entre autres par les conceptions religieuses exaltant le héros et le sacrifice suprême ; mais aussi sur les fondements matériels de la société qui repose sur une véritable « économie de la guerre », le tout sur fond de conflits avec l’étranger.

L’art de la guerre dans la période du IIe et Ier siècles avant J.C., a connu de profondes mutations par rapport à la période antérieure : mise en place progressive d’un processus de décision codifiée, structuration des forces, accroissement des effectifs, développement d’un art du commandement avec des préoccupations stratégiques embryonnaires et leur traduction tactiques sur le terrain modifiant la manière traditionnelle de combattre. La diversification de l’armement précède ou accompagne le développement des armes « tactiques » et, en particulier, celui des troupes montées, véritable fer de lance des armées. Dans l’infanterie, on assiste à la substitution partielle de formations plus légères et mobiles à l’antique phalange grecque. C’est aussi l’époque du développement des fortifications et des premiers balbutiements dans l’art de la poliorcétique (science du siège des places fortes). Certains nobles celtes (les equites) tentent alors de détourner cette force naissante à leur seul profit, faisant de la guerre un métier à part, une activité de professionnels et non plus un spectacle d’amateur en quêtes d’émotions fortes.


     Sur le champ de bataille.


  À partir du IVe siècle av. J.C., les armées étaient disposées d’après le modèle méditerranéen. L’infanterie occupe le centre de la ligne de front et place des réserves en profondeurs. Les ailes sont occupées par la cavalerie.

  Le rôle de l’infanterie consiste à barrer le passage à l’adversaire. Pour cela elle combineEvariste-Vital Luminais - Combat de Romains et de Gaulois de l’infanterie légère et de l’infanterie combattant au corps à corps. L’infanterie légère est disposée en première ligne, pour engager en premier lieu le combat avec ses armes de jet couvrant ainsi le front ennemi de projectiles et l’empêchant d’avancer. Elle se retire lorsqu’elle a épuisé ses munitions, ou lorsqu’elle se retrouve pressée par un adversaire qu’elle n’a pu faire reculer. L’infanterie au corps à corps prend alors le relais pour continuer le combat.

  La cavalerie, de part sa rapidité, a un rôle d’appui et peut tenter de déborder les ailes ennemies pour l’encercler ou protéger les ailes de son propre camp afin d’éviter toute manœuvre de la part de son adversaire.

  Ces manœuvres d’encerclements sont toujours tentées par les belligérants, car lorsqu’elles réussissent, elles peuvent entraîner des victoires relativement rapides et peu couteuses en hommes pour le vainqueur.

 

Sources : A. Deyber, Les Gaulois en guerre : stratégies, tactiques et techniques. Essai d'histoire militaire (IIe - Ier siècles av. J.C.) éd. Errance _ Histoire Antique & Médiévale N° 52

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 07:55

  À partir de 500 avant Jésus-Christ, une crise économique voit le jour au sein du monde celtique. Les échanges avec la Méditerranée se font rares, de moindre quantité, et les bijoux sont fait de matériaux moins précieux. Les sépultures deviennent plus banales,  dans celles des chefs, on retrouve moins d'armes que dans les sépultures des siècles précédents. Tout ceci provient du fait que pour éviter une crise, les Grecs et les Étrusques ont modifié leur organisation commerciale. Les Celtes doivent par conséquent abandonner certaines routes commerciales et citadelles. La ruralité revient au galop.

 

  Néanmoins, en Bourgogne, certaines citadelles comme Bibracte (Saône-et-Loire), Alésia (Côte d'Or) ou Eburobriga (Yonne) résistent et même grandissent, malgré la conjoncture économique défavorable . Chacune de ces oppida appartiennent à un peuple Gaulois différent. Car divers peuples celtes vivent en Bourgogne, conséquence des voies commerciales fluviales et terrestre entre la Méditerrannée et la Manche.

 Dans le Morvan, les Éduens sont rois ! Avec Bibracte comme capitale ("De loin le plus riche et le plus grand oppidum des Éduens" dira Jules César plus tard), ils étaient le peuple le plus puissant de la région, mais aussi de la Gaule. Ils étaient gouvernés par un seul chef (le Vergobret) élu par les druides, qui avait interdiction de quitter le territoire et ne commandait l'armée que pour des actions de défense du territoire. Le Vergobret était élu pour un an. Les Éduens possédaient les villes de Cabillonum (Chalon-sur-Saône), Matisco (Mâcon) et Nevirnum (Nevers). Ce sont également eux qui contrôlent les routes commerciales Saône-Rhône et du bassin de la Loire.

  Au Nord se trouvent leurs puissants alliés, les Lingons qui ont Langres pour capitale mais qui s'étalent jusqu'aux actuelles Dijon (qui était un site religieux) et Montbard. Une de leurs nécropoles fut d'ailleurs retrouvée à Nod-sur-Seine. L'Ouche était la frontière naturelle du territoire des Lingons.monnaie_eduens1.jpeg

   Avec les Séquanes, les Lingons et les Éduens forment une monnaie unique (voir photo), chose rare à l'époque. Ce système permet des échanges faciles, de s'enrichir rapidement et une stabilité économique. Les Séquanes ont pour capitale Vesontio (Besançon). Mais en Bourgogne, ils occupaient l'Est de la Saône.

Les Mandubiens occupent l'Auxois et leur capitale est Alésia. Ils sont une fraction des Éduens.

 

   Autres alliés des Éduens en Bourgogne, les Bituriges Cubes. Bituriges veux dire "roi du monde" en Celte. Avaricum (Bourges) est leur capitale, mais ils s'étendent jusqu'à la Bourgogne où la Loire est une frontière naturelle avec les Éduens. Ces derniers, afin de mieux contrôler le territoire leur appartenant et les peuples alentours forment une confédération avec les Bituriges Cubes et d'autres peuples qui se situent en Bourgogne comme les Aulerques Brannovices (vallée de l'Yonne et de la Saône) qui sont des vassaux des Éduens, ou les Senons qui occupent l'actuelle Sens. La confédération accueille aussi des peuples extérieur à la région comme les Bellovaques (Belgique), Parisii (Lutèce) ou Ségusiaves (Forez). Mais le plus important de ces peuples de l'extérieur est le peuple Romain, grand et puissant allié des Éduens. Les deux peuples sont d'ailleurs frères de sang. bourgognegauloise.gif

 

   C'est à Bibracte, véritable centre politique de la région qu'ont lieu de fréquentes réunions entre membres de cette confédération celte.

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 08:18

  Selon Augusta Hure : «le nom Sénom n'appartennait pas originairement à une tribu celtique, mais à une tribu pré-gauloise ou pré-celtique du Sénonais». À une période éloignée, leur territoire était surement beaucoup plus étendu vers l'est de le France. Hormis le village de Sénon dans la Meuse, on relève plusieurs agglomérations ayant Sénon comme racine dans leur nom : Senones dans les Vosges, Sénoncourt dans la Meuse et le Haute-Saône, et Sénonville aujourd'hui commune de Valbois dans la Meuse. C'est en venant du plateau bavarois que ce peuple aurait probablement fondé ces citées.

Un autre spécialiste de l'Antiquité, Joël Schmidt fait venir les Sénoms avec les Celtes des pays du nord de l'Europe (Danemark, rive de la Baltique, Frise, Jutland, Ems, Weser et Elbe), dès le Ve siècle avant notre ère, à la recherche d'espace vitale et d'un climat moins rude. Cet auteur précise en outre : «Les guerriers celtes ne sont pas seuls. Ils sont suivi par des femmes, des enfants, des vieillards, et par leurs troupeaux. Ils se déplacent par milliers, voir par centaines de milliers dans des chariots...»

  Le problème de la provenance des Sénoms n'est pas encore résolu. Laissons donc les spécialistes travailler à cette passionnante énigme.

  À cette époque, une autre branche des Sénons, emmenée par Bellovese...

La suite sur le blog "L'Yonne gallo-romaine"...

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 07:45

«[Les Gaulois] estiment que la religion ne permet pas de confier à l'écriture (...) l'enseignement [des druides], alors que pour tout le reste, pour les comptes publics et privés, ils se servent de l'alphabet grec

                                                   César, La Guerre des Gaules, VI, XIV, 3


 

  L'emploi de l'écriture dans toute l'aire celtique est lié au développement de la société pré-urbaine ou urbaine ; toutefois, pour répondre à leur besoin, les Celtes n'inventèrent  pas une écriture originale, mais ils adoptèrent les écritures des peuples avec lesquels ils étaient en relation : les écritures étrusque, grecque, ibérique et altine, toutes dérivées du modèle phénicien ; ce n'est que tardivement qu'ils élaborèrent dans l'île de Bretagne un système original, appelé écriyure oghamique.

 

Tablette celtique en plomb, Ier siècle avant Jésus Christ provenant du Châtelet-de-Gouzon (Haute-Marne) musée du Louvre

 

_ L’inscription fait référence au dieu Ouniorix, comme on peut le lire sur la première ligne et au début de la deuxième (« DEO OVNIORIGI ») : il devait s’agir d’une divinité locale, peut-être liée au monde des enfers.


_ Cette dédicace adressée au dieu Ouniorix est gravée à coup de petits points sur une tablette en plomb haute de 4,90 cm et large de 7,60 cm.


_ La langue latine fut la dernière à être adoptée par les Celtes, mais elle connue la plus grande expansion géographique, étant utilisée aussi bien dans l’Europe entre-orientale qu’en Gaule, en Ibérie et dans l’île de Bretagne.


 

 

P1010817

_ Cette inscription est une dédicace à la divinité, comme l’indique la formule finale : « EX VOTO », qui signifie littéralement « à la suite d’un vœu » et qui est habituellement apposée sur un objet offert à une divinité pour s’assurer son intervention ou pour l’en remercier.


_ La langue et l’alphabet de cette inscription sont latins : les plus anciens témoignages de l’emploie de l’écriture latine en milieu celtique semble dater de la première moitié du Ier siècle av. J.C.


 

Source : Roberto Gianadda, Guide des arts, Les Celtes, les Germains, les Vikings - éd. Hazan

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1 octobre 2011 6 01 /10 /octobre /2011 09:58

Désormais, tout individu était membre de la cité, dont l’autonomie était garantie par le pouvoir romain. Et cette réalité s’exprimait dans la célébration de sacrifices en l’honneur de l’empereur ou de Jupiter sur le forum, dans la participation, pour les plus riches, aux assemblées du sénat local, dans la fréquentation des spectacles de gladiateurs donnésgladiateurmosaique.jpg pour le salut impérial, dans les réunions au théâtre où chacun prenait place en fonction de son rang et de son statut.

  À Samarobriva (Amiens), un temple installé sur un podium dominait le forum. Il était sans doute consacré au culte de l’empereur et de sa famille. Son association avec l’amphithéâtre qui jouxtait le forum confirme le lien entre les combats de gladiateurs et le pouvoir impérial : on donnait toutefois généralement des combats en l’honneur de l’empereur auquel était confié la destinée de l’empire et donc de la cité.

De la même façon, la construction de théâtres dans les villes répondait à des exigences autant culturelles que religieuses. Chez les Segusiaves, à Feurs (Forum Segusiavorum) une belle inscription commémore sous Claude, vers le milieu du premier siècle après Jésus Christ, la construction d’un théâtre en pierre substitué à un édifice en bois plus ancien. Le nom du notable ayant financé la construction est révélateur : Tiberius Claudius Capito, fils d’Aruca ; il venait d’obtenir la citoyenneté  romaine de Claude (d’où son prénom et nom de famille empruntés aux empereurs, seul son surnom, Capito, rappelant son origine locale) et entrait ainsi dans la clientèle impériale. Le nouveau théâtre fut consacré au divin Auguste, fondateur de l’empire, et pour le salut du nouvel empereur.

Résumons : une pacification et une recomposition des territoires soumis entre César et Auguste ; l’établissement de cadres politiques nouveaux, les cités-Etats ; la fondation de villes chefs-lieux où pouvait s’exprimer, dans les rassemblements publics et les fêtes religieuses, la réalité des temps nouveaux ; enfin, le lien omniprésent avec le pouvoir impérial, comme si l’avenir était désormais dans les mains de l’empereur, souverain légitime… Tel était le visage de la Gaule en voie de romanisation.

Même si les coutumes locales, certaines habitudes de construction, d’alimentation,  des pratiques religieuses et funéraires pouvaient demeurer un moment, qu’on le veuille ou non, les temps avaient changé. La vie locale était désormais inscrite dans l’empire, un empire qui s’étendait de l’Ecosse à la Syrie, dirigé par le pouvoir romain. La romanisation des populations paraît avoir constitué une réponse logique à cette situation.

Certes, il y eu des révoltes en Gaule dont on a parfois gardé la trace : en 21 ap. J.C., ainsi qu’en 68[1]. Mais leurs causes, loin d’avoir le caractère identitaire qu’on leur a parfois prêté, étaient fiscales ; et les soulèvements étaient surtout provoqués par les maladresses de l’administration romaine. Les meneurs n’étaient pas d’ailleurs eux-mêmes citoyens romains ?

Il est tout aussi illusoire de parler, du côté romain, de tolérance. Les Romains n’étaient pas particulièrement tolérants. Mais ce laissez-faire était inhérent au mode inhérent au mode de fonctionnement de la cité autonome. A partir de là, les nouveaux centres urbains se sont développés plus ou moins vite, les systèmes religieux ont évolués de la même façon, comme les modes de vie et les représentations sociales.

L’adoption, rapide, de pratiques alimentaires nouvelles est tout à fait symptomatique de cette évolution. Les Gaulois arrêtèrent en effet de manger du cheval et du chien : c’était des aliments tabous dans la culture romaine. Les bœufs en revanche engraissèrent, signe de l’amélioration du cheptel. On adopta une espèce de blé mieux adaptée à la fabrication du pain. D’autres cultures apparurent, comme le seigle, certains arbres fruitiers (comme le pêcher, pommier, cerisier, noyer) et la vigne.

Les Gaulois étaient déjà, et cela bien avant la conquête romaine, de grands amateurs de vin, importé d’Italie, mais la vigne n’était pas encore domestiquée en Gaule intérieure. Dès le Ier siècle ap. J.C., la viticulture se répandit dans le sud-ouest, mais également en Bourgogne et dans le nord de la Gaule. En témoigne cette découverte étonnante fait à Bruyère-sur-Oise, en Ile de France, à proximité de la ville de Beaumont-sur-Oise qui naquit justement à l’époque impériale. Des fouilles récentes ont mis en évidence les traces d’un vignoble implanté dans une zone peu propice à la culture de la vigne. Une anomalie que les auteurs de ces fouilles ont expliquée par une forte demande pour le vin : les villes proches se trouvaient en plein développement et il fallait répondre à la demande ces marchés.

La langue elle aussi, a évolué très vite. La masse documentaire disponible est sans appel : si le gaulois survécut sous la forme de dialectes, le latin se diffusa largement devenant dès le règne d’Auguste la langue officielle, celle de l’administration et du droit. Ce sont ainsi quelque 7 000 inscriptions en latin qui ont été retrouvées dans les Trois Gaules. A comparer aux rares textes graffités en gaulois : un contrat de mariage à Châteaubleau chez les Sénons (en Ile de France), une tablette magique à l’Hospitalet-du-Larzac (dans l’Aveyron), un calendrier dans un sanctuaire séquane (en Franche-Comté)…

Sans doute l'adoption d'une identité nouvelle s'est-elle forgée avec le temps en fonction des milieux, des histoires locales et des individus. Mais le mouvement dut être irrésistible. Les pressions sociales ont joué : on connaît la force des liens de dépendance et de sociabilité dans les sociétés antiques ; il semble dès lors difficile de séparer franchement les élites locales romanisées du reste de la population qui serait resté à la traîne, attaché viscéralement à ses traditions.

Dernière étape de l'intégration à l'empire : l'accession à la citoyenneté. Cela a pris du temps, mais le nombre relativement important de Caii Iulii comme de Tiberii Claudii indique que le processus était largement initié dès l'époque julio-claudienne, sous la première dynastie impériale romaine, dans la première moitié du Ier siècle ap. J.-C. Exemple parmi d'autres, celui de ce citoyen santon (de Saintes), Caius Iulius Rufus, qui porte trois noms, sur le modèle du citoyen romain. Il offrit à sa cité un arc de triomphe destiné à célébrer les victoires militaires du règne de Tibère. Sur le monument, il mentionne son ascendance : il était le fils de Caius Iulius Otuaneunus, le petit-fils de Caius Iulius Gedemon et l'arrière-petit-fils d'Epotsorovidus qui avait connu la Gaule indépendante.

Plusieurs voies conduisaient à la citoyenneté : le service militaire dans les unités auxiliaires de l'armée romaine ; l'affranchissement - un esclave libéré adoptait le statut de son maître ; le mariage avec la fille d'un citoyen romain ; l'exercice d'une magistrature dans le cadre d'une cité ayant obtenu le droit latin. Devenir un citoyen romain permettait d'accéder à des privilèges, parmi lesquels celui de commercer hors de sa cité, de payer moins d'impôts, de faire carrière hors de sa cité. Mais la citoyenneté impliquait en retour la soumission à des règles civiques et à des obligations sociales, en particulier de participer au culte des dieux devenus romains.

Quoi de plus normal lorsqu'on était citoyen romain que de vénérer Jupiter et l'empereur ! Mais cela ne voulait pas dire que l'on renonçait aux divinités locales. Celles-ci avaient d'ailleurs souvent changé d'état civil : en témoignent les dieux au nom composé, comme Lenus Mars chez les Trévires ou Mars Mullo chez les Riédons de Rennes ou les Aulerques du Mans. D'autres dieux avaient gardé leur nom local, comme cette déesse Onuava qu'un Bordelais exilé en Italie invite à l'accompagner de sa puissance favorable.

Du point de vue juridique et politique, l'édit de Caracalla, qui, en 212, faisait citoyens romains tous les hommes libres de l'empire, achevait le processus de romanisation. Il sanctionnait l'intégration des populations dans l'empire. Toutefois, l'obtention du statut de citoyen romain s'articulait parfaitement avec la citoyenneté locale, définie dans le cadre strict de la cité d'origine. On restait membre de la cité des Ambiens de la Somme ou des Bituriges du Bordelais.

Devenir romain n'impliquait pas, au fond, de copier un modèle romain universel, de « faire romain » ou de trahir une identité gauloise - qui, de toute façon, n'eut jamais un caractère national sinon dans l'esprit des historiens du XIXe siècle. Il s'agissait plutôt de répondre aux pressions sociales que ne manquaient pas d'imposer les élites romanisées. De sacrifier aux dieux pour le salut de l'empereur, garant de la stabilité et de la prospérité de l'empire. D'une façon générale, de s'adapter aux nouvelles réalités politiques, économiques, religieuses. C'était enfin éviter la marginalisation. Et, d'une certaine façon, vivre avec son époque.

 

 

 

[1] En 21, deux notables trévire et éduen accablés de dettes, menacent un temps le pouvoir romain avant que la révolte soit écrasée dans le sang. Le soulèvement de Vindex en 68, a pour origine le paiement de l’impôt.

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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 10:38

  L’importation de vin dans le monde celtique n’est attestée qu’à partir du dernier tiers du VIe siècle avant Jésus Christ, et plus massivement, tout au long du Ve siècle, par la présence dans les habitats de fragments d’amphores de transport, pour la plupart originaire de la cité phocéenne de Massalia.

  Les tessons d’amphores retrouvés, l’ont été dans de riches habitats de hauteur qualifiés de « princiers », mais aussi dans les grandes agglomérations commerciales et artisanales, comme Bragny-sur-Saône en Bourgogne ou Bourges dans le centre de la France.

C’est aussi à cette époque que des vases en bronze étrusques liés à la consommation de vin se font plus nombreux dans les tombes nord-alpines. On en retrouve dans le Centre-est de la France, où ils ont été réutilisés comme urnes cinéraires, mais surtout dans les régions du Rhin moyen, notamment dans la culture, très prospère au Ve siècle, de l’Hunsrück-Eifel. (Culture de l’âge du fer identifiée en Allemagne, dans le bassin inférieur de la Moselle)

 

  Si aujourd’hui le vin Français est un trésor du patrimoine national, si aujourd’hui la juridiction de Saint-Emilion figure dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, l’arrivée des ceps dans nos contrées ne s’est pas faite en un jour. Le jus de raisin a images.jpgrencontré bien des résistances avant de s’imposer dans les festins gaulois où les chaudrons étaient traditionnellement remplis d’hydromel (un alcool tiré du miel) et de cervoise, cette bière à base de levures sauvages.

Selon l’archéologue Matthieu Poux, auteur d’une thèse à l’Université de Lausanne intitulée «Vin méditerranéen et rites de boisson en Gaule indépendante », la vigne a dû s’y reprendre à deux fois pour conquérir la Gaule. Deux tentatives séparées par plusieurs siècles, et par un long interrègne où la bière et l’hydromel avaient retrouvé les faveurs des guerriers du Nord.

 

Tout commence vers 600 avant J.-C., quand des colons grecs installent une colonie à Marseille et plantent les premiers ceps sur la côte. C’est le début de la diffusion du vin vers le Nord. Cette tentative initiale se transforme rapidement en succès, explique Matthieu Poux. Puisque l’on retrouve la trace de ces breuvages dans les tombes princières des habitats celtiques du Hallstatt, où ils représentaient le comble du luxe.

Mais, si ces premières exportations connaissent un succès spectaculaire, leur implantation reste éphémère et les Celtes reviennent vite à la bière et à l’hydromel. «La Gaule des IV e et IIIe siècles ne livre plus aucune trace de vin importé, alors que le vignoble marseillais connaît son apogée. Ce recul du vin en Gaule n’est donc pas causé par une crise de la production, mais par un effondrement de la demande indigène», ajoute Matthieu Poux.

Le vin italien débarque

Le commerce du vin vers la Gaule ne reprendra qu’au IIe siècle avant J.-C., à l’époque dite des oppida. Cette fois, le vin italien a remplacé la retsina(le vin grec). «Les marchands italiens ont pris le relais des Grecs, en acheminant de nouvelles amphores (dites Dressel) par dizaines de milliers sur les côtes de la Provence, poursuit l’archéologue. Là encore, la diffusion est fulgurante. On estime à plusieurs millions d’hectolitres le volume de vin importé en moins d’un siècle. Les tessons d’amphores sont si nombreux que les Gaulois les réutilisent pour paver les rues ou construire des murs.»

Contrairement à ce que l’on entend souvent, ce n’est pas la conquête romaine qui a assuré la fortune des marchands de vins italiens qui arrosaient la Gaule. «Les Celtes avaient bien anticipé le mouvement. La demande précède l’offre, assure Matthieu Poux. C’est un net accroissement des besoins indigènes qui a incité les marchands romains à renforcer leur présence en Narbonnaise.»Vignes

Les Gauloises aussi lèvent le coude

Reste à expliquer les revirements des consommateurs celtes qui considèrent tantôt le vin comme le comble du luxe, et tantôt comme un produit de l’étranger qui inspire la plus grande des méfiances. «Mon hypothèse, c’est que ces changements d’attitude reflètent des modifications internes aux sociétés gauloises, répond Matthieu Poux. Ces variations sont culturelles.» Et l’archéologue d’expliquer que le vin marseillais était apprécié par des princes celtes qui avaient adopté un mode de vie à la grecque, à l’image de celui pratiqué par tous les aristocrates européens de l’époque. «Entre 600 et 400 avant J.-C., les sociétés celtes sont très ouvertes. Un vent d’exotisme et de pacifisme souffle sur la Gaule. Le dépôt d’armements se raréfie dans les tombes au profit de services à boire importés du Sud, comme celui qui accompagne la fameuse «princesse» de Vix. C’est une période de grande libération, où le pouvoir religieux recule et où les femmes arrivent au pouvoir. Ce sont également elles (fait exceptionnel) qui boivent le vin.»

Le grand retour aux valeurs traditionnelles

Petit à petit cette « mode » va disparaître, on assiste alors au retour des guerriers, du religieux, le rôle des femmes est plus discret et on redécouverte des boissons traditionnelles comme l’hydromel et la bière. Certains accessoires du banquet antique reviennent également à la mode, comme le chaudron, les seaux en bois et les broches à rôtir que l’on retrouve à nouveau dans les tombes de l’élite. «La Gaule des IV e et IIIe siècles est dominée par une caste d’aristocrates qui revient aux usages du passé et qui abandonne le vin pour d’autres symboles de la puissance, comme les armes et les chars de combat, note Matthieu Poux. Le vin est toujours là, à portée de main, mais les Gaulois n’en boivent plus.» Jusqu’à ce que se produise une nouvelle évolution des sociétés gauloises qui redécouvrent la vigne quelques décennies avant la conquête de Jules César, lequel fera définitivement entrer la Gaule dans le cercle des pays producteurs de vin.

 

Sources : Histoire Antique & Médiévale H-S N° 20 _ Allez Savoir Magazine de l'Université de Lausanne N° 27

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:30

  Il y a quelques années, sur la route départementale 209, - la via Agrippa de l’époque romaine, a été découvert un vaste ensemble cultuel qui s’étend sur plus d’1 km et offre, à défaut de monuments encore en élévation, des trouvailles uniques et de nombreuses substructions révélées, année après année, par les sondages préalables des parcelles à vendre et les campagnes de fouilles programmées.

  À châteaubeau (65 km de Paris) on a trouvé par exemple, un petit taureau de bronze très bien conservé, quelques pièces de monnaie, des bijoux,  mais aussi et surtout, une « tuile gauloise ». Lors de la fouille d'un puits public en 1997, les archéologues ont encarte postale tuile onze lignes (WinCE) effet découvert une tuile complète (simplement cassée nettement en 2 morceaux) comportant une inscription de 11 lignes en écriture cursive très soignée, l’un des rares documents en langue gauloise trouvés dans le nord de la France et qui daterait de la 2ème moitié du IIe siècle - IIIe siècle de notre ère.

  L'interprétation de son texte suscite de nombreuses questions. Pierre-Yves Lambert, linguiste chercheur-enseignant spécialisé dans l’histoire et l’étymologie des langues celtiques, s’y est longuement penché et y voit un contrat de mariage dans une famille aisée.

« Le fait que ses bords latéraux soient noircis laisse à penser qu’elle a peut-être vraiment été utilisée en tant que tegula (tuile plate) sur un toit, recouverte par des imbreces (tuiles rondes utilisées avec les tegulae pour les toitures de l’époque).

  Une première brique portant une inscription avait été découverte par Victor Burin au XIXe siècle. D'autres éléments de construction en terre cuite, gravés de textes ou de dessins, ont depuis été découverts sur les différents sites fouillés.

  La tuile pèse 5 kg et mesure 36 x 29 cm pour une épaisseur de 1.2 cm. Le contexte de découverte donne une fourchette de datation comprise entre la deuxième moitié du IIe siècle jusqu'au IIIe siècle. Cette tuile a probablement été écrite de façon à pouvoir être lue sur un lieu public.

 

           Voici le détail de ce texte (lecture de P.-Y. Lambert) :

               NemmaliIumi beni. uelonna incorobouido
               neIanmanbe gniIou apeni temeuelle Iexsete si
               Sueregeniatu o quprinnopetamebissi Ieteta
               miIiIegumi.suante ueIommi petamassi Papissorei
               suninitesi IegiIinna anmambe Ieguisini
               siaxsio u beIiassunebiti moc upiIummi ateri
               xsi Iadore core. muana IegumisinebeIassusete
               sue cluio u sedagisamo cele uiro Ionoue
               IIobiIe beliassusete re gu Iexstumisendi
               miosetingi PapissoreibeIasssetemetingise
               tingi beIassuretere garise Iexstumisendichateaubleau1

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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 19:48

Diodore de Sicile est un historien et chroniqueur grec du Ier siècle avant Jésus Christ, né à Agyrium en Sicile au début de ce siècle. Il a vécut du temps de Jules César et d'Auguste, et est l'auteur de la Bibliothèque historique.

La Bibliothèque historique a été rédigée en grec, elle se compose à l'origine de 40 livres dont il n'en reste aujourd'hui que 15. Cette histoire universelle, c'est-à-dire qui s'attache à une histoire de l’humanité dans toutes les aires géographiques connues, couvre une vaste période, du commencement mythologique du monde à Jules César. Elle puise ses sources dans une multitude d'auteurs antiques que Diodore a compilés. Les écrits de Diodore de Sicile ne sont pas toujours le témoignage de ce qu’il a vu, mais parfois de ce qu’il a lu. De plus, à l’instar des journalistes de la grande presse française d'aujourd'hui, peut être a-t-il parfois écrit l’Histoire de façon à ce qu’elle plaise au pouvoir (Jules César), ce qui expliquerait certaines affirmations étonnantes !

 

Bibliothèque historique, Livre V :

 

(…)

XXVIII. Les Gaulois sont grands de taille ; ils ont la chair molle et la peau blanche : leurs cheveux sont naturellement blonds, et ils cherchent par des moyens artificiels à rehausser cette couleur : ils les lavent fréquemment avec une lessive de chaux, ils les retirent du front vers le sommet de la tête et la nuque, de sorte qu'ils ont l'aspect de Satyres et de Pans. Grâce à ces moyens, leurs cheveux s'épaississent tellement qu'ils ressemblent aux crins des chevaux. Quelques-uns se rasent la barbe et d'autres la laissent croître modérément, mais les nobles se rasent les joues, et laissent pousser les moustaches, de manière qu'elles leur couvrent la bouche. Aussi leur arrive-t-il que, lorsqu'ils mangent, les aliments s'y embarrassent, et, lorsqu'ils boivent, la boisson y passe comme à travers un filtre. Ils prennent leurs repas non pas assis sur des sièges, mais accroupis sur des peaux de loups ou de chiens, et ils sont servis par de très jeunes enfants de l'un et de l'autre sexe. A côté d'eux sont des foyers flamboyants, avec des chaudières et des broches garnies de quartiers entiers de viande. On honore les braves en leur offrant les meilleurs morceaux de viande. C'est ainsi que le poète nous montre Ajax honoré par ses compagnons, après qu'il eut seul combattu et vaincu Hector : «Le roi fait honneur à Ajax du dos entier de la victime». Les Gaulois invitent aussi les étrangers à leurs festins ; et, après le repas, ils leur demandent ce qu'ils sont et ce qu'ils viennent faire. Souvent, pendant le repas, leurs discours font naître des querelles, et, méprisant la vie, ils se provoquent à des combats singuliers. Car ils ont fait prévaloir chez eux l'opinion de Pythagore, d'après laquelle les âmes des hommes sont immortelles, et chacune d'elles, s'introduisant dans un autre corps, revit pendant un nombre déterminé d'années. C'est pourquoi, pendant les funérailles, ils jettent dans le bûcher des lettres adressées à leurs parents décédés, comme si les morts les liraient.

XXIX. Dans les voyages et les combats, ils se servent de chars à deux chevaux, portantchar-gaulois2 un conducteur et un guerrier. Ils dirigent, dans les guerres, leurs attaques contre les cavaliers, lancent le saunium et descendent ensuite pour combattre l'ennemi à l'épée. Quelques-uns d'entre eux méprisent la mort au point de s'exposer nus et n'ayant qu'une ceinture autour du corps. Ils emmènent avec eux des serviteurs de condition libre, choisis dans la classe des pauvres, ils les emploient, dans les combats, comme conducteurs et comme gardes. Avant de livrer bataille, ils ont coutume de sortir des rangs et de provoquer les plus braves des ennemis à un combat singulier, en branlant leurs armes pour effrayer leurs adversaires. Si quelqu'un accepte le défi, ils chantent les prouesses de leurs ancêtres et vantent leurs propres vertus, tandis qu'ils insultent leurs adversaires et les appellent des lâches. Aux ennemis tombés, ils coupent la tête et l'attachent au cou de leurs chevaux. Ils donnent à porter à leurs serviteurs les dépouilles tachées de sang, et chantent le péan et l'hymne de la victoire. Ils clouent ces trophées aux maisons, ainsi que d'autres le font à l'égard des animaux pris à la chasse. Quant aux têtes des ennemis les plus renommés, ils les embaument avec de l'huile de cèdre et les conservent soigneusement dans une caisse. Ils les montrent aux étrangers en se glorifiant que leurs pères eux-mêmes n'ont pas voulu donner ces trophées pour beaucoup d'argent. On dit que quelques-uns d'entre eux, montrant une fierté sauvage, se sont vantés de n'avoir pas voulu vendre une tête contre son poids d'or. Mais si, d'un côté, il n'est pas noble de mettre à prix les insignes de sa bravoure, de l'autre, il est sauvage de faire la guerre aux morts de même race.

XXX. Les Gaulois portent des vêtements singuliers ; ils ont des tuniques bigarrées degaulois2 différentes couleurs, et des chausses qu'ils appellent bragues. Avec des agrafes, ils attachent à leurs épaules des saies rayées, d'une étoffe à petits carreaux multicolores, épaisse en hiver, et légère en été. Ils ont pour armes défensives des boucliers aussi hauts qu'un homme, et que chacun orne à sa manière. Comme ces boucliers servent non seulement de défense, mais encore d'ornement, quelques-uns y font graver des figures d'airain en bosse, et travaillées avec beaucoup d'art. Leurs casques d'airain sont garnis de grandes saillies et donnent à ceux qui les portent un aspect tout fantastique. A quelques-uns de ces casques sont fixées des cornes, et à d'autres des figures en relief d'oiseaux ou de quadrupèdes. Ils ont des trompettes barbares, d'une construction particulière, qui rendent un son rauque et approprié au tumulte guerrier. Les uns portent des cuirasses de mailles de fer ; les autres, contents de leurs avantages naturels, combattent nus. Au lieu d'épées, ils ont des espadons suspendus au flanc droit par des chaînes de fer ou d'airain. Quelques-uns entourent leurs tuniques de ceintures d'or ou d'argent. Ils se servent aussi de piques qu'ils appellent lances, dont le fer a une coudée de longueur, et près de deux palmes de largeur ; le fût a plus d'une coudée de longueur. Leurs épées ne sont guère moins grandes que le javelot des autres nations, et leurs saunies ont les pointes plus longues que leurs épées. De ces saunies, les unes sont droites et les autres recourbées ; de sorte que, non seulement elles coupent, mais encore déchirent les chairs, et en retirant le javelot, on agrandit la plaie.

XXXI. Les Gaulois sont d'un aspect effrayant ; ils ont la voix forte et tout à fait rude ; ils parlent peu dans leurs conversations, s'expriment par énigmes et affectent dans leur langage de laisser deviner la plupart des choses. Ils emploient beaucoup l'hyperbole, soit pour se vanter eux-mêmes, soit pour ravaler les autres. Dans leurs discours ils sont menaçants, hautains et portés au tragique ; ils sont cependant intelligents et capables de s'instruire. Ils ont aussi des poètes qu'ils appellent bardes, et qui chantent la louange ou le blâme, en s'accompagnant sur des instruments semblables aux lyres. Ils ont aussi des philosophes et des théologiens très honorés, et qu'ils appellent druides. Ils ont aussi des devins, qui sont en grande vénération. Ces devins prédisent l'avenir par le vol des oiseaux et par l'inspection des entrailles des victimes ; tout le peuple leur obéit. Lorsqu'ilssacrifice-gaulois consultent les sacrifices sur quelques grands événements, ils ont une coutume étrange et incroyable : ils immolent un homme en le frappant avec un couteau dans la région au-dessus du diaphragme ; ils prédisent ensuite l'avenir d'après la chute de la victime, d'après les convulsions des membres et l'écoulement du sang ; et, fidèles aux traditions antiques, ils ont foi dans ces sacrifices. C'est une coutume établie parmi eux que personne ne sacrifie sans l'assistance d'un philosophe ; car ils prétendent qu'on ne doit offrir des sacrifices agréables aux dieux que par l'intermédiaire de ces hommes, qui connaissent la nature divine et sont, en quelque sorte, en communication avec elle, et que c'est par ceux-là qu'il faut demander aux dieux les biens qu'on désire. Ces philosophes ont une grande autorité dans les affaires de la paix aussi bien que dans celles de la guerre ; amis et ennemis obéissent aux chants des bardes. Souvent, lorsque deux armées se trouvent en présence, et que les épées sont déjà tirées et les lances en arrêt, les bardes se jettent au-devant des combattants, et les apaisent comme on dompte par enchantement les bêtes féroces. C'est ainsi que, même parmi les Barbares les plus sauvages, la colère cède à la sagesse, et que Mars respecte les muses.

(…)

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 10:04

  L’unification d’une partie de l’Europe est déjà réalisée par les Celtes. Depuis le IVe siècle avant Jésus Christ, les formes politiques, les croyances et les phénomènes sociaux sont partout analogues. L’homogénéité de l’art, de l’artisanat et de l’art, nous fait supposer des échanges de toutes natures facilités par une langue commune. Les tendances artistiques subissent les mêmes influences méditerranéennes, orientales ou intraceltes. Au premier siècle, à peu près toute l’Europe celtique connaît les oppida. Les monnaies couvrent, elles, tout le domaine des Celtes. La Gaule est le plus vaste et le plus riche pays du monde celtique. Beaucoup des techniques gauloises ont été empruntées ou copiées par ses voisins. Les monnaies gauloises, à l’iconographie spécifique sont les plus originales et les plus variées. Cette richesse artistique, technique et humaine ajoutées aux vertus d’adaptation de ce peuple, justifient la place prépondérante qu’à occupée la Gaule dans l’Europe celtique.

  carte-gaule2

 

  La Gaule du premier siècle est divisée en de multiples peuples. Les hégémonies s’effondrent. D’anciens peuples dominants (Arvernes, Ambiens), des tribus puissantes (Eduens, Pictons), des tribus plus petites à l’indépendance économique (Parisii) et des tribus clientes n’ont pas toutes le même régime politique. La Gaule est en pleine mutation économique et politique. Les intérêts de certains nobles, économiquement une force du passé s’opposent à ceux des commerçants et des artisans. Jules César profite de cettemonnaies-bituriges.2 déstabilisation. La Guerre des Gaules n’est pas le soulèvement général de tout le pays face aux romains. Vercingétorix est au contraire le représentant de cette classe sociale, l’aristocratie en perte d’influence politique. De plus, les monnaies, retrouvées dans les fossés d’Alésia, montrent que seuls les Éduens, les Bituriges, les Séquanes et bien sûr les Arvernes, sont venus à l’aide du généralissime…

  En Narbonnaise, les tribus les plus puissantes sont les Volques du Languedoc et les Allobroges du Dauphiné. Les Rutènes du Rouèrgue et les Gabales du Gévaudan possèdent de nombreuses mines d’argent. Au sud-ouest, l’Aquitaine est peu celtisée hormis quelques enclaves dans la région de Bordeaux et d’Agen. Marseille et Narbonne commerce aussi avec la Bretagne, la Grande-Bretagne actuelle. Les textes nous parlent des activités des marchands méridionaux rapportant, après un long cheminement à travers la Gaule, l’étain qu’ils sont allés chercher en Bretagne.

  La Gaule du Nord est habitée par des peuples celtes dits « Belges ». Les Nerviens interdisent absolument l’importation du vin et de tout autre produit de luxe. Ils méprisent la cavalerie et préfèrent combattre à pied. Les Ambiens, s’étendent sur les deux rives de la Somme. Les Atrébates d’Arras et les habitants d’Amiens sont réputés pour la fabrication de leur cucullus, le manteau gaulois à capuche.

 

A l’ouest, l’Armorique, la Bretagne actuelle, entretient des contacts privilégiés avec l’Ile de Bretagne. Parallèlement, son réseau d’échange se développe avec le Sud. Le massif armoricain est très riche en minerai de fer. De nombreux habitats, pour l’extraction du sel marin, sont installés le long de littoral. Les Vénètes et les Osismes sont les tribus principales. Les Vénètes, aux navires de chênes et aux voiles de cuirs, occupent tous les ports et lèvent des péages sur ceux qui naviguent dans leurs eaux. Ils passent aussi pour de grands éleveurs de chevaux. Nantes abrite les Namnètes, la Normandie les Aulerques.

 

  C’est la Gaule chevelue qui abrite les Gaulois proprement dits. Cette étrange dénomination lui vient de l’étendue de ses forêts où poussent le hêtre, le chêne, le pin et le sapin. Les Gaulois nourrissent leurs porcs de glands et savent extraire la résine des conifères.

 

  Au IIe siècle (av. J.C.), les Arvernes qui étendent leur domination sur une grande partie du pays sont « les maîtres  de la Gaule ». En -121, Bituitos, leur roi, tente de s’opposer, sans succès à la conquête du midi. Leur empire est alors démantelé, mais ils restent encore très puissants. Jules César met longtemps avant d’oser les attaquer. En -52, les Arvernes décident de rompre l’encerclement que le Romain a organisé autour de leur territoire, d’entraîner leurs clients et de profiter de l’agitation pour organiser un soulèvement général. Ils confient la direction des opérations à un jeune noble, Vercingétorix, qui tente de rallier toute les tribus.

  En Bourgogne, les Eduens, grands rivaux des Arvernes, sont très tôt les « frères, amis,Gaulois et Carnyx alliés » des romains. Cette amitié, qui leur a été beaucoup reprochée, n’est motivée que par un intérêt économique puissant. En effet, les Eduens s’enrichissent du commerce qu’ils font avec les Romains. Leur capitale, Bibracte, est un oppidum de très grande importance. Après la victoire de Gergovie, la capitale des Arvernes, une partie de l’Aristocratie, notamment chez les Eduens, sentant les Romains en perte de vitesse, lâchent César au cours de l’assemblée générale des Gaulois à Bibracte qui devient le centre de la résistance gauloise. C’est pourtant dans cette ville que Jules César écrira « De Bello Gallico » (La Guerre des Gaules) pendant l’hiver -52, -51.

  Encerclé à Alésia, capitale des Mandubiens, en pays Eduen, Vercingétorix se rend à César.

 

  Le sel est abondant chez les Séquanes, qui tirent leur nom de Sequana, la Seine. Leurs salaisons sont extrêmement réputées.

  La forêt des Carnutes est le centre de la Gaule et le siège du culte druidique. Cebanum, leur capitale, sert d’entrepôt aux céréales avant qu’elles ne repartent par bateau. L’insurrection gauloise de décembre /janvier -52 est donnée à partir de Cebanum par Conconnetodommus qui y dirige le massacre de tous les négociants romains installés dans cette ville.

  Certaines tribus par leur position géographique jouent le rôle de carrefour. Avaricum, la capitale des Bituriges, est une des plus belles et plus riches cités de la Gaule. Vercingétorix, qui prône la tactique de la terre brûlée, décide de l’incendier. Il cède à la supplication des Bituriges de n’en rien faire. Après un siège de 25 jours, Avaricum tombe entre les mains de Jules César. Hommes, femmes, enfants et vieillards sont massacrés.

  Lutèce, la capitale des Parisii, est le principal carrefour du Nord de la Gaule. Cette petite cité jouit d’une prospérité exceptionnelle. Située aux confluents de la Marne et de l’Oise, elle contrôle la route de l’étain britannique sur la Seine et s’enrichit des péages qu’elle lève.

  Au nord-est, les Trévires, « des cavaliers particulièrement réputés pour leur bravoure », sont influencés par les Germains.

 

   Le Midi de la Gaule

 

  Coutumes et modes de vies sont bien particuliers à ces populations locales sous influences celtiques, grecques, ibères. Les maisons sont en pierres sèches ou liées avec de l’argile, recouvertes parfois d’un enduit. Les murs sont rarement en briques. Des sanctuaires que l’on appelle celto-ligures sont ornés de riches peintures. Des crânes humain y sont cloués ou enchâssés dans des portiques. Des sculptures de pierre nous laissent le souvenir de guerriers héroïsés assis et d’animaux.

  Au VIe siècle, des marchands grecs d’Asie mineure, des Phocéens, fondent Massilia. Cemassaliacomptoirs comptoir permanent, un emporion, dirigé par une oligarchie marchande, n’est pas une colonie à proprement parler. Marseille aux IVe et IIIe siècles avant Jésus Christ, développe ses relais économiques, étend son influence en créant des comptoirs sur tout le littoral, et en Languedoc. Ses plus grands établissements sont Agde, Antibes et Nice. Les sites perchés se multiplient, la culture grecque se répand dans ce monde qui s’hellénise. Les Phocéens introduisent de nouvelles pratiques agricoles inconnues en Gaule Chevelue. Les paysans apprennent à cultiver la vigne et l’olivier. Marseille s’allie à Rome dès le IIIe siècle, ouvrant ainsi la voie à la conquête romaine. Mais la Provincia lui fait de la concurrence déloyale. Au Ier siècle, le vin italien éliminera complètement le vin massaliote de tous les marchés gaulois. Jusqu’à sa prise par César en -49, Massalia restera un état indépendant, actif et prospère.

  Au VIe siècle, la future Narbonne, qui entretient des relations commerciales avecnarbonnaise Marseille, est la capitale des Elisyques. Saliens, Ligures et grecs vivent dans des villes et des comptoirs. C’est justement cette puissance économique et cette position géographique qui conduisent les Romains, en 120, à y établir la plus ancienne colonie hors d’Italie. En 118, des colons s’installent dans la campagne environnante de cette Provincia qui s’appelle désormais la Narbonnaise, du nom de sa capitale Narbo Martius. Le Roussillon, le Languedoc, les Cévennes, la Provence, une partie de la vallée du Rhône et des pré-Alpes font dorénavant parties du territoire romain. Cet axe Narbonne/Toulouse libère ainsi les Romains de la tutelle massaliote pour la pénétration de leurs produits en Gaule du Nord. Cette province assure la protection des communications avec l’Espagne riche en métaux et contrôle le trafic de l’une des places les plus importantes de la méditerranée. Déclarée province consulaire en -60, son premier magistrat n’est autre que Jules César. C’est à partir de la Narbonnaise qu’il envahit la Gaule indépendante.

 

Source : Fiches Pédagogiques du Musée des Antiquités Nationales

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 10:27

  Au cours de l’hiver 54-53 avant Jésus Christ, Ambiorix entre dans l’Histoire. Celui dont le nom « Ambi » (double) et « rix » (roi) signifie roi de deux pays s’oppose à l’envahisseur romain avec succès. Dans un premier temps…ambiorix

 

  César vainqueur partout a concentré six légions (c’est-à-dire pratiquement toute son armée) chez les Belges, pour leur quartier d’hiver.

  Mais le pays n’est pas très riche et, en outre, les Romains y ont commis beaucoup de ravage au cours des deux années écoulées… Aussi les vives manquent-elles.

 

  Cela contraint le général à espacer ses divers corps, pour mieux assurer leur subsistance. Six camps sont aménagés, correspondant chacun à une légion : chez les Bellovaques (Beauvais), les Ambiens (Amiens), les Neviens (Flandre et Brabant), les Morins (Boulonnais), les Rèmes (Reims), et les Éburons (Ardennes belges).

  La ville de Tongres se nommait Aduatuca. C’était une petite cité celtique. César y avait installé la plus forte garnison de son dispositif de contrôle, commandée par l’un de ses meilleurs officiers, nommé Quintus Titurius Sabinus, assisté de détachements implantés autour, sous les ordres de Lucius Aurunculéius.carte-gaule-belgique

 

  À vrai dire, Jules César considérait les Éburons comme sans danger, et n’était préoccupé que par la proximité de la grande tribu celte des Trévires (Luxembourg et Rhénanie), hostile à la mainmise romaine sur la Gaule.

  Il ignorait tout de ce qui se tramait réellement en pays éburon. Celui-ci était curieusement gouverné non par un mais par deux rois : Ambiorix et Catuvolcos.

  César essayait de les dresser l’un contre l’autre, par un jeu subtil. Mais en réalité, tous deux étaient tombés d’accord pour préparer un soulèvement, afin de libérer leur patrie commune.

  À l’insu des espions à la solde des Romains, ils s’étaient rencontrés dans la forêt, en compagnie des Druides, afin de tout mettre au point… Au bout de cette rencontregaulois 3 importante, ils avaient obtenu l’encouragement d’Indutiomar, roi des Trévires, qu’ils étaient parvenus à contacter sans que l’occupant l’apprenne.

  Brusquement un soulèvement eut lieu. Les patrouilles romaines quadrillant le pays furent partout assaillies et anéanties par les insurgés éburons. Puis, des milliers de guerriers s’attaquèrent au camp de la légion. Ambiorix et Catuvolcos étaient à leur tête.

 

  Toutefois, ils échouèrent devant les retranchements et encerclèrent alors la place. Celle-ci pouvait tenir longtemps, car elle disposait de vivres pillés sur le pays.

  C’est alors qu’Ambiorix eut recours à une ruse. Il proposa une entrevue, faisant croire aux chefs romains que toute la Belgique s’était soulevée, et que partout les légions étaient assaillies et vaincues. Dès lors, Sabinus craignit de se retrouver isolé en territoire hostile et voulut savoir si les Éburons le laisseraient rallier le reste des armées romaines.

  Le chef éburon accepta car il lui fallait à tout prix, pour espérer le vaincre, attirer l’ennemi en terrain découvert, hors de ses retranchements. Dès le lendemain matin, les Romains évacuèrent leur camp. Mais à moins d’un kilomètre de celui-ci, ils se virent entourés par les éburons au fond d’une vallée encaissée. Toute issue avait été bloquée. La bataille eut lieu, opiniâtre et féroce : les Romains étaient dominés.

  Ambiorix commandait les attaquants. Il s’empara de tous l’état-major ennemi, qu’il massacra ! À la nuit tombée, la légion de Sabinus et de Cotta était complètement anéantie. Quinze cohortes avaient péri dans les Ardennes.

 

  À la suite d’une victoire de cette ampleur, l’exaltation des patriotes celtes fut immense…Campagne Ambiorix-54 Le succès allait en effet au-delà de leurs espérances. En une semaine, les éburons achevèrent la libération complète de leur pays.

  Ils furent alors rejoints par les guerriers de la tribu des Aduatuques, leurs voisins, que César avait mis à mal deux ans plus tôt.

  Peu après, ce furent les Ménapiens (dans les bouches de l’Escaut, au nord de la Belgique et au sud de la Hollande actuelle) qui vinrent rallier Ambiorix.

  À la tête de cette armée celte, ce dernier pénétra alors dans le pays des Nerviens (Flandre française et Brabant belge). En avançant, il faisait fuir devant lui les unités romaines, libérant les zones dans lesquels il progressait.

 

  Les Nerviens, jadis vaincus par Rome, se soulevèrent et vinrent grossir les rangs… Tant et si bien qu’il eut bientôt 60 000 guerriers belges à ses côtés.

  Une telle force lui permettait désormais de frapper l’ennemi de façon plus directe. Il se mit donc en marche contre les cantonnements de Quintus Cicéron, commandant de l’armée romaine en pays nervien (près de Charleroi).

  Le siège du camp ennemi fut entrepris. Cependant, alors que ces évènements ce déroulaient, César se trouvait avec des troupes dans le pays des Ambiens. C’est là qu’il apprit la nouvelle des désastres successifs qu’Ambiorix avait infligés aux troupes romaines.

  Il aurait voulu prendre Ambiorix en étau. Mais celui-ci apprit à temps l’arrivée des troupes de César. Flairant le piège, il leva le siège du camp de Cicéron et tenta d’intercepter l’armée qui arrivait du sud.

 

  L’endroit où les combattants s’affrontèrent était néanmoins favorable à César, qui parvint à battre les Belges. À l’issu de la bataille, et selon une attitude typiquement celtique, les troupes belges se désagrégèrent, chacun retournant chez soi !

  Il faut voir dans cette inaptitude à maintenir leur unité jusqu’à la victoire finale, la grande cause des défaites historiques des peuples celtes.

  Plus au sud, les Trévires, conduits par leur roi Indutiomar, avaient pris les armes, conformément à l’accord conclu avec Ambiorix après la victoire d’Aduatuca. Ils avançaient dans le pays des Rèmes, leurs ennemis traditionnels, lesquels étaient alliés aux Romains. Mais en apprenant la dispersion de la coalition militaire belge, ils s’arrêtèrent brusquement et firent demi-tour.

 

  César mit à profit l’éclatement de la coalition d’Ambiorix pour refaire ses forces, afin de reprendre l’offensive au printemps. Ce temps fut utilisé pour amener trois nouvelles légions mais fut perdu par les Belges, qui paraissent avoir été d’une insouciance incroyable face au péril pourtant imminent et prévisible. Seuls les Trévires tentèrent de rassembler tous les patriotes, y compris les guerriers des tribus celtes en Germanie, en prévision de la prochaine guerre d’indépendance.

  À la fin de l’hiver -53, César avait achevé la concentration de ses renforts.

  Il commença par punir les Nerviens d’avoir rallié Ambiorix, en massacrant beaucoup et en déportant plus encore en esclavage. Puis il mena ses opérations plus au sud, chez les Carnutes et les Sénons, qui avaient eu une attitude favorable à l’insurrection belge. Enfin, il s’en prit aux Ménapiens. Ambiorix était désormais complètement isolé. La vengeance de César était prête.

 

  On était au printemps. Toutes les tribus qui s’était jointes aux Éburons, disloquées, avaient été écrasées les unes après les autres par César. Les Éburons étaient terrorisés, n’osant plus bouger, attendant que l’inéluctable vengeance s’abatte sur eux.

  C’est dans ces circonstances que la cavalerie romaine arriva sur leur territoire. Elle avait pour mission de s’emparer à tout prix d’Ambiorix. Son clan se sacrifia, retardant l’ennemi et lui permettant de justesse de s’échapper.

  À grand peine, il se refugia dans la forêt. Mais bientôt, après ce raid de cavalerie, dix légions romaines pénétrèrent en pays éburon. Elles incitèrent les peuples voisins, appauvris et affamés du fait des restrictions romaines, à se jeter sur les Éburons, pour participer au pillage.

 

  La nation toute entière s’enfuit dans les bois pour échapper à l’horreur. On les traquaitsuicide-gaulois comme du gibier. Catuvolcos se suicida pour ne pas tomber entre les mains des Romains.

  Beaucoup d’Éburons, hommes, femmes et enfants, se voyant encerclés, se poignardèrent pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi. Ici et là, des groupes purent être capturés… On les vendit aux marchands d’esclaves romains. Où finirent-ils leurs jours ?

  Ambiorix échappa à toutes les traques. Dix fois, on faillit se saisir de lui… Dix fois, il passa à travers les mailles du filet. Finalement, il franchit le Rhin, avec quatre cavaliers.

 

  Durant une année, les recherches demeurèrent vaines. Puis, lors du soulèvement général de Vercingétorix, le « Sanglier des Ardennes » fit sa réapparition.

  Il rallia dans les forêts, les hommes de la nation éburonne, survivants proscrits, et entreprit avec eux de mener la guérilla contre l’occupant.

  Et lorsque tout fut vain, il s’échappa encore et disparut, au fond de la vaste et impénétrable forêt de la Déesse Arduinna, qui donna son nom au massif des Ardennes.

  Jamais il ne se rendit. Jamais il ne fut pris.

  Voilà pourquoi le Belges le considèrent encore, plus de deux mille ans après, comme un symbole de liberté.ambiorix2

 

Source : Magazine Keltia N° 11

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