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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 07:26

La bataille d’Alésia n’est pas terminée ! La récente ouverture en Bourgogne, au pied du mont Auxois, du nouveau Muséoparc Alésia, à Alise-Sainte-Reine ranime à propos de l’emplacement su site une controverse qu’on croyait éteinte depuis belle lurette. Où diable l’oppidum des Mandubiens perchait-il ? Jules César, avec son habituelle désinvolture géographique, nous a laissé dans le flou.175.jpg


Vers 1860, l’empereur Napoléon III passionné d’histoire et d’archéologie charge le colonel Stoffel – son aide de camp et archéologue favori – d’entreprendre la première fouille systématique d’Alise-Sainte-Reine. Alise avait toujours été considérée comme l’antique Alésia : des moines l’avaient noté dès le IXe siècle, sur la foi de la tradition orale. Et l’on avait glané tant de vestiges sur la colline, du XVIIe siècle au début du XIXe – dont, en 1839, la superbe inscription en gaulois portant l’indication « in Alisiia » - que le doute n’était pas de mise. Une savante « Commission de de la topographie des Gaules », créée tout spécialement, s’était même assurée que le site d’Alaise (à l’est d’Arc-et-Senans, dans le Doubs) n’était pas un concurrent sérieux, malgré les armes de bronze qu’on y avait trouvées.

Pourtant la contradiction est toujours active. Les ennemis politique de Napoléon III veulent lui donner tord, et comme celui-ci finance dès 1862 un petit musée, les villages qui prétendent eux aussi abriter l’antique champ de bataille, crient à l’imposture. On affirme par exemple, que les très nombreuses armes et monnaies trouvées à Alise, ont été cachées là tout exprès. Cette accusation ne tient pas car à l’époque des premières découvertes, les connaissances du monde gaulois étaient  très faibles, et même parfois, -concernant leur usage du fer par exemple – inexactes. Or, d’éventuels faussaires n’auraient pas manqué de commettre quelques anachronismes. De plus, l’étude minutieuse des notes et plans des fouilles, qu’on a longtemps cru perdu après la chute du régime, a permis de confirmer l’honnêteté et la rigueur scientifique des archéologues impériaux…

 

Une quarantaine de contre-propositions  n’en ont pas moins été avancées au fil du temps, fondées sur des similitudes de topographie et/ou de toponymie : Alaise, Salins-les-Bains, Izernore en Savoie, Mandeure dans le Doubs, Novalaise dans l’Ain, Guillon dans l’Yonne, etc… Aujourd’hui encore, les tenants d’une hypothèse jurassienne, à Chaux-des-Crotenay, se font entendre. Mais après tout, et c’est pour cela qu’il est indispensable d’accepter la critique, la contradiction et de laisser la liberté de faire des recherches historiques quelque soit le sujet ; peut-être trouvera-t-on un jour la preuve irréfutable qu’Alise-Sainte-Reine n’est pas Alésia.

Cela serait tout de même une sacrée surprise, car en deux grandes campagnes de fouilles espacées de plus d’un siècle, on a découvert à Alise le plus gros arsenal militaire romain176.jpg et (surtout) celtique jamais découvert sur un champ de bataille. Des centaines de fers de lance, des dizaines d’épées, de glaives, de casques, d’umbos, d’innombrables pointes de flèches, traits de balistes et boulets, sans oublier les clous des semelles des légionnaires, les chausse-trapes, et les redoutables aiguillons piqués dans le sol. On a même trouvé un lambeau de tente de cuir, préservé par miracle au fond d’un fossé humide. La photographie aérienne, elle a permis de retracer presque entièrement la double ligne fortifiée de César, respectivement 15 et 21 kilomètres de long, avec ses tranchées, ses portes, ses postes fortifiés, ses campements et ses tours de bois dont restent les trous de poteaux. Les grandes sécheresses de 1976 ou 2003 ont rendu service dans ce domaine : le blé jaunit toujours moins vite sur un fossé comblé. Quant aux quelques zones encore invisibles, elles devraient être bientôt révélées grâce à la télédétection par laser, un système qui ignore les pentes et les étendues boisées.

 

Il est important de rappeler que César ne réalisa de tels ouvrages qu’à Alésia, sachantmonnaie-bronze-alesia.jpg qu’il allait être pris en tenaille. Un dernier élément complète les indices favorables à Alise-Sainte-Reine : + de 700 pièces de monnaies ont été découvertes dans et autour de l’oppidum. Les archéologues y reconnaissent d’une part la solde des légionnaires, de l’autre le trésor de guerre gaulois. Parmi les pièces provenant de différentes tribus gauloises, on a retrouvé des pièces d’une grande rareté : il s’agit de monnaie de siège, de celles que l’on émet dans l’urgence, sur du métal de moindre valeur, avec probablement la promesse de les échanger si l’aventure tourne bien. Celle-ci sont à l’effigie de Vercingétorix, frappées sur du bronze avec un coin prévu pour l’or. Un coin[1] qui suit le chef partout où il va !

 

[1] L’interprétation des trouvailles d’Alise-Sainte-Reine par Jean-Baptiste Colbert-de-Beaulieu

L'examen des faciès permet certaines datations et peut être appliqué rétrospectivement aux trésors les mieux connus. Le cas d'Alésia fournit un exemple parlant. Les découvertes numismatiques faites lors des fouilles d'Alise-Sainte-Reine sous Napoléon III (474 monnaies gauloises trouvées dans les fossés de Grésigny, dont 134 d'argent) purent être comparées à d'autres faciès, notamment celui du trésor de Villette (commune de Saint-Laurent-du-Pont, Isère) découvert en 1919 et dont la date d'enfouissement est postérieure à 43 av. J.-C. Les deux faciès étant quasiment identiques, démonstration fut faite que les trouvailles d'Alésia étaient cohérentes et authentiques, contrairement à ce qu'affirmaient bien des détracteurs du site d'Alise, car il était impossible aux fouilleurs du Second Empire de créer un faux en anticipant d'un siècle sur la méthodologie numismatique. Il s'agissait d'un élément de poids dans la localisation du siège d'Alésia. L'étude des coins (monétaires) révéla aussi qu'à Alise des bronzes de Vercingétorix furent frappés en utilisant le coin destiné aux monnaies d'or, cas exceptionnel que Colbert de Beaulieu interpréta comme un symptôme de la situation de crise que fut le siège.

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 06:04

Il y a en France 7 965 rues de l'Église (et 5 755 Place de l'Église)* ce qui fait de cet odonyme le plus répandu de notre pays. Viennent ensuite les Grande Rue (3 943), rue du Moulin (3 566), Place de la Plaine (3 430), rue du Château (2 963), rue des Écoles (2 779) etc.

Les rues qui indiquent la proximité d'un édifice datent pour un grand nombre du Moyen Âge. En effet, à cette période les dénominations répondaient à une logique fonctionnelle : le nom de la voie était en rapport avec le lieu qu'elle dessert, ce lieu étant religieux ou civil : « rue de l'Église », « place du Marché », « rue du Moulin », etc.

Les XVIIe et XVIIIe siècles marquèrent une rupture avec le Moyen Âge et la dénomination fonctionnelle. Les voies portèrent alors le nom des Grands du royaume (ce procédé aurait été inspiré par Sully) : « place Louis-le-Grand » (pour Louis XIV), « rue de Condé » (pour la maison de Condé)...

La Révolution Française occasionna de nombreuses débaptisations, puis durant l'Empire, on revint souvent en arrière (retour des rues Saint-Antoine, de l'Église, etc.) et apparition de rues portant le nom de généraux et de victoire militaire (rue de Wagram, rue Ney , etc.)

À la fin du XIXe siècle, la guerre franco-prussienne de 1870 et l'annexion de l'Alsace et de la Moselle par l'Allemagne, incitèrent de nombreuses communes à créer des boulevards de Strasbourg, de Metz, d'Alsace-Lorraine, etc.

Au XXe siècle l'éclectisme domine. Les courants principaux sont les personnages célèbres, les régions géographiques et les pays (« rue de Colmar », « avenue du Japon », « route de Paris », etc.) et enfin les références à la nature (« allée des Roses », « rue des Alouettes », etc.).

Aujourd'hui, on dépense surtout du temps, de l'énergie et souvent l'argent du contribuable, à dénicher les rues portant le nom de personnages dont l'action ou l'opinion ne correspond pas aux canons de l'idéologie politique dominante. (voir Révolution Française)

 

Il est donc tout à fait logique de retrouver dans nos rues des traces de nos ancêtres gaulois.


Rue d'Alésia  à Paris[1], à Montigny-le-Bretonneux(78), à Aulnay-sous-bois, Livry-Gargan, à Bobigny(93), à Saint-Avé(56), à Crans(39), à Carcasonne(11), à Lure(70), ou à Caudebec-lès-Elbeuf(76).

Rue de Bibracte à Château-Chinon(58).

Rue des Gaulois à Pfastatt(68), à Juvisy-sur-Orge(91), à Sausheim(68), à Vigneux-sur-Seine(91), à Geispolsheim(67), à Landes-le-Gaulois(41), à Chécy(45), à Plouhinec(29), à Grentzingen(68), ou à Dijon(21). Avenue des Gaulois à Jullouville(50).

Rue des druides à Senantes, Maillebois et Chartre(28), à Gruchet-le-Valasse etRUEDRUIDES.jpg Caudebec-lès-Elbeuf(76), à Gretz-Armainvilliers(77), à Saumur(49), à Les Sorinières(44), et à Évreux(27). Avenue des druides à Saint-Pierre-Quiberon, Carnac(56), à Roquebrune-sur-Argens(83), à Apt(84), à Saint-Grégoire(35), à Nantes(44), à La Roche-Blanche(63).

Rue de Gergovie  à Paris[2], à Aubière, Ceyrat, La Roche-Blanche, beaumont, Cournon-d'Auvergne, Lempdes, Romagnat(63), à Chécy(45), et à Agen(47).

Rue des Arvernes à Sorinière(44), à Fontaine-lès-Dijon(21), à La Roche-Blanche, Brassac-les-Mines(63), à Coren(15), à Montigny-le-Bretonneux(78), et à Saint-Chély-d'Apcher(48).

Rue des Sénons à Auxerre.

Rue des Atrébates à Athiès(62) et Allée des Atrébates à Saint-Laurent-Blangy(62)

Rue des Carnutes à Millançay, et Chaumont-sur-Tharonne(41), à Meslet-le-Grenet et Fontenay-sur-Eure, et à Chartres(28), à Saint-Arnoult-en-Yveline(78), à Pithivier-le-Vieil et à Orléans(45).

Rue des Éduens à Autun et Broye(71).

Rue des Parisii à Rungis(94), à Saint-Arnoult-en Yvelines(78).

Rue des Pictons à Rezé(44)

Rue des Vénètes à Vannes, Sarzeau, Plescop, Monterblanc, Surzur, Damgan, Locminé, Saint-Gildas-de-Rhuys, Plougoumelen(56), à Saint-Nazaire(44).

Rue des Sequanes à Thise(25).

Rue des Nerviens à Landrecies(59).

Rue des Bellovaques à Beauvais(60).

Rue de Brennus à Saint-Denis(93), à Sens(89).

Rue Vercingétorix à Paris[3], à Venarey-les-Laumes et Dijon(21), à Aubierre, Beaumont, La Bourboule, Perignat-lès-Sarlières, Ceyrat, Orcet, Romagnat, La Roche-Blanche(63), à Béziers(34), à Juvisy-sur-Orge(91), à Houilles, Montigny-le-Bretonneux(78), à Reims(21), à Eaubonne(95), à Cognac(16), Neung-sur-Beuvron(41), à Vitry-sur-Seine(94), à Vierzon, Saint-Florent-sur-Cher(18), à Langeac(43), à Saint Flour(15). Avenue Vercingétorix à Bordeaux(33), à Clermont-Ferrand, Riom(63), à Aulnay-sous-Bois(93). Boulevard Vercingétorix à Brioude, Craponne-sur-Arzon(43), à Courpière(63), à Argenteuil(95). Square Vercingétorix à Rennes(35).

Une rue Vercingétorix existait à Casablanca (Maroc), dans le quartier des Roches-insolite-maroc05.jpgNoires. Cette rue s'appelle aujourd'hui rue Versain-Getorex. Jusqu'en 1956, année où le Maroc est devenu indépendant, les écritaux étaient uniquement en français. Ensuite, le bilinguisme français-arabe est apparu dans les rues, donnant lieu parfois à des noms fantaistes.



 

 

* source Wikipédia

[1] La rue d'Alésia sur Scripta Manent

 

 

Sources : Noms et nombre de voies les plus représentées en France, laposte.fr _ Dictionnaire Historique des rues de Paris, Jacques Hillairet éd. Les éditions de minuit

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 05:04

 

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:12

L'eau sur le site d'Alésia : la contrainte hydrogéologique lors du siège de 52 avant Jésus-Christ

 

L’occupation humaine sur le Mont-Auxois (Côte-d’Or), plateau naturellement protégé par des falaises, est attestée depuis le Néolithique. Les travaux archéologiques menés depuis le milieu du XIXe siècle ont permis une bonne connaissance des installations anthropiques sur cette commune d’Alise-Sainte-Reine. La mise en évidence de fortifications de siège de typologie tardo-républicaine autour du Mont-Auxois et l’identification d’un camp occupé par Titus Labienus ; la présence lors de ces événements d’une coalition gauloise à forte proportion d’Arvernes[1] ; la découverte du plus grand arsenal antique retrouvé en Europe, sont quelques-uns des éléments de la démonstration scientifique qui a conduit à l’identification du site comme celui du siège d’Alésia (Napoléon III, 1866 ; Le Gall, 1989 ; Reddé, Von Schnurbein dir., 2001 ; Reddé, 2003).

 

Afin de bien comprendre une situation militaire comme celle-ci, connaître l’environnement du siège est essentiel. Si la publication originale concernant l’aspect environnemental du lieu est due à l’étude de la région par J.-J. Collenot en 1873 (Collenot, 1873), c’est l’abbé Joly (1966) qui a réalisé les premiers relevés géologiques du Mont-Auxois. Ils ont été affinés par la suite lors de la réalisation de la carte du BRGM au 1/50 000 (Jacquin, Thierry, 1990). Les formations superficielles ont été identifiées par ce même abbé quand il définit le système géomorphologique de base de corniche (Joly, 1968) : ces blocs effondrés le long des versants du Mont-Auxois ont ensuite fait l’objet d’une cartographie précise (Petit, 1989). Le contexte environnemental du siège a été plus spécifiquement étudié lors des recherches franco-allemandes de 1991 à 1997 sur les travaux césariens (Petit, 2001), mais le fonctionnement hydrogéologique n’y a été abordé que succinctement. Cet élément revêt pourtant un intérêt tout particulier concernant la relation de l’homme à son environnement. La question de l’approvisionnement en eau en fonction des contraintes naturelles auxquelles ont été confrontés les hommes est un point capital dans une situation comme celle du siège de 52 av. J.-C.

 

Même si le cycle hydrologique n’est pas connu durant l’Antiquité puisque c’est Bernard Palissy qui le premier l’esquissera en 1580 dans son « Discours admirable de la nature des eaux et fontaines tant naturelles qu’artificielles » (Audiat, 1868), dès le premier siècle av. J.-C. Vitruve explique la formation des sources par la pénétration dans le sol des eaux de pluie, considérant déjà qu’elles sont arrêtées par une « couche de pierre ou d’argile » (Vitruve, VIII, I, 2). Un siècle plus tard, Pline indique bien que l’eau se mêle à la terre et que son tracé est complexe (Pline, II, 66). Ces données hydrogéologiques empiriques seront reprises plus tardivement par Palladius, qui précise qu’« il faut examiner la nature du terrain pour pouvoir juger de la quantité et de la qualité des eaux »(Palladius, IX, 8). Quelles que soient les hypothèses émises sur la nature et l’origine des eaux souterraines, elles sont très tôt exploitées (puits, captage…) (Viollet, 2005) et font l’objet, en particulier dans le monde romain, de nombreux travaux (Gros, 1996 ; Adam, 2008). D’un point de vue militaire, l’accès à l’eau est souvent abordé dans les traités et récits antiques, et en ce qui concerne la Guerre des Gaules, César le confirme en particulier par la stratégie employée à Uxellodunum (infra : partie II).

 

  I. Les contraintes naturelles

 

I. 1. Géologie et climat

 

Le Mont-Auxois (407 m) et les plateaux d’altitudes équivalentes de son entourage immédiat – la montagne de Flavigny, le mont Pennevelle, la montagne de Bussy et le mont Réa – appartiennent à la région du « haut-Auxois ». Appelée également « Auxois des plateaux », elle est constituée de tables calcaires en lanières orientées NW-SE dominant d’étroites vallées aux pentes marneuses incisées par les cours d’eau. Au pied du Mont-Auxois, seulement relié au plateau par le col du Pennevelle, s’écoulent en direction de l’ouest les deux rivières responsables de son isolement, l’Oze au nord et l’Ozerain au sud. En aval, la plaine alluviale s’élargit, atteignant près de 4 km (fig. 1).img-1.jpg

     Fig. 1. Vue aérienne du site d’Alésia vers l’est, avec position des rivières et des sources de l’aire visible. Cliché du fond : R. Goguey, vol du 10.12.1995.

 

Cette région est soumise à un climat intermédiaire entre le climat océanique et le climat semi-continental de latitudes tempérées (Marceaux, Traboulot, 1994). Les températures, basses pendant l’hiver avec une moyenne du mois le plus froid à 2° C, sont moyennes à fortes en été avec une moyenne du mois le plus chaud à 18° C. La pluviométrie moyenne annuelle dans ce secteur est de 850 mm. Sur les 97 ha du plateau l’apport annuel d’eau correspond ainsi à un volume moyen de 824 000 m3.

 

Bien définir la lithologie est essentiel car c’est la série stratigraphique qui détermine le fonctionnement des réservoirs hydrogéologiques. La géologie générale du site est constituée d’une dominante de marnes liasiques dans les vallées, surmontées de faciès calcaires sur les plateaux (fig. 2 et 3).img-2.jpg

          Fig. 2. Carte géologique du site d’Alésia. C. Petit 2001.img-3.jpg

          Fig. 3. Coupe géologique du Mont-Auxois.

 

Le substrat des vallées alluviales est formé des marnes micacées du Carixien et du Domérien. La base des pentes des vallées est constituée sur plus de 100 m d’épaisseur de marnes du Lias et à mi-pente affleurent 10 m de calcaire argileux à Gryphea Gigantea du Domérien.

 

Ces derniers sont surmontés par des argiles calcaires toarciennes de 40 à 50 m d’épaisseur. Au-dessus, la série calcaire du Jurassique moyen détermine les falaises de près de 40 m qui ceinturent le Mont-Auxois. Ce niveau bajocien moyen se présente sous la forme d’un calcaire orangé à entroques en partie inférieure, surmonté de calcaires à polypiers. Sur le plateau, des marnes à Ostrea Acuminata, dont le taux d’argile atteint 65 %, revêtent un faciès plus calcaire sur quelques intercalations ; elles sont d’une épaisseur maximale de 10 m. Enfin, la série lithologique du sommet est franchement calcaire, constituée de calcaires argileux et hydrauliques bathoniens, sur des épaisseurs de 5 à 20 m selon la topographie.

 

La série géologique présente un pendage général de 1-2° vers le nord-ouest ; sur le Mont-Auxois, une faille d’orientation SW-NE abaisse d’environ 10 m la partie orientale du plateau.

 

Ce substratum géologique est recouvert par des sols quaternaires peu épais et par endroits par des systèmes de bases de corniche (Joly, 1968) ; des blocs plus gros, détachés du plateau calcaire, forment des ressauts sur la pente. Leur glissement détermine en aval un bourrelet de marnes et peuvent retenir en amont des graviers cryoclastiques.

 

La suite sur le site de la Revue archéologique de l'Est.


 

[1] Et en présence de Vercingétorix, selon notamment le témoignage que représentent les monnaies obsidionales

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 06:06

En l’an 154 avant Jésus Christ, les Massaliotes, en guerre avec les tribus liguriennes du voisinage, appellent les Romains à leur secours. Ceux-ci passent les Alpes, descendent dans la Gaule transalpine, battent les tribus qui inquiétaient la colonie grecque et leur enlève quelques terres qu’ils donnent aux Massaliotes.


Trente ans plus tard, nouvelle demande des Massaliotes, nouvelle victoire des Romains contre les tribus gauloise établies entre le Rhône et les Alpes (les Salyens et les Salluviens) cette fois les Romains restent dans le pays ; le consul Sextius en l’an 123, fonde la première station romaine dans la Gaule transalpine Aquae Sextiae Aix.

En l’an 121, les Allobroges et les peuples en deçà du Rhône sont vaincus par les Romains, mais imparfaitement soumis. Rome possède dès lors en Gaule un certain territoire dont il est d’ailleurs difficile de déterminer les limites : c’est la province (provincia).116-copie-1.jpg


Peu après l’an 118, voulant assurer ses communications avec l’Espagne, Rome étend la Province dans cette direction et fonde la colonie de Narbonne, destinée comme dit Cicéron à devenir une sentinelle et une forteresse du peuple Romain dans ces contrées. Les Romains étendent bientôt leur domination jusqu’à Toulouse.

La Province (qu’on nommera plus tard Narbonensis, Narbonnaise du nom de Narbonne, sa métropole) est menacée à la fin de IIe siècle, par la terrible invasion des Cimbres et des Teutons.

 

En – 102, Marius remporte sur les Teutons la grande victoire d’Aix, puis, l’année suivante, extermine les Cimbres à Verceil. La Province et sauvée. Elle sera gouvernée pendant quarante ans par des propréteurs, ou proconsuls forts obscures pour la plupart ; l’un d’eux, Fonteius sera connu pour ses exactions, accusé, il sera défendu par Cicéron, dont le plaidoyer ne nous est hélas pas parvenu intact.


En – 59, vit s’ouvrir pour la Gaule des destinées nouvelles. À cette date, les Suèves et leur chef Arioviste viennent de s’établir en Gaule chez les Séquanes après avoir mis en déroute les Eduens, alliés de Rome. D’autre part, les Helvètes, peuple gaulois fort redoutable, opèrent une migration, considérée par Rome comme une menacent pour la vallée du Rhône. L’Éduen Divitiacus vient à Rome et obtient l’appui du Sénat contre Arioviste. La loi Vatinia investit pour cinq ans Julius Caius Caesar de l’imperium dans les provinces de Cisalpine, de Transalpine (Narbonnaise) et d’Illyrie. Le Sénat ajoute la Gallia Comata qui est à conquérir. Les Helvètes sont renvoyés chez eux et les hordes germaniques misent au pas, mais en 52, la Gaule est terrassée et à la merci des Romains.

Elle aurait pu à ce moment-là être réduite toute entière en province romaine ; mais après avoir été redoutable, César choisi d’être populaire. Il emploie le dernier hiver passé par lui dans les Gaules à visiter les cités et à se les concilier, en attirant à lui les principes et la population militaire. Il décerne aux États gaulois des titres honorifiques, ne leur impose aucune charge, et s’abstient de réduire officiellement en province romaine la majeure partie de la Gallia Comata.

 

Source : Revue Historique / Gallica.bnf.fr

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:23

 

 

En plein écran en cliquant ici.

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 07:55

I/ INTRODUCTION.

                  La bataille de -57 contre les cités belges révoltées, a été placée par le Commandant Stoffel à Mauchamp, vers 1862, parce qu’on y avait découvert un camp romain, et parce que l’archéologie et les recherches de géographie historique n’en étaient alors qu’à leurs débuts.

Cette implantation ne résiste pas, après les travaux plus récents d’Auguste Longnon et de nombreux historiens, à l’observation du terrain, et aux parallèles que l’on peut établir aujourd’hui, entre les récits anciens et la région de Berry-au-Bac.

Nos recherches permettent de proposer un site, au sud du «Chemin des Dames», sur la colline du fort de Condé, dont les caractéristiques historiques, géologiques et topographiques, répondent parfaitement aux détails des textes, et aux impératifs militaires de cet affrontement.

 

II/ LES TEXTES.

Cette bataille nous est connue principalement par deux auteurs: César (se reporter au texte B.G., II, 2 à 12), et Dion Cassius dont une traduction est donnée ci-dessous.

(...) « Les Belges qui habitaient près du Rhin, en nombreuses tribus mélangées (?) et s'étendaient jusqu'à l'océan en face de la Bretagne, bien qu'ils eussent été jusque-là en paix avec les Romains, ou du moins n'aient rien tenté contre eux, considérant désormais les succès de César et craignant aussi qu'il ne marchât contre eux, se réunirent, et, à l'unanimité, à l'exception des Rèmes, établirent des plans contre les Romains et constituèrent une coalition à la tête de laquelle ils mirent Galba.

César en fut informé par les Rèmes et il installa des postes pour les surveiller, et ensuite il mit son camp au bord de la rivière de l'Aisne où il concentra ses troupes et les maintint. Pourtant il ne se risqua pas à se rapprocher des ennemis jusqu'à ce que, par mépris pour lui et le croyant effrayé, ils entreprirent d'occuper le pont et de mettre fin à l'acheminement de céréales que ses alliés lui faisaient parvenir. Il fut informé à l'avance par des déserteurs de ce qui se préparait : pendant la nuit il envoya contre les ennemis les troupes légères et la cavalerie et celles-ci tombèrent par surprise sur les barbares et en massacrèrent beaucoup, si bien que la nuit suivante ils se replièrent tous chez eux d'autant plus qu'ils avaient appris que les Héduens les avaient envahis.

César comprit ce qui se passait, mais dans son ignorance du terrain, il ne prit pas le risque de les poursuivre tout de suite. À l'aube, cependant, prenant la cavalerie etdion cassius donnant l'ordre à l'infanterie de le suivre, il les rejoignit, et comme ils lui offraient la bataille - le croyant accompagné de la seule cavalerie - il gagna du temps jusqu'à l'arrivée de l'infanterie. Ainsi, avec son armée tout entière, il les enveloppa, en massacra le plus grand nombre et reçut la soumission des autres. Puis il s'empara de nombre de leurs villes, les unes sans combat, les autres de vive force...»

     Dion Cassus (XXXIX, 1 & 2)

 

La suite sur le site César et les Gaulois...                                                                                                                       

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 08:34

  À partir du Vè siècle avant Jésus-Christ, les Gaulois, habillés, parés de bijoux et armés pour les guerriers, sont inhumés dans des tombes rectangulaires. De nombreuses céramiques, dont certaines contenant des provisions liquides ou solides (quartiers de viande, œufs, noix) sont placées dans les sépultures.

Les guerriers de haut rang sont ensevelis en armes, accompagnés de leur char de combat à deux roues. Les éléments de harnachement des chevaux tirant ces véhicules sont présent dans les tombes, mais jamais les chevaux. Des récipients, en bronze importés d'Etrurie ou de Grèce, et utilisés lors des banquets funéraires complètent le mobilier.

Tous les morts n'ont pas le droit à une sépulture. Des squelettes sont déposés dans des silos (réserves à grain) et parfois même, surtout des enfants en bas âge sous le sol des habitations.

Des tombes collectives referment des hommes inhumés en compagnie de plusieurs chevaux dans une mise en scène indéchiffrable aujourd'hui. Des restes de chevaux, parfois abondants, peuvent être découvert à proximité des nécropoles.

Les cimetières sont plus ou moins importants. Certains sont entouré d'un enclos funéraire. Les tombes peuvent être regroupées de manière bien nette, peut-être par famille. Hommes et femmes sont parfois séparés dans des quartiers différents.

L'inhumation est rare dans rare pour les trois derniers siècles. Elle est alors réservée à des personnes jeunes, probablement non adulte socialement, mais déjà trop âgé pour être abandonnés sans soin, dans un silo.

L'incinération prédomine dès le premier siècles avant J.C.. Une ou plusieurs urnes ainsi que les cendres du défunt, sont déposées dans une cavité creusée dans la terre. Les armes ne sont plus brûlées, mais pliées en deux, "sacrifiées". Elles sont d'ailleurs extrêmement rares. Dorénavent on partait dans l'au-delà avec ses outils, témoignage de la montée d'un nouvelle classe : les artisans.

On note l'absence dans les tombes de figurations des dieux gaulois ce qui peut s'expliquer par le fait que si ces représentations étaient faite en bois, elles ont alors aujourd'hui disparues.

 

Tombe d'un aristocrate Gaulois.

 

P1020739

 

P1020737

 

  1. Corps enveloppé dans un linceul de lin.

  2. Fibule en bronze.

  3. Épée dans son fourreau avec ceinturon en cuir à anneaux et boucle de fer.

  4. Lance.

  5. Tissus en laine.

  6. Cercueil monoxyle.

  7. Vase bobine.

  8. Coupe en céramique.

  9. Écuelle en céramique.

10. Sayon.

11. Bouclier.

12. Pixyde en bois tourné.

13. Écuelle en bois avec lentilles.

14. Demi-porcelet.

15. Amphores italiques.

16. Coffrages en bois de chêne.

17. Plafond en planche de chêne.

P1020740.JPG

 

Sources : Fiche pédagogique du Musée d'Archéologie Nationale  -  Exposition "Gaulois, une exposition renversante" Cité des Sciences.

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:02

 

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 08:21

  Le Mont Beuvray, qui va accueillir la future Bibracte, fut occupée par des habitants dès le Néolithique. Mais l'oppidum n'est fondé que lors du IIe siècle avant Jésus-Christ.

Bibracte est nommée ainsi en l'honneur de la déesse qui porte le même nom.


  La première mention de Bibracte dans l’histoire a été faite par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules concernant l’année -58 et la bataille de Bibracte. Celle-ci est à nouveau mentionnée en -52 lorsque César s’interroge sur les intentions de ses alliés Éduens qui ont rejoint la révolte et couronnent Vercingétorix roi des Gaules à Bibracte. Malgré ce ralliement, César traita la cité avec ménagement après sa victoire à Alésia. Il y séjourna même durant l'hiver 52/51.

 

     L'oppidum.


  L'oppidum Eduens est formé d'un rempart extérieur  qui protège une surface de 200 hectares. Entre 5 000 et 10 000 habitants vivaient sur cette surface. Mais avec le temps, la ville fut rétrécie et un rempart intérieur, plus petit donc que le premier mais aussi plus facile à défendre, fut construit avec les matériaux du rempart extérieur. Bibracte est passé de 200 à 135 hectares, ce qui donne tout de même 5km de remparts. Ce mur intérieur fut rénové cinq fois par les Eduens. D'une hauteur de 5 mètres, il était précédé d'un fossé de 10 mètres de large et 4 mètres de profondeur !Plan_Bibracte.png

   Une quinzaine de portes étaient étalées sur les remparts. Entre les deux remparts se trouvait une nécropole exclusivement réservée aux familles aristocrates. Une autre nécropole (d'1,5 hectares) était à disposition du peuple et 70 enclos funéraires étaient disponibles. Les défunts étaient incinérés.

   Bibracte avait aussi une importance artisanale. Des mines d'extraction ont vu le jour sur les massifs des environs. L'étain, le fer et l'or étaient recherchés. Les ateliers de fonte des métaux se trouvaient à l'extérieur de l'oppidum. Une fois la transformation du métal réussi, celui-ci était envoyé aux ateliers de la puissante cité, où se côtoyaient donc mineurs, forgerons et frappeurs de monnaies. Un quartier de la ville était entièrement réservé à leurs ateliers.

   Au centre de la rue principale se trouvait un bassin en granit rose. Son orientation estBasin_in_Bibracte.jpg étudiée car elle correspond au lever du soleil lors du solstice d'hiver et au coucher du soleil pour le solstice d'été. Sa construction fut confiée à des étrangers de la côte Méditerranéenne.

   Le quartier du bassin était aussi celui des caves où l'on entreposait les céréales (dont les récoltes Eduennes) et les vins Méditerranéens.

   Autre quartier, plus original celui-ci, le quartier des cultes. Celtique entre autres avec un nemeton d'un hectare au sommet du Mont Beuvray. Dans cet endroit, les druides effectuaient des sacrifices d'animaux (ou de prisonniers de guerre plus rarement). Ce lieu de culte était entouré d'une palissade et d'un fossé. Cinq fontaines et une dizaine de sources étaient éparpillées à travers Bibracte. Dans certaines, des pièces ou ex-voto étaient jetés. Certaines, comme la fontaine Saint-Pierre avaient des vertus purificatrices et curatives.

  Les maisons étaient majoritairement constituée de bois et de terre,  la pierre étantbibracte-.jpg plutôt consacrée aux remparts. On retrouve cependant des constructions en pierre dans le quartier dit du Parc aux chevaux, certainement des maisons aristocratiques, et un édifice à colonne (certainement public) au niveau de la pâture du Couvent.

  Au centre du Mont-Beuvray, le plateau dit du Parc aux chevaux abrite plusieurs maisons en pierre à la romaine. On y retrouve en particulier une demeure initialement construite en bois (d'inspiration romaine) puis transformée en une véritable domus avec un atrium à impluvium, des portiques et même des thermes chauffés par hypocauste, ainsi qu'un système d'égouts. Dans sa phase finale, la demeure mesurait 55 m × 67 m, couvrant une superficie d'environ 3 500 m², soit environ quatre fois la taille des domus que l'on retrouve sur le site de Pompéi. On estime qu'il y avait environ une quinzaine de domus dans cette zone, de plus petite taille. On a retrouvé également des habitats de type villa rustica (les demeures rurales italiques). Cependant, on ne sait pas si c'était un quartier résidentiel uniquement réservé à une élite puisque les fouilles ont également révélé la présence de forges près des domus.

   Bibracte était donc une cité riche, une capitale et une puissance commerciale sans comparaison possible avec ce qu'il se faisait ailleurs en Gaule. Elle a fait la puissance des Eduens et le fait que les Romains soient alliés à ce peuple Gaulois a permis à la ville de régner en maître sur la région.

   Le géographe Strabon, qui écrit une génération après César, signale encore Bibracte comme place forte des Éduens.

  Au début du règne de l'empereur Auguste, les Romains fondèrent Autun (Augustodunum). Sœur et émule de Rome, Autun avait pour mission de remplacer Bibracte comme capitale gallo-romaine des Eduens.  Bibracte fut alors peu à peu délaissée par ses habitants. Des cultes se poursuivent cependant dans les temples et près des fontaines et les habitations aristocratiques continuent d'être entretenues. Deux hypothèses principales sont avancées quant à cet abandon progressif du site sur quelques décennies. Cette migration peut être due à des raisons économiques ou à une volonté d'intégration au modèle romain ; une partie de la classe dominante éduenne, déjà pro-romaine durant la Guerre des Gaules, a certainement pris conscience de l'importance stratégique de la nouvelle ville située sur les principaux axes de communication et a aussi voulu s'adapter au modèle romain des villes de plaines tandis qu'une population plus traditionnelle est restée un temps sur le site.

 

Sources : Jules César, Commentaires sur la Guerre des Gaules  _ Strabon, Géographie, livre IV _ Stephan Fichtl, La ville celtique, Les oppida de 150 av. J.-C. à 15 ap. J.-C., éditions Errance _ http://www.augustodunum.org/le_site.htm

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