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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 16:25

  Sur 9 000 m², une équipe d’archéologues de l’Inrap fouille, sur prescription de l’État (Drac Pays-de-la-Loire), le site de l’ancienne clinique Saint-Louis à Angers. Elle met actuellement au jour les vestiges d’un sanctuaire voué au culte de Mithra, dieu d’origine indo-iranienne. Le mithraïsme est probablement introduit dans l’Empire  par les militaires romains et les marchands orientaux et se  répand à la fin du Ier siècle. Ce culte était particulièrement populaire dans les armées, essentiellement chez les soldats et les centurions bien que quelques légats soient attestés. Beaucoup d'esclaves et d'affranchis comptaient également parmi ses fidèles. Les sénateurs et chevaliers semblent par contre avoir été assez réticents à adhérer au mithraïsme. Les femmes en étaient probablement exclues bien que cela ne soit pas absolument sûr. 
  Ce culte à mystères séduit d’abord les élites, puis se diffuse dans toutes les couches de la société. Concurrent du christianisme, il est fortement combattu et finalement interdit par l’empereur Théodose en 392.

  Peu d'éléments sont connus sur le contenu du mithraïsme et les valeurs qu'il véhiculait. On suppose, à l'heure actuelle, que les valeurs d'amitié et de loyauté étaient primordiales. Seules deux scènes de la geste de Mithra sont actuellement bien connues et identifiées: sa naissance et la tauroctonie.

mithra

  Mithra, qui s'est créé lui-même à partir de la roche (on dit pétrogène), est à la fois primogenitus et autogenitus. Cette scène est représentée sur de nombreuses statues.

La tauroctonie est sans conteste la scène la plus représentée dans les sanctuaires du dieu, qu'il s'agisse de sculptures, de bas-reliefs ou de fresques. Il semble qu'après avoir chassé le taureau, Mithra l'ait rattrapé et tué. Le sacrifice du taureau serait à l'origine de la vie, le sang de l'animal fertilisant la terre.

  Les fidèles devaient subir une initiation pour être pleinement accepté parmi les plus fervents fidèles. Les initiés portaient chacun un grade bien précis: corbeau (corax), fiancé ou jeune marié (nymphus), le soldat (miles), le lion (leo), le Perse (Perses), l'Heliodrome (Heliodromus) et le Père (Pater). Ces grades sont principalement attestés en Italie, notamment par de nombreuses inscriptions et la mosaïque du sanctuaire de "Sette Sfere" à Ostie..

  Contrairement à d'autres divinités sémitique ou égyptienne, Mithra était un dieu aryen. Son culte s'exerçait initialement dans des grottes naturelles (pour rappeler celle où Mithra tua le taureau, symbole du mal d'où jaillit cependant la vie, force vitale destructrice et créatrice), ce qui explique que l'on construisait des temples exigus et sans fenêtres, à l'image d'une caverne.

  Le succès de ce dieu oriental dans l'Empire romain ne remonterait selon Plutarque qu'au premier siècle avant Jésus-Christ : après la campagne menée par Pompée Contre les pirates de Cicilie (sud-est de l'Asie mineure), son culte fut importé à Rome par des légionnaires.

  Les vestiges des temples dédiés à Mithra sont souvent découverts non loin des casernes - dans les vallées du Rhin et du Danube notamment.

  Le mithraïsme connaît son apogée dans l'Empire romain au IIè et IIIè siècles, sous une forme romanisée, sans doute éloignée de sa version iranienne.

  Né d'une source et d'une pierre sacrée, déjà coiffée du bonnet phrygien, Mithra aurait donc rencontré et tué le taureau primordial, acte fondateur de la vitalité-virilité du monde, mais il était aussi le dieu de l'accord-cosmique. Étant lumière, il devient par syncrétisme avec d'autres cultes solaires le "soleil invaincu" (sol invictus).

  Son culte faillit sous Aurélien, devenir le culte officiel de l'Empire mais il sera fort heureusement supplanté par le christianisme sous Théodose, même si Julien l'apostat ou "l'usurpateur Eugène" tentèrent de le restaurer.

  Ce qui explique son échec, c'est son élitisme, son "machisme" dirait-on aujourd'hui, et son culte du secret. Religion réservée à une élite masculine, il ne pouvait prétendre atteindre l'universalité chrétienne.

  Les chercheurs supposaient que cette partie d’Angers était occupée dès le début de notre ère, sous le règne d’Auguste. Les axes urbains, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest) d’un îlot d’habitats, sont visibles sur le chantier, notamment le decumanus avec fossés et trottoirs. Celui-ci vient d’être daté d’une époque très précoce pour Angers : les années 10 avant notre ère. À la fin du Ier siècle, une ou deux demeures (domus) sont édifiées dans l’îlot. Ces riches maisons décorées possèdent colonnades et système de chauffage par le sol (hypocauste).  Un incendie ravagea une grande partie des bâtiments du quartier.
  Au moins dès le IIIe siècle, un bâtiment rectangulaire excavé est installé au nord-ouest du site. Son architecture est celle d’un mithræum, édifice voué au culte de Mithra. Ces temples apparaissent comme de petites chapelles voûtées où se déroulent les banquets et sacrifices dédiés à Mithra. Leur voûte peinte est généralement décorée d’un ciel étoilé. À Angers, des tambours de colonnes, peut-être bases d’autel ou socles de statue, émergent. Les sanctuaires dédiés au dieu comportent toujours un bas-relief représentant la divinité coiffée de son bonnet phrygien. Envoyé par le dieu suprême, il égorge un taureau, symbole du mal,  qui par son sang donne naissance à la vie. La fouille des décombres antiques de la rue René Brémond révèle aujourd’hui des éléments de ces statues peintes : fragments d’un bas-relief du dieu Mithra avec notamment des éléments des dadophores (porteurs de torches) et du miles (porteur de lance), associés à un riche mobilier du IVe siècle.

  De nombreuses monnaies (environ 200) et fragments de céramiques, ainsi que des lampes à huile complètes, les morceaux d’un rare lustre en terre cuite aux figures de Nubien, une fibule cruciforme en bronze caractéristique des fonctionnaires du IVe siècle, des restes de faune où dominent les os de coqs (met privilégié dans le banquet cultuel), un exceptionnel vase ansé zoomorphe en grande partie conservé sont dispersés à l’intérieur et autour du temple.
  Sur un gobelet en céramique sigillée fabriqué dans les ateliers de Lezoux (Puy-de-Dôme), figure une dédicace gravée avant cuisson offerte par  un certain Genialis dans la première moitié du IIIe siècle : « DEO [INVIC]TO MYTRH[AE]…/…]VS GENIALIS CIVES MA […]VS EXVOTO D[ …/…]RIBVS OMNIS LOCO OMNIS  (…) » : « Au dieu invaincu Mithra,]us Genialis, citoyen de…, a offert en ex voto (ce vase) ».
  Un fragment de tuffeau ouvragé, décoré de palmettes, porte dans un cartouche une inscription en grec sur quatre lignes qui a été en partie déchiffrée. Elle  indique une dédicace effectuée par un dénommé Theophilos d’origine orientale au profit de Retituitos, nom à consonance gauloise.
  La richesse du mobilier, la conservation des vestiges, l’importance de l’épigraphie, l’absence jusqu’à aujourd’hui de découverte de mithræa dans l’ouest de la France offrent aux archéologues de l’Inrap des perspectives de recherche inédites touchant à la fois aux domaines de l’archéologie, de l’histoire de l’art et des religions. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l’histoire d’Angers et le début de la christianisation au IVesiècle. Après Bordeaux, Strasbourg, Biesheim, Septeuil, Tirlmont (Belgique), Martigny (Suisse), Rome et Ostie, Angers s’inscrit désormais dans l’inventaire restreint des mithræa connus en Europe occidentale.
  Mithra en Perse à survécu dans le zoroastrisme, mais comme un dieu parmi les autres et non plus le dieu premier d'un monothéisme solaire. Le temple d'Angers prouve cependant la vitalité dans la Gaule romain, comme dans tout l'empire du dieu aryen et tauroctone dont la fête principale était fixée... un 25 décembre.
 
 
Source : Inrap
 

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 16:10

 A Rosières-aux-Salines (Meurthe et Moselle), sur une zone de sable s’étendant sur plus de 150 hectares, une gigantesque nécropole gallo-romaine a dernièrement été retrouvée. Près de 300 tombes ont à l’heure actuelle été recensées, de nombreuses autres attendent encore impatiemment qu’on les découvre. Les spécialistes sont absolument convaincus qu’une ville antique dense, comme le Toul de l’époque, devait se trouver à proximité. Or, nul écrit n’en fait mention. La mystérieuse cité reste donc à exhumer. Les archéologues pensent que ses vestiges doivent être enfouis sous la forêt qui jouxte la zone sableuse. La ville disparue devait certainement être située à un important carrefour commercial portant sur le sel, l’or blanc lorrain. La découverte de vases funéraires en provenance d’Italie en est la preuve.

Le problème, c’est que le site a été trop vite classé sans intérêt. Depuis, l’État français, bien embarrassé par l’ampleur et le caractère exceptionnel de la découverte, fait la sourde oreille, faute d’avoir provisionné les 800 000 euros nécessaires pour financer une nouvelle campagne de fouilles qui devrait durer deux ans. Si ces fonds ne sont pas débloqués, le site sera recouvert et 90% des vestiges seront perdus. Pourtant, pour sauver ce qui peut encore l’être, les archéologues envisagent de protéger les sépultures par une bâche géotextile, puis de les ensevelir sous un mètre de terre. Le maire de Rosières a décidé d’entamer une longue marche pour sensibiliser les élus du secteur. Pour le moment en vain. La découverte a beau être exceptionnelle, c’est d’ailleurs la plus importante de ces trente dernières années, les fouilles seront recouvertes avec un remblai spécifique avant d’être abandonnées.
C'est notre patrimoine, notre histoire comment peut agir ainsi alors que des millions sont gaspillés dans des opérations qui n'interessent personne et sont sans lendemain !

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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 14:07
Sidoine Apollinaire (Caius Sollius Apollinaris Sidonius) est né en 430 à Lyon.
Issu d'une illustre famille arverne des Gaules, ses poèmes et ses lettres nous fournissent un témoignage unique et intéressant sur l'Auvergne du Vème siècle, sur les mœurs et les positions politiques de l'aristocratie gallo-romaine au sein des nouveaux royaumes barbares. 
Il fut préfet de Rome en 468, puis évêque de Clermont en 471.
Sidoine Apollinaire est mort en 486, à Clermont.

Dans une de ses lettres, il parle de Burgondes :

"Je vis au milieu des hordes chevelues ! J'ai à supporter le langage germanique; je dois applaudir, malgré mon humeur noire, les chansons du Burgonde gavé, qui s'enduit les cheveux de beurre rance. Heureux tes yeux et tes oreilles, heureux aussi ton nez, toi qui n'a pas à subir l'odeur de l'ail ou de l'oignon infect que renvoie dès le matin la cuisine de ces barbares !"

                                Le royaume burgonde dans la deuxième moitié du Ve siècle

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:12

Signalés pour la première fois au milieu du IIème siècle, les Francs dont le nom signifie "hardis" ou "libres" sont une confédération de peuples germaniques installés sur les rives du rhin.
Originaires du nord de l'Europe, les Francs ne formaient donc pas, à l’origine, un peuple uni, mais étaient divisés en plusieurs tribus.
Les Francs étaient souvent enrolés par les romains, comme mercenaires dans leurs armées, et cela bien avant les les invasions germaniques du IVème siècle.
Ce peuple était avant tout un peuple de guerriers qui élisait un chef de guerre, nommé roi des Francs, qui exerçait son autorité sur son territoire. Tous se plaçaient alors sous son autorité.
.
"Les guerriers francs étaient extrêmement adroits au maniement des armes. En dehors de l'épée, du coutelas, du poignard, ils utilisaient la francisque, la framée et l’angon. La première leur servait à commencer le combat. C’était une hache à manche court, qu’ils jetaient sur l’ennemi en visant la figure. La framée était une lance en bois terminée par une pointe plate en fer. Quant à l’angon, javelot de fer dont la pointe était munie de crochets afin qu’elle pût s’attacher solidement, tantôt ils le lançaient au bout d’une corde et essayaient de tirer à eux celui qu’ils avaient atteint, tantôt, quand ils combattaient de près, ils le fichaient dans le bouclier de l’adversaire et, pesant de tout leur poids sur le bout qui pendait, ils forçaient l’ennemi à se découvrir et à s’offrir sans défense à leurs coups. »

Grégoire de Tours






                                            Guerriers Francs

Les attributs du guerrier Franc :
                                               
Lance : cette arme offensive (appelée aussi framée) dotée d’un embout de fer emmanché sur une hampe de bois devient un angon (petit javelot) quand sa pointe est munie de deux crochets redoutables. Ils se fichent profondément dans le bouclier qui est déséquilibré et oblige l’adversaire à se découvrir.

Francisque : hache de jet avec un côté en S et que le guerrier franc lance en la faisant tournoyer dans les airs afin d’atteindre sa cible (souvent le crâne de l’adversaire !) avec plus de force.

Scramasaxe : épée courte (60 cm), à un seul tranchant, souvent portée dans un fourreau avec un coutelas, c’est l’arme la plus fréquente du chef qui trouve, à travers elle, l’autorité qui lui est rattachée.

Epée longue : arme de poing à deux tranchants, elle est appelée spatha et se distingue de l’épée courte,  également à deux tranchants, appelé semispatha.
Bouclier : de bois ou de cuir, la bosse centrale ou cache-poing, appelée l’umbo, est souvent la seule partie retrouvée lors de fouilles archéologiques.

Fibule : cette épingle de métal ferme les vêtements sur l’épaule ou les rattachent entre eux. En bronze ou en fer, elle peut être incrustée de pierres ou de métaux précieux comme le sont les plaques-boucles.

Plaque-boucle : les plaques de ceinturon se composent d’une plaque et d’une contre-plaque. La qualité de ces éléments permet de déterminer le rang social de l’individu et donne un aperçu du haut degré de technicité des artisans mérovingiens. Pour fabriquer une plaque-boucle, l’orfèvre plaque une mince feuille d’or ou d’argent sur le métal. Puis, il incruste les fils d’argent ou de laiton dans des rainures incisées à la surface du métal. C’est la technique de la damasquinure. Inspiré de l’artisanat romain mais aussi du monde scandinave, le style mérovingien décline les décors animaliers, les motifs géométriques et les entrelacs. A partir du VIe siècle, les décors, symétriques, représentent souvent des animaux couplés ou affrontés.






   Au IIIème siècle, les Francs participent aux grandes invasions barbares (257), aux côtés d'autres peuples qui pénètrent dans l'Empire romain.
En 355, une armée franque s'empare de Cologne (allemagne). Une autre ravage la Toxandrie (actuel Brabant, région de Belgique). Elle est matée par le futur empereur Julien.
En 358, Julien offre un foedus* aux Francs qu'il avait stoppé, qui leur accorde le droit de s'installer en Toxandrie avec charge pour eux de défendre ce territoire.

Au moment de leur instalation sur les rives du Rhin, les Francs s'étaient séparés.
Les Francs restés sur la rive droite du fleuve sont appelés les Francs ripuaires, ceux qui franchirent le fleuve sont les Francs saliens.
Ce sont les Saliens qui obtinrent le statut de lète* au près de Rome.
 En 406, profitant du fait que le Rhin était gelé, plusieurs peuples germaniques (Vandales, Burgondes , Suèves, Alains) franchissent massivement le fleuve et envahissent la Gaule, malgré la résistance acharnée des garnisons de Francs saliens. Après avoir pillé la Gaule, les envahisseurs passent les Pyrénées en 409. Les Vandales franchiront le détroit de Gibraltar en 428, envahissant l'Afrique du Nord.

En 412, encouragé par les Romains, des Wisigoths s'établissent dans le sud de la Gaule.
Et en 413 ce sont les Burgondes qui s'installent entre la Suisse et le Rhône.

En 428, Clodion, le roi des Francs saliens apprend que le général romain Aetius a prélevé beaucoup de soldats des territoires du nord de la Gaule pour combattre ses ennemis les Wisigoths. Il en profite alors pour s'emparer de Tournai, de Cambrai et contrôle tout le pays des environs jusqu'à la Somme.
Mais en 431, le général Romain et son lieutenant Majorien attaquent à leur tour Clodion et reprennent les territoires annexés par les Francs. Clodion, qui n'est pas préparé à l'affrontement, est contraint de fuir et perd tout ce qu'il avait conquis sur l'Empire romain en deçà du Rhin. Cependant, conscient qu'il n'a pas les moyens militaires pour occuper à nouveau le territoire, Aetius préfère négocier la paix et conclut avec Clodion un fœdus* qui fait des Francs, des foederati* combattant pour Rome, et les autorise à s'installer dans l'Empire.

En 432, Tournai devient la capitale des Francs saliens.

Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 448. Son fils Mérovée est reconnu chef par les Francs saliens.

* http://dossierstorique.over-blog.com/article-30063311.html

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 18:30
BASILIQUE : Originellement, dans l'Empire romain, tribunal impérial.

CITES : Les cités étaient des territoires de dimensions variables correspondant à ceux des anciennes tribus gauloises. Il y en avait une centaine.

DEDITICES : Guerriers germaniques faits prisonniers à qui l'on accordait la vie sauve à condition qu'ils cultivent des terres vides.

DIOCESE : Circonscription administrative et juridique de l'empire romain. Plus tard, circonscription écclésiastique.

FOEDERATI : Tribus germaniques autorisées par l'empereur à se fixer à l'interieur des frontières de l'Empire, en conservant leurs lois et leurs coutumes, en échange du service militaire.

FOEDUS : Traité d'alliance conclu entre les romains et un peuple germanique qui constitue des lors une armée tribale au service de l'Empire, tout en conservant ses lois et ses coutumes. Les fédérés (foederati), constituent au Vè siècle l'essentiel de l'armée romaine.

GENTILES : Unités régulières de l'armée romaine formée de "barbares".

IMPOTS : L'impôt romain est levé partout sous deux formes, foncier (jugatio) et par tête (capitatio). Son paiement est effectué par trois tiers provisionnels. Comme les militaires, les membres du clergé sont exemptés d'impôts. Il existe par ailleurs, des corvées et des réquisitions en nature. La recette de l'impôt est assurée par les membres de la curie municipale (les curiales) responsables sur leurs biens  personnels.

LETES : Les Lètes sont des soldats germaniques servant Rome à titre héréditaire, en échange de quoi, ils reçoivent, avec leur famille, l'autorisation de s'implanter en Gaule avec attribution de terres.

MILITIA : Corps de fonctionnaires, base de l'administration impériale. La militia togata (les civils), la militia armata(les militaires) et, à partir de 392 (quand le christianisme devient la religion officielle et unique de l'Empire), la militia christi qui désigne le clergé.

PREFET DU PRETOIRE : Les préfets du prétoire sont quatre au Vème siècle. Ce sont les plus hauts fonctionnaires de l'Empire. Celui qui dirige la Gaule, l'Espagne et la Grande-Bretagne siège à Trèves (Allemagne) jusqu'en 407 puis en Arles.

PROVINCIALES : Gens des provinces régis par les lois romaines (droit public et privé). Ce sont eux que nous appelons "Gallo-romains" par opposition aux esclaves et aux "barbares".

RECTEUR : Gouverneur civil d'une province romaine. Les Gaules comptent dix provinces au Vème siècle.

RES PUBLICA : L'état romain, régi par les lois, qu'il soit impérial ou républicain.

SOLIDUS : Nom du sou en or créé par Constantin. Il pèse 4,55 g et constitue l'étalon monétaire de base.

VICAIRE : Haut fonctionnaire romain qui remplace le préfet impérial en cas d'absence.

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 02:08

  C'est durant le IIème siècle que l'empire romain est à son apogée. C'est un siècle de paix et de prospérité pour cette partie du monde. Les villes sont les plaques tournantes de la civilisation romaine. Le latin est la langue la plus parlée de l'Empire.
                                                Extension maximale de l'empire romain d'occident

  Mais à partir du siècle suivant, l'Empire d'Occident va connaître un lent déclin économique, qui contribuera à sa chute finale.

  Alors que les peuples germaniques franchissent frèquemment les frontières de l'empire, Rome doit faire appel à des mercenaires barbares, car de plus en plus de cityoyens romains refusent d'effectuer le service militaire.
Le 24 août 410, les Wisigoths d'Alaric 1er mettent à sac la ville de Rome. C'est un grand choc pour les romains qui s'inquiètent de l'avenir.
  En 418, réalisant qu'il devient toujours plus difficile de repousser les assaillants Germains, l'empereur Honorius accorde aux Wisigoths, des terres dans une partie de l'Aquitaine. Toulouse deviendra leur capitale. 
  A la mort du faible Honorius, c'est Valentinien III qui devient le nouvel empereur d'occident. Avec l'aide du général Aetius, Valentinien lutte pour enrayer la progression des barbares. L'illustre général romain parvient à contenir successivement les assauts de chaque peuple. Il repousse les Wisigoths chez eux, refoule les Francs vers le nord et la rive droite du Rhin, puis écrase les Burgondes.
  Enfin, à la tête d'une armée très largement composée de guerriers barbares alliés, il chasse les Huns de Gaule.

  En 455, le roi Vandale Genséric pille Rome durant 15 jours. Les habitants fuient et toutes les richesses de la ville sont raflées : cet événement est vécu comme une véritable profanation par l’opinion qui craint la « fin du monde ».

  Majorien, empereur d'occident de 457 à 461, est à la fois bon stratège et un législateur lucide. Alors qu'il fait preuve de bon sens pour sauver l’Empire, les sénateurs le renversent, exaspérés par sa politique fiscale qui est pourtant le seul moyen pour maintenir une armée efficace.

  Il n'y a pas de loi de succession pour les empereurs et les assassinats se multiplient entre les différents candidats romains auxquels il faut ajouter des candidats barbares que la présence massive dans les armées romaines a rendu ambitieux.
  Le déclin s'accélère, la société romaine est sclérosée par l'oisiveté de ses membres. Les romains ne pensent plus qu'à leurs loisirs, les jeux en particulier pour lesquels ils dépensent beaucoup d'argent.
  Or, l'enrichissement de l'aristocratie romaine ne provient que du butin des invasions, et non d'un quelconque esprit d'entreprise : l'arrêt des conquêtes est un mauvais coup pour l'économie de l'empire, et les revenus du commerce ne suffisent pas à financer l'administration et les garnisons. La pression fiscale devient alors insupportable !
 Bien qu'indispensable à la survie de l'empire, les sénateurs romains bloquent systématiquement toute réforme qui pourrait nuire à leur confortable situation, compromettant ainsi toute possibilité de redressement.
  Pendant que des empereurs fantoches aux moeurs dépravées se succèdent, les chefs barbares, qui ont pris goût au pouvoir étendent leurs domaines.
  L'instabilité politique et la faiblesse du pouvoir ne permettent plus de protéger les larges surfaces cultivées. L'une des principale richesse de l'empire est ainsi abandonnée.
  Avec l'affaiblissement du pouvoir central, les empereurs perdent le contrôle des frontières et des provinces, ainsi que de la mer Méditerranée après que les Vandales se soient emparés de la province d'Afrique. 

  En octobre 475, Flavius Oreste qui dirigea les troupes barbares confédérées qui constituaient l’armée impériale d’Italie, installe son fils Flavius Romulus Augustus sur le trône impérial.
  Ce dernier est un tout jeune adolescent au moment de son élévation à l'Empire, et il n'est qu'un pantin aux mains de son père. Peu après cette prise de pouvoir, Oreste refuse de donner des terres pour l'installation des Hérules, des Skires et des Torcilingi, une décision qui engendre leur révolte sous le commandement du chef des Skires, Odoacre. Oreste est capturé à Pavie le 28 août 476 et promptement exécuté.
  Odoacre avance alors sur Ravenne, se rend maître de la cité et s'empare du jeune empereur. Romulus est forcé d'abdiquer le 4 septembre 476.
  Dépouillé de ses insignes impériaux, il est éxilé par Odoacre avec l'accord du Sénat romain.
Le chef des Skires envoie alors les insignes impériaux à l'empereur d'Orient, Zénon, lequel le gratifie en retour du titre de roi d'Italie.
  L'empire romain d'occident n'existe plus. Il n'y a dorénavant plus qu'un empereur, celui de Constantinople.

  En Gaule, malgré la déchéance du pouvoir impérial, les structures administratives et militaires sont restées en place. Les barbares qui s'installeront sur ce territoire adopteront sa langue, le latin, et embrasseront sa religion, le christianisme.

La chute de Rome

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28 février 2009 6 28 /02 /février /2009 10:17


 

 

. [Pourquoi ces invasions ? (richesse de la Gaule). Les envahisseurs : les terribles Huns; les Vandales; les Burgondes qui sentent l'huile et le beurre rance; les Francs. Gravure : Costumes; armes; dévastation.]

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 18:02

                                    5. -- LA MAISON CARREE DE NIMES *.

          Les prêtre gaulois, les druides,adoraient leurs dieux au fond des forêts. Les prêtres romains adoraient les leurs dans des temples. L'un des plus beaux est la maison carrée de Nimes. Elle existe encore aujourd'hui.

          Récit.. -- La vie d'un noble dans la Gaule romaine. -- Dans la Gaule romaine, le riche, le noble habite un palais. On y trouve de belles pièces, des salles de bains, des bibliothèques, de frais jardins où jaillissent des jets d'eau. Le maître fait un signe : des esclaves se hâtent de le servir. Craint-il de s'ennuyer ? il monte à cheval. Il joue à la paume, aux dés. Surtout, il va à la chasse. Derrière les chiens de sa meute qui aboient furieusement, il poursuit le cerf, le loup, le sanglier, l'aurochs**.


                                                           La Maison Carrée de Nimes

          
          * Monument emblématique de la ville, construit au tournant de l'ère chrétienne, entre -16 et -12 par le général et homme politique Marcus Vipsanius Agrippa (gendre d'Auguste), la Maison Carrée est le seul temple de l'antiquité à être complètement conservé. Le temple était dédié aux petits-fils de l'empereur (les enfants de sa fille Julia et d'Agrippa, constructeur du temple) : les Consuls et chefs militaires Lucius Caesar et Caius Julius Caesar, morts en 2 et 4 après J.-C., devenus ses fils adoptifs après leur adoption.

          Ce petit temple romain, l'un des temples les plus célébres et les mieux conservés du monde romain, surélevé sur son haut podium, dominait le forum, centre administratif et cœur économique de la ville antique. Un portique, dont on peut encore observer la base des colonnes sur la place attenante, entourait la Maison Carrée et s’étendait bien au-delà vers le nord, figurant ainsi l’emplacement du forum nîmois.


          Elle devint une église au Moyen-Âge puis un musée des arts antiques aujourd'hui. La Maison Carrée est situé place de la Maison-Carrée dans le centre de Nîmes.

** L'aurochs est un bovidé (famille de mammifères ruminants et herbivores) disparu, ancêtre des races actuelles de bovins domestiques (vache).

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19 février 2009 4 19 /02 /février /2009 23:19

 

          A partir du IVème siècle alors que l’Empire Romain d’occident domine la majeur partie de l’Europe, des peuples germaniques vont franchir les frontières de l’Empire et s’emparer de territoires par la force.

          Les peuples germaniques sont en majorité originaires de Scandinavie. Les Goths, les Alamans, les Francs, les Burgondes, les Vandales ente autres se sont installés en Europe centrale et en bordure de l’empire romain.
          En 295, les goths se divisent, en effet après avoir été battu par l’armée Romaine ils signent un traité d’alliance qui leur accorde des terres en Dacie (en Roumanie). Les Goths qui restent sur leur ancien territoire, en Ukraine, sont alors appelés Ostrogoths, les Goths de l’est, et ceux qui s’installent à l’ouest sur les nouveaux territoires aux abords du Danube deviennent les Wisigoths, les Goths de l’ouest.
          En 357, puis en 378, les Alamans attaquent les Romains mais l’armée de l’Empire est trop forte pour les Alamans.

         
          Du côté de l’Europe centrale un peuple originaire d’Asie sème la panique parmi ses voisins, les Huns.

Terribles guerriers, impitoyables combattants, ils écrasent les Ostrogoths en 375. Devant cette menace les Wisigoths passent le Danube. Ne pouvant alors s’entendre avec les Romains, ils les affrontent à plusieurs reprises et en 410 s’emparent momentanément de Rome puis prennent le contrôle de l’Aquitaine où ils s’installent en 413.

         
          Les Francs basés sur les rives du Rhin cherchent à leur tour à pénétrer sur les terres voisines de l’Empire mais n’y parvenant pas ils demeurent dans le nord de la Gaule et sur la frontière du Rhin, devenant ainsi les plus fidèles alliés de Rome pendant tout le IVème siècle.

          En 406 ébranlés à leur tour par les assauts terribles des Huns, les Vandales, les Suèves, les Burgondes et les Alains se regroupent vers le Rhin sans que les services secrets romains ne s’en aperçoivent. Et brusquement le 31 décembre profitant que le Rhin était gelé au confluent du Main, ils le passent en force au nombre d’environ 150 000. Les garnisons Romaines dont les effectifs avaient été allégé ne tiennent pas sous le choc. Une déferlante germanique s’abat alors sur les voies romaines.

          Reims, Amiens, Arras, Boulogne, Tournai sont pillées dans une grande violence, toutefois habituelle à cette époque. Puis les guerriers germaniques franchissent la Loire, massacrant les populations. Ils descendent encore vers le sud ouest mais ne pouvant dans un premier temps passer les Pyrénées, ils tournent en tous sens dans la Gaule, tuant et pillant.


          En 409, les Vandales principalement, passent les Pyrénées, soumettent l’Espagne par le fer, tuant et pillant à nouveau. Ils franchissent en 428 le détroit de Gibraltar et font la conquête de la Numidie (l’Afrique du Nord), en s’emparant d’Hippone où Saint Augustin, évêque de la région meurt pendant le siège de la ville.
         Les Vandales s’installent autour de Carthage (Tunisie). Ils pillent dans tout les alentours de la Méditerranée, persécutent les chrétiens et répandent l’Arianisme leur religion, en Afrique.

          L’Arianisme est la religion principale des germains, bien que condamné par le concile de Nicée en 325 comme hérésie. Cette version du christianisme, initié par Arius, un prêtre chrétien d’Alexandrie, ne considère pas le Fils, seconde personne de la Trinité, comme étant d’essence divine parce qu’engendré.

L’Arianisme a été enseigné aux peuples germaniques par Ulfila, qui avait vécu à Constantinople à l’époque où ce courant religieux se répandait.


          En 413 les Burgondes s’installent en Gaule, sur un territoire allant de la Suisse au sillon Rhodanien (aux environs de Lyon).


          Avec l’accord des autorités romaines, en 430, les Francs de Clodion le chevelu s’avancent jusqu’à Cambrai, puis poussent jusqu’à la Somme. Et deux ans plus tard Tournai devient la capitale des Francs Saliens.


          En 448 les Burgondes s’établissent en Savoie, et les Bretons, peuple celte de l’ouest de la future Angleterre commencent à s’installer en Armorique.
 

          Au Vème siècle les invasions de peuples germanique se succèdent donc en Gaule.
          Mais grâce à ses qualités de diplomate et de stratège, Aetius le représentant de Valentinien III, l’empereur romain d’occident, limite les incursions des barbares, les repoussant souvent vers leurs territoires grâce à l’aide de mercenaires, parmi lesquels figuraient des guerriers de peuples alliés, comme les Francs, souvent sollicités pour leur loyauté. Aetius, fin négociateur va même jusqu’ à incorporer des guerriers Huns dans ses rangs.

         
          En 451 les Huns, qui jusqu’ici semaient la terreur en Europe de l’est changent d’objectif et se dirigent vers la Gaule.

          Les Huns se sont installés au IIème siècle au nord de la mer Noire puis plus tard dans les steppes de l’Oural. Mais leur civilisation rudimentaire les obligeait à aller chercher chez les autres ce qu’ils n’étaient pas capable de produire eux même, et il faut bien dire qu’ils ne produisaient pas grand chose.

           Amien Marcellin, général romain, nous décrit les Huns:

          "Les dépassent en férocité et en barbarie tout ce qu'on peut imaginer. Ils labourent de cicatrices les joues de leurs enfants pour empêcher la barbe de pousser. Leur corps trapu, avec des membres supérieurs énormes et une tête démesurément grosse, leur donne un aspect monstrueux. Ils vivent d’ailleurs comme des animaux.”
          "Ils ne font cuire ni n'assaisonnent leurs aliments,
vivant de racines sauvages et de viandes mortifiées sous leur selle. Éternellement nomades, ils sont rompus des l’enfance au froid, à la faim, à la soif. Leur troupeaux les suivent dans leurs migrations traînant des chariots où leur famille est enfermée. C’est là que leurs femmes filent et cousent leurs vêtements, enfantent et élèvent leurs enfants jusqu’à la puberté. Demandez à ces hommes d’ où ils viennent, où ils sont nés, ils l’ignorent.”

          “Dans les batailles ils fondent sur leurs ennemis en poussant des cris affreux. Trouvent ils de la résistance, ils se dispersent, mais reviennent avec la même rapidité, enfonçant et renversant tout sur leur passage. Toutefois ils ne savent ni escalader une place forte, ni assaillir un camp retranché. Mais rien n’égale l’adresse avec laquelle ils lancent à des distances prodigieuses leurs flèches armées d’os pointus aussi dur et meurtriers que le fer.”

          On décrit les Huns comme physiquement effrayant et les recherche archéologique nous révèle ces hommes comme étant de petite taille, de type mongoloïde, dont bon nombre présentent une déformation du crâne, coutume que l’on retrouve chez d’autres peuples asiatiques, à cette déformation volontaire du crâne s’ajoute la possession fréquente d’orbites très fortes, avec des arcades sourcilières très développées, donnant à ces hommes un aspect assez hideux.

         
                                                                                        Guerriers Huns
                                                                               

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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 01:46

                           4. -- VERCINGETORIX SE REND A CESAR.
       

        A Alésia, le grand chef des gaulois, Vercingetorix, a perdu la bataille. Il se rend au général romain, Jules César, qui le fera mourir en prison.
       
        Questions.  --  1° Que savez vous de l'habitation des Gaulois ?  --   2° Comment était leur char de guerre ?   -- 3° Dites le nom du plus grand de leurs chefs -- 4° De quel général romain Vercingétorix devint-il le prisonnier ?


        RESUME. -- Il y a deux mille ans, les Gaulois ont remplacé les hommes des cavernes. Ils sont vaincus par les Romains.         



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