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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 18:48

Nizier fut évêque de Trêves de 525 à 566. De famille sénatoriale, il était probablement originaire d'Aquitaine.  Installée à la cour de Thierry Ier, il fut nommé par le roi à l’évêché de Trêves vers 525 – 526. Il mène une vie quasi monastique, s’entoure de disciples tel Arédius et, en même temps, joue un rôle important à l’extérieur. Il participe0154.jpg au concile de Clermont en 535, à celui d’Orléans en 549 et peu après envoie une lettre à l’empereur Justinien pour le conseiller dans ces discussions théologiques. Il succéde à l'évêque Sacerdos dont il était le neveu ; le 19 janvier 553. Souvent en désaccord avec les aristocrates et les rois, il est exilé  un moment par Clotaire Ier. Il revient à Trèves sous le règne de Sigebert Ier, en 561.

Il écrivit à Chlodoswinthe, reine des Lombards et petite-fille de Clovis, afin qu’elle convertisse son mari au catholicisme. C’est dans cette lettre qu’il rappelle comment Clovis a été impressionné à Tours par les miracles de Saint-Martin, ce qui le conduisit au baptême. « Tu as appris, comment ta grand-mère, la dame de bonne mémoire Clotilde, était venu en Francie, comment elle conduisit le seigneur Clovis à la foi catholique. Lui qui était un homme des plus avisés [astutissimus] ne voulut pas accepter avant de comprendre que cela était vrai. Lorsqu’il reconnut que ce que j’ai rappelé plus haut [les miracles de Saint-Martin de Tours] était vrai, il tomba humblement à genoux sur le seuil du seigneur Saint-Martin et promis de recevoir le baptême sans délai. »

Nizier, nous dit le poète Fortunat, est un grand bâtisseur. Il restaure des églises et en particulier la cathédrale. Il construit un château sur les bords de la Moselle à Mediolanum sans doute actuellement Niederemmel. Il fait aménager la crypte de Saint Maximin de Trèves dans laquelle il est enterré.

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 13:35

Malberg

Tumulus où se rendait la justice populaire des francs une fois par mois. Le thunginus, chef de la centaine, entouré des rachimbourgs* (« ceux qui prévoient les conséquences ») fait droit aux requêtes des personnes lésées. Ceux qui refusent sont déclarés maudits (weargas, c’est-à-dire « hors la loi »). Ces maudits peuvent être poursuivis et leurs têtes exposées sur un pieu. Par la suite le malberg fut remplacé par le tribunal comtal (mall).


Mall

Tribunal public. Assemblée judiciaire réunissant les hommes libres parmi lesquels lesCopie manuscrite sur velin loi saliqueVIIIèsiècle rachimbourgs ou boni vires que le comte invite à dire le droit. Ce tribunal itinérant est compétent pour toutes les affaires tant pour les barbares que pour les gallo-romains. Si un plaignant n’accepte pas le jugement énoncé par le comte et accepté par l’assemblée populaire, il peut saisir le tribunal du roi.


*Rachimbourg

Notable instruit de la loi, siégeant au tribunal du comte. Comme les boni homines, ils disent le droit et juge avec le comte. La loi salique (LVII, 1-3) et différentes formules définissent leur rôle.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 18:09

Leudaste naquit dans une famille d'esclaves dans un domaine royal (fiscus) du Poitou. Il fut admis à la cuisine du roi Caribert Ier, fils de Clotaire. Il tenta plusieurs fois de s'enfuir mais fut à chaque fois repris.

Il parvint néanmoins à obtenir la protection de la reine Méroflède, elle-même une ancienne esclave. Il devint son homme de confiance et fut élevé au rang de connétable, c’est-à-dire, responsable de l'écurie.


Vers 565, le roi démit le comte de Tours en charge, un nommé Gaiso et nomma Leudaste à sa place. Mais le roi Caribert mourrut en 567, et lors des querelles successorales qui suivirent, Leudaste prit parti pour Chilpéric Ier contre Sigebert Ier - son souverain - et dut abandonner son comté pour se réfugier auprès de Chilpéric.


En 573, il retrouva brièvement son comté. Il fit alors connaissance de l'évêque Grégoire (de Tours), nouvellement élu ; mais dut vers la fin de l’année se réfugier en Bretagne. Il récupéra son comté deux ans plus tard, mais, décidément insoumis, Chilpéric lui retira211.jpg définitivement le comté de Tours, 580.

Pour se venger et rentrer en grâce auprès du roi, il accusa, avec la complicité de l'évêque de Bordeaux, la reine Frédégonde d'adultère. Elle aurait trompé son royal époux avec l'évêque Grégoire de Tours. L'objectif était double, se débarrasser de deux de ses ennemis par un mensonge dont il espérait convaincre le naïf souverain. Mais la tromperie fut vite éventée par la torture de complices de Leudaste qui se prétendaient témoins de l'adultère.

Jugé par un concile de Berny, près de Soisson, en 581, il fut excommunié et contraint de trouver asile dans la basilique Saint-Hilaire de Poitiers. Il y commit à nouveau des exactions et en fut chassé.

Arrêté à Paris, il fut tué en 583, sur l’ordre de Frédégonde.

 

Sources : Histoire des Francs, Grégoire de Tours _ Dictionnaire des Francs, Pierre Riché éd. Bartillat

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:03

Royaume anglo-saxon le plus proche du Continent en relation avec le port de Quentovic. Lorsque la princesse Berthe, fille de Caribert, épousa celui qui allait devenir le roi du Kent Æthelberht, elle amena avec elle son chapelain l’évêque Luidhard. Elle restaura une église chrétienne à Cantorbéry, qui datait de l'époque romaine, la dédia à Saint Martin de Tours, puis y installa Luidhard.

C’est sur l’emplacement de cette chapelle que se trouve aujourd’hui l’église Saint-Martin de Cantorbéry


Æthelberht semble avoir dominé l’Angleterre en son temps : Bède le Vénérable le mentionne comme le troisième roi à exercer l’imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de bretwalda, ou « souverain de Bretagne ».


C’est peut-être l’influence de Berthe qui incita le pape Grégoire le Grand à envoyer leAugustine_Preaching_Before_King_Ethelbert.jpg moine Augustin évangéliser la Grande-Bretagne. Augustin arrive dans le Kent en 597 à la tête de la mission grégorienne. Peu de temps après, Æthelberht reçoit le baptême. Des églises sont alors fondées et sont suivies de conversions massives dans le royaume. Le roi pourvoit dès lors la nouvelle église de terres à Cantorbéry étroites, où est fondée la future abbaye Saint-Augustin.


Des relations étroites avaient cours entre le Kent et les Francs. Il existait un commerce de produits de luxe. Des sépultures du Kent ont livré des vêtements, des récipients et des armes qui reflètent l’influence culturelle des Francs. Elles révèlent une plus grande gamme de produits importés que celles des autres régions anglo-saxonnes, ce qui n’est guère surprenant, la situation du royaume lui permettant de commercer plus facilement avec le continent. En outre, les objets trouvés dans les tombes sont plus précieux et plus nombreux dans les tombes du Kent, impliquant une plus grande richesse matérielle, issue du commerce. L’influence franque apparaît également dans l’organisation sociale et agraire du Kent.

 

 

Sources : Pierre Riché, Dictionnaire des Francs (Les temps Mérovingiens) éd. Bartillat  - Barbara Yorke, Kings and Kingdoms of Early Anglo-Saxon England éd. Routledge  -  Frank Stenton, Anglo-Saxon England, éd. Clarendon Press

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:24

Les colonies juives sont importantes dans les villes de la Gaule « romaine » (Arles, Marseille, Uzès, Clermont), elles y exercent des fonctions commerciales. Elles sont protégées par les lois romaines.

Nous trouvons également des juifs en Gaule du Nord et Grégoire de Tours nous signale à plusieurs reprises leur présence. Le juif Priscus est médecin de Chimpéric, il refuse d'être converti et est tué par un juif récemment converti.

En 582, Chilpéric fait baptiser plusieurs juifs, ce qui est dans son esprit non pas un acte malveillant mais au contraire un acte de charité.

L'évêque de Clermont Avit en 576 demande au juifs sans que l'on sache précisément pourJuifs-et-chretiens.jpg quels raisons, ou de se convertir ou d'émigrer à Marseille. Fortunat consacre un poème (Carm., V, 5) à cet événement. Cela dit il ne faut pas croire que les baptêmes forcés soient la loi. L'évêque Sulpice de Bourges réussit à convertir les juifs par la douceur. Grégoire le Grand reproche aux évêques Virgiles d'Arles et Théodore de Marseille en 591 d'amener les juifs au baptême par la force plutôt que par la prédication. Il suggère d'organiser des sermons à l'intention des juifs (Epist., I, 45). Dans une autre lettre il demande à la reine Brunehaut d'éviter que les juifs possèdent des esclaves chrétiens (Epist., IX, 213).

Au VIIe siècle le Pseudo-Frédégaire nous dit que l'empereur byzanthin Héraclius écrivit à Dagobert pour lui demander d'obliger tous les juifs à accepter le baptême. Cette information ne trouve aucun écho dans les sources occidentales, ce qui laisse à penser que cette demande ne fut pas pris en considération.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps mérovingiens Pierre Riché éd. Bartillat

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 07:46

   À la veille des Grandes Invasions, l'occident romain ne pratiquait plus depuis longtemps déjà l’incinération alors que celle-ci était encore largement prédominante en Germanie libre. Les auxiliaires germaniques de l’armée romaine qui se fixèrent en Gaule au cours du Bas-Empire adoptèrent généralement la pratique de l’inhumation.

Une minorité d’entre eux, cependant, comme dans le cimetière d’Abbeville-Homblières (Aisne) demeura fidèle à l’incinération (3 cas pour 85 tombes), cette proportion étant parfois plus élevée, comme à Vireux-Molhain, dans les Ardennes (4 cas pour 47 tombes). Il est tentant d’expliquer ces exceptions par l’arrivée récentes des personnes concernées, venues de territoires où l’incinération était la règle, telle notamment la rive droite ou l’embouchure du Rhin qui était aux mains des Francs. Le même phénomène joua à nouveau, semble-t-il, lors de la conquête franque et de son organisation puisqu’on a découvert, une-necropole-bas-empire-decouverte-su-1024843.jpgmêlées aux inhumations les plus anciennes de plusieurs cimetières du nord de la Gaule (qu’il s’agisse de fondations nouvelles ou des prolongements de nécropoles du Bas-Empire) quelques cas d’incinérations. On peut citer, parmi d’autres, les sites de Vron et de Nouvion-en-Ponthieu (Somme), de Hordain (Nord), de Bulles (Oise) ou encore de Brèves (Yonne). Ces exemples d’incinérations ayant été révélées par des fouilles assez récentes, menées avec grande rigueur, on peut se demander si cette pratique funéraire, quoique minoritaire en Gaule du nord au lendemain des Grandes Invasions, n’a pas été sous-estimée jusqu’ici. En tous cas, la carte de répartition des incinérations d’époque mérovingienne, surtout denses entre l’embouchure du Rhin et la base du Jutland, prouve bien la connotation germanique de ce rite. Celui-ci devait d’ailleurs survivre longtemps encore en Germanie libre, notamment chez les Saxons. Son caractère païen manifeste le fera condamner par Charlemagne dans son capitulaire De partibus Saxonicae (782)

 

Source : Dictionnaire des Francs, les temps mérovingiens. Pierre Riché éd. Bartillat

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 13:25

  Fouillé par Joseph Decaens, le cimetière mérovingien d’Hérouvillette (Calvados), situé dans la plaine de Caen, est surtout connu par la tombe de forgeron-orfèvre qui y a été mise au jour.

  Armée d’une épée, d’une hache et d’une lance ce qui impliquait un statut d’homme libre etorfevrerie même un rang social élevé, le défunt avait emporté dans sa tombe un outillage de fer très complet, correspondant au travail du fer et des métaux précieux. On suppose donc à juste titre que personnage était un artisan itinérant, sa mort en chemin expliquant l’abandon dans sa tombe de l’outillage en parfait état qui lui appartenait. Cette découverte exceptionnelle pour la Gaule mérovingienne montre que certains forgerons (faber) et orfèvres (faber aurifex) habituellement de condition servile, pouvait être parfois des hommes libres.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps Mérovingiens - Pierre Riché _ éd. Bartillat

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:22

  En 1845 furent découverts sur le territoire de cette commune un petit calice et une patène en or, celle-ci cloisonnée de grenats, chefs d'oeuvre de l'orfèvrerie du début de l'époque mérovingienne. Ces objets remarquables avaient été cachés en même temps qu'un trésor monétaire constitué d'une centaine de sous et de tiers sous[1]d'or correspondant à des émissions échelonnées du règne de Léon Ier (457-474) à celui de Justin Ier (518-527). Ces dernières monnaies, à fleur de coin, founissent ainsi un utile terminus post quem[2]pour la date d'enfouissement de ce dépot, sous doute opéré sous le règne de Justin. La présence de ces objets liturgiques à quelques centaines de mètres de l'église de Gourdon n'est sans doute pas fortuite si l'on se réfère à la mention en ce lieu par Grégoire de Tours d'un monasterium Gurthonensis. On peut en effet envisager compte tenu de la datation haute du trésor, que l'origine de ce monastère ait été plus ancienne et que lors des expéditions franques de 523-524 ou de 534 - la datation des objets liturgiques et des monnaies les plus récentes ne permettant pas d'en décider - en Burgondie, les moines aient pris soin de dissimuler leurs biens les plus précieux avant de fuir, sans avoir eu la possibilité de les récupérer par la suite.

 

Le calice : 

  calice-gourdon

Le calice est un petit objet, haut de 7,5 cm, pourvu d'un pied tronconique, d'une panse profonde et de deux anses aviformes très stylisée : l'oiseau n'est reconnaissable qu'à son bec et au grenat qui forme l'œil. La panse se divise en une partie gaudronée au-dessus de laquelle se déploie un décor de fils d'or et de pierres (turquoises, grenats) cloisonnées taillées en forme de cœur et de palmettes.

 

 La patène :

  patene-gourdon

La patène est un objet de forme rectangulaire, de 19,5 cm de longueur pour 12,5 cm de largeur, et profonde de 1,6 cm. Elle présente une bordure couverte de grenats cloisonnées, une croix également en grenats en son centre et quatre motifs cordiformes dans les coins en turquoise.

 

[1] Pièce d'or romaine d'une valeur sûre d'où le nom solidus. Le sou pèse environ 4,70 gr.

[2]Terminus post quem / ante quem : le terminus post quem correspond à la date après laquelle une structure a été construite ou détruite, le terminus ante quem à la date avant laquelle la structure existait. Le premier est donné par l’objet le plus récent que l’on retrouve : par exemple, la dernière monnaie que l’on retrouve dans un habitat qui a été abandonné nous apprend que l’habitat en question a été abandonné après la date d’émission de la monnaie ; de même la présence dans une structure funéraire d’un objet indique que la structure est postérieure à la date de fabrication de l’objet. Le terminus ante quem nous est quant à lui donné par l’objet le plus ancien que l’on retrouve dans certaines structures : par exemple, la monnaie la plus ancienne trouvée dans un habitat nous indique que l’habitat existait avant l’arrivée de la monnaie (ce qui ne veut cependant pas dire que l’habitat est antérieur à la frappe de la monnaie, puisque les monnaies circulent pendant une longue période, et que leur diffusion après la frappe n’est pas immédiate), on peut se baser pour cela peut-être de préférence sur les éléments « constitutifs » de la structure : type de construction, décor peint, mosaïque… Ce raisonnement ne fonctionne pas pour les structures funéraires puisque les dépôts s’y font à un moment donné et pas dans la durée : on y dépose des objets qui existent déjà voire très anciens, ces objets ne nous fournissent donc pas de terminus ante quem, mais seulement un terminus post quem.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps Mérovingiens, Pierre Riché éd. Bartillat

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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 01:30

  Bien que le statut juridique de la femme mérovingienne ne la dispose pas à jouer un grand rôle, en tient en réalité une place importante dans la société. Légalement, la femme est considérée comme une mineure protégée par le mundium (protection qu’un homme puissant étend sur un faible : le père sur son enfant, le mari sur sa femme, le roi sur les veuves…) de son mari. Celui qui se marie rachète le mundium paternel par le witimon et acquière ainsi l’autorité sur sa future femme. Après cet achat plus ou moins symbolique, le mari peut donner à sa femme une dotation en biens mobiliers ou en terres. Devenue veuve, elle peut l’utiliser librement. De plus la femme mariée reçoit de son mari le morgengrabe, c’est-à-dire le don du matin remit le lendemain de la première nuit de noce. Il est considéré comme le prix de la virginité.

  femme-mérovingienne

  Le mariage légal (munthehe) est assez proche du mariage romain. Il est précédé par les fiançailles (desponsatio), cérémonie durant laquelle le mari dote sa future épouse. Il existe une autre forme d’union, le friedelehe ou concubinage, considéré comme un mariage sans desponsatio ni dotatio.

  Selon la loi salique, la femme n’hérite pas des alleux (terre en pleine propriété, qui se transmet de père en fils ; principalement parce que ces terres étant située en limite de frontières, il était préférable que leurs propriétaires soient capable de les défendre par les armes). Pourtant, dans le Formulaire de Marculf (II, 12) un père rappelle que les filles peuvent hériter comme un fils.

  Les femmes dirigent la maison et même le royaume pendant la minorité de leur fils (Bathilde, Brunehaut). Certaines reines ont été des femmes très énergiques (Frédégonde). L’Eglise, qui n’était pas favorable à ce que les femmes prennent le pouvoir, a cherché à défendre la femme et s’est élevé contre le mariage non consensuel et les rapts de filles, qui étaient une forme de mariage relativement courante dans le monde mérovingien.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les Temps Mérovingiens. Pierre Riché -

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 19:14

  Les sources écrites mérovingiennes fournissent des informations sur les échanges, dont les modalités et la nature peuvent aujourd'hui bénéficier de l'apport de l'archéologie.

  L'étude de la répartition géographique de types d'objets que l'on peut attribuer à un même atelier, notamment en raison de décors issus des mêmes matrices, permet d'identifier des échanges à caractère strictement local ou infra-régional (telle la céramique) ou inter-régional (la plupart des bijoux et accessoires vestimentaires venus de fonderies, ainsi que la verrerie).

  D'autres types d'objets, en particulier importés de Méditerranée orientale, illustrent l'existence de courant d'échanges à longue distance : ainsi ces bassins et ces pichets de bronze moulé du VIIè siècle dont la diffusion significative en Italie, en Allemagne du sud (tout au long du cours du Rhin), en Gaule (vallées de la Saône et de la Seine), en Angleterre (bassin de la Tamise), correspond aux voies commerciales terrestres et fluviales traditionnelles.

  Grâce aux textes, mais aussi à l'archéologie (tissus conservés dans les reliquaires, denrées Dolia-et-amphoresalimentaires exotiques), l'importance du commerce méditerranéen est bien connue à l'époque mérovingienne, où des bateaux de commerces orientaux, escortés au VIè siècle par la flotte de guerre byzantine en raison de la piraterie vandale accostaient à Marseille, Fos-sur-Mer, ou Narbonne, chargés d'étoffes précieuses, de parfums, d'épices, d'amphores remplies d'huile d'olive ou de vin. Ces denrées et marchandises étaient acheminées dans toutes les villes de la Gaule et jusqu'aux ports de la mer du Nord où, une partie d'entre elles, surtout à partir du VIIè siècle, étaient exportées vers les mondes insulaire et scandinave. Ceux-ci en échange fournissaient le continent et le monde méditerranéen en fourrures mais aussi en esclaves.

  Attesté par les textes, les ports de Quentovic et de Dorestad, aux Pays-Bas (les installations portuaires ayant été révélées par l'archéologie) constituaient les plaques tournantes de ce commerce septentrional.

 

Source : Dictionnaire des Francs, les temps Mérovingiens. Pierre Riché éd. Bartillat

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