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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:07

Le musée Sainte-Croix de Poitiers propose au public de découvrir un choix de tombes gallo-romaines exhumées au cours des dernières décennies dans la régions Poitou-Charentes et datées du Ier siècle avant notre ère au IVe de celle-ci.amor.PNG

Mettant en vis-à-vis la tradition locale (tombes abritant un riche mobilier funéraire mais non indiquées au sol) et la tradition romaine (monuments funéraires fastueusement décorés), cette exposition à la muséographie soignée entend présenter les rites funéraires des populations de l'époque et, plus largement, leur mode de vie. Les multiples objets retrouvés dans les tombes (vaisselles, armes, un service à vin avec des amphores vinaires, un service de libation, objets de toilette, tissus et vêtements, statuettes, etc.) offrent en effet un bel aperçu de la vie quotidienne de ceux qui ont été ensevelis.

La sépulture d'un Gaulois de Saint-Georges-lès-Baillargeaux, figure dans cette exposition, mais les clous de la visite sont sans doute la présentation du riche dépôt du cénotaphe aristocratique d'Antan, daté du Ier siècle, et les exceptionelles tombes des «dames de Naintré» (IVe siècle) mises au jours en 1998 dans un état de conservation extraordinaire dû à l'étanchéité préservée des cercueils de plomb inclus dans les sarcophages en pierre.

Non loin des deux sarcophages, une vitrine recèle d'objets rares comme cette fineamor2.jpg sculpture représentant le visage de jeune prince ou cette fragile bouteille de verre gravée, ornée de génies ailés. Deux exemples parmi les riches objets déposés dans la tombe d'une enfant de l'aristocratie locale, décédée à l'âge de dix ans.

Au centre de la vitrine consacrée à la riche vaisselle trouvée sur le site funéraire de l'Houmeau (Charente-Maritime), c'est finalement une petite céramique qui révèle le sens énigmatique du titre de l'exposition. « Amor » est figuré en pointillé sur cet objet initialement placé près d'un défunt. « L'amour est plus fort que la mort », explique Anne Bénéteau-Péan, directrice des musées de Poitiers, en éclairant le public sur le choix de ce titre poétique, symbole de la permanence du sentiment au-delà de la mort à travers les siècles.

 

En savoir + sur le blog actu-histoireantique.com

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:25

La collection de peintures murales gallo-romaines du musée archéologique de Strasbourg a fait l’objet, pendant trois ans, d’une grande campagne d’étude, d’analyse et de restauration. Ce qui a permis de reprendre la totalité des restaurations anciennes (datant des débuts du XXe siècle) et de (re)traiter de nombreux panneaux peints à l’aune des normes actuelles.

L’exposition se propose donc de mettre en valeur cette « relecture » de la collection. Les responsables expliquent :

— L’accent est mis aussi sur l’iconographie spécifique des fresques strasbourgeoises dansexpo_strasbourg.jpg une province frontière de l’Empire et sur les relations qu’elles entretiennent avec les thèmes de la propagande impériale romaine à travers la mise en scène des mythes fondateurs de Rome. La présentation traite également des matériaux et des pigments employés et aborde, de façon pédagogique, les techniques des fresquistes antiques, tout en fournissant l’occasion de mettre en perspective la vaste collection strasbourgeoise par rapport aux autres sites alsaciens qui ont livré, lors de fouilles anciennes ou récentes, des enduits peints d’époque romaine.

La plupart de ces fresques ont été mises au jour à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à la suite de grands travaux urbains ou de la pose de canalisations dans le centre-ville. Notamment autour de l’église Saint-Thomas et de la place Kléber où il y avait de nombreuses habitations aux abords du camp romain d’Argentorate.

Ainsi, un important bâtiment romain, exploré sous la cathédrale dans les années 1970, a livré des fragments d’un plafond peint d’un bâtiment proche du camp.

Les campagnes de restaurations ont porté sur :

— un constat d’état et un inventaire photographique de l’ensemble de la collection

— un désépaississement de la face arrière de la plupart des fragments

— un assemblage des fragments peints

— une consolidation desdits fragments à l’aide d’un mortier synthétique de finition.

Cela effectué, les fragments ont été montés sur un support léger constitué d’une plage en « nid d’abeilles » insérée entre deux couches de laine de verre imprégnée de résine synthétique.

Selon les organisateurs de l’exposition, « la perception que l’Antiquité avait des couleurs était assez différente de la nôtre à une époque où les recherches sur la décomposition de la lumière et le spectre des couleurs n’avaient pas encore façonné la vision que l’on en a aujourd’hui » :

— La prise en compte de la valeur symbolique attachée aux couleurs était également très importante dans la perception qu’en avait le monde antique.

Le rouge est synonyme de pouvoir, le cinabre et le bleu égyptien de richesse, etc. À quoi s’ajoute un art au service de la propagande impériale.

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 09:37

   Une équipe de l’Inrap fouille actuellement, à Wissous, sur prescription de l’État sur l’emprise de l’aéroport Paris-Orly, un important site gaulois. Sur 4 hectares, il est occupé dès l’âge du Bronze final (vers 800 avant notre ère) mais c'est c'est l'implantation d'une puissante ferme datée du IIe siècle avant notre ère, qui présente un grand intéret.

Un imposant établissement gaulois

   La ferme, avec plus de 2 hectares, est de dimensions impressionnantes. De plan trapézoïdal, elle est enclose par deux fossés parallèles de 3 m de large et 1,5 m de profondeur.
   À l’intérieur de l’enceinte, l’espace est segmenté en deux zones par un énorme fossé rectiligne de 7 m de large et près de 3 m de profondeur. Un tel ouvrage, mobilisant des subsides et une main-d’œuvre importante, au sein d’une imposante exploitation agricole, est une marque de puissance, voire de pouvoir. Ce fossé sépare l’habitat, à l’est, de l’espace agricole, à l’ouest.wissous-fouilles
   L’espace résidentiel est occupé par deux bâtiments successifs d’environ 200 m² au sol. De plan allongé et arrondis aux extrémités, ceux-ci sont édifiés à l’aide de poteaux porteurs en bois dont le diamètre suggère qu’ils supportaient au moins un étage. La charpente était en bois, les parois montées en torchis sur clayonnage, la toiture était de chaume ou de bardeaux. D’un format familial c’est néanmoins la demeure d’une élite locale. 
   Dans l’espace agricole, l’élevage tient une place importante avec des bœufs et des cochons mais aussi des chevaux. Parmi les outils mis au jour, une serpette révèle la culture des arbres fruitiers. Les activités artisanales sont aussi attestées, le tissage par des pesons et des fusaïoles, la métallurgie et la forge par des scories et des parois de four vitrifiées.

Un mobilier de rejet révélateur

   Fossés et dépotoirs livrent fibules, potins frappés par les Parisii, mais aussi amphores vinaires romaines (Dressel I).
   Le rejet d’un mobilier métallique non recyclé est une autre marque de l’aisance des habitants qui ont les moyens de le remplacer plutôt que de remployer le métal.
   La forte présence d’amphores vinaires italiennes démontre, elle aussi, la richesse de ces Gaulois qui dès le milieu du IIe siècle avant notre ère importent un vin italien coûteux.

Des dépôts cultuels

   Quantité de bucranes de bœufs et de chevaux ont été retrouvés dans les fossés, mais ilmonnaie-gaul.jpg ne s’agit probablement que de simples rejets dans des dépotoirs. Deux dépôts à vocation cultuel ont, en revanche, été découverts à chaque extrémité du fossé monumental. Le premier se compose d’un ensemble céramique, de potins mais aussi de bracelets en bronze. Le second, actuellement en cours de dégagement, a déjà livré céramiques et potins.
Aucune sépulture n’a été découverte, mais les fragments de deux cranes humains sont présents dans les fossés d’enclos.

   Située sur le territoire des Parisii, à proximité de la voie gauloise (puis romaine) reliant Lutèce à Cenabum (Orléans), la ferme gauloise de Wissous est un site de première importance par son implantation au cœur des réseaux commerciaux de la région, ses dimensions, la variété et la richesse de son mobilier et des métiers qui y sont pratiqués. Première découverte préventive de ce type sur le plateau d’Orly, elle est également remarquable par la durée de son implantation, de la fin de l’âge du Bronze à l’antiquité gallo-romaine.

Visite virtuelle de la fouille de Wissous : ici



 
Source : Inrap
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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 16:07

   Une équipe d'archéologues dirigée par l'Italien Francesco d'Andria a affirmé avoir retrouvé à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans l'ouest de la Turquie, la tombe de SaintApostle Philip on St.Isaac cathedral (SPb) Philippe, l'un des douze apôtres de Jésus-Christ, rapporte l'agence Anatolie.

  « Nous tentons de retrouver depuis des années la tombe de Saint Philippe (...) Nous l'avons finalement trouvée dans les décombres d'une église (de la zone) que nous avons mis au jour il y a un mois », a souligné l'archéologue qui travaille depuis plusieurs années en Turquie, précisant que la tombe n’avait pas encore été ouverte.

  « Un jour elle le sera sans doute. Cette découverte est d'importance majeure pour l'archéologie et le monde chrétien », s'est félicité l'archéologue.

  Originaire de Galilée, l'actuel Israël, Philippe fut l'un des disciples du Christ. Il serait parti évangéliser des régions d'Asie Mineure et aurait été lapidé puis crucifié par les Romains à Hiérapolis, en Phrygie.

   L'actuelle Pamukkale est un site touristique connu surtout pour ses eaux thermales et ses roches sédimentaires, les travertins blancs, d'où son nom qui signifie « château de coton » en turc.

 

En savoir plus sur le blog : Scripta manent

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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 18:00

  Jean-Claude Golvin est architecte, archéologue et chercheur attaché au CNRS à l'université de Bordeaux III Michel de Montaigne, né en 1942.

  Passionné par le dessin et la BD, l’architecture et son histoire, il a découvert sa voielivre-golvin1 dans les années 70 : l’archéologie.

  En 1976, en mission à Karnak en Égypte pour le compte du CNRS qu’il vient d’intégrer, il réalise ses premières reconstitutions en aquarelle, qui apportent un sens aux paysages en ruines.

 

  Expliquez-nous quelles sont les étapes de votre travail quand vous élaborer la reconstitution d’un site antique.

  Mon travail est simple. Il s’agit de montrer la représentation en image d’une ville ou d’un monument tel que j’aurais pu le voir au moment de son achèvement si j’avais vécu dans l’Antiquité. Tout d’abord je me rends à l’emplacement du site en question, je m’y promène et, bien sûr, je demande un maximum de renseignements aux équipes qui ont participé aux fouilles. Au début d’un projet, il faut réaliser un gros travail de collecte des informations, tout étudier. Ensuite, je réalise des croquis avec des indications, des précisions. Puis, lors de la phase suivante, sur ma table de travail, jeVue antique orange par golvin commence le dessin au crayon. Je travaille dans mon atelier en musique. Au moment où je commence cette partie, le dessin achevé est très clair dans ma tête. Le projet a pris le temps de mûrir après la lecture et l’étude du dossier. Je gomme, je crayonne, je recommence, puis je passe à l’encre pour tout finaliser. Le dessin est là, présent, mais il faut maintenant que je le laisse reposer. Quelque temps plus tard, j’y reviens et j’apporte souvent des petites corrections, des modifications de détails. Enfin, je peux le peindre. J’applique sur le fond une couleur café, puis je peins le ciel, la mer éventuellement, le paysage et je me rapproche du cœur du dessin. Le dernier travail de la couleur est celui de la mise en place des ombres du soleil. Cela finalise le dessin, lui donne vie.


 

  Comment pouvez-vous connaître tous les détails visibles dans vos reconstitutions ?

  Au début de mon travail, parfois encore un peu maintenant, je dois expliquer aux chercheurs et aux archéologues ma démarche. Je prends toutes les connaissances disponibles sur un site et, avec, je réalise un modèle théorique de base.

  En tant qu’architecte, je sais ce qui peut fonctionner ou pas et, en tant qu’archéologue,forum-lutece-4-siecle j’utilise le résultat des fouilles. Certains endroit ne seront jamais fouillé, des choses ont disparu à jamais, moi je me permets de voir une image de ce que cela pouvait être. Je donne ma vision personnelle, mais elle est le résultat d’une somme de connaissances, pas celle d’un artiste peintre. Lorsque des personnes sont très critiques, je leur dis : « Regardez au loin cet arbre, qu’est-ce que c’est ? – C’est un olivier. Et cet autre ? – C’est un pin. Vous les reconnaissez de loin, même si le vent a fait tomber les branches ou les feuilles, ils restent un pin et un olivier. Vous les avez reconnus dans leur ensemble. » C’est pareil pour les villes et pour les monuments que je restitue.

  Le lecteur de l’image doit tout de suite voir le message, ce qui est important dans l’image. Que ce lecteur soit un scientifique ou un jeune collégien ! Dans mes représentations des détails sont imaginés, mais tous sont cohérents et tout peut fonctionner sur les plans archéologiques, esthétique et de l’architecture.


 

  Est-il possible de reconstituer n’importe quel site ?

  Je suis un peu comme un enquêteur qui doit dessiner un portrait-robot, il me fautth-lillebonne-golvin impérativement des éléments déterminants. Sans eux, il me manquerait trop de cho  ses, le portrait-robot ne serait pas fiable. Ces éléments sont, pour une ville, par exemple : la topographie et le paysage (montagne, colline, végétation…), le contour de la ville (enceinte, fleuve…), le tracé de la ville (les voies de circulation), la forme des édifices publiques et la position des édifices les uns par rapport aux autres. Tous ces éléments correspondent à la forme du visage, au nez, aux yeux et à la bouche de mon portrait-robot. Avec tout cela, je peux réaliser quelque chose de fiable. Ces déterminants sont la structure du dessin. Mais même si les informations archéologiques sont incomplètes, l’on sait qu’une ville romaine d’une certaine importance comptait toujours des thermes et un forum. Ces données permettent alors de continuer le dessin au-delà des strictes connaissances. 


 

  Dans les musées, les restaurateurs font désormais bien apparaître les parties manquantes des objets archéologiques, ils ne refont pas « à l’identique » pour ne pas tromper le visiteur en présentant des objets complets qui ne le sont plus en réalité. Pourquoi n’adoptez-vous pas cette pratique dans vos aquarelles ?

  Moi, je ne travaille pas sur un vestige antique. Mon travail est de donné ma vision de quelque chose. En outre, par des astuces de dessinateur, je sais orienter le regard du lecteur de mon image vers les points important de ce qu’il doit voir et retenir. L’ensemble des détails permet de donner une vie, une cohérence à l’ensemble. Enfin, si les connaissances évoluent suite à des découvertes, il est toujours possible de modifier une aquarelle. Chacune d’elles représente l’état actuel du savoir.



  Les autres archéologues apprécient-ils vos restitutions ?

  Il y a eu des réticences au départ. Souvent, mes collègues ne savaient pas lire leslivre-golvin3 images. J’ai fait tout un travail pour expliquer mes œuvres et faire en sorte que mes dessins soient toujours lisibles et compréhensibles par tous. Tout comme un texte peut être écrit avec des mots trop compliqués, un dessin peut être difficile à « lire » ; c’est à moi d’y faire attention et de la rendre agréable. De plus, mes dessins sont toujours accompagnés d’un texte que je rédige moi-même, les deux vont ensemble. Les conservateurs de musée, qui sont en relation avec le public, ont quant à eux, immédiatement été conquis par mon travail. Aujourd’hui, j’interviens très souvent dans des musées, ainsi que sur des sites en cours de fouilles, en France comme à l’étranger.

 
Source : ARKÉO junior N°173 - Extraits d'un entretien réalisé par l'IUT d'Arles
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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 17:29

  Fluctuat nec mergitur… « Flotte, mais ne coule pas. » Une maxime que son armateur aurait dû inscrire aux flancs de ce navire romain. Parce qu’il ne le fit pas ou parce que Mercure, dieu du commerce l’abandonna, son bateau fut englouti dans le port antique d’Arles (France). Deux mille ans plus tard, cette coquille de noix va être sauvée des eaux.barge-romaine-du-1er Découvert en 2004 par huit mètres de fond dans le lit du Rhône, il s’agit « du seul bateau romain complet qu’on connaisse », dixit Claude Sintes, directeur du Musée Arles Antique. Une nouvelle trouvaille majeure après un buste remonté en 2007, seule représentation contemporaine de César identifiée comme telle.

  Le bateau fatal pourrait être un fabuleux révélateur de la vie quotidienne des Gallo-Romains :  « A bord on a retrouvé des cordages, la cuisine des marins, avec son four, la vaisselle gravée à leurs noms, des outils comme une houe, une serpette et tout son chargement : 27 tonnes de pierres taillées destinées à la construction ! » Pour une raison inconnue, le bateau a coulé comme un bloc et s’est enfoncé dans le limon du fleuve, qui a permis sa conservation. Aux sédiments fluviaux sont venus s’ajouter des milliers d’amphores, de poteries, de céramiques et d’objets usuels, jetés par les habitants dans le fleuve entre le Ier et le VI e siècle. Cet énorme dépotoir de près de 3 mètres de hauteur a formé une gangue protectrice durant près de 2 000 ans. Déjà fouillée à trois reprises en 2008, 2009 et 2010, cette couche, qui pourrait renfermer plus de 2 000 amphores et quelque 10 000 céramiques, a déjà livré des trésors comme un lustre à 20 becs, un service quasi-complet en bronze, et même le dé pipé d’un tricheur !

  La découverte de ce site exceptionnel offre aussi des informations précieuses sur les circuits marchands au temps de la Pax Romana, établie par le glaive et le négoce. Elle « permet de comprendre les réalités du commerce fluvial et grâce au mobilier retrouvé, d’avoir une photographie des échanges maritimes entre l’Europe du Nord et le bassin méditerranéen jusqu’au VIe siècle ». Pour rendre possible ces révélations, archéologues et plongeurs ont commencé à dégager l’épave, remontant chaque jour des centaines de poteries. L’épave sera ensuite découpée en une dizaine de tronçons qui, une fois remontés, subiront un traitement résineux puis une lyophilisation (extraction de l’eau). Les vestiges de la barge romaine seront exposés en 2013 au musée départemental Arles Antique.

 

Source : Monnaies & Détections N° 59 - Midilibre.fr

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 17:44
  Les arènes, ou amphithéâtre de Fréjus datant du 1er siècle de notre ère, et qui "abritèrent" de nombreux combats de gladiateurs vont probablement disparaître sous une importante masse de béton. Officiellement il s'agit d'une "valorisation du monument". En vérité c'est un massacre à la bétonneuse qui va coûter à beaucoup et rapporter à quelques-uns.

Ce massacre patrimonial au profit de la mairie est financé à 10% par la ville (qui est maître d’ouvrage), à 20% par la région PACA et par le Conseil général du Var et à 50 % par l’Etat dont une grande partie par le ministère de la Culture (celui en charge de la protection du patrimoine…) L’autorisation de travaux a été donnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, représentant le ministère. Le budget qui finance cette opération est prélevé sur le budget affecté à la restauration des monuments historiques. L’argent dont on manque pour entretenir le patrimoine est donc utilisé pour le détruire. Le tout sous le signe de la « relance ».Un monument insigne classé monument historique, une mairie qui souhaite le bétonner pour le « réutiliser », un architecte en chef qui se prête à ce vandalisme, une commission nationale des monuments historiques qui donne un avis favorable, un ministère de la Culture qui valide et qui en paie une partie. Cette affaire témoigne d’une faillite complète d’un système. On imagine par ailleurs les implications financières de ce dossier, la transformation de ce monument en salle de spectacle devant à terme rapporter gros. A quoi sert une législation de protection des monuments historiques qui peut être détournée aussi facilement par ceux qui sont en charge de la faire respecter ?


L’antiquité sort, a priori, du champ couvert par La Tribune de l’Art. Mais celle-ci est trop engagée dans la lutte contre le vandalisme pour ne pas dénoncer les travaux en cours, sous l’égide de la Direction Régionale des Monuments Historiques et donc du ministère de la Culture, dans les arènes de Fréjus, un monument historique classé en 1840.

Les photographies que nous a envoyées Pauline Michaud, membre de l’association “Les amis de Saint-Raphaël et de Fréjus” font froid dans le dos. La vision, d’une grue, de murs et de gradins en béton au cœur même du monument est réellement cauchemardesque. Il s’agit, ni plus ni moins, que de construire en dur au milieu des arènes. Nous avons voulu interroger l’architecte en chef des monuments historiques en charge du projet, Francesco Flavigny, qui n’est pas connu habituellement pour massacrer le patrimoine. Celui-ci n’a pas pu nous répondre car il fallait pour cela, nous a-t-on dit, l’aval du préfet du Var qui est actuellement trop occupé par les inondations qui ont frappé son département. Si l’on comprend parfaitement que ce dernier ne puisse réagir rapidement à notre demande, celle-ci ne s’adressait pas à lui, mais à l’architecte et au directeur régional des affaires culturelles. On ne saurait expliquer plus clairement que l’aménagement des arènes de Fréjus est un sujet d’abord politique. Rappelons que le maire de Fréjus, Elie Brun est également sénateur UMP.

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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 17:46

  Jean des Cars, écrivain, conférencier, historien populaire, fils de Guy des Cars a publié plus de vingt-cinq ouvrages dont quelques best-sellers comme Sissi, Les Secrets de Mayerling, et Louis II de Bavière. Il vient récement de publier chez Plon, La Véritable Histoire des châteaux de la Loire, ouvrage remarquable.

  L'ignorance et la désinformation amènent de nombreuses personnes à croire ou à dire des bétises. "La Gioconda è nostra" entend-on en Italie, pourtant ce tableau fût amené en France par Léonard de Vinci lui-même et ne le quitta jamais jusqu'à sa mort à Amboise le 2 mai 1519. D'autres thèmes sont sujets à approximations, voire déformations historiques. Voyant se multiplier des revendications injustifiées, Jean des Cars lance un appel :

Halte à la déformation !

  De tous les crimes intellectuels dont les peuples sont capables, l’effacement de la mémoire est certainement le pire. Or, nous sommes actuellement – mais le mal couve depuis des décennies – menacés par un gigantesque et systématique lavage de cerveau : on efface le passé, on déforme les faits, on maquille les événements et on supprime la chronologie. Dernier avatar en date (mais pas l’ultime, on peut le redouter…), la demande de restitution de la fameuse pierre de Rosette à l’Egypte.

  Revenant de ce pays que j’aime, où j’ai animé un nouveau périple sur le thème – oublié lui aussi ! – du 140e anniversaire de l’inauguration du canal de Suez, j’ai retraversé l’Egypte d’Ismaïlia à Abou Simbel. Comme on le sait, la véritable pierre de Rosette, trouvée par un soldat de l’expédition de Bonaparte, a été prise par les Anglais en 1802 mais, heureusement, le Louvre en possède une copie faite par les scientifiques accompagnant l’expédition. Donc, la pierre de Rosette, la vraie, est une des fiertés du British Museum.

  Si on devait la restituer à un Etat, je dirais que c’est la France qui la mériterait puisque c’est un de ses soldats qui l’a dénichée. J’entends d’ici les hurlements des bonnes consciences et des donneurs de leçons ! Or, faut-il rappeler, au seul nom de l’évidence, que l’Egypte que nous connaissons, aimons et visitons avec éblouissement, longtemps vassale de l’Empire ottoman, n’a ethniquement, presque rien à voir avec celle des dynasties pharaoniques si ce n’est sa population copte. Plus délicat : aucune tombe, aucun trésor, n’a été, jusqu’ici, découvert par un Egyptien et on peut concevoir, en le regrettant, une certaine déception des autorités et des égyptologues égyptiens. Ce n’est de la faute de personne.

  Enfin, qu’on me permette de redire que sans l’expédition d’Egypte (approuvée par le Directoire soulagé de pouvoir éloigner Bonaparte !), la science égyptologique n’aurait sans doute pas connu, au début du XIXe siècle, l’engouement qu’elle ne cesse, depuis, de susciter. Jamais une armée de conquérants n’avait été accompagnée d’un tel aréopage de scientifiques, mathématiciens et géographes, architectes et naturalistes, entre autres, qui fondèrent l’Institut d’Egypte. Et cette campagne a permis que l’égyptologie devienne une passion française. Ce coup de coeur dure depuis plus de deux siècles. De Vivant Denon à Champollion, de Christiane Desroches-Noblecourt à Jean-Philippe Lauer et Jean Leclant, que de dévouements, de recherches, de compétences et d’abnégations pour arracher aux sables une mémoire oubliée et sauver ce qui allait disparaître. Ne laissons pas agir comme l’on fait ceux qui, voilà des siècles, ont effacé le règne d’Akhénaton, coupable d’hérésie. Si l’obélisque de Louqsor est à Paris, c’est parce que c’est un cadeau de Méhémet Ali (c’est-à-dire de l’Egypte

musulmane au Roi des Français Louis-Philippe), érigé place de la Concorde en 1836. Or, on oublie souvent ou on ignore que Méhémet Ali a, en réalité, offert à la France les deux obélisques de Louqsor. Pour diverses raisons, seul l’un de ces magnifiques monolithes a été expédié en France. Que se passerait-il si nous demandions que le second obélisque nous soit livré puisque, juridiquement, il nous appartient ?

  Pour les Français, l’Egypte est une seconde patrie artistique. Ils ont beaucoup donné pour ce pays. Arrêtons de refaire l’Histoire, caricaturée, déformée. Arrêtons de nous repentir, de demander pardon, de nous excuser d’avoir eu du courage, du talent et, parfois, un peu de chance. La mémoire égyptienne, j’ose l’écrire, fait partie

de la nôtre et ses merveilles appartiennent au patrimoine mondial. Les Européens, enthousiastes, ont énormément contribué à faire revivre l’admirable civilisation pharaonique. Ne les privons pas de ce mérite.

Jean des Cars

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 17:23

Du 22 mai au 20 septembre le Musée de Normandie, à Caen propose une exposition sur l'art funéraire des Gaulois.

Lexposition « Les Gaulois et la mort en Normandie » permet de faire le point sur les découvertes récentes sur le sujet en tenant compte de nouvelles données. Depuis une quinzaine dannées on a acquis, en effet, une approche plus précise de l’âge du Fer en Normandie. Notamment de l’évolution de la société gauloise entre les VIIe et Ier siècles av. J.-C.

Cette période fut scindée en deux étapes :

1. Le premier âge du fer (ou période hallstatienne, du nom du site éponyme en Autriche, importante nécropole liée à lextraction du sel dans cette région).

2. Le second âge du fer (ou période laténienne, daprès le nom du site de La Tène, en Suisse).

Parmi les « pièces » remarquables présentées au musée de Normandie, la tombe à char dOrval (Manche) qui fut découverte par hasard près dune ancienne ferme gauloise étudiée dans le cadre du détournement ouest de Coutances. Ces tombes à char étaient réservées à l’élite. Du char dOrval, il ne reste que les éléments liés aux roues, quelques passe-guides, des élémentsde liaison entre la caisse et lessieu. Mais aussi deux harnais ornés à lorigine de corail ou divoire sculpté. Le défunt est représenté par ses armes : une lance, une épée dans son fourreau, une hache. Il y a aussi une bague en or qui marquera l'appartenance de ce dernier à laristocratie militaire. Deux fibules permettent de situer linhumation vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C. On notera, parce que cest peut-être encore plus émouvant, une trousse à outils : plane, couteaux, serpette, marteaux.

Autre point fort, encore, la nécropole entièrement conservée dEterville (Calvados) : quelque 150 inhumations et 11 monuments. Le défunt, habillé et presque toujours étendu sur le dos, était déposé tête vers le sud avec ses parures, bracelets, fibules, anneaux de chevilles, torque, etc.

Labandon du site au IIIe siècle avant notre ère semble correspondre à un retour vers les rites dincinération.

Parmi les objets exposés : une pairede boucles doreilles en or (Honguemare, Eure) ; un poignard à antennes en fer (Bosrobert, Eure) ; des vases et des braceletsen lignite (Saint-Gatien-des-Bois et Saint-Martin-de-Fontenay, Calvados) ; des mors de cheval en bronze (Orval, Manche) ; un vase à décor peint (Eterville, Calvados), etc...

Exposition les "Gaulois et la mort en Normandie"
Les pratiques funéraires à l'age du fer (VIIe - Ie siècle avant J.C.)
3,20 euros (2,10 euros pour les familles nombreuses)
Entrée gratuite pour les visiteurs de moins de 18 ans, les groupes scolaires et universitaires.
Entrée gratuite pour tous le premier dimanche de chaque mois.
http://www.musee-de-normandie.caen.fr/agenda/resultattotal.asp

Avoir également :
Gaulois sous les pommiers
découvertes de l'âge de fer en Basse-Normandie.

Exposition, jusqu'au 10 novembre 2009
Cette exposition propose aux visiteurs de découvrir une civilisation inventive et souvent méconnue, sinon par des clichés.
Plusieurs thèmes sont présentés : les formes de l'habitat (de l'installation rurale à l'habitat groupé fortifié), l'agriculture (culture et élevage), les objets de la vie quotidienne et l'artisanat (céramique, métal, lignite, bois, etc.), les échanges (monnaies, importation), la religion et le traitement de la mort.

Musée et sites archéologiques
13 Chemin Haussé
14930 Vieux-la-Romaine.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 14:42

         
          Inviolées depuis 1500 ans, les sépultures de trois aristocrates de Champagne,certainement Francs d'origine et enterrés entre 520 et 550 ainsi que celle du cheval de l'un d'eux ont été mises à jour à Saint Dizier en 2002.
          Jusqu'au 30 juin 2009, une exposition tout à fait exceptionnelle nous permet de les découvrir !

          Ces contemporains des fils de Clovis livrent un pan de la longue épopée barbare qui fera de la dynastie mérovingienne la première puissance européenne. Le mobilier funéraire des deux hommes et de la jeune femme est également exceptionnel, comptant près de 50 objets qui révèlent les premières traces d'un artisanat ancien : travail du verre, orfèvrerie forge... Aujourd'hui restaurées , ces pièces témoignent du statut de ces aristocrates. Une épée porte par exemple un anneau doré et des inscriptions runiques*.
          Les rois "barbares" de cette époque étaient ce que les sagas de scandinavie, dont les Francs étaient originaires, appellent des donneurs d'anneaux ou (et oui !) Seigneurs des anneaux. Ils donnaient aux "grands" du royaume des anneaux que ces derniers soudaient à leurs épées.
          Des bagues en or et pierres précieuses ont retrouvé leur éclat originel. Les analyses physico-chimique ont entre autres révélé la présence, sur un fermoir d'aumônière,** de lapis-lazuli provenant des confins irano-afgans : c'est la première pierre précieuse de ce type retrouvée sur un objet de l'époque mérovingienne. De la soie provenant d'Orient est également exposée, témoignant ainsi du fait que les Francs n'hésitaient pas à commercer bien loin de chez eux. La qualité, la quantité et les décors de la vaisselle et des verreries sont également supérieurs à ceux découvert dans d'autres tombes de l'époque. Ces trésors découverts sont d'autant plus rares qu'au 19ème siècle, une grande partie du matériel retrouvé dans des tombes de rois mérovingiens fut volé, tel le trésor de Childéric (le père de Clovis) :
          Le 27 mai 1653, lors de travaux effectués près de l’Église St Brice, Adrien Quinquin, un ouvrier sourd-muet, mit fortuitement au jour, un trésor. Il venait de découvrir la tombe de Childéric. Celle-ci contenait des pièces d’or et des monnaies d’argent, une bague sigillaire portant l’inscription «Childerici Regis », des bijoux, une épée, mais surtout trois cents abeilles en or et verre grenat façonnées selon la technique des « bijoux cloisonnés » répandue à l’époque mérovingienne.
La « fouille » qui suivit sa mise au jour ne fut évidement pas menée avec la précision souhaitable. Le doyen de la paroisse ne recueillit qu’une partie du matériel découvert.
Jean-Jacques Chifflet, médecin et historiographe, étudia les pièces récupérées et publia en 1655 un ouvrage intitulé « Anastasis Childerici I Francorum Regis » qui reste de nos jours la source essentielle pour la connaissance du trésor de Childéric.
Le trésor de Childéric fut offert en 1665 à Louis XIV par l’empereur Léopold Ier en remerciement de l’aide militaire reçue contre les Turcs. Le trésor de Childéric fut alors déposé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Royale où il fut pratiquement oublié.
En 1831 le Cabinet des Médailles fut victime d’un vol considérable. Dans le butin se trouvait le trésor de Childéric. Un certain nombre d’objets furent fondus et le reste fut retrouvé immergé dans la Seine dans des sacs. Aucun inventaire du trésor n’ayant été dressé entre 1665 et 1831 on ne sait exactement l’ampleur de ce qui a été perdu à ce moment. Mais sur les 300 abeilles initiales, il semblerait que déjà en 1665, il n’en restait plus que 27; aujourd’hui, seuls deux exemplaires peuvent témoigner de la richesse de Childéric.

Depuis lors, le trésor de Childéric (du moins ce qu’il en reste) est conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale à Paris.

En héraldique, les abeilles sont un symbole d'immortalité et de résurrection suite à leurs métamorphoses, de grandeur d’âme et de sagesse et de sociabilité grâce à l’organisation sans faille de la ruche et à leur caractère laborieux.
Considérées comme le plus ancien emblème des souverains de France, Napoléon fit broder les abeilles de Childéric sur son manteau impérial, rattachant ainsi symboliquement sa dynastie naissante aux origines de la France.

L'exposition a en outre l'excellente idée de dépassé le simple cadre des fouilles, dressant un panorama du peuplement de l'Europe au VIème siècle, le contexte politique complexe d'un royaume partagé que les descendants de Clovis se disputeront, les influences, les us et les rites communs, la christianisation... Plus de deux cents objets prêtés par les musées français et européens sont ainsi mis en perspective avec le trésor de Saint Dizier, composant un ensemble spectaculaire : reconstitution des trois sépultures mérovingiennes dans des matériaux contemporains, mise en scène des personnages parés de leurs riches attributs, tels qu'ils furent inhumés 1500 ans plus tôt.
Un catalogue complète l'exposition, rédigé par des scientifiques de renom et richement illustré. Des conférences mensuelles prononcées par des experts de l'époque mérovingienne (professeurs, historiens...), ont lieu pendant toute la période de l'exposition. Des spectacles vivants réguliers viennent aussi animer la manifestation. Tous ces éléments nous permettront de comprendre qu'au VIème siècle, les Francs ne sont plus des "Barbares".



Quelques photos de l'exposition :
http://www.linternaute.com/sortir/exposition/photo/nos-ancetres-les-barbares/les-tresors-de-nos-ancetres-les-barbares.shtml
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Multimedias/Visites_virtuelles/Les_tombes_de_Saint_Dizier/p-2346-Le_mobilier_des_tombes_aristocratiques_de_Saint_Di.htm

Vidéo de présentation de l'exposition :
http://www.ville-saintdizier.fr/video,80136,fr.html

* L'alphabet runique était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique, tels que les Anglo-saxons (pour écrire le vieil anglais) ou les Scandinaves.

** Bourse que l'on suspendait à la ceinture. Elles sont faites de tissus souvent richement brodés de fils d'or, d'argent ou de soie de couleur. On y rangeait de petits objets et des pièces de monnaie.

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