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    <title><![CDATA[Le blog de LUTECE (L'histoire des mots)]]></title>
    <link>http://www.e-stoire.net/categorie-11649012.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;L'histoire des mots&quot; du blog &quot;Le blog de LUTECE&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Le blog de LUTECE (L'histoire des mots)]]></title>
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    <pubDate>Sat, 02 Jun 2012 17:27:02 +0200</pubDate>    <lastBuildDate>Sat, 02 Jun 2012 17:27:02 +0200</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.e-stoire.net</copyright>            <category>L'histoire des mots</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Incarérer... dans un carcer]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-incarerer-dans-un-carcer-104282754.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">En latin l'expression <em>in carcerem committere (conjicere)</em> était utilisée pour signifier : mettre en prison, faire
    mettre en pison. Cette expression qui donna le verbe transitif <em>incarérer</em>, provient du mot latin <em>carcer</em>, sur lequel il est intéressant de se pencher :</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><strong>CARCER</strong>. (κάρκαρον)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">1. Geôle ou prison. Les prisons romaines étaient divisées en trois étages, dont chacun avait une destination spéciale. Le
    premier était un sombre cachot souterrain, où l'on ne pénétrait que par une petite ouverture pratiquée dans le plancher de la cellule supérieure et qui ne servait pas comme lieu de détention mais
    d'exécution. On y jetait les condamnés à mort pour y subir leur sentence. L'étage du milieu (<em>carcer interior</em>) était bâti immédiatement au-dessus du cachot des condamnés et de niveau avec
    le sol ; il n'avait,<img src="http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Divers/104b.gif" class="DrteTexte" alt="104b.gif" height="252" width="299"> comme le précédent qu'une ouverture dans le plafond
    et servait de lieu de détention ; on y enfermait ceux qui étaient condamnés aux fers (<em>custodia arcta</em>) jusqu'à l'expiration de leur peine, ou jusqu'à ce que la sentence, si c'était une
    sentence de mort, reçut son exécution. L'étage supérieur, le premier au-dessus du sol, renfermait ceux qui s'étaient rendus coupables de délits moins graves ou qui n'étaient condamnés qu'à un
    emprisonnement d'une durée ordinaire (<em>custodia communia</em>). La détention y était beaucoup moins sévère : les prisonniers pouvaient prendre l'air et se livrer à des exercices. C'est à un
    emprisonnement de ce genre qu'Othon condamna Dolabella : <em>nequearcta custodia neque obscura</em> (Tac. <em>Hist</em>. I, 88), c'est-à-dire qu'il le fit enfermer dans le cachot de l'étage
    supérieur ; il ne le soumit pas à la détention rigoureuse du <em>carcer interior</em> (celui qui est au-dessus dans l'illustration), et il ne le jeta pas dans le sombre cachot souterrain. Ces
    trois divisions étaient visibles dans la prison d'Herculanum, quand on la retrouva en faisant les fouilles ; les deux divisions inférieures subsistent encore entières dans les prisons construites
    par Ancus et Servius près du Forum romain. L'illustration représente une section qui montre leurs positions relatives et le plan de leur construction. La muraille, avec l'inscription rappelant le
    nom du magistrat sous lequel on répara le cachot, faisait face au forum et enfermait l'étage supérieur, qui a complètement disparu.<img src="http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Divers/104.jpg"
    class="CtreTexte" alt="104.jpg" height="179" width="202"></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">2. Écuries dans le cirque, où les chars stationnaient avant le commencement d'une course, et où ils retournaient quand elle
    était terminée (Ovid. <em>Her</em>. XVIII, 166 ; Auct, <em>ad Heren</em>. IV, 3). C'étaient des voûtes fermées sur le devant par de larges portes de bois, ordinairement au nombre de douze
    (Cassiodor. <em>Var. Ep</em>. III, 51). De là vient que le mot<img src="http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Divers/105.jpg" class="DrteTexte" alt="105.jpg" height="109" width="200">
    <em>carcer</em>, pris dans ce sens, est employé le plus souvent au pluriel (Cic. <em>Brut</em>. 47 ; Virg. <em>G</em>. I, 512). Il y en avait une pour chaque char et elles étaient situées à
    l'extrémité de la surface plane ou arène sous <em>l'oppidum</em>, six de chaque côté de la <em>porta pompae</em>, par laquelle entrait le cortège. On voit leur position relativement à l'arène
    dans le plan du circus, où elles sont marquées AA. L'illustration représente une perspective de quatre <em>carceres</em>, avec leurs portes ouvertes (<em>cancelli</em>), d'après un bas-relief du
    Musée britannique.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Source : Dictionnaire des antiquités romaines et
    grecques, Anthony Rich. éd. Molière.</span><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Apr 2012 07:00:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">e1cb882c407e7bd37a14820a227f3e8c</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-incarerer-dans-un-carcer-104282754-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Une maison dans nos villes]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-une-maison-dans-nos-villes-97441516.html</link>        <description><![CDATA[<p class="chapeau">
    &nbsp;&nbsp; <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">Les lieux habités par l'homme sont fréquemment caractérisé par des mots désignant la maison.
    «&nbsp;Maison&nbsp;» est issue de <em>mansionem</em> (accusatif de <em>mantion</em>), de la famille du latin <em>manere</em> «&nbsp;rester, demeurer&nbsp;». Le terme apparaît rarement seul, trop
    courant pour se passer d’un élément déterminant. En Vendée, sont issus de <em>manere</em> des noms formés avec <em>–main</em> «&nbsp;maison&nbsp;» comme La Mainborgère, avec <em>–mans</em> comme
    Manfray «&nbsp;maison froide&nbsp;», Le Mans et Le Mans Brun – qui n’ont aucun rapport avec Le Mans dans la Sarthe, capitale des Gaulois <em>Cenomani</em> ou <em>Cenomanni</em>. <em>Mes</em> ou
    <em>mé</em>, <em>mai</em>, <em>may</em>,<em>meix</em>… apparaissent dans Le Mée (Eure-et-Loir, <em>Mesum</em> 1192), Les Mées (Sarthe, <em>Manso</em> 1028), Meys (Rhône)&nbsp;; on les <img src=
    "http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Archeologie/panneau-mas-blanc-des-alpilles.png" class="DrteTexte" alt="panneau-mas-blanc-des-alpilles.png" width="200" height="60">trouve dans Beaumetz
    (Pas-de-Calais), Messas (Loiret) avec le latin <em>arsus</em> «&nbsp;brulé&nbsp;», Royaumeix (Meurthe-et-Moselle) avec <em>royal</em>. La langue d’oc qui, elle, utilise le dérivé <em>mas</em>,
    possède des toponymes comme Mas-Blanc-des-Alpilles (Bouches-du-Rhône), le Mas-Grenier (Tarn-et-Garonne) ou le Mas-d’Azil (Ariège).</span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><br></span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp;&nbsp; <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">Parmi les dérivés des <em>mansionem</em>, le bas-latin a créé un nouveau terme, <em>mansionile</em>, devenu en
    français médiéval <em>maisnil</em>, <em>mesnil</em>, «&nbsp;maison avec terrain&nbsp;». Il en existe des quantités, avec ou sans déterminant. Si le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) évoque le
    terrain crayeux (XIe siècle), Ménilmontant, village rattaché à Paris en même temps que Belleville en 1860, serait, d’après Marianne Mulon*, un mesnil-Mautemps, du nom d’un possesseur, encore
    qu’une charte de 1224 latinise le nom en <em>mesnilium mali temporis</em> «&nbsp;mesnil du mau(vais) temps&nbsp;»&nbsp;; les pentes de Ménilmontant ayant, de toute façon, favorisé la déformation
    en <em>montant</em>.</span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><br></span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp;&nbsp; <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">Les «&nbsp;Maison-Rouge&nbsp;» seraient-elles d’anciennes auberges situées le long des voies romaines&nbsp;?
    Certaines sans doute. Mais, hormis quelques exemples (Rouge-Maison dans l’Aisne, la Marne, le Pas-de-Calais), Maison-Rouge conserve l’ordre substantif –adjectif du français moderne, plaidant pour
    le caractère récent de la formation. Par ailleurs, l’adjectif «&nbsp;rouge&nbsp;» peut caractériser n’importe quel bâtiment de cette couleur, sans que l’on puisse établir systématiquement un lien
    de proximité avec une voie.</span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">Autre mot du bas-latin, <em>casa</em>, au sens de «&nbsp;maison&nbsp;» à, lui aussi, fourni d’innombrables toponymes, formés
    sur <em>chese</em>, <em>chiese</em> en langue d’oïl, sur <em>casa</em> en langue d’oc. S’il a lui-même disparu du vocabulaire français, il a tout de même engendré la préposition chez (d’abords
    chiés, 1130-1160), très employée devant des noms de personnes&nbsp;: Chez-Fortuneau, Chez-Gallant, Chez-les-Gens, Chez-les-Rois (Charente-Maritime). Les dérivés peuvent être seuls&nbsp;: La
    Chaise (Aube, Charente), La Chase (Lozère), La Chèze (Côtes-d’Armor), Caix (Somme), La Quièze à Saméon (Nord), Kiesa 1221, avec une phonétique picarde, ou s’accompagner de déterminants&nbsp;:
    Casefabre (Pyrénées-Orientales) avec <em>faber</em>, forgeron&nbsp;; Casalta (Corse) «&nbsp;maison haute&nbsp;», Chèzeneuve (Isère). Dans le midi de la France, les dérivés donnent&nbsp;; La
    Chaze-de-Peyre (Lozère), et les divers Cazals (Ariège Lot, Lot-et-Garonne), Cazaux (Ariège, Haute-Garonne, Gers, etc…)</span>
  </p>
  <table style="width: 99%;" border="0">
    <tbody>
      <tr>
        <td>
          <img src="http://img.over-blog.com/225x300/2/43/14/66/Archeologie/Chaze-de-peyre.JPG" class="CtreTexte" alt="Chaze-de-peyre" width="225" height="300"><br>
        </td>
        <td>
          &nbsp;<img src="http://img.over-blog.com/300x225/2/43/14/66/Archeologie/Chaze-de-peyre2.JPG" class="CtreTexte" alt="Chaze-de-peyre2" width="324" height="242"><br>
        </td>
      </tr>
    </tbody>
  </table>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; <em>Borde</em> «&nbsp;cabane, maisonnette, métairie&nbsp;» est un mot d’origine germanique (francique <em>bort</em>
    «&nbsp;planche&nbsp;», d’où <em>borda</em> «&nbsp;cabane&nbsp;» en latin tardif), désignant d’abord la maison isolée, puis des hameaux&nbsp;: La Borde (Aisne, Aube, Haute-Marne, etc…), Les Bordes
    (Cher, Côte-d’Or, Loiret, etc…). On connaît des dérivés Le ou Les Bourdeaux (Vienne, Deux-Sèvres), Bourdigal et Bourdigaux en composition Bordesoulle (Vienne) <em>soulle</em> «&nbsp;seule&nbsp;».
    Quant à la ville de Bordeaux&nbsp; (Gironde), elle est mentionnée dans l’Antiquité romaine sous le nom de <em>Burdigala</em>, mais l’évolution phonétique qui a abouti au pluriel <em>Bordeaux</em>
    et laisse supposer une interférence avec le mot germanique <em>borde</em>, n’est pas claire. Dès le VIIe siècle, est attestée une forme <em>Bordel</em>, puis on trouve au XIIIe siècle,
    <em>Bordeu</em>.</span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><br></span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Certains toponymes ont une connotation régionale. Pierre Gauthier** nous apprend que<img src=
    "http://img.over-blog.com/500x348/2/43/14/66/Archeologie/Bourrines_photographiees_vers_1890_par_Jules-Cesar_Robuch.jpg" class="DrteTexte" alt=
    "Bourrines photographiées vers 1890 par Jules-César Robuch" width="473" height="329"> La ou Les Bourrine(s) se trouvent tous dans le marais breton-vendéen (18 exemples), dont ils évoquent
    l’habitation typique&nbsp;: «&nbsp;celle-ci tire son nom d’un adjectif formé sur le mot <em>bourre</em> désignant ici les joncs servant à la couverture&nbsp;; à l’origine, on disait maison
    <em>bourrine</em> sur le modèle de maison <em>teubline</em> «&nbsp;couverte de tuiles&nbsp;» ou chaumine «&nbsp;couverte de chaume&nbsp;». Le bousillage (Vendée) conserve le terme désignant
    «&nbsp;le torchis de terre et de paille détrempée&nbsp;» qui permet de construire cette habitation&nbsp;; on le retrouve à Le Bousillé (Deux-Sèvres)&nbsp;». En Île-de-France, Senlisse (Yvelines)
    <em>Scindelicias</em> en 862, n’a rien à voir avec Senlis (Oise), issu du nom d’un peuple gaulois, mais désigne des maisons couvertes de berdeaux (du latin <em>scindula</em>
    «&nbsp;bardeau&nbsp;»). Quant aux nombreux Malassis, Malassise (<em>la maison de Malassize</em> en 1373 à Voinsles, Seine-et-Marne), ils désigneraient des habitations mal construites, plutôt que
    mal situées.</span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">* Marianne Mulon, <em>Noms de lieux d'Île de
    France</em>, éd. Bonneton</span></span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">** Pierre Gauthier, <em>Noms de lieux du Poitou</em>,
    éd. Bonneton</span></span>
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="chapeau">
    Photos : La Chaze de Peyre _ <a href="http://christiane53.over-blog.com/article-mon-chemin-mercredi-7-avril-2010-aumont-aubrac-nasbinal-54705030.html">christiane53.over-blog.com</a>&nbsp; -&nbsp;
    Bourrines vendéennes _ bourrines photographiées vers 1890 par Jules-César Robuchon
  </p>
  <p class="chapeau">
    &nbsp;
  </p>
  <p class="chapeau">
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Source : L'Archéologue N° 105<br></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 30 Jan 2012 08:33:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a13cd97eecffbf2bff0391b4b50f2325</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-une-maison-dans-nos-villes-97441516-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Elever sur le pavois]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-elever-sur-le-pavois-85362060.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Pavie, ville de Lombardie, qui a vu naître le théologien et réformateur de l'Église d'Angleterre Lanfranc ou le
    mathématicien, philosophe, astrologue, inventeur, et médecin Girolamo Cardano</span><span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">, a connu une belle histoire, un peu à
    l'ombre toutefois de Milan sa grande voisine. Elle possède une grande cathédrale et une chartreuse, près de laquelle François Ier fut vaincu en 1525. Depuis très longtemps, on fabriquait à Pavie
    des casques et des boucliers, dont la réputation de solidité n'était plus à faire : toutes les troupes appréciaient notamment le pavois, sorte de grand bouclier particulier à la ville.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Comme de tous temps, que ce soit à Rome, à Byzance, chez les Francs et les Germains, on avait l'habitude de hisser le
    roi à sa proclamation sur un bouclier porté par ses guerriers (une forme évidente de démocratie directe, sans aucune représentation intermédiaire...) on vit bientôt se forger l'expression élever
    sur le pavois, puisque tel était bien le cas.<img src="http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Francs/pavois.jpg" class="CtreTexte" alt="pavois.jpg" height="227" width="300"></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Peu à peu le sens premier s'est transformé et l'expression signifie être dans une situation en vue, honorifique,
    exceptionnelle, être glorifié et entouré de grands honneurs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Aujourd'hui ce sont plutôt les navigateurs qui hissent le grands pavois (en signe de réjouissance), ou le petit pavois
    (arboré pour se faire reconnaître) lorsqu'ils traversent les océans, mais c'est une autre histoire...</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;"><span style="font-size: 10pt; font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Source : Les expressions qui sont nées de l'histoire,
    Gilles Henry. éd. Tallandier</span><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 13 Oct 2011 08:59:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7f1d1da951c46c78b65d4855e6f69efc</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-elever-sur-le-pavois-85362060-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Barbares d'hier et d'aujourd'hui]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-barbares-d-hier-et-d-aujourd-hui-79607041.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Né d’une onomatopée descriptive, le «&nbsp;<em>barbaros</em>&nbsp;», c’est d’abord celui qui n’émet, à l’oreille des
    Grecs, que des sons inarticulés, une sorte de «&nbsp;<em>ba-ba-ba-ba</em>&nbsp;» dénué de sens. Certes, le mot n’est guère flatteur puisque l’on oppose ainsi des êtres doués d’un langage complexe
    – et donc de la pensée – à ceux dont la voix ne peut transmettre que des informations sommaires. Illusion certes, dont les Hellènes ne sont pas dupes&nbsp;: ils savent<img src=
    "http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/Gaule-romaine/barbares-trajan.jpg" class="DrteTexte" alt="barbares-trajan" height="300" width="300"> que les «&nbsp;barbares&nbsp;» parlent des langues
    différentes les unes des autres, au vocabulaire riche et complexe, et sont capables, pour quelques-uns, des les écrire. Ils n’ignorent d’ailleurs pas qu’eux-mêmes doivent l’écriture à des
    étrangers - les Phéniciens. La barbarie ne qualifie guère, en définitive qu’une étrangeté de comportement par rapport aux Grecs.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Pourtant la notion évolue peu à peu dans un sens négatif. Chez Aristote, par exemple, au IVe siècle avant
    Jésus-Christ, elle est associée à celle d’esclave.&nbsp;Le philosophe en tire une conséquence logique&nbsp;: se des peuples sont fait pour l’état servile, c’est que leurs qualités morales les
    rendent indigne d’un autre statut.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Étape suivante&nbsp;: la conquête du Proche-Orient par Alexandre, au IVe siècle av. J.C., place de fait de nombreux
    peuples sous la domination de macédonienne. Du même coup, prenant sans doute conscience concrètement de la variété des barbares, les Grecs emploient désormais ce nom pour désigner tous les
    peuples placés au-dehors des royaumes fondés par les descendants du conquérant.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp;Une évolution décisive, enfin, semble se produire sous l’Empire romain, lorsque le terme, prolongeant cet héritage,
    désigne les populations acharnées à envahir le territoire de Rome. L’image du barbare s’associe désormais à la violence, au meurtre, au pillage, à une volonté délibérée de détruire les bases
    mêmes de la civilisation gréco-romaine.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; De même, les assauts que subit la chrétienté de la part des peuples du Nord, de l’Est, plus rarement du Sud, sont
    autant de d’occasions de confronter une certaine image de la «&nbsp;civilisation&nbsp;» à une sauvagerie indistincte et sans limites. Certes, il existe des gradations et les Huns ont le triste
    privilège de remporter la palme de la barbarie. A cela nul autre remède que la conversion&nbsp;: Charlemagne sait transformer des Saxons en chrétiens, les dépouillant ainsi de leur barbarie
    native.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp;&nbsp; Le mot passe de mode à l’âge classique, sauf à désigner les tribus d’autrefois. Il commence, dès cette époque, à
    décrire un comportement plus qu’un état. C’est de cette longue gestation, que naît, d’une certaine manière, la Déclaration universelle des droits de l’homme qui interdit implicitement de
    qualifier un peuple de barbare pour la seule raison qu’il posséderait d’autres mœurs ou une autre religion, <em>a fortiori</em> une autre langue.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt; font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp; Le terme acquiert alors une valeur morale péjorative d’une extrême puissance, désignant les comportements d’une
    brutalité hors du commun, la cruauté inouïe.&nbsp;À l’issue de la seconde guerre mondiale, le camp vainqueur a donné une définition juridique de l’utilisation du qualificatif, en prenant soin
    d’omettre les «&nbsp;actes barbares&nbsp;» commis dans son camp.&nbsp; Aujourd’hui on poursuit devant les tribunaux civils, des délinquants pour «&nbsp;actes de barbarie&nbsp;». De l’onomatopée
    descriptive on est ainsi passé à la notion juridique, l’une des plus infamantes que l’on puisse accoler à un individu ou à un groupe.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 17 Jul 2011 10:02:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4cd40f98a50a33a947b424022d9be033</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-barbares-d-hier-et-d-aujourd-hui-79607041-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Boeuf, un mot "vachement" utilisé !]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-boeuf-un-mot-vachement-utilise-70754241.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-family: Arial;">&nbsp;</span> Le bœuf est l'un des animaux qui aura été le plus utile à l'homme depuis que
    celui-ci l'a chassé, domestiqué et élevé. Sa peau, sa viande, sa graisse, ses os, sa force, sa chaleur... ont permis aux hommes de se vêtir, se nourrir, se chauffer et travailler. Originaire de
    différentes régions selon sa race, c'est à une autre origine que nous allons nous intéresser : c'est du nom, <em>bœuf</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp; Les Grecs le nommait <em>bous</em>, et les Romains <em>bos, bovis</em>, ce qui a donné en ancien français, <em>buef,
    boef</em> et <em>beuf</em>, avant d'aboutir, au XVIè siècle, à bœuf. Mais entretemps, les Anglais nous avait emprunté notre <em>boef</em>, et en avait fait un <em>beef</em>... qui nous est revenu
    grillé, au XVIIè siècle, sous la forme de <em>roast-beef</em> (littéralement, "bœuf rôti"), et découpé en tranche sous la forme de beef-steack (littéralement, "tranche de bœuf"), au XVIIIè
    siècle. Par la suite, l'orthographe de ces mots a été francisée en rosbif et en bifteck.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span> <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;">Avec le lait de la vache,
    les hommes feront du beurre. En Grèce on l'appellera durant<img height="461" width="348" src="http://img.over-blog.com/387x500/2/43/14/66/grece/boeuf.jpg" alt="boeuf" class="DrteTexte">
    l'Antiquité,</span> <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;"><em>bouturon</em>, nom composé de <em>bous</em>, le "bœuf" ou la "vache", et de <em>turos</em>, le "fromage". En latin, ce
    bouturon grec est devenu du <em>butyrum</em>, mot dont la langue française a fait au Moyen Âge, du <em>bure</em> et du <em>burre</em>, puis enfin, au XVIè siècle, du
    <em>beurre</em>.</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">&nbsp; En grec, le mot <em>bous</em>, associé à <em>limos</em>, la "faim", a également servi à former l'adjectif
    <em>boulimos</em> et le nom <em>boulimia</em>. L'adjectif signifie "qui a une faim de bœuf", "qui souffre de <em>boulimia</em>", c'est à dire d'une "faim dévorante". <em>Boulimia</em> est à
    l'origine de <em>boulimie</em>, nom qui s'est employé en français à partir du XVè ou XVIè siècle pour désigner un "appétit insatiable", et, en médecine, la maladie dont souffre une personne qui
    éprouve une sensation de faim permanente, qui est <em>boulimique</em>.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;">Au XIXe siècle, <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">boulimie</em> a aussi pris le sens figuré de «&nbsp;désir intense et continuel de quelque chose&nbsp;»&nbsp;: par exemple une <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">boulimie</em> de savoir, c’est «&nbsp;une immense curiosité intellectuelle&nbsp;».</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;"><span style=
    "mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;">&nbsp;</span></span></span> <span style=
    "font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;">Dans l’Iliade, le
    poète grec Homère décrit une <em style="mso-bidi-font-style: normal;">hekatombê</em>, mot créé à partir de <em style="mso-bidi-font-style: normal;">hecaton</em>,&nbsp; «&nbsp;cent&nbsp;» et
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bous</em>, «&nbsp;bœuf&nbsp;», et qui signifie littéralement «&nbsp;sacrifice de cent bœufs&nbsp;». Plus généralement, l’<em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">hekatombê</em> était, dans la Grèce antique, une cérémonie religieuse au cours de laquelle un grand nombre d’animaux, bœufs et autres (chèvres, moutons…), étaient
    immolés, offerts en sacrifice aux dieux qui se nourrissaient du fumet de ces viandes grillées. L’<em style="mso-bidi-font-style: normal;">hekatombê</em>, selon Homère se déroule ainsi&nbsp;:
    «&nbsp;Après avoir prié et répandu de l’orge non moulue, ils [Ulysse et ses compagnons] tirèrent vers le ciel la tête des victimes [les bœufs et les moutons…], les égorgèrent, les
    écorchèrent&nbsp;; ils coupèrent les cuisses&nbsp;» et les firent brûler, puis «&nbsp;ils dépecèrent le reste des victimes, embrochèrent les morceaux, les firent rôtir
    habilement&nbsp;»…</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    &nbsp; <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="font-size: 12pt;">C’est justement dans le sens de «&nbsp;massacre d’un grand nombre de personnes&nbsp;»
    que le mot <em style="mso-bidi-font-style: normal;">hécatombe</em>, issu du grec <em style="mso-bidi-font-style: normal;">hekatombê</em>, a pris en français, au XVIIè siècle, devenant ainsi
    synonyme de «&nbsp;carnage&nbsp;» ou «&nbsp;tuerie&nbsp;». Par exemple, on peut dire que la bataille de Waterloo, perdue par Napoléon 1<sup>er</sup> en 1815, et qui fit plus de 10&nbsp;000 morts,
    fut une hécatombe. Bien avant Napoléon, Alexandre le Grand, dans ses guerres de conquête à la tête des armées grecques, au IVè siècle avant J.C., a provoqué quelques hécatombes<img height="299"
    width="300" src="http://img.over-blog.com/300x299/2/43/14/66/grece/Alexandre_bucephale.jpg" alt="Alexandre bucephale" class="DrteTexte"> mémorables, comme celle de la bataille de l’Hydaspe, aux
    frontières de l’Inde&nbsp;. On raconte que Bucéphale, le célèbre cheval d’Alexandre le Grand, serait mort lors de ce combat. Or Bucéphale, en grec <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Boukephalas</em>, est un nom qui associe <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bous</em>, le «&nbsp;bœuf&nbsp;», et <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">kephalê</em>, la tête, et qui par conséquent signifie «&nbsp;tête de bœuf&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;">Selon Pline l’Ancien, auteur romain du 1<sup>er</sup> siècle,
    Bucépahle était ainsi nommé «&nbsp;soit à cause de son aspect farouche, soit à cause d’une tâche en forme de tête de taureau qu’il avait sur l’épaule&nbsp;». Le même Pline, dans son <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">Histoire naturelle</em>, décrit, outre les chevaux en général et Bucéphale en particulier, de nombreuses espèces animales, dont les serpents. Et voici ce que dit
    Pline au sujet des boas&nbsp;: «&nbsp;ils se nourrissent d’abord en tétant les vaches&nbsp;; c’est de là que vient leur nom. D’après Pline, donc, le mot <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">boa</em> (qui en latin désignait, tout comme sa variante <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bova</em>, un grand serpent) serait dérivé de <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">bos</em> ou <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bovis</em> (le bœuf ou la vache en latin). Cette étymologie est possible, mais hypothétique, tout comme celle
    du mot <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boy</em>, le «&nbsp;garçon&nbsp;» anglais, qui figure dans les dictionnaires français depuis le XIXè siècle…</span></span></span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif; font-size: 12pt;"><span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> Et ça se complique&nbsp;! A l’origine du mot <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">boy</em>, il pourrait y avoir le grec <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boeiai</em>, désignant une «&nbsp;lanière faite de peau de bœuf&nbsp;», et, par
    extension, «&nbsp;un lien, une entrave&nbsp;». <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Boeiai</em> a donné, en latin, <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boiae</em>, les «&nbsp;fers&nbsp;»
    (qui servaient à entraver les prisonniers), et ce nom pourrait être l’ancêtre du verbe <em style="mso-bidi-font-style: normal;">embuier</em>, qui en ancien français signifiait «&nbsp; enchaîner,
    entraver&nbsp;». C’est de ce verbe que les Anglais auraient tiré leur <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boy</em>, en lui attribuant, d’abord, le sens d’&nbsp;«&nbsp;homme enchaîné,
    prisonnier des fers&nbsp;». En tout cas, au XIVè siècle, le mot <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boy</em> désignait en Angleterre un «&nbsp;esclave&nbsp;», parallèlement à un
    «&nbsp;garçon&nbsp;» ou à un «&nbsp;jeune homme&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-size: 12pt;"><span style="font-family: Calibri;"><span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> <span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;">Toujours à propos du
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bœuf</em> et des mots anglais utilisés en français&nbsp;: <em style="mso-bidi-font-style: normal;">cow-boy</em> (<em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">cowboy</em> en anglais) est apparu au XVIIIè siècle. A cette époque, en Angleterre, le <em style="mso-bidi-font-style: normal;">cow-boy</em> était l’équivalent de
    notre vacher (puisque <em style="mso-bidi-font-style: normal;">cow</em> est nom anglais de la vache), ou de notre <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bouvier</em>, mot issu du latin
    <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boarius</em> ou <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bovarius</em>, le «&nbsp;marchand de bœuf&nbsp;», mais qui a pris, en français, le sens de
    «&nbsp;gardien de bœufs&nbsp;». Dans la Grèce antique, le gardien de bœufs était un <em style="mso-bidi-font-style: normal;">boukolos</em>… <span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span>A partir
    de ce mot, la langue grecque, a forgé l’adjectif <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bukolikos</em> signifiant «&nbsp;qui concerne les bouviers&nbsp;» et plus généralement «&nbsp;qui
    concerne les gardiens de troupeaux (bouviers et bergers). Cet adjectif, repris par le latin <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bucolicus</em>, puis par le français <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">bucolique</em>, s’est employé en poésie, dès l’Antiquité pour qualifier une œuvre exaltant les joies de la vie champêtre, et chantant l’amour de la Nature et de la
    campagne. Parmi les maîtres du genre bucolique, on peut citer le poète grec Théocrite (IVè-IIIè siècles avant J.C.) et le poète latin Virgile (1<sup>er</sup> siècle av. J.C.) qui justement est
    l’auteur d’un recueil intitulé <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Bucolica</em> (<em style="mso-bidi-font-style: normal;">les</em> <em style="mso-bidi-font-style: normal;">Bucoliques</em>).
    Aujourd’hui, comme jadis, on peut goûter les plaisirs <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bucoliques</em>, se sentir l’âme <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bucolique</em> devant un
    calme et doux paysage campagnard… Et cela, ne l’oublions pas, grâce au <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bous</em>, au <em style="mso-bidi-font-style: normal;">bos</em>, au <em style=
    "mso-bidi-font-style: normal;">bœuf</em> quoi&nbsp;!</span></span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 01 Apr 2011 14:27:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">412c011484c5681fec46eb9403a31f2c</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-boeuf-un-mot-vachement-utilise-70754241-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les mystérieuses origines du Mystère]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-les-mysterieuses-origines-du-mystere-66391401.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp; _ <em><span style="font-size: 12pt;">"Occupe toi de dispacher le marchandising, moi je suis over-booké !"</span></em>
  </p>
  <p>
    <em>&nbsp;</em>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Oh la belle phrase que voilà ! Ce n'est ni du français ni de l'anglais, c'est du crétin, une sous-langue de plus en plus répandue au sein des grandes
    sociétés multinationales, et pratiquée par des lobotomisés de tous âges, persuadés de faire partie de l'élite (l'élite de quoi ? Mystère !)</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Deuxième mystère : pourquoi tant de français s'escriment-ils à massacrer une langue d'une telle richesse, d'une telle précision, d'une telle sensibilité, la
    leur, le Français ? Ethno-masochisme ?</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; C'est difficile à comprendre, c'est vraiment mystérieux...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le mot mystère vient de <em>mustêrion</em>, qui désignait en Grèce, dans l'Antiquité, une cérémonie religieuse<span style="font-size: 8pt;">[1]</span>
    secrète, à laquelle on ne pouvait assister et participer qui si l'on avait reçu une invitation permettant d'en comprendre le sens profond et caché. Les <em>mustêria</em> (pluriel de
    <em>mustêrion</em>) les plus célèbres étaient ceux qui étaient célébrés à Éleusis, près d'Athènes, dans le temple dédié à Déméter, la grande déesse de la Fertilité et de l'Agriculture.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="250" width="500" src="http://img.over-blog.com/500x250/2/43/14/66/grece/divinatio8.gif" alt="divinatio8" class="CtreTexte"></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le prêtre chargé d'initié aux <em>mustêria</em>, aux mystères sacrés, était appelé un <em>mustagôgos</em>, un "mystagogue". Et lorsqu'on était "initié", on
    devenait un <em>mustês</em>, et on ne devait révéler à personne ce qu'on avait appris. Tous ces mots, <em>mustêria, mustagôgos</em> et <em>mustês</em>, ont une origine commune : le verbe grec
    <em>muein</em>, signifiant "se fermer". En effet, les mystères de la Grèce antique étaient des cultes fermés, interdits aux non-initiés.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">La langue latine a emprunté au grec son <em>mustêrion</em> et en a fait un <em>mysterium</em>, mot qui, en passant du latin à l'ancien français, est devenu
    un <em>mystère</em>. Au XIIIè siècle, on appelait <em>mystère</em> ce qui, dans la religion chrétienne, avait un sens secret, caché, et qui n'était connu que de Dieu. Ce n'est qu'à partir de la
    fin du XVè siècle que le mot <em>mystère</em> a commencé à être employé en dehors du domaine religieux, pour désigner, d'abord, une chose, un phénomène que la raison humaine ne peut pas
    expliquer, puis, à partir du XVIIè siècle, plus généralement, une "chose cachée, secrète" ou " quelque chose d'incompréhensible, d'obscur".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Au XVIIIè siècle, une des distraction à la mode, dans les salons parisiens, consistait à trouver une personne naïve et crédule, et à lui faire croire quelque
    chose d'invraisemblable, ou bien à l'inviter à une fausse et burlesque cérémonie d'initiation, pour, dans tous les cas, rire à ses dépens. Ainsi est né le verbe <em>mystifier</em>, créé, par
    plaisanterie, avec le sens d' "initier quelqu'un aux (faux) mystères", c'est à dire "tromper", "abuser de la crédulité" d'une personne pour s'amuser.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Dans la famille du <em>mystère</em>, il y a aussi l'adjectif <em>mystique</em>, issu du grec <em>mustikos</em>, "relatif aux mystères", et qui est synonyme
    de "religieux" : un élan mystique est un élan vers le mystère divin, une quête de Dieu. Enfin, et c'est plus surprenant, le mot <em>myope</em> appartient aussi à cette famille : il vient du grec
    <em>muôps</em>, adjectif formé à partir du verbe <em>muein</em>, "se fermer" et <em>ôps</em>, l' "œil, et signifiant "qui ferme à demi les yeux".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 10pt;">[1] Religions antiques (<a href="http://www.mediterranees.net/civilisation/religions/index.html">cliquez ici</a>)</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 03 Feb 2011 18:23:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5f303fa61cea094ab384cbb783939532</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-les-mysterieuses-origines-du-mystere-66391401-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Grotesque, un mot venu... des profondeurs]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-grotesque-un-mot-venu-des-profondeurs-63063071.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Si notre langue, le français, évolue, il n'est pas certains que cela soit toujours de façon enrichissante et positive. Il n'est pas rare d'entendre des
    journalistes ou des animateurs d'émission de télévision ou de radio, s'exprimer dans un français plus d'approximatif, ou d'une grande pauvreté, quand ce n'est pas en franglais. Pourtant, ces
    personnes, parce qu'appelées à s'exprimer en public, devraient être sélectionnées en fonction de leurs qualités professionnelles, dont&nbsp;une&nbsp;maîtrise impeccable du français&nbsp;fait
    partie. C'est malheureusement (mais certainement pas&nbsp;par hasard), lors de programmes destinés aux jeunes que, par le vocabulaire employé, les vedettes grassement payées du petit écran ou des
    ondes radios,se comportent de façon grotesque.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style="font-size: 12pt;">Tiens justement, d'où nous vient le mot <em>grotesque</em> ?</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Tout commence avec <em>Kruptein</em> verbe grec signifiant "cacher, dissimuler". De ce verbe est issu <em>Krupté</em>, nom désignant, en grec toujours, une
    "voute souterraine" ou une "salle souterraine cachée". En latin, <em>krupté</em> s'est transformé en <em>crypta</em>, sans changer de sens : la <em>crypta</em> latine est un "caveau" et une
    "salle ou galerie souterraine".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La <em>crypta</em> latine a donné plusieurs mots en français : d'une part le nom <em>crypte</em>, servant à nommer un caveau ou une chapelle aménagés sous
    une église, et d'autre part les mots <em>crote</em> et <em>croute</em>, qui, en ancien français, désignaient une "caverne", une "cavité naturelle".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Tandis qu'en France la <em>crypta</em> se transformait en <em>crote</em> et en <em>croute</em>, en Italie la même <em>crypta</em> devenait une
    <em>grotta</em>. À partir du XVIè siècle, cette <em>grotta</em> italienne a été adoptée en France, sous la forme <em>grotte</em>, pour désigner notamment une construction décorative imitant une
    cavité naturelle. À cette époque, en effet, suivant la mode italienne, on se plaisait à aménager, dans les parcs et les jardins, des cavernes artificielles, ornées de coquilles et coquillages
    incrustés sur les parois, agrémentées d'une fontaine et de jets d'eau... Ce fut le cas à Versailles où en 1664 (achevée en 1670, détruite en 1684) fut construite la grotte de Thétis, sur le côté
    nord du château. Ses murs étaient tapissées de coquillages, de galets et de pierres colorées. <a href="http://www.lettres.ac-versailles.fr/spip.php?article339">Décrite par Jean de la
    Fontaine</a>, elle inspira à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Lully">Lully</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_de_Vis%C3%A9e">Robert de Visée</a>, une œuvre
    musicale.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
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  </div>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<span style=
    "font-size: 10pt;">Robert de Visée - <em>La Grotte de Versailles</em> - (<a href="http://www.instrumentsmedievaux.org/pages/Luth14.htm">Luth</a>)</span></span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le nom <em>grotta</em>, en italien, désignait aussi une "excavation archéologique" autrement dit une cavité dans laquelle étaient enfouis des vestiges
    archéologiques. Or, à la fin du XVè siècles, les Italiens découvrirent à Rome, les vestiges ensevelis de la <em>Domus aurea</em> ("Maison dorée") , un palais somptueux bâti au Ier siècle pour
    l'empereur romain Néron. Sur les murs de son palais, Néron avait fait peindre un décor plein de fantaisie, composé d'élégants motifs végétaux, aux courbes gracieuses, de guirlandes légères, et
    d'étranges figures humaines ou animales. Ces fresques antiques fascinèrent aussitôt les artistes italiens de la Renaissance, qui en imitèrent le style... Un nouveau genre artistique naquit ainsi
    : la <em>pittura grotesca</em>, ou "peinture de grotte", ainsi baptisée parce qu'elle s'inspirait des peintures trouvées dans la grotta, dans l'excavation abritant le palais de Néron. L'adjectif
    <em>grottesca</em>, qui signifiait donc de "grotte" fut bientôt également employé comme nom, et au, XVIè siècle, ce nom prit, en Italie, le sens de "peinture caricaturale ou licencieuse
    (indécente)".</span>
  </p>
  <div>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le mot italien <em>grottesca</em>, suivant le même chemin que la <em>grotta</em> quelques années plus tôt, est arrivé en France dans les années 1550. Là,
    ayant été francisé en grotesque, et ayant perdu un t à la douane, il a d'abord été employé dans le vocabulaire de l'art pour nommer certains éléments décoratifs peints ou sculptés que l'on
    trouvait dans les ruines antiques, et&nbsp;aussi pour évoquer des ornements <em>à l'italienne</em>, c'est-à-dire imitant les décors antiques.</span>
  </div>
  <div>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Ensuite, <em>grotesque</em> a eu, comme adjectif, différents sens figurés, devenant synonyme d'"extravagant"&nbsp; et de "burlesque", ou bien de
    "fantastique" et de "fou". Pendant ce temps, et de son côté, le nom grotte remplaçait peu à peu les anciennes <em>crote</em> et <em>croute</em>, et s'imposait&nbsp; définitivement, au XVIIè
    siècle, comme le mot le plus courant pour désigner une "caverne", ou toute autre "cavité naturelle". Au XIXè siècle, <em>grotesque</em> a finalement pris le sens général "caricatural", "ridicule"
    ou "bizarement ridicule".</span>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Wed, 15 Dec 2010 13:20:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">d4ab9111c923ed297edf31919f999ea7</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-grotesque-un-mot-venu-des-profondeurs-63063071-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[DU FRANCIQUE AU FRANCAIS : BAN]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-du-latin-au-francais-ban-59296076.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">Si tous les jours nous utilisons des mots d'origine gauloise, notre langue a été largement influencée par le latin. Avec l'installation de peuples
    germaniques en Gaule, de nouveaux mots font leur apparition. Les Francs apportent le mot <em>ban</em>, celui-ci évoluera au&nbsp;fil des siècles pour nous parvenir sous différentes formes.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La petite histoire d'un mot, c'est l'histoire d'une langue, l'histoire d'un peuple.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">Au Vème siècle, les Francs saliens se sont installés dans le Nord de la Gaulle. Ce peuple germanique venu du Nord de l'Europe, a dans ses bagages un mot,
    tout petit, mais qui fera son chemin. Le mot <em>ban</em> signifiait en francique (la langue des Francs), une "loi", une "règle", dont le non respect entraînait comme cela était prévu dans la
    <span style="color: #ffff00;"><a href="http://dossierstorique.over-blog.com/article-la-proclamation-de-la-loi-salique-58013187.html">loi salique</a></span>, une sanction.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Au Moyen-Âge, et à l'époque féodale, le mot ban a pris le sens de "proclamation officielle" destinée a rendre publique la volonté d'un seigneur : lorsqu'il
    voulait ordonner ou interdire quelque chose, le seigneur faisait crier son ban, c'est-à-dire proclamer par un <span style="color: #ffff00;"><a href=
    "http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raut">héraut</a></span> à voix haute et forte, dans les rues et les campagnes, son ordre, sa loi, sa décision. Parfois le <em>ban</em> était un ban de guerre,
    par lequel un seigneur suzerain convoquait tous ses vassaux (les nobles qui lui devaient obéissance) pour le servir à la guerre : ainsi, le mot <em>ban</em>a désigné aussi, dès le VIIIème siècle,
    la "convocation" lancée par un suzerain à ses vassaux, lesquels venaient alors se ranger sous la <em>bannière</em>du seigneur, c'est-à-dire sous l'étendard symbolisant son ban, son
    autorité.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; "Proclamation" ou "convocation" seigneuriale, le ban à l'époque féodale, était également, par extension, le "territoire soumis au pouvoir et à la justice
    d'un seigneur"; et, à partir du XIIème siècle, on a donné le nom de banlieue, mot composé de <em>ban</em> et de lieue (ancienne mesure de distance), au territoire d'environ une lieue, soit
    approximativement quatre kilomètres, situé autour d'une ville, et placé sous l'autorité de cette ville.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">À partir du XIIIème siècle, les installations techniques (four à pain, moulin, pressoir...) appartenant à un seigneur, et situées sur son ban, sur son
    domaine. Ces installations étaient une source de revenus pour le seigneur, car la population, qui devait payer pour en avoir l'usage, ne pouvait utiliser d'autre four, d'autre moulin, d'autre
    pressoir que le four <em>banal,</em> que le moulin <em>banal</em>, que le pressoir <em>banal</em>... Ce droit que le seigneur avait d'imposer à ses sujets l'usage des installations banales
    s'appelait la banalité. Après l'époque féodale, l'adjectif <em>banal</em> est devenu synonyme de "communal" : le four <em>banal</em>était le four à pain du village, de la commune, un équipement
    mis à la disposition de tous les habitants, et donc un bien commun, ordinaire. Au XVIIIème siècle, <em>banal</em> a ainsi pris un sens figuré, celui de "commun, sans originalité, sans
    particularité", son sens actuel. Et le mot <em>banalité</em> dès lors s'est employé pour désigner le "caractère de ce qui est commun, ordinaire".</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">Autre dérivé du mot <em>ban</em>, le verbe <em>bannir</em>. Au XIème siècle, ce verbe signifiait "rassembler, convoquer une armée en faisant crier le
    <em>ban</em>, l'appel à la guerre", et, plus généralement, "proclamer, faire une annonce à son de trompe, à cris public". À partir de XIIIème siècle, <em>bannir</em> a pris aussi le sens de
    "proclamer une condamnation à l'exil", "exiler (sur décision d'une autorité), expulser, chasser, exclure"; et, avec ce sens (qui a peu à peu éliminé les précédents), <em>bannir</em> a eu comme
    synonyme le verbe <em>forbanir</em>, aujourd'hui disparu, mais à partir duquel a été créé, toujours au XIIIème siècle, le nom <em>forsban</em>, qui a d'abord signifié "bannissement", puis qui a
    servi à désigner un "pirate" : en effet littéralement, <em>forsban</em> signifie "hors du ban" (le préfixe <em>fors</em>- ou <em>for</em>- étant issu du latin <em>fortis</em>, "hors de"); or, le
    pirate est un hors-la-loi, qui refuse de se soumettre à un quelconque ban, à une quelconque autorité... Il mérite donc bien le nom de <em>forsban</em>, ou, en version moderne, de
    <em>forban</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Au XVIème siècle, le mot <em>ban</em> qui s'employait toujours, comme au Moyen Âge, pour exprimer l'idée de l'autorité et du pouvoir exercé par un seigneur
    sur un territoire, et pour désigner une "proclamation", une "annonce publique" et une "convocation", a reçu en plus le sens d'"exil", puisque <em>bannir</em> désormais signifiait "exiler"; à la
    même époque, on a aussi donné le nom de <em>ban</em>&nbsp;à l'ensemble des nobles convoqués par un roi, un prince, un seigneur... pour l'aider et l'assister dans une guerre.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="223" width="150" src="http://idata.over-blog.com/2/43/14/66/heraut-sonnant-vers-la-droi.gif" alt="heraut-sonnant-vers-la-droi" class="GcheTexte">&nbsp;
    Autrefois les annonces publiques et les proclamations officielles, les bans, donc, étaient signalés et accompagnés de roulements de tambour ou de sonneries de trompette, qui, au XVIIème siècle,
    ont également été appelés des bans. Au XIXème siècle, dans le prolongement de ce sens , un <em>ban</em> est devenu une"salve d'applaudissements rythmés" ou une "ovation".</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Aujourd'hui, on n'utilise plus beaucoup le mot <em>ban</em>, sauf dans quelques locutions et expressions, comme par exemple publier <em>les bans</em> où
    <em>bans</em>, généralement au pluriel, a le sens d'"annonce officielle d'un mariage". On peut citer aussi l'expression convoquer <em>le ban</em> et <em>l'arrière-ban</em>, dans laquelle ban est
    pris au sens de "ensemble des nobles convoqués à la guerre par un seigneur", et qui signifie, de manière figurée, "convoquer tout le monde (famille, amis, connaissance...)". On dit encore mettre
    au <em>ban</em>, pour "mettre à l'écart", et ban est dans ce cas synonyme d'"exil" : <em>mettre quelqu'un au ban de la société</em>, c'est le déclarer indigne, le désigner comme méprisable et
    infréquentable, ce qui d'une certaine manière&nbsp;revient à&nbsp;l'exiler.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; <em>Fermez le ban</em>.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Wed, 20 Oct 2010 17:33:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2fae2d2fd57e54f571c4e2d2037de918</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-du-latin-au-francais-ban-59296076-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[DU LATIN AU FRANCAIS : MONETA]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-du-latin-au-francais-moneta-56060736.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La victoire de Jules César sur Vercingétorix &nbsp;en 52 av.J.C. change le destin de la Gaule. En se romanisant, elle adopte une organisation administrative
    et militaire qui lui faisait défaut, tout en gardant certaines caractéristiques qui lui sont propre, son héritage celte.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le latin, la langue des nouveaux maîtres&nbsp;du pays s'impose. Mais les années, les siècles passent et cette langue évolue sous l'influence du gaulois puis
    du francique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Voici un exemple d'un&nbsp;mot latin&nbsp;<em>moneta</em> qui va, à force de transformation donner le mot <em>monnaie</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La petite histoire d'un mot, c'est l'histoire d'une langue, l'histoire d'un peuple.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="155" src="http://img.over-blog.com/155x300/2/43/14/66/Junon.jpg" alt="Junon" class="GcheTexte">&nbsp; Le mot <em>moneta</em> a été créé à
    partir du verbe <em>monere</em> qui signifie "faire penser, faire se souvenir", et "avertir" ou "conseiller", et qui a d'abord été un nom propre : <em>Moneta</em> était le surnom de la déesse
    Junon, l'épouse de Jupiter, le roi des dieux; Junon Moneta, c'est à dire Junon la "Conseillère" ou "Celle qui avertit". Et voici pourquoi, d'après Ciceron (homme politique et auteur latin du 1er
    siècle avant J.C.) : durant un tremblement de terre, les Romains entendirent une voix s'élever du temple de Junon, sur la colline du Capitol, à Rome; cette voix les avertissait du danger, et leur
    conseillait d'offrir des sacrifices aux dieux pour les apaiser. C'est ainsi, d'après cette légende, que le surnom de <em>Moneta</em> fut attribué à Junon.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Reine du Ciel, déesse du Mariage, Junon était donc honorée, à Rome, dans un temple qui se dressait sur la colline du Capitol. C'est dans l'enceinte de ce
    temple que fut installé, au début du IVèsiècle avant J.C., le premier atelier de frappe, de fabrication de pièces de monnaie romaines, activité qui se trouva ainsi placée, dès l'origine sous la
    protection de Junon Moneta. Et les Romains prirent l'habitude d'employer le nom de Moneta pour désigner, aussi, le temple de la déesse, puis les petites pièces de métal qui étaient produites dans
    l'atelier du temple : c'est ainsi que le mot <em>moneta</em> est devenu un nom commun en latin, et a pris le sens courant de "monnaie".</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La <em>moneta</em> latine est devenue en français, de la <em>monoie</em>, puis de la <em>monnoye,</em> et enfin, au XVIè siècle, de la
    <em>monnaie</em>.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Revenons au verbe <em>monere</em> : outre <em>moneta</em>, plusieurs autres mots latins en sont dérivés, comme <em>monitio</em>, le "conseil",
    "l'avertissement", et <em>praemonitio</em>, "l'avertissement préalable" (puisque <em>prae</em> signifie à "l'avance" en latin), qui a donné en français <em>prémonition</em> et
    <em>prémonitoire</em>. Une prémonition est un&nbsp;préssentiment, un&nbsp;avertissement inexplicable qui nous révèle à l'avance un événement, lors d'un <em>rêve prémonitoire</em>, par
    exemple.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; On trouve aussi, en latin, le verbe <em>admonere</em>, "donner un avertissement", qui a abouti en français, à <em>admonester</em>, "réprimander en donnant un
    avertissement". Et le <em>monitor</em>, qui en latin était un "conseiller", un "guide" ou un "instructeur", est l'ancêtre de notre <em>moniteur</em>. Enfin, il y a le
    <em>monumentum</em>...</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Les Romains donnaient le nom de <em>monumentum</em> à tout ce qui servait à rappeler le souvenir (de quelqu'un ou de quelque chose), et notamment à perpétuer
    la mémoire d'un mort : stèle, inscription, statue, tombeau... C'est d'ailleurs avec le sens de "tombeau" que le mot monument, issu de <em>monumentum,</em> a d'abord été utilisé en français, avant
    de désigner plus généralement un ouvrage d'architecture ou de sculpture, commémoratif ou non.</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 27 Aug 2010 16:51:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bf2062b412a668dbfd06919b18979c27</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-du-latin-au-francais-moneta-56060736-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[TRIPALIUM, DU LATIN AU FRANCAIS]]></title>
        <link>http://www.e-stoire.net/article-tripalium-du-latin-au-francais-53368493.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp; <span style="font-size: 12pt;">La victoire de Jules César sur Vercingétorix &nbsp;en 52 av.J.C. change le destin de la Gaule. En se romanisant, elle adopte une organisation administrative
    et militaire qui lui faisait défaut, tout en gardant certaines caractéristiques qui lui sont propre, son héritage celte.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Le latin, la langue des nouveaux maîtres&nbsp;du pays s'impose. Mais les années, les siècles passent et cette langue évolue sous l'influence du gaulois puis
    du francique.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Voici un exemple d'un terme latin <em>tripalium</em> ou <em>trepalium</em> qui va, à force de transformation donner le verbe travailler.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; La petite histoire d'un mot, c'est l'histoire d'une langue, l'histoire d'un peuple.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;"><img height="300" width="300" src="http://img.over-blog.com/300x300/2/43/14/66/Instruments-Torture.jpg" alt="Instruments-Torture" class="GcheTexte">&nbsp;</span>
    <span style="font-size: 12pt;">Tripalium, mot composé de <em>tres</em>, "trois" et de <em>palus</em>, le "pieu"; dans le latin populaire parlé en Gaule, un <em>tripalium</em> était une structure
    formée de trois pieux, une sorte de chevalet auquel on attachait les bœufs ou les chevaux, afin de les immobiliser pour pouvoir leur mettre des fers ou leur donner des soins. Puis au Moyen Âge,
    le nom de <em>trepalium</em> va désigner "un instrument de torture", comme l'atteste un texte du VIè siècle : à cette époque, ce sont les voleurs, les brigands, les criminels qui étaient attachés
    à un <em>trepalium</em> pour y être châtiés et torturés.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; À partir de <em>trepalium</em> a été formé le verbe tripaliare ("torturer sur un <em>trepalium</em>"), qui a donné, au XIè siècle, <em>travailler
    :</em>&nbsp;en ancien français, <em>travailler</em> signifiait, au sens propre, "torturer un condamné", et, plus généralement, "tourmenter, faire souffrir quelqu'un physiquement ou moralement" ou
    "souffrir". Au cours du Moyen Àge, <em>travailler</em> a pris aussi le sens de "brutaliser, malmener (quelqu'un)" et d'"abîmer (quelque chose)". Quant au nom <em>travail,</em> apparu au XIIè
    siècle, il désignait une "vive douleur", un "tourment", un "effort important" ou la "grande fatigue" en résultant.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; Peu à peu, l'idée de souffrance véhiculée par les mots <em>travailler</em> et <em>travail</em> s'est affaiblie : <em>travailler</em> est devenu synonyme de
    "tracasser, inquiéter", et de "fournir un effort"; c'est dans le prolongement de ce dernier sens que, au XVIè siècle, le verbe <em>travailler</em> a commencer à s'employer pour désigner l'action
    d'"exercer une activité pour gagner sa vie"; parallèlement, le nom <em>travail</em> a pris le sens courant de "activité régulière permettant de subsister", et de "métier", tout en continuant à
    désigner un effort qu'on fournit pour accomplir une tâche". Si cet "effort fourni" est important et pénible, alors on peut aussi lui donner le nom de <em>labeur</em>.</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 12pt;">&nbsp; <em>Labeur</em> vient du latin <em>labor</em> signifiant "effort fatigant", "peine qu'on se donne pour réaliser quelque chose", "épreuve",et aussi "situation
    pénible" ou "malheur". Ce <em>labor</em> latin a donné en français, le nom <em>labur</em>, au XIIè siècle, qui par la suite a pris deux formes distinctes : d'une part le <em>labour</em>, ou
    travail (fatigant et pénible) de la terre et des champs, et d'autre part le <em>labeur</em>, désignant plus généralement un "travail pénible", et aussi, à l'origine, comme en latin, un "malheur",
    une "douleur profonde".</span>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
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  </div>]]></description>
        <pubDate>Sat, 03 Jul 2010 16:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">831808544118b73b30e7597fdc10709c</guid>
                <category>L'histoire des mots</category>        <comments>http://www.e-stoire.net/article-tripalium-du-latin-au-francais-53368493-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
