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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 14:07
Sidoine Apollinaire (Caius Sollius Apollinaris Sidonius) est né en 430 à Lyon.
Issu d'une illustre famille arverne des Gaules, ses poèmes et ses lettres nous fournissent un témoignage unique et intéressant sur l'Auvergne du Vème siècle, sur les mœurs et les positions politiques de l'aristocratie gallo-romaine au sein des nouveaux royaumes barbares. 
Il fut préfet de Rome en 468, puis évêque de Clermont en 471.
Sidoine Apollinaire est mort en 486, à Clermont.

Dans une de ses lettres, il parle de Burgondes :

"Je vis au milieu des hordes chevelues ! J'ai à supporter le langage germanique; je dois applaudir, malgré mon humeur noire, les chansons du Burgonde gavé, qui s'enduit les cheveux de beurre rance. Heureux tes yeux et tes oreilles, heureux aussi ton nez, toi qui n'a pas à subir l'odeur de l'ail ou de l'oignon infect que renvoie dès le matin la cuisine de ces barbares !"

                                Le royaume burgonde dans la deuxième moitié du Ve siècle

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 15:21

Petite vidéo amusante expliquant, certes un peu approximativement, l'origine des mots France et Français.

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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 00:20

A la mort de Clodion le chevelu en 448, c'est son fils Mérovée, adopté par le général Romain Aétius qui a été élu "roi des Francs saliens".
Ces derniers sont alors autorisés par les autorités romaines à s'installer sur un territoire situé entre Arras et Cambrais. Mérovée décide d'établir sa résidence à Tournai.

Lorsqu'en 451, Attila et son armée déferlent sur la Gaule, Mérovée à la tête de ses troupes se joint aux Gallo-Romains et aux Wisigoths, contribuant ainsi à chasser définitivement les Huns de Gaule.
Cette victoire scelle définitivement l'implantation des Francs Saliens dans le nord de la Gaule.
Les rois de la première dynastie franque sont appelés Mérovingiens, en l'honneur de ce roi, qui donne un territoire à son peuple.

Aétius ayant été assassiné, c'est Avitus qui gouverne au nom de Rome, le nord de la Gaule. Il a pour charge le domaine administratif et diplomatique tandis que Mérovée s'occupe du secteur militaire.
Le roi Franc forme à cette tache son fils Childéric, dont le nom signifie "puissant à la guerre". 
Celui-ci, considéré comme "l'homme le mieux fait de son royaume", réputé comme étant doué d'esprit et de courage va s'attirer quelques inimitiés au sein de son peuple qui vont le contraindre à quitter les siens pendant quelques années.
Entre 451 et 457, Childéric séjourne à Byzance, durant le règne de Marcien. A la cour prestigieuse de l'Empire Romain d'Orient il va acquérir une précieuse expérience et c'est un homme aguerri qui regagne le royaume des Francs Saliens en 457.

Mérovée est mort et Childéric 1er lui succède.
Aegidius est le nouveau Magister Militum nommé par Rome
A peine hissé sur le pavois*, Childéric est contesté par de nombreux chefs saliens qui n'apprécient pas sa volonté de gouverner de façon héréditaire et ne goutent guère plus son goût immodéré pour les femmes.
Childéric est contraint de quitter son peuple. Il s'exile en Germanies (territoires correspondant à peu près à l'Allemagne, la Pologne et les pays Baltes) et est accueilli par Basin le roi de Thuringe, une région du centre de l'Allemagne.
Childéric séjourne quelques années en Thuringe**. Il séduit la reine Basine et celle-ci le suit lorsque réclamé par son peuple, il regagne ses terres.
A son retour en 463, Childéric remonte sur le trône et épouse Basine.
La même année, Childéric apparaît aux côtés d'Aegidius lors d'un combat qui permet d'arrêter et de repousser au-delà d'Orléans les troupes balthes de Théodoric II. Childéric 1er tue lui-même lors des combats le prince Frédéric, frère du roi Goth, ce qui assure le prestige du roi franc, combattant pour Rome mais construisant sa propre renommée.

                           Anneau sigilaire (chevalière) retrouvé dans la tombe du roi Childéric 1er en 1653

  A ce moment-là, Aegidius et Childéric "règnent" tous deux sur un territoire qui s'étend du royaume Salien à la Loire, et cela jusqu'au décès d'Aegidius en 465. Syagrius, fils d'Aegidius, est alors bien trop jeune pour succéder à son père comme maître des milices.
Depuis la fin du règne de l'empereur Majorien (461), aucune autorité romaine ne se manifeste véritablement dans les Gaules et c'est le comte Paul qui gouverne un temps, avec l'aide de Childéric, le territoire que Goths, Burgondes et autres barbares ont consenti à laisser sous la seule tutelle de Rome au nord de la Loire.
Childéric, appuyé sur son propre royaume, remplit dans le territoire romain le rôle indispensable de général victorieux et d'administrateur dont Rome a besoin. Il remporte encore une victoire en 468 arrêtant l'avancée des Goths, et il place des hommes de son choix, des Francs surtout, aux postes administratifs importants, comme Rignomer au Mans. En 471, Syagrius reconnu comme gouverneur de ce lambeau de territoire romain, installe sa résidence au plus loin des Goths et au plus près des Francs qui le surveillent, à Soissons.

                                                                   En jaune le royaume de Syagrius

L'empire d'Occident chemine vers sa fin, mais Childéric a depuis longtemps appris à gouverner seul, à protéger seul Romains et Gaulois du nord de la Seine. Peu soucieux des évènements italiens de 476 (chute de l'Empire d'Occident) et insensible devant le simulacre de pouvoir d'Odoacre, il élimine, probablement de ses mains, le comte Paul et s'empare du comté d'Angers.

Syagrius n'est plus le représentant de personne, mais il est toujours là, installé de la Belgique Seconde à la Loire, très dépendant des Francs.

Le peuple wisigoth qui s'est installé principalement dans le sud-ouest de la Gaule est dirigé entre 470 et 490, par  Théodoric II, Euric, qui succède à son frère après l'avoir assassiné, puis Alaric.
Ces rois sont de religion arienne*** et durant leur règne se développe une forte persécution contre les catholiques, et plus généralement contre les Gallo-Romains.
Les enjeux pour la suprématie des Gaules sont ouverts, en terme politique mais aussi religieux, car deux des trois puissances en compétition sont de foi arienne, (les Wisigoths et les Burgondes****) la troisième (les Francs) n'a pas fait de choix. Les Gallo-Romains sont catholiques, à tous les échelons de la société, notables et paysans.

Childéric 1er tente d'agrandir son royaume mais dans les dernières années de son règne il essuie quelques revers qui ont pour effet de diminuer l'étendu du territoire Franc.
Le roi des Francs Saliens meurt en décembre 481. La "gothisation" de l'Europe occidentale est en cours de réalisation. Les peuples catholiques des Gaules n'ont plus qu'un seul recours, celui de leurs évêques, et ils se pressent autour d'eux. Mi-saint, mi-héros, les évêques de Gaule assurent la défense de leurs fidèles jusque dans les combats militaires.
Clovis, fils de Childéric 1er et de Basine de Thuringe devient roi des Francs.

* PAVOIS
Grand bouclier des Francs. L'expression "hissaer sur le pavois" fait référenceà la coutume des Francs qui transportaient leur nouveau roi monté sur le bouclier pour le présenter au camp.

** Livre faisant réference au séjour de Childéric en Thuringe :
Histoire de l'Académie Royale des Sciences et des Belles Lettres de Berlin: année 1745, avec les mémoires pour la même année, tirées des registres de cette Académie.

Publié par Ambroise Haude, 1769
Copie de l'exemplaire Université d'Oxford

http://books.google.com/books?id=i64EAAAAQAAJ&printsec=titlepage&hl=fr

*** L'ARIANISME
Arius (vers 258-336) est un prêtre d'Alexandrie, dont le nom fut donné à la première grande hérésie qui menaça l'unité chrétienne. Les idées qu'il formulait à propos de la Trinité (le Père, le Fils et le Saint Esprit) furent condamnées par le concile de Nicée en 325. Selon Arius, le Fils, seconde personne de la Trinité, n'est pas totalement d'essence divine. Il n'est pas coéternel avec le Père puisqu'il a été engendré. Ce que ne peut admettre l'orthodoxie catholique, qui soutient que le Fils est coéternel avec le Père et inengendré comme lui. La condamnation formulée en 325 n'empêche pas l'extension de l'arianisme. La "consubstentialité" retenue lors du concile de Nicée ne trouvait aucune confirmation dans les Écritures, ce qui déclencha de nouvelles polémiques.
Lors du Ierconcile œcuménique de Constantinople (deuxième concile œcuménique) la condamnation définitive de l’arianisme est prononcée. La doctrine de Nicée est confirmée, et la consubstantialité de l’Esprit avec le Père et le Fils affirmée.
Ces querelles théologiques n'avaient aucun rapport avec la spiritualité des barbares. Le succès que l'arianisme va pourtant remporter chez les germains s'explique par deux raisons.
L'apôtre des Goths, Ulfila, avait vécu à Contantinople à l'époque où y triomphait l'arianisme et c'est cette version du christianisme qui leur a été donnée. D'autre par, la victoire remporté en 378 à Andrinople par les Goths sur les troupes impériales leur assuraient un prestige considérable auprès des autres germains, qui se tournèrent naturellement vers l'arianisme. Les premières conversions eurent lieu chez les Goths au milieu du IVème siècle, mais c'est après le franchissement du Danube que le phénomène prit une grande ampleur.
L'arianisme demeura ainsi la religion officielle des Wisigoths jusqu'en 587. En Gaule, l'arianisme des Wisigoths installés en Aquitaine les fit entrer en conflit avec le clergé catholique local occasionnant d'actives persécutions envers les Gallo-Romains catholiques.



Guerrier Burgonde


 ****LES BURGONDES
Originaires de Scandinavie, les Burgondiones apparaissent au premier siècle de notre ère sur les cotes méridionales de la Baltiques, puis étendent leur implantation en direction du cours moyen de la Vistule (en Pologne). A partir du IIIème siècle, ils commencent à se déplacer vers l'ouest et se heurtent sans succès aux armées romaines. En 406, se déclence la grande vague d'invasions fatales à l'empire d'Occident. Les Burgondes se déplacent alors à l'ouest du Rhin, dans la province de Germanie seconde. Ils concluent ensuite un traité avec l'empereur Honorius qui leur abandonne la partie de la Gaule la plus proche du Rhin inferieur. Ce royaume burgonde rhénan ne va durer qu'une trentaine d'années car le Magister Militum Aetius lance contre lui les Huns qui sont alors ses alliés. Le roi Guntiarius est tué en 436, au cours de la guerre terrible qui s'ensuit, et ce qui reste du peuple burgonde émigre vers le sud. Un nouveau traité conclu avec les autorités romaines permet aux Burgondes de s'installer en Sapaudia (Savoie). Lies à Rome par un foedus, les Burgondes remplissent leurs obligations, combattent Attila en 451 et interviennent même en Espagne contre les Suèves. Ils étendent rapidement leur territoire jusqu'au Rhône et occupent Lyon dans les années 470.
Arien depuis le premier tier du Vème siècle, les souverains comme Hilpéric et Gondebaud ne sont pas hostiles au clergé catholique et accordent aux Romains des droits à peu près équivalents à ceux des Burgondes.

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16 avril 2009 4 16 /04 /avril /2009 17:12

Signalés pour la première fois au milieu du IIème siècle, les Francs dont le nom signifie "hardis" ou "libres" sont une confédération de peuples germaniques installés sur les rives du rhin.
Originaires du nord de l'Europe, les Francs ne formaient donc pas, à l’origine, un peuple uni, mais étaient divisés en plusieurs tribus.
Les Francs étaient souvent enrolés par les romains, comme mercenaires dans leurs armées, et cela bien avant les les invasions germaniques du IVème siècle.
Ce peuple était avant tout un peuple de guerriers qui élisait un chef de guerre, nommé roi des Francs, qui exerçait son autorité sur son territoire. Tous se plaçaient alors sous son autorité.
.
"Les guerriers francs étaient extrêmement adroits au maniement des armes. En dehors de l'épée, du coutelas, du poignard, ils utilisaient la francisque, la framée et l’angon. La première leur servait à commencer le combat. C’était une hache à manche court, qu’ils jetaient sur l’ennemi en visant la figure. La framée était une lance en bois terminée par une pointe plate en fer. Quant à l’angon, javelot de fer dont la pointe était munie de crochets afin qu’elle pût s’attacher solidement, tantôt ils le lançaient au bout d’une corde et essayaient de tirer à eux celui qu’ils avaient atteint, tantôt, quand ils combattaient de près, ils le fichaient dans le bouclier de l’adversaire et, pesant de tout leur poids sur le bout qui pendait, ils forçaient l’ennemi à se découvrir et à s’offrir sans défense à leurs coups. »

Grégoire de Tours






                                            Guerriers Francs

Les attributs du guerrier Franc :
                                               
Lance : cette arme offensive (appelée aussi framée) dotée d’un embout de fer emmanché sur une hampe de bois devient un angon (petit javelot) quand sa pointe est munie de deux crochets redoutables. Ils se fichent profondément dans le bouclier qui est déséquilibré et oblige l’adversaire à se découvrir.

Francisque : hache de jet avec un côté en S et que le guerrier franc lance en la faisant tournoyer dans les airs afin d’atteindre sa cible (souvent le crâne de l’adversaire !) avec plus de force.

Scramasaxe : épée courte (60 cm), à un seul tranchant, souvent portée dans un fourreau avec un coutelas, c’est l’arme la plus fréquente du chef qui trouve, à travers elle, l’autorité qui lui est rattachée.

Epée longue : arme de poing à deux tranchants, elle est appelée spatha et se distingue de l’épée courte,  également à deux tranchants, appelé semispatha.
Bouclier : de bois ou de cuir, la bosse centrale ou cache-poing, appelée l’umbo, est souvent la seule partie retrouvée lors de fouilles archéologiques.

Fibule : cette épingle de métal ferme les vêtements sur l’épaule ou les rattachent entre eux. En bronze ou en fer, elle peut être incrustée de pierres ou de métaux précieux comme le sont les plaques-boucles.

Plaque-boucle : les plaques de ceinturon se composent d’une plaque et d’une contre-plaque. La qualité de ces éléments permet de déterminer le rang social de l’individu et donne un aperçu du haut degré de technicité des artisans mérovingiens. Pour fabriquer une plaque-boucle, l’orfèvre plaque une mince feuille d’or ou d’argent sur le métal. Puis, il incruste les fils d’argent ou de laiton dans des rainures incisées à la surface du métal. C’est la technique de la damasquinure. Inspiré de l’artisanat romain mais aussi du monde scandinave, le style mérovingien décline les décors animaliers, les motifs géométriques et les entrelacs. A partir du VIe siècle, les décors, symétriques, représentent souvent des animaux couplés ou affrontés.






   Au IIIème siècle, les Francs participent aux grandes invasions barbares (257), aux côtés d'autres peuples qui pénètrent dans l'Empire romain.
En 355, une armée franque s'empare de Cologne (allemagne). Une autre ravage la Toxandrie (actuel Brabant, région de Belgique). Elle est matée par le futur empereur Julien.
En 358, Julien offre un foedus* aux Francs qu'il avait stoppé, qui leur accorde le droit de s'installer en Toxandrie avec charge pour eux de défendre ce territoire.

Au moment de leur instalation sur les rives du Rhin, les Francs s'étaient séparés.
Les Francs restés sur la rive droite du fleuve sont appelés les Francs ripuaires, ceux qui franchirent le fleuve sont les Francs saliens.
Ce sont les Saliens qui obtinrent le statut de lète* au près de Rome.
 En 406, profitant du fait que le Rhin était gelé, plusieurs peuples germaniques (Vandales, Burgondes , Suèves, Alains) franchissent massivement le fleuve et envahissent la Gaule, malgré la résistance acharnée des garnisons de Francs saliens. Après avoir pillé la Gaule, les envahisseurs passent les Pyrénées en 409. Les Vandales franchiront le détroit de Gibraltar en 428, envahissant l'Afrique du Nord.

En 412, encouragé par les Romains, des Wisigoths s'établissent dans le sud de la Gaule.
Et en 413 ce sont les Burgondes qui s'installent entre la Suisse et le Rhône.

En 428, Clodion, le roi des Francs saliens apprend que le général romain Aetius a prélevé beaucoup de soldats des territoires du nord de la Gaule pour combattre ses ennemis les Wisigoths. Il en profite alors pour s'emparer de Tournai, de Cambrai et contrôle tout le pays des environs jusqu'à la Somme.
Mais en 431, le général Romain et son lieutenant Majorien attaquent à leur tour Clodion et reprennent les territoires annexés par les Francs. Clodion, qui n'est pas préparé à l'affrontement, est contraint de fuir et perd tout ce qu'il avait conquis sur l'Empire romain en deçà du Rhin. Cependant, conscient qu'il n'a pas les moyens militaires pour occuper à nouveau le territoire, Aetius préfère négocier la paix et conclut avec Clodion un fœdus* qui fait des Francs, des foederati* combattant pour Rome, et les autorise à s'installer dans l'Empire.

En 432, Tournai devient la capitale des Francs saliens.

Après vingt ans de règne, Clodion meurt vers l'an 448. Son fils Mérovée est reconnu chef par les Francs saliens.

* http://dossierstorique.over-blog.com/article-30063311.html

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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 18:30
BASILIQUE : Originellement, dans l'Empire romain, tribunal impérial.

CITES : Les cités étaient des territoires de dimensions variables correspondant à ceux des anciennes tribus gauloises. Il y en avait une centaine.

DEDITICES : Guerriers germaniques faits prisonniers à qui l'on accordait la vie sauve à condition qu'ils cultivent des terres vides.

DIOCESE : Circonscription administrative et juridique de l'empire romain. Plus tard, circonscription écclésiastique.

FOEDERATI : Tribus germaniques autorisées par l'empereur à se fixer à l'interieur des frontières de l'Empire, en conservant leurs lois et leurs coutumes, en échange du service militaire.

FOEDUS : Traité d'alliance conclu entre les romains et un peuple germanique qui constitue des lors une armée tribale au service de l'Empire, tout en conservant ses lois et ses coutumes. Les fédérés (foederati), constituent au Vè siècle l'essentiel de l'armée romaine.

GENTILES : Unités régulières de l'armée romaine formée de "barbares".

IMPOTS : L'impôt romain est levé partout sous deux formes, foncier (jugatio) et par tête (capitatio). Son paiement est effectué par trois tiers provisionnels. Comme les militaires, les membres du clergé sont exemptés d'impôts. Il existe par ailleurs, des corvées et des réquisitions en nature. La recette de l'impôt est assurée par les membres de la curie municipale (les curiales) responsables sur leurs biens  personnels.

LETES : Les Lètes sont des soldats germaniques servant Rome à titre héréditaire, en échange de quoi, ils reçoivent, avec leur famille, l'autorisation de s'implanter en Gaule avec attribution de terres.

MILITIA : Corps de fonctionnaires, base de l'administration impériale. La militia togata (les civils), la militia armata(les militaires) et, à partir de 392 (quand le christianisme devient la religion officielle et unique de l'Empire), la militia christi qui désigne le clergé.

PREFET DU PRETOIRE : Les préfets du prétoire sont quatre au Vème siècle. Ce sont les plus hauts fonctionnaires de l'Empire. Celui qui dirige la Gaule, l'Espagne et la Grande-Bretagne siège à Trèves (Allemagne) jusqu'en 407 puis en Arles.

PROVINCIALES : Gens des provinces régis par les lois romaines (droit public et privé). Ce sont eux que nous appelons "Gallo-romains" par opposition aux esclaves et aux "barbares".

RECTEUR : Gouverneur civil d'une province romaine. Les Gaules comptent dix provinces au Vème siècle.

RES PUBLICA : L'état romain, régi par les lois, qu'il soit impérial ou républicain.

SOLIDUS : Nom du sou en or créé par Constantin. Il pèse 4,55 g et constitue l'étalon monétaire de base.

VICAIRE : Haut fonctionnaire romain qui remplace le préfet impérial en cas d'absence.

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 02:08

  C'est durant le IIème siècle que l'empire romain est à son apogée. C'est un siècle de paix et de prospérité pour cette partie du monde. Les villes sont les plaques tournantes de la civilisation romaine. Le latin est la langue la plus parlée de l'Empire.
                                                Extension maximale de l'empire romain d'occident

  Mais à partir du siècle suivant, l'Empire d'Occident va connaître un lent déclin économique, qui contribuera à sa chute finale.

  Alors que les peuples germaniques franchissent frèquemment les frontières de l'empire, Rome doit faire appel à des mercenaires barbares, car de plus en plus de cityoyens romains refusent d'effectuer le service militaire.
Le 24 août 410, les Wisigoths d'Alaric 1er mettent à sac la ville de Rome. C'est un grand choc pour les romains qui s'inquiètent de l'avenir.
  En 418, réalisant qu'il devient toujours plus difficile de repousser les assaillants Germains, l'empereur Honorius accorde aux Wisigoths, des terres dans une partie de l'Aquitaine. Toulouse deviendra leur capitale. 
  A la mort du faible Honorius, c'est Valentinien III qui devient le nouvel empereur d'occident. Avec l'aide du général Aetius, Valentinien lutte pour enrayer la progression des barbares. L'illustre général romain parvient à contenir successivement les assauts de chaque peuple. Il repousse les Wisigoths chez eux, refoule les Francs vers le nord et la rive droite du Rhin, puis écrase les Burgondes.
  Enfin, à la tête d'une armée très largement composée de guerriers barbares alliés, il chasse les Huns de Gaule.

  En 455, le roi Vandale Genséric pille Rome durant 15 jours. Les habitants fuient et toutes les richesses de la ville sont raflées : cet événement est vécu comme une véritable profanation par l’opinion qui craint la « fin du monde ».

  Majorien, empereur d'occident de 457 à 461, est à la fois bon stratège et un législateur lucide. Alors qu'il fait preuve de bon sens pour sauver l’Empire, les sénateurs le renversent, exaspérés par sa politique fiscale qui est pourtant le seul moyen pour maintenir une armée efficace.

  Il n'y a pas de loi de succession pour les empereurs et les assassinats se multiplient entre les différents candidats romains auxquels il faut ajouter des candidats barbares que la présence massive dans les armées romaines a rendu ambitieux.
  Le déclin s'accélère, la société romaine est sclérosée par l'oisiveté de ses membres. Les romains ne pensent plus qu'à leurs loisirs, les jeux en particulier pour lesquels ils dépensent beaucoup d'argent.
  Or, l'enrichissement de l'aristocratie romaine ne provient que du butin des invasions, et non d'un quelconque esprit d'entreprise : l'arrêt des conquêtes est un mauvais coup pour l'économie de l'empire, et les revenus du commerce ne suffisent pas à financer l'administration et les garnisons. La pression fiscale devient alors insupportable !
 Bien qu'indispensable à la survie de l'empire, les sénateurs romains bloquent systématiquement toute réforme qui pourrait nuire à leur confortable situation, compromettant ainsi toute possibilité de redressement.
  Pendant que des empereurs fantoches aux moeurs dépravées se succèdent, les chefs barbares, qui ont pris goût au pouvoir étendent leurs domaines.
  L'instabilité politique et la faiblesse du pouvoir ne permettent plus de protéger les larges surfaces cultivées. L'une des principale richesse de l'empire est ainsi abandonnée.
  Avec l'affaiblissement du pouvoir central, les empereurs perdent le contrôle des frontières et des provinces, ainsi que de la mer Méditerranée après que les Vandales se soient emparés de la province d'Afrique. 

  En octobre 475, Flavius Oreste qui dirigea les troupes barbares confédérées qui constituaient l’armée impériale d’Italie, installe son fils Flavius Romulus Augustus sur le trône impérial.
  Ce dernier est un tout jeune adolescent au moment de son élévation à l'Empire, et il n'est qu'un pantin aux mains de son père. Peu après cette prise de pouvoir, Oreste refuse de donner des terres pour l'installation des Hérules, des Skires et des Torcilingi, une décision qui engendre leur révolte sous le commandement du chef des Skires, Odoacre. Oreste est capturé à Pavie le 28 août 476 et promptement exécuté.
  Odoacre avance alors sur Ravenne, se rend maître de la cité et s'empare du jeune empereur. Romulus est forcé d'abdiquer le 4 septembre 476.
  Dépouillé de ses insignes impériaux, il est éxilé par Odoacre avec l'accord du Sénat romain.
Le chef des Skires envoie alors les insignes impériaux à l'empereur d'Orient, Zénon, lequel le gratifie en retour du titre de roi d'Italie.
  L'empire romain d'occident n'existe plus. Il n'y a dorénavant plus qu'un empereur, celui de Constantinople.

  En Gaule, malgré la déchéance du pouvoir impérial, les structures administratives et militaires sont restées en place. Les barbares qui s'installeront sur ce territoire adopteront sa langue, le latin, et embrasseront sa religion, le christianisme.

La chute de Rome

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18 mars 2009 3 18 /03 /mars /2009 17:56

   Martin est né en l’an 316 dans la province romaine de Pannonie dans la cité de Sabaria, l’actuelle ville de Szombathely en Hongrie. C'est l’époque du développement de la Chrétienté, il a vraisemblablement été en contact avec des chrétiens des son enfance. Et déjà vers l’âge de 10 ans, il voulut se convertir au christianisme

Son père, dont la famille est originaire de Pavie en Italie du nord, était tribun militaire de l'Empire romain, c'est-à-dire un officier supérieur chargé de l’administration de l’armée.
En tant que fils de magistrat militaire, Martin suit son père au gré des affectations de garnison. Celui-ci considère naturellement l'empereur comme un dieu vivant. Il est donc est irrité de voir son fils tourné vers une foi nouvelle. Ainsi, alors que l'âge légal de l’enrôlement est de 17 ans, il force son fils de 15 ans à entrer dans l’armée.

Martin a le grade de circitoravec une double solde ; le rôle du circitor est celui de mener la ronde de nuit et d’inspecter les postes de garde et la surveillance de nuit de la garnison. Il possède alors un esclave, mais il le traite comme son propre frère.

Alors qu'il était en garnison à Amiens dans le nord de la Gaule, et qu'il faisait sa garde par une froide nuit d'hivers, Martin rencontra un pauvre hère à demi-nu qui tremble de froid. Pris de pitié pour cet homme, il coupa son manteau d'un coup d'épée et en donna la moitié au vagabond.
Cet acte lui valu les railleries de sa compagnie, mais la nuit suivante, pendant qu'il dormait, Jésus revêtu du demi-manteau donné par Martin, lui apparu en songe alors qu'Il disait a Dieu : "J'avais froid, mais Martin m'a réchauffé"


Marqué par cet évênement, Martin qui a 18 ans se fait baptiser.

Les grandes invasions germaniques se préparent ; les Barbares sont aux portes de l’empire et en mars 354, Martin participe à la campagne sur le Rhin contre les Alamans. Martin désormais fervent catholique ne veut verser le sang d'un autre homme, il refuse de se battre. Pour prouver qu’il n’est pas un lâche et qu’il croit à la providence et à la protection divine, il propose de servir de bouclier humain. Il est enchaîné et exposé à l’ennemi mais, pour une raison inexpliquée, les Barbares demandent la paix !

En 356, ayant pu quitter l’armée il se rend à Poitiers pour rejoindre Hilaire, évêque de la ville depuis 350, mais son statut d’ancien homme de guerre empêche Martin de devenir prêtre.
A cette époque la Chrétienté est déchirée par des courants de pensée qui se combattent violemment et physiquement et les ariens, disciples d’un prêtre, Arius qui nie que le Christ soit Dieu fils de Dieu, sont très influent au près d'un pouvoir politique qui doute et qui sent pointer la chute de l'empire.
Martin décide de rejoindre ses parents en en Illyrie* afin de les convertir. Il réussit à convertir sa mère mais son père reste étranger à sa foi.
Dans cette région c’est la foi arienne qui est la foi dominante et Martin qui est un fervent représentant de la foi trinitaire doit sans doute avoir de violentes disputes avec les ariens car il est publiquement fouetté puis expulsé. Il s’enfuit et se réfugie à Milan mais là aussi les ariens dominent et Martin est à nouveau chassé.

En 360, Martin revient à Poitiers. Agée de 44 ans, il il s’installe sur un domaine gallo-romain qu'Hilaire lui indique près de Poitiers. Martin y crée un petit ermitage, que la tradition situe à 8 km de la ville : l’abbaye de Ligugé où il est rejoint par des disciples. Il crée ici la première communauté de moines sise en Gaule. Ce premier monastère occidental est le lieu de l’activité d’évangélisation de saint Martin pendant dix ans. Il y accomplit ses premiers miracles et se fait ainsi reconnaître par le petit peuple comme un saint homme.

En 370 à Tours, l’ évêque en place venant de mourir ; les habitants veulent choisir Martin mais celui-ci s’est choisi une autre voie et n’aspire pas à être évêque. Les habitants l’enlèvent donc et le proclament évêque le 4 juillet 371 sans son consentement ; Martin se soumet en pensant qu’il s’agit là sans aucun doute de la volonté divine.

Bien que maintenant évêque, il ne modifie en rien son train de vie, il a un aspect pitoyable dû aux mortifications et aux privations qu’il s’inflige et porte des vêtements rustiques et grossiers.
Il  crée un nouvel ermitage à 3 km au nord-est des murs de la ville : c’est l’origine de Marmoutier** avec pour règle la pauvreté, la mortification et la prière. Les moines doivent se vêtir d’étoffes grossières sur le modèle de saint Jean-Baptiste qui était habillé de poil de chameau. Ils copient des manuscrits, pêchent dans la Loire ; leur vie est très proche de ce que l’on peut lire dans les Évangiles sur la vie des premiers apôtres, jusqu’aux grottes qui abritent dans les coteaux de la Loire des habitations troglodytes où s'isolent des moines ermites.
Martin sillone le territoire de la Gaule et là où il ne peut pas aller, il envoit ses moines afin de convertir les populations, notamment dans les campagnes, faisant détruire temples et idoles ou par exemple abattre un pin sacré. Il prêche avec succès auprès des paysans, forçant le respect par l’exemple et le refus de la violence. Il sait parler aux petits et il utilise à merveille la psychologie par sa connaissance des réalités quotidiennes et l'utilisation de paraboles simples que le petit peuple comprend, tel que le Christ le faisait.

Début novembre 397 Martin se rendit à Candes pour y effectuer une visite pastorale car les clercs de cette église se querellaient. La paix restaurée, il voulut regagner son monastère, mais hélas épuisé parc cette vie heureuse de soldat du Christ il s'éteignit.

* Province romaine, correspondant à peu près à l'Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l'Albanie actuelle.
** http://www.encyclopedie-universelle.com/abbaye%20de%20Marmoutier.html

Prière à Saint Martin :

" Saint Martin, priez pour moi, je me recommande bien à vous, grand saint de la France, moi si pauvre et si mauvais ; je me mets sous votre protection... Plus on est misérable plus on a besoin d’un puissant protecteur... Je m’adresse à vous, qui êtes si puissant au ciel. Ne me repoussez pas, exaucez-moi, soutenez-moi dans cette vie et à l’heure de la mort, afin que je sois fidèle aux grâces que le Bon Dieu me donne, et que je console son Coeur autant que possible, en Lui, par Lui, et pour Lui. Amen.




SAINT MARTIN PARTAGE SON MANTEAU AVEC UN MENDIANT par LE GRECO

Domenikos Theotokopoulos dit Le Greco est né en Crète en 1541.
Il se forme essentiellement à Venise où il s'installe en 1567. Il y travaille aux côté du Titien, mais s'inspire principalement du Tintoret qu'il côtoie également.
En 1570, il est à Rome, où il découvre l'art italien, de Raphaël à Michel-Ange.
A Tolède, dans le centre de l'Espagne où il s'est installé en 1577, il atteint le sommet de son art. Le succès dont il jouit lui permet de vivre dans le luxe, les commandes religieuses et privées affluent en particulier de nombreux portraits.
Le Greco meurt le 7 avril 1614 à Tolède. il y est inhumé religieusement dans l'Eglise de Santo Domingo el Antiguo.
La plupart de ses tableaux se trouvent aujourd'hui en Espagne à Tolède, à Madrid et aux États-Unis ; le musée du Prado à Madrid possède une quarantaine de ses œuvres dont de nombreuses "copies" dues à son atelier qui fonctionnera avec son fils.
Après sa mort, ses œuvres tombent dans un oubli relatif, ce n'est qu'à la fin du XIXème siècle que des artistes et des critiques s'intéressent à son expression très personnelle. La libération des formes, lumière et couleur typique de l'oeuvre du Greco inspirèrent de nombreux artistes.

 PETITE ANALYSE DE L'OEUVRE

 
 Dans l'iconographie*** de la peinture, l'armure est l'attribut des soldats. Nous voyons donc Martin vêtu non pas comme un soldat du IVème siècle, période à laquelle il vécu, mais avec une armure du  XVIIème, siècle durant lequel vécu Le Greco.

Saint Martin chevauche un cheval dont la blancheur évoque la pureté de l'âme de son cavalier.

De son épée il coupe sa cape, épisode le plus connue de sa vie et acte fondamental pour tout chrétien, la charité.
Le reste de sa cape sera placé plus tard, à la vénération des fidèles, dans une pièce dont le nom est à l'origine du mot : chapelle (cappella en italien, chapel en anglais, Kapelle en allemand).

Lors d'un rêve Martin voit le Christ revêtu de la partie de sa cape qu'il donna au pauvre. Rencontra t-il Jésus ce soir là ou peut être faut il plutôt comprendre qu'Il est en chaque personne qui souffre.

Si l'évènement se déroula à Amiens, c'est Tolède que le Greco représenta en arrière plan.
















*** L'iconographie c'est la description et l'interprétation d'œuvres appartenant aux arts visuels. En histoire de l'art, étude des diverses représentations figurées d'un objet ou d'un personnage (par exemple, un saint portant des clefs représente généralement Saint Pierre) qui permet de replacer l'oeuvre dans son contexte historique. 

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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 02:08


. [Observe : les dalles, les traces des roues de chars, les bornes, les tombeaux (à gauche).Distinguer les costumes romains et gaulois. Citez des monuments gallo-romains qui existent encore (photographies)*. Quelle solide maçonnerie ! ]


De nombreuses constructions témoignant de la contribution romaine au développement de la Gaule existent toujours.
En voici deux exemples :



Le Pont Du Gard 


Situé dans la commune de Vers-Pont-du-Gard, le Pont du Gard est un pont-aqueduc romain à trois niveaux.
Construit au Ier siècle, il est le vestige d'un monumental aqueduc de près de 50 km de long.
Un aqueduc est un ouvrage destiné à amener l'eau depuis sa source à travers un réseau de conduites vers les lieux de consommation (ou d'habitation).
L'eau coulait dans un canal couvert, dans la partie supérieure. Au dessous passaient les voitures à cheval et les piétons.
Plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, c'est un chef-d'œuvre d'ingénierie, témoignage de l'extraordinaire maîtrise des constructeurs anciens : le dénivelé entre les points de départ et d'arrivée n'est que de 12,6 m, la pente moyenne générale étant de 24,8 cm par km. À cause du relief, l'aqueduc serpente à travers les petites montagnes et les vallées de la région.
Il servait à l'alimentation des thermes, bains et autres fontaines de la ville de Nimes.
Il cessa probablement de fonctionner (en particulier à cause des dépôts calcaires et d'un manque d'entretient) au commencement du VIe siècle. Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, le pont était utilisé comme un passage pour traverser la rivière.
Le pont du Gard a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, en décembre 1985.


L'AMPHITHÉÂTRE D'ARLES



L'Amphitéatre d'Arles, ou Arènes d'Arles, a été construit aux environs de 80/90 après Jésus Christ.
Des combats de gladiateurs ainsi que des spectacles s'y tenaient.
La ville subissant à la fin du VIème siècle de nombreuses attaques, les habitants se réfugièrent dans son enceinte, dotant l'édifice de quatre tours, plus de 200 habitations et deux chapelles y prennent place.
Cette fonction résidentielle se perpétue dans le temps avant que l'expropriation commencée dès la fin du XVIIIe siècle n'aboutisse définitivement en 1825 sous l’impulsion du maire de l’époque, le baron de Chartrouse.
Aujourd’hui les arènes abritent de nombreux spectacles, en particulier des corridas, auxquelles il faut ajouter théâtre et spectacles musicaux.
L'amphithéâtre fut classé monument historique dès 1840 sur l’initiative de l'écrivain Prosper Mérimée et en 1981, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

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10 mars 2009 2 10 /03 /mars /2009 01:43

          Si en anglais dimanche se dit Sunday et en allemand Sonntag, c'est parce que ces pays ont laissé à ce jour la signification que les romains donnèrent aux jours de la semaine et qui coïncidaient avec les planètes du système solaire connues à cette époque. Sunday et Sonntag correspondent donc au latin "dies Solis", signifiant jour du Soleil.
          Nous retrouvons également en français les planètes gravitant autour du Soleil. Lundi vient de Lune, mardi de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus, Samedi de Saturne et dimanche... tient oui pourquoi dimanche n'a t-il aucun rapport avec une planète ?
          Parce que la France, pays de tradition chrétienne, et c'est également le cas pour l'Italie, l'Espagne ou le Portugal par exemple, transforma, à l'instigation des premiers chrétiens le "dies Solis" en "dies Dominius" c'est à dire le jour du Seigneur.

          Les chrétiens choisirent ce jour pour rendre grâce à Dieu car c'est un vendredi après midi que Jésus est mort sur la croix. Il fut enterré rapidement à cause du Shabbat * qui commence dès la tombée de la nuit et pendant lequel il est interdit d'ensevelir les morts et de les couvrir de parfum. Les femmes myrrhophores furent donc obligées d'attendre le dimanche matin, pour procéder aux embaumements et préparations qu'elles n'eurent pas eu le temps de faire le vendredi avant le coucher du soleil. Elles découvrirent alors le tombeau vide.
          Ce jour, fut donc désigné premier jour de la semaine, il commémore la résurrection du Christ. " Le jour du Seigneur, le jour de la résurrection, le jour des chrétiens est notre jour. C'est pour cela qu'il est appelé jour du Seigneur : car c'est ce jour-là que le Seigneur est monté victorieux auprès du Père. Si les païens l'appellent jour du soleil, nous aussi, nous le confessons volontiers : car aujourd'hui s'est levé la lumière du monde, aujourd'hui est apparu le soleil de justice dont les rayons apportent le salut." - Saint Jérome de Stridon (vers 340 - 30 septembre 420) -
          Le nouveau testament,  instaure une nouvelle ère de liberté affranchissant le peuple de Dieu des observances de la loi de Moïse. Le dimanche, jour de la résurrection du Christ, est le jour privilégié des chrétiens pour se réunir et partager ensemble.
          C'est le dimanche que les catholiques célèbrent l'Eucharistie, célébrant ainsi la mort et la résurrection de Jésus, à travers la proclamation de la Bible et à travers une action de grâce qui culmine avec le partage des éléments eucharistiques - le pain et le vin - qui représentent, le corps et le sang du Christ, offert en sacrifice sur la croix et ressuscité. L’Eucharistie est, l’actualisation de ce sacrifice. Elle se fonde sur la Cène, le dernier repas de Jésus avec ses apôtres.
         
          Constantin 1er, qui fut le premier empereur romain à se convertir au christianisme mit fin aux persécutions que subissaient les chrétiens, il aida l'Église chrétienne à prendre son essor, en établissant la liberté de culte par le biais de l'édit de Milan qui permit à chacun d'«adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel» ; il accorda la liberté de culte à toutes les religions et permit aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l'empereur comme un dieu.
          En 321, il décrèta  que "toute activité manuelle et judiciaire est interdite le dimanche" pour les juges, les fonctionnaires et les plèbes** urbains. Cette loi entraîna l'organisation du temps en semaines, ce qu'ignorait le calendrier romain.
          En 389, l'édit de l'empereur Théodose 1er instaura le repos dominical et des jours fériés pour les fêtes chrétiennes.
          En 585, le concile*** de Mâcon, présidé par Prisque, évêque de Lyon, interdit le travail et les procès le dimanche.
          Et en 650, le concile de Rouen imposa des surveillants pour faire respecter le repos dominical.

          Le roi de France Henry IV  soucieux du bien-être de ses moindres sujets, répéta maintes fois : « Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche ».

          A partir de 1793, les révolutionnaires, obsédés par leur désir de faire disparaître toute trace de chrétienté, imposèrent le calendrier républicain. Ce calendrier qui comprenait des semaines de dix jours posa des problèmes de repos dans les campagnes, puisqu'on n'avait qu'un jour sur dix pour se reposer. Cela causa aussi des difficultés dans les régions frontalières, pour les échanges économiques.
          Napoléon 1er rétablit le calendrier grégorien le 1er janvier 1806.

          En 1906, la loi du repos dominical a consacré le dimanche comme jour de repos en France.

          Depuis quelques années, certains dirigeants politiques proposent d'étendre les dérogations d'ouverture de certains commerces à d'autres secteurs dans un premier temps.

          Le 18 décembre 2008, Sa Sainteté le Pape Benoit XVI a rappelé : " Ce jour est offert à tous pour que l'homme ne soit pas réduit à n'être qu'une force de travail ou un consommateur, mais qu'il puisse se reposer et consacrer du temps aux réalités les plus hautes de la vie humaine : la vie familiale, la rencontre gratuite avec les autres, les activités de l'esprit et le culte rendu à Dieu... Il est important de ne pas perdre, dans une vaine et dangereuse course au profit, ce qui est, non seulement un acqui social, mais surtout le trait d'une sagesse humaniste profonde".



* Le Shabbat est un jour de repos observé par les juifs, du vendredi avant le coucher du soleil au samedi après la sortie des étoiles. Durant le Shabbat, qui est un jour de fête et de prières, les juifs doivent s'abstenir de faire certaines choses telles que des funérailles par exemple.

** Dans la civilisation romaine, la plèbe, les plébéiens, désigne le peuple et les patriciens la noblesse.

*** Un concile est une assemblée d'évêques de l'Église catholique ou orthodoxe. Cette réunion permet de prendre ensemble des décisions qui engagent la foi et la discipline.

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 14:42

         
          Inviolées depuis 1500 ans, les sépultures de trois aristocrates de Champagne,certainement Francs d'origine et enterrés entre 520 et 550 ainsi que celle du cheval de l'un d'eux ont été mises à jour à Saint Dizier en 2002.
          Jusqu'au 30 juin 2009, une exposition tout à fait exceptionnelle nous permet de les découvrir !

          Ces contemporains des fils de Clovis livrent un pan de la longue épopée barbare qui fera de la dynastie mérovingienne la première puissance européenne. Le mobilier funéraire des deux hommes et de la jeune femme est également exceptionnel, comptant près de 50 objets qui révèlent les premières traces d'un artisanat ancien : travail du verre, orfèvrerie forge... Aujourd'hui restaurées , ces pièces témoignent du statut de ces aristocrates. Une épée porte par exemple un anneau doré et des inscriptions runiques*.
          Les rois "barbares" de cette époque étaient ce que les sagas de scandinavie, dont les Francs étaient originaires, appellent des donneurs d'anneaux ou (et oui !) Seigneurs des anneaux. Ils donnaient aux "grands" du royaume des anneaux que ces derniers soudaient à leurs épées.
          Des bagues en or et pierres précieuses ont retrouvé leur éclat originel. Les analyses physico-chimique ont entre autres révélé la présence, sur un fermoir d'aumônière,** de lapis-lazuli provenant des confins irano-afgans : c'est la première pierre précieuse de ce type retrouvée sur un objet de l'époque mérovingienne. De la soie provenant d'Orient est également exposée, témoignant ainsi du fait que les Francs n'hésitaient pas à commercer bien loin de chez eux. La qualité, la quantité et les décors de la vaisselle et des verreries sont également supérieurs à ceux découvert dans d'autres tombes de l'époque. Ces trésors découverts sont d'autant plus rares qu'au 19ème siècle, une grande partie du matériel retrouvé dans des tombes de rois mérovingiens fut volé, tel le trésor de Childéric (le père de Clovis) :
          Le 27 mai 1653, lors de travaux effectués près de l’Église St Brice, Adrien Quinquin, un ouvrier sourd-muet, mit fortuitement au jour, un trésor. Il venait de découvrir la tombe de Childéric. Celle-ci contenait des pièces d’or et des monnaies d’argent, une bague sigillaire portant l’inscription «Childerici Regis », des bijoux, une épée, mais surtout trois cents abeilles en or et verre grenat façonnées selon la technique des « bijoux cloisonnés » répandue à l’époque mérovingienne.
La « fouille » qui suivit sa mise au jour ne fut évidement pas menée avec la précision souhaitable. Le doyen de la paroisse ne recueillit qu’une partie du matériel découvert.
Jean-Jacques Chifflet, médecin et historiographe, étudia les pièces récupérées et publia en 1655 un ouvrage intitulé « Anastasis Childerici I Francorum Regis » qui reste de nos jours la source essentielle pour la connaissance du trésor de Childéric.
Le trésor de Childéric fut offert en 1665 à Louis XIV par l’empereur Léopold Ier en remerciement de l’aide militaire reçue contre les Turcs. Le trésor de Childéric fut alors déposé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Royale où il fut pratiquement oublié.
En 1831 le Cabinet des Médailles fut victime d’un vol considérable. Dans le butin se trouvait le trésor de Childéric. Un certain nombre d’objets furent fondus et le reste fut retrouvé immergé dans la Seine dans des sacs. Aucun inventaire du trésor n’ayant été dressé entre 1665 et 1831 on ne sait exactement l’ampleur de ce qui a été perdu à ce moment. Mais sur les 300 abeilles initiales, il semblerait que déjà en 1665, il n’en restait plus que 27; aujourd’hui, seuls deux exemplaires peuvent témoigner de la richesse de Childéric.

Depuis lors, le trésor de Childéric (du moins ce qu’il en reste) est conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale à Paris.

En héraldique, les abeilles sont un symbole d'immortalité et de résurrection suite à leurs métamorphoses, de grandeur d’âme et de sagesse et de sociabilité grâce à l’organisation sans faille de la ruche et à leur caractère laborieux.
Considérées comme le plus ancien emblème des souverains de France, Napoléon fit broder les abeilles de Childéric sur son manteau impérial, rattachant ainsi symboliquement sa dynastie naissante aux origines de la France.

L'exposition a en outre l'excellente idée de dépassé le simple cadre des fouilles, dressant un panorama du peuplement de l'Europe au VIème siècle, le contexte politique complexe d'un royaume partagé que les descendants de Clovis se disputeront, les influences, les us et les rites communs, la christianisation... Plus de deux cents objets prêtés par les musées français et européens sont ainsi mis en perspective avec le trésor de Saint Dizier, composant un ensemble spectaculaire : reconstitution des trois sépultures mérovingiennes dans des matériaux contemporains, mise en scène des personnages parés de leurs riches attributs, tels qu'ils furent inhumés 1500 ans plus tôt.
Un catalogue complète l'exposition, rédigé par des scientifiques de renom et richement illustré. Des conférences mensuelles prononcées par des experts de l'époque mérovingienne (professeurs, historiens...), ont lieu pendant toute la période de l'exposition. Des spectacles vivants réguliers viennent aussi animer la manifestation. Tous ces éléments nous permettront de comprendre qu'au VIème siècle, les Francs ne sont plus des "Barbares".



Quelques photos de l'exposition :
http://www.linternaute.com/sortir/exposition/photo/nos-ancetres-les-barbares/les-tresors-de-nos-ancetres-les-barbares.shtml
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Multimedias/Visites_virtuelles/Les_tombes_de_Saint_Dizier/p-2346-Le_mobilier_des_tombes_aristocratiques_de_Saint_Di.htm

Vidéo de présentation de l'exposition :
http://www.ville-saintdizier.fr/video,80136,fr.html

* L'alphabet runique était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique, tels que les Anglo-saxons (pour écrire le vieil anglais) ou les Scandinaves.

** Bourse que l'on suspendait à la ceinture. Elles sont faites de tissus souvent richement brodés de fils d'or, d'argent ou de soie de couleur. On y rangeait de petits objets et des pièces de monnaie.

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