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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 16:10

 A Rosières-aux-Salines (Meurthe et Moselle), sur une zone de sable s’étendant sur plus de 150 hectares, une gigantesque nécropole gallo-romaine a dernièrement été retrouvée. Près de 300 tombes ont à l’heure actuelle été recensées, de nombreuses autres attendent encore impatiemment qu’on les découvre. Les spécialistes sont absolument convaincus qu’une ville antique dense, comme le Toul de l’époque, devait se trouver à proximité. Or, nul écrit n’en fait mention. La mystérieuse cité reste donc à exhumer. Les archéologues pensent que ses vestiges doivent être enfouis sous la forêt qui jouxte la zone sableuse. La ville disparue devait certainement être située à un important carrefour commercial portant sur le sel, l’or blanc lorrain. La découverte de vases funéraires en provenance d’Italie en est la preuve.

Le problème, c’est que le site a été trop vite classé sans intérêt. Depuis, l’État français, bien embarrassé par l’ampleur et le caractère exceptionnel de la découverte, fait la sourde oreille, faute d’avoir provisionné les 800 000 euros nécessaires pour financer une nouvelle campagne de fouilles qui devrait durer deux ans. Si ces fonds ne sont pas débloqués, le site sera recouvert et 90% des vestiges seront perdus. Pourtant, pour sauver ce qui peut encore l’être, les archéologues envisagent de protéger les sépultures par une bâche géotextile, puis de les ensevelir sous un mètre de terre. Le maire de Rosières a décidé d’entamer une longue marche pour sensibiliser les élus du secteur. Pour le moment en vain. La découverte a beau être exceptionnelle, c’est d’ailleurs la plus importante de ces trente dernières années, les fouilles seront recouvertes avec un remblai spécifique avant d’être abandonnées.
C'est notre patrimoine, notre histoire comment peut agir ainsi alors que des millions sont gaspillés dans des opérations qui n'interessent personne et sont sans lendemain !

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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 14:24

LA FAMILLE GAULOISE.

Alors qu'un peu partout, dans l'Antiquité, mais surtout à Rome, la famille restait plus ou moins dépendante de la tribu, la famille gauloise apparaît comme une entité bien déterminée et formée des seuls membres qui lui sont essentiels : père, mère, enfants. Les individus agissent en leur nom propre et en celui-là seul. Au point que les parents très proches par le sang peuvent se trouver complètement séparés ou ennemis dans l'action : ce fut le cas pour Vercingétorix qui fut combattu à outrance par son oncle, le frère de son propre père.
Les Gaulois s'opposaient d'ailleurs systématiquement à toute formation de clans familiaux, comme ils s'opposaient avec un soin jaloux à tout pouvoir personnel. Une loi chez les Eduens défendait à deux frères d'être à la fois magistrats. Et l'on sait que le père de Vercingétorixfut mis à mort par sa nation simplement parce qu'il était soupçonné de vouloir exercer la tyrannie.
Par contre, la famille gauloise apparaît unie des liens les plus solides. Cela vient en grande partie de ce que les Celtes sont strictement monogames. La femme n'est pas regardée comme l'esclave, mais comme l'associée de l'homme; elle jouait un très grand rôle dans la vie de son époux. Même dans les querelles, elle intervient à ses côtés et, s'il faut en croire Ammien Marcelin (l'un des plus importants historiens de l'Antiquité tardive), c'est un adversaire redoutable dont les poings s'abattent rapides et durs "comme des engins de catapultes". Plutarque (philosophe de la Grèce antique), raconte même que les Gauloises intervenaient dans les conseils où se décidaient la paix et la guerre et que l'on recourait à leur arbitrage dans les contestations avec les étrangers.

SABINUS ET EPONINE.

Antérieurement à la conquête romaine, le territoire qui forme aujourd'hui le département de la Haute-Marne était occupé par les Lingones, l'un des peuples les plus anciens et les plus puissants des Gaules.
Ils avaient pour capitale Langres, qui a pris le nom du peuple, mais qui s'appelait auparavant Andomadunum.
Jules César, lors de sa conquête des Gaules ne chercha pas à combattre les Lingons mais au contraire il en fit ses alliés; et ceux-ci lui fournirent des vivres et des contingents dans sa guerre contre les Helvètes.
Vainement l'héroïque Vercingétorix essaya-t-il de les rallier à la cause de l'indépendance nationale. Dans cette lutte suprême du courage gaulois contre l'étranger, ils restèrent indifférents.
Plus tard même, quand Julius Vindex (Gaulois originaire d'Aquitaine et chevalier romain, légat (gouverneur) de la province de Gaule lyonnaise) voulut renverser Néron, ils se déclarèrent contre lui, et soutinrent avec les Trévires, dit Tacite, les intérêts de Néron ; ce dont Galba (empereur romain - 24 décembre 3 av. J.-C. - 15 janvier 69 apr. J.-C. -  qui régna de juin 68 à sa mort) les punit en privant leurs villes de leurs murailles et d'une partie de leur territoire.
Humiliés, ils changèrent d'attitude.
Vitellius et Vespasien se disputant l'empire, la confusion régnait au sein des armées romaines et des révolte se firent de plus en plus fréquentes en Gaule-Romaine.
Le combat mené par Vercingétorix, même s'il fut perdu, était un exemple pour de nombreux gaulois qui attendaient le moment de venger l'Arverne et les druides, malmenés par les Romains prêchaient la guerre.
Les lingons avec à leur tête un chef puissant et renommé qui s'appelait Julius Sabinus décidèrent alors de se révolter à leur tour et de chasser les Romains.
Le courageux et combatif Sabinus mena ses troupes au combat face aux Séquanes, fidèles alliés de Rome.
Après plusieurs combats, il fut vaincu. Réduit à la dernière extrémité, il hésita sur ce qu'il deviendrait. La fuite en Germanie lui était facile ; mais, uni depuis peu par amour à une jeune Gauloise nommée Éponine, il préféra braver tous les périls plutôt que de se séparer de celle qu'il ne pouvait ni abandonner niemmener avec lui.
Suétone (en latin Caius Suetonius Tranquillus), un polygraphe et un érudit romain ayant vécu entre le Ier et le IIe siècle, principalement connu pour ses Vie des douze Césars, qui comprend les biographies de Jules César à Domitien, raconte l'histoire de Julius Sabinus. Si Suétone, en tant que romain est très critique vis à vis du chef gaulois, il dresse un portrait beaucoup plus favorable de son épouse Éponine :

Éponine, douée d'une rare beauté, et d'une vertu encore plus rare, épousa Sabinus, homme très riche et très ambitieux. Pendant les troubles qui désolèrent la Gaule, sous les règnent d'Othon, de Vitellius et de Vespasien, chaque général d'armée, chaque gouverneur de province se crut en droit de prétendre à l'autorité souveraine.
Sabinus, soutenu des habitants de Langres, ses compatriotes, osa se faire saluer empereur. Cet homme vain, audacieux, disait descendre de Jules-César; il conçut l'espérance d'abattre ses compétiteurs, et de régner sur les Romains. Mais il devait expier sa révolte par la défaite entière de ses troupes, et gémir sur le sort de ses partisans. Les uns échappèrent par la fuite au courroux du vainqueur, les autres se donnèrent eux-même la mort, pour éviter detomber au pouvoir des généraux romains, ennemis implacables dans leur vengeance.
Sabinus aurait pu trouver un asile au fond de la Gaule; mais il aimait tendrement sa femme, et en était tendrement aimé. Ne voulant pas l'abandonner, il se retira dans une maison de campagne, où se trouvaient des souterrains qu'il était impossible de découvrir. Parmi les nombreux domestiques de Sabinus, deux affranchis honorés de sa confiance, connaissaient seuls le secret de ces souterrains. Sabinus Leur communiqua la résolution qu'il avait prise de s'enfermer dans ce triste séjour, jusqu'à l'époque où les événements lui permettraient d'espérer la grâce de sa rébellion. Pour empêcher toute recherche, il fit courir le bruit de sa mort. Il assembla auparavant ses esclaves, et leur dit qu'après le malheur qu'il venait d'éprouver, il ne savait que trop que ses ennemis nourrissaient l'intention de lui faire souffrir les plus cruels supplices, et que, pour échapper àleur barbarie, il était déterminé à se donner lui-même la mort. Après ce discours, il les remercia de leurs services, leur distribua des récompenses, et les congédia tous, à l'exception de ses deux affranchis, qui reçurent de lui des instructions particulières. Ensuite il s'ensevelit dans le souterrain, et commanda qu'on mit le feu à sa maison.
Les deux affranchis publièrent partout que leur maître avait pris d'une main un breuvage empoisonné, tandis que de l'autre il avait incendié sa maison, afin de préserver ses restes de tout outrage. Ce récit plongea Éponine dans la plus vive affliction : ses regrets, ses larmes, ses sanglots accréditèrent le bruit déjà universellement répandu, et les personnes les plus distinguées de la ville s'empressèrent de venir porter des consolations à la femme de Sabinus. Cependant de désespoir d'Éponine s'accroissant à chaque heure, elle ne se sentit point la force de survivre à la perte d'un époux adoré : déterminée à le suivre au tombeau, elle passa trois jours sans prendre de nourriture. Sabinus, informé de la situation affreuse de sa femme, et craignant qu'elle ne porta trop loin sa douleur, envoya un de ses affranchis lui révéler la vérité.
Rendue au bonheur par cette nouvelle inattendue, Éponine sentie combien il était important de feindre, et ne changea rien à l'expression extérieurs de sa tristesse. Mais, brûlant d'impatience de revoir son époux, elle alla le trouver la nuit. Comme cette course mystérieuse n'éveilla nul soupçon, elle la renouvela chaque jour pendant sept mois. Néanmoins, la plus légère imprudence pouvait faire découvrir cet important secret; Éponine renferma son mari dans un coffre rempli de vêtements, et le ramena ainsi chez elle. Les affranchis représentèrent à leur maîtresse qu'elle compromettait la sûreté de Sabinus en le laissant dans une maison fréquenté par tant de monde. Cette tendre épouse céda à leurs raisons. Sabinus fut donc conduit dans sa triste demeure, où, pendant neuf ans, il reçut chaque jour les visites d'Éponine, sans que personne se doutât qu'il existait encore.
                                 Sabinus et Éponine par Étienne-Barthélémy Garnier (1810)

Mais toutes les mesures de la prudence faillirent échouer contre un événement qui causa à la fois aux deux époux les plus vives alarmes que la plus vive joie. Éponine Devint enceinte. Pour cacher àtous les yeux sa grossesse, il imagina de se frotter d'une certaine drogue propre àfaire gonfler sa peau : de sorte que l'enflure générale de son corps déguisa sa véritable situation. Éponine mit au monde deux enfants jumeaux, qu'elle nourrit dans la caverne de Sabinus.
Les nouveaux devoirs qui la tenait souvent éloignée de sa maison, ouvrirent un vaste champ aux conjonctures. O, épia les démarches d'Éponine avec tant de soin qu'on parvint à découvrir la retraite de Sabinus. On l'arrêta ainsi que sa femme; et tous deux, chargés de chaînes, furent conduit à Rome avec leurs enfants.
Éponine se jette aux genoux de Vespasien, lui présente ses enfants, et les larmes aux yeux : "Depuis longtemps j'aurais sollicité de votre clémence la grâce de Sabinus. Egaré Parde mauvais conseils, il songeait plutôt, en se mettant à la tête d'un parti, à se dérober à la violence de nos tyrans, qu'à monter sur le trône; mais j'ai attendu que mes fils, innocent des fautes de leur père, fussent en état de joindre leurs pleurs et leurs soupirs aux miens. Ils ont pris naissance dans une retraite souterraine; là je les ai nourris; là, privés de la lumière et de la société des hommes, ils ont, depuis neuf ans, expié le crime de leur père. Soyez touché de leur infortune; n'exercez pas sur ces malheureux enfants un acte de rigueur inutile à votre pouvoir". Ces paroles, Sabinus, Éponine et leurs jeunes fils prosternés aux pieds de Vespasien, émurent toutes les âmes. Nul témoins de cette scène ne doutait que l'empereur n'accorda la vie de Sabinus aux prières d'une femme qui avait donné un si rare exemple d'amour conjugal et d'amour maternel. Mais l'ambitieux Vespasien, que dévorait sans cesse la soif de la puissance, et que tourmentait l'effroi de la perdre, méconnut le plaisir si doux de pardonner; il se montra inexorable, et condamna Sabinus à mort.
Constamment généreuse, Eponine voulut partager le supplice de son époux. Dès qu'elle n'espère plus le sauver, ses larmes cessent de couler : "Je ne regrette pas de perdre la vie", dit-elle avec fierté à Vespasien, "puisque j'ai du moins joui de la félicité de passer neuf ans avec mon mari dans les ténèbres d'une caverne. Mon sort est plus beau que le vôtre, malgré l'éclat et la pompe qui environnent votre trône. Mon coeur ne me reproche rien; vous ne pouvez en dire autant; et, quelle que soit votre grandeur présente, vous n'empêcherez pas que le souvenir de vos cruautés ne souille à jamais votre mémoire".
Éponine couronna la vie la plus vertueuse par une mort héroïque.

Les fils d'Eponine et Sabinus  furent séparés, envoyés l'un à Delphes l'autre en Égypte.

 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 18:38

Les gaulois aimaient les grands rassemblements et l'occasion de se réunir leur était fournie couramment par les foires et les marchés.
Nombreuses et importantes, les foires étaient tenues presque toujours en plein air dans des villes qui portaient le nom de magus qui signifie foire ou marché : il y avait ainsi Juliomagus (Angers), Rotomagus (Rouen), Tornomagus (Tournon), etc...
Ces foires et ces marchés étaient en même temps l'occasion de tenir les assemblées qui re^résentaient la vie politique du pays. Elles étaient en même temps les assises générales et avaient un rôle juridique. La principale assemblée annuelle avait lieu à un emplacement nommé Cassciate (Neuvy-en-Sullias, Loiret). Cette assemblée annuelle maintenait l'unité entre les différents peuples dont se composait la Gaule.
Ce n'était pas seulement pour des motifs d'ordre commercial ou judiciaire que les Gaulois aimaient à se rassembler. Leur principale mobile était d'ordre religieux. Lors des marchés périodiques, les druides avaient leur rôle à jouer et presque toujours le lieu de la foire coïncidait avec une sorte de pèlerinage. César définie les Gaulois comme un "peuple très adonné aux pratiques religieuses" . Et en effet la pratique du culte était semble t-il extrèmement développé, et la vie toute entière discipliné par les croyances.
Les gaulois pratiquaient certainement une sorte de religion naturelle en ce sens que certains lieux leur paraissaient revêtus d'un caractère sacré : les forêts par exemple, ou les sources. C'est évidement aux coutumes gauloise qu'il faut rapporter certaines pratiques qui ont persisté dans nos campagnes durant tout le Moyen-Age et jusqu'au temps modernes : la danse autour de l'arbre au mois de mai par exemple. D'autre part, comme tout les peuples païens, ils ont divinisé certaines forces naturelles comme le tonnerre, et rendu un culte aux eaux qui guérissent et dont leur territoire était si riche.

Les druides étaient les prêtres des croyances gauloise, il formaient une sorte de classe à part dans le peuple, mais étaient associés à toutes les activités de la vie courante. Les druides subissaient une très longue formation qui s'étendait parfois sur vingt ans. Un formation uniquement orale ce qui hélas nous laisse dans une grande ignorance. Leur doctrine se devait de demeurer secrète et leur formation était toute entière fondée sur des exercices de mémoire, des poèmes rythmés qui résumaient l'essentiel de la religion. L'usage de l'écriture étant interdit, il fallait écouter et retenir ce que la tradition orale pouvait seule transmettre.
Les rares informations dont les historiens disposent nous apprennent que les druides professaient la croyance en l'immortalité de l'âme. Lors de l'assemblée annuelle, c'était eux qui faisaient office de juges et qui immolaient les criminels. Lorsque les romains après leur conquête du monde celte voudront détruire l'unité de ces peuples, ils traqueront les druides.
Aux druides revenait entre autre charges, l'éducation de la jeunesse. Les Celtes furent les seuls peuples antiques à confier à une classe spéciale la fonction d'éducation.
La religion était étroitement mêlée à la vie des différent peuple gaulois; on ne décidait pas la paix ou la guerre sans l'avis des druides. Dans ses commentaires, Jules César raconte qu'alors il avait donné l'ordre à son allié Dumnorix de s'embarquer pour la Bretagne (l'Angleterre) celui-ci  refusa parce que les dieux s'y opposaient.
Les grandes assemblées politiques et les assises judiciaires avaient le caractère de cérémonies religieuses et certains lieux comme Alésia par exemple, étaient spécialement vénérés. Enfin, comme les sources, certains arbres avaient un caractère sacré, en particulier le chêne-rouve sur lequel une touffe de gui a poussé. On coupait le gui selon des rites minutieux au sixième jour de la lune, et on sacrifiait sous l'arbre deux taureaux blancs. Le gui ainsi cueilli était réputé porter bonheur.
De longs poèmes résumaient donc la science druidique. Ils évoquaient des thèmes spirituels ou narraient une épopée. En dehors des druides une autre classe d'hommes avaient la fonction de réciter et de composer des poèmes : les bardes.
Tout comme la Grèce antique, ou comme notre Moyen-Age, la Gaule a connu ce que les autres civilisations occidentales ont ignoré : des poètes de profession transmettant au public les récits légendaires accompagné de leur lyre. Les bardes chantaient  l’histoire et la généalogie (lignage des souverains et des familles nobles), la poésie (mythologie et épopées), la louange, la satire et le blâme (gouvernement de la société). Ils avaient une grande importance dans la vie des peuples gaulois, ils étaient présent dans toutes les fêtes, cérémonies religieuses, festins, etc...
Aux dire d'Appien *, un jour un général romain vit venir à lui un chef gaulois accompagné non seulement par ses guerriers, mais aussi par ses chiens et son barde. Ce fut ce dernier qui parla d'abord ce qui stupéfia les romains habitués à la discipline militaire.


* Appien d'Alexandrie (né vers 90 après J.-C. et mort vers 160) est un historien grec qui a vécu au IIe siècle de notre ère. Il devint citoyen romain et obtint la charge de "procurateur" dans l'administration impériale sous Antonin le Pieux (138-161). Arrivé à un âge avancé, il rédige une Histoire Romaineen 24 livres qu'il divise en fonction des guerres. L'oeuvre traite des guerres de Rome depuis le début jusqu'à la fin de la République.

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 01:44

Alors quil célébrait dimanche les vêpres en la basilique Saint-Paul-hors-les murs pour clore lannée sainte consacrée à

lApôtre, Benoît XVI a lui-même révélé les derniers résultats scientifiques concernant le célèbre tombeau présent sur les lieux et jamais ouvert en dix-neuf siècles.

Les ossements retrouvés dans le sarcophage vénéré depuis des siècles comme celui de lapôtre Paul ont été datés au carbone 14 et sont ceux dun homme ayant vécu au premier ou au deuxième siècle de

notre ère. « Tout ceci semble confirmer la tradition unanime et incontestée quil sagit de restes de lapôtre Paul », sest réjoui le Pape en faisant part de la « profonde émotion » qui remplit son âme à cette nouvelle.

La tradition multiséculaire qui faisait de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs le lieu de la sépulture de Paul martyrisé, entre 64 et 67 de notre ère sur la route dOstie, à louest de Rome, se trouve donc confortée. Un premier édifice mortuaire, construit au premier siècle sur le lieu présumé de sa décapitation, a été remplacé à partir de 392 par la gigantesque basilique bâtie sous les règnes des empereurs Valentinien II, Théodose et Arcadius.

Le sarcophage, mis au jour par des fouilles sous le maître-autel de la basilique en 2002 mesure 255 cm de long sur 125 cm de large et 97 cm de haut. L’épaisseur de la pierre est de 12 cm. Depuis fin 2006 une ouverture a été pratiquée pour permettre aux visiteurs dapercevoir la tombe. Une minuscule perforation avait aussi été pratiquée dans le sarcophage pour y introduire une sonde spéciale. Cette dernière a permis de prélever au milieu de « minuscules fragments dos » en même temps que des « fragments dun précieux tissu de lin de couleur pourpre, maliné dor fin, et un tissu de couleur bleue avec des filaments de lin », selon les précisions du successeur de Pierre. La présence dencens rouge et de substances

protéiques et calcaires a également été révélée par lanalyse scientifique réalisée à laide de cette sonde.

«Nous savions depuis un an et demi (...) quil sagissait des reliques de saint Paul, mais nous ne lavons pas dit plus tôt parce que c’était une annonce que seul pouvait faire le Saint-Père », a confié (dans La Reppublica) le cardinal Andrea Cordero Lanza di Montezemolo, archiprêtre de Saint-Paulhors-les-murs.
Hier, a-t-il ajouté, nous vénérions ce lieu « par tradition », alors « maintenant avoir la certitude quil sagit véritablement des restes de lApôtre ne peut que nous remplir de joie ». Selon le prélat, les scientifiques qui ont étudié les ossements ne savaient pas quils provenaient du sarcophage de saint Paul : « Je peux seulement vous dire quils font partie dun centre de recherches hautement spécialisé qui travaille hors du Vatican. » 
                                                                                                         
Paul de Tarse par Bernardo Daddi (1333)

Benoî
t XVI nexclue pas dordonner une analyse plus approfondie du sarcophage, malgré les difficultés envisagées (notamment la démolition possible de lautel : « Le Saint-Père nous autorisera à ouvrir tout le sarcophage, mais ce sera un travail long et délicat parce quil est dans une roche très épaisse et quil faut éviter de lui infliger le moindre dommage.»

  

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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 15:26

  Les arènes servaient à accueillir les jeux de la Rome antique. Ces jeux appelés également Ludi comprennaient les courses de chevaux, l'athlétisme (athletae), la boxe et même du théâtre.
  Les courses hippiques étaient les activités les plus prisées des jeux, mais très tôt des concours d'athlétisme sont organisés.
  Les jeux étaient organisés en l'honneur des dieux.
  Les Ludi magni ou Romanisont les jeux les plus prestigieux du calendrier sportif romain. Institués par Tarquin l'Ancien, en 500 avant notre ère, les Romains développent ces jeux y introduisant même 16 jours de « jeux scéniques » (théâtre) généralement du 4 au 19 septembre. Courses de chars, boxe, athlétisme, lutte étaient au programme sportif.

  À partir du IIIème siècle avant J.C. les Romains multiplient les Ludi. Les premiers grands jeux sont les Jeux apollinaires qui se tiennent pour la première fois en 212 av. J.-C. avant de devenir annuels dès 208 av. J.-C.. Il se tiennent du 6 au 12 juillet.

  De nouvelles créations de Ludi à Rome coïncident avec l'accroissement de l'importance des généraux ; ce sont les jeux triomphaux. Ils sont liés à un événement précis mais certains sont pérennisés et se tiennent dès lors chaque année. Citons ici les jeux de Sylla en 80 av. J.-C. du 26 octobre au 1er novembre et les jeux de Jules César du 20 au 30 juillet.
  À la fin de la République, Rome compte 76 jours de Ludi à son calendrier annuel, dont 16 dédiés aux courses de chars. Traditionnellement, les jeux s'ouvrent par les scenici, les jeux scéniques (théâtre), quand ces derniers figurent au programme. De même, les jeux s'achèvent par les compétitions à caractère sportif, les circences.

  La multiplication du nombre de jours de Ludi est la première notion à retenir de l'histoire des Jeux sous l'Empire. On passe en effet de 76 jours de jeux annuels à la fin de la République à 175 au milieu du IVe siècle. 64 jours étaient consacrés aux courses de chars avec 24 courses par jour. De fait, le Romain peut désormais « du matin au soir », suivre des compétitions sportives de tous genres.

  Les chrétiens protestent très tôt (début du IIe siècle) contre la tenue des Ludi. Ces protestations n'empêchent pas la multiplication de ces jeux. La « nouvelle Rome » perpétue jusqu'à la fin du XIIe siècle, la tradition des courses de chars.

  Au début du IIe siècle après J.-C; Juvénal, intellectuel romain hostile au mouvement sportif, forge une expression qui devient un des clichés de la civilisation romaine : Panem et circenses: "Du pain et des jeux".  Les chrétiens reprennent à leur compte cette expression afin de pointer du doigt la cruauté de certaines disciplines, incompatibles avec la chrétienté.
  Les combats de gladiateurs étaient particulièrement féroces, mais également très appréciés d'une société elle même très violente.
Les combats de gladiateurs avaient à l’origine une signification religieuse. Certains citoyens faisaient combattre des gladiateurs à titre privé. Le sang ainsi versé devait apaiser les Mânes (les morts considérés comme "bons"). Les combats de gladiateurs ou munera perdirent progressivement le caractère funéraire et religieux et devinrent des spectacles comme les autres.
  Les munus legitimum (ou justum), comprenaient des chasses et des combats d'animaux le matin, un intermède à la mi-journée et des combats de gladiateurs l'après-midi. Du temps de midi aux heures les plus chaudes de la journées se déroulaient les exécutions des condamnés à mort.
  Les combattants pouvaient aussi bien être des professionnels aguerris que des novices, des esclaves ou des hommes libres sans distinction ethnique ou sexuelle (les combats de femmes extrêmement rares n'en étaient que plus recherchés.
  Les hommes libres qui choisissaient la carrière de l'amphithéâtre, étaient assez nombreux. Ces gladiateurs étaient engagés sous contrat pour une durée de trois à cinq ans après laquelle, s'ils arrivaient vainqueurs à l'issue de leur dernier combat, ils étaient dégagés des termes du contrat et avaient gagné assez d'argent pour s'assurer une vie d'un niveau supérieur et oublier ainsi la pauvreté.

  Les découvertes archéologiques faites au sein et aux abords des arènes de Lutèce, ainsi que le travail des historiens permettent de concevoir comment se déroulait une journée au coeur ces arènes :
  Au milieu des acclamations, les bêtes féroces s'affrontent entre elles ou bien se confrontent à des hommes. Le clou du spectacle est le combat de lutteurs armées.

  Pour le réussir "l'éditor", le patron des jeux, s'assure des services d'un ianista.Cet impresario lui loue la troupe de gladiateurs qu'il a recrutée et fait former dans les écoles de gladiature d'Autun ou de Draguignant.
  Parmi les combattants, certains sont des esclaves ou des condamnés achetés par l'organisateur des combats, d'autres sont des hommes libres liés par contrat.
  Ces gladiateurs originaires des quatre coins de l'empire, s'affrontent par paires, dans des combats qui ne sont pas toujours à mort.
  Les affrontements qui suivaient des règles très codées, opposaient des adversaires et des armes inhabituelles, suivant une tradition issue du spectacle funéraire et ne cherchaient pas à reproduire le combat militaire.
  À Lutèce ces lutteurs avaient leurs fervent amateurs comme en témoigne la découverte en 2006, lors d'une fouille menée dans une rue proche des arènes, d'une lampe à huile datée di 1er siècle et ornée d'un sécutor* victorieux.

  S'ils se délectent de jeux sanglants, les Lutéciens n'en apprécient également les spectacles culturels.
  La construction d'un amphithéâtre pour accueillir des prestations artistiques aurait été trop coûteuse pour une cité comptant entre 6 000 et 10 000 habitants aussi l'arène se voit adjoindre une scène sur laquelle se dérouleront des spectacles comiques, de danse ou des pantomimes, c'est à dire des ballets tragiques ou mythologiques accompagnés d'un coeur ou d'un orchestre.






Les gladiateurs sur le blog Scripta manent
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11 juin 2009 4 11 /06 /juin /2009 15:40

Reine naquit en 236 à Alésia, ville célèbre pour avoir été le théâtre de la bataille qui opposa Jules César à Vercingétorix en 52 avant J.C.
Son père, Clément, était un des premiers seigneurs du pays, totalement romanisé celui-ci vouait un culte fidèle aux idoles romaine.
Orpheline de mère des sa naissance, Reine fut confiée aux soins d'une nourrice. Cette dernière était chrétienne ; elle fit baptiser le bébé. Le seigneur Clément, l'ayant appris, entra en fureur et ne voulut plus voir sa fille qui demeura définitivement chez la nourrice.
Quelques années plus tard, alors que Reine était devenue une jolie jeune fille de seize ans et qu'elle faisait paître ses bêtes au pied du Mont Auxois site de l'ancien oppidum qui vit la victoire de César, elle fut aperçut par le gouverneur romain des Gaules, Olibrius (ou Olimbrius).
Celui-ci avait été nommé par le cruel empereur romain Dèce, qui avait ordonné la septième persécution contre les chrétiens, pour veiller en Gaule à la bonne exécution de l’arrêt. 
Trouvant la jeune chrétienne bien jolie, Olibrius envoya des hommes se saisir d'elle. La légende dit que voyant approcher les soldats romains elle s'écria : « 0 mon Dieu, faites-moi la grâce de mourir plutôt que de vous renier. »
Olibrius l'interrogea, découvrit qu'elle était chrétienne et l'emprisonna d'abord. Puis il la fit comparaître devant lui, dans le but de la ramener à l'idolâtrie, car il pensait que lorsqu'il aurait obtenu de la jeune fille qu'elle renie sa foi, elle se rendrait facilement à son second dessein, qui était de "l'épouser". Mais Reine refusa catégoriquement.
Le lendemain, le romain partit combattre les Barbares qui venaient une fois de plus forcer les frontières de l'empire.
Reine fut de nouveau emprisonnée et ceinturée par anneau de fer. Deux chaises rivées à la muraille maintenaient cet anneau, si bien que la petite martyre devait rester debout nuit et jour sans pouvoir changer de place. Un chrétien, du nom de Théophile, lui apportait en cachette du pain et de l'eau pour sa subsistance.
A son retour Olibrius demanda des nouvelles de sa captive : "Elle est de plus en plus attachée à la foi des chrétiens", lui répondit-on.
Enragé, le romain fit torturer la jeune fille qui, malgré les cruels sévices qu'elle endura ne renia pas le Christ.
Elle fut à nouveau jetée en prison agonisante, mais après avoir prier le Seigneur, elle fut miraculeusement guérit.
Lorsque Olibrius apprit que Reine était vivante il ordonna qu'elle soit exécutée. On la fit brûler publiquement mais alors que plus de 800 personnes assistaient à son martyre, une colombe apparue invita la Sainte à venir recevoir dans le ciel la récompense due à sacrifice.
Et Sainte Reine fut finalement décapitée.
Une source miraculeuse jaillit à l'endroit où son sang fut versé.

Le culte de cette sainte a pu être garanti par la découverte du « service eucharistique » d'Alésia qui a eu lieu en 1909. Découverte constituée d'un ensemble comprenant un plat et trois coupes qu'on suppose utilisé pour la célébration de l'eucharistie. Le plat porte un poisson en gravure (l' ictuscomme à Autun), et le nom de « Regina ». L'ensemble daté du IVe siècle ne met plus en doute l'existence de la jeune martyre.


En 864, les reliques de la sainte furent transférées à l'abbaye de Flavigny sur Ozerain. Aujourd'hui, Sainte Reine la martyre et la source miraculeuse font toujours l'objet d'un culte fervent.

Le village, Alise-Sainte-Reine, qui se développa au pied du mont Auxois la prit pour patronne et, chaque année, les habitants organiseront une fête en son honneur. Cette tradition est attestée depuis 866 et perdure encore aujourd'hui.


Le nom d'Olibrius est resté dans le langage courant pour désigner un bravache, un personnage excentrique et peu sympathique.
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4 juin 2009 4 04 /06 /juin /2009 19:00

  Trajan, empereur romain, est probablement né le 18 septembre 53 à Italica en Bétique (Espagne actuelle), et est mort le 7 août 117 à Seliki (Cilicie). Il régna de 98 à sa mort. C'est durant son règne que l'Empire romain a eu la plus grande surface territoriale.
Durant son règne, des sesterces (une petite monnaie d'argent) à son effigie, furent émises et circulèrent sur tout le territoire de l'empire, dont la Gaule bien évidement. 


  Mais que signifie les lettres qui entourent le profil de l'empereur ?



La monnaie chez les Gaulois et les Gallo-romains : cliquez ici

Le sesterce de Claude : cliquez ici

 

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 17:23

Du 22 mai au 20 septembre le Musée de Normandie, à Caen propose une exposition sur l'art funéraire des Gaulois.

Lexposition « Les Gaulois et la mort en Normandie » permet de faire le point sur les découvertes récentes sur le sujet en tenant compte de nouvelles données. Depuis une quinzaine dannées on a acquis, en effet, une approche plus précise de l’âge du Fer en Normandie. Notamment de l’évolution de la société gauloise entre les VIIe et Ier siècles av. J.-C.

Cette période fut scindée en deux étapes :

1. Le premier âge du fer (ou période hallstatienne, du nom du site éponyme en Autriche, importante nécropole liée à lextraction du sel dans cette région).

2. Le second âge du fer (ou période laténienne, daprès le nom du site de La Tène, en Suisse).

Parmi les « pièces » remarquables présentées au musée de Normandie, la tombe à char dOrval (Manche) qui fut découverte par hasard près dune ancienne ferme gauloise étudiée dans le cadre du détournement ouest de Coutances. Ces tombes à char étaient réservées à l’élite. Du char dOrval, il ne reste que les éléments liés aux roues, quelques passe-guides, des élémentsde liaison entre la caisse et lessieu. Mais aussi deux harnais ornés à lorigine de corail ou divoire sculpté. Le défunt est représenté par ses armes : une lance, une épée dans son fourreau, une hache. Il y a aussi une bague en or qui marquera l'appartenance de ce dernier à laristocratie militaire. Deux fibules permettent de situer linhumation vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C. On notera, parce que cest peut-être encore plus émouvant, une trousse à outils : plane, couteaux, serpette, marteaux.

Autre point fort, encore, la nécropole entièrement conservée dEterville (Calvados) : quelque 150 inhumations et 11 monuments. Le défunt, habillé et presque toujours étendu sur le dos, était déposé tête vers le sud avec ses parures, bracelets, fibules, anneaux de chevilles, torque, etc.

Labandon du site au IIIe siècle avant notre ère semble correspondre à un retour vers les rites dincinération.

Parmi les objets exposés : une pairede boucles doreilles en or (Honguemare, Eure) ; un poignard à antennes en fer (Bosrobert, Eure) ; des vases et des braceletsen lignite (Saint-Gatien-des-Bois et Saint-Martin-de-Fontenay, Calvados) ; des mors de cheval en bronze (Orval, Manche) ; un vase à décor peint (Eterville, Calvados), etc...

Exposition les "Gaulois et la mort en Normandie"
Les pratiques funéraires à l'age du fer (VIIe - Ie siècle avant J.C.)
3,20 euros (2,10 euros pour les familles nombreuses)
Entrée gratuite pour les visiteurs de moins de 18 ans, les groupes scolaires et universitaires.
Entrée gratuite pour tous le premier dimanche de chaque mois.
http://www.musee-de-normandie.caen.fr/agenda/resultattotal.asp

Avoir également :
Gaulois sous les pommiers
découvertes de l'âge de fer en Basse-Normandie.

Exposition, jusqu'au 10 novembre 2009
Cette exposition propose aux visiteurs de découvrir une civilisation inventive et souvent méconnue, sinon par des clichés.
Plusieurs thèmes sont présentés : les formes de l'habitat (de l'installation rurale à l'habitat groupé fortifié), l'agriculture (culture et élevage), les objets de la vie quotidienne et l'artisanat (céramique, métal, lignite, bois, etc.), les échanges (monnaies, importation), la religion et le traitement de la mort.

Musée et sites archéologiques
13 Chemin Haussé
14930 Vieux-la-Romaine.

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 10:47

Les arènes de Lutèce sont un amphithéâtre gallo-romain situé à Paris, comportant à la fois une scène pour les représentations théâtrales et une arène pour les combats de gladiateurs et autres jeux de l'amphithéâtre..

Comme toute ville romaine de quelque importance, Lutèce s'enorgueillissait d'un amphithéâtre pouvant accueillir 17 000 spectateurs. La scène de théâtre d'une longueur de 41,20 m, dressée sur le podium, est de taille considérable. Les combats d'hommes et d'animaux se déroulaient sur la piste centrale elliptique de 52,50 x 46,8 m.

Il est probable que les arènes, construites au Ier siècle, restèrent en activité jusqu'à la première destruction de Lutèce en 280.

S'il ne peut être comparé au Colisée de Rome, l'amphithéâtre de Lutèce est l'un des plus grands de toute la Gaule qui en compte pourtant plus de cinquante, soit presque autant que l'Italie. Édifié à 500 mètres du cardo maximus, l'artère principale, il se trouve selon l'usage à l'extérieur de la ville.


Une façade monumentale circulaire s'offre au visiteur d'alors avec ses arcades, exactement quarante, et une baie en plein cintre*, ouvrant sur une galerie périphérique. Cet ensemble parait avoir été surmonté d'une corniche dorique en console moulurée où, sur des blocs de pierre carrés, des orifices servent de base à de grands mats soutenant un velum. En cas d'intempéries, un jeu de poulies et de câbles permet de hisser cette grande toile pour protéger le public.
L'accès se fait par l'une des deux entrées principales, suivies chacune d'un large couloir en pente douce, long de 40 m et couvert d'une voûte en plein cintre. Ces couloirs débouchent sur l'arène par des portes à quatre vantaux. Là, un mur de podium de grosses pierres protèges les spectateurs des fauves. Ces derniers sont assis sur un ensemble circulaire de gradins, une cavea, divisé en plusieurs catégories accessibles depuis les couloirs par des vomitoria (ces larges passages que l'on nomme aujourd'hui encore vomitoires). Les sièges les plus proches de l'arène sont réservés aux notables comme en témoignent des patronymes retrouvés gravés sur des blocs de pierre provenant des banquettes.
Quand à l'arène proprement dite, de forme elliptique de 52,50 x 46,8 m, son sol en terre battue est drainé par un égout.
Quatre réduits fermés par des portes ou par des grilles, y donnent un accès direct. C'est dans ces carceres que se tiennent animaux ou gladiateurs attendant l'heure du combat organisé lors de grandes fêtes offertes au public par des notables ou par des mécènes en quête de popularité.

A la fin du IIIè siècle l'amphithéâtre n'étant plus utilisé, les pierres de taille sont récupérée pour la fondation de l'enceinte dans laquelle la population trouvera refuge.
Chilpéric fit réparer cet amphithéâtre en 577 ap. J.-C. et y fit donner des spectacles. Plus tard, l'amphithéâtre deviendra un cimetière, puis sera remblayé après la construction du mur de Philippe Auguste.


 


Entre 1860 et 1869, l'ouverture de la rue Monge permit à Théodore Vaquerde mettre au jour et relever les premières traces des arènes. Elles furent réellement dégagées par les travaux de terrassement de la Compagnie générale des omnibus, qui souhaitait construire un dépôt de tramways. La Société des amis des Arènes est créée pour défendre le site et sa valeur historique, ses soutiens comptent Victor Duruy et Victor Hugo. Le 27 juillet 1883, Hugo adressa une lettre au Président du conseil municipal de Paris pour défendre les arènes de Lutèce, menacées de destruction :

« Paris, le 27 juillet 1883,
Monsieur le président,
Il n'est pas possible que Paris, la ville de l'avenir, renonce à la preuve vivante qu'elle a été la ville du passé. Le passé amène l'avenir. Les Arènes sont l'antique marque de la grande ville. Elles sont un monument unique. Le Conseil municipal qui les détruirait se détruirait en quelque sorte lui-même. Conservez les Arènes de Lutèce. Conservez-les à tout prix. Vous ferez une action utile, et, ce qui vaut mieux, vous donnerez un grand exemple.
Je vous serre les mains. »

Quelques jours après, le conseil se porta acquéreur des vestiges de l'amphithéâtre qui fut classé monument historique.


* cintre : (nom masculin) Courbure concave d'une voûte.
Plein cintre : cintre dont le trait est en demi cercle (arc en plein cintre).
[au pluriel] Endroit où l'on remonte les décors, au-dessus de la scène.

 

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 12:26

L'alimentation des gaulois est un sujet mal connu car la culture celtique étant orale, les textes s'y rapportant sont extrêmement rares.
Pline l'Ancien, écrivain et naturaliste romain, auteur d'une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle,évoque les oies qui viennent sur pieds à Rome du pays des Morins (tribus gauloises belges), Strabon, géographe grec, cite particulièrement les salaisons gauloises que l'on trouve sur les marchés italiens et Posidonios d'Apamée, phylosophe grec, narre ainsi un festin : "Voici les repas des Celtes : on étend du foin et l'on sert sur des tables peu élevées. Pour nourriture, des pains en petit nombre et beaucoup de viandes cuites dans l'eau ou roties sur des charbons ou à la broche..."
Les sources écrites étant trop rares les connaissances concernant l'alimentation gauloise proviennent des données archéologiques.

Celles-ci portent sur les animaux et les plantes retrouvés sur les sites fouillés, soit sur le matériel plus ou moins directement aux aliments : récipients, ustensiles.
Grâce à l'archéozoologie qui étudie les os dégagés des fouilles quelques éléments très intéressants sont portés à notre connaissance.

Les animaux.
A l'époque gauloise, c'est à dire avant la conquête de la Gaule par Jules César, la chasse ne représente qu'une part infime de la nourriture.

Le lièvre (le lapin n'existe pas en Gaule) est le plus chassé ou piégé. Le chevreuil, le cerf et le fameux sanglier sont rares dans les poubelles gauloises. D'ailleurs leur présence indique clairement , dans ce cas, un statut élevé des occupants. Seule l'élite avait le droit de chasser ces animaux.
A cette liste principale, on peut rajouter de manière très anecdotique, l'aurochs (boeuf sauvage), mais aussi pour leur fourrure, le blaireau, le loup, la loutre, le renard ou l'ours.

La pêche participait aussi à l'alimentation; les villages se situaient assez souvent près des cours d'eau. Néanmoins les restes de poissons sont trop fragile pour être conservé ce qui ne permet pas d'estimer le rôle exact du poisson dans l'alimentation de nos ancêtres. Les fouilles permettent surtout de découvrir des poids de filets ou des hameçons.
La majorité des animaux utilisés pour se nourrir par les gaulois provient en fait à 99% d'animaux domestiques. Boeufs, porcs et caprinés (mouton ou chèvre) constituent l'essentiel des troupeaux élevés par les gaulois.
Le coq et la poule étaient exploités depuis des siècles, mais les fouilles archéologiques semblent indiquer qu'ils consommaient peu de volailles, toutefois et cela a beaucoup d'importance, leurs os très fragiles ont certainement disparu, croqués par les chiens et les porcs.
L'oie cendrée, le canard colvert et le pigeon biset ont sans doute été domestiqués.
Des os de belettes sont fréquemment trouvés sur les sites gaulois ce qui traduit sa probable domestication en vue de lutter contre les rongeurs (le chat domestique n'est pas encore présent).
Les animaux domestiques des gaulois étaient de petite taille (stature moyenne pour la vache : 1,05 m; le cheval : 1,25 m, le porc : 0,70 m et le mouton : 0,60 m) leur poids étaient également modeste (vaches/chevaux : 200 kg; porc 70/80 kg et mouton : 30 kg). Les quantités en viande (30 à 40 % du poids) et en graisse (20 à 30 %) disponibles étaient donc particulièrement modestes. Toutefois, leurs rôles ne se limitaient pas uniquement à fournir les tables en viande. Le lait de brebis et les vaches étaient utilisés et transformés à des fins nutritives.
Selon le statut social, l'alimentation diffère. Les animaux jeunes et tendres sont consommés par les membres les plus élevés dans la hiérarchie. Suivant la position sociale des familles au sein du village, le régime alimentaire varie. Le porc, et particulièrement les côtes et les filets étaient réservés aux personnalités importantes.
Les plantes.
La carpologie, discipline scientifique qui étudie les graines et les fruits découverts en contexte archéologique a permis de connaître quelles espèces végétales étaient cultivées et récoltés par les gaulois.
Dans le nord de la Gaule les agriculteurs exploitaient essentiellement des graminées et de légumineuses.
Parmi les graminées les gaulois cultivaient quatre sortes de céréales de la famille du blé (l'engrain, l'amidonier, l'épautre et le froment) mais aussi de l'orge, de l'avoine et du millet.
Parmi les légumineuses, la lentille, le pois, la fève ou la vesce (pour les paturages) sont recensés.
Certaines plantes sauvages étaient également ramassées car leurs feuilles peuvent être consommées en salade ou bouillie.
Les gaulois mangeaient des fruits bien sûr, des prunelles (fruit du prunelier, fruit à noyau de couleur bleu violet), des merises (fruit du merisier, plus petit qu'une cerise, ce fruit a une chair ferme et très savoureuse mais peu sucrée), des framboises, des pommes, des fraises, des noisettes, des raisins, des prunes, des glands et des baies de sureau. Il est fort possible que les arbustes sauvages aient été transplantés dans les jardins gaulois.
Parmi les produits sauvages accessibles, il faut indiquer le miel. Celui-ci faisaient certainement l'objet d'attention, et il faut supposer que des ruches étaient entretenues un peu partout.
La cuisine des plantes.
Toutes les farines fabriqués à l'aide de meules et étudiées par des spécialistes, ne permettaient pas de confectionner du pain à pâte levé. Les céréales se consommaient alors sous forme de grains concassés et bouillis, de soupes à base de farine grillée ou de galettes à pâte non fermentée.

L'amidonnier, l'orge et l'avoine étaient préparés de manières diverses et variés, sous forme de galette, bouillie, soupe, gruau, flocon selon les recettes traditionnelles.
Les légumineuses comme la fève se consommaient principalement sous forme de bouillies et de soupes ou telles quelles.
L'assaisonnement devait se résumer à l'usage du sel, puisque le poivre et les épices arrivèrent plus tardivement. Ce sel était récolté en Gaule, en particulier le long du littoral. La moutarde noire a aussi due être employée.
Les boissons.
Pour les boissons alcoolisées, les connaissances s'avèrent également limitées. Posidonios d'Apamée (qui a voyagé en Gaule au 1er siècle av. J.C.) nous apprendre que les boissons diffèrent selon les classes sociales : "Ce que l'on boit chez les riches c'est du vin apporté d'Italie ou du pays des Massaliètes (Marseilles) et on le boit pur; quelques fois on y mêle un peu d'eau; chez ceux qui sont moins à l'aise, c'est la bière de froment (purinos), préparée avec du miel; chez le peuple, c'est la bière toute simple, on l'appelle corma".
Il faut garder en mémoire que la seule source de sucre repose sur le miel. Pourtant certains fruits sauvages, comme la prunelle contiennent suffisamment de sucre pour déclencher la fermentation du jus.
La bière, ou la cervoise (sans houblon) est à base de malt, composé de grains d'orges germés, grillés et réduit en poudre, qui sert à la fermentation.
L'hydromel aussi était connu. Une tombe princière du Bade-Wurtemberg de la fin du VIème siècle av. J.C. en a livré.
Les auteurs antiques ont souvent évoqué la consommation de boisson chez les celtes. Ils s'offusquaient de leur manière de boire le vin (sans le mélanger à de l'eau) et des quantités selon eux démesurées.
De nombreuses amphores ont été retrouvées, mais le vin était importé et réservé aux élites gauloises.
Le materiel de cuisine.
Les gaulois faisaient la cuisine à l'aide de chaudrons, grils et broches, comme l'atteste Diodone : "auprès d'eux sont les foyers pleins de feu, avec des chaudrons et des broches chargées de pièces entieres de viandes".
Les fours se situaient à l'extérieur de l'habitat.

La majeure partie du vaisselier était constituée de récipients en céramique. Parmi les vases, on peut cataloguer ceux de grandes tailles (contenance de plusieurs dizaines de litres) et disposant d'ouvertures étroites qui servaient à stocker les denrées alimentaires au sein de la maison. Certains dont les parois internes sont altérés évoquent sans doute des saloirs. Les salaisons et la charcuterie gauloise étaient d'ailleurs réputées à Rome.
Il n'existait pas d'assiettes comme à notre époque, mais des écuelles aux formes plus fermées, plus pratique pour la bouillie et le gruau que l'on consommait.
Si avec la multiplication des études spécialisées, nous connaissons de mieux en mieux les ingrédient disponibles, la cuisine reste presque inconnue. Des spécialités régionales existaient déjà et caractérisaient certains endroits. Les échanges commerciaux apportaient certains produits sur de longues distances en particulier du monde romain.
Avec la période gallo-romaine, l'alimentation évolue.
Mais c'est une autre histoire...

D'après l'article de Denis Maréchal, archéologue, paru dans le magazine Histoire Antique HS n°17

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