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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 02:09

 

CCostumes-bijoux-barbares

 

  Le mot "barbare" a été inventé par les Grecs pour désigner les peuples étrangers qui ne savaient que balbutier ou bégayer. Il est passé dans la langue latine pour désigner ceux qui étaient incompris des Romains et dont la civilisation était primitive. Pour le Romain, le barbare n'a ni culture, ni justice, ni morale. Tous les peuples que Rome n'a pu soumettre les Afribarbari ou Berbères en Afrique du Nord, les Celtes en Bretagne, les Germains au-delà du Danube et du Rhin sont des barbares. Pour se protéger d'eux, les Romains ont construit des fortifications dont le limesle long du Rhin et du Danube.

  Bien que séparés des Barbares, les Romains sont progressivement amenés à les côtoyer, de façon plus ou moins pacifique. Cette proximité modifie lentement la considération des Romains envers les peuples barbares. La vision traditionnelle d'un monde divisé en deux, les Romains d'un côté, les Barbares de l'autre s'en trouve modifiée. On peut alors distinguer les catégories suivantes :

• Les populations barbares dans le Barbaricum, les gentes autour de l'Empire romain.

• Les Barbares entrés individuellement dans l'armée romaine et séjournant d'une façon temporaire dans l'Empire.

• Les Barbares entrés individuellement et définitivement dans l'organisation  administrative militaire romaine, habitant donc d'une façon durable dans l'Empire, leurs enfants nés dans l'Empire étant attachés au service de l'Empire.

• Les Barbares entrés en groupe dans l'Empire sous la direction d'un chef : ce sont les foederati liés à leur chef qui a conclu un traité, un foedus, avec l'empereur.

• Les prisonniers de guerre barbares, installés par les Romains dans les provinces de l'Empire, souvent comme laeti (colons-agriculteurs), surtout en Gaule, qui étaient astreint à un service miltaire.

  Au Vè siècle, lors de la "migration des peuples", certains Barbares sont alors mieux considérés (ceux qui se battent aux côtés des légions romaines contre les envahisseurs), et à Rome, on fait la distinction entre "Barbares et barbares !" .

  Vers 450, Salvien de Marseille oppose Romains à Barbares en dénonçant les vices des uns et en exaltant les qualités naturelles des autres. Ainsi se forme le concept du "bon Barbare" que l'Église va pouvoir évangéliser. Chez Grégoire de Tours, ce mot n'a plus de sens péjoratif.

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 16:51

  La victoire de Jules César sur Vercingétorix  en 52 av.J.C. change le destin de la Gaule. En se romanisant, elle adopte une organisation administrative et militaire qui lui faisait défaut, tout en gardant certaines caractéristiques qui lui sont propre, son héritage celte.

  Le latin, la langue des nouveaux maîtres du pays s'impose. Mais les années, les siècles passent et cette langue évolue sous l'influence du gaulois puis du francique.

  Voici un exemple d'un mot latin moneta qui va, à force de transformation donner le mot monnaie.

  La petite histoire d'un mot, c'est l'histoire d'une langue, l'histoire d'un peuple.

 

 

Junon  Le mot moneta a été créé à partir du verbe monere qui signifie "faire penser, faire se souvenir", et "avertir" ou "conseiller", et qui a d'abord été un nom propre : Moneta était le surnom de la déesse Junon, l'épouse de Jupiter, le roi des dieux; Junon Moneta, c'est à dire Junon la "Conseillère" ou "Celle qui avertit". Et voici pourquoi, d'après Ciceron (homme politique et auteur latin du 1er siècle avant J.C.) : durant un tremblement de terre, les Romains entendirent une voix s'élever du temple de Junon, sur la colline du Capitol, à Rome; cette voix les avertissait du danger, et leur conseillait d'offrir des sacrifices aux dieux pour les apaiser. C'est ainsi, d'après cette légende, que le surnom de Moneta fut attribué à Junon.

  Reine du Ciel, déesse du Mariage, Junon était donc honorée, à Rome, dans un temple qui se dressait sur la colline du Capitol. C'est dans l'enceinte de ce temple que fut installé, au début du IVèsiècle avant J.C., le premier atelier de frappe, de fabrication de pièces de monnaie romaines, activité qui se trouva ainsi placée, dès l'origine sous la protection de Junon Moneta. Et les Romains prirent l'habitude d'employer le nom de Moneta pour désigner, aussi, le temple de la déesse, puis les petites pièces de métal qui étaient produites dans l'atelier du temple : c'est ainsi que le mot moneta est devenu un nom commun en latin, et a pris le sens courant de "monnaie".

 

  La moneta latine est devenue en français, de la monoie, puis de la monnoye, et enfin, au XVIè siècle, de la monnaie.

 

  Revenons au verbe monere : outre moneta, plusieurs autres mots latins en sont dérivés, comme monitio, le "conseil", "l'avertissement", et praemonitio, "l'avertissement préalable" (puisque prae signifie à "l'avance" en latin), qui a donné en français prémonition et prémonitoire. Une prémonition est un préssentiment, un avertissement inexplicable qui nous révèle à l'avance un événement, lors d'un rêve prémonitoire, par exemple.

 

  On trouve aussi, en latin, le verbe admonere, "donner un avertissement", qui a abouti en français, à admonester, "réprimander en donnant un avertissement". Et le monitor, qui en latin était un "conseiller", un "guide" ou un "instructeur", est l'ancêtre de notre moniteur. Enfin, il y a le monumentum...

  Les Romains donnaient le nom de monumentum à tout ce qui servait à rappeler le souvenir (de quelqu'un ou de quelque chose), et notamment à perpétuer la mémoire d'un mort : stèle, inscription, statue, tombeau... C'est d'ailleurs avec le sens de "tombeau" que le mot monument, issu de monumentum, a d'abord été utilisé en français, avant de désigner plus généralement un ouvrage d'architecture ou de sculpture, commémoratif ou non.

 

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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 19:05

  François Louis Hardy de Juinne dit Dejuinne est né en 1786 et est mort en 1844. Il est l'auteur de ce tableau intitulé : Clovis, roi des francs, réalisé en 1835. Ce tableau est une huile sur toile exposée au Musée de l'histoire de France situé au château de Versailles.

  clovis1

 La description du tableau


On trouve dans ce tableau certains insignes et ornements traditionnels de la royauté, appelés « regalia » :

• La couronne montre que le roi est empereur en son royaume selon la volonté de Dieu ; le peuple doit fidélité à la couronne.

• Le sceptre : celui qui le porte est désigné par Dieu pour guider les autres ; le roi guide l’ensemble de ses sujets.

• La fleur de Lys est un symbole de pureté, fleur de la Vierge Marie. Elle devient l’emblème des rois de France au XIIème siècle ; c’est Louis VII qui l’utilise comme symbole de la monarchie capétienne. Elle devient ensuite l’emblème de l’Etat à partir du XVème siècle.

• L’épée fait du roi le bras armé de l’Eglise ; elle porte le même nom que celle de Charlemagne « Joyeuse ».

• La cape est pourpre et dorée.

• L’aumônière : ce détail a été repris du Baptême de Clovis par Dejuinne ; elle ne devrait pas être visible puisqu’elle était fixée derrière la ceinture et ne pendait pas.

• Les couleurs dominantes : 4 couleurs dominent ce portrait, le bleu, le blanc, l’or et le pourpre.

  Les « regalia » symbolisent une longue histoire, un héritage, le caractère divin de la monarchie.



  Ce tableau est une commande de Louis-Philippe datant de septembre 1835. Cette effigie inaugure la salle consacrée aux rois de France. Pour réaliser le portrait de Clovis, Dejuinne s'est inspiré assez précisément de la dalle funéraire* du roi présentée à Saint-Denis, qui le montre en pied dans un accoutrement très proche de celui du tableau. Le peintre lui donne l’allure de l’empereur Charlemagne avec sa « barbe fleurie » et son épée. On retrouve cette iconographie dans les livres d’histoire illustrés du XIXème siècle.

* La dalle funéraire de Clovis a été réalisée tardivement, dans les années 1220-1230.

 Le roi mérovingien tient dans sa main gauche l’épée de Charlemagne, Charlemagne qui ne vit que trois siècles après lui. Clovis porte pratiquement la même tenue que Charlemagne : une tunique bleue de laquelle ressort une manche blanche et dorée, ainsi qu’une cape pourpre. Ce sont ces couleurs que l’on retrouve habituellement dans les portraits de rois. L’or symbolise le pouvoir et l’opulence. Le pourpre est, depuis l’Antiquité romaine, symbole de richesse, de pouvoir et de dignité suprême. Les manteaux des consuls romains étaient pourpres. Clovis incarne donc le premier roi français catholique mais également une continuité par rapport au pouvoir romain. L’opposition des couleurs du fond et de celles du roi accentue l’aspect surnaturel du roi. Ce portrait très frontal produit un effet saisissant sur le spectateur qui a le sentiment d’être fixé par le regard intense de Clovis. L’artiste a insisté sur le caractère autoritaire du roi guerrier grâce à qui « la monarchie des Francs, fondée par ses victoires, s’étendit de l’Escaut aux Pyrénées, et de l’Océan jusqu’à la limite du Rhin et du Rhône. »

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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 19:36

Avit  Sextus Alcimus Ecditius Avitus, en français Avit, est né à Vienne vers 450, de haute noblesse gallo-romaine, il est le fils du sénateur Esychius qui, vers 475 fut élu archevêque de Vienne. Avit est également le petit-neveu de l'empereur Eparchus Avitus, un noble Arverne, beau-père de Sidoine Apollinaire, il devint empereur romain d'occident (455-456).

  Avit était un grand lettré, selon les critères du temps, il joua un rôle politique à la cours des rois burgondes, en rédigeant les lettres royales. Il demeurait profondément attaché à l'idée impériale (on le voit dans les lettres du roi Sigismond), mais il servait aussi ses maîtres sans arrière-pensée. Il essaya en vain de convertir le roi Gondebaud mais réussit avec le roi Sigismond vers 500.

 

EPISTVLARVM AD DIVERSOS

XXXXVI Avitus episcopus Clodevecho regi. a. 496/497

Vestrae subtilitatis acrimoniam quorumcumque scismatum sectatores sententiis suis variis opinione, diversis multitudine, vacuis veritate Christiani nominis visi sunt obumbratione velare. Dum ista nos aeternitati committimus, dum, quid recti unusquisque sentiat, futuro examini reservamus, etiam in praesentibus interlucens radius veritatis emicuit. Invenit quippe tempori nostro arbitrum quendam divina provisio. Dam vobis eligitis, omnibus iudicatis ; vestra fides nostra victoria est (...)

Mais peut être serait-ce plus clair en Français.

TRADUCTION :

[Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d'envelopper la finesse de votre

discernement de l'ombre de leurs discours aux idées changeantes, divergents dans leur multitude, vides de la vérité du christianisme.]1 [Tandis que nous renvoyons ces disputes à l'éternité, tandis que nous réservons au jugement dernier de connaître le bien fondé de chaque opinion, dès à présent a jailli le trait de lumière de la vérité. Car c'est de nos jours que la divine Providence a trouvé un arbitre. En faisant votre choix, c'est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire.]2 [Dans ces cas-là, d'ordinaire, la plupart des hommes objectent les coutumes nationales et l'observance religieuse de leurs pères, si par hasard ils sont poussés à rechercher la saine croyance par les encouragements des prêtres ou les suggestions de quelque compagnon. Ainsi préfèrent-ils coupablement le respect humain au salut, et, en observant, dans les chaînes de l'incrédulité, un vain respect de leurs ancêtres, avouent-ils en quelque sorte ne savoir quoi choisir ; que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle. Vous, ne gardant de toute une lignée d'antique origine que la seule noblesse, vous avez voulu extraire de vous-même, pour votre race, tout ce qui peut rehausser le rang d'une haute naissance. Vous avez des modèles du bien, vous avez voulu être celui du mieux.]3 

[Vous êtes digne de vos ancêtres puisque vous régnez en ce monde ; vous avez fondé pour vos descendants afin de régner au ciel. Que la Grèce, évidemment, se réjouisse d'un prince de notre loi, mais non plus de ce qu'elle mérite seule la faveur d'un tel don. L'éclat en illumine aussi ton pays, et, du côté de l'occident, resplendit sur le roi la lumière de l'antique étoile du matin.]4 [Elle commença de luire à la bienvenue naissance de notre Sauveur. Que l'onde de la régénération vous dispose donc au salut en ce jour où le monde a reçu le maître du ciel né pour sa rédemption. Que ce jour soit votre anniversaire comme il est celui du Seigneur, le jour où vous êtes né au Christ, le jour où le Christ est né au monde, le jour où vous avez consacré votre âme à Dieu, votre vie aux hommes d'aujourd'hui, votre gloire à la postérité. Que dire donc de cette très glorieuse solennité de votre régénération ? Si, je ne me suis pas rendu personnellement à ses offices, je n'ai pourtant pas manqué de communier à ses joies, dès le moment où la bonté divine a envoyé cette grâce à vos pays et que, avant votre baptême, nous est parvenue la nouvelle de la très-sublime humilité avec laquelle vous faisiez profession de catéchumène ; en suite de quoi, après cette attente, la nuit sainte nous a trouvé sans inquiétude à votre sujet. Car nous parlions et nous discutions entre nous de l'événement, tandis qu'une troupe nombreuse d'évêques assemblés, ranimait les membres royaux avec les eaux de vie, dans la pompe du service divin, tandis que se courbait devant les serviteurs de Dieu cette tête terrible aux nations, tandis que, grandi sous un casque de cheveux, vous assumiez le casque du salut, l'onction sacrée, tandis que, ayant un instant déposé la protection des cuirasses, vos membres immaculés resplendissaient de la blancheur immaculée des vêtements.]5 [Elle fera, comme vous le croyez, ô le plus heureux des rois, elle fera dis-je, cette faiblesse de vos vêtements, que dorénavant s'accroisse la force de vos armes ; et tout ce qui avait fait jusqu'à présent la chance, c'est à la Sainteté que vous le devez désormais. Je voudrais bien attacher à vos louanges quelque exhortation, si quelque chose échappait à votre science ou à votre attention..]6 [ Mais faut-il que nous prêchions dans ses détails la foi, que vous avez aperçue sans prédicateur et sans exposé complet ? Ou peut-être l'humilité, que vous nous avez déjà manifestée par attachement et que vous nous devez désormais par votre profession de foi ? Ou bien la miséricorde qu'un peuple encore récemment captif, délivré par vous, manifeste au monde par sa joie, à Dieu par ses larmes ?]7 [ Il n'y a qu'une chose que nous désirions voir s'accroître, puisque, par vous, Dieu va faire votre nation toute sienne, répandez aussi, du trésor de votre coeur, des semences de foi vers les peuples d'au-delà, encore fixés dans l'ignorance naturelle et que n'ont pas corrompus les germes des fausses doctrines. N'ayez ni honte ni regret, même en envoyant des ambassades à ce sujet, de construire l'édifice du Dieu qui a tant élevé le vôtre.]8  

 

COMMENTAIRE

 

[1] "Les sectateurs de tous schismes se sont efforcés d'envelopper la finesse de votre

discernement de l'ombre..." Avit évoque là des manœuvres ariennes autour de la conversion de Clovis. Il parle de schisme qui est une rupture dans l'ordre de la discipline, ce qui n'est pas le cas de l'hérésie qui doit plutôt se définir comme une rupture dans l'ordre de la foi. Au Moyen Âge, la confusion est fréquente.

 

[2] "En faisant votre choix, c'est pour tous que vous prononcez le jugement ; votre foi est notre victoire" Avit note ici l'importance de la conversion de Clovis. Celui-ci est devenu un arbitre, c'est lui qui tranchera en cas de litige entre communautés. Il tranchera selon sa foi, la foi catholique, c'est la victoire des catholiques et avant tout de l'épiscopat.

 

[3] Se réfugiant dans le respect des coutumes ancestrales, les rois burgondes, et spécialement Gondebaud, rejettent les tentatives de conversions tentées par les évêques catholiques "...que leur coupable retenue renonce donc à cette échappatoire après un tel miracle." Un miracle, c'est une intervention spéciale de Dieu, réalisée souvent de manière extraordinaire. Le miracle en question ce n'est pas la victoire inespérée à Tolbiac, mais la conversion de Clovis, qui balaie des siècles de traditions, de coutumes, de croyances. En opposition aux rois burgondes attentistes. De son lien avec ses ancêtres, Clovis n'a conservé que sa seule noblesse et non pas les autres traditions païennes. La noblesse est toujours une affaire de race, c'est le fait d'avoir des aïeux illustres. Et par définition, aucune famille ne peut être plus noble que la famille royale.

 

[4] Il est le premier roi germanique converti au catholicisme. Digne de ses ancêtres, car il rêgne, il offre par sa conversion le royaume de Dieu à ses descendants.

 

[5] Avit fait allusion à la cérémonie même du baptême qui eut lieu le jour de Noël. Toute la cérémonie est évoquée : le roi comme catéchumène (candidat au baptême), les eaux de la vie (le baptême d'eau), l'onction sainte (l'onction du saint Chrême, qui n'a rien à voir avec le sacre royal), la blancheur des vêtements (vêtements blancs revêtus par les nouveaux baptisés, en principe conservés pendant une semaine in albis).

 

[6]  Le royaume, dirigé jusqu'alors sans ligne directrice, sans autre objectif que l'intérêt immédiat du roi, trouve à travers le baptême de celui-ci le chemin qui conduira son peuple au salut. Un lien est créé avec le Dieu chrétien, par la foi. Il y a toutefois le risque que ce lien soit compris de la même manière formaliste qu'avant, qu'un contrat soit remplacé par un autre.

 

 [7] Avit renonce à traiter de la foi, dont Clovis a eu connaissance sans prédicateur (il ignore donc le rôle de Remi). De même, il ne parlera pas de l'humilité que le roi a manifesté précisément en se convertissant, ni de sa miséricorde attestée par un peuple captif délivré ensuite par Clovis. Cela doit sans doute s'entendre de prisonniers de guerre libérés (sans doute d'origine gallo-romaine).

 

[8] Enfin, Avit invite Clovis au travail missionnaire. Il lui suggère d'œuvrer à la conversion des peuples païens "les peuples d'au-delà," en dehors de ceux qui sont corrompus par les fausses doctrines (arianisme). C'est une vue prophétique de l'œuvre missionnaire des Carolingiens.

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 19:32

Au siècle, le peuple dominant, le peuple triomphant en Gaule, c'est le peuple Wisigoths. Installés en Aquitaine, ils se sont emparés de l'Auvergne, ont poussé jusqu'à la Loire et ne semblent pas décidé à s'en tenir là.

  Les Wisigoths ainsi que les Burgondes qui eux aussi ont agrandi leur territoire en pénétrant dans l'intérieur de la Gaule pratique l'arianisme, une religion hérétique qui nie le mystère de l'incarnation.

Nicée    Retranchés entre Seine et Loire, les chrétiens restés fidèles au concile de Nicée comprennent alors que si l'on ne met pas fin à la progression des Wisigoths et des Burgondes, l'arianisme s'imposera en Gaule et en Occident.

 

[ci-contre]

L'empereur Constantin, entouré des évêques conciliaires présente le texte du symbole de Nicée, adopté lors du premier concile œcuménique

 

 

  Un plan de bataille commence à s'imposer aux évêques catholiques. Après tout, la conversion d'un seul homme, Constantin, un siècle et demi plus tôt, avait suffi pour sauver l'Église. Qu'un prince catholique, audacieux et brave, se dresse devant les chefs Wisigoths et Burgondes et leurs ambitions, et, avec l'aide de Dieu, la Gaule serait libérée de l'hérésie; le sort de l'occident chrétien en serait changé !

  Encore fallait-il trouver ce prince...

  Il ne viendrait pas de Rome, prise et ruinée par les Goths. Il ne viendrait pas de la faible enclave latine que Syagrius, isolé dans Soissons, s'efforçait de maintenir. Il ne viendrait pas d'Armoriquedontleschefs bretons avait déjà beaucoup à faire pour protéger les côtes contre les Saxons et la frontière contre les Alains.

  Aucun prince catholique n'était à même d'affronter victorieusement les Wisigoths et les Burgondes. Pour le moment...

  Car si ce prince n'existait pas encore, il était possible de le susciter, voire de le fabriquer.

 

  Le choix de l'Église 

 

  Alors les évêques se tournèrent vers les païens. À leur élu, ils avaient à offrir la Gaule et l'héritage de Rome : un vieux pays, un vieux peuple, une vieille culture. Ces trois richesses, il en serait le maître. À une seule condition, fondamentale : qu'il embrasse la foi catholique, qu'il s'en fasse le champion, le défenseur.

  Les regards catholiques se tournèrent vers le Nord. Il y avait là un peuple de courageux guerriers auquel Rome avait souvent fait appel et dont les chefs paraissaient intelligents et raisonables : les Francs.

 

  Les Francs, c'est ce peuple germanique formé par l'union des Bructères, des Chattes, des Saliens et des Sicambres. Menés par leur chef Childéric, ils ont par deux fois, en 463 et en 468, largement contribué, à la demande de Syagrius, à repousser les armées wisigothes d'Euric.

  À la mort de Childéric c'est son fils de 15 ans Chlodowig (Clovis) qui est hissé sur le pavois.

 

  Pour Rémi l'évêque de Reims, qui rêve d'une Gaule libre, réunifiée, forte et catholique, celaDetail.vitrail.eglise.Saint.Remi.Reims.2ne fait aucun doute, Clovis est l'homme providentiel. Il lui écrit une lettre dans laquelle il lui reconnaît un début de légitimité : «Tu es ce que tes pères ont été...». Il lui fait une proposition d'alliance : «Montre toi plein de déférence pour tes évêques et recours toujours à leur avis». Il lui donne un conseil, presque un avertissement : «Si tu t'entends avec eux, ton pays s'en trouvera bien». Et une promesse «Si tu veux régner...» qui révèle la confiance et l'espoir que l'Église porte en lui, en dépit de Syagrius qui aux yeux des évêques ne représente plus l'avenir.

  «Montre t-en digne» lui dit Rémi. S'en montrer digne, c'était suivre, aussi scrupuleusement que possible les règles de vie qu'avait tracées ce dernieràson intention. Des lois faites pour les chrétiens. Faudrait-il en passer par là ? Le catéchuménat, la messe, le baptême...                                                                                          Saint Rémi (détail-vitrail)

  La proposition de Rémi méritait qu'on y réfléchisse.

 

  Progressivement, Clovis fait la conquête des territoires environnant les terres dont il a hérité. En général les villes s'ouvrent devant lui sans résistance. Il n'est pas considéré comme un ennemi, pourtant le chef Franc ne peut empêcher par ses hommes, le pillage des riches habitations ni même des lieux de cultes.

 

  Le vase de Soissons

 

  Or, lors du pillage d'une cathédrale, un vase sacré d'un travail et d'une beauté tout à fait exceptionnels à été dérobé. Les autorités religieuses demandent à Clovis la restitution de cet objet. Celui-ci, s'il n'entend pas grand chose aux subtilités du culte catholique (calices et ciboires ne sont à ses yeux que de la vaisselle plus ou moins précieuse), ne tient pas à braquer l'Église contre lui. Il promet donc la restitution du vase dès que le partage du butin des pillages sera effectué, à Soissons.

  Récupérer le vase n'est en fait pas chose aussi simple qu'il n'y parait. Le jour du partage du butin c'est un peu comme le jour de paye. La règle est stricte, chaque guerrier a droit à sa part, chaque part est tirée au sort, aussi intervenir lors de la répartition des biens peut être peu apprécié par des hommes aux manières parfois primaires.

Le vase de Soisson  Le jour de la répartition, le roi Franc demande avec civilité à ce que le vase lui soit accordé hors part. Cette demande, si elle n'est pas exorbitante est tout de même maladroite. Il veut rendre le précieux calice à l'Église sans pour autant amputer sa part de gains. Peut-être faut-il considérer qu'il restitue l'objet sacré au nom du peuple Franc et que par conséquent c'est un prélèvement effectué sur la part de tous. Mais il ne dit rien de cela.

  N'acceptant pas le passe droit que s'octroie Clovis, un guerrier s'approche du vase et le frappe d'un geste rageur en hurlant : «Tu n'auras rien de plus que ce que le sort t'octroiera !»

  L'affront est immense mais le roi se contient. Il se tait et ramasse le précieux objet qui plus tard sera réparé par un habile orfèvre puis restitué à l'Église. Ce guerrier était dans son droit, c'est Clovis  fais du vase de Soissons qui voulait transgresser la règle, et si le roi ne respecte pas les usages, qui le fera ?

 

  L'année suivante, le 1er mars 487 précisément, Clovis réunit son armée pour la traditionnelle revue annuelle. L'armée franque est certes une armée barbare, mais c'est d'abord un corps d'élite de l'armée romaine. Sur de nombreuses sépultures ont a d'ailleurs trouvé l'épitaphe : "Citoyen Franc et soldat romain". Les Francs en sont fières et pour s'en monter digne, rigueur et discipline sont exigées.

  Alors qu'il passe lentement en revue ses troupes, Clovis s'arrête face à un homme dont l'entretient des armes laisse à désirer. Il le fixe droit dans les yeux; c'est l'homme qui s'est opposé à lui à Soissons.

  «Personne n'a des armes aussi mal tenues que les tiennes. Ta lance n'est pas en bon état... Ni ton épée... Ni ta hache...»

  Clovis lui arrache cette dernière de la ceinture et la jette à terre. Le soldat se penche alors Veng-Clovpour la ramasser, alors son chef se saisit de la sienne et lui porte un terrible coup sur la tête :

  «Ainsi as-tu fais à Soissons avec le vase». Puis le roi ordonne aux autres de s'éloigner, laissant le cadavre exposé au public, probablement sans sépulture.

  Cet épisode est extrêmement intéressant. Tout roi qu'il était, Clovis n'avait pu s'opposer àla volonté d'un soldat, dès lors qu'il ne demandait que l'application de la coutume. Toutefois, dans un autre contexte, celui militaire, il a le droit de vie et de mort sur ses soldats. Il a donc parfaitement le droit, et même le devoir de châtier un soldat dont la conduite est répréhensible. Le roi barbare vient de monter à tous qu'il était préférable d'être à ses côtés plutôt que face à lui.

 

  Le roi païen

 

  Spirituellement, Clovis se fie aux croyances de ses ancêtres. Sa vie c'est la guerre, laWotan conquête militaire, et pour lui, toute réussite, toute gloire, toute victoire procède des seigneurs qui règnent dans le palais du  Walhalla. Ses divinités sont viriles, combatives, triomphantes, cruelles. Il veut bien écouter les conseils de Rémi, l'évêque de Reims, mais croire en son charpentier juif qui a fini cloué sur une croix entre deux bandits, pas question !

  Les catholiques, il les aime bien, mais en vérité ce qui le préoccupe par dessus tout, c'est son intérêt personnel. Et c'est donc sans états d'âmes qu'il accorde la main de sa sœur Aldoflède à Théodoric de Ravenne, le roi Ostrogoth et hérétique.

                                                                                                      Wotan

 

  Clotilde 

 

  La première épouse de Clovis, la mère de Thierry, étant morte, l'entourage du roi étudie la question avec application. On lui parle (Rémi probablement) d'une jeune et ravissante princesse burgonde, Clotilde[1], dont le cœur serait à prendre.

  Une jolie princesse burgonde, voilà qui pourrait être avantageux diplomatiquement. Un problème se pose toutefois : la jeune fille élevée par sa grand-mère maternelle dans un monastère est une fervente catholique. Si elle rejette l'arianisme pratiqué à la cour de son oncle à Genève, est-ce l'épouse qu'il faut à un roi polythéiste ?

  Tout de même, à bien y réfléchir, épouser une catholique pourrait être une excellente façon de se rapprocher de l'Église sans se compromettre. De plus, tous ceux qui l'ont rencontré sont formels : elle est charmante !

  Et en 492, à l'église sainte Sophie de la Trinité à Soissons, Clovis, fils de Childéric, épouse Clotilde fille de Chilpéric. La nouvelle reine n'a posé qu'une condition : les enfants qui naîtront de leur union seront baptisés dans la religion de leur mère.

  De cette union naîtra bientôt Ingomer. Mais l'époque est rude, un enfant sur deux ne survit pas à ses premiers mois. Parmi ceux qui passent le cap, une autre moitié ne fêtera jamais son cinquième anniversaire. Pour quatre naissances, trois décès en moyenne, un seul nouveau né peut arriver à l'âge adulte.

  Et à peine baptisé, Ingomer tombe malade et succombe. Le chagrin est immense pour sa mère, la colère l'emporte chez sa mère. Si l'enfant est mort, c'est parce que le dieu de Clotilde est faible !

  Le temps passe, le chagrin s'estompe. Le petit est auprès du Seigneur; Clotilde le sait et l'a dit à son époux. Celui-ci n'en est pas convaincu mais l'amour qu'il porte à la reine a apaisé sa colère. Et en 495, naît Clodomir.

  Clotilde, dont l'influence grandit auprès de son mari, obtient de celui-ci son accord pour faire baptiser le nouveau prince, qui à son tour... tombe malade.

  Cette fois cela ne fait aucun doute : Wotan et les autres dieu punissent le roi Franc pour sa clot-clovtrahison au culte de ses ancêtres.

  De son côté, Clotilde ne veut perdre espoir. Jour et nuit, elle prie au côté de son fils.

  Pour Clovis, cela ne sert à rien ! L'enfant mourra, comme l'autre. Comment pourrait-il en être autrement ?!

  Mais les supplications de la reine sont entendues et Clodomir se remet totalement.

  Le roi est heureux et ne sait finalement qui remercier. Clotilde va le lui expliquer, lentement, patiement, quotidiennement.

  Puis naîtront Childebert, Clotaire et Clotilde.

 

   Après avoir triomphé de Syagrius à Nogent, Clovis a étendu son royaume. Toutefois il connait un petit revers à LutèceGeneviève refuse d'ouvrir les portes de la ville à un païen. Le roi Franc pourrait donner l'assaut à la ville, mais il aime trop Lutèce pour y mener des combats qui ne manqueraient pas d'endomager la ville dont il veut faire sa capitale. De plus, il a trop de respect pour celle qui tint tête à Atilla. Alors, il organise un blocus de la ville, sans grand succès puisque la sainte patrone de la ville organise le ravitaillement de celle-ci par voie fluviale.

 

  Le serment de Tolbiac

 

  En 496, les Alamans, une communauté de guerriers germaniques, ont conclu un pacte avec les Burgondes. Ils se montrent de plus en plus menaçant vis à vis du royaume de Cologne, des Francs Rhénans. Devant l'importante menace, Siegebert, le roi Rhénan, fait appel à son allié Clovis.

    Le peuple Rhénan dont la première épouse de Clovisétait issue, étant l'allié des Saliens, ce dernier réuni ses armées et vient à la rescousse de Siegebert, vaincu et blessé à Tulpiacum (Tolbiac). Bataille-de-Tolbiac map-fr.svg

  La bataille a lieu non loin de là, dans une plaine. C'est un choc de fantassin, violent, brutal, obstiné. Seuls les rois, comme le veut la tradition, sont montés sur un destrier, blanc, ce qui leur permet d'être reconnaissables de loin. Les Alamans, plus nombreux prennent bientôt le dessus sur les Francs. Le Rex Francorum, invoque Wotan et tous les preux du Walhalla. Sans résultat. Sans doute les walkyries ont-elles décidé que l'heure était venue pour Chlodowig d'aller les rejoindre.

 

  Mourir en combattant, voila un grand honneur, à condition de tomber en vainqueur. Mais la situation dégénère et la bataille semble perdue.

  À ses côtés, Aurélien l'ami de toujours, Aurélien le catholique se signe, et d'autres hommes l'imitent. Au nom du Père, du Fils, et du Saint Esprit, ainsi soit-il.

 Mille choses traversent l'esprit de Clovis : Que pensera le peuple de son roi vaincu ? Qu'adviendra t-il de ses enfants, de son épouse ?

  Clovis descend alors de son cheval, puis s'agenouille : «O Jésus-Christ. Je T'invoque ! C'est en Toi que je veux croire pourvu que Tu m'arraches à mes adversaires ! Dieu de Clotilde, si Tu me donnes la victoire sur mes ennemis, je me ferai chrétien !»

Ary Scheffer - Bataille de Tolbiac 496                                             Ary Scheffer  -  La bataille de Tolbiac  -  (1837)

Clovis remonte en selle, il voit le prince alaman qui progresse dans sa direction, triomphant. Autour de Clovis, les cadavres des Fédérés francs et Gallo-Romains couvrent le sol. C'est un désastre.

  Soudain un cri de stupeur monte des lignes ennemies. Le chef alaman vient de s'écrouler, touché mortellement.

  Il faut immédiatement profiter du moment de trouble que cause la mort du chef au sein des troupes alamanes. Clovis et ses guerriers se ruent à l'attaque. En face, c'est la panique, totalement désorganisés, désemparés, les alamans fuient ou se rendent.

  La victoire, parce que miraculeuse, est magnifique. Les Francs sont passés du désespoir au triomphe. Clovis s'est vu vaincu, déchu, humilié, le voila grand, admiré, comblé. Et cela, il le doit non pas aux dieux de ses ancêtres mais à ceux de son épouse.

  En invoquant le dieu des chrétiens, Clovis a fait un pas vers Lui. En lui accordant la victoire, le Chrtist lui tend la main. Clovis, homme de parole, homme d'honneur, a fait une promesse, il l'a tiendra. La prochaine étape sera donc le baptême.

 

 

[1] http://dossierstorique.over-blog.com/article-clotilde-reine-des-francs-39258020.html

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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 17:44
  Les arènes, ou amphithéâtre de Fréjus datant du 1er siècle de notre ère, et qui "abritèrent" de nombreux combats de gladiateurs vont probablement disparaître sous une importante masse de béton. Officiellement il s'agit d'une "valorisation du monument". En vérité c'est un massacre à la bétonneuse qui va coûter à beaucoup et rapporter à quelques-uns.

Ce massacre patrimonial au profit de la mairie est financé à 10% par la ville (qui est maître d’ouvrage), à 20% par la région PACA et par le Conseil général du Var et à 50 % par l’Etat dont une grande partie par le ministère de la Culture (celui en charge de la protection du patrimoine…) L’autorisation de travaux a été donnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, représentant le ministère. Le budget qui finance cette opération est prélevé sur le budget affecté à la restauration des monuments historiques. L’argent dont on manque pour entretenir le patrimoine est donc utilisé pour le détruire. Le tout sous le signe de la « relance ».Un monument insigne classé monument historique, une mairie qui souhaite le bétonner pour le « réutiliser », un architecte en chef qui se prête à ce vandalisme, une commission nationale des monuments historiques qui donne un avis favorable, un ministère de la Culture qui valide et qui en paie une partie. Cette affaire témoigne d’une faillite complète d’un système. On imagine par ailleurs les implications financières de ce dossier, la transformation de ce monument en salle de spectacle devant à terme rapporter gros. A quoi sert une législation de protection des monuments historiques qui peut être détournée aussi facilement par ceux qui sont en charge de la faire respecter ?


L’antiquité sort, a priori, du champ couvert par La Tribune de l’Art. Mais celle-ci est trop engagée dans la lutte contre le vandalisme pour ne pas dénoncer les travaux en cours, sous l’égide de la Direction Régionale des Monuments Historiques et donc du ministère de la Culture, dans les arènes de Fréjus, un monument historique classé en 1840.

Les photographies que nous a envoyées Pauline Michaud, membre de l’association “Les amis de Saint-Raphaël et de Fréjus” font froid dans le dos. La vision, d’une grue, de murs et de gradins en béton au cœur même du monument est réellement cauchemardesque. Il s’agit, ni plus ni moins, que de construire en dur au milieu des arènes. Nous avons voulu interroger l’architecte en chef des monuments historiques en charge du projet, Francesco Flavigny, qui n’est pas connu habituellement pour massacrer le patrimoine. Celui-ci n’a pas pu nous répondre car il fallait pour cela, nous a-t-on dit, l’aval du préfet du Var qui est actuellement trop occupé par les inondations qui ont frappé son département. Si l’on comprend parfaitement que ce dernier ne puisse réagir rapidement à notre demande, celle-ci ne s’adressait pas à lui, mais à l’architecte et au directeur régional des affaires culturelles. On ne saurait expliquer plus clairement que l’aménagement des arènes de Fréjus est un sujet d’abord politique. Rappelons que le maire de Fréjus, Elie Brun est également sénateur UMP.

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 14:53

  CENTURIONConquise (50av. J.C.), puis réorganisée (27-12 av. J.C.) par Rome, la Gaule n'abrite en principe pas de garnisons romaines régulières pendant le Haut-Empire.

  La défense de la nouvelle province dépend d'une troupe d'environ 1000 hommes, basés à Lyon, et de l'intervention de détachements de huit légions stationnées sur le Rhin, notamment à Strasbourg.

  Les découvertes des archéologues prouvent cependant que l'armée romaine était présente sur le sol de la Gaule pour diverses raisons : passage des troupes engagées dans la conquête de la Germanie et de la Bretagne insulaire (Boulogne, Gesoriacum, est le camp de base pour la conquête de la Bretagne à partir de 43 ap. J.C.), répression des troubles internes (en 21, 68, 186, etc...), construction, entretien et surveillance des axes routiers importants, exploitation des mines et domaines de l'État.

 

 

  Au Haut-Empire, l'armée est une armée de métier[1], permanente, composée principalementCENTURION1 de deux corps.

  Les légions, trente environs, uniquement composées de citoyens romains. Et les corps auxiliaires où pouvaient servir les pérégrins (les "non-citoyens" libres).

 

• Légion : 5 à 6 000 hommes 

_ Infanterie lourde - durée du service : 20 ans - citoyens romains

_ Légion : 10 cohortes

_ Cohorte : 6 centuries

_ Centurie : 80 hommes

 

• Corps auxiliaires : Cavalerie et infanterie - durée du service 25 ans - pérégrins

À l'issue du service, un diplôme de citoyenneté romaine était octroyée au pérégrins.

 

 

  centurion2

  L'équipement du fantassin est plus complet, et donc plus lourd (25 kg) que celui du cavalier (10 kg). Il comprend : une épée courte, une cuirasse et un bouclier.

Le cavalier est armé d'une épée, et d'une lance légère, d'un casque, d'une cuirasse, d'un bouclier et parfois d'une masse d'arme, d'une fronde ou d'un arc.

 

  Pour les actes de bravoure, et selon son rang, le combattant reçoit des décorations :

Les Romains ont d'excellentes méthodes pour inciter les jeunes soldats à braver le danger. Lorsque au cours d'un engagement, certains se sont distingués par leur belle conduite, le général rassemble les troupes et fait avancer les hommes qui ont fait preuve d'une valeur exceptionnelle; il commence par célébrer les exploits de chacun, en évoquant également, s'il y a lieu, telle autre action remarquable qu'il a accomplie dans le passé. Puis il distribue des récompenses :cavalier-romain une lance d'honneur à celui qui a blessé un ennemi; une patère (coupe à boire) au fantassin qui en a tué un autre et l'a dépouillé de ses armes, ou une phalère (ornement de métal) s'il s'agit d'un cavalier. Ces récompenses ne sont décernés que si le soldat ennemi a été blessé ou dépouillé non au cours d'une bataille rangée ou d'une prise d'une ville, mais au cours d'escarmouches ou d'autres engagements dans lesquels, bien qu'il ne fût nullement forcé d'engager un combat au corps-à-corps, son vainqueur s'est de son plein gré jeté dans la lutte.

  Aux hommes qui au cours d'un assaut donné à une ville, sont arrivés les premiers en haut de la muraille, c'est une couronne d'or qui est décernée.

 

  La vie du légionnaire romain n'était pas de tout repos, un homme pouvait couvrir 5 km par heure, barda sur le dos, dix minutes de repos étaient accordées puis il repartait, cela cinq à sept heures par jour.

  Un tel effort nécessitait une alimentation suffisamment riche et reconstituante. 

  En manœuvre, une fois le campement Campement-romaindressé, le cuisinier de la troupe servait l'habituelle bouillie d'orge, de blé et de froment, quelques fayots et bien sûr, l'inévitable posca, ce vinaigre coupé d'eau qui faisait office de vin. S'il le jugeait nécessaire, il distribuait du pain.

  Heureusement, les légions ne passaient pas tout leur temps à se déplacer, ce qui donnait l'occasion à l'intendance de se procurer des légumes, des fruits, ou des œufs. Et si, par chance le cuisinier dégotte du miel, alors pour le plus grand plaisir de la troupe, il préparera une omelette au miel sauvage :

L'omelette au miel sauvage  

Pour 4 personnes

4 œufs

10 cl de lait

1 cuil. à soupe d'huile d'olive

3 cuil. à soupe de miel

Quelques épices

1. Dans un bol battre les œufs et le lait, et la cuillerée d'huile

d'olive, jusqu'à ce que le mélange devienne bien mousseux.

2. Graisser la poêle avec le reste d'huile d'olive.

3. Verser le mélange dans la poêle chaude, mais pas trop.

4. Lorsque l'omelette est bien prise, la retourner sur un plat rond.

5. Verser le miel préalablement chauffé dans une casserole.

Mettre les épices. Servir chaud.

  Bien que disposant de peu de temps libre, les légionnaires aimaient s'adonner au jeu.  Aux osselets, bien sûr, mais surtout aux dés, aux multiples facettes, aux numérotations insolites, à tenon ou encore percés.

Latroncule  Le jeu de latroncule était également un jeu très apprécié des soldats. Il se jouait sur des grilles gravées à même la pierre ou le sol ou encore dessiné sur un morceau de tissu. En guise de pions, des cailloux de couleurs étaient utilisées. 
  Aucune règle écrite ne nous est parvenu. Ce jeu de réflexion à connotation militaire dont le nom vient du latin "latrones" (mercenaires) était pratiqué dans une bonne partie de l’Empire romain et connaissait sans doute de nombreuses variantes[2]. Les plateaux eux-mêmes avaient un nombre de cases variables, le 8X8 étant le plus fréquent, mais le principe du jeu restait partout identique.

 

 Le légionnaire romain aura donc donné à l'Empire vingt à vingt-cinq ans de sa vie, puis rendu à la vie civile, il rentrera chez lui ou s'installera..... en Gaule.

 

[1] Les armées romaines : http://www.theatrum-belli.com/archive/2007/09/02/polybe-les-institutions-militaires-des-romains.html

 http://www.theatrum-belli.com/archive/2007/09/02/polybe-les-institutions-militaires-des-romains-2-2.html

http://www.theatrum-belli.com/archive/2008/06/23/le-miracle-romain-l-armee.html#more

[2] Pour jouer au latroncule : http://arnaud.jacquemot.free.fr/article.php3?id_article=22

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 20:22

  anneau-sigilaire

                                                                             Anneau sigillaire mérovingien

 

  Comme les sénateurs romains, les aristocrates mérovingiens portent au doigt un anneau pour sceller leur correspondance ou les actes qu'ils font établir. Dans une lettre à son frère Apollinaire, Avit de Vienne décrit avec précision cet anneau. Les rois et reines en possèdent tels le fameux anneau de Childéric Ier ou celui de la reine Arnégonde trouvé dans sa tombe à Saint Denis. En général le nom des propriétaires de l'anneau avait la forme d'un monogramme.

anneau-arégonde

                                  Anneau sigillaire de la reine Arnégonde (ou Arégonde), épouse de Clotaire 1er

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 17:56

  Les icônes les plus anciennes représentant les apôtres André et Jean, datant de la fin du IVe siècle, ont été découvertes dans les catacombes de Santa Tecla à Rome, a révélé le surintendant des fouilles archéologiques de ce site, Fabrizio Visconti.

  saint andré

                                             Le martyre de Saint André par Charles Le Brun (vers 1645 - 1646)

 

 Ces icônes de Pierre, Paul, André et Jean se trouvent au plafond d’une petite chambre funéraire dans les tons ocres et rouges situé dans les catacombes de Santa Tecla, elles-mêmes situées à environ 500 mètres de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, l’une des quatre basiliques majeures de la capitale italienne, où se trouve la sépulture de saint Paul.

  Les catacombes avaient été édifiées à la demande d’une « nobildonna » (femme appartenant à une famille noble, mais sans titre de noblesse).

  « Cette découverte démontre l’introduction et la diffusion du culte des apôtres aux origines du christianisme », a expliqué à la presse Barbara Mazzei, directrice de la restauration de cette chambre funéraire, au cours d’une visite organisée par le Vatican.

  « Pour André et Jean, il s’agit des plus anciennes représentations », tandis que l’on connaissait déjà des représentations de l’apôtre Pierre datant de la moitié du IVe siècle, mais « jamais seul sur une icône », à souligné M. Visconti.

 

FriesSuppliceSaintJean

                                                          Le supplice de Saint Jean, par Hans Fries (vers 1516)

   

  La découverte de l’icône de Paul, avait, elle, été déjà révélée il y a un an par l’Osservatore romano . Les découvertes, réalisées à l’occasion de la restauration de ces catacombes après deux ans de recherches, ont été rendues possibles grâce à l’utilisation d’une technique au laser inédite qui a permis de se débarrasser du dépôt de calcaire recouvrant les fresques. La structure des catacombes est située sous un immeuble remontant aux années 1950 dont la construction n’a heureusement pas endommagé les trésors archéologiques, ont indiqué les experts.

 

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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 01:10

  Les Gaulois, connus pour être d'excellent artisans métallurgiquessavaient extraire le minerai, maîtrisaient sa purification et connaissaient les alliages tels que le bronze (mélange de cuivre et d'étain).

  Dans les villages, le forgeron était un homme important. Il fabriquait des outils, des récipients, des armes, d'ailleurs la solidité des épées forgées en Gaule était réputée et enviée par les peuples voisins.

  Dans son atelier, l'artisan bronzier fabriquait aussi de superbes parures en argent et en or, portées aussi bien par des femmes que par des hommes, mais il coulait et frappait également de la monnaie.

 

  Les premières monnaies gauloises étaient frappées, puis sont apparues des monnaies de circulation courante coulées : les potins.

  Les potins étaient composés d'étain, de cuivre et de plomb. Fabriquées par chapelet dans des moules où était coulé le métal en fusion, ce qui leur donne souvent un aspect médiocre par comparaison avec les monnaies frappées dont le relief est beaucoup plus net. Ces monnaies, de faible valeur étaient assez répandues et restèrent en usage longtemps après la conquête romaine. Il fallut même de nombreuses décennies pour que le monnayage romain ne soit suffisamment abondant pour remplacer complètement les monnaies gauloises en général et le potin en particulier.

 

     Le potin des Rèmes

 

  Les Rèmes, fidèles alliés des Romains, étaient l'un des peuples les plus puissants de la Gaule. Leur territoire s'étendait sur l'actuelle Champagne, le long de l'Aisne. Leur principal oppidum était Bibrax, et la capitale de la civitas à l'époque gallo-romaine était Durocortorum (Reims).

  Ils émirent différentes monnaies; des statères, des deniers et de nombreux potins.

  potinrème3

  Ce potin de bronze est appelé "Potin au personnage courant".

potinrème   Sur l'avers on voit un personnage tenant une lance et un torque, le bijou celte soulignant ainsi l'importance du personnage.

  Sur le revers figure un animal, un ours mangeant un serpent surmonté d'une fibule[1], ou un cheval stylisé surmonté également d'une fibule.

  La représentation du guerrier celte est bien évidement un symbole d'exaltation des peuples gaulois vaillant combattants.

  Quant à l'animal stylisé, pas vraiment ours, pas vraiment cheval, il témoigne à la fois des croyances religieuses proches de la nature des gaulois et du côté artistique déjà très présent chez nos ancêtres.

 

[1] La fibule (du latin fibula signifiant attache) est une agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement. Elle est généralement considérée comme l'ancêtre de l'épingle de sûreté.

 

La monnaie chez les Gaulois et les gallo-romains : http://dossierstorique.over-blog.com/article-la-monnaie-chez-les-gaulois-et-les-gallo-romains-44594761.html

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