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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 23:03

  Diffusé lors de l'émission "Des Racines & des Ailes", voici un magnifique reportage réalisé en image de synthèse. Découvrons Lutèce telle qu'elle était à la fin du premier siècle de notre ère :

 


 

 

L'intégralité du reportage en cliquant sur ce lien puis cliquez sur l'image en bas à droite (Des Racines & des Ailes)

 


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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 18:00

  Étudier, imaginer, tester, la cuisine gauloise; c'est ce qu'Anne Flouest et Jean-Paul Romac ont réalisé dans leur livre "La cuisine gauloise continue" présenté ici.

 

  À côté des récipients en céramique, la cuisinière gauloise n'avait  ni poêle ni casserole mais disposait d'un chaudron métallique ou de plusieurs, de différentes capacités. Le mot chaudron évoque à chacun l'image d'un récipient en bronze, à fond arrondi, profond, ventru, légèrement resserré sous un col droit, à large ouverture, avec une anse. Il estchaudron1 prédestiné aux cuissons à l'eau. Les chaudrons connus par l'archéologie contiennent de 8l à 80l, sinon plus. Le chaudron se suspend au dessus du feu par une crémaillère dont la forme n'a pas changé en vingt siècles. Le feu ouvert agit sur une certaine surface de chauffe. Afin de l'utiliser au mieux, il faut disposer d'un chaudron dont le diamètre est égal ou légèrement inférieur à celui du feu, ou adapter les feu au diamètre du chaudron.

  Grâce à la crémaillère, on positionne le chaudron en hauteur à une certaine distance du feu qui est fonction de l'allure de celui-ci et de la recette choisie. La cuisson au chaudron demande une surveillance attentive en vue d'éviter de trop gros bouillonnements et l'évaporation totale de l'eau de cuisson.

  Elle permet également de cuire de grosses pièces (volailles entières, jambons...) et, pour la cuisinière, de voir le fond, de remuer des lardons ou autres os en les faisant suer... Le chaudron en métal, qui permet les rissolages avec de la matière grasse, est précieux dans ce monde sans poêle...

 

Potion revigorante

 

  • 250 g de farine
  • 2 c de graisse de rognon
  • mie de pain
  • 4 œufs
  • bouillon de poule ou de bœuf (truffe)
  • 1 c de cervoise
  • crème fraîche

 

Cuisson 10 minutes

 

  La cuisinière gauloise a dû soigner sa petite troupe en toute circonstance, notamment avec cette soupe si particulièrement indiquée pour remettre sur pieds les convalescents, les blessés, les femmes enceintes, les enfants (qui adoreront), les vieillards et même les hommes et les femmes bien portant. Magique, la soupe est encore des plus délicates, tout en arômes discrets, et diablement efficace, car elle est constituée de bouillon de poule, d'un œuf par personne, de crème fraîche, de farine et de graisse de rognon de veau.

  Moudre un bon bol de farine de blé complète, la farine fraîchement moulue à plus de goût et conserve les germes de blé, on peut mélanger avec un peu d'orge ou de malt.

  Puis préparer des quenelles. Faire fondre deux grosses cuillerées de graisse de rognon de veau, ajouter deux cuillerées de farine, mélanger, ajouter un jaune d'œuf, incorporer deux grosses cuillerées de mie de pain réduite en chapelure, saler, râper un peu d'angélique, très peu, mélanger pour obtenir une pâte assez consistante, que trois gouttes de cervoise ou de cidre pourront alléger. Battre en neige assez ferme quatre blancs avec un petit fouet en saule, incorporer à la pâte précédemment maniée, ajuster la consistance en ajoutant si besoin un peu de farine.

  Faire bouillir le bouillon de poule ou de veau, former les petites quenelles avec une cuillère, les jeter dans le bouillon bouillant, laisser cuire, les quenelles remontent à la surface. Sortir les quenelles avec un écumoire et réserver au chaud. Au besoin, faire deux tours : les quenelles ne doivent pas se toucher pendant la cuisson.

  Dans le chaudron, faire fondre encore un peu de graisse de rognon de veau, ajouter le reste de la farine fraîchement moulue, faire prendre couleur. Verser doucement le bouillon chaud tout en remuant, faire cuire à frémissement, juste le temps de préparer dans un bol quatre jaunes d'œufs battus avec de la crème fraîche, ajouter un peu de bouillon chaud pour étendre la préparation.

  Au moment de servir, porter la soupe à ébullition, ajouter le bol de la préparation aux jaunes d'œufs, mélanger sans faire bouillir, ajouter les quenelles et servir !

  C'est encore meilleur en râpant une truffe dans la préparation des quenelles et quelques rondelles dans la potion au moment de servir.

 

Source : Anne Fouest, Jean Paul Romac, La cuisine gauloise continue éd. Bibracte & Bleu autour

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 11:28

  Dans la religion gauloise, le Mercure indigène était une des divinités les plus honorées. Ce dieu patronnait notamment le commerce, une fonction qui est à mettre en relation avec ses dédicaces aux abords des routes et sur des lieux en hauteur.

 

  Dans la religion des Celtes préchrétiens, l'un des dieux les plus importants était Lug(us).dieux mercure Nous le connaissons en Irlande sous le nom de Lug, au Pays de Galles sous le nom de Lleu et dans l'Antiquité celto-romaine sous le nom de Lugus, mais surtout sous l'interpretatio romana de Mercure. César nous informe qu'il est le dieu que les Gaulois honorent le plus, des propos confirmés par les très nombreuses dédicaces et monuments figurés en son honneur; en 1989, l'historien J.J. Hatt recensait 283 dédicaces.

 

 Mercure a des fonctions très variées dans la religion gallo-romaine. Parmi celles-ci, la protection des voyageurs et du commerce sont particulièrement intéressantes. Le fait que nombre des dédicaces qui lui étaient consacrées se situaient sur des hauteurs est également significatif.

 

  Dans la guerre des Gaules, César nous dit clairement que Mercure "est pour eux [les Gaulois] le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l'argent et de protéger le commmerce".

 

  Les routes

  De nombreuses épiclèses[1] évoquant ces fonctions ont été découvertes aux abords de nombreuses routes empruntées à l'époque gallo-romaine; plusieurs indices archéologiques attestent également de l'association entre le Mercure gaulois et les routes. Des dédicaces et des ruines de sanctuaires qui lui sont dédiées se situent aux abords des routes ou dans leurs parages. Dans l'Antiquité gallo-romaine, une divinité figurée sur une colonne pouvait signifier son contrôle sur les passages; or, en Bretagne, les dévots de Mercure ont érigé en son honneur une colonne de bois. Il existe également un bronze provenant de Bordeaux qui représente un Mercure doté de quatre visages, ce qui lui permettait sans doute de pouvoir regarder les quatre points cardinaux en même temps; il faisait sans doute office de dieu des carefours. Au sanctuaire de Lux (Côte-d'Or), les dédicaces à Mercure sont ornés d'une charrette, un objet qui fait sans doute allusion à la route qu'il protège.

  Mercure était souvent représenté ou honoré dans des lieux situés à proximité d'une route. Dans l'ancienne cité des Lingons se dresse le plateau de Chateroy, situé à 16 kilomètre au nord-est de Langres (Haute-Marne). Il dominait la voie de Trèves, commandait le bassin de la Meuse vers Montigny et celui du Rhône vers Poiseul-Andilly; de là, on découvrait également le chef-lieu de la cité dans son ensemble. Sur ce plateau de Chanteroy, se trouvait un lieu de culte important consacré à Mercure. D'après le baron Héron de Villefosse (1774-1852), le Mercure découvert en ce lieu - précisément à Dampierre - était une seconde copie du Mercure arverne exécuté par Zénodore[2]. À Velay, où se croisaient au moins quatre voies romaines, on a retrouvé deux représentationsmercure-gallo-romain1 de Mercure. La première est la stèle d'un homme sans tête, mais la présence d'un caducée, d'un bélier, d'un coq et d'une éventuelle tortue ne laisse guère de doutes sur l'identité du dieu. La seconde est une statuette en bronze, d'inspiration indigène, où l'on voit le dieu tenant de la main droite une bourse, tandis que la tête et les épaules étaient couvertes du capuchon gaulois.

  Dans la cité de Vienne, l'essentiel des inscriptions et des représentations de Mercure se situe le long des grandes voies de communications. Par exemple, une dédicace a été découverte à Tamié, où passait peut-être la route de Vienne à Genève par Boutae, près d'Annecy (Haute-Savoie). Une autre a été trouvé à Saint-Félix (Haute-Savoie) où passait le chemin qui reliait les deux route de Boutae à Gusy et de Condate (aujourd'hui commune de Seyssel, Haute-Savoie) à Albens (Savoie). Une troisième dédicace a été découverte au niveau de Bourget-du-Lac (Savoie), où la route traversait des lieux marécageux entre le pied de la montagne du Chat et le bord du lac du Bourget.

  Le Mercure Viator était honoré sur le célèbre Donon[3] (Bas-Rhin), qui devait sa réputation à la présence du sanctuaire antique consacré à ce dieu. Au col entre les deux Donons - nom qui désigne le Donon principal, qui culmine à 1 009 m, et le petit Donon haut de 964 m - on a découvert une stèle qui portait une inscription commémorative. Elle rappelait qu'un personnage nommé L. Vatinius Felix avait fait mettre en place toutes les bornes militaires le long de route de Sarrebourg au Donon et les avait consacrées à Mercure.

  À Beauvais, une stèle de Mercure a été trouvée entre deux anciennes voies romaines, l'une qui allait à Bavai, l'autre qui, par Clermont, se dirigeait vers Reims. Non loin de cette stèle, une voie vraisemblablement romaine, appelée aujourd'hui chaussée de Bulles, prenait aussi son départ. L'endroit semblait idéal pour y faire ses dévotions en l'honneur du dieu des Voyageurs et des Marchands.

 

  Le commerce

  Dans l'extrait de la Guerre des Gaules cité plus haut, César attribuait au Mercure gaulois la protection du commerce. Mais il est possible qu'il s'agisse d'un développement secondaire de sa fonction initiale de patronner les routes. En effet, lorsque les infrastructures routières s'améliorent, la communication entre les hommes progresse, en particulier les échanges commerciaux. Cette fonction de Mercure est parfaitement mise par la présence d'une bourse sur certaines représentation plastique du dieu ainsi que par plusieurs épiclèses : Mercalis (marchand, marchandise...), Negociator, Propitius (propice - aux affaires -) sur un poids étalon découvert à Lucey, Felix (porte-bonheur) et Nundinator (dieu des marchés) sur un médaillon d'applique à Vienne. Un marchand de poterie du pays rhénan a également fait inscrire le nom de Mercure sur un ex-voto. Le lien entre Mercure et le commerce se confirme par un autre élément : César qualifie ce dieu d'omnium inuentor artium, "inventeur de tous les arts". Autrement dit, les arts qu'il patronne sont autant de domaines liés à l'économie. Mercure était donc certainement honoré par les forgerons, les bronziers ou encore les cordonniers qui souhaitaient la réussite financière.

  La fonction de protecteur des routes peut aussi s'expliquer du point de vue de l'aménagement du territoire. La présence des routes favorise l'organisation d'une société, l'appropriation du territoire par l'homme, ainsi que la communication entre eux. Le Mercure gallo-romain était sans doute un dieu qui était invoqué pour l'organisation de la société humaine.


[1] Dans l'Antiquité, l'épiclèse était une épithète accolée au nom d'un dieu dans le but de préciser l'aspect sous lequel il était révéré : Athena Hygieia (protectrice de la santé), Dionysos Sukitês (protecteur des figuiers), Zeus Sôter (sauveur) etc. Les épiclèses étaient nombreuses. On en connaît par exemple une centaine pour Apollon. Source

[2] Selon Pline l'Ancien, Zénodore fut chargé par les Arvernes de fondre une statue colossale de Mercure, qui exigea dix ans de travail et rapporta 4 millions de sesterces à son auteur.

[3] Le Donon est le plus septentrional des sommets du massif des Vosges.

 

Source : Histoire Antique N° 39


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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:51

  Poseidonios d'Apamée (v. 131 - 51 av. J.C.), philosophe néostoïcien mais aussi, entre autres,famille gauloise astronome et climatologue, est le premier à avoir formulé une théorie précise de l'influence du climat et de la situation géographique sue la constitution physique des habitants et leurs mœurs. Il est aussi le premier géographe à avoir effectué un voyage en terre gauloise, dans les années 100 avant J.C., qu'il met a profit pour vérifier sa théorie et brosser le portrait des Gaulois : «Ils sont de grande taille, leur chair est molle (humide même) et blanche. Leur cheveux sont blonds. [...] Leurs femmes sont belles et bien faites. [...] Les femmes sont fécondes et bonnes nourrices. [...] On ne voit pas en Gaule de sol inactif, sauf en quelques endroits défendus par des étangs et des forêts, et pourtant, du fait de la surabondance de la population, même ces endroits sont habités

  Ces informations tout à fait inhabituelles chez les auteurs antiques expliquent aisément pourquoi, depuis leur découverte à la Renaissance, les Français ont retrouvé beaucoup de leurs traits physiques dans ceux des Gaulois.

  Ce serait précisément à l'anthropobiologie de déterminer si cette ressemblance repose sur une réalité génétique. Le résultat de ce genre de recherches risquant de se révéler politiquement incorrecte, il est peu probable qu'elle soient entreprises pour le moment.

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 00:49

   

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:15

   François Pascal Simon, baron Gérard, est né à Rome le 4 mai 1770 et mort à Paris le 11 janvier 1837. Peintre d'histoire et portraitiste néo-classique, il fut élève d’Augustin Pajou, puis de David. Ses débuts en pleine Révolution sont difficiles : échec au concours pour le prix de Rome, retour en Italie puis retour à Paris pour éviter l’inscription sur la liste des émigrés. Il échappa, grâce à son maître David, à la conscription en se faisant nommer juré au Tribunal révolutionnaire, fonction que, simulant une infirmité, il exerça peu. Bien connues parce que nombreuses et appréciées, ses peintures de portraits font preuve de virtuosité. Sous l'Empire, il devint le portraitiste de la cour : Madame de Visconti, comtesse Régnaud de Saint-Jean d'Angély (Laure de Bonneuil). Il a le goût de la matière brillante, de la lumière claire et des glacis. En 1808, il réalise un portrait de l’Empereur, tableau très célèbre. Parmi les "tableaux d'histoire" qu'il a réalisé, voici " Le courage guerrier ou le courage gaulois"

gaulois-gerard-francois-pascal3

  Ce tableau aujourd'hui exposé à Versailles a été commandé en 1830 par Charles X pour le décors de la salle des Sept-Cheminées au Louvre et est restée en place jusqu'aux travaux de Duban en 1851. Cette représentation d'un guerrier Gaulois, seul face à plusieurs ennemis retranchés, invisibles et lourdement armés de lances, ses cheveux roux au vent, et présentant sa poitrine nue et blanche comme un défi, s'inscrit typiquement dans le style romantique. L'épée à la main, le bouclier rejeté en arrière, il expose son torse aux lances ennemies symbolisant le courage du peuple pret au sacrifice pour la patrie. Son bouclier et son épée ne sont pas vraiment conforme aux découvertes archéologiques mais cela est bien secondaire...

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 01:25

    La Gaule soumise au pouvoir militaire et administratif de Rome va toutefois bénéficier de l'apport culturel de la civilisation romaine. Parmi ses apports, un certain art de vivre illustré par exemple par la construction de thermes dont seul les barbares pourraient se passer.

  Il n’est sans doute pas une seule ville de la Gaule, même secondaire, qui n’ait été dotée d’au moins un établissement de bains publics. Par exemple, Lousonna (la Lausanne antique) et Martigny en Suisse, en possédaient un, de même que Bliesbruck (Moselle et Allemagne), Antigny (Vienne), Argentomagus (Indre), Izernore (Ain) et Quimper (Finistère). Drevant (Cher) et Néris-les-Bains (Allier) en proposaient deux à leurs habitants, à l’instar de Vaison-la-Romaine au IIe siècle et de Cimiez (Nice). On en comptait trois à Lutèce, Saint-Bertrand-de-Commingues (Haute-Garonne), Saintes, Feurs (Loire) et peut-être aussi à Fréjus. Arles en offrait trois, peut-être quatre, Lyon cinq, voire six. Une telle prolifération de thermes, dont l’usage fut introduit par l’Italie et Rome, ne peut s’expliquer par le seul souci d’hygiène et de propreté corporelle. Ces établissements apparaissent, en effet, comme l’expression d’un nouvel art de vivre. En attendant le repas du soir, on ne manquait pas d’y aller flâner. Au hasard des salles, des couloirs, des cours, des jardins et des portiques, on aimait à s’y retrouver, à s’y relaxer, à entretenir son corps par des exercices physiques dans la palestre ou bien, dans les bibliothèques ou les salles de conférence, à y meubler son esprit. On devisait, on colportait les derniers ragots, on écoutait les diatribes d’orateurs improvisés, on se délassait ou bien on parlait affaires. Aussi les a-t-on comparés à nos cafés et à nos clubs, les assimilant même à nos modernes maisons de la culture. Quoi qu’il en soit, plus sans doute que le forum jugé trop solennel, les thermes furent le lieu de rencontre et de rendez-vous favori des habitants des villes, d’autant que l’entrée était libre ou ne coûtait qu’un prix symbolique.

  thermes-romains2

  Mais la fonction des thermes dépassait cette simple notion de délassement et de loisirs. Dans une page célèbre, l’historien latin Tacite rapporte les méthodes employées par son beau-père Agricola, gouverneur de la province de Bretagne de 77 à 84, pour romaniser les Bretons, c’est-à-dire les habitants de l’actuelle Angleterre : « Afin que ces hommes dispersés et grossiers et comme tels prompts à la guerre, s’accoutumassent au repos et au loisir, il exhorte les particuliers, aide les villes à construire temples, fora, maisons, louant l’empressement, blâmant la nonchalance, de telle sorte que l’émulation remplaçait l’obligation. Des gens qui, auparavant, rejetaient la langue romaine, en recherchaient l’éloquence. Puis on prit le goût de nos tenues et la toge devint fréquente, peu à peu on en vint aux séductions de nos vices, aux portiques, aux bains, aux raffinements des banquets ; et chez ces hommes sans expérience, on appela civilisation ce qui était un élément de leur esclavage. » Vie d’Agricola, XXI, 1,2 et 3. On le constate, les bains ne sont pas oubliés et figurent même en bonne place parmi les « instruments d’assimilation », au même titre que la langue latine, les banquets et la toge.

  Passé dans les thermes en hommes pressé eût été sans nul doute regardé comme parfaitement incongru. Il convenait de s’y attarder – au moins deux heures, pense-t-on – et tout un programme, voire un rituel, présidait aux opérations du bain. Il était généralement recommandé de se diriger d’abord vers le palestre, une esplanade entouréethermes-romains1 d’une colonnade où l’on pratiquait quelques jeux et exercices physiques propres à échauffer le corps. Après avoir laissé ses vêtements au vestiaire (apodyterium) et s’être frotté d’huile d’olive bien grasse, on passait dans la salle tiède ou tepidarium. Là, à l’aide de spatules métalliques incurvées, les strigiles, on se faisait longuement racler la peau par quelque esclave. Les gens à tête faible, préconise Celse, un célèbre médecin romain du Ier siècle, devaient y demeurer sans se déshabiller jusqu’à ce qu’une légère transpiration s’établisse ; c’est alors seulement qu’ils pourront se soumettre sans danger à une température élevée. L’étape suivante, conduisait à la salle chaude, le caldarium, véritable étuve équipée de bains très chauds. Il y régnait une température de l’ordre de 55°C dans une atmosphère où l’humidité atteignait 95%. Dans cette ambiance très chaude et saturée d’humidité, gare aux accidents cardiaques quand, si l’on en croit Juvénal (Satires, I, 140-145), tu déposes ton manteau et portes aux bains un paon mal digéré. Delà des morts subites, des vieillards n’ayant pas eu le temps de rédiger leur testament… Après une sudation poussée – la température des bains y était de l’ordre de 40°C - , on passait au massage puis, le corps reposé, on revenait au tépidarium. Le programme s’achevait au frigidarium, salle froide où, tout à loisir, on pouvait se plonger dans des bains d’eau froide.

  En Gaule narbonnaise, l’un des établissements de bains les plus ancien, celui de Glanum à Saint-Rémi-de-Provence, fut construit entre 40 et 20 avant notre ère. Son agencement et ses dimensions s’apparentent étroitement à ceux des thermes de Stabies à Pompéi, dans leur dernière phase. C’est la preuve que la formule architecturale des bains publics gallo-romains fut importée d’Italie peu après la conquête de César. Ils juxtaposent d’ailleurs déjà les organes essentiels : frigidarium, tepidarium, et caldarium – ces deux derniers chauffés par un système d’hypocauste sur pilettes -, palestre, piscine (natatio) et annexes diverses.

plan-thermes

     Voici de quelle manière l’architecte et ingénieur militaire romain Vitruve conçoit les thermes dans son traité en dix livres De architectura, probablement rédigé en 30-26 av. J.C.  

  •   Il faut premièrement choisir la situation la plus chaude, c’est-à-dire qui ne soit point exposée au septentrion. Les étuves chaudes et tièdes doivent avoir leurs fenêtres au couchant d’hiver, et, si l’on découvre quelque empêchement pour cela, il faut les tourner au midi, parce que le moment de se baigner va ordinairement depuis le midi jusqu’au soir. Il faut aussi faire en sorte que le bain chaud pour les hommes, ainsi que celui des femmes, soient proches l’un de l’autre ; pour que l’on puisse chauffer les lieux où sont les vases de l’un et de l’autre bain avec le même foyer (…). Le sol et les étuves doivent être creux et comme suspendu; il sera établi de la manière suivant : il faut premièrement faire un dallage avec des dalles de terre cuite d'un pied et demi qui aillent en penchant vers le fourneau, en sorte que, si l'on y jette une balle, elle n'y puisse demeurer, mais qu'elle retourne vers l'entrée du fourneau; par ce moyen la flamme ira plus facilement sous tout le plancher. Sur ce dallage on établira des piles avec des briques de huit pouces, disposées et espacées en sorte qu'elles puissent soutenir des dalles de deux pieds en carré sur lesquelles sera le dallage (...). La grandeur des bains doit être en raison du nombre des habitants; mais leur proportion doit être telle qu'il leur faut de largeur un tiers moins que de longueur, sans comprendre le promenoir qui est autour de la piscine, et le corridor. La piscine doit être éclairée par en haut, afin qu'elle ne soit pas obscurcie par ceux qui sont à l'entour, et il faut que les promenoirs qui sont autour du bain soient assez grands pour contenir ceux qui attendent que les premiers venus qui sont dans le bain sortent (...).
  • Le laconicum, ou étuve à faire suer, doit être joint avec l'étuve qui est tiède, et il faut que l'une et l'autre aient autant de largeur qu'elles ont de hauteur jusqu'au commencement de la voûte, qui est en demi-rond; au milieu de cette voûte on doit laisser une ouverture pour donner du jour, et y suspendre avec des chaînes un bouclier d'airain par le moyen duquel, lorsqu'on le haussera ou baissera, on pourra augmenter ou diminuer la chaleur qui fait suer. Ce lieu doit aussi être arrondi au compas, afin qu'il reçoive en son milieu également la force de la vapeur chaude qui tourne et s'épand dans toute sa cavité.

       De architectura, Livre V, X

  L’agencement de thermes exigeait une intégration rationnelle des installations de chauffage et des annexes de service. Afin d’éviter toute déperdition de chaleur, il importait de concentrer les espaces à chauffer. Certains dispositifs techniques ne manquent d’ailleurs pas d’ingéniosité. Aux thermes de Sainte-Barbe, à Trèves, l’air circulant dans les hypocaustes était généré par un foyer (praefurnium) à sole inclinée qui donnait sur une galerie de chauffage à la base de laquelle coulait une rigole dont le courant évacuait les cendres vers la Moselle. A Chassenon, les escaliers impressionnants conduisant aux foyers et l’excellente conservation de ces praefurnia témoignent du rôle éminent de ces systèmes de chauffage par hypocauste. Mais ce qui fait l’originalité de ces thermes charentais, qui se déplient sur une superficie de 11 000 m2, c’est l’impressionnant réseau de couloirs souterrains voûtés qui court sous l’édifice, probablement pour la décantation des eaux. Quant aux locaux de service, ils abritaient les énormes réserves de combustibles et l’ensemble des dispositifs techniques liés au fonctionnement et à l’entretien. Aux thermes de Sainte-Barbe, ils constituent avec les conduits d’évacuation, un inextricable labyrinthe souterrain dans lequel s’affairait le personnel soumis à une chaleur et à une humidité à la limite du tolérable…

  On peine aujourd’hui, en visitant les ruines des thermes, à imaginer la richesse de  leur ornementation. Placage de marbre, peintures, stucs, mosaïques, statues, ajoutaient l’éclat du décor à la majesté des volumes. Aux thermes de Cluny à Lutèce, on ne peut qu’être admiratif devant le frigidarium, l’une des rares salles gallo-romaines qui ait conservé intégralement ses murs et sa voûte sur une hauteur de 14,50m. Sa décoration devait être grandiose si l’on en juge par les consoles sculptées conservées à la base des retombées des voûtes d’arêtes. Les bains publics d’Argentomagus étaient également décorés avec raffinement. Mais ce sont les thermes de Sainte-Colombe qui ont laissé les témoignages les plus significatifs du luxe déployé dans ces établissements. Parmi les œuvres les plus accomplies qui y furent recueillies figure la Vénus accroupie, conservée au musée du Louvre.

thermes-cluny1

                                                               Thermes de Cluny (Paris)

Au IVè siècle, le poète Ausone exalte les charmes des thermes mosellans :

  •   Ai-je besoin de citer ces édifices qui s'élèvent au milieu des vertes prairies, ces toits soutenus par des colonnes sans nombre ? Que dire de ces bains construits sur la grève du fleuve ? Une épaisse fumée s'en échappe, alors que Vulcain, englouti au fond de l'étuve brûlante, roule les flammes qu'il exhale dans les canaux pratiqués à l'intérieur des murailles revêtues de chaux, et condense la vapeur enfermée dans les tourbillons s'élancent au dehors. J'ai vu des baigneurs fatigués à force d'avoir sué dans la salle de bains, dédaigner les bassins et la piscine glacée pour jouir des eaux courantes et, retrouvant bientôt leur vigueur dans le fleuve, frapper et refouler en nageant ses vagues rafraîchissantes. Si un étranger arrivait ici des murs de Cumes, il croirait que Baïes l'Eubéenne a voulu donner à ces lieux un abrégé de ses délices : tant leur recherche et leur propreté ont de charme, sans que le plaisir qu'on y goûte exige aucun luxe.

   Ausone, La Moselle, 335-348

  Articles à consulter : Les thermes de Sens sur le blog "L'Yonne gallo-romaine", et sur le Blog de Lutèce : Délices et dérives des thermes romains.

Source : Voyage en Gaule romaine, G. Coulon & J.C. Golvin - éd. Actes Sud Errance

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 16:22

  En 1845 furent découverts sur le territoire de cette commune un petit calice et une patène en or, celle-ci cloisonnée de grenats, chefs d'oeuvre de l'orfèvrerie du début de l'époque mérovingienne. Ces objets remarquables avaient été cachés en même temps qu'un trésor monétaire constitué d'une centaine de sous et de tiers sous[1]d'or correspondant à des émissions échelonnées du règne de Léon Ier (457-474) à celui de Justin Ier (518-527). Ces dernières monnaies, à fleur de coin, founissent ainsi un utile terminus post quem[2]pour la date d'enfouissement de ce dépot, sous doute opéré sous le règne de Justin. La présence de ces objets liturgiques à quelques centaines de mètres de l'église de Gourdon n'est sans doute pas fortuite si l'on se réfère à la mention en ce lieu par Grégoire de Tours d'un monasterium Gurthonensis. On peut en effet envisager compte tenu de la datation haute du trésor, que l'origine de ce monastère ait été plus ancienne et que lors des expéditions franques de 523-524 ou de 534 - la datation des objets liturgiques et des monnaies les plus récentes ne permettant pas d'en décider - en Burgondie, les moines aient pris soin de dissimuler leurs biens les plus précieux avant de fuir, sans avoir eu la possibilité de les récupérer par la suite.

 

Le calice : 

  calice-gourdon

Le calice est un petit objet, haut de 7,5 cm, pourvu d'un pied tronconique, d'une panse profonde et de deux anses aviformes très stylisée : l'oiseau n'est reconnaissable qu'à son bec et au grenat qui forme l'œil. La panse se divise en une partie gaudronée au-dessus de laquelle se déploie un décor de fils d'or et de pierres (turquoises, grenats) cloisonnées taillées en forme de cœur et de palmettes.

 

 La patène :

  patene-gourdon

La patène est un objet de forme rectangulaire, de 19,5 cm de longueur pour 12,5 cm de largeur, et profonde de 1,6 cm. Elle présente une bordure couverte de grenats cloisonnées, une croix également en grenats en son centre et quatre motifs cordiformes dans les coins en turquoise.

 

[1] Pièce d'or romaine d'une valeur sûre d'où le nom solidus. Le sou pèse environ 4,70 gr.

[2]Terminus post quem / ante quem : le terminus post quem correspond à la date après laquelle une structure a été construite ou détruite, le terminus ante quem à la date avant laquelle la structure existait. Le premier est donné par l’objet le plus récent que l’on retrouve : par exemple, la dernière monnaie que l’on retrouve dans un habitat qui a été abandonné nous apprend que l’habitat en question a été abandonné après la date d’émission de la monnaie ; de même la présence dans une structure funéraire d’un objet indique que la structure est postérieure à la date de fabrication de l’objet. Le terminus ante quem nous est quant à lui donné par l’objet le plus ancien que l’on retrouve dans certaines structures : par exemple, la monnaie la plus ancienne trouvée dans un habitat nous indique que l’habitat existait avant l’arrivée de la monnaie (ce qui ne veut cependant pas dire que l’habitat est antérieur à la frappe de la monnaie, puisque les monnaies circulent pendant une longue période, et que leur diffusion après la frappe n’est pas immédiate), on peut se baser pour cela peut-être de préférence sur les éléments « constitutifs » de la structure : type de construction, décor peint, mosaïque… Ce raisonnement ne fonctionne pas pour les structures funéraires puisque les dépôts s’y font à un moment donné et pas dans la durée : on y dépose des objets qui existent déjà voire très anciens, ces objets ne nous fournissent donc pas de terminus ante quem, mais seulement un terminus post quem.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps Mérovingiens, Pierre Riché éd. Bartillat

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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 19:17

  L’Armorique (le pays devant la mer) fut, longtemps avant le début de notre ère, une région périphérique, fort peu gagnée par les influences celtiques continentales.

  Des indices (objets en bronze, armes) ainsi que des traces de naufrages découverts sur le littoral nord de la Manche attestent  que des échanges commerciaux avaient lieu entre l’Armorique et la (Grande) Bretagne au cours de la période appelée âge de Bronze atlantique, qui se prolongea jusqu’à la Tène. 

  C’est la naissance des colonies méditerranéennes des Grecs et des Puniques qui donna une impulsion majeur au commerce atlantique.

Au premier siècle avant Jésus-Christ, plusieurs tribus celtes occupaient le massif Armoricain. Elles appartenaient au rameau celto-belge qui peuplait également une partie des îles Britanniques.

Cinq peuples ou nations se partageaient le territoire qu’on appelle aujourd’hui la Bretagne :

  Les Redones, limités au nord par la Manche, la Rance et le Couesnon, à l’ouest par la forêt de Brocéliande, occupaient le bassin de la Vilaine. Leur capitale, Condate (confluent), est devenue Rennes.

  Les Namnètes, entre le bassin de la Vilaine et la Loire, peuplaient approximativement le département de la Loire-Atlantique. Leur capitale, Condevincum, au confluent de l’Erdre et de la Loire, est devenue Nantes.

  Les Vénètes, établis sur la côte sud de l’Armorique depuis l’embouchure de la Vilaine jusqu’à une limite occidentale difficile à préciser, constituaient la principale des nations armoricaine. Ils formaient un peuple de vaillants marins. Leur capitale, Darioritum, était située sans doute sur l’emplacement actuel de Locmariaquer.

  Les Ossismes peuplaient l’extrémité de la péninsule armoricaine. Leur capitale était Vorganium devenue Carhaix.

  Les Curiosolites, entre la forêt de Brocéliande et la Manche d’une part, la rivière de Morlaix et la Rance d’autre part, avaient établi leur capitale à Corseul.

  Peuples celtes en armorique

  D’immenses forêts couvraient le pays et rendaient difficiles les relations entre ces différents groupements ethniques. Les villes, fort rares, n’étaient semble-t-il, que des camps retranchés où la population trouvait un abri en cas d’invasions.

  Les cinq peuples cités, auxquels il faut joindre quelques tribus celtes à l’est, formaient la confédération armoricaine. L’existence de l’Armorique est signalée une première fois par le navigateur célèbre dans l’Antiquité, Pythéas, qui fit un voyage sur les côtes occidentales de l’Europe en 320 avant Jésus-Christ, sans doute pour assurer à l’antique cité des Phocéens (Marseille) le bénéfice du commerce de l’étain.

  Les Vénètes

  Parmi les nations armoricaines, celle des Vénètes tenait la première place. IlsNavire venete 2 possédaient une marine composée de vaisseaux de haut-bord. Ces embarcations massives se mouvaient au moyen de voiles faites de peaux fines et souples, pouvant braver les fortes tempêtes de l’océan. Leur carène plate, fortement charpentée, n’avait aucune difficulté à s’aventurer sur les bas-fonds. Les proues et les poupes étaient très relevées ce qui leur permettait de naviguer plus facilement par gros temps et par tempête. Les bateaux étaient en bois, les ancres étaient retenues par des chaînes et les voiles étaient faites à partir de peaux.

  Grâce à leur marine, les Vénètes exerçaient sur les autres nations armoricaines une supériorité incontestée. Ils concentraient dans leurs mains le commerce avec les îles Britanniques avec lesquelles ils entretenaient des relations beaucoup plus suivies qu’avec la Gaule proprement dite.

  Depuis longtemps, les Vénètes faisaient le commerce du cuivre de Dortmoor, ainsi que de l'étain de Cornouailles. Les mineraies étaient acheminés par leurs bâteaux de charge (les pontas), le long du littoral atlantique vers le midi, via la Gironde, la Garonne, Toulouse et l'Aude, pour arriver enfin à Narbonne. En sens inverse c'était le vin, les bijoux, les denrées rares qui étaient trasportées vers la Bretagne.

  Dans ce contexte, l'Armorique riche en plomb et en sel, joue un rôle considérable dans le trafic international de marchandise. Des poteries disséminées dans tout le sud-ouest de l'Angleterre, attestent de l'intensité de ce commerce.

  La conquête romaine

  Lorsqu’en 57 avant J.C., Jules César entreprit la conquête de la Gaule, la confédération armoricaine prit la décision de reconnaitre la puissance romaine, et en gage de soumission, livra des otages.

  Crassus, lieutenant de César, prit ses quartiers d’hiver dans l’Anjou. Les vivres faisant défaut à ses troupes, il demanda aux Armoricains de lui fournir du blé. Mais prenant conscience de la menace que représentaient les armées de Rome stationnées maintenant à proximité, la coalition, emmenée par les Vénètes, refusa l’aide demandée, et gardèrent même les envoyés de Crassus en otage.

  César, campé en Illlyrie, informé de la tournure des événements, accourut en Gaule et comprit immédiatement le danger que ce soulèvement faisait courir à son œuvre. Il se décida à frapper les Vénètes, mais la tâche n’était pas facile. Les Romains n’ayant point de marine à opposer à celle des Armoricains ; les légions romaines s’épuisèrent à poursuivre un ennemi insaisissable.

  Campés sur les promontoires ou dans les presqu’îles, les Vénètes réussissaient à tenir en échec les Romains. A chaque fois que les affrontements tournaient en faveur des soldats de César, les assiégés se repliaient sur leurs navires et allaient établir un camp retranché sur un autre promontoire.

  César comprit alors que puisqu’il ne pouvait les battre sur terre, il fallait être capable de les affronter sur mer. Il commanda donc à son lieutenant Brutus, positionné dans l’estuaire de la Loire, de préparer une flotte capable de s’opposer aux Armoricains. Les Romains reçurent pour cette tâche, l’aide de tribus gauloise du Sud jalouses de la puissance maritime des Vénètes.

  Lorsque Brutus parut avec sa flotte composée de galères légères, en face du Morbihan,bataillemorbihan56 les Vénètes se portèrent à sa rencontre avec (d’après J. César) deux cent vingt navires. César se tenait sur la côte, à la tête de son armée, pour stimuler le courage de ses marins. Le début de la bataille sembla favorable aux Vénètes. Les robustes navires armoricains pouvaient facilement venir à bout des galères romaines, à condition d’être poussés par une forte brise. Mais le vent tomba brusquement, rendant impossible toute manœuvre des navires à voiles. Les galères romaines, au contraire, propulsées par des rameurs, purent assaillirent à dix contre un les vaisseaux des Vénètes incapables de se porter mutuellement secours. A l’aide de longuesgalère-romaine1 faux, les équipages romains coupaient voiles et cordages, et incendiaient les bateaux ennemis. Impuissants, les Vénètes combattirent avec l’énergie du désespoir. Tandis que les uns tombaient sous les coups de Romains plus nombreux sur leurs propres navires, d’autres se jetaient à la mer, essayaient de monter à l’assaut des galères ou se perçaient de leur propre épée pour ne pas tomber entre les mains de leurs ennemis qui n’auraient pas hésité à faire d’eux des esclaves. Les Romains qui avaient enfin les Vénètes à leur merci ne firent pas de quartier, ce fut un désastre pour ces derniers dont les survivants s’en remirent à la générosité de leur vainqueur. Mais César n’eut aucune pitié pour cette fière nation. Tous les sénateurs furent égorgés et le reste de la population fut mise en vente comme du vulgaire bétail. « Cette forte et laborieuse nation, dit Camille Julian, dont les origines et la puissance remontaient aux hommes des dolmens, la plus ancienne et la plus originale de toute la Gaule, s’effondra dans l’esclavage et dans la mort. »

  Malgré cette sauvage et brutale répression, peut être devrait-on dire « à cause », ceux-ci répondirent plus tard à l’appel de Vercingétorix en envoyant un fort contingent de guerriers pour dégager Alésia. Mais le sort de la Gaule entière dont les nations n’avaient su taire leurs rivalités, se joua donc en faveur de Rome. Les Gaulois, vaincus, soumis et romanisés devraient rompre avec la tradition celtique.

Sources : Histoire de Bretagne, H. Poisson - J.P. Le Mat éd. Coop Breizh _ Les Celtes - Les Rois oubliés, M. Brasseur éd. Terre de Brume

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 17:42

  Dans son Histoire de l'Église de Reims, le chanoine Flodoard (mort en 996) raconte : "Lorsque la ville de Rome eut été fondée par Romulus et Remus, frère jumeaux, Remus fut mis à mort par les soldats de son frère. [...] Les soldats de Remus s'exilèrent, bâtirent notre ville et fondèrent la nation rémoise, car nos murs portent pour ornement les emblèmes des Romains et la porte à conservé jusqu'à nos jours le nom de Mars, qui selon l'opinion des anciens fut le père de la nation romaine. Sous la voûte à droite en sortant, est représentée, suivant la fable, la louve qui donne ses mamelles aux deux enfants Remus et Romulus." Voici pour l'origine mythique de la ville. Quant à sa christianisation, Flodoard ne craint pas de la faire remonter aux tout premier temps du christianisme, puisqu'il fait intervenir l'apôtre Pierre en personne : "Les premiers propagateurs de la foi, nos pères en Jésus-Christ par l'Evangile, ont toujours honoré les pontifes qui ont occupé le siège de Reims, le premier de la province. Ainsi le prince même de l'Église de Jésus-Christ le bienheureux apôtre saint Pierre, ayant ordonné saint Sixte archevêque, jugea à propos de l'envoyer dans notre ville avec des suffragants." Si ces deux épisodes de l'histoire de Reims tels que les raconte Flodoard relève bien du genre mythique, ils n'en disent pas moins l'ancienneté de la ville et l'importance du christianisme dans son destin.

 

  Au Ier siècle avant Jésus-Christ, tandis que les Gaulois s'opposent  aux troupes de César, l'oppidum de Durocorter (en gaulois) qui allait devenir plus tard la ville de Reims, est tenu par les Rèmes, une peuplade belge qui décident de se rallier aux Romains, ce qui favorisera leur victoire. L'alliance est votée par le Sénat de Rome. En -53, César ordonne au concilium Galliae de se réunir à Durocortorum pour y juger la conjuration des Sénons et des Carnutes. Les Rèmes ayant prouvé leur fidélité à Rome, Durocortorum est classée dans les cités fédérées, considérées comme indépendantes, et promue métropole de la vaste province romaine en Belgique seconde, territoire considérable qui correspond au nord de la France, à une bonne partie de la Belgique, et jusqu'à la partie méridionale des Pays-Bas, la ville gallo-romaine de Durocorturum fait l'objet, dès le règne d'Auguste, de gigantesques travaux d'urbanisme, dont témoigne la porte Mars, et connaît une belle expansion économique. Ses dimensions sont importantes et ses rues sont agencées sur le modèle orthogonal habituel. Sept grandes voies desservent la ville.

  La localisation de la ville en fait un site stratégique important et un centre administratif et économique dynamique - on connaît l'existence de manufactures impériales d'armes et de textiles, et l'on a conservé la trace des dons de certains agents impériaux en faveur de la toute jeune Église locale.

  Avec l'édit de Milan, dit de tolérance, promulgué par l'empereur Constantin (306-337) en 313, et qui accorde au christianisme le même statut qu'aux cultes païens, la nouvelle religion, d'abord tolérée, est rapidement favorisée, même si le paganisme ne disparaît pas immédiatement. Moins d'un siècle plus tard, en 380, par l'édit de Thessalonique, l'empereur Théodose Ier (346-395) déclare que "tous nos peuples doivent se rallier à la foi chrétienne". D'admis, le christianisme devient religion d'état, et les temples païens sont fermés et détruits. Chaque communauté chrétienne commence de s'organiser et élit à sa tête un évêque (du grec épiscopos, "surveillant"), qui nomment les prêtres pour l'exercice du culte, tandis que les diacres prennent en charge les questions d'organisation matérielle. A Reims, le développement du christianisme à partir de la seconde moitié du IIIè siècle entraîne l'émergence de deux nouveaux quartiers : le premier, au sud du forum antique, qui deviendra le coeur de la cité épiscopale; le second, à l'extérieur des remparts, dans un faubourg du sud de la ville, le long de l'axe principal, le futur quartier Saint-Rémi.

  En 357 et en 366, des guerriers germaniques font irruption dans la région mais sont reppoussés avant d'atteindre Reims.

  La première cathédrale de la ville est consacrée en 401. Elle est disposée selon un axe nord-sud qui va des arènes à un édifice important, peut-être un palais, et qui compte des arcs monumentaux, un forum, des thermes, etc... Dédiée à la Sainte Vierge, c'est dans cet édifice que Clovis Ier recevra le baptême.

  

Sources : Gérard Coulon, Les Gallo-Romains : vivre, travailler, croire, se distraire - 54 av. J.-C.-486 ap. J.-C.éd.Errance _ La cathédrale de Reims - Collection Rois de France. éd. Atlas

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