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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 20:45

  Au palmarès des noms de familles les plus portés en France, figure Martin avec environ 268 000 personnes. Il appartient à la catégorie des patronymes issus de noms de baptême, la plus importante. Les trois autres origines étymologiques possibles des noms de familles sont la désignation d'un lieu ou d'une localité, la traduction d'un métier ou l'évocation d'une caractéristique physique ou morale. Le nom de baptême Martin est très tôt popularisé par saint Martin, l'évêque de Tours, qui introduisit le christianisme en Gaule et fonda le monachisme français. martin-of-tours

  Ce fils de tribun militaire, né vers 316 dans la province romaine de Pannonie supérieure, correspondant à l'ouest de l'actuelle Hongrie, mort en 397 en Touraine, n'est encore qu'un jeune soldat, servant dans l'armée de l'empereur quand, selon la tradition qui l'a rendu célèbre, il déchire son manteau pour en donner la moitié à un pauvre. Celui que l'on surnomme «le paysan du Danube» en raison de son apparence négligée, est nommé évêque de Tours et poursuit son activité de missionnaire en Gaule. À peine est-il inhumé à Tours que son tombeau devient un lieu de pèlerinage.

  Nul autre saint ne sera plus populaire en France comme en témoigne le nombre impressionnant de villages et de paroisses qui lui sont dédiés. D'autres bienheureux du même nom favoriseront la diffusion du nom de Martin. À partir des XIe et XIIe siècles, le nom de baptême, qui jusqu'alors suffit à désigner un individu, est accompagné d'un surnom afin d'éviter les homonymies devenues trop fréquentes. Ce surnom, transmis héréditairement, se transforme au fil des générations en nom de famille. Les noms de baptême, tel Martin, souvent donnés de père en fils, ont couramment été conservés pour désigner toute la maisonnée.

  Le patronyme Martin donnera naissance à une multitude de variantes, parmi lesquels Martinet (un diminutif), Lamartine, Martinière, Martinat, ou encore Martinaud et Martineau (tout deux fréquents dans l'ouest de la France), aussi écrit Martinot en région parisienne ou Martinod en Haute-Savoie. L'orthographe des patronymes demeure en effet incertaine jusqu'en 1850, date de l'apparition du livret de famille. Elle est donc pendant des siècles soumise aux déformations orthographiques et locales comme le montrent les nombreux Marti, Marty, Martinon, Martinou, Martinelli et Martini, ces derniers issu de Martino, forme italienne et corse de Martin, ou Martinez, avec une terminaison espagnole en -ez (fils de), indiquant le filiation, présent dans une large moitié sud de notre pays.

 

Source : Historia N° 687

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 17:07

  Il ne faut pas confondre les cirques, destinés aux courses de chars, avec les stades de Rome et des pays de tradition hellénique (Grèce continentale, Îles Égéennes, Asie Mineure), de forme à première vue similaire, mais destinés aux exercices d'athlétisme, et donc de dimensions plus modestes et dépourvus de mur central et de stalles. Il ne faut pas non plus confondre les cirques avec les amphithéâtres (de forme elliptique, type Colisée ou arènes d'Arles, amphithéâtre de Capoue), destinés aux combats de gladiateurs, aux venationes (spectacles de combats avec des fauves) et naumachies, souvent nommés, un peu à tort, jeux du cirque.


   Pline l'Ancien rapporte qu'aux funérailles de Félix, un célèbre cocher de Rome, l'un de ses partisans, éperdu de chagrin, se jeta sur le bûcher de son héros... Un geste insensé qui en dit long sur la folle passion des supporter pour les courses de chars et les épreuves de jeux du cirque. Les Gallo-romains nourrissaient-ils de semblables sentiments pour leurs auriges préférés ? Si de tels excès y sont heureusement inconnus, les scènes de cirque qui ornent de nombreux objets de la vie quotidienne témoignent cependant d'un réel engouement.

  Les cirques sont les équivalent de nos hippodromes. C'est là en effet que se disputaient les courses de chevaux et de chars. L'architecture de ce monument se caractérise par son plan dessinant un rectangle allongé, incurvé en hémicycle à l'une de ses extrémités. Un terre plein central, la spina (l'épine), partage la piste en deux dans le sens de la longueur. Décorée de statues, de bas-reliefs, d’autels, d’obélisques et parfois même de bassins, la spina se termine, à chacune de ses extrémités, par une grosse borne arrondie, la meta, qui marque l’emplacement des deux virages et autour de laquelle doivent tourner les compétiteurs. Sur le petit côté rectiligne de la piste s’ouvrent les caceres, c’est-à-dire les boxes où viennent se ranger les attelages pour le départ. Celles-ci sont suffisamment spacieuses pour loger un attelage et un garçon d'écurie chargé de tenir les guides jusqu'à l'ouverture des portes. Ces-dernières sont légères et constituées de deux battants ajourés en bois. Un mécanisme ingénieux permet utilisant des cordes permet l'ouverture simultanée des portes. Au-dessus de ces stalles se tiennent généralement les bâtiments de service et surtout la tribune d’honneur où prennent place les magistrats. Les gradins se développent tout autour de la piste, sur les longs côtés ainsi que sur le petit côté semi-circulaire. Ce sont eux qui, bâtis en dur, font du cirque un monument de spectacle à part entière où le confort du public est tout aussi recherché que le déroulement optimal des épreuves.cirque2

  La piste est de longueur variable selon les cirques et composée de plusieurs couches de matériaux suffisamment dur pour résister aux passages répétés des chars. À la surface est répandue une couche de sable ou de terre.

  Plusieurs villes de la Gaule romaine possédaient un cirque mais ils étaient largement moins répandus que les théâtres et les amphithéâtres. S’il ne reste rien de ceux de Nîmes et de Trèves, la rue du cirque romain pourrait évoquer la présence de l’édifice nîmois près de la porte de France, le long du rempart augustéen. La ville de Saintes aurait été, elle aussi, équipée d’un tel monument. Son emplacement, dans la dépression de la Combe, aurait été confirmé en 1944. Attesté par quelques inscriptions lapidaires qui mentionnent des spectacles ainsi que le financement de la restauration de cinq cent places dans ses gradins, celui de Lyon demeure mal localisé. Il pourrait s’étendre au fond de la vallée du Trion. Fouillé sommairement de 1903 à 1907, le cirque de Vienne se déployait sur une longueur de 457 m pour une largeur de 118, entre le Rhône et le pied des collines. De la spina, longue de 262 m, ne subsiste aujourd’hui que la pyramide qui se dressait en son milieu. Haute de 23 m et connue localement sous le nom de l’Aiguille, cette pyramide, inachevée selon toute vraisemblance, aurait remplacé tardivement un obélisque de facture plus soignée.

  Le dossier des cirques gallo-romains serait bien lacunaire si les fouilles du monument d’Arles (à partir de 1974) n’avaient apporté des données architecturales plus précises. Ses dimensions d’abord. Long d’environ 450 m, il offrait une largeur de 101 m et ses dix rangées de gradins pouvaient recevoir quelque 20 000 spectateurs. Les archéologues ont mis au jour les compartiments rectangulaires servant de soubassement aux tribunes aménagées sur le périmètre de la piste. On a pu ainsi restituer la partie méridionale du cirque avec la sphendoné, c’est-à-dire la fermeture en forme de fer à cheval. 25 000 à 30 000 pieux de fondation en chêne et en pin ont été nécessaires pour asseoir solidement la maçonnerie sur des pilotis, en cette zone humide. Ces pieux ont permis une analyse dendrochronologique qui a livré une date indiquant le milieu du IIe siècle de notre ère. Mais les travaux de ré-aménagement de cet énorme monument étaient encore effectués au Ive siècle… Au milieu de la spina s’élevait un bel obélisque taillé dans une roche de provenance turque, qui, retrouvé parmi les vestiges de l’édifice, fut transporté et érigé devant l’église Saint-Trophime en 1676, pour la plus grande gloire du roi Louis XIV… Cet obélisque s’y dresse encore aujourd’hui.

  Quels sont les épreuves disputées lors des jeux du cirque ? On applaudit des courses de chevaux avec les combinaisons et les acrobaties les plus variées. Les jockeys conduisent parfois deux chevaux simultanément, sautant de l’un à l’autre et terminant même à pied en tenant leurs montures par la bride. Mais ce sont les courses de chars qui déchaînent les passions les plus vives et font monter de formidables clameurs, pour reprendre l’expression du poète Martial. On vibre certes pour les chars à deux ou trois chevaux – les biges et les triges – mais l’équipage le plus apprécié, le quadrige en comporte quatre.jeux romains chars

  Les équipages frémissants sont rangés dans les carceres. La foule retient son souffle. La trompette résonne dans le cirque et bientôt, le président des jeux, du haut de sa loge, jette sur la piste une serviette blanche. C’est le signal tant attendu ! Les barres de bois qui ferment les stales s’ouvrent aussitôt et les chars s’élancent. Ils peuvent être quatre ou huit en compétition, mais certaines courses en confrontent jusqu’à douze. Dans un halo de poussière, on aborde le premier virage à gauche. La borne se rapproche dangereusement. Tout le talent du cocher consiste à négocier au plus près ces courbes brusques. Les prend-il trop serrées, alors la roue et l’essieu de bois se brisent sur la meta et le charchar-quadrige fait naufrage. Choisit-il une trajectoire trop lâche, alors les autres concurrents le double et la course est irrémédiablement perdue, au grand désespoir de ces milliers de partisans fanatiques… À chaque tour, des dauphins ou de gros œufs de bois – les septem ova – sont basculés en guise de compte tours, pour que les spectateurs suivent au mieux la progression de l’épreuve. Les sparsores puisent de l'eau dans les bassins que contient la spina, et aspergent chevaux et cochers en pleine action. Tout les coups sont permis pour se rapprocher de la corde. Le public redouble d'enthousiasme quand les chars extérieurs viennent serrer au plus près ceux de l'intérieur pour les envoyer se fracasser contre la spina. De même, à n'importe quel moment de la course, les concurrents sont autorisés à se gêner. Sept tours ont maintenant été accomplis. Arrive le terme de la course alors que résonne de nouveau la trompette. Sous les vivats de la foule qui n’a d’yeux que pour son héros, l’attelage vainqueur franchit enfin la ligne blanche tracée sur la piste. La palme est remise à l’aurige triomphant et le son des trompettes redouble pour saluer le vainqueur.

  Les mosaïques offrent une source irremplaçable pour mieux connaître les jeux du cirque. En Gaule, celles de Lyon, Trèves et Sennecy-le-Grand (Saône-et-Loire) comptent parmi les plus remarquables.

  Mise au jour en 1806, à l’île d’Ainay, la grande mosaïque de Lyon (5,04 m x 3,09 m) offre l’image particulièrement vivante de huit quadriges en pleine compétition.

  cvlLyon11  À gauche apparaissent les Lyon mosaique jeux gauchecarceres d’où sont partis les attelages et au-dessus, la tribune où siègent trois notables qui président aux jeux. Au deux extrémités de la spina se dressent les metae surmontées par trois bornes en forme de quilles. Un obélisque, des bassins et les dispositifs destinés à compter les tours complètent le terre-plein central. Deux chars viennent de faire naufrage et la lutte est serrée entre les quatre factions, les verts, les rouges, les bleus et les blancs. Un hortator à cheval accompagne les chars et les stimule tandis qu’à un angle de la piste, un sparsor s’apprête à jeter de l’eau sur la piste ou sur un attelage. L’issue de la course est proche et deux personnages, au milieu de la spina et près de la ligne d’arrivée, tiennent une couronne et une palme qu’ils remettront bientôt à l’aurige vainqueur.

  Les auriges de métier étaient de basse condition, mais la passion des courses s’est emparée de la haute société ; ainsi, on sait que l’empereur Néron a participé à plusieurs courses. 

  Polydus fut un cocher fort apprécié, il figure sur une mosaïque du IIIe siècle retrouvée en 1962 sous les termes impériaux de Trèves. D’autres auriges ont également été immortalisés sur des mosaïques : Priscianus, Communis, Bellario et Peculiaris, sur un pavement de Sennecy-le-Grand, et Superstes, Euprepes, Fortunatus et Philiolus sur une autre mosaïque de Trèves. Un bas-relief exposée à Trèves mais provenant de Neumagen-Dhron, montre un homme jeune conduisant un cheval par la bride. C’est un aurige comme l’indique sa tunique courte et ajustée par des lanières, tenue habituelle des conducteurs de chars. Il tient un fouet mais n’a pas encore mis son casque ni passé son ceinturon muni d’un couteau. En effet, en cas de naufrage, le cocher se servait de cette arme pour trancher les rênes afin de ne pas être traîné sur la piste…

  Dans un attelage, le cheval de gauche tenait un rôle majeur. La course se déroulant toujours dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, c’est de son côté que le char passait au plus près de la meta. Ce cheval était lui aussi une vedette et son nom était connu des spectateurs. C’est ainsi qu’à Trèves par exemple, Polydus avait pour cheval majeur (celui de gauche donc) Compressor.

  L’épitaphe d’Eutyches, esclave de vingt-deux ans et mort à Tarragone en Espagne, est particulièrement précieuse car riche d’information : En ce sépulcre-ci ont trouvé le repos les os d’un apprenti aurige, point inapte, pourtant, à manier les rênes. Moi qui osait déjà aspirer aux quadriges, et qui dus en rester aux chars à deux chevaux ! Les barbares Destins jalousaient mes années, destins qu’il est vain de combattre. Je n’ai pas pu jouir, à mes derniers instants, de la gloire du cirque, ni vu le peuple ému verser sur moi des larmes. Ce fut un mal ardent qui brûla mes entrailles, et dont le médecin ne put venir à bout. Voyageur, je te prie, répands sur moi des fleurs : peut-être en mon vivant, as-tu parié sur moi ?  Eutyches aspirait aux quadriges et rêvait d’accéder à l’élite des cochers, les milliarii, plus de mille fois vainqueurs, à l’instar du célèbre Dioclès à l’incroyable palmarès : 3 000 victoires en biges, 1 462 en quadriges.

  Bien des intellectuels condamnaient les folles les folles passions des jeux du cirque et se réjouissaient de ne pas les partager…

  Tout le temps qui vient de s’écouler je l’ai passé entre mes tablettes et les opuscules dans le plus délicieux repos. Comment, dites-vous, serait-il possible à la ville ? C’étaient les jeux du Cirque, genre de spectacle qui ne me séduit à aucun degré. Là dedans, rien de nouveau, rien de varié, rien qu’il ne soit assez d’avoir vu une fois. Aussi suis-je étonné que tant de milliers d’hommes soient sans cesse repris, comme de grands enfants, du désir de voir des chevaux lancés à la course, des cochers debout sur des chars. Si encore on course-charss’intéressait soit à la rapidité des chevaux, soit à l’habilité des cochers, ce goût pourrait s’expliquer ; mais c’est l’habit qu’on applaudit, c’est l’habit qu’on aime et si en pleine course et au beau milieu de la lutte, la première couleur passait au second cocher et la seconde au premier, les vœux et les applaudissements changeraient de camp et tout à coup les fameux conducteurs, les fameux chevaux qu’on a l’habitude de reconnaître, dont on ne cesse d’acclamer les noms seraient plantés là. Telle est la faveur, telle est l’importance qu’accordent à une misérable tunique, passe encore la foule plus misérable encore que la tunique, mais certains hommes sérieux. Quand je pense que c’est cet amusement futile, sot, monotone, qui les cloue à leur place, jamais rassasiés, j’éprouve une certaine joie à ne pas éprouver celle-là. Et pendant les jours que nous traversons, je consacre avec beaucoup de plaisir aux lettres les heures oisives, que d’autres perdent aux plus oisives occupations. Adieu.   Pline le Jeune, lettres, IX, 6

  Les concurrents sont des professionnels faisant partie d'équipe (factiones). Les courses de chars comprennent un nombre limité d'écuries définies par une couleur : Les Rouges (en latin Russata), les Bleus (en latin Veneta), les Blancs (en latin Albata) et les Verts (en latin Prasina) sont les plus fameuses.

  D'autres écuries ont parfois tenté leur chance mais sont restées largement en retrait par rapport aux quatre factions traditionnelles. Ces écuries qui évoluent dans les cirques de Rome ont leurs équivalents locaux à travers tout l'Empire. Ce sont de véritables clubs, au sens actuel du terme. Ainsi, les "propriétaires" de chevaux n'apparaissent pas, c'est la faction qui remplit cette fonction.

 

  Le poète latin Ovide, à lui trouvé une autre utilité à la fréquentation du cirque :

  Le cirque, avec son nombreux public, offre de multiples occasions (...) Assieds-toi contre celle qui te plaît, tout près, nul ne t'en empêche ; approche ton corps le plus possible du sien ; heureusement la dimension des places force les gens, bon gré mal gré, à se serrer, et les disposition du lieu oblige la belle à se laisser toucher. Cherche alors à engager une conversation qui servira de trait d'union, et que tes premières paroles soient des banalités. À qui sont les chevaux qui viennent là ? demanderas-tu avec empressement, et, immédiatement, son cheval favori, quel qu'il soit, doit être le tien (...).

  Si, comme il arrive, il vient à tomber de la poussière sur la poitrine de la belle, que tes doigts l'enlèvent ; s'il n'y a pas de poussière, en lève tout de même celle qui n'y est pas : tout doit servir de prétexte à tes soins officieux. Le manteau, trop long, traîne-t-il par terre ? Prends-en le bord, et, avec empressement, soulève-le du sol malpropre. Aussitôt, récompense de ton zèle officieux, sans que ta belle puisse s'en fâcher, tes yeux verront des jambes qui en valent la peine.

  Regarde également tous qui seront assis derrière vous : que leur genou ne vienne pas d'appuyer trop fort contre son dos délicat. De petites complaisances captivent ces âmes légères ; plus d'un s'est félicité d'avoir arrangé un coussin d'une main prévenante. On n'a pas regretté non plus d'avoir agité l'air avec un léger éventail et d'avoir placé un tabouret creux sous un pied délicat.

  Toutes ces facilités pour un nouvel amour, tu les trouveras au cirque (...) O, parle, on touche une main, on demande un programme, on engage un pari sur le vainqueur, et voici qu'une blessure vous fait gémir, que l'on sent une flèche rapide et que l'on joue soi-même un rôle dans les jeux que l'on regarde.  Ovide, L'art d'aimer, Livre I


Ben-Hur Clip :  link

 

Sources : Voyage en Gaule romaine, G. Coulon. J-C Golvin. éd. Actes Sud - Errance _ Histoire Antique & Médiévale, Hors série N° 26

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 18:12

  En 1525, fut imprimé un livre intitulé Mirabilis Liber. Écrit en latin, son nom signifie « Livre Merveilleux » ou encore « Livre des Prodiges ». Il s'agit d'un recueil populaire et anonyme de prophéties et prédictions chrétiennes attribuées à des saints, des oracles antiques ou encore des devins. Les prophéties rassemblées dans ce livre ont été retranscrites par divers auteurs, arrangées et même probablement manipulées par rapport aux textes et légendes d'origine. 

  Quelle est la part du vrai et du faux dans cet ouvrage...

 

  Saint Césaire d'Arles aurait, en 540, prédit la Révolution de 1789 :cesaire

 

  Annonçant un profond bouleversement de la société pour 1510 ou au delà, Césaire prévoit que l'Église universelle s'affligera de la spoliation des églises, de la dévastation et de l'éruption d'une noble cité. Le royaume et l'église de France seront en butte à tout l'univers. L'Église sera dépouillée de tous ses biens temporels, et tous ses membres, si puissants qu'ils soient, devront s'estimer heureux en restant à leur place, si la vie leur est conservée.

  Alors toutes les églises seront souillés et profanées; les femmes consacrées au Seigneur, fuiront de leur monastères; la malice des hommes se tournera contre l'Église; personne, pendant plus de vingt-cinq mois, n'en pourra suspendre le cours. Il n'y aura ni roi en France, ni pape à Rome. Celui qui gouvernera toute l'Église changera son siège. Le pasteur et les princes de l'Église, expulsés, fuiront et trouveront à peine un refuge où ils puissent seulement se reposer avec les leurs, et manger le pain de douleur dans cette vallée de larmes. La religion sentira dans un morne silence l'effet de la frayeur qu'inspirera la fureur d'une colère qui s'abandonnera aux plus affreux excès.

  Le texte de cette prophétie porte qu'alors ceux qui gouverneront le royaume de France seront tellement aveugles, qu'ils ne pourront trouver parmi eux des défenseurs : la colère du Seigneur se tournera contre eux et contre les plus grands et les plus puissants du royaume; elle se manifestera contre tous en général et en particulier, et ne cessera parmi les Français, que leur royaume ne soit presque entièrement  détruit. La terre dans beaucoup de lieux sera nue, les sciences et les mœurs périront dans le royaume de France; alors les Français, remplis d'orgueil et de fureur, se révolteront contre leur propre souverain; et presque tous les nobles, en si grand nombre qu'ils soient, seront chassés de leur dignité et de leurs propriétés, et cruellement massacrés.

  Beaucoup diront égal, égal, égal, poursuit Césaire; mais il n'y aura point d'égal. Le plus grand prince fuira et sera ramené dans son château. Il y aura un honteux carnage, un renversement et un massacre des roi, ducs et barons, et d'un grand nombre des plus grands et des plus puissant seigneurs. La plus infâme trahison éclatera par rapport à la captivité du roi de France : alors les princes les plus nobles seront mis en prison. Par un événement épouvantable le roi sera affligé de douleur et de supplice par les siens.

  Continuant de décrire plus de 1200 ans auparavant ce qui s'avèrera être la Révolution française, Césaire avance que le peuple fera des lois de sa propre volonté, et ensuite l'aigle [Napoléon] volera par le monde, et se soumettra beaucoup de nations; mais le royaume de France sera envahi dans toutes ses parties, et restera presque détruit. Beaucoup de nations seront ébranlées par de nouvelles constitutions, mais elles resteront et régneront suivant leurs anciennes. Les nations voisines de la France seront tristement combattues par l'Arménie, la Germanie, la Phrygie et la Décie. Les Français s'empareront de toutes, ils feront des camps les mieux fortifiés; les villes les plus puissantes et les plus terribles seront prises; elles soutiendront des combats; mais bientôt l'état du royaume sera changé par la justice divine.

  Les villes de France désolées, seront abandonnées, pillées et détruites; les biens et l'avantage de la république seront totalement mis dans le silence; la partialité et la singularité seront en vigueur : alors personne ne gardera la foi qu'il aura promise à son voisin, chacun cherchera à se tromper l'un l'autre; et il y aura dans tout le royaume une famine très cruelle. La gloire des Français sera changée parce que le roi sera humilié et privé de sa couronne. Le peuple la donnera à un autre, auquel elle n'appartiendra pas, mais un jeune captif recouvrera la couronne des lys, et détruira les enfants de Brutus, dans leur île, en sorte qu'il ne sera pas fait mention d'eux. Alors un pape, animé par l'esprit de Dieu, réformera l'église et les ecclésiastiques, à leur ancienne coutume de vivre. C'est ainsi qu'il n'y aura plus qu'une foi, et que tous les Français, réunis d'opinion, s'aimeront pendant longues années, conclut Césaire.

 

  Source : Magazine La France pittoresque n°38 d'après : Prophétie, écrite en 540 par Césaire, évêque d'Arles, mort en 542, et imprimée en 1525 paru en 1815. Ouvrage déposé à la bibliothèque Royale (Livre numérisé)

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 19:04

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 18:15

  Grégoire de Tours, sans qui on ne saurait pratiquement rien du  VIe siècle, témoigne de l'importance de la chevelure chez les rois francs. Assistant à l'exhumation de Clovis, décédé soixante-dix ans plus tôt, il reconnaît à la longueur de ses cheveux que c'était Clovis. Il ajoute que seule une part de ses cheveux, celle qui était sur la nuque, avait été rasée; le reste était intact, avec toutes les mèches. Il indique aussi que la chevelure royale est un point de ralliement. Ainsi, lorsque Bertoald, duc des Saxons, veut démoraliser les troupes franques, il annonce au cœur d'une bataille la fausse nouvelle de la mort de Clotaire. Le roi a une réplique  immédiate. En silence, il se montre à ses troupes et ôte simplement son casque : sa longue chevelure blonde le fait reconnaître de ses soldats, même de ceux qui ne l'ont jamais vu.
  Son frère Clodomir se fait lui aussi reconnaître par sa chevelure, mais par ses ennemis cette fois. Tombé à terre lors de la bataille de Vézeronce, les Burgondes, le prenant d'abord pour un noble, surent de qui il s'agissait lorsque son casque roula de sa tête et que se mit à flotter librement une abondante chevelure blonde. Clodomir fut mis à mort promptement.

  Chez les Francs, seuls les princes de sang royal portent les cheveux longs, ce qui leurClodion-le-chevelu-roi-merovingien vaut le surnom de rois chevelus. Dès le début de l'époque mérovingienne, dans la région de Thuringe, sur les bords du Rhin, il était de coutume que chaque bourg ou ville se choisisse un roi à longue chevelure pris dans la plus noble de leurs familles. Mérovée lui même, qui donna son nom à la première dynastie des rois francs, était le fils présumé de Chlodion " le chevelu. Ce signe extérieur de royauté sera respecté par les souverains qui se succédèrent durant cette période de l'histoire. Les conséquences furent bien souvent néfastes pour les futurs héritiers au trône. 

Le roi Clotaire Ier eut un fils nommé Gondovald qui dût partir en exil pour échapper à la mort. En l'an 577, il revint. " Une longue chevelure, selon l'usage de ceux qui sont de la race des rois francs, tombait sur ses épaules " dit le chroniqueur de l'époque. Gondovald se présenta auprès de son oncle Childebert 1er sans que rien de fâcheux ne lui arriva. Le géniteur, Clotaire, demanda à voir son enfant, mais avec de sombres desseins. Il lui fit aussitôt couper les cheveux, niant ainsi publiquement que le garçon était de lui. 

  À la mort de Clotaire, l'enfant fut accueilli à Paris; mais Sigebert (535-575}, autre fils du roi Clotaire, le fit capturer et livrer afin de lui couper de nouveau les cheveux et l'évincer ainsi du trône. Puis il l'envoya en exil dans la ville de Cologne. Mais Gondovald s'échappa et fuit en Italie en attendant des jours meilleurs, laissant croître sa chevelure. 

  Quelques années plus tard, il revint en France à la tête d'une armée. Cependant, il se fit sans cesse railler par les soldats ennemis qui lui criaient: " N'es-tu pas celui qui a été tant de fois exilé et privé de sa chevelure par les rois francs ? ".

  Afin de s’emparer du royaume de leur frère Clodomir, défunt, Clotaire et Childebert s’emparèrent de ses héritiers. Les deux plus grands (Théodebald et Gunther) âgés de 10 et 7 ans furent assassinés par leurs oncles. Le plus jeune Clodoald échappa au massacre, bien des années plus tard, il se fit tondre pour signifier qu’il renonçait à la royauté et devint abbé. Le sort réservé aux fils aînés de Clodomir paraît aujourd’hui bien cruel, cependant, était-il acceptable à l’époque mérovingienne, lorsque l’on était prince de sang, de se faire tondre le crâne ? Existait-il pire infamie ? Ne valait-il pas mieux mourir ?

 

  La loi salique punit sévèrement l'audacieux qui empoigne la chevelure d'un Franc, menaçant d'abîmer la chevelure ou d'en arracher des mèches. Un homme privé de ses cheveux est considéré comme un mutilé. Car si les cheveux longs sont le siège de la  puissance royale, la chevelure est celle de la puissance virile tout court. La tonsure par rasage est  avant tout une mesure d'humiliation. Les cheveux repoussant rapidement, la dégradation sociale se fait par la décalvation qui prive définitivement un homme de sa force ; s'il est roi, de sa capacité à régner.
Le supplice est fréquent Gondovald, à la fin de son aventure, est livré à la soldatesque qui, après l'avoir percé de lances, lui arrache les cheveux et la barbe. Paulus, duc wisigoth rebelle, vaincu, est aussi scalpé. C'est même une mesure de clémence. En effet, malgré la souffrance qu'elle induit, la décalvation n'entraîne que rarement la mort. Ce que l'on souhaite, c'est rompre le lien qui lie l'individu au divin, faire ainsi disparaître le réservoir de sa force mais aussi l'humilier aux yeux de la population.

  Pour l'opération, les Francs, ignorant les procédés de compression et de ligature, possédaient trois façons d'opérer : la coupe aux ciseaux, le dépouillement par plaies contuses frappées à coups de bâton orbes et affectant tout le crâne, enfin le scalp par arrachement plus ou moins complet du cuir chevelu. Cette opération est ingénieuse, simple et fort différente de celle des Indiens d'Amérique. La déchirure entraînant presque toujours une hémorragie, on cautérisait le cuir chevelu au fer rouge, ce qui provoquait des brûlures. Ainsi, les Francs avaient réalisé cette gageure: raser en défonçant, scalper non pas au couteau mais au bâton, tout en préservant la vie.Evariste-Vital Luminais (1822-1896) Le dernier des Mérovin                                                   Evariste Vital Luminais _  Le dernier des Mérovingiens

   Tandis que les guerriers, hommes libres, se rasent la nuque, et que les esclaves sont rasés entièrement, les Mérovingiens portent leur chevelure intacte qui retombe en longues boucles. Revêtus de ce diadème naturel, ils gardèrent jusqu'à l'expiration de la dynastie cet insigne de la royauté. Plus fidèle qu'une couronne, la chevelure reste attachée à la tête du prince, quand bien même celui-ci est décapité. Les « rois chevelus » sont donc autant de Samsons. On comprend dès lors la place que tient la chevelure dans la législation germanique. Dans la plupart des tribus, l'homme libre n'a pas d'autre signe extérieur de sa condition que sa chevelure.

 

  Les cheveux courts, à cette époque, étaient l'un des signes montrant que la personne se vouait à la vie religieuse. Moines, diacres, prêtres et évêques arboraient la tonsure, marque du passage des laïques à l’état ecclésiastique. 

La prêtrise n'était pas forcément une vocation. Elle pouvait prendre la forme d'une punition et d'une mise à l'écart du trône. Ainsi, Childebert II (570-596), roi d'Austrasie, de Bourgogne et d'Orléans, avait un fils qu'il envoya guerroyer pour soumettre le Poitou. Mais ce fut un échec militaire. De plus, le jeune prince fit un mariage que le roi n'approuvait guère. Childebert fit donc enfermer ce fils indésirable en prison, et il s'empressa de lui faire couper les cheveux, le chassant ainsi de la famille royale. Il lui fit endosser l'habit de clerc et l'obligea à devenir prêtre. 

En revanche, de longs attributs capillaires étaient un signe de déchéance chez les serviteurs de Dieu. Le prince Gondovald, précédemment cité pour s'être fait couper les cheveux contre son gré à de multiples reprises, fut, lors d'un de ses retours d'exil, hébergé par l'évêque de Cahors. Ce dernier fut excommunié pour avoir reçu dans sa maison celui qui se prétendait fils de roi. La condamnation était très sévère; mais en outre, l'évêque subit un châtiment supplémentaire: il lui rut interdit de couper ses cheveux et sa barbe durant trois années.

La tonsure des uns et la tradition des cheveux longs pour les autres fut d'ailleurs pérennisée sous les carolingiens, et ultérieurement.

 

Sources : http://www.histoire-en-questions.fr _ Fédération des archéologues du Talou et des régions avoisinantes http://fatra.talou.free.fr

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 17:33

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 15:28

  Childebert est né vers 497, il est le quatrième fils de Clovis[1], et le troisième garçon que Clotilde et Clovis aient eu ensemble. Son nom signifie en langue franque "combat(tant) brillant".Childebert-I

  À la mort de son père en 511, Childebert devint roi de Paris. Son royaume comprenait, outre la région parisienne, la Picardie, la future Normandie, le Maine, ainsi qu'une partie de la Charente et de la Gironde. (Voir carte ci-dessous)clo-clot-chil-thie

  Entraîné à la guerre et au combat depuis son enfance, en 523, Childebert se joignit sans hésitation à Clotaire et Clodomir qui avait monté une expédition punitive à l'encontre du roi burgonde Sigismond, oncle de Clotilde, qui avait fait assassiner son fils Sigeric. Le but de cette attaque en réalité, était moins de venger leur cousin que de s'emparer de la Burgondie.

  Rapidement vaincus, Sigismond et son frère Gondomar s'enfuirent, abandonnant le royaume aux mains des Francs. Childebert n'ayant pas de frontière commune avec la Burgondie laissa à ses frères, et plus particulièrement à Clodomir, instigateur de cette campagne, le soin de prendre possession des terres conquises. Les frères trouveraient bien par la suite le moyen de se partager le butin !

  Mais le roi Ostrogoth d'Italie, Théodoric le Grand, ne désirant pas voir les Francs s'installer aux portes de son royaume, fournit des troupes à Gondomar afin que celui-ci reprenne possession du royaume. Les principales villes burgondes, fraîchement conquises n'étaient pas suffisamment gardées, aussi, quelques mois après avoir connu la défaite, les Burgondes prirent leur revanche; ce que Childebert et Clotaire ne manquèrent pas de reprocher à Clodomir.

 

  Ne voulant pas en rester là, en 524, Clodomir lança en compagnie de son frère Thierry, une seconde expédition contre les Burgondes. Mais en juin de cette année, aux environs de l'actuel village de Vézenonce (Isère), Clodomir trouva la mort.

  Le royaume de Clodomir devait donc être partagé entre ses trois enfants, bien que ceux-ci fussent encore trop jeunes pour régner. Childebert qui souhaitait récupérer les terres de Clodomir, ou tout au moins une partie de celles-ci, invita Clotaire à Paris afin d'élaborer un accord. Deux options furent retenues : supprimer les enfants, ou leur raser la tête, ce qui signifierait que ceux-ci renoncent à leur droits. La deuxième solution elle était la moins cruelle, cependant, arrivé à l'âge adulte, les héritiers de Clodomir risquaient de poser des problèmes à leurs oncles. Childebert et Clotaire décidèrent donc de se débarrasser d'eux définitivement.

  Clotilde qui avait recueilli Théodebald, Gunther et Clodoald, reçut un message de Childebert et Clotaire, l'invitant à leur faire parvenir les enfants afin de proclamer leur royauté. Mais dès qu'ils furent arrivés, Clotaire assassina l'aîné, Théodebald, d'un coup de couteau dans l'aisselle. Épouvanté, Gunther se jeta aux pieds de Childebert qui, choqué faillit céder aux suppliques de son neveu, mais Clotaire lui fit remarquer qu'il était à l'origine de l'entreprise. Childebert rejeta alors Gunther contre Clotaire qui l'égorgea. Clodoald resta en vie parce qu'il parvint à s'enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, il devint par la suite abbé de Nogent-sur-Seine, lieu qui prit ensuite le nom de Saint-Cloud. Ayant préféré renoncer à la royauté plutôt qu'à la vie, il se fit tondre les cheveux.

  Clotaire et Chidebert se partagèrent alors le royaume de Clodomir, c'est ainsi que Childebert devint roi d'Orléans.ChildebertIer-Gravure-1836

  En 517, afin de celer la paix entre les héritiers de Clovis et les Wisigoths, le roi franc avait donné sa fille unique en mariage à Amalaric.

   Ce mariage était aussi une bonne affaire pour Amalaric, car Clotilde lui apportait un douaire d’une grande valeur : la moyenne vallée de la Garonne avec Toulouse, ancienne capitale des rois wisigoths. Clotilde qui avait été solidement éduquée par sa mère dans la foi catholique, manifesta sa réticence devant cette union avec un arien ; aussi, pour calmer ses craintes, ses frères firent signer à l’époux une déclaration par laquelle il s’engageait à respecter la pratique religieuse de sa femme.

  Amalaric fut quelque temps fidèle à sa promesse. Mais, poussé par son entourage, il décida d’entreprendre la conversion de la jeune Clotilde à l’arianisme. Il commença lui-même, par des discours, à tenter de la convaincre d’adhérer à sa religion, puis il la fit catéchiser par les évêques ariens, qui n’obtinrent pas plus de succès. Lasse, Clotilde réclama à son époux de la laisser tranquille. Ne pouvant réussir sur le terrain théologique, Amalaric passa à la persécution. Ce furent des menaces, puis les mauvais traitements. Quand la reine se rendait à l’église catholique, elle recevait de la boue et des immondices lancés par des sujets postés sur son chemin. Elle continua malgré tout à fréquenter assidûment la maison du Christ. Le roi irrité de cette résistance, en vint aux coups ; au point qu’en 531, elle put envoyer à Childebert, par un messager sûr, un linge maculé de son sang.

    Le message parvint à Childebert alors que celui-ci se trouvait en Auvergne, région récemment conquise par son frère Clotaire. Arcadius, un notable un peu fourbe, avait fait savoir au roi de Paris que les habitants de la région seraient favorables à ce que leur province passe sous son contrôle. Or, une rumeur annonçant la mort de Clotaire lors d’une campagne qu’il menait en Thuringe, parvint aux oreilles de Childebert. Ce-dernier se rendit donc en pays Arverne où, avec la complicité d’une partie de la population, il se rendit maître d’Averna (Clermont).

  Childebert n’eut guère le temps de profiter de sa conquête puisqu'il apprit immédiatement que son frère n’était pas mort, qu’il avait triomphé des Thuringiens, et qu’il se dirigeait maintenant vers l’Auvergne. Ne souhaitant pas affronter Clotaire, Childebert avait commencé à quitter les lieux lorsque l’appel à l’aide de sa sœur lui fut remit.

  Il n’hésita pas une seconde : il devait aller au secours de Clotilde. D’abord parce qu’elle était sa sœur, ensuite parce que son persécuteur était un hérétique ; enfin, parce que ce méchant personnage détenait un territoire des Gaules.

  Quand Amalaric apprit qu’une armée franque était en marche vers Narbonne, il prit peur. S’il éprouvait de la bravoure à frapper une femme, il ne tenait nullement à affronter des guerriers. Il ne prépara aucune résistance militaire : il ordonna d’appareiller une flotte qui les transporterait lui et les siens en Espagne.

  Mais arrivé au vaisseau qui devait l’emporter, il constata avec effarement qu’il avait oublié ce qu’un roi barbare n’oubliait jamais : son trésor. Il retourna immédiatement dans sa capitale. Les Francs n’y avaient pas encore pénétré. Alors sans envoyer d’éclaireurs pour savoir s’ils approchaient, il courut, avec quelques serviteurs dévoués, jusqu’à son palais. Mais tandis qu’il emportait un coffre rempli d’or et de pierreries, un cri retentit :

_ Childebert est à Narbonne !

  Il fallait fuir au plus vite, et tant pis pour le trésor. Dans la plus grande confusion, livré à lui-même, Amalaric ne savait où se cacher. Dans les rues, les guerriers francs seFramee faisaient de plus en plus nombreux, cherchant les lieux propices au pillage. Terrorisé, le roi Wisigoth se dirigea, comble de l’ironie, vers l’église catholique, afin de s’y réfugier. Mais avant qu’il ait atteint son objectif, un leude qui l’avait reconnu, le transperça de sa framée. C’est du moins ce que raconte la chronique de Saragosse, qui met ainsi la mort du dernier roi de la dynastie amale au compte de ses ennemis. Mais dans son Histoire des Goths, Isidore de Séville, s’appuyant sur d’autres sources raconte que les compagnons d’armes d’Amalaric, voyant le roi fuir lâchement au lieu de combattre, le massacrèrent.

  Rendu maître de la ville, Childebert fit main basse sur le fameux trésor des rois wisigoths. Clotilde était libre, mais bien mal en point. La princesse prit place dans un chariot qui fit route en direction de Paris. Hélas, bien qu’elle fût entourée de tous les soins et de toutes les attentions, Clotilde épuisée, usée par les mauvais traitements, s’éteignit avant d’être parvenu à destination. Childebert ramena son corps jusqu’à Paris, où il l’a fit inhumer dans la grande basique Saint-Pierre, où leur père reposait, auprès de Sainte Geneviève.

 

  En 532, en accord avec ses frères, Childebert repartit en guerre contre le nouveau roi de Burgondie, Godomar III.

  Il assiégea Autun, la prit, et enferma à jamais Godomar III. Et en 534, Clotaire Ier, Théodebert, fils de Thierry et Childebert prirent l’intégralité du royaume burgonde, sur lequel, ils co-régnèrent.

  La même année, Thierry malade, mourut. Childebert fut tenter de récupérer le royaume de son demi-frère, mais Théodebert, soutenu par ses leudes, réussit à conserver son royaume et calma l'avidité des ses oncles par de grandes donations. 

 

  En 542, accompagné de Clotaire, Childebert prit Pampelune en Espagne, et fit le siège de Saragosse. Ce fut un échec, mais il rapporta de cette expédition l'étole de saintChildebert consacre une basilique Vincent, en l'honneur de qui il fit bâtir une église.

  Childebert mourut le 13 décembre 558, jour choisi pour la dédicace solennelle de la basilique Saint-Vincent et Sainte-Croix, appelée ensuite Saint-Germain-des-Prés, qu'il avait fondée pour glorifier les reliques de saint Vincent de Saragosse. On n'ajourna pas la cérémonie, qui fut en même temps, fait unique, celle des funérailles du roi. L'évêque Germain officiait au maître-autel entouré de six autres évêques et la dépouille de Childebert fut inhumée dans le caveau qui l'attendait et qu'il avait lui-même désigné.

 

 Clotaire s'empara de son royaume et fit main basse sur le Palais de la Cité à Paris où se trouvaient les trésors royaux et la famille du défunt. Il condamna alors Ultrogothe, l’épouse de Childebert, ainsi que ses deux filles à l'exil, d'après Grégoire de Tours.

  Toutes trois reposent également en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

 

 

 [1] Le premier : Thierry avait pour mère une princesse franque, rapidement décédée. Le deuxième, le premier avec Clotilde : Ingomer, meurt peu après sa naissance. Puis viendront : Clodomir, Childebert, Clotaire et une sœur, Clotilde.

 

Source : Grégoire de Tours, Histoire des Francs _ Ivan Gobry, Clotaire Ier - éd. Pygmalion _

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 12:49

Première partie cliquez ici

 

  Les lieux en hauteurs


  Le sanctuaire de Donon[1] offre deux caractéristiques majeures des lieux liés ou consacrés à Mercure : la proximité avec les routes et un point situé en hauteur. Comme Lugus, Odin était honoré sur les hauteurs. Dans l’Angleterre anglo-saxone, les anciens toponymes indiquent que Woden était associé aux collines et tumulus artificiels. Cette dernière caractéristique se vérifie aisément, en Gaule mais aussi en Irlande avec le dieu Lug (la plupart des célébrations de Lugnasad – fêtes en son honneur – ont lieu sur des hauteurs).

  En Gaule romaine, les temples dédiés à Mercure s’élevaient sur des sommets même si les divinités étaient fréquemment honorées sur ce type de lieu. À la période de la Gaule indépendante, les sanctuaires occupaient d’ailleurs souvent une position dominante, sur le versant ou au sommet d’une colline, sur un éperon ou plus simplement sur une légère éminence "; par exemple les sanctuaires localisés dans le nord de la France se trouvaient dans leur grande majorité sur les plateaux et toujours sur des points culminants.

  Le premier type d’indices qui associent Mercure aux lieux en hauteur concerne la série des toponymes en lugdunum, dont les plus célèbres sont Lyon et Saint-Bertrand-de-Comminges (Haute-Garonne). Ce nom signifie « Forteresse de Lugus » et le second élément de ce composé (d num) a littéralement le sens de « hauteur, colline », ce qui donne à penser que les toponymes étaient appliqués à des endroits situés en hauteur. C’est notamment le cas à Lyon, puisque le lieu supposé de sa création est la colline de Fourvière, ce point élevé où se dressait auparavant un sanctuaire gaulois. Les lieux appelés Lugdunum étaient donc certainement dédiés à Lugus, ce dieu qui est devenu par la suite le Mercure gallo-romain.

  Le second type d’indices concerne les représentations de Mercure retrouvées sur des hauteurs. Le Mercure des Arvernes exécuté par Zénodore[2] se trouvait probablement sur le Puy-de-Dôme. D’autres exemples sont notables : on rendait culte à Mercure au Montmartre, près d’Avallon (Yonne), au mont de Sene, au mont Saint-Jean en Bourgogne, ou encore au mont Mercure (Côte d’or) qui domine le village de Barjon, situé dans l’ancien territoire des Lingons. Dans les Vosges, le temple du Donon se situe sur une hauteur. Dans cette région Mercure a remplacé l’ancienne divinité topique indigène Vosegus, éponyme des Vosges.

  Dans la Gaule chrétienne, le culte de saint Michel a sans doute succédé à celui de Mercure-Lugus. De nombreux sanctuaires situés en hauteur ont été christianisés par la construction d’une chapelle dédiée à saint Michel. C’est le cas dans le village vendéen de Saint-Michel-Mont-Mercure, où l’église dédiée à saint Michel a pris la place d’un temple consacré à Mercure.

  L’association entre Mercure et les hauteurs ne fait guère de doute. Elle peut sans doute s’expliquer en partie par sa fonction d’organisateur de l’espace. Un sommet est un lieu qui permet d’avoir une position stratégique de premier ordre, comme en cas de menace d’attaque. Il sert également de point de repère ou de point de départ à l’organisation du territoire environnant. Ce n’est certainement pas un hasard si de nombreuses oppida celtiques – c’est-à-dire ces villes fortifiées qui faisaient office de centres religieux, administratifs et économiques – étaient construits sur des hauteurs, comme Bibracte chez les Eduens, Vully chez les Helvètes ou Závist chez les Boïens.

TempleMercure profil

  Sanctuaires, frontières et routes


   En Gaule (mais aussi en Irlande), les lieux en hauteur ont une grande importance d’un point de vue religieux et stratégique. Cela se vérifie par plusieurs exemples. En Gaule une centaine de sanctuaires pouvaient être situés à proximité de la frontière de deux ou trois cités.  Ces limites restent approximatives – elles sont généralement restitués à partir des limites des anciens diocèses, ce que la prospection aérienne a permis de confirmer. En Picardie, nombre de sanctuaires laténiens[3] situés en hauteur se trouvent aux confins des territoires des différents peuples ; mieux, beaucoup d’entres eux se trouvent le long de chemins anciens, dont le tracé à généralement été repris par une voie romaine.

  L’épithète de Mercure, Finitimus, « Protecteur des frontières » atteste bien le lien existant entre celui-ci  et les frontières. Autre indice, les lieux dédiés à Mercures sont régulièrement situés sur des limes ou au carrefour des territoires de deux ou trois peuples. Ainsi le Donon se trouvait aux confins des cités des Médiomatriques, des Triboques, et des Leuques. Lyon était à la frontière des Ségusiaves, des Allobroges et des Ambarres ; suite à la conquête romaine, le nouveau découpage de la Gaule à placé cette ville à porté des quatre provinces gauloises (Lyonnais, Aquitaine, Belgique et Narbonnaise). Un autre Lugdunum antique, Lion-en-Sullias (Loiret) se trouvait à proximité de la frontière des Carnutes, des Sénons et non loin des Bituriges. En outre, Lion-en-Sullias pourrait se trouver dans la zone du fameux locus consecratus de César, où les druides gaulois se réunissaient tous les ans.

  Dans la Nièvre, la ville d’Entrains est particulièrement intéressante car ce centre religieux, renommé à l’époque gallo-romaine, où l’on honorait plus particulièrement Mercure, est situé sur un promontoire, et était un nœud routier, où passaient au moins six voies importantes (routes dirigées vers Auxerre, Clamecy et Autun, Saint-Révérien et Autun, Mesves et Clermont, Cosne et Bourges, Briare et Orléans). Une position stratégique qui lui a permis de se développer, sur une zone limitrophe entre les Éduens et les Sénons.


  Lorsque les Celtes se sont installés sur le territoire devenu ensuite la Gaule, la réelle délimitation  de l’espace s’est sans doute réalisée par la création des sanctuaires ; le choix du point de départ pour leur implantation ne devait ainsi rien au hasard. Cette première étape, qui marquait le début de l’organisation de l’espace, s’est déroulée en un lieu susceptible d’être consacré à Mercure.

  Ces sanctuaires gaulois peuvent donc être définis selon trois éléments principaux : présence d’un lieu en hauteur, de frontière et de routes. Or, toutes ces caractéristiques se retrouvent chez le Mercure gallo-romain. Ce dieu est  ainsi associé à des lieux qui servent de point de départ à l’établissement d’une communauté humaine.

  La documentation faisant défaut, il serait néanmoins ambitieux de prétendre que Mercure patronnait l’ensemble de ce type de sanctuaires.

 

  Le temple de Mercure - Dumias :

 


 

   
Le temple de Mercure (Puy de Dôme)

 

[1] et [2] Voir 1ère partie

[3] Laténien (adjectif de la Tène) second âge du fer qui correspond à la période du Vè siècle avant Jésus-Christ, au début de l'ère chrétienne et qui marque la fin de la Protohistoire.


Source : Histoire Antique N° 39

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 10:46

  En 324, l'empereur Constantin Ier, vainqueur de Lucinius à Andrinople rétabli l'unité de l'Empire romain. Se rendant en Orient, il constate un grand nombre de dissensions au sein du christianisme. Il prend donc la décision l'année suivante, de réunir un concile àConcile-Nicée Nicée (Turquie actuelle). Le concile de Nicée réunit des représentants de presque toutes les tendances du christianisme, il est considéré comme étant le premier concile œcuménique[1] bien qu'il ne s'agisse pas du premier concile à proprement parler. Cependant, les précédents conciles réunissaient un nombre bien plus restreint d'évêques, venant de régions moins éloignées les unes des autres (concile de Rome en 313, concile d'Arles en 314).

  Lors du concile, une définition de la foi est rédigée, sous la forme d'un symbole (c'est-à-dire d'une formule de foi). Elle sera complétée au concile de Constantinople en 381, pour devenir le «Symbole de Nicée-Constantinople» ou «Credo» (du latin, "je crois"). 

  L'adoption du Credo est un symbole d'unification du christianisme, on défini aussi de cette façon qui sont les vrais chrétiens; et les vrais chrétiens croient fermement, totalement et sincèrement tout ce qui est dit dans le Credo :


« Nous croyons en seul Dieu, Père Tout-Puissant,

créateur de tous les êtres visibles et invisible ;

et en un seul Seigneur  Jésus Christ,

le Fils de Dieu, engendré du Père, unique engendré,

c'est-à-dire de la substance du Père, Dieu de Dieu,

lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu,

engendré non pas créé,

consubstantiel au Père,

par lui tout a été fait.

Ce qui est dans le ciel et ce qui est sur la terre,

qui à cause de nous les hommes,

et à cause de notre salut est descendu et s'est incarné,
s'est fait homme,

a souffert et est ressuscité le troisième jour,

est monté aux cieux,

viendra juger les vivant et les morts ;

et [nous croyons aussi] en l'Esprit-Saint.

Amen

 

  Ceux qui, comme le prêtre libyen d'origine berbère : Arius, ne reconnaissent pas le Credo comme leur profession de foi sont excommuniés.

 

  Le Credo est donc l'une des principales prières des catholiques du royaume de France, cependant, faible est la partie de la population sachant lire. Or, le peuple a peur de mal réciter les prières, il considère que la moindre erreur lors de la récitation d'une prière rend celle-ci nulle. Il est donc preferable de laisser à ceux qui sont instruits (les clercs) le soin de dire les prières.

  Dès le Vè siècle, les rois et les seigneurs les plus riches créent des monastères, des communautés religieuses, des prieurés où des clercs prient pour eux, pour leur famille et pour leurs morts - pour tous leur lignage. Fonder des monastères est d'ailleurs considéré comme le plus bel acte de dévotion que l'on puisse faire quand on en a les moyens.

 

[1] Concile qui réunit tous les évêques des diverses Églises.

Image : Icône du premier concile de Nicée (fêté le dimanche après l'Ascension). Au premier plan, l'évêque saint Spyridon s'exprime devant le concile et confond Arius. Derrière lui, préside à gauche (à droite de l'autel) le représentant de l’évêque de Rome, et en seconde place, à droite, la puissance invitante, l'empereur Constantin.

 

Source : L'Histoire N° 305

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:43

  La fabrication des tissus est une activité artisanale qui fut assez bien décrite par certains auteurs antiques. Par leurs textes, nous savons que les Celtes tissent des tissus de tous types, en laine, en chanvre, et en lin. Ils pratiquent la teinture – par exemple avec la pourpre d’airelle – et imitent la pourpre tyrienne avec des herbes.

  Ces professions fabriquent des étoffes et des tissus pour les vêtements, l’ameublement, les voiles de navires, la literie, les couvertures, et des sacs de toiles pour conserver, filtrer, porter… Le choix de la grosseur des fils de trame et de chaîne donnera légèreté ou épaisseur au tissu. Chaque couleur a sa navette. Le jeu de couleur des fils de chaîne et de trame reproduit des décors géométriques ou stylisés. La qualité, l’intérêt de l’étoffe vient du choix, du mélange et de la qualité des matériaux utilisés et de la façon de tisser : lâche, serrée, avec bouclettes ou poils, sur une ou deux faces.

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  Les tissus sont de couleur unie ou bariolée. Les tissus décorés nous sont connus des le Hallstatt grâce à leur conservation des les oxydes métalliques. Le tissu à carreaux, dont l’héritier est le plaid écossais, est une invention gauloise. Le chatoiement de couleur obtenu grâce aux teintures égaie les vêtements, les tentures et les autres pièces d’ameublement. Les spécialistes des tissus ont observé et confirmé les écrits antiques sur le goût des Gaulois pour les couleurs vives. Ils ont retrouvé des traces de verts, violacé, rouge, orangé et brun. Cependant, c’est l’établissement de la liste des plantes tinctoriales du domaine tempéré européen et l’expérimentation des techniques qui a permis de mieux connaître les savoir faire des peuples celtiques. Deux techniques pour teindre sont utilisées, l’une à chaud, l’autre par fermentation.metier-tisser-gaulois2

  Le tissage sur métier à poids vertical se pratique dès le Néolithique final. Quant au métier dit « circulaire » où les fils verticaux sont liés aux extrémités et tendus par deux traverses, il apparait à l’âge du fer et devient courant à l’époque romaine.

  Les métiers à tisser sont en bois, et laissent comme trace les poids en argile du métier vertical. L’activité de tissage s’exerce dans l’habitat ou dans des petites constructions annexes, souvent excavées. On ignore s’il s’agit d’un travail uniquement domestique ou s’il existait des ateliers de production de série.

 

 

Source : Dossiers d'Archéologie N° 335

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