Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 août 2011 2 16 /08 /août /2011 00:44

   Certains peuples germaniques ont tenu un rôle très important dans l'histoire de notre pays. Les Wisigoths occuperont une partie du sud-ouest de la Gaule pendant un siècle ; les Burgondes fondèrent le premier royaume de Bourgogne ; les Francs nous donnèrent Clovis, premier roi de France...

  Des hommes, des lois, des coutumes, des mots... mais qui étaient ces Germains ?

  Voici la première partie d'un docu-fiction diffusé sur la chaîne Arte :

 


 

  2ème partie de cette docu-fiction sur le blog Scripta manent

Partager cet article
Repost0
15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 16:07

   Une équipe d'archéologues dirigée par l'Italien Francesco d'Andria a affirmé avoir retrouvé à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans l'ouest de la Turquie, la tombe de SaintApostle Philip on St.Isaac cathedral (SPb) Philippe, l'un des douze apôtres de Jésus-Christ, rapporte l'agence Anatolie.

  « Nous tentons de retrouver depuis des années la tombe de Saint Philippe (...) Nous l'avons finalement trouvée dans les décombres d'une église (de la zone) que nous avons mis au jour il y a un mois », a souligné l'archéologue qui travaille depuis plusieurs années en Turquie, précisant que la tombe n’avait pas encore été ouverte.

  « Un jour elle le sera sans doute. Cette découverte est d'importance majeure pour l'archéologie et le monde chrétien », s'est félicité l'archéologue.

  Originaire de Galilée, l'actuel Israël, Philippe fut l'un des disciples du Christ. Il serait parti évangéliser des régions d'Asie Mineure et aurait été lapidé puis crucifié par les Romains à Hiérapolis, en Phrygie.

   L'actuelle Pamukkale est un site touristique connu surtout pour ses eaux thermales et ses roches sédimentaires, les travertins blancs, d'où son nom qui signifie « château de coton » en turc.

 

En savoir plus sur le blog : Scripta manent

Partager cet article
Repost0
8 août 2011 1 08 /08 /août /2011 15:05

  Attila fut battu près de Troyes par le général romain Aetius en 451. Un siècle plus tard, l'historien goth de langue latine, Jordanès, a décrit le déroulement de cette terrible rencontre : la mêlée des peuples fut sanglante; de nombreux groupes germaniques étaient engagés dans les deux armées. Les Sarmates cantonnés en Gaule, tentèrent même de changer de camp. Le roi des Wisigoths mourrut au combat.


  Le tableau de Wilhelm von Kaulbach (ci-dessous), représente cette fameuse bataille dite des champs Catalauniques car elle se déroula chez les Catalaunes (Catalauni en latin), Gaulois de l'actuelle région de Châlons-en-Champgne.


   Les événements de la seconde moitié du Ve siècle devaient marquer durablement les traditions des pays germaniques. Attila, Gundahar, roi des Burgondes et Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, devinrent les héros légendaires de l'épopée médiévale des Niebelungen sous les noms d'Etzel, de Gunther et de Dietrich de Berne.


  Wilhelm von Kaulbach est un peintre allemand, né en 1804 et mort en 1874. L'évolution de Kaulbach, peintre d'histoire et illustrateur, fut déterminée par l'enseignement reçu en 1822 à l'Académie de Düsseldorf de Cornelius, qui lui vint en aide et l'emmena avec lui à Munich (1826).


  Le peintre reprend ici le thème de la chute des mauvais anges qui sont incarnés ici par les Huns.

   Attila, barbu, porté sur un pavois à la mode barbare (en haut à droite), et ses troupes chevelues, s'opposent au chef romain (à gauche en face d'Attila), placé sous la protection de la croix.

   

Wilhelm von Kaulbach 001

 

Franz Liszt écrivit un poème symphonique inspiré de l'œuvre picturale de Wilhelm von Kaulbach, en 1857, intitulé Hunnenschlacht (la Bataille des Huns). La première section de cet ouvrage, Tempestuoso, allegro non troppo, porte les instructions suivantes de la part du compositeur : « L'on devra s'efforcer de maintenir une couleur orchestrale très sombre, tous les instruments devant sonner comme des fantômes »


 

Sources : Les Mérovingiens - De Clovis à Dagobert, Françoise Vallet. éd. Gallimard _ Larousse.fr _ Wikipedia
Partager cet article
Repost0
7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 19:48

Diodore de Sicile est un historien et chroniqueur grec du Ier siècle avant Jésus Christ, né à Agyrium en Sicile au début de ce siècle. Il a vécut du temps de Jules César et d'Auguste, et est l'auteur de la Bibliothèque historique.

La Bibliothèque historique a été rédigée en grec, elle se compose à l'origine de 40 livres dont il n'en reste aujourd'hui que 15. Cette histoire universelle, c'est-à-dire qui s'attache à une histoire de l’humanité dans toutes les aires géographiques connues, couvre une vaste période, du commencement mythologique du monde à Jules César. Elle puise ses sources dans une multitude d'auteurs antiques que Diodore a compilés. Les écrits de Diodore de Sicile ne sont pas toujours le témoignage de ce qu’il a vu, mais parfois de ce qu’il a lu. De plus, à l’instar des journalistes de la grande presse française d'aujourd'hui, peut être a-t-il parfois écrit l’Histoire de façon à ce qu’elle plaise au pouvoir (Jules César), ce qui expliquerait certaines affirmations étonnantes !

 

Bibliothèque historique, Livre V :

 

(…)

XXVIII. Les Gaulois sont grands de taille ; ils ont la chair molle et la peau blanche : leurs cheveux sont naturellement blonds, et ils cherchent par des moyens artificiels à rehausser cette couleur : ils les lavent fréquemment avec une lessive de chaux, ils les retirent du front vers le sommet de la tête et la nuque, de sorte qu'ils ont l'aspect de Satyres et de Pans. Grâce à ces moyens, leurs cheveux s'épaississent tellement qu'ils ressemblent aux crins des chevaux. Quelques-uns se rasent la barbe et d'autres la laissent croître modérément, mais les nobles se rasent les joues, et laissent pousser les moustaches, de manière qu'elles leur couvrent la bouche. Aussi leur arrive-t-il que, lorsqu'ils mangent, les aliments s'y embarrassent, et, lorsqu'ils boivent, la boisson y passe comme à travers un filtre. Ils prennent leurs repas non pas assis sur des sièges, mais accroupis sur des peaux de loups ou de chiens, et ils sont servis par de très jeunes enfants de l'un et de l'autre sexe. A côté d'eux sont des foyers flamboyants, avec des chaudières et des broches garnies de quartiers entiers de viande. On honore les braves en leur offrant les meilleurs morceaux de viande. C'est ainsi que le poète nous montre Ajax honoré par ses compagnons, après qu'il eut seul combattu et vaincu Hector : «Le roi fait honneur à Ajax du dos entier de la victime». Les Gaulois invitent aussi les étrangers à leurs festins ; et, après le repas, ils leur demandent ce qu'ils sont et ce qu'ils viennent faire. Souvent, pendant le repas, leurs discours font naître des querelles, et, méprisant la vie, ils se provoquent à des combats singuliers. Car ils ont fait prévaloir chez eux l'opinion de Pythagore, d'après laquelle les âmes des hommes sont immortelles, et chacune d'elles, s'introduisant dans un autre corps, revit pendant un nombre déterminé d'années. C'est pourquoi, pendant les funérailles, ils jettent dans le bûcher des lettres adressées à leurs parents décédés, comme si les morts les liraient.

XXIX. Dans les voyages et les combats, ils se servent de chars à deux chevaux, portantchar-gaulois2 un conducteur et un guerrier. Ils dirigent, dans les guerres, leurs attaques contre les cavaliers, lancent le saunium et descendent ensuite pour combattre l'ennemi à l'épée. Quelques-uns d'entre eux méprisent la mort au point de s'exposer nus et n'ayant qu'une ceinture autour du corps. Ils emmènent avec eux des serviteurs de condition libre, choisis dans la classe des pauvres, ils les emploient, dans les combats, comme conducteurs et comme gardes. Avant de livrer bataille, ils ont coutume de sortir des rangs et de provoquer les plus braves des ennemis à un combat singulier, en branlant leurs armes pour effrayer leurs adversaires. Si quelqu'un accepte le défi, ils chantent les prouesses de leurs ancêtres et vantent leurs propres vertus, tandis qu'ils insultent leurs adversaires et les appellent des lâches. Aux ennemis tombés, ils coupent la tête et l'attachent au cou de leurs chevaux. Ils donnent à porter à leurs serviteurs les dépouilles tachées de sang, et chantent le péan et l'hymne de la victoire. Ils clouent ces trophées aux maisons, ainsi que d'autres le font à l'égard des animaux pris à la chasse. Quant aux têtes des ennemis les plus renommés, ils les embaument avec de l'huile de cèdre et les conservent soigneusement dans une caisse. Ils les montrent aux étrangers en se glorifiant que leurs pères eux-mêmes n'ont pas voulu donner ces trophées pour beaucoup d'argent. On dit que quelques-uns d'entre eux, montrant une fierté sauvage, se sont vantés de n'avoir pas voulu vendre une tête contre son poids d'or. Mais si, d'un côté, il n'est pas noble de mettre à prix les insignes de sa bravoure, de l'autre, il est sauvage de faire la guerre aux morts de même race.

XXX. Les Gaulois portent des vêtements singuliers ; ils ont des tuniques bigarrées degaulois2 différentes couleurs, et des chausses qu'ils appellent bragues. Avec des agrafes, ils attachent à leurs épaules des saies rayées, d'une étoffe à petits carreaux multicolores, épaisse en hiver, et légère en été. Ils ont pour armes défensives des boucliers aussi hauts qu'un homme, et que chacun orne à sa manière. Comme ces boucliers servent non seulement de défense, mais encore d'ornement, quelques-uns y font graver des figures d'airain en bosse, et travaillées avec beaucoup d'art. Leurs casques d'airain sont garnis de grandes saillies et donnent à ceux qui les portent un aspect tout fantastique. A quelques-uns de ces casques sont fixées des cornes, et à d'autres des figures en relief d'oiseaux ou de quadrupèdes. Ils ont des trompettes barbares, d'une construction particulière, qui rendent un son rauque et approprié au tumulte guerrier. Les uns portent des cuirasses de mailles de fer ; les autres, contents de leurs avantages naturels, combattent nus. Au lieu d'épées, ils ont des espadons suspendus au flanc droit par des chaînes de fer ou d'airain. Quelques-uns entourent leurs tuniques de ceintures d'or ou d'argent. Ils se servent aussi de piques qu'ils appellent lances, dont le fer a une coudée de longueur, et près de deux palmes de largeur ; le fût a plus d'une coudée de longueur. Leurs épées ne sont guère moins grandes que le javelot des autres nations, et leurs saunies ont les pointes plus longues que leurs épées. De ces saunies, les unes sont droites et les autres recourbées ; de sorte que, non seulement elles coupent, mais encore déchirent les chairs, et en retirant le javelot, on agrandit la plaie.

XXXI. Les Gaulois sont d'un aspect effrayant ; ils ont la voix forte et tout à fait rude ; ils parlent peu dans leurs conversations, s'expriment par énigmes et affectent dans leur langage de laisser deviner la plupart des choses. Ils emploient beaucoup l'hyperbole, soit pour se vanter eux-mêmes, soit pour ravaler les autres. Dans leurs discours ils sont menaçants, hautains et portés au tragique ; ils sont cependant intelligents et capables de s'instruire. Ils ont aussi des poètes qu'ils appellent bardes, et qui chantent la louange ou le blâme, en s'accompagnant sur des instruments semblables aux lyres. Ils ont aussi des philosophes et des théologiens très honorés, et qu'ils appellent druides. Ils ont aussi des devins, qui sont en grande vénération. Ces devins prédisent l'avenir par le vol des oiseaux et par l'inspection des entrailles des victimes ; tout le peuple leur obéit. Lorsqu'ilssacrifice-gaulois consultent les sacrifices sur quelques grands événements, ils ont une coutume étrange et incroyable : ils immolent un homme en le frappant avec un couteau dans la région au-dessus du diaphragme ; ils prédisent ensuite l'avenir d'après la chute de la victime, d'après les convulsions des membres et l'écoulement du sang ; et, fidèles aux traditions antiques, ils ont foi dans ces sacrifices. C'est une coutume établie parmi eux que personne ne sacrifie sans l'assistance d'un philosophe ; car ils prétendent qu'on ne doit offrir des sacrifices agréables aux dieux que par l'intermédiaire de ces hommes, qui connaissent la nature divine et sont, en quelque sorte, en communication avec elle, et que c'est par ceux-là qu'il faut demander aux dieux les biens qu'on désire. Ces philosophes ont une grande autorité dans les affaires de la paix aussi bien que dans celles de la guerre ; amis et ennemis obéissent aux chants des bardes. Souvent, lorsque deux armées se trouvent en présence, et que les épées sont déjà tirées et les lances en arrêt, les bardes se jettent au-devant des combattants, et les apaisent comme on dompte par enchantement les bêtes féroces. C'est ainsi que, même parmi les Barbares les plus sauvages, la colère cède à la sagesse, et que Mars respecte les muses.

(…)

Partager cet article
Repost0
5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 18:00

  Jean-Claude Golvin est architecte, archéologue et chercheur attaché au CNRS à l'université de Bordeaux III Michel de Montaigne, né en 1942.

  Passionné par le dessin et la BD, l’architecture et son histoire, il a découvert sa voielivre-golvin1 dans les années 70 : l’archéologie.

  En 1976, en mission à Karnak en Égypte pour le compte du CNRS qu’il vient d’intégrer, il réalise ses premières reconstitutions en aquarelle, qui apportent un sens aux paysages en ruines.

 

  Expliquez-nous quelles sont les étapes de votre travail quand vous élaborer la reconstitution d’un site antique.

  Mon travail est simple. Il s’agit de montrer la représentation en image d’une ville ou d’un monument tel que j’aurais pu le voir au moment de son achèvement si j’avais vécu dans l’Antiquité. Tout d’abord je me rends à l’emplacement du site en question, je m’y promène et, bien sûr, je demande un maximum de renseignements aux équipes qui ont participé aux fouilles. Au début d’un projet, il faut réaliser un gros travail de collecte des informations, tout étudier. Ensuite, je réalise des croquis avec des indications, des précisions. Puis, lors de la phase suivante, sur ma table de travail, jeVue antique orange par golvin commence le dessin au crayon. Je travaille dans mon atelier en musique. Au moment où je commence cette partie, le dessin achevé est très clair dans ma tête. Le projet a pris le temps de mûrir après la lecture et l’étude du dossier. Je gomme, je crayonne, je recommence, puis je passe à l’encre pour tout finaliser. Le dessin est là, présent, mais il faut maintenant que je le laisse reposer. Quelque temps plus tard, j’y reviens et j’apporte souvent des petites corrections, des modifications de détails. Enfin, je peux le peindre. J’applique sur le fond une couleur café, puis je peins le ciel, la mer éventuellement, le paysage et je me rapproche du cœur du dessin. Le dernier travail de la couleur est celui de la mise en place des ombres du soleil. Cela finalise le dessin, lui donne vie.


 

  Comment pouvez-vous connaître tous les détails visibles dans vos reconstitutions ?

  Au début de mon travail, parfois encore un peu maintenant, je dois expliquer aux chercheurs et aux archéologues ma démarche. Je prends toutes les connaissances disponibles sur un site et, avec, je réalise un modèle théorique de base.

  En tant qu’architecte, je sais ce qui peut fonctionner ou pas et, en tant qu’archéologue,forum-lutece-4-siecle j’utilise le résultat des fouilles. Certains endroit ne seront jamais fouillé, des choses ont disparu à jamais, moi je me permets de voir une image de ce que cela pouvait être. Je donne ma vision personnelle, mais elle est le résultat d’une somme de connaissances, pas celle d’un artiste peintre. Lorsque des personnes sont très critiques, je leur dis : « Regardez au loin cet arbre, qu’est-ce que c’est ? – C’est un olivier. Et cet autre ? – C’est un pin. Vous les reconnaissez de loin, même si le vent a fait tomber les branches ou les feuilles, ils restent un pin et un olivier. Vous les avez reconnus dans leur ensemble. » C’est pareil pour les villes et pour les monuments que je restitue.

  Le lecteur de l’image doit tout de suite voir le message, ce qui est important dans l’image. Que ce lecteur soit un scientifique ou un jeune collégien ! Dans mes représentations des détails sont imaginés, mais tous sont cohérents et tout peut fonctionner sur les plans archéologiques, esthétique et de l’architecture.


 

  Est-il possible de reconstituer n’importe quel site ?

  Je suis un peu comme un enquêteur qui doit dessiner un portrait-robot, il me fautth-lillebonne-golvin impérativement des éléments déterminants. Sans eux, il me manquerait trop de cho  ses, le portrait-robot ne serait pas fiable. Ces éléments sont, pour une ville, par exemple : la topographie et le paysage (montagne, colline, végétation…), le contour de la ville (enceinte, fleuve…), le tracé de la ville (les voies de circulation), la forme des édifices publiques et la position des édifices les uns par rapport aux autres. Tous ces éléments correspondent à la forme du visage, au nez, aux yeux et à la bouche de mon portrait-robot. Avec tout cela, je peux réaliser quelque chose de fiable. Ces déterminants sont la structure du dessin. Mais même si les informations archéologiques sont incomplètes, l’on sait qu’une ville romaine d’une certaine importance comptait toujours des thermes et un forum. Ces données permettent alors de continuer le dessin au-delà des strictes connaissances. 


 

  Dans les musées, les restaurateurs font désormais bien apparaître les parties manquantes des objets archéologiques, ils ne refont pas « à l’identique » pour ne pas tromper le visiteur en présentant des objets complets qui ne le sont plus en réalité. Pourquoi n’adoptez-vous pas cette pratique dans vos aquarelles ?

  Moi, je ne travaille pas sur un vestige antique. Mon travail est de donné ma vision de quelque chose. En outre, par des astuces de dessinateur, je sais orienter le regard du lecteur de mon image vers les points important de ce qu’il doit voir et retenir. L’ensemble des détails permet de donner une vie, une cohérence à l’ensemble. Enfin, si les connaissances évoluent suite à des découvertes, il est toujours possible de modifier une aquarelle. Chacune d’elles représente l’état actuel du savoir.



  Les autres archéologues apprécient-ils vos restitutions ?

  Il y a eu des réticences au départ. Souvent, mes collègues ne savaient pas lire leslivre-golvin3 images. J’ai fait tout un travail pour expliquer mes œuvres et faire en sorte que mes dessins soient toujours lisibles et compréhensibles par tous. Tout comme un texte peut être écrit avec des mots trop compliqués, un dessin peut être difficile à « lire » ; c’est à moi d’y faire attention et de la rendre agréable. De plus, mes dessins sont toujours accompagnés d’un texte que je rédige moi-même, les deux vont ensemble. Les conservateurs de musée, qui sont en relation avec le public, ont quant à eux, immédiatement été conquis par mon travail. Aujourd’hui, j’interviens très souvent dans des musées, ainsi que sur des sites en cours de fouilles, en France comme à l’étranger.

 
Source : ARKÉO junior N°173 - Extraits d'un entretien réalisé par l'IUT d'Arles
Partager cet article
Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 14:19

On pourrait décrire le terroir de Lutèce, le Paris antique, d'après sa diversité : des prairies, des zones humides, des collines et des forêts. Ce paysage varié et accueillant, au climat tempéré humide, était très proche du milieu actuel, avec un couvert arboré clairsemé aux abords de la Seine et plus arbacé sur les pentes sud de la montagne sainte Geneviève. D’un point de vue hydrologique, toute une série de rivières, dont l’Yonne et la Marne, convergeaient en amont de Lutèce pour y former un grand fleuve, la Seine, aux berges inondables et marécageuses. Une rivière plus petite, la Bièvre, aujourd’hui disparue dans les égouts parisiens, présentait au sud-est un cours étroit et inégal, bordé de falaises, riche en carrière de pierres, tandis que sur la rive gauche, des lieux de sources, comme celle de la place de la Sorbonne fournissaient les ressources en eau. Ce site avantageux a fourni aux habitants des matériaux de construction à extraire des différentes couches de terrains et de l’eau dans ses nappes souterraines. Le développement qui s’opère quelques années avant notre ère, sous le règne de l’empereur Auguste, a privilégié la rive gauche, sur un site sans doute déjà occupé par le peuple lutece1gaulois des Parisii dans la seconde moitié du 1er siècle avant notre ère. La nouvelle ville s’est établie sur un lieu dégagé, de faible altitude, la montagne Sainte-Geneviève. Cette colline qui culminait à 56m au-dessus du niveau de l’eau se présentait comme un plateau aux pentes assez raides. Elle présentait l’avantage d’un lieu sain éloigné des marécages mais débouchant sur le gué naturel qui permettait le passage sur l’île de la Cité et la rive droite puis, plus loin au nord, l’accès au pas de la Chapelle, petit col entre les collines de Montmartre et de Belleville.

  Un chapelet de monceau et d’îles formait autant de ponts naturels mais peu stable entre les deux rives ; l’île de la Cité était aussi constitué à l’origine de trois monceaux séparés par des petits chenaux. La rive droite de la Seine se présentait sous la forme d’une plaine alluviale limitée au nord par une série de hauteurs, Auteuil, Chaillot, l’Etoile, Montmartre, Belleville, Ménilmontant et les Buttes-Chaumont. Cette plaine devait être encore parcourue par un petit cours d’eau dont le tracé perpétuait celui d’un ancien bras de la Seine qui coulait en contrebas des reliefs tertiaires et qu’empruntent aujourd’hui les Grands Boulevards. Plus proche des berges de la Seine, des monceaux peu élevés subsistaient, dont l’un, le monceau Saint-Jacques (à l’emplacement de la tour actuelle du même nom), face à l’île de la Cité, permettait au cardo (axe nord-sud principal de Lutèce) de poursuivre sa route vers le nord. Des vestiges antiques y on été mis au jour sur une superficie réduite aux abords immédiats de la route, entre la berge de la Seine et l’actuelle place Beaubourg.Lutèce-Haut-Empire-Golvin

 

  Lutèce, favorisée par sa situation au croisement d’un fleuve navigable et d’une route terrestre très ancienne, s’est installée sur le sommet et les versants du plateau de la montagne Sainte-Geneviève, en pente en direction de la Bièvre et surtout de la Seine.

  La ville du 1er siècle après Jésus-Christ est d’aspect encore très gaulois : elle est couverte de maison en torchis et à toit de chaume. Elle s’étend très largement sur tous les versants de la colline, jusqu’au quartier du Luxembourg et à la rue Monsieur-le-Prince vers l’ouest, jusqu’à la Bièvre vers l’est et avant le Val-de-Grâce au sud. Au nord, la zone de marécages limite la ville de la rive gauche aux environs du boulevard Saint-Germain. Elle garde la même superficie jusqu’au Bas-Empire, correspondant, schématiquement, au 5è et à une partie du 6e arrondissement actuel.

  A partir de la fin du 1er siècle apr. J.C., si les zones artisanales se concentrent sur la périphérie de Lutèce, près des axes sud et sud-ouest d’entrée dans la ville, les habitations et les commerces s’établissent un peu partout dans la ville sans qu’on observe de répartition des activités. En revanche, c’est clairement sur le versant nord de la colline qu’ont été bâtis les grands monuments civils de Lutèce, le forum, les thermes de Cluny et du collège de France et le théâtre. Les urbanistes de l’époque ont choisi pour l’édification des « arènes » un lieu un peu en dehors de la ville sur le versant le plus escarpé de la Bièvre afin de profiter de sa déclivité naturelle. « Parure monumentale » destinée à être vue de la Seine, le paysage urbain de Lutèce se déployait en étages sur la montagne Sainte-Geneviève, offrant de haut en bas les grands monuments symboles de la romanité et de l’adhésion aux valeurs de l’Empire.

  Le plan d’urbanisme de la ville reposait sut l’implantation de ce que le Romains nommaient le « cardo maximus », c’est-à-dire le principal axe nord-sud d’une fondation urbaine. A Lutèce, cette voie a donné naissance aux actuelles rue Saint-Martin, sur la rive droite, rue de la Cité sur l’île du même nom, et rue Saint-Jacques sur la rive gauche. Le cardo constituait plus largement une route permettant de franchir la Seine, faisant en partie de Lutèce, une ville-pont. A partir de cet axe et de voies décumanes (orientées d’est en ouest suivant le décumanus romain), comme la rue des Ecoles ou la rue Pierre-et-Marie-Curie, un quadrillage théorique de la ville a sans doute servi de base aux premiers tracés de rues. Cependant si le système orthogonal est attesté dans le centre urbain, principalement autour du forum, des thermes de Cluny et du théâtre, l’ensemble des rues de Lutèce en forment une adaptation libre, modelée par des contraintes topographiques ou par le respect d’axes de circulations gaulois qui ont dû persister.

 

Source : Construire à Lutèce, éd. Paris musée

Partager cet article
Repost0
4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 10:12

  Pierre Cécile Puvis de Chavannes, né à Lyon le 14 décembre 1824 et mort à Paris le 24 octobre 1898, est  considéré comme une figure majeure du mouvement symboliste

  Après des études de rhétorique et de philosophie à Paris, il commence à étudier la peinture auprès de Puvisdechavanne-étude0-GenevièveHenry Scheffer. En Italie, il étudie brièvement auprès d'Eugène Delacroix, puis dans l'atelier de Thomas Couture. Il est marqué par les grandes peintures murales de Théodore Chassériau. Il ne trouve véritablement sa voie qu'à l'âge de trente ans en réalisant le décor de la salle à manger de la résidence campagnarde de son frère (Les Quatre Saisons, Le Retour de l'enfant prodigue).

  Ses débuts furent difficiles. Il fut plusieurs fois refusé et quand enfin il expose, il est sévèrement critiqué. Mais en 1861, il remporte un premier succès avec La Guerre et La Paix. Certaines de ses réalisations sont exceptionnelles sur le plan thématique et stylistique, et représentatives du traitement novateur que Puvis apporte au genre allégorique dont il devient à la fin fin du XIX e siècle le plus brillant représentant. Il s'installe à Pigalle, où il demeure jusqu'à son mariage en 1897 avec la princesse roumaine Marie Cantacuzène, qu'il a rencontré, sans doute dans l'atelier du peintre Théodore Chassériau dont elle fut l'amie. Elle eut une influence considérable sur lui, devenant sa compagne, sa collaboratrice, son inspiratrice. Elle lui servira de modèle pour : la Salomé de la Décollation de Saint-Jean-Baptiste, Radegonde de l'Hôtel de ville de Poitiers, la Sainte-Geneviève du Panthéon.


Puvisdechavanne-étude-Geneviève  Puvis de Chavannes réalisa de grands décors muraux : au Palais Longchamp à Marseille, à l'Hôtel de Ville de Poitiers, à l'Hôtel de Ville de Paris, ou à la Bibliothèque publique de Boston. À ceux-ci s'ajoutent trois ensembles exceptionnels, celui du Panthéon à Paris, où il traite de la vie de Sainte Geneviève ; le décor de l'escalier du Musée de Lyon, et enfin le grand décor de L'amphithéâtre de la Sorbonne à Paris.

  Par cette œuvre décorative immense, mais aussi avec des tableaux de chevalet d'un symbolisme novateur, il conquiert l'admiration d'une génération entière.

 

(études de Puvis de Chavannes)

Puvisdechavanne-Geneviève2

  Réalisé en 1897, Sainte Geneviève ravitaillant Paris, met en scène un épisode de la vie de la sainte patrone de Paris.

  Alors que les Francs assiègent Paris, Geneviève sauve la ville de la famine. Elle organise une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Seine, vont chercher le ravitaillement jusqu'en Champagne.

   Cette œuvre sera suivi l'année suivante de Sainte Geneviève veillant sur Paris (détail du tableau ci-dessous), exposée comme la précédente à Paris, à l'église Sainte Geneviève devenue en 1791, le Panthéon.

geneviève-vieille-sur-la-ville-endormie-détail-PuvisdeCha

 

Sources : Wikipedia - Base Joconde

Partager cet article
Repost0
2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 17:29

  Fluctuat nec mergitur… « Flotte, mais ne coule pas. » Une maxime que son armateur aurait dû inscrire aux flancs de ce navire romain. Parce qu’il ne le fit pas ou parce que Mercure, dieu du commerce l’abandonna, son bateau fut englouti dans le port antique d’Arles (France). Deux mille ans plus tard, cette coquille de noix va être sauvée des eaux.barge-romaine-du-1er Découvert en 2004 par huit mètres de fond dans le lit du Rhône, il s’agit « du seul bateau romain complet qu’on connaisse », dixit Claude Sintes, directeur du Musée Arles Antique. Une nouvelle trouvaille majeure après un buste remonté en 2007, seule représentation contemporaine de César identifiée comme telle.

  Le bateau fatal pourrait être un fabuleux révélateur de la vie quotidienne des Gallo-Romains :  « A bord on a retrouvé des cordages, la cuisine des marins, avec son four, la vaisselle gravée à leurs noms, des outils comme une houe, une serpette et tout son chargement : 27 tonnes de pierres taillées destinées à la construction ! » Pour une raison inconnue, le bateau a coulé comme un bloc et s’est enfoncé dans le limon du fleuve, qui a permis sa conservation. Aux sédiments fluviaux sont venus s’ajouter des milliers d’amphores, de poteries, de céramiques et d’objets usuels, jetés par les habitants dans le fleuve entre le Ier et le VI e siècle. Cet énorme dépotoir de près de 3 mètres de hauteur a formé une gangue protectrice durant près de 2 000 ans. Déjà fouillée à trois reprises en 2008, 2009 et 2010, cette couche, qui pourrait renfermer plus de 2 000 amphores et quelque 10 000 céramiques, a déjà livré des trésors comme un lustre à 20 becs, un service quasi-complet en bronze, et même le dé pipé d’un tricheur !

  La découverte de ce site exceptionnel offre aussi des informations précieuses sur les circuits marchands au temps de la Pax Romana, établie par le glaive et le négoce. Elle « permet de comprendre les réalités du commerce fluvial et grâce au mobilier retrouvé, d’avoir une photographie des échanges maritimes entre l’Europe du Nord et le bassin méditerranéen jusqu’au VIe siècle ». Pour rendre possible ces révélations, archéologues et plongeurs ont commencé à dégager l’épave, remontant chaque jour des centaines de poteries. L’épave sera ensuite découpée en une dizaine de tronçons qui, une fois remontés, subiront un traitement résineux puis une lyophilisation (extraction de l’eau). Les vestiges de la barge romaine seront exposés en 2013 au musée départemental Arles Antique.

 

Source : Monnaies & Détections N° 59 - Midilibre.fr

Partager cet article
Repost0
29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 10:04

  L’unification d’une partie de l’Europe est déjà réalisée par les Celtes. Depuis le IVe siècle avant Jésus Christ, les formes politiques, les croyances et les phénomènes sociaux sont partout analogues. L’homogénéité de l’art, de l’artisanat et de l’art, nous fait supposer des échanges de toutes natures facilités par une langue commune. Les tendances artistiques subissent les mêmes influences méditerranéennes, orientales ou intraceltes. Au premier siècle, à peu près toute l’Europe celtique connaît les oppida. Les monnaies couvrent, elles, tout le domaine des Celtes. La Gaule est le plus vaste et le plus riche pays du monde celtique. Beaucoup des techniques gauloises ont été empruntées ou copiées par ses voisins. Les monnaies gauloises, à l’iconographie spécifique sont les plus originales et les plus variées. Cette richesse artistique, technique et humaine ajoutées aux vertus d’adaptation de ce peuple, justifient la place prépondérante qu’à occupée la Gaule dans l’Europe celtique.

  carte-gaule2

 

  La Gaule du premier siècle est divisée en de multiples peuples. Les hégémonies s’effondrent. D’anciens peuples dominants (Arvernes, Ambiens), des tribus puissantes (Eduens, Pictons), des tribus plus petites à l’indépendance économique (Parisii) et des tribus clientes n’ont pas toutes le même régime politique. La Gaule est en pleine mutation économique et politique. Les intérêts de certains nobles, économiquement une force du passé s’opposent à ceux des commerçants et des artisans. Jules César profite de cettemonnaies-bituriges.2 déstabilisation. La Guerre des Gaules n’est pas le soulèvement général de tout le pays face aux romains. Vercingétorix est au contraire le représentant de cette classe sociale, l’aristocratie en perte d’influence politique. De plus, les monnaies, retrouvées dans les fossés d’Alésia, montrent que seuls les Éduens, les Bituriges, les Séquanes et bien sûr les Arvernes, sont venus à l’aide du généralissime…

  En Narbonnaise, les tribus les plus puissantes sont les Volques du Languedoc et les Allobroges du Dauphiné. Les Rutènes du Rouèrgue et les Gabales du Gévaudan possèdent de nombreuses mines d’argent. Au sud-ouest, l’Aquitaine est peu celtisée hormis quelques enclaves dans la région de Bordeaux et d’Agen. Marseille et Narbonne commerce aussi avec la Bretagne, la Grande-Bretagne actuelle. Les textes nous parlent des activités des marchands méridionaux rapportant, après un long cheminement à travers la Gaule, l’étain qu’ils sont allés chercher en Bretagne.

  La Gaule du Nord est habitée par des peuples celtes dits « Belges ». Les Nerviens interdisent absolument l’importation du vin et de tout autre produit de luxe. Ils méprisent la cavalerie et préfèrent combattre à pied. Les Ambiens, s’étendent sur les deux rives de la Somme. Les Atrébates d’Arras et les habitants d’Amiens sont réputés pour la fabrication de leur cucullus, le manteau gaulois à capuche.

 

A l’ouest, l’Armorique, la Bretagne actuelle, entretient des contacts privilégiés avec l’Ile de Bretagne. Parallèlement, son réseau d’échange se développe avec le Sud. Le massif armoricain est très riche en minerai de fer. De nombreux habitats, pour l’extraction du sel marin, sont installés le long de littoral. Les Vénètes et les Osismes sont les tribus principales. Les Vénètes, aux navires de chênes et aux voiles de cuirs, occupent tous les ports et lèvent des péages sur ceux qui naviguent dans leurs eaux. Ils passent aussi pour de grands éleveurs de chevaux. Nantes abrite les Namnètes, la Normandie les Aulerques.

 

  C’est la Gaule chevelue qui abrite les Gaulois proprement dits. Cette étrange dénomination lui vient de l’étendue de ses forêts où poussent le hêtre, le chêne, le pin et le sapin. Les Gaulois nourrissent leurs porcs de glands et savent extraire la résine des conifères.

 

  Au IIe siècle (av. J.C.), les Arvernes qui étendent leur domination sur une grande partie du pays sont « les maîtres  de la Gaule ». En -121, Bituitos, leur roi, tente de s’opposer, sans succès à la conquête du midi. Leur empire est alors démantelé, mais ils restent encore très puissants. Jules César met longtemps avant d’oser les attaquer. En -52, les Arvernes décident de rompre l’encerclement que le Romain a organisé autour de leur territoire, d’entraîner leurs clients et de profiter de l’agitation pour organiser un soulèvement général. Ils confient la direction des opérations à un jeune noble, Vercingétorix, qui tente de rallier toute les tribus.

  En Bourgogne, les Eduens, grands rivaux des Arvernes, sont très tôt les « frères, amis,Gaulois et Carnyx alliés » des romains. Cette amitié, qui leur a été beaucoup reprochée, n’est motivée que par un intérêt économique puissant. En effet, les Eduens s’enrichissent du commerce qu’ils font avec les Romains. Leur capitale, Bibracte, est un oppidum de très grande importance. Après la victoire de Gergovie, la capitale des Arvernes, une partie de l’Aristocratie, notamment chez les Eduens, sentant les Romains en perte de vitesse, lâchent César au cours de l’assemblée générale des Gaulois à Bibracte qui devient le centre de la résistance gauloise. C’est pourtant dans cette ville que Jules César écrira « De Bello Gallico » (La Guerre des Gaules) pendant l’hiver -52, -51.

  Encerclé à Alésia, capitale des Mandubiens, en pays Eduen, Vercingétorix se rend à César.

 

  Le sel est abondant chez les Séquanes, qui tirent leur nom de Sequana, la Seine. Leurs salaisons sont extrêmement réputées.

  La forêt des Carnutes est le centre de la Gaule et le siège du culte druidique. Cebanum, leur capitale, sert d’entrepôt aux céréales avant qu’elles ne repartent par bateau. L’insurrection gauloise de décembre /janvier -52 est donnée à partir de Cebanum par Conconnetodommus qui y dirige le massacre de tous les négociants romains installés dans cette ville.

  Certaines tribus par leur position géographique jouent le rôle de carrefour. Avaricum, la capitale des Bituriges, est une des plus belles et plus riches cités de la Gaule. Vercingétorix, qui prône la tactique de la terre brûlée, décide de l’incendier. Il cède à la supplication des Bituriges de n’en rien faire. Après un siège de 25 jours, Avaricum tombe entre les mains de Jules César. Hommes, femmes, enfants et vieillards sont massacrés.

  Lutèce, la capitale des Parisii, est le principal carrefour du Nord de la Gaule. Cette petite cité jouit d’une prospérité exceptionnelle. Située aux confluents de la Marne et de l’Oise, elle contrôle la route de l’étain britannique sur la Seine et s’enrichit des péages qu’elle lève.

  Au nord-est, les Trévires, « des cavaliers particulièrement réputés pour leur bravoure », sont influencés par les Germains.

 

   Le Midi de la Gaule

 

  Coutumes et modes de vies sont bien particuliers à ces populations locales sous influences celtiques, grecques, ibères. Les maisons sont en pierres sèches ou liées avec de l’argile, recouvertes parfois d’un enduit. Les murs sont rarement en briques. Des sanctuaires que l’on appelle celto-ligures sont ornés de riches peintures. Des crânes humain y sont cloués ou enchâssés dans des portiques. Des sculptures de pierre nous laissent le souvenir de guerriers héroïsés assis et d’animaux.

  Au VIe siècle, des marchands grecs d’Asie mineure, des Phocéens, fondent Massilia. Cemassaliacomptoirs comptoir permanent, un emporion, dirigé par une oligarchie marchande, n’est pas une colonie à proprement parler. Marseille aux IVe et IIIe siècles avant Jésus Christ, développe ses relais économiques, étend son influence en créant des comptoirs sur tout le littoral, et en Languedoc. Ses plus grands établissements sont Agde, Antibes et Nice. Les sites perchés se multiplient, la culture grecque se répand dans ce monde qui s’hellénise. Les Phocéens introduisent de nouvelles pratiques agricoles inconnues en Gaule Chevelue. Les paysans apprennent à cultiver la vigne et l’olivier. Marseille s’allie à Rome dès le IIIe siècle, ouvrant ainsi la voie à la conquête romaine. Mais la Provincia lui fait de la concurrence déloyale. Au Ier siècle, le vin italien éliminera complètement le vin massaliote de tous les marchés gaulois. Jusqu’à sa prise par César en -49, Massalia restera un état indépendant, actif et prospère.

  Au VIe siècle, la future Narbonne, qui entretient des relations commerciales avecnarbonnaise Marseille, est la capitale des Elisyques. Saliens, Ligures et grecs vivent dans des villes et des comptoirs. C’est justement cette puissance économique et cette position géographique qui conduisent les Romains, en 120, à y établir la plus ancienne colonie hors d’Italie. En 118, des colons s’installent dans la campagne environnante de cette Provincia qui s’appelle désormais la Narbonnaise, du nom de sa capitale Narbo Martius. Le Roussillon, le Languedoc, les Cévennes, la Provence, une partie de la vallée du Rhône et des pré-Alpes font dorénavant parties du territoire romain. Cet axe Narbonne/Toulouse libère ainsi les Romains de la tutelle massaliote pour la pénétration de leurs produits en Gaule du Nord. Cette province assure la protection des communications avec l’Espagne riche en métaux et contrôle le trafic de l’une des places les plus importantes de la méditerranée. Déclarée province consulaire en -60, son premier magistrat n’est autre que Jules César. C’est à partir de la Narbonnaise qu’il envahit la Gaule indépendante.

 

Source : Fiches Pédagogiques du Musée des Antiquités Nationales

Partager cet article
Repost0
26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 10:29

 

sarcophage-de--Portonaccio1

  « Quand les accents des trompettes eurent, selon l’usage, donné de part et d’autre le signal du combat, la lutte s’engagea avec violence. Pendant un temps on se lança des javelots et les Germains se précipitèrent avec plus de hâte que de prudence ; brandissant leurs armes de la main droite, ils fondirent sur nos escadrons de cavalerie, grinçant des dents affreusement. Leurs cheveux flottants se hérissaient avec plus de fureur que d’habitude, et de leurs yeux rayonnait une sorte de rage. Dressant leur opiniâtreté contre eux, nos soldats protégeaient leur tête derrière le rempart de leur bouclier et, tirant leurs épées ou brandissant leurs javelots qui les menaçaient de mort, ils épouvantaient leurs adversaires. (…) Avec un acharnement extrême on en vint au corps à corps, (…) le ciel résonnait des grands cis poussées par les vainqueurs et les blessés. »

  Ammien Marcellin, Histoires, XVI, XII, 36-37.

Description de la bataille de Strasbourg gagné en 357 par les armées romaines menées par Julien l’Apostat contre les Alamans.

PortonaccioSarcophagus8Sarcophage de Portonaccio réalisé vers 180-190 pour un général de Marc Aurèle ayant participé aux campagnes menées contre les Barbares (Marcomans, Quades, Sarmates…) dans la région du Danube entre 169 et 175 (Rome, Palazzo Massimo alle Terme).PortonaccioSarcophagus-zoom2

 

  Le sarcophage de Portonaccio fait partie des plus grands sarcophages romains. La répartition de son décor correspond aux regles de composition espacée selon la perspective aérienne et la signification de la victoire romaine sur les barbares encerclés. Cette interprétation basée sur la signification de la victoire romaine rendue par les moyens de composition est differente des interprétations plus anciennes qui ne prennaient en considération que le graphisme schématique présumé de ce décor.

 

Le sarcophage en diaporama

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin