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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 10:09

   Les Celtes constituent une civilisation protohistorique de peuples indo-européens, qui se définissent par l'usage de langues celtiques et par certains particularismes culturels. Ils ont jadis été présents sur une grande partie du continent européen et en Asie mineure. L’apogée de l’expansion celte se situe entre le VIII e siècle avant Jésus‑Christ jusqu'au III e siècle, en passant par la civilisation laténienne au Ve siècle avant notre ère. Une succession de conquêtes et de migrations les mènent jusqu’en Galatie, en Asie mineure.

 

  Documentaire diffusé sur Arte :



 

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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 09:25

  Parthénius est un fonctionnaire gallo-romain d’origine arverne qui servit à la fois les Ostrogoths et les Francs. Il est né vers 485 à Arles et pourrait être le petit-fils de l’empereur Avitus et de l’évêque Rurice de Limoges. Cet homme très cultivé (il fut instruit à Ravenne au début du VIe siècle) devient rapidement patrice.


  Dès 507, recommandé à l’évêque d'Arles Césaire, il revient dans la cité rhodanienne où l'évêque guérit un de ses esclaves. Il se rend peu de temps après, peut-être en 508, à Ravenne comme ambassadeur de l’assemblée provinciale et représentant de la cité de Marseille.


  En 534, lorsque le préfet des Gaules Libère quitte Arles, il reste parmi les togefonctionnaires en place et après 536, sous la domination franque, devient patrice de Provence, Théodebert Ier lui confira alors la charge de lever les impôts.

Appelé vir illustrissimus[1], il reçoit ensuite en 544 le titre de magister officiorum[2] atque patricius pour la Gaule.


  Théodebert meurt en 546,  mais Parthénius garde sa tache de collecteur d’impôts. À peu près deux ans plus tard, la pression fiscale se faisant trop lourde, la colère gronde au sein de certaines villes.

  Parthénius n’est pas aimé. D'abord, c'est sa fonction qui n'est pas appréciée, il contrôle l’ensemble de l’administration impériale par l’intermédiaire du corps des agentes in rebus, chargés de mission qui acheminent les courriers et les ordres officiels, et qui enquêtent dans les provinces, surveillant les gouverneurs locaux, au point qu’on les surnomme les curiosi, et la mission qui leur a été confiée est souvent accomplie sans ménagement. Quant à lui, personnellement, issu de l'aristocratie gallo-romaine, on le voit comme celui par qui est venu l’impôt, il mange comme un glouton, n’a guère d’égard pour son entourage, on dit même que dans un accès de jalousie, il a tué son épouse.

  Non décidément, ce zélé fonctionnaire ne plaît pas beaucoup aux Francs de la ville de Trèves  qui vont lui faire payer son attitude.

  Averti de son retour dans la ville, des habitants se mettent  à sa recherche. Les évêques de la ville tentent bien de le cacher, mais découvert, il est lynché par la population.


   Il laissera toutefois le souvenir de sa culture littéraire et le maire du palais Gogon fera allusion à ses talents de rhéteur.


[1] personnalité illustre

[2] Le magister officiorum ou maître des offices est un haut fonctionnaire romain de l’époque du Bas-Empire

 

Parthénius par Grégoire de Tours, sur le blog Scripta manent.

 

Sources : Grégoire de Tours – Histoires des Francs – Livre 3 _ Paul Petit, Histoire générale de l’Empire romain – éd. Seuil _ Arthur Malnory - Saint Césaire évêque d'Arles - gallica.bnf.fr

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10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 11:00

   Sir Lawrence Alma-Tadema, de son vrai nom Lourens Alma Tadema (8 janvier 1836 à Dronrijp, Pays-Bas) est un peintre britannique d'origine néerlandaise.

Très tôt, l'enfant montre de grandes dispositions artistiques qu'il développe en dessinant et peignant, de même qu'un grand sens de la méthode.

   En 1852, il intègre l'Académie d'Anvers et devient l'élève de Gustave Wappers puis de Nicaise de Keyser. Tous deux sont proches du mouvement romantique, et de Keyser, en particulier, encourage ses élèves à peindre des sujets historiques. En 1856, il quitte l'académie, devient l'assistant du peintre Hendryk Leys et s'installe chez l'archéologue Louis de Taye, au contact duquel il s'intéresse à l'histoire et à l'archéologie.

   En 1862, il se rend à Londres pendant l'Exposition universelle. Lorsqu'il visite le British Museum, il est très impressionné par la collection d'objets égyptiens ce qui influencera considérablement son œuvre par la suite.

   En 1863, il épouse une Française, Marie Pauline Gressin de Boisgirard, et découvre l'Italie lors de leur voyage de noces. Il tombe alors sous le charme des ruines de Pompéi. Il en rapportera une impressionnante collection de photographies qui lui servira de documentation pour ses toiles à venir, représentant pour la plupart des scènes de la vie courante durant l'Antiquité.

   De retour d'Italie, il s'installe à Paris où il rencontre le célèbre marchand d'art belge Ernest Gambart, qui l'encourage dans la voie qu'il a choisie et lui commande une vingtaine de toiles pour sa galerie londonienne. Le succès est immédiat.

   Les expositions se succèdent, lui assurant un immense succès, aussi bien en Europe qu'aux États-Unis ou en Australie, pays où de nombreux prix lui sont décernés.

   En 1876, il devient membre de l'Académie Royale et en 1899, il est anobli par la reine Victoria.

   Après une carrière de près de soixante ans, il meurt au spa de Wiesbaden, le 25 juin 1912. Son corps repose dans la cathédrale Saint-Paul de Londres.

 

                        Femmes Gallo-romainesAlma Tadema Gallo Roman Women

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:20

Notre langue a été considérablement enrichie par celles des peuples dits « barbares ». Et le français rappelle, par son nom même, l’influence que les Francs ont exercée sur lui.

 

Les Romains qualifiaient de « barbares » toutes les populations qui ne parlaient ni latin nibarbare3 grec. Plus tard on a confondu sous ce même terme les diverses tribus dont la langue était le germanique, mais aussi les nouveaux arrivants venus des steppes. Toutefois, si les langues des peuples venus des steppes n’ont laissé aucune trace dans la langue française, celles des Germains se sont perpétuées sur le territoire : la langue des Alamans survit dans l’Alsacien, et le francique lorrain peut encore s’entendre dans une partie des départements de la Moselle et du Bas-Rhin. Enfin, dans le Nord, s’est perpétué le flamand, issu également du francique, parlé par Clovis et Charlemagne.

Une question se pose à ce propos : pourquoi Clovis et ses fils, en soumettant les populations de la Gaule romanisée, n’ont-ils pas réussi à imposer leur langue à tous le pays ? Ont-ils essayé ? Le nombre insignifiant des Francs par rapport à celui des Gallo-Romains (on l’a estimé à 5% de la population totale) pourrait peut-être expliquer en partie cette anomalie. Mais il faut surtout souligner l’importance de l’Eglise dont la langue liturgique, le latin, était aussi, depuis longtemps, celle de l’administration et de l’armée. Néanmoins le francique allait exercer une influence considérable sur la langue à base latine en gestation depuis l’arrivée des Romains et qui allait justement – et paradoxalement – adopter un nom germanique : le français.

C’est à la même époque qu’un changement s’est produit dans le système anthroponymique de la Gaule, qui a éliminé le système latin comprenant quatre éléments (prénom, nom de la gens, nom de la famille et surnom). Sous l’influence du christianisme, qui valorisait le nom de baptême, et sous celle des populations germaniques, dont la coutume était de ne donner qu’un seul nom par individu, l’habitude fut prise de donner un nom unique, usage qui prévaudra jusqu’au XIIIe siècle. Outre les prénoms très usuels, comme Bernard ou Gérard, ont été adoptés : Geneviève, Hugo, Charles, Josseline, Thierry, Mathilde, Godefroy, Guy… Dans la toponymie, certaines racines germaniques ont été particulièrement prolifiques : on retrouve baki (« cours d’eau ») dans Murbach (Haut-Rhin), Roubaix (Nord), Rolleboise (Yvelines)…

Mais l’apport le plus significatif des langues dites « barbares » au français est sans doute celui que l’on constate dans les formes lexicales empruntées à cette époque et qui se sont maintenues au cours des siècles. On trouve ainsi quantité de substantifs concernant la nature (falaise, marais, fange), la vie rurale (bois, bûche, grappe, blé, framboise, roseau, mésange, chouette, crapaud), la vie domestique (cruche, flacon, hanap, beignet, soupe, housse, poche, fauteuil), l’habitat (hameau, bourg, fief), les métiers (maçon, maréchal – que l’on retrouve dans maréchal ferrant – marquis), la guerre (guerre, trêve, flèche, champion)… De même qu’un grand nombre de verbes, la plupart encore très vivants : garder, regarder,  lorgner, grogner, rechigner, trépigner, guérir, choisir, éblouir, broder, broyer, gratter, téter, lécher, héberger. Enfin, le français à emprunté aux langues germaniques quelques adjectifs, parmi lesquels frais, revêche, félon, riche…

Mais l’influence germanique ne s’est pas limitée au lexique. Le fait que les toponymes formés d’un adjectif placé devant un nom soient particulièrement nombreux dans le Nord (Neuville, Francheville…) alors que l’ordre inverse domine dans le Midi (Villeneuve, Villefranche…) apporte une confirmation de la forte empreinte germanique dans les régions contrôlées par les Francs.

 

Source : L'Histoire N° 222

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 11:07

  Étudier, imaginer, tester la cuisine gauloise ; c'est ce qu'Anne Flouest et Jean Paul Romac ont réalisé dans leur livre : "La cuisine Gauloise continue", présenté ici.

 

     Les Champignons.

 

  Tous les champignons commestibles des prés et des bois étaient ramassés avec précaution à la fin de l'été et en automne : chanterelles - girolles (Cantharellus cibarius), cèpes et bolets (boletus sp.), pieds de mouton (Hydnum repandum), lépiotes (Lepiota castanea), trompettes de la mort (Craterellus cornucopiodes), morilles (Morchella esculenta), rosés des prés (Agaricus campestris), russules charbonières (Russula cyanoxantha), etc...

  L'étonnant polypore soufré (Polyporus sulfureus ou laetiporus sulphureus), à la chair blanche et au goût de poulet, pousse quant à lui à la fin de printemps sur les troncs des feuillus.

  Certains champignons, une fois séchés et réduit en poudre, font d'excellentes «épices» : le lactaire pimenté ou lactaire mouton (Lactarius torminosus), certains bolets (boletus edulis), etc...

 

      Poulet délicieux aux cèpes et à l'ail


cepes bordeaux1

  • 1 poulet
  • 500 g de cèpes
  • ail
  • 1/2 bol de cidre
  • herbes
  • 1 c. de graisse d'oie

   Cuisson : 1h30 environ

 

  Coupez un bon poulet en morceaux, de taille moyene, une huitaine de morceaux par exemple. Couper les cèpes en dés. Eclater deux ou trois belles têtes d'ail sans éplucher les éclats. Placer le poulet, les cèpes en dés, l'ail en chemise dans une terrine. Ajouter une grosse cuillerée de graisse d'oie ou un demi-verre d'huile de noisette, un demi-gobelet de cidre, deux pincées de gros sel, des herbes aromatiques, cerfeuil ou sarriette. Refermer la terrine avec son couvercle, soumettre au feu un bon moment. Servir !

  Quantités : cèpes suivant le succès de la cueillette... On peut ajouter des racines.

  Aujourd'hui on pourrait ajouter des pommes de terre qui s'imprégneraient des saveurs mélées d'ail et de cèpe...

 

Source : Anne Flouest, Jean Paul Romac, La cuisine Gauloise continue - éd. Bibracte & Bleu autour

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 10:14

Pendant longtemps, historiens et archéologues ont véhiculés l’image d’une Lutèce ravagée par des raids barbares et dont l’ile de la Cité, seule place fortifiée, servait de refuge à la population, tandis que la rive gauche devenait une banlieue rurale partiellement en friche. En réalité, ce n’est qu’au IXe siècle que les invasions normandes vont définitivement dévaster la rive gauche et les vestiges de l’Antiquité. Les transformations de la ville antique à partir du milieu du IIIe siècle sont aujourd’hui interprétées plus globalement comme des dommages dus aux grands changements politiques, administratifs et sociaux qui touchent l’ensemble du nord de la Gaule.

  lutece2

Les événements historiques

Dans la géographie administrative civile, Lutèce ne fut jamais capitale de province, dépendant successivement de la première lyonnaise, puis de la quatrième dont le siège est à Sens. La ville accueille plusieurs empereurs : Julien dit l’Apostat s’y installe durant les hivers 357/358 et 359/360, puis Valentinien durant les hivers 365/366 et 366/367. En 383, l’empereur Gratien se trouve également à Lutèce lorsqu’il combat le général romain Magnus Maximus « acclamé » empereur par les légions de Grande-Bretagne.

Deux événements mettent la ville sur le devant de la scène. Le premier renvoie à l’histoire du christianisme. C’est à Lutèce qu’Hilaire, évêque de Poitiers, organise la défense de l’orthodoxie. Grand pourfendeur de l’arianisme, hérésie propagée pas Saturnin d’Arles et devenue religion officielle de l’Etat, il tient un synode à Paris en 355 puis, de retour d’exil, y convoque un concile national en 361. Dans les textes qui en réfèrent, il n’est désormais plus question de Lutèce, mais de Paris.

En 360, un autre événement historique donne à Lutèce un nouveau statut de ville militaire : Julien y est « acclamé » empereur par ses troupes.

 

Lutèce, un bastion militaire


Au moment de l’arrivée de Julien, l’armée romaine a évacué la zone frontière et cantonne à l’intérieur des terres. Témoin précieux de cette histoire en sa qualité d’officier,julien-empereur l’historien Ammien Marcellin nous raconte que pour ménager les troupes, les affrontements avec les Barbares sont menés à la belle saison tandis que l’hiver, « on se replie dans les camps bien fortifiés ». C’est au cours de l’un de ces replis que Julien stationne son armée à Lutèce-Paris, faisant de la cité une plaque tournante de la guerre contre les Barbares. Ce rôle géostratégique s’explique par la situation avantageuse de la ville pour faire face à d’éventuelles attaques de Germains depuis le nord-est d’une part, de Saxon depuis le nord-ouest d’autre part. Au-delà du carrefour routier et fluvial que constituait Lutèce au Haut-Empire, la cité est désormais également un bastion dans le système défensif du nord de la Gaule où les villes fortifiées de l’intérieur des terres jouent un rôle de verrou logistique.

Ammien Marcellin fait quelques allusions à la force armée stationnée à Lutèce. Les troupes y disposent d’un camp, d’un terrain de manœuvre et de magasins de ravitaillement. La Notitia Dignitatum relate par ailleurs la présence à Lutèce d’un préfet qui commande la flottille de guerre de la Seine et dont le rôle s’étend à l’Oise et à la Marne.

La présence des soldats est confirmée par l’archéologie funéraire, comme le montre la stèle d’un certain Ursinianus, vétéran appartenant aux Menapii seniores – troupe auxiliaire venant de la mer du Nord -, mort à Paris à 65 ans et dont on ne sait s’il était chrétien ou païen, le motif funéraire de la palme ne permettant pas de trancher.

A cette époque, l’importance d’une cité ne dépend pas du nombre de ses habitants, mais de celui des troupes qu’elle héberge et de la logistique qui en découle en termes d’infrastructures et d’architecture. Plusieurs historiens ont cherché en vain à localiser cette villégiature militaire, d’abord dans le jardin du Luxembourg, puis sur la Butte-aux-Cailles située à proximité d’un méandre de la Bièvre.

 

Lutèce devient Paris en 344


Le changement de nom de Lutèce en Paris – en référence au territoire gaulois d’avant la conquête romaine – se fait progressivement au cours du IVe siècle. En 1877, un sarcophage de la nécropole de Saint-Marcel s’est révélé être une borne militaire réemployée. Datée entre 305 et 309 par sa dédicace à Maximin Daïa César, la distance est indiquée par rapport à la civ(itate) Par(isiorum) et non à Lutèce. Cette conversion toponymique s’opère plus encore à partir de Julien. La recherche syntaxique dans le récit d’Ammien Marcellin montre que le nom de Paris est systématiquement employé comme destination (Reuertit Parisios Caesar [César revient à Paris] (Amm. XVII-II-4)). Jusqu’au IVe siècle, le terme Parisii renvoyait à la tribu et non au lieu ; il désigne dorénavant la cité elle-même : Paris vient de naître d’une métonymie.

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 13:25

  Fouillé par Joseph Decaens, le cimetière mérovingien d’Hérouvillette (Calvados), situé dans la plaine de Caen, est surtout connu par la tombe de forgeron-orfèvre qui y a été mise au jour.

  Armée d’une épée, d’une hache et d’une lance ce qui impliquait un statut d’homme libre etorfevrerie même un rang social élevé, le défunt avait emporté dans sa tombe un outillage de fer très complet, correspondant au travail du fer et des métaux précieux. On suppose donc à juste titre que personnage était un artisan itinérant, sa mort en chemin expliquant l’abandon dans sa tombe de l’outillage en parfait état qui lui appartenait. Cette découverte exceptionnelle pour la Gaule mérovingienne montre que certains forgerons (faber) et orfèvres (faber aurifex) habituellement de condition servile, pouvait être parfois des hommes libres.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps Mérovingiens - Pierre Riché _ éd. Bartillat

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 11:30

  Il y a quelques années, sur la route départementale 209, - la via Agrippa de l’époque romaine, a été découvert un vaste ensemble cultuel qui s’étend sur plus d’1 km et offre, à défaut de monuments encore en élévation, des trouvailles uniques et de nombreuses substructions révélées, année après année, par les sondages préalables des parcelles à vendre et les campagnes de fouilles programmées.

  À châteaubeau (65 km de Paris) on a trouvé par exemple, un petit taureau de bronze très bien conservé, quelques pièces de monnaie, des bijoux,  mais aussi et surtout, une « tuile gauloise ». Lors de la fouille d'un puits public en 1997, les archéologues ont encarte postale tuile onze lignes (WinCE) effet découvert une tuile complète (simplement cassée nettement en 2 morceaux) comportant une inscription de 11 lignes en écriture cursive très soignée, l’un des rares documents en langue gauloise trouvés dans le nord de la France et qui daterait de la 2ème moitié du IIe siècle - IIIe siècle de notre ère.

  L'interprétation de son texte suscite de nombreuses questions. Pierre-Yves Lambert, linguiste chercheur-enseignant spécialisé dans l’histoire et l’étymologie des langues celtiques, s’y est longuement penché et y voit un contrat de mariage dans une famille aisée.

« Le fait que ses bords latéraux soient noircis laisse à penser qu’elle a peut-être vraiment été utilisée en tant que tegula (tuile plate) sur un toit, recouverte par des imbreces (tuiles rondes utilisées avec les tegulae pour les toitures de l’époque).

  Une première brique portant une inscription avait été découverte par Victor Burin au XIXe siècle. D'autres éléments de construction en terre cuite, gravés de textes ou de dessins, ont depuis été découverts sur les différents sites fouillés.

  La tuile pèse 5 kg et mesure 36 x 29 cm pour une épaisseur de 1.2 cm. Le contexte de découverte donne une fourchette de datation comprise entre la deuxième moitié du IIe siècle jusqu'au IIIe siècle. Cette tuile a probablement été écrite de façon à pouvoir être lue sur un lieu public.

 

           Voici le détail de ce texte (lecture de P.-Y. Lambert) :

               NemmaliIumi beni. uelonna incorobouido
               neIanmanbe gniIou apeni temeuelle Iexsete si
               Sueregeniatu o quprinnopetamebissi Ieteta
               miIiIegumi.suante ueIommi petamassi Papissorei
               suninitesi IegiIinna anmambe Ieguisini
               siaxsio u beIiassunebiti moc upiIummi ateri
               xsi Iadore core. muana IegumisinebeIassusete
               sue cluio u sedagisamo cele uiro Ionoue
               IIobiIe beliassusete re gu Iexstumisendi
               miosetingi PapissoreibeIasssetemetingise
               tingi beIassuretere garise Iexstumisendichateaubleau1

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 08:45

   Le lointain ancêtre de la capitale de France, Lutèce, n’a rien de la grande ville qu’elle deviendra plusieurs siècles plus tard. À l’époque gallo-romaine, c’était plutôt une cité de taille modeste, une agglomération parmi d’autres. En réalité, elle ne se distingue pas vraiment de la plupart de ses voisines, tant au niveau politique et administratif que du point de vue de son dynamisme. Plusieurs arguments en témoignent.

   Dans l’organisation du territoire imposée par les Romains, Lutèce n’est qu’une cité de second rang, le simple chef-lieu d’une des plus petites divisions administrative dessinées par un pouvoir autoritaire et centralisateur. Tombé sous le joug romain, et après une brève période de flottement, un mouvement d’urbanisation sans précédent est lancé en Gaule.Lutèce-Haut-Empire-Golvin

   Principalement sous l’impulsion d’Auguste, le premier empereur (27 av. J.C.), la « France » gallo-romaine est profondément remaniée. En 16-15 av. J.C. elle se compose de quatre provinces, chacune ayant sa capitale : Durocortorum (Reims) pour la Belgique, Lugdunum (Lyon) pour la Lyonnaise, Mediolanum (Saintes) puis Burdigala (Bordeaux) pour l’Aquitaine, et Narbo Martius (Narbonne) pour la Narbonnaise. Ces villes, où siège en gouverneur de province chargé du maintien de l’ordre et de la perception des impôts, sont bien sûr les quatre plus importantes. Et Lutèce la romaine n’en fait pas partie.

   On ne trouve l’ancêtre de Paris qu’à l’échelon inférieur. Les provinces sont morcelées en de multiples civitaes, cellules de base de l’administration romaine qui s’appuient sur le réseau antérieur des villes gauloises. Au nombre de 90 environ, ces civitates sont placés sous la responsabilité d’un chef-lieu, disposant d’une administration municipale et donc d’une relative autonomie. Lutèce est ainsi à la tête de la civitate des Parisii, soit… l’une d’une des plus petites de la Gaule.

   Dans ce vaste ensemble urbain, il serait illusoire de chercher une agglomération dont la place serait équivalente à celle de Paris dans la France d’aujourd’hui. Si l’on tient toutefois à désigner une « capitale », à ne retenir qu’une seule ville sur la carte, c’est vers Lugdunum que les regards se tournent. L’ancienne Lyon a en effet une position originale à plus d’un titre.

   Elle est fondée en 43 avant Jésus Christ, un an après la mort de César, sur la colline qui deviendra Fourvière et où il n’y a encore qu’un village celte. Au départ, le motif officiel de sa création est d’abriter les citoyens romains chassés de Vienne. Mais Lugdunum s’impose rapidement comme la nouvelle implantation stratégique des Romains dans  la «  Gaule chevelue ». C’est là que les délégués romains prennent pied jusqu’à la mise en place du découpage administratif augustéen. C’est de là qu’Agrippa (63-12av. J.C.) fait rayonner son formidable réseau routier qui va quadriller tout l’Hexagone. Lugdunum est le point de départ de quatre grandes voies se dirigeant vers le quatre points cardinaux.lyon-maquette

L’avant poste romain au confluent de la Saône et du Rhône devient un carrefour commercial, mais aussi un centre spirituel. Face à la colonie, dans le faubourg de Condate au pied des pentes de l’actuelle Croix-Rousse est implanté le sanctuaire confédéral des trois Gaules en 12 av. J.C. Or c’est près de cet autel que les délégués des cités viennent chaque année en août vénérer la ville de Rome et les empereurs défunts. Par la même occasion on verse son tribut et on règle avec le magistrat romain les affaires en souffrance. L’ancienne Lyon se voit parfois attribuer le titre de « capitale des trois Gaules », celles-ci rassemblant les provinces de Belgique, d’Aquitaine et de Lyonnaise. Bref, l’ombre de Lugdunum, on discerne à peine Lutèce.

   Pour mieux mesurer la place toute relative de cette dernière, on peut certes aussi s’éloigner du découpage administratif et politique, et tenter d’apprécier le dynamisme de la ville à l’aune de sa taille. De nos jours, les archéologues ne se risquent plus à estimer les populations urbaines ; ils préfèrent parler en termes de superficie. Ils accordent ainsi à la nouvelle cité des Parisii de 60 à 70 hectares. Dès lors, Lutèce s’apparente à ses voisines Nemetocenna (Arras, 50 ha), Divodurum (Metz, 100 ha) ou Beauvais (100 ha). Comme on pouvait s’y attendre, elle est loin derrière les capitales de province, puisque Mediolanum (Saintes) et Narbo Martius (Narbonne) font 120 hectares : Burdigala, 150 hectares ; et Lugdunum, 350 hectares.

   Lutèce fait surtout bien pâle figure devant les 600 hectares attribués à Durocortorum (Reims), qui s’impose, grâce à de récentes découvertes, comme « la » plus grande ville gallo-romaine. Mais comment comprendre un tel écart entre deux villes distantes d’une centaine de kilomètres seulement ? Comment expliquer l’essor de la celtique Durocorter qui, avant la conquête de César, ne dépassait pas les 90 hectares ? Un rapide retour en arrière permet de mieux saisir ces deux parcours divergents.

   Dès le départ les Rèmes, puissante tribu vivant autour de l’oppidum de Durocorter ont accordé leur soutien à César. Ils misent sur le général romain dans l’espoir de mettre fin à la domination des Suessions (région de Soissons). En retour, César se sert de Durocorter comme base arrière pour son armée. Pour les Rèmes, le pari est risqué. Il s’affirme payant dès la victoire du général romain. Durocorter se latinise et Durocortorum est honoré du titre de cité fédérée – considérée comme alliée et indépendante, elle ne paie pas l’impôt lié à la conquête. Puis Auguste la propulse capitale de la Gaule Belgique. Le gouverneur s’installe à Durocortorum et, ici plus qu’ailleurs, les constructions se succèdent : une enceinte, deux axes, le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest), un forum, un temple… L’ex oppidum celtique de 90 hectares se transforme en une dynamique ville gallo-romaine de 600 hectares.

   De multiples découvertes récentes témoignent de cette  « romanisation » de la ville et de son formidable rayonnement. Pendant seize mois, une trentaine d’archéologues de l’institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont fouillé sur le200 204 vignette GEN-Reims-PO.4 futur tracé du futur  tramway, qui devra traverser Reims du nord au sud sur plus de onze kilomètres. Ils ont exhumé quantité de vestiges antiques : un amphithéâtre, un égout vouté de près de trois mètres de haut, de l’argenterie. Des enduits peints de l’époque d’Auguste ont été également retrouvés ; ils ont été réalisés par des peintres italiens, probablement sur commande de hauts magistrats romains qui souhaitaient décorer leur maison rémoise.

Rien de tout cela du côté de Lutèce, qui connait un autre sort. À l’époque de la Gaule indépendante, les Parisii eux, rallient Vercingétorix, le chef arverne à la tête du soulèvement gaulois. César mobilisé par le siège de Gergovie, envoie alors son lieutenant Titus Labienus mater les troupes ennemis et reconquérir la cité gauloise. En 52 av. J.C., la fameuse bataille de Lutèce s’achève dans un bain de sang. Rome en sort victorieuse, mais s’empare d’une ville détruite par les incendies.

   Contrairement à Durocortorum qui s’appuyait sur un oppidum déjà existant. Lutèce est reconstruite ex nihilo un peu plus loin, à l’emplacement actuel de l’île de la Cité. Elle se dote d’un cardo et decumanus, d’un forum en haut de la montagne Sainte-Geneviève, d’un amphithéâtre, d’un aqueduc et de thermes. Carrefour d’échanges maritimes et terrestres, elle prospère grâce au commerce et au transport de marchandises. D’ailleurs les nautes, confrérie d’armateurs qui contrôlaient la Seine et formaient l’élite municipale, érigent un pilier mêlant effigies gauloises et romaines en signe d’allégeance à Tibère, deuxième empereur romain (14-37) – quelques blocs ont été découverts en 1710 sous une travée degaule romaine Notre-Dame et sont désormais conservés au musée de Cluny.

Ne nous y trompons pas cependant : Lutèce demeure une cité de taille comparable à Cenabum (Orléans) ou Caesarodonum (Tours). Jusqu’à la fin de l’Antiquité, son importance reste tout à fait marginale. Une anecdote en témoigne. Vers la fin du IIIe siècle, la Lyonnaise est divisée en quatre territoires, simplement baptisés Première Lyonnaise, deuxième Lyonnaise, etc. Lutèce se retrouve dans la Quatrième Lyonnaise. Mais même cette subdivision de province de l’Empire romain ne la prend pas pour capitale ! C’est Agendicum (Sens) qui remporte la mise.

 

Source : Les cahiers de Science & Vie N° 111

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 02:51

Magnus Felix Ennodius ou saint Ennode de Pavie fut évêque de la ville lombarde. Issuennodius d'une famille arlésienne, il fut poète, écrivain, conférencier ; ses œuvres et ses lettres sont une source importante pour connaître certains aspect de le vie au sein de l'empire romain au Ve et VIe siècles.

 

  Voici deux lettres écrites par Ennodius. Traitant d'un sujet d'une grande importance (le mariage), ces correspondances nous plongent dans la vie quotidienne des gens de cette époque.

  

ENNODIUS A LACONIUS.

Cause matrimoniale : une nièce d’Ennodius est demandée en mariage, en Bourgogne, par un de ses parents à un degré éloigné. Instruit de ce cas et consulté par Laconius, ministre de Gondebaud, Ennodius, bien que persuadé qu’à ce degré de parenté le mariage soit licite, en réfère au pape, dont il transmettra la décision.

Bene cupitis superna dispensatio dedit effectum, et de negotiosi occasione colloquii fraternam refovens diligentiam, quod putabatur necessarium, fecit optabile. Hinc cœlestis cura nepti meæ procum non omnino a sanguine nostro peregrinantem jussit accedere: ut dum consulendi instat opportunitas, sancto amori pabula præstarentur. Vix sustinebam, fateor, procurati studia longa silentii: sed interpres mitior putabam applicandum timori quod subducebatur affectui. Deo gratias qui ad usum styli fraternitatem vestram reduxit et gratiæ. Divinis tamen legibus cognationem indiculo comprehensam in matrimonio licere sociari, sine dubitatione noveritis. Sed continuo ad urbem Roman homines meos dirigo, exacturus a venerabili papa super hac parte responsum, ut animum vestrum potioris præcepti firmet auctoritas.

Domine, ut supra, salutationem plenissimam accipientes, sanctum quoque et communem patrem parilis noveritis esse sententiæ: cujus ad vos per hominem meum, si divinus favor annuerit, cum sedis apostolicæ apicibus litteras destinabo.

La divine Providence donne satisfaction à nos légitimes désirs et voici qu’à l’occasion de rapports d’affaire, elle ravive la fraternelle amitié qui nous lie. Ainsi ce qui pourrait paraître imposé par les circonstances, se trouve répondre à nos plus vifs désirs. Donc le ciel a voulu que ma nièce fut demandée en mariage par un prétendant qui n’est pas tout à fait étranger à notre consanguinité, pour que l’obligation où vous vous trouvez de prendre conseil, fournit à notre sainte amitié un aliment. Je supportais avec peine, je l’avoue, le long silence que vous vous imposiez, mais j’avais l’indulgence de penser qu’il fallait mettre au compte de la crainte ce qu’y perdait l’affection. Grâces à Dieu d’avoir ramené votre fraternité à m’écrire, et à me témoigner sa bienveillance. Or soyez assuré que les lois divines tolèrent, dans le mariage, le degré de parenté marqué dans la table que vous m’adressez. Toutefois, je fais sans retard partir pour Rome des exprès, chargés de demander sur ce point l’avis du vénérable pape. Votre conscience sera pleinement rassurée par l’autorité de cette souveraine décision.

Recevez, mon cher Seigneur, comme précédemment, mes salutations les plus cordiales, et croyez bien que notre saint et commun Père émettra un avis conforme au mien. Si le ciel nous fait la faveur d’en recevoir une lettre, je vous l’enverrai par mon exprès, avec le rescrit du siège apostolique.


ENNODIUS A MAXIME SÉNATEUR.

Cette lettre fut écrite avant la 23e du VIIe livre qui a trait également au mariage de Maxime (aucun lien avec la précédente lettre). Ennodius malade ne pouvant y assister, envoie au futur époux l’expression de ses vœux.

Bene disponantur superno vota nostra judicio. Ipse ad nuptias tuas veniat, qui primo parenti, dum adhuc nativa immortalitate gauderet, supernæ benedictionis munus indulsit. Faciat tibi Christus noster nec custoditæ integritatis fructum perire, nec munera nuptiarum. Sic virginitas prosit ad sobolem, ut castitati tuæ fecunditas nihil decerpat: et miro dispensationis arcano, nec sæculo, dum pater es, pereas, nec Dei gratiæ, dum pudicus. Veniat super te quod Isaac juniori filio pie inductus optavit. Illis domum socrus auspiciis uxor intrœat, quibus ad Tobiæ penetralia nurus accessit, sit tibi causa perfectæ dilectionis in conjuge, in te virginitas custodita. Solam illam deputatam tibi noveris, cui te quasi non esses, ex mundi fæce servasti. Ecce quia venire non potui, oratione non desum. Domine mi, spero ut, honore salutationis accepto, quæ a me directa sunt, dignanter accipias.

Que vos vœux trouvent dans le conseil divin un favorable accueil; qu’à vos noces vienne Dieu lui-même qui accorda au premier père, encore en possession de l’immortalité originelle, la faveur de sa bénédiction. Daigne notre Christ vous accorder de ne perdre ni le fruit de la vertu que vous avez gardée, ni les avantages des noces. Qu’ainsi la virginité tourne à l’avantage de la famille, et que votre chasteté n’y perde rien ; par un dessein admirable de la Providence, le siècle ne perdra rien en vous, puisque vous serez père, ni la grâce divine, puisque vous serez pudique. Obtenez ce qu’Isaac, pieusement sollicité, souhaita à son fils le plus jeune. Que votre femme entre dans la maison de sa belle-mère sous ces mêmes auspices qui accompagnèrent au foyer de Tobie sa belle-fille. Trouvez en votre épouse le motif d’un amour parfait et qu’elle le trouve en vous dans la virginité si fidèlement gardée. Croyez que celle qui vous est choisie est l’unique à laquelle, comme si vous n’étiez pas de ce monde de corruption, vous vous êtes gardé. Je n’ai pu venir, mais je suis présent par la prière. Je vous salue et j’espère, cher seigneur, que vous daignerez agréer mon envoi.

 

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