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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:41

  À la mort de Childebert, Clotaire hérita de l’intégralité du royaume de son père Clovis. Il devint alors le deuxième roi de France.clotaire1er

   Clotaire eut l’ambition de son père sans en avoir les vertus. Il reconstitua le royaume de Clovis, mais n’exerça pas avec la même autorité ni la même sagesse. Loin d’administrer son royaume dans l’intérêt de ses sujets, il combattit les siens et mena des guerres qui dévastèrent les terres, tuèrent des gens et ruinèrent l’économie.

 

  À la mort de son père, Clotaire a 14 ans. Du royaume divisé entre les quatre fils duclo-clot-chil-thie roi des Francs, il hérite de la plus petite portion mais c’est celle dont son père avait lui-même hérité. Le voilà roi de Soissons, royaume exigüe, mais compensé par l’aspect historique de celui-ci. Composé d’importantes cités gallo-romaines devenues sièges épiscopaux, comme Laon, Noyon, Cambrai, Arras, Thérouanne et Tournais le royaume de Clotaire comprend logiquement Soissons, avec son riche palais qui avait été la résidence successive des proconsuls romains (Aetius, Egide, Paul, Syagrius), ainsi que de son père Clovis.


   Vers 520, Sigismond roi de Burgondie fait étrangler son fils Sigéric qu’il soupçonne de vouloir lui ravir le trône. Les héritiers de Clovis apprenant la nouvelle, décident d’aller punir Sigismond qui est de plus le cousin de la reine Clotilde. C’est aussi et surtout l’occasion de s’emparer de la Burgondie. Clotaire, Childebert et Clodomir lèvent donc des troupes, tandis que Thierry, gendre de Sigismond ne participe pas à l’expédition. Les trois frères, s’imposent face aux armées burgondes, et s’emparent du territoire. Clodomir étant le seul à avoir une frontière attenante à la Burgondie, c’est lui qui prend possession des terres, Clotaire et Childebert se dédommageant probablement  avec le trésor royal.

Sigismond a été capturé par Clodomir. Mais Gondomar, son frère, reçoit l’appui de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths installés en Italie, et reprend possession de la Burgondie. Voilà qui ne plait guère à Clotaire et Childebert qui ne se privent pas d’en faire le reproche à leur frère. Humilié, Clodomir fait éxécuter Sigismond et sa famille, puis, en 524, repart à la conquête de la Burgondie.

  Cette fois-ci, c’est Thierry qui l’accompagne. Les deux frères ne rencontrent que peu de résistance. Rapidement dominé, Gondomar se réfugie dans les Alpes. Clodomir se rue à sa poursuite, mais prit dans un embuscade, il perd la vie.

  Mis rapidement au courant des événements, Clotaire décide de tirer les marrons du feu. Pendant que Thierry regagne l’Austrasie, et que Childebert hésite sur les décisions à prendre, il entre dans Orléans avec sa truste et envahit le palais où se trouvent encore Gontheuque, la femme de Clodomir, avec ses trois jeunes fils. Malgré les protestations de la jeune femme, il déclare qu’elle devient son épouse. Du même coup, il prend possession du royaume de Clodomir ainsi que de son trésor. Clotilde, apprenant la mort de son ainé et le sort fait à sa veuve, se rend aussitôt à Paris et demande à Childebert de réclamer pour elle ses trois petits-fils. Clotaire les remet volontiers aux envoyés chargés de cette mission. Il possède maintenant sans opposition de ses frères, le beau royaume de Clodomir : toute la moyenne et basse vallée de la Loire, avec ses places fortes, ses vignes et ses vergers. Il ne demande pas autre chose. Ces trois gamins n’auraient fait que lui compliquer la vie.


  La situation matrimoniale de Clotaire est fort compliquée, si comme ses frères, il a été élevé dans la foi catholique, il a conservé certaines coutumes héritées de ses ancêtres germaniques.  Il est luxurieux, avide, et désire s’approprier territoires et richesses par n’importe quel moyen. Et les femmes font parties de ces moyens. Il avait épousé, quand il avait à peine vingt ans, une jeune fille du nom d’Ingonde qui appartenait à son entourage et qui était probablement de basse extraction. Nous ne savons rien d’elle, sinon qu’elle mit au monde successivement cinq fils et au moins une fille. Celle-ci qui portait le nom de Closinde, épousa plus tard le roi des Lombards Alboin. Les deux premiers fils, Gonthier et Childéric, moururent en bas âge. Les trois suivants, Charibert, Gontran et Sigebert, devaient grandir dans l’ombre de leur père et hériter d’une partie de son royaume.

  On pouvait supposer qu’Ingonde, quand son royal mari fit de Gontheuque sa femme, protesta avec véhémence ; qu’il y eut même entre eux une entrevue orageuse. Il n’en fut rien ; car Ingonde, n’étant pas princesse de sang, était tolérée dans la maison du roi, qui était plus son maître que son époux. C’était là un statut très commode, pour le maître comme pour son épouse morganique. Le maître pouvait en effet s’en défaire quand il voulait, car c’était un lien précaire ; et l’épouse se trouvait de toute façon heureuse d’avoir été choisie, elle, femme de condition modeste, pour entrer dans le lit du maître. Tandis que Gontheuque étant de haute noblesse, il était légitime que le roi l’épousât. Et l’on peut d’autant moins parler de rivalité entre les deux femmes que Clotaire avait choisi l’une par amour et l’autre par intérêt. La seconde tout en ayant des droits théoriques supérieurs, n’était en fait qu’une royale prisonnière.

  Ces mœurs apparaissaient clairement dans une anecdote que nous rapporte sans broncher le pieux Grégoire de Tours. Alors que Clotaire n’avait encore pour épouse qu’Ingonde, qu’il aimait passionnément, celle-ci lui tint ce propos :

_ Mon maître a fait de sa servante selon son bon plaisir, et lui a ouvert son lit. S’il veut mettre le comble à ses bienfaits, que mon seigneur le roi veuille écouter une demande sa servante. Daignez, je vous en prie, choisir pour ma sœur, qui est votre esclave, un mari agréable et fortuné, pour que je n’en sois plus humiliée, et que, enorgueillie, je vous serve plus fidèlement.

  Clotaire se rendit donc dans la ville où était restée sa belle sœur Arégonde, pour voir à quoi celle-ci ressemblait, et ainsi choisir à qui il l’a mariera. Clotaire fut ébloui par la beauté de la jeune femme. « Le roi qui était débauché à l’excès, dit Grégoire de Tours, fut enflammé de passion pour Arégonde ; et il se l’associa par un mariage ». On voit ce qu’est ce type d’union : celui qui, selon la coutume germanique, permet à un homme de condition élevée de prendre officiellement une femme de condition inférieure, en attendant de s’unir pour la vie à une autre, choisie dans sa caste. C’était cette sorte d’union qu’avait pratiquée Clovis avec la mère de Thierry avant d’épouser Clotilde. Mais Clovis pour autant que nous puissions le savoir, n’avait alors qu’une seule concubine, qu’il renvoya lorsqu’il eut conclu un mariage légitime. Clotaire, lui, non seulement ne renvoie pas Ingonde quand il épouse la reine Gontheuque, mais il lui ajoute une nouvelle concubine : une véritable polygamie. Et qu’en pensaient les évêques gaulois ? Il semble bien que, tout en prêchant la sainteté du mariage monogame, ils toléraient, comme impossible à éviter, cette coutume ancestrale d’un peuple trop fidèle à sa loi.

  De retour à son palais, Clotaire déclara à Ingonde qu’il avait trouvé l’époux parfait pour sa sœur : lui-même ! Elle n’en fit pas un drame, le principal était de ne pas se faire chasser du palais. Et Arégonde donna naissance à un fils, Chilpéric, nom du grand-père maternel de Clotaire.


  En confiant les enfants de Clodomir à Clotilde, Clotaire semble avoir oublié qu’ils sont les héritiers légitimes du royaume de leur père. Or, ces enfants vont grandir, être éduqués, instruits, entrainés à la guerre, et un jour réclameront leur dû.

  Clotaire et Childebert ne l’entendent pas ainsi, ils se réunissent pour prendre une décision sur la conduite à tenir. Deux options leur apparaissent : soit les héritiers ont le crâne tondu, ce qui signifie leur destitution ; soit, ils doivent mourir.

  Clotilde reçoit un message de Childebert et Clotaire, l'invitant à leur faire parvenir Théodebald, Gunther et Clodoald afin de proclamer leur royauté. Mais aussitôt arrivés,massacre-enfants-de-clodomir Clotaire assassine l'aîné, Théodebald, d'un coup de couteau dans l'aisselle. Épouvanté, Gunther se jete aux pieds de Childebert qui, choqué est sur le point de céder aux suppliques de son neveu, mais Clotaire lui fait alors remarquer qu'il était à l'origine de l'entreprise, Childebert repousse alors Gunther contre Clotaire qui l'égorge. Au moment de s’en prendre à Clodoald, celui-ci a disparu. Ses protecteurs, probablement d’anciens amis de son père, avait réussi à le soustraire à ses odieux oncles, puis le conduisirent en Provence, hors de portée de ceux-ci. Ayant préféré renoncer à la royauté plutôt qu'à la vie, il se fera tondre les cheveux. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, il deviendra par la suite abbé de Nogent-sur-Seine, lieu qui prit ensuite le nom de Saint-Cloud.

 

  En, 531, Thierry annexe la Thuringe. La conquête n’a pas été facile et Thierry a même dû faire appel à Clotaire pour triompher. Naturellement, Clotaire a droit à sa part du butin, mais il se montre trop gourmand, et les deux frères n’arrivent pas à s’entendre. Il se montre à ce point insupportable que Thierry projette de se débarrasser de lui. Mais il manque un peu d’imagination et le piège qu’il temps à son frère est trop grossier : S’étant installé dans la résidence principale de rois de Thuringe, il fait appeler Clotaire pour discuter à nouveau des suites de leur victoire. Les murs de la pièce où il siégeait étant luxueusement couverts de tentures ; derrière lesquels des guerriers armés étaient posté, mais il n’avait pas remarqué que leurs pieds dépassaient. Clotaire entre dans la pièce, voit tout de suite le danger, fait immédiatement demi-tour, puis revient au bout de quelques minutes entourés de solides antrustions. Le guet-apens a échoué, et bien évidement, Thierry s’excuse d’avoir fait peur à son frère auquel, bien entendu, il ne veut aucun mal.


  Les deux frères finissent par s’entendre sur le partage du butin. À une exception près :radegonde01 la fille du roi défunt Berthar, qui n’a pas fui devant les combats. Elle s’appelle Radegonde, elle a douze ans. La jeune fille est très belle et est de sang royal, aussi les deux frères ont-ils l’intention de l’épouser lorsqu’elle aura atteint l’âge de se marier. La querelle reprend de plus belle jusqu’à ce que Clotaire menace Thierry de prendre les armes s’il ne cède pas. La campagne contre les Thuringiens a été prolifique, à quoi bon risquer de tout perdre pour une femme se dit Thierry, qui renonce à la princesse.

Clotaire emmena donc Radegonde avec ses esclaves et ses trésors dans l’une de ses villas, à Athies, dans les sud-est de l’actuel département de la Somme. Il la fit élever comme une future reine ; non seulement il l’entoura d’un luxe royal, avec des servantes dévouées et des gardes efficaces, mais il lui fit donner une éducation intellectuelle et religieuse.

Quand Radegonde fut en âge de prendre époux, Clotaire ordonna que l’on prépare la cérémonie de mariage. Mais la jeune femme déteste son futur époux, très pieuse, il n’estRadegonde_a_la_table_de_Clotaire.JPG pas question pour elle d’épouser cet homme violent et libidineux. Elle décide donc de prendre la fuite[1]. La rocambolesque escapade est un échec, Radegonde s’en remet donc à la Providence. Elle sera l’épouse de Clotaire et reine des Francs. 

Une épouse bien distante en vérité, qui ne vit pas à la cour et qui lorsqu’elle partage le lit de son époux lui fait bien comprendre son désintérêt.

 

 

 

[1] voir l'article : Radegonde, épouse de Clotaire Ier

Image 1 :  Portrait de Clotaire 1er éxécuté par Jean-Louis Bézard (2ème quart du 19e siècle)

Source : Clotaire Ier Fils de Clovis, Ivan Gobry éd. Pygmalion _ Venance Fortunat, Vie de Radegonde

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 15:15

                        Les arènes d'Arles

sergei_chepik_les_arenes_d_arles.jpg

  Sergei est un artiste Russe, Français d'adoption.

  Âgé d'une trentaine d'année, Sergei Chepik osa mettre en images en une allégorie saisissante l’horreur et la faillite du système communiste. La maison des morts est l’œuvre d’un peintre maîtrisant son art avec une originalité et une puissance aux antipodes deschepik-work2.jpg banalités de l’art contemporain. Le tableau, achevé en 1987, ne fut pas exposé en Union soviétique : interdit. Chepik aussitôt choisit la voie de l’exil, s’installa en France et épousa Marie-Aude Albert, universitaire et spécialiste de la littérature russe. Il vient de mourir, ce 18 novembre, dans son atelier de Montmartre, à l’âge de 58 ans.

  En ces temps où trivialités, obscénités, profanations d’artistes de cour que nos deniers publics bichonnent et subventionnent, le départ inattendu de Sergei Chepik refocalise l’attention sur l’art véritable.

                        Le théâtre d'Arles

sergei_chepik_theatre_d_arles.jpg

  Chepik l’orthodoxe était profondément croyant ; tel le Gréco, il pouvait montrer une humanité torturée mais comme lui, Chépik révélait aussi la lumière du Christ, l’espoir de la Rédemption qui peut tout transfigurer.

   Son œuvre témoigne d’une autre modernité, celle qui n’a pas rejeté toute la tradition de l’art, celle qui se développe toujours en esquissant son propre chemin vers le vrai, le bien et le beau.

Chepik-resurrection                        La résurection
 sergei chepik cabaret                                Cabaret
 sergei chepik russian tale                  Conte Russe, Ivan Durac
 chepik-the nativity2                 La sainte vierge (ou la nativité)

 

Hommage à Sergei Chepik sur Scripta manent

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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 07:51

                VERCINGETORIX

 

     Chapitre I  Le pays d'Auvergne

 

6. Le Puy de Dôme

 

Le Puy de Dôme était pour l’Auvergne à la fois roi légitime et tyran capricieux. Il avait la cime dominatrice de tout le pays. Assurément, avec ses 1.465 mètres, elle est moins haute que le Puy Mary ou le Puy de Sancy : mais les anciens ignoraient sans doute cette infériorité, et le Puy de Dôme devait leur paraître plus grand que tous.

Les autres se font jour dans des fouillis de montagnes : il se dresse en face de la plaine même, il y prend presque pied, ainsi que le colosse de Rhodes prenait pied dans la mer. Il est, pour tous les hommes de la campagne, importun, obsédant, inquiétant. On ne peut, dans la Limagne, détacher les yeux de la terre sans le voir, lui ou son ombre. Il apparaît à l’extrémité de presque toutes les rues de Clermont. Quand il ne ferme pas l’horizon, il le domine de son buste net, majestueux, sombre, et jamais impassible.

C’est de lui que les paysans de la plaine et les vignerons du coteau attendent, avec angoisse, le salut ou la ruine. Si le soleil sourit sur la cime, la journée sera belle, et on mettra la moisson à l’abri. Mais c’est aussi autour de ses flancs que s’amoncellent les nuages que l’on redoute, et parfois, à les voir naître sur ses pentes, on peut croire qu’il les a formés.

Lui, il ne souffre pas de la tempête qu’il déchaîne. Trouvez-vous sur le Puy de Dôme, àorage-puy-de-dome.jpg l’une de ces heures d’orage qui terrifiaient les anciens. Le spectacle est émouvant. Au-dessus de la tête, le ciel bleu et un tiède soleil qui caressent les rochers ; aux pieds, les nuages noirs qui se déroulent et la foudre qui crépite. — Si Gergovie était un admirable refuge pour les hommes, le Puy de Dôme était un incomparable séjour pour une divinité : et, lorsque les Gaulois s’y réunissaient près d’elle, ils pouvaient n’avoir plus rien à craindre, si ce n’est l’improbable chute du ciel.

 

7. La Limagne

 

À côté de ces éléments de grandeur et d’épouvante, le sol arverne renfermait une Limagnes.jpgabondante source de richesse, de travail et de calme : la plaine de la Limagne. Le contraste entre cette claire vallée et l’ombre noire du Puy de Dôme, entre la masse énorme de montagnes qui couvrent les trois quarts du pays et cette couche grasse de limons fertiles, nul peuple ne le présentait en Gaule au même degré que les Arvernes. — Seuls encore, les Éduens revendiquaient à la fois les sommets du Morvan et les plaines du Beaujolais et de la Bourgogne : mais, de même que ceux-là étaient moins superbes, celles-ci étaient moins fécondes.

Cette Limagne, où certaines terres valaient récemment 28.000 francs l’hectare, exerça sur les anciens un réel enchantement. On la dit si gracieuse et si gaie ! répétaient les Barbares. Au printemps, tout y apparaissait vert et fleuri, les prés, les vignes et les blés ; elle n’avait même pas de bois qui fit sur son tapis d’émeraude une tache plus sombre. Elle limagne-bourbonnaise.jpgdevint pour les Chrétiens l’image du Paradis, quand du moins l’Enfer ne la troublait pas de ses orages. Les voyageurs s’y arrêtaient, pour oublier la patrie de leur naissance comme dans une patrie du bonheur. Les Arvernes ne s’éloignaient qu’en pleurant de cette terre dont les glèbes renfermaient de mystérieuses richesses, de cette mer d’épis que le vent agitait de vagues sans colères.

L’Auvergne avait donc tout ce qui faisait la fortune foncière d’un Gaulois : le lait des pâturages, le gibier des bois, le blé des plaines.

 

À suivre...

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 07:34

  À la mort d’Auguste, en 14 après Jésus-Christ, l’Empire romain aurait compté, sans la Bretagne, 54 millions d’habitants pour une superficie totale de  3 339 500 km², soit 16 habitants au km² et sa partie européenne 23 millions d’habitants pour une superficie de 2 231 000 km², soit 9,7 habitants au km². Pour préciser la répartition régionale, on partira des calculs de Karl Julius Beloch (1886)


Contrées Superficie en km² Nombre d'habitants Densité
Italie 250 000 6 000 000 24
Sicile 26 000 600 000 23
Sardaigne et Corse 33 000 500 000 15
Espagne 590 000 6 000 000 10
Narbonnaise 100 000 1 500 000 15
Gaule 535 000 3 400 000 6,3
Provinces danubiennes 430 000 2 000 000 4,7
Grèce 267 000 3 000 000 11,2
Total 2 231 000 23 000 000 9,7

 

  Ce tableau comporte évidement une très large part d'hypothèses. Bien que les méthodes se soient affinées et que la documentation ait augmenté, grâce aux découvertes épigraphiques de ces dernières décénnies, les résultats ne sont guère plus assurés qu'à l'époque ou Beloch écrivait. En ce qui concerne la population de l’Empire on en reste à l’évaluation fruste de 50 millions d’habitants, dont environ la moitié en Europe. Ce bilan n’a rien de certain, il est au mieux vraisemblable.

  En ce qui concerne l'Italie, les évaluations varient entre 6 et 20 millions. Les plus modestes sont les plus dignes de foi. On sait qu'en 48 ap. J.C., le nombre des citoyens romains s'élevait à 5 948 072 habitants ; déduction faite de ceux qui vivaient hors d'Italie, mais compte tenu des enfants et des esclaves, on devait retrouver un total de 7 millions.

  La population espagnole a été évaluée à partir d'un renseignement de Pline qui concorde assez bien avec les calculs de Beloch et de J.C. Russell (1958).

  Pour la Gaule hélas, les estmations sont très disparates : Camille Jullian (entre 1908 et 1920) évoque une Gaule de 20 à 30 millions d'habitants au moment de la conquête romaine. Albert Grenier (en 1937) en propose 15 à 20 , et reproche à Beloch de réduire la population à 4,9 millions (dans le cadre de l'Hexagone) dans le but de minimiser la fécondité de la femme française. Le travail de ce dernier est toutefois largement fondé sur la vraisemblance de densités attendues.

On attribue souvent à la Rome d'Auguste une population de plus de 500 000 habitants, sans autres précisions. Il est vrai que la question de la  population romaine a mobilisé les historiens de l'Antiquité dans de longues querelles érudites. La chronique de saint Jérome attribue 463 000 habitants à la ville, mais cette évaluation n'a apparemment aucun fondement et résulterait d'une confusion. Il y a des estimations plus déraisonnables tablant sur 1,6 millions d'habitants. Ces incertitudes sont nourries par une documentation qui a parfois suscité de grands espoirs vite déçus. À partir d'une notice du IVe siècle ap. J.C., beaucoup de discussions se sont greffée autour de la définition de l'insula qui peut être soit un immeuble, soit un simple logement : dans le premier cas Rome aurait eu 200 000 habitants; 950 000 dans le second. Problème insoluble en fait. Une seule chose est certaine, Rome a connu son apogée au IIe siècle ap. J.C. et comptait alors plus de 500 000 habitants.

 

Source : Histoire des populations de l'Europe - J-P Bardet & J Dupâquier éd. Fayard

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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 08:40

              VERCINGETORIX

 

     Chapitre I  Le pays d'Auvergne

 

4. Isolement relatif de l'Auvergne

 

Au contraire, si l’Auvergne domine les plus grandes routes de la Gaule, aucune ne traverse son territoire. Elles le bordent, l’enserrent, forment un chemin de ronde autour du plateau central, elles ne le gravissent pas. Les fleuves y abondent en directions variées : autour du Puy Mary ou du Plomb du Cantal, il y a, dans tous les sens de l’horizon, unrelief_auvergne.jpg rayonnement de rivières tel qu’il ne s’en trouve peut-être nulle part en France. Mais ces rivières ne peuvent recevoir bois ou barques que lorsqu’elles ont franchi les frontières du pays d’Auvergne ; elles ne sont qu’en dehors de lui des chemins qui marchent ou qui portent. La seule qui fût autrefois praticable était l’Allier à partir de Jumeaux, et elle coule vers le Nord.

De tels cours d’eaux étaient de médiocres voies de pénétration. De plus, aux limites mêmes de l’Auvergne, d’épaisses barrières gardaient le pays. Au Sud, les neiges, les forêts, les torrents, sans parler des légendes et des bêtes fauves, rendaient les Cévennes presque toujours infranchissables. À l’Est et à l’Ouest, des bois sans fin, et tout aussi redoutables, arrêtaient le voyageur : Gévaudan, Rouergue, Limousin, Combrailles, Forez, ces pays de sombres profondeurs et de peurs tenaces étaient les voisins immédiats des terres arvernes. Même au Nord-Ouest, du côté de Néris et de Montluçon, qui appartenaient aux Bituriges, la frontière était marquée par une forêt, celle de Pionsat, chère aux chasseurs de sangliers, aux ermites du Christ et aux dragons de Satan. Sans doute, au Nord, l’Allier donnait un accès facile à ceux qui venaient de chez les Éduens ou les Bituriges, placés, à partir de Moulins, des deux côtés de la rivière ; mais à cet endroit encore, la marche vers l’Auvergne était entravée par les landes, les étangs et les marécages de la Sologne bourbonnaise, et des bois longeaient les deux rives du fleuve, assez épais pour cacher des milliers d’hommes.

De tous les peuples de la Gaule centrale, les Arvernes avaient reçu en partage le domicile le plus isolé. Aucun n’était mieux chez lui que celui-là, à l’abri des curiosités ou des ambitions voisines. Mais aucun n’avait affaire à une nature plus puissante, à un sol plus robuste ; nul n’avait besoin de plus de travail et de plus de courage.

 

5. Plateaux et montagnes

 

Puisqu’en dehors de la Limagne l’Auvergne manquait de routes naturelles, les tribus qui l’habitèrent ont dû chercher et frayer elles-mêmes leurs pistes et leurs sentiers dans la montagne ; et, comme le rocher est ininterrompu sur 25 et 30 lieues, depuis Riom jusqu’à  Mauriac, depuis Langeac jusqu’à Monlsalvy, comme il y  a, entre le sommet le plus haut et le point le plus bas  de l’Auvergne (l’Allier près de Moulins, 209 mètres), 1.677 mètres de différence, il a fallu qu’un véritable corps à corps s’engageât partout entre l’habitant et la montagne.

Ce mariage de l’homme et de la nature, qui forme toute société, a été précédé, sur les plateaux bouleversés de l’Auvergne, par de violentes attaques et des résistances victorieuses. Les rochers voisins du Puy de Dôme, entaillés il y a vingt siècles pour laisser passer la rampe abrupte de la voie romaine, portent la trace visible encore d’un de ces combats. Les sentiers les plus anciens de l’Auvergne ont peut-être été ceux qui, la traversant de part en part, unissaient la Limagne aux bains du Mont Dore, ne reculant devant aucune fatigue : l’un gravissait, au sortir de la vallée de la Dordogne, les pentes escarpées de la Grande Cascade ; l’autre, près de Saulzet-le-Froid, traversait les terres les plus glaciales de la chaîne des Puys.

Sur ces rampes et ces plateaux, il faut batailler à la fois contre la terre qui repousse et contre le ciel qui attaque. L’orage y éclate subitement, en sourds grondements et en pluiesorage-eclair-montagne-ai-lac-865725.jpg diluviennes. C’est le danger qui dut épouvanter le plus les hommes d’autrefois, par sa violence et sa soudaineté. Contre lui, aucun abri n’est assez touffu. En deux heures, une averse de tempête suffit à détruire une route, inonder une ville, engloutir des familles entières. La vie politique et religieuse de l’Auvergne est pleine de la peur de ces ouragans qui brisaient les corps et ébranlaient les âmes. Mais parfois ils tournaient au salut de quelques-uns : à l’époque mérovingienne, la plus fertile de toutes en miracles, la foudre frappait les impies, brûlait les foins, tuait les troupeaux, et ne touchait pas aux tombes des saints arvernes ; si les pluies coupaient les routes, elles respectaient les reliques et aidaient aux conversions. L’homme ne cessait de voir, dans ces violences du ciel, l’acte d’une puissance divine.

Plus haut que ces routes qui sillonnaient le plateau, se dressaient, telles que des statues sur une base commune, les cimes isolées des Puys. L’Auvergne a ceci de particulier qu’elle présente la montagne par-dessus la montagne. Sur la masse, tourmentée et crevassée, de granit et de porphyre, émergent du milieu de leurs coulées de laves les grands sommets volcaniques, le Puy Mary, le Puy de Sancy, le Puy de Dôme. — Et aucun d’eux ne ressemble aux autres. Chacun a sa physionomie propre, ses ruisseaux, ses caprices, les couleurs de ses flancs, les nuances de ses nuages. Peu de montagnes gauloises étaient aussi personnelles, avaient une individualité plus distincte, plus agissante.

Aux temps reculés, où les tribus humaines redoutaient la plaine découverte et cherchaient dans les montagnes un abri pour leurs villes et un asile pour leur foi, où l’homme, adorateur des hauts lieux, plaçait sur les plateaux solitaires ses cités saintes et sur les sommets les autels de ses dieux, l’Auvergne offrait à une peuplade celtique des ressources intenses de vie publique et religieuse. Pour les aires municipales, elle avait d’imprenables plates-formes, telles que celle de Gergovie ; pour les sanctuaires de la divinité, elle avait des sommets magnifiques, ceux des Puys. — Certes, elle n’était pas la seule région des Gaules où l’on pût élever des cités dans des conditions pareilles, et le plateau du Beuvray en Morvan, qui portait la ville éduenne de Bibracte, ressemble à celui de Gergovie. Mais, à côté du Mont Beuvray, il manquait aux Éduens un sommet divin, comme celui du Puy de Dôme.

 

À suivre...

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 06:30

  Trois amphores remplies de monnaies romaines ont été découvertes dans un champ de l’Isle-Jourdain, à une trentaine de kilomètres de Toulouse. Un trésor dont la piste était connue des services d’archéologie, qui gardaient le secret depuis plusieurs mois.

Les bénévoles s’en doutaient depuis plusieurs mois, le champ de maïs de l’Isle-Jourdain contenait bien plus que les quelques pièces de monnaie collectées à sa surface au début de l’année. Pendant le week-end de la Toussaint, les archéologues y ont trouvé et mis en sécurité trois amphores, toutes emplies de monnaies romaines. Les pièces de bronze ont été frappées entre 290 et 310 de notre ère à Rome, Londres, Lyon, Carthage ou Trèves. Une découverte très importante d’après le conservateur régional de l’archéologie, Michel Vaginay, « dans la mesure où des dépôts de ce nombre-là, pour cette période-là, ne sont pas fréquents ».40000-monnaies-romaines-dans-le-jardin-d-E2-80-99un-pav.jpg

   L’origine de la découverte remonte aux années 1990. Une revue mentionne quelques pièces et divers objets, retrouvés dans un champ de la commune. C’est assez pour éveiller la curiosité de bénévoles qui vingt ans plus tard,  retrouvent la parcelle citée et découvrent dans la terre labourée deux cent cinquante pièces. Ils préviennent alors les services archéologiques, qui concluent un accord avec le propriétaire du champ : des fouilles seront organisées, mais après les récoltes de maïs. En attendant, décision est prise de ne pas ébruiter l’affaire afin de ne pas attirer les pilleurs. Une stratégie efficace puisque les milliers de pièces romaines ont été mis au jour sans encombre.
    

  « La grande surprise a été de retrouver seulement maintenant le trésor », commente le maire de la commune. Les récipients étaient en effet enterrés très près de la surface du sol, si près que les labours avaient éventré les amphores, libérant ainsi les pièces retrouvées au début de l’année. Peut-être le propriétaire avait-il enterré ses économies peu profondément, mais il est également possible que des générations d’agriculteurs aient arasé le sol.

   À la fin du IIIe siècle, l’Isle-Jourdain était probablement un relais routier. Michel Vaginay suppose qu’un riche propriétaire foncier désireux de protéger ses économies y aurait alors enterré son pécule. Rome et ses provinces vivaient en effet une période de crise et de dévaluation monétaire, ce qui explique les grandes variations de poids entre les différentes monnaies du trésor, « de dix à cinq grammes ». « En vingt ans, on a divisé par deux le poids des monnaies », explique le conservateur. Reste maintenant à trancher la question des droits de propriété. Les services de l’Etat devront définir ce qui revient à l’Etat, aux inventeurs et au propriétaire du terrain.

 

Source : artclair.com

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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 06:32

                VERCINGETORIX

 

      Chapitre I - Le pays d'Auvergne

 

2. Des routes qui y conduisent

 

Par sa masse et par sa hauteur, elle commande toutes ces routes.

Voici, à droite, la voie du Rhône et de la Saône, par laquelle Grecs et Romains ont civilisé ou conquis le monde barbare, Gaulois et Germains ont envahi le monde classique, la grande voie de lutte et de pénétration du Nord et du Midi. Au nord du Mont Pilât, qui est le premier mont méridional de la France, la coupure de la vallée du Gier s’ouvre entre le plateau central et la plaine du Rhône : elle débouche précisément entre les deux plus importants carrefours de cette plaine, entre le coude du Rhône et l’embouchure de l’Isère, en face de la ville de Vienne qui fut, avant l’arrivée de Jules César, l’avant-poste romain du côté de la Barbarie celtique et germaine.

Du haut du Mont Mézenc, qui marqua longtemps, vers le Sud-Est, la fin de la domination Mont Mezencdes Arvernes, ils voyaient se dérouler au Midi la large plaine narbonnaise, peuplée de villes, encombrée de tribus, riche en cultures, qui s’étalait entre l’Italie et l’Espagne, entre l’Aquitaine de l’Océan et la Ligurie méditerranéenne. Là s’étaient heurtés pour la première fois Hannibal et Rome, dans le duel où se décida le sort de l’Occident. De ce côté, le plateau finissait brusquement, tombant sur la plaine en ravins abrupts ; les Cévennes fermaient, d’une muraille presque sans jointure, l’Auvergne et ses dépendances : à peine çà et là quelques défilés, connus des hommes en temps d’été, tels que le col du Pal entre l’Ardèche et la Loire, sur la ligne la plus courte qui menât de Marseille à Gergovie.

Au Nord et à l’Ouest, au contraire, point de rampes ardues ni de sentes mystérieuses. Le plateau descendait vers les fleuves en pentes douces, aussi aisément qu’ils descendaient eux-mêmes vers l’Océan. Les Arvernes n’avaient qu’à se laisser glisser, eux et leurs ambitions, le long des cours d’eau de leur pays, pour arriver sans encombre à la Loire et à la Garonne, vieilles routes sans cesse sillonnées de clans en quête d’aventures et de caravanes de marchands.

 

3. Auvergne et Morvan


Un seul pays, dans la Gaule centrale, ressemblait à l’Auvergne, et se dressait ainsi en donjon massif au milieu de roules et de rivières : le Morvan, domaine exclusif du peuple des Éduens, était également une citadelle compacte, assise sur un socle de granit ; et de là aussi, des eaux descendaient vers les deux mers, vers la Seine et la Loire de l’Atlantique, et vers le Rhône gréco-romain.

Mais le plateau éduen n’était qu’un raccourci du plateau central ; il n’en avait pas l’étendue, ni les contreforts vigoureux, ni la robuste carrure, ni le noyau retranché ; son sommet le plus élevé (Bois du Roi, 902 mètres) n’atteignait pas à la moitié du plus grand puy d’Auvergne (Puy de Sancy, 1 886 mètres). Il est sans doute plus près que son rival (mais de si peu !) des routes de la Seine et de la Maine : il est en revanche complètement séparé par lui de la route historique des villes du Midi.

Le Morvan eut un seul avantage : il inclinait mollement vers les coteaux et les vallons de la Bourgogne ; et par là les terres éduennes s’unissaient librement aux plaines de la Saône et du Rhône, alors que la principale ouverture de l’Auvergne, la vallée de l’Allier et la Limagne, se dirigeait uniquement vers le Nord. Les Arvernes faisaient front aux bassins de l’Océan ; les Éduens, maîtres de la Côte d’Or, tenaient la tête de celle roule, droite et gaie, entremêlée de vignes et d’eaux vertes, qui commence à Beaune et qui finit à la mer des cités antiques. Ceux-là regardaient surtout vers les terres d’où étaient venus les Gaulois ; ceux-ci aspiraient aux pays par où les Romains arrivaient.

Ces tendances méridionales des Éduens étaient fortifiées encore par la situation de leur territoire dans le réseau des vallées fluviales. C’est un lieu de passage et de portage. Veut-on, en remontant la Saône, gagner par le chemin le plus commode la Loire navigable : on pénètre en pays éduen par les vallées recourbées de la Dheune, de la Bourbince et de l’Arroux ; vise-t-on l’Yonne ou la Seine, on a la vallée de Touche, qui conduit chez les Éduens ou chez leurs clients d’Alésia. Routes point trop longues, sans montées terribles, sans neiges intolérables : que peuvent être, à côté d’elles, les sentiers du Velay et l’étroite percée du Gier, les seuls passages par lesquels on puisse aborder, en venant du Rhône et du Midi, les terres du peuple arverne ?

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Entités paysagères du Morvan      

La « Dorsale boisée »      

Le « Morvan des 400 m »      

Les « Piedmonts »      

Les « Franges »      

Limites du parc naturel régional du Morvan

 

À suivre...

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 08:14

   La croyance à la résurrection des morts est générale dans l’Antiquité. Elle n’est pas une invention des druides, comme on pourrait le conclure à la lecture de Jules César, Pomponius Méla et Lucain : « Les druides, raconte César, veulent surtout persuader quedruide2.jpg les âmes ne meurent point, mais que des uns elles passent à d’autres après la mort ; ils pensent que c’est par cette croyance que principalement on excite le courage en ôtant aux hommes la crainte de la mort ». Quant à Méla, il affirme que « des doctrines enseignées par les druides à l’aristocratie, une seule s’est répandue dans le peuple, elle a pour objet de rendre les Gaulois plus braves à la guerre ; cette doctrine est que les âmes sont éternelles et qu’il y a une seconde vie chez les morts ». S’adressant aux druides, Lucain dit que « les ombres ne vont pas au séjour silencieux de l’Erèbe, ni dans les pâles royaumes du profond Dispater ; le même esprit gouverne des membres dans un autre monde ; si vous savez ce que vous enseignez par vos chants, la mort est le milieu d’une longue vie ». Cette doctrine est en fait une tradition antérieure au druidisme.

Un aspect presque universel dans le monde antique est la nécessité d’une barque pour arriver au séjour des morts, connue dans la littérature la plus ancienne de l’Inde. On la trouve dans les textes scandinaves, et même en Égypte. Dans son Histoire ancienne des peuples de l’Orient classique, Gasto Maspero rapporte que montée dans sa barque, l’âmebarque-celte.jpg du mort « pénétrait mystérieusement par la fente dans la mer occidentale, inaccessible aux vivants, et attendait la venue quotidienne du soleil mourant (...) La barque de ce dieu (...) s’arrêtait un moment aux frontières du jour ; les âmes instruites en profitaient pour se faire reconnaître et recevoir à bord. Une fois admises, elles prenaient part à la manœuvre et aux batailles contre les dieux ennemis ; mais elles n’avaient pas toutes le courage ou l’équipement nécessaires pour résister aux périls et aux terreurs du voyage ; beaucoup s’arrêtaient dans les régions qu’elles traversaient ».

La situation de cet autre monde varie suivant la position géographique des divers peuples celtiques. Dans La Légende de la mort chez les Bretons armoricains Anatole Le Braz remarque que les gens du continent le plaçaient volontiers dans les îles. Une tradition fixée par écrit au VIe siècle par Procope rapporte que les habitants du pays situé en face de la Grande-Bretagne avaient pour charge de conduire les âmes des morts du continent dans l’île.

Au milieu de la nuit, ils entendent frapper à leur porte, et une voix les appelle tout bas. Alors ils se rendent au rivage sans savoir quelle force les y entraîne. Ils y trouvent des barques qui semblent vides, mais qui sont tellement chargées des âmes des morts que leur bordage s’élève à peine au-dessus des flots. En moins d’une heure, ils sont arrivés au terme de leur voyage alors que d’ordinaire il leur faut une journée pour s’y rendre. Là, dans l’île des Bretons, ils ne voient personne, mais ils entendent une voix qui dénombre les passagers en les appelant chacun par leur nom.

Ce n’est que d’après la littérature épique de l’Irlande que l’on peut se faire une idée de l’Elysée rêvé par les Celtes, pays merveilleux que l’on atteignait en s’embarquant sur une barque de verre au-delà de la mer. On apercevait une grande tour transparente aux contours indécis ; dans les ouvertures des créneaux apparaissaient des formes qui ressemblaient à des hommes. Quiconque essayait d’aborder au pied de la tour était emporté par les flots de la mer. Au delà de la tour s’étendaient des plaines fertilespaysage-feerique37 plantées d’arbres étranges. Quelques-uns avaient des branches d’argent auxquelles pendaient des pommes d’or. Quand on heurtait ces pommes les unes contre les autres, elles produisaient un son si harmonieux qu’on ne pouvait l’entendre sans oublier tous ses maux. Au pied des arbres coulaient des ruisseaux de vin et d’hydromel. La pluie qui rafraîchissait la terre était de bière. Les porcs qui paissaient dans la plaine renaissaient, une fois mangés, pour de nouveaux festins. Partout une agréable musique flattait l’oreille et ravissait l’âme par ses douces mélodies.

C’était bien la vie que le Celte avait pu rêver ici-bas, Toujours jeune, toujours beau, couronné de fleurs, il passait ses jours dans de longs festins où la bière ne cessait de couler et où la viande de porc ne manquait pas. Jamais il ne s’élevait de contestations pour savoir à qui devait revenir le meilleur morceau. Les combats étaient au nombre des plaisirs du peuple des morts ; les guerriers étaient armés d’armes éclatantes ; ils brillaient de l’éclat de la jeunesse ; les batailles étaient plus acharnées et plus terribles que chez les vivants et des fleuves de sang coulaient dans la Grande Plaine. Ainsi le Celte retrouvait dans l’autre vie tout ce qu’il avait aimé sur la terre, la musique, la bonne chère et la guerre.

Cette croyance dans un prolongement de la vie a reçu des rationalistes diverses explications. Et les meilleures, s’il faut dire, ne sont guère satisfaisantes. C’est ainsi que, d’après Herbert Spencer, l’ombre mouvante des objets, l’image humaine réfléchie par les eaux, surtout les fantômes évoqués dans le rêve et l’hallucination durent suggérer aux premiers hommes la conception d’un « double », d’un corps subtil, plus ou moins séparable du corps mortel, d’un simulacre survivant à la mort et auquel on donna postérieurement le nom d’âme.

De cette croyance primitive serait dérivée la nécessité de la sépulture. Pour que l’âme secroix-celtique-int-c.jpg fixât dans sa nouvelle demeure, il fallait que le corps, auquel elle restait attachée, fût recouvert de terre. L’âme qui n’avait pas son tombeau n’avait pas de domicile. Elle était errante et misérable, et c’est elle qui, pour punir les vivants de ne pas lui avoir donné le repos auquel elle aspirait, les effrayait par des apparitions lugubres.

Mais la sépulture ne suffisait point. Et les morts avaient encore d’autres exigences. Si près des vivants, ils ne voulaient pas être oubliés d’eux ; ils requéraient des hommages, des soins particuliers. Volontaires d’abord, ces soins devinrent rapidement obligatoires, prirent la forme de rites. Ainsi se serait établi le culte des morts. Il y avait un jour de l’année surtout qui était consacré chez les anciens à ce culte.

Vivants et morts cohabitent le premier jour d’automne
Avant l’ère chrétienne, les populations celtes qui peuplaient l’Irlande, la Grande-Bretagne, le nord et l’ouest de la Gaule, célébraient le Samain ou Sahmain à la fin du mois d’octobre. Les tribus irlandaises vivaient normalement dispersées, et les sanctuaires étaient en même temps des champs de foire sans rien qui impliquât un culte permanent. La population se réunissait au centre politique et religieux des tribus (lieu où sont les tombeaux des ancêtres) et aux dates de fêtes. Il y en avait quatre principales : le 1er novembre, Samhain, marque la fin de l’été (Samos) et probablement le début de l’année. Six mois plus tard, le 1er mai, au commencement de l’été (cet-saman), tombe la fête de Beltene, ou du feu (tein) de Bel ou Bile. Entre les deux se placent à trois mois d’intervalle les fêtes de Lugnasad (mariage de Lug) le 1er août, et celle de Oimele ou Imbale le 1er février.

Ces quatre fêtes déterminaient dans l’année quatre saisons de trois mois ou quatre-vingt-cinq jours, qui paraissent avoir été coupées par d’autres fêtes les séparant en deux périodes de quarante-cinq jours chacune. Le souvenir de ces dernières n’est rappelé que par des fêtes de quelques grands saints irlandais qui tombent parfois aux mêmes dates, la Saint-Finmian en décembre, et surtout la Saint-Patrick les 15, 16 et 17 mars. Ces fêtes étaient des foires, des assemblées politiques ou judiciaires et aussi des occasions de divertissements et de jeux dont quelques-uns, comme les courses, étaient d’origine religieuse.

 

 

C’étaient surtout des assemblées religieuses, qui se déroulaient dans une atmosphère desamain.jpg mythe et de légende. On racontait qu’à Samhain s’était livrée entre les Fomore (les gens de l’autre monde) et les Tuatha Dé Danann la grande bataille des dieux, la bataille de Mag Tured. À cette date aussi le roi Muiccetach Mac Erca, ayant enfreint les défenses imposées par une fée qu’il avait épousée, fut assailli par les fantômes, et pendant que la fée mettait le feu à son palais, se noya comme Flann dans un tonneau. Le héros Cuchulainn lui-même meurt le premier jour d’automne. Les périodes de fêtes sont des périodes pendant lesquelles les esprits sont lâchés, le miracle est attendu et normalement réalisé.


Le Samhain marquait la fin de l’été et le début d’une nouvelle année. Déguisements effrayants et vivres à profusion marquaient des festivités débutant à la nuit tombée, les premiers ayant pour but de passer auprès des morts pour l’un des leurs, les seconds visant à s’attirer leurs bonnes grâces et à les dissuader de saccager les récoltes. Ce cérémonial permettait de s’assurer d’une bonne année à venir. Un feu sacré, allumé par les druides, honorait Been, le dieu du Soleil, et chassait les mauvais esprits. Chaque famille recevait une braise lui permettant d’allumer chez elle un nouveau feu, qu’elle devait maintenir jusqu’à l’automne suivant.

 

 

Source : La France pittoresque : Samain (Samhain), Toussaint, nuit d'Halloween et Fête des morts

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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 00:06

Camille Jullian (1859-1933), qui avait été l’élève du géographe Vidal de la Blache et de l’historien Fustel de Coulanges, a été un des grands historiens de la Gaule. Ses ouvrages font toujours référence. Il a publié notamment une Histoire de la Gaule, en huit tomes (1908-1920) et, un Vercingétorix, son œuvre la plus connue.

Paru pour la première fois en 1901, ce Vercingétorix a connu, jusqu’à aujourd’hui, une quinzaine de rééditions. À partir des rééditions de 1963, à l’initiative de Paul- Marie Duval, autre grand spécialiste de la Gaule, le livre a été amputé de ses premiers chapitres consacrés à la géographie de l’Auvergne, aux dieux Arvernes et au peuple arverne. Avec raison, la nouvelle édition qui paraît aujourd’hui restitue l’ouvrage dans son intégralité.

 

                VERCINGETORIX

 

   Chapitre I - Le pays d'Auvergne

 

1. L'Auvergne, centre de la Gaule

 

Vercingétorix était roi des Arvernes, lorsqu’il dirigea, l’an 52 avant notre ère, la résistance de la Gaule à la conquête romaine.

Les tribus arvernes habitaient l’Auvergne actuelle, Haute et Basse, et la partie méridionale du Bourbonnais. A l’Est et à l’Ouest, leurs limites étaient celles de nos deux départements auvergnats, le Puy-de-Dôme et le Cantal ; mais leur domaine dépassait ces frontières au Nord, où il finissait près de Moulins, et au Sud, où il englobait Brioude et Langeac. La nation possédait donc le milieu et les plus hauts sommets du plateau central.

L’Auvergne est, avec la Bretagne armoricaine, la région la plus ancienne de notre patrie. Au temps où les mers recouvraient presque tout l’espace qui devait être la France, émergeaient déjà les socles de granit où allaient se fixer l’une et l’autre provinces. De tous les grands pays gaulois, ce sont ceux dont les destinées ont commencé les premières. Mais, quand les terres nouvelles apparurent, elles se tinrent à l’écart de la Bretagne, et c’est au pied du plateau d’Auvergne que s’étagèrent les calcaires et les alluvions des bassins fluviaux. Il est devenu le noyau de formation de la France, et, suivant l’expression des anciens eux-mêmes, l’échine montagneuse autour de laquelle s’est développé le système de nos vallées.

Quelques années avant l’ère chrétienne, les géographes commencèrent à bien connaître la contrée qui s’étendait entre les Pyrénées et le Rhin, et où dominait le nom celtique : ils lac-pavin.JPGpurent la voir dans son ensemble, et réfléchir sur elle. Or, le premier sentiment qu’elle leur inspira fut une naïve admiration. Ce pays, dirent-ils, ne peut être le résultat du hasard, il ressemble à l’œuvre faite par un dieu, il est l’édifice bâti par une providence. Son sommet va se perdre dans les brumes du Rhin septentrional ; il s’appuie solidement, au Sud, sur les deux murailles de montagnes des Alpes et des Pyrénées ; il regarde les deux grandes mers du monde, vers lesquelles il ouvre des baies également hospitalières.

Au dedans de ces limites, tout contribue à rapprocher les peuples, à leur donner le désir de se connaître, le besoin de s’entendre, le devoir de s’unir. La société humaine vit des instincts de l’âme et des sentiers de la terre : la nature a fourni à la Gaule les plus admirables éléments de la vie sociale, en lui présentant des routes toutes faites, c’est-à-dire un réseau continu de vallées  fluviales. A l’Est, ce sont le Rhône, la Saône et le Doubs, qui vont, d’une même ouverture, droit du Nord au Sud ; à l’Ouest sont la Garonne et l’Aude, qui divergent dans leur cours, mais dont les vallées se rejoignent ; entre ces deux grandes lignes, la Loire, la Seine et la Moselle s’épanouissent en éventail, nulle barrière ne sépare leurs eaux moyennes, et aucun obstacle sérieux ne s’élève entre leurs voies supérieures et la grande tranchée rhodanienne. Toutes ces lignes de flots mouvants se font suite, et par elles s’appelleront les peuples qui vont habiter sur les rives.

La Gaule, expliquait le géographe grec Strabon, est surtout un entrecroisement judicieux de rivières. Tandis que l’Egypte est le produit d’un seul fleuve, que l’Espagne est une lourde charpente de plateaux, la Gaule est encore l’ingénieuse combinaison de vallées groupées autour d’un donjon central.

Or, celles des eaux gauloises qui ne viennent pas des chaînes frontières, descendent pour la plupart du massif que domine l’Auvergne. Elles grossissent, se transforment, errent et se chargent avant d’arriver à la mer. Mais, si éloignées que soient les embouchures de nos fleuves, ils entraînent presque tous dans leurs eaux du limon des terres centrales. L’Auvergne est la citadelle au pied de laquelle se forment les routes naturelles et nationales du sol français.

 

A suivre...

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 23:28

  Camille Jullian, né à Marseille le 15 mars 1859 et mort à Paris le 12 décembre 1933, est un historien, philologue et épigraphiste français. Élu au Collège de France en 1905, il y crée la chaire des Antiquités Nationales. Il est l'auteur d'une monumentale Histoire de la Gaule, parue entre 1907 et 1928, première approche scientifique de la Gaule qui reste une référence incontournable.

 

  En 1901, il publie une étude consacré à Vercingétorix, une œuvre qui plus d'un siècle plus tard, fait toujours référence

  Le Blog de Lutèce vous propose de redécouvrir le Vercingétorix de Camille Jullian dans son intégralité.

 

 

 

 

            VERCINGETORIX

CHAPITRE I. — Le pays d’Auvergne.vercingétorix-C.Jullian

I.  L’Auvergne, centre de la Gaule. 

II. Des routes qui y conduisent. 

III. Auvergne et Morvan.

IV. Isolement relatif de l’Auvergne. 

V. Plateaux et montagnes.

VI. Le Puy de Dôme. 

VII. La Limagne.

VIII. — Sources et lacs.

 

CHAPITRE II. — Les dieux arvernes.

 I. Auvergne et Campanie. 

II. Dieux des bois, des sources et des lacs.

III. Dieux des montagnes. 

IV. Les grands dieux et leurs résidences.

V.  Teutatès au Puy de Dôme.

 

CHAPITRE III - Le peuple arverne.

 

I. Persistance des anciennes races en Auvergne.

II. Qualités nationales des Arvernes : courage, patriotisme local, esprit de résistance.

III. Puissance de l’aristocratie ; esprit d’association et de famille.

IV. Goût des entreprises lointaines.

V. Cavaliers et fantassins arvernes.

VI. Fidélité aux traditions.

VII. Aptitude au travail et au progrès.

VIII. A quoi peut servir l’étude du milieu.

 

CHAPITRE IV - La royauté arverne ; Bituit.

 

I. Tendance des Gaulois à l'unité.

II. Qualités nationales des Arvernes : courage, patriotisme local, esprit de résistance.

III. Puissance de l'aristocratie ; esprit d'association et de famille.

IV. Goût des entreprises lointaines.

V. Cavaliers et fantassins arvernes.

VI. Défaite de Bituit par les Romains.

VII. Conséquence de la formation et de la chute de l'empire arverne.

 

CHAPITRE V - Celtill, père de Vercingétorix.

 

I. Politique et alliance du sénat en Gaule.

II. Révolutions aristocratiques.

III. Cimbres et Teutons en Gaule.

IV. Celtill : reconstitution de l'empire arverne.

V. L'aristocratie arverne renverse Celtill.

VI. Formation des deux ligues arvernes-séquanne et éduenne.

VII. Victoire de la première avec l'aide des Germains.

VIII. Le parti national : Orgétorix et Dumnorix.

 

CHAPITRE VI - Vercingétorix, l'ami de César.

 

I. L'aristocratie lutte contre le parti national.

II. Arrivée, projets politiques et auxiliaires de César.

III. La Gaule soumise à César.

IV. De quelle manière César commandait à la Gaule.

V.  César restaure la royauté : Vercingétorix, ami de César.

VI. Ce que les Gaulois pouvaient penser de l’amitié de César.

VII. Progrès continus du parti national : Dumnorix, Indutiomar, Ambiorix.

 

CHAPITRE VII - Le nom de Vercingétorix.

 

I. — Ce n’est pas un nom de fonction, mais de personne.

II. — Si ce nom caractérise un membre de la plus haute noblesse.

III. — De l’importance qu’il a pu avoir.

 

CHAPITRE VIII - Vercingétorix, chef de clan

 

I. — Rôle effacé des Arvernes depuis l’arrivée de César.

II. — Caractère d’un chef gaulois.

III. — Son éducation et ses aspirations.

IV. — La puissance d’un chef ; ceux qui dépendaient de lui.

V. — Force et nature d’un clan gaulois.

VI. — Aspect physique de Vercingétorix.

 

CHAPITRE IX - Le soulèvement de la Gaule.

 

I. — Révolte des Sénons et des Carnutes.

II. — De l’intervention de la religion et des druides dans le soulèvement général.

III. — Campagne de 53. Départ de César.

IV. — Bilan de l’œuvre de César en Gaule ; motifs de mécontentement.

V. — Progrès de la conjuration : intervention de Comm et de Vercingétorix.

VI. — Assemblée générale des conjurés.

VII. — Soulèvement. Vercingétorix, roi à Gergovie.

 

CHAPITRE X - L' empire gaulois.

 

I. — Jusqu’à quel point le soulèvement s’explique par un mouvement démocratique.

II. — Quels peuples prirent part à la conjuration.

III. — Vercingétorix élu chef suprême.

IV. — Nature de ses pouvoirs.

V. — S’il y a eu des institutions fédérales. Monnaies frappées par les conjurés.

VI. — Espérances et ambitions d’un empire gaulois.

 

CHAPITRE XI - Le passage des Cévennes par César.

 

I. — Les forces romaines en février 52.

II. — Forces de Vercingétorix ; quelle tactique lui était possible.

III.  — Son plan de guerre. Retour de César.

IV.  — Premières opérations autour de Sens, dans le Berry, et vers le Sud.

V.  — César arrête Lucter dans le Sud.

VI.  — Il franchit les Cévennes ; recul de Vercingétorix.

 VII. César rejoint son armée.

 

CHAPITRE XII - Avaricum.

 

I. Préparatifs de César.

II. Vercingétorix attaque les Boïens : plan de César.

III. Prise de Vellaunodunum et de Génabum.

IV. Premier combat, devant Noviodunum.

V. Vercingétorix décide les Gaulois à incendier le pays.

VI. Avaricum : site de la place ; comment on pouvait l’attaquer ; la terrasse.

VII. Opérations de Vercingétorix et misère de l’armée romaine.

VIII. César en face du camp gaulois.

IX. Vercingétorix accusé de trahison.

X. Défense d’Avaricum ; combats autour de la terrasse.

XI. Prise de la ville.

XII. Résumé de cette seconde campagne.

 

CHAPITRE XIII - Gergovie.

 

I. Prestige et tactique de Vercingétorix après la perte d’Avaricum.

II. Séjour de César chez les Éduens ; préparatifs de la nouvelle campagne.

III. Passage de l’Allier et arrivée devant Gergovie.

IV. Situation de Gergovie ; comment elle fut défendue ; comment on pouvait l’attaquer.

V. Installation de César ; premiers combats ; les Romains occupent La Roche-Blanche.

VI. Première défection des Éduens.

VII. Nouveau système de défense des Gaulois : César prépare l’assaut.

VIII. Assaut de Gergovie et défaite des Romains.

IX. Départ de César ; jugement sur cette campagne.

 

 

CHAPITRE XIV - La bataille de Paris et la jonction de César et de Labienus.

 

I. Importance militaire de Paris.

II. Première partie de la campagne de Labienus : sa marche de Sens à Paris.

III. Pourquoi Vercingétorix ne poursuivit pas César après Gergovie. Retraite des Romains jusqu’à l’Allier.

IV. Nouvelle défection des Éduens. César repasse la Loire.

V. Victoire de Labienus à Paris.

VI. Jonction des deux généraux.

 

CHAPITRE XV - L'assemblée du Mont Beuvray.

 

I. Soulèvement général de la Gaule : nouvelles cités qui se joignent à la ligue.

II. Affaiblissement réel de l’autorité de Vercingétorix.

III. Caractère du peuple et des chefs éduens.

IV. Vercingétorix à Bibracte ; conseil de toute la Gaule.

V. Plans de Vercingétorix : il continue sa tactique.

 

CHAPITRE XVI - Défaite de la cavalerie gauloise.

 

I. César appelle des Germains.

II. Retraite de César vers la Province.

III. Concentration des troupes gauloises à Alésia. Elles rencontrent César près de Dijon.

IV. Pourquoi Vercingétorix se résolut à combattre.

V. Formation en bataille des deux armées.

VI. Défaite de la cavalerie gauloise.

VII. Retraite de Vercingétorix sur Alésia.

 

CHAPITRE XVII - Alésia.

 

I. Situation d’Alésia ; arrivée de César.

II. — Infériorité d’Alésia comme position militaire.

III. Commencement du blocus ; construction des camps et des redoutes romaines.

IV. Nouvelle défaite de la cavalerie gauloise dans la plaine des Laumes.

V. Vercingétorix appelle la Gaule à son secours.

VI. Des intentions de César.

VII. Construction de la double ligne d’investissement.

VIII. De l’utilité de la levée en masse.

IX. Préparatifs des Gaulois du dehors.

X. Famine dans Alésia ; discours de Critognat.

XI. Arrivée et composition de l’armée de secours.

XII. Première journée de bataille.

XIII. Seconde journée.

XIV. Troisième journée.

 

CHAPITRE XVIII - Vercingétorix se rend à César.

 

I. Dernière défaite de l’armée de secours.

II. De la possibilité de continuer la lutte. Les chefs survivants.

III. Vercingétorix prend la résolution de se rendre.

IV. Motifs supposés de cette résolution.

V. Déclarations de Vercingétorix à son conseil.

VI. Préparatifs de la reddition.

VII. Cérémonial de la reddition de Vercingétorix.


CHAPITRE XIX - Soumission de la Gaule et mort de Vercingétorix.

 

I. César se réconcilie avec les Éduens et les Arvernes.

II. Organisation de la résistance par les chefs patriotes.

III. Campagnes de 51. Destinées des différents chefs.

IV. Départ de César et vaines espérances de soulèvement.

V. Rôle des Gaulois dans l’armée de César et dans les guerres civiles.

VI. Triomphe de César et exécution de Vercingétorix.

 

CHAPITRE XX - Transformation de la Gaule.

I. Progrès de la patrie romaine.

II. Transformation des chefs.

III. Transformation des grandes villes.

IV. Transformation des grands dieux.

V. Le Puy de Dôme cent ans après Vercingétorix.

VI. Tentatives de révolte en 69-70 : le congrès de Reims et la fin du patriotisme gaulois.

 

 

 

CHAPITRE XXI - L'œuvre et le caractère de Vercingétorix.

 

I. Résumé et brièveté de sa carrière historique.

II. Son mérite comme administrateur et son influence sur les hommes.

III. De la manière dont il organisa son armée.

IV. Sa valeur et ses défauts dans les opérations militaires.

V. Des fautes commises dans les campagnes de 52.

VI. Qu’elles sont la conséquence de la situation politique de la Gaule.

VII. Valeur des adversaires de Vercingétorix : les légions et César.

VIII. Part qui revient, dans la victoire, à Labienus et aux Germains.

IX. Ce qu’on peut supposer du caractère de Vercingétorix. Ses rapports avec les dieux.

X. Du patriotisme gaulois de Vercingétorix.

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