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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 06:24

Les colonies juives sont importantes dans les villes de la Gaule « romaine » (Arles, Marseille, Uzès, Clermont), elles y exercent des fonctions commerciales. Elles sont protégées par les lois romaines.

Nous trouvons également des juifs en Gaule du Nord et Grégoire de Tours nous signale à plusieurs reprises leur présence. Le juif Priscus est médecin de Chimpéric, il refuse d'être converti et est tué par un juif récemment converti.

En 582, Chilpéric fait baptiser plusieurs juifs, ce qui est dans son esprit non pas un acte malveillant mais au contraire un acte de charité.

L'évêque de Clermont Avit en 576 demande au juifs sans que l'on sache précisément pourJuifs-et-chretiens.jpg quels raisons, ou de se convertir ou d'émigrer à Marseille. Fortunat consacre un poème (Carm., V, 5) à cet événement. Cela dit il ne faut pas croire que les baptêmes forcés soient la loi. L'évêque Sulpice de Bourges réussit à convertir les juifs par la douceur. Grégoire le Grand reproche aux évêques Virgiles d'Arles et Théodore de Marseille en 591 d'amener les juifs au baptême par la force plutôt que par la prédication. Il suggère d'organiser des sermons à l'intention des juifs (Epist., I, 45). Dans une autre lettre il demande à la reine Brunehaut d'éviter que les juifs possèdent des esclaves chrétiens (Epist., IX, 213).

Au VIIe siècle le Pseudo-Frédégaire nous dit que l'empereur byzanthin Héraclius écrivit à Dagobert pour lui demander d'obliger tous les juifs à accepter le baptême. Cette information ne trouve aucun écho dans les sources occidentales, ce qui laisse à penser que cette demande ne fut pas pris en considération.

 

Source : Dictionnaire des Francs, Les temps mérovingiens Pierre Riché éd. Bartillat

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 07:14

             Vercingétorix

 

     Chapitre XVI - Défaite de la cavalerie gauloise.

 

1. César appelle des Germains.

 

Pendant ce temps, César avait rétrogradé chez ses alliés de la vallée de la Marne ; réconforté par l’hospitalité des Lingons et des Rèmes, il se préparait pour une nouvelle campagne.

Il ne songeait plus à pénétrer dans la Gaule même, à la fois soulevée et dévastée : à quoi lui aurait servi de revivre devant Bibracte les journées de Gergovie ? pour faire besogne utile contre les coalisés, il aurait eu besoin de nouveaux renforts, et il ne pouvait en attendre ni de la Province envahie ni de l’Italie dont il allait être coupé.

L’essentiel lui parut de regagner la Narbonnaise, où son cousin L. César n’avait que 22 cohortes, soldats tirés de la Province même et qui pour la plupart n’avaient jamais vu l’ennemi. Car, s’il arrivait malheur à cette région, le proconsul se trouverait enfermé, loin de l’Italie, comme par un double écrou ; et, s’il réussissait à s’échapper des Gaulois, il n’éviterait sûrement pas les vengeances du sénat et de ses adversaires romains.

Dans la Province, c’était la possession des terres allobroges qui déciderait du salut de César ou de la victoire finale des Gaulois : Vienne et Genève, leurs principales cités, étaient les têtes des deux grandes voies alpestres, celles du Grand et du Petit Saint-Bernard ; et ces mêmes Allobroges, qui s’échelonnaient sur les deux rives du Rhône, depuis le confluent de la Saône jusqu’à celui de la Drôme, gardaient à leur merci la route des plus grandes villes méditerranéennes, Marseille et Narbonne. César résolut de se rendre d’abord dans leur pays, pour y combattre ou y devancer le lieutenant de Vercingétorix.

Il avait dix légions, mais leur effectif réduit devait comporter moins de 40.000 hommes, et qui venaient, de mars à juin, de fournir deux terribles campagnes. Les troupes auxiliaires, Crétois, Espagnols, Numides, Gaulois alliés, n’existaient à vrai dire plus. Il avait à peine un ou deux milliers de chevaux, que montaient ses officiers et ses hommes de réserve, vieux soldats émérites et rengagés. C’était une armée résistante et d’attaque, mais, en ce moment, elle vivait dans la tristesse et le découragement. Depuis sept ans, elle avait combattu au delà des Alpes, et elle reprenait en sens inverse, dépouillée de ses conquêtes et de son renom, cette route du Rhône d’où elle était partie si allègrement pour sa première victoire gauloise. Des étapes lugubres commenceraient bientôt en pays ennemi, et elle ne marcherait plus qu’à travers une nuée de cavaliers, incertaine du lendemain.

C’était cette cavalerie gauloise que César redoutait le plus, et ce cortège de famine et de misères qu’elle créait près d’elle autour des légions en route. Alors, pour protéger ses vieux soldats, il eut une seconde fois recours aux Barbares de la Germanie.

Dans la campagne de la fin de l’hiver, il avait eu avec lui 400 cavaliers germains, et on a 148vu les services qu’ils lui ont rendus sous les murs de Noviodunum. Cette fois encore, avant de se mettre en marche, il envoya ses agents acheter des hommes au delà du Rhin. Les tribus qu’il avait soumises, Miens et autres, ne demandaient pas mieux que d’oublier dans une bonne curée gauloise la honte du joug romain. Quelques milliers d’hommes répondirent à l’appel de César : effectif peu nombreux, mais qualité supérieure. Il y avait là de cette infanterie légère qui accompagnait les cavaliers sur le champ de bataille, et qui, tiraillant derrière les chevaux, frappait à l’improviste les hommes et les bêtes : on ne pouvait rien voir de plus agile et de plus rapide qu’un fantassin germain. Mais ce que César reçut de plus précieux, furent quelques escadrons, deux milliers d’hommes peut-être, de grands corps massifs, à l’audace aveugle, dont le choc suffisait à enfoncer un adversaire. Ils avaient de mauvais chevaux, qui ne valaient probablement rien dans les charges : le proconsul leur donna les excellentes montures de sa réserve et de son état-major, et il eut ainsi une belle et bonne troupe, à l’abri de laquelle les légions romaines pourraient cheminer avec plus de confiance : il avait suffi, dans une des dernières campagnes, de huit cents cavaliers germains pour mettre en déroute cinq mille soldats de la cavalerie gauloise.

De plus en plus, pour se défendre contre la Gaule, Jules César l’ouvrait aux Germains. Il répétait sur elle l’expérience qu’avaient faite les Séquanes. Forcé d’abandonner un butin et une gloire de sept ans, la colère a dû l’exaspérer, et peut-être, si le danger eut grandi pour Rome, la Gaule aurait-elle vu derrière elle un nouvel Arioviste, appelé par Jules César.

 

2. Retraite de César vers la province.

 

Les dix légions de César, appuyées de leurs cavaliers barbares, se mirent enfin en route vers les terres romaines. Elles descendirent du plateau de Langres et débouchèrent dans le versant du Rhône. — Jusqu’à Dijon, elles se trouveraient encore en pays ami : c’était aux Lingons qu’appartenait la région riche et fertile qui s’allongeait vers le Sud entre les montagnes du Couchant et les forêts ou les marécages des bords de la Saône. — Mais, au delà de Dijon, César arriverait sur des territoires ennemis : au sud de l’Ouche, c’était celui des Éduens ; sur la rive ultérieure de la Saône, c’était celui des Séquanes, l’un et l’autre peuples maintenant ralliés à la cause nationale. César aurait alors le choix entre deux routes. S’il allait à Vienne, par la vallée facile et connue de la rivière, il risquait d’être arrêté par les bourgades éduennes de Beaune, Chalon, Tournus, Mâcon, ou d’être assailli sur le flanc par les ennemis débordant des montagnes. S’il obliquait au Sud-Est pour gagner Genève par la Bresse et le Bugey, le chemin était plus rude, mais il ne rencontrerait, sur les terres séquanes, aucune place forte d’importance, il aurait l’avantage de s’écarter le plus vite possible des armées gauloises, et, une fois à Genève, il serait sur-le-champ en rapport avec l’Italie, grâce aux postes romains qui garnissaient les Alpes Pennines : que les Allobroges songeassent à trahir ou à obéir, il les aurait en tout cas sous la main, et il serait maître de sa ligne de retraite. — Il se décida donc à continuer sur Dijon, et, au delà, sur Genève.

Mais Vercingétorix ne lui laissa pas le temps de franchir la Saône et de pénétrer sur le territoire séquane.

 

3. Concentration de troupes gauloise à Alésia. Elles recontrent César près de Dijon.

 

La concentration de l’armée gauloise s’était faite, croit-on, à Alésia (Alise-Sainte-Reine en Auxois). Il y donna rendez-vous aux quinze mille cavaliers envoyés par les cités de toute la Gaule ; il y fut rejoint par les 80.000 fantassins qui avaient combattu avec lui autour de Gergovie.

Le choix de cette ville, comme centre de ralliement des Gaulois confédérés, n’était pas arbitraire. Ce n’était, il est vrai, que la place forte d’une petite tribu gauloise, les Mandubiens, clients sans doute de leur puissant voisin, le peuple éduen. Mais elle jouissait, auprès des Gaulois, d’un renom singulier. Ils la disaient fort ancienne, et de fondation divine ; ils la regardaient comme le foyer et la cité-mère de toute la Celtique ; et ils avaient pour elle le respect naïf que les peuples accordent aux choses antiques et aux gloires religieuses. Elle s’entourait de légendes semblables à celles qui firent la vogue d’Albe dans le Latium. Peut-être fut-elle, en effet, quelque vieux sanctuaire d’une fédération gauloise. — Si c’est là que l’armée de Vercingétorix s’est réunie contre César, son chef a pu désirer qu’elle y retrempât son courage et ses forces morales.

Mais, s’il la convoqua à Alésia, ce fut aussi parce que la situation de cette ville était excellente pour surveiller les manœuvres et les positions de César. Le sommet qu’elle occupait était le dernier que la Gaule insurgée possédât, dans le Nord, sur la ligne des montagnes centrales : le territoire des Mandubiens, dont elle était la forteresse et le centre, s’avançait en promontoire entre Dijon et Montbard, qui appartenaient également aux Lingons amis de Rome. Alésia était donc un avant-poste gardant le seuil du pays éduen et de la Gaule libre : dans sa lente retraite d’Auxerre à Langres et vers Dijon, César avait parcouru un demi-cercle autour de cette ville, et aucun de ses mouvements, si Vercingétorix était campé là, ne pouvait échapper aux éclaireurs ennemis.

Aussi, au moment où le proconsul apparaissait au nord de Dijon, Vercingétorix, traversant rapidement les coteaux de l’Auxois et la vallée de l’Ouche, se porta en face de lui. Les deux armées se trouvèrent brusquement campées à dix milles (quinze kilomètres) l’une de l’autre (près de Dijon ?).

 

À suivre...

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 17:11

L'historien médiéviste français, Sylvain Gouguenheim, répond dans son ouvrage "Le MoyenS.Gouguenheim-le_M-A_en_question.jpg Âge en questions" paru aux éditions Texto, aux questions que l'on peut se poser à propos de Clovis Ier.

Écoutons-le :

 

Lorsque l’on parle de Clovis Ier, l’histoire du vase de Soisson est très souvent évoquée. Cet événement n’est-il qu’anecdotique ?

Cet épisode a une triple résonance : Clovis a compris la nécessité de l’alliance avec l’Eglise, il marque son respect des idéaux germaniques (partage équitable) et aussi son application à la discipline romaine (droit de vie et de mort du général sur ses hommes). L’événement montre aussi la violence de l’homme et du temps… violence à priori peu compatible avec le christianisme, auquel Clovis allait néanmoins se convertir.


Les historiens catholiques qualifient le baptême de Clovis comme étant celui de notre pays. Qu’en pensez-vous ?

Le baptême de Clovis n’est pas celui de la France, dont la Gaule différait, parce qu’une large partie de la population était déjà catholique. En revanche, le règne de Clovis fut sans doute aux origines de la France. L’homme s’affirma comme un prince législateur, à l’imitation des empereurs romains. Lors de la cérémonie de Tours qui suivit la victoire de Vouillé, il revêtit dans la basilique Saint Martin la tunique pourpre et la Chlamyde puis posa sur sa tête un diadème ; il chevaucha ensuite dans la ville en distribuant de l’argent.

 

Clovis Ier, roi des francs ?

Pas seulement ! L’activité législatrice de Clovis s’est déployée en direction de toutes les populations du royaume sans pour autant unifier leurs statuts. Après sa victoire sur les Wisigoths, il étendit aux Gallo-Romains le « Bréviaire d’Alaric ». Le texte connu un grand succès et s’affirma comme la loi écrite par excellence. Clovis est également à l’origine de la mise par écrit de la célèbre loi salique, dans laquelle  s’exprime la volonté de substituer à l’exercice de la justice privée un système de tarification des compensations.


A-t-il exercé une influence sur l’Église ?

En 511, il réunit à Orléans le premier concile des Gaules, appelé à réfléchir sur des dispositions du droit canon. Trente-deux évêques, soit la moitié de l’épiscopat, s’y rendirent. Notons que ce furent eux, et on Clovis, qui prirent les décisions relatives au domaine spirituel. L’autorité de Clovis n’était pas celle d’un roi arien, qui aurait la mainmise sur les prélats, mais relève plus de l’exercice de l’autorité publique à la romaine. C’est un roi bien conscient de ses devoirs et de ses droits de princeps, dont la christianisation est encore superficielle toutefois, comme le montre le meurtre de ses cousins.

 

C'est aussi à lui que Paris doit d'être la capitale de notre pays.

Tout à fait, il choisit cette ville déjà prestigieuse par ses monuments romains (forum fortifié, arènes, thermes) et qui avait l'avantage d'offrir un site militaire de qualité (cité fortifiée) comme capitale de son royaume. La ville possédait un palais sur l'île de la Cité, ainsi que les trois églises : la cathédrale, Saint-Denis et Saint-Marcel. Clovis, comme les empereurs romains, se lança même dans une politique monumentale, en faisant ériger l'église Sainte-Geneviève dédié à la sainte, morte en 502, destinée à abriter son tombeau et celui de sa femme. C'est là le premier exemple d'une inhumation (ad sanctos) d'un chef franc.

 

Batailles, amour, diplomatie, assassinats, interventions divines... le règne de Clovis est passionant. On a fabriqué un héro, un saint...

Oui, alors que les vies de saints du VIe siècle négligèrent le baptême de Clovis, se produisit au VIIe siècle une déformation historiographique allant dans le sens d'une exaltation des Francs, auquels on attribua une gloire militaire immense. Alors que, chez Grégoire de Tours, Clovis était l'élu de Dieu, désormais on fit du peuple de France le peuple élu et de Clovis, le premier roi chrétien. La quête d'une identité nationale franque se constate en réalité dès la deuxième moitié du VIIe siècle. Cette notion de peuple élu fut repris par le grand archevêque Hincmar de Reims au IXe siècle, puis par Guibert de Nogent au XIIe. L'importance du baptême s'accrut par la suite au point de restreindre le règne de Clovis à  cet acte...

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 06:42

             Vercingétorix

 

     Chapitre XV - L'assemblée du Mont Beuvray.

 

3. Caractère du peuple et des chefs éduens.

 

C’est le plus singulier des peuples gaulois que les Éduens, qui partageaient avec les Arvernes, depuis trois quarts de siècle, l’attention du monde gréco-romain. Je cherche à dessiner les traits de leur caractère, et ils s’effacent dès que je crois les saisir. Humeur inconstante, âme inconsistante, race flexible et fugitive, habitants de plaines ouvertes et de noirs sommets, pays sans unité et volonté sans durée, les Éduens ont été impuissants à se maintenir comme nation. Alors que les Arvernes, les Bituriges, les Séquanes et tant d’autres ont affirmé pendant des siècles leur identité politique, les tribus et les terres éduennes se sont rapidement disjointes : Autun, Avallon, Moulins, Nevers, Charolles, Mâcon, Beaune, Chalon, toutes leurs villes sont allées à des destinées différentes et à des tempéraments personnels : les landes au Bourbonnais, le Morvan au Nivernais, et les vignobles à la Bourgogne. Attiré vers le Midi par les vins de ses coteaux, rappelé vers le Nord par les torrents de ses forêts, le peuple éduen hésita sans cesse entre Rome et la Gaule ; et après n’avoir jamais su, au temps de César, ce qu’il voulait faire, il finit par perdre la volonté de vivre.

Ce qui domina chez lui, ce fut le goût des choses de l’esprit. Il s’instruisit très vite. Il fut le premier à s’assimiler ces légendes mythologiques de la Grèce dont l’acceptation était, pour les Barbares, une façon de se convertir à la religion des peuples cultivés. Ses druides étaient peut-être ceux qui tenaient l’école la plus fréquentée. Autun fut, sous les empereurs, le rendez-vous de la jeunesse studieuse. Dix siècles plus tard, dans les temps de Cluny, la terre éduenne demeurait nourricière des vertus intellectuelles. Aujourd’hui encore, il semble qu’on respire à Autun un air de science et de travail, comme celui qui flotte dans les villes les plus instruites du Midi, Nîmes ou Montpellier.

Mais les vertus morales étaient médiocres chez les Éduens du temps de la liberté. Ils n’ont eu alors qu’un seul homme de caractère : Sur, qui demeura patriote jusqu’à la dernière heure, et qui, Vercingétorix battu, rejoignit les Trévires pour lutter encore contre le peuple romain. Mais aucun de ses compatriotes ne m’intéresse. Dumnorix, le mieux trempé de tous, fit de beaux projets, les réserva toujours, et, en définitive, combattit quatre ans aux côtés de César tout en rêvant de délivrer la Gaule. Son frère Diviciac est l’intendant intelligent et plat de la politique romaine. Quant aux chefs de 52, on vient d’en voir quelques-uns à l’œuvre. Convictolitav se fait nommer vergobret par César, le renie, revient à lui, le trahit encore. Litavicc se fait confier une armée pour aider les Romains, et tente de la débaucher d’une manière si maladroite qu’il ne rend service à personne. Viridomar et Éporédorix sont de jeunes gredins sur lesquels César conserva de trop longues illusions : il les a comblés d’honneurs et de richesses ; pendant le siège de Gergovie, ils dénoncent au proconsul et font échouer la tentative de leur compatriote Litavicc ; pendant la retraite, ils quittent César en protestant de leur amitié, et ils vont massacrer les Romains à Nevers. Ces gens-là, du premier jour jusqu’au dernier, n’eurent jamais le franc courage de leur trahison : César, qui connaissait la perfidie éduenne, nous la montre faite surtout de promesses éludées, de lenteurs calculées, de démonstrations et de reculades. J’aime mieux le brutale volte-face de Comm, enthousiaste de César, puis enragé contre lui. J’aime mieux même la fidélité des Rèmes et des Lingons au peuple romain, servile obstination où il entrait après tout le respect de la parole humaine. Mais ces chefs éduens, qui n’embrassaient une cause que pour en regretter une autre, étaient toujours traîtres à la trahison même.

Des autres chefs, Cot, le rival de Convictolitav, devenu le chef de la cavalerie, Éporédorix l’ancien, Cavarill, le chef de l’infanterie après Litavicc, nous ne savons qu’une chose, c’est qu’ils apparurent sur les champs de bataille pour se faire vaincre. Car les Éduens, malgré le renom de leur cavalerie, furent d’assez piètres combattants. Ils n’ont à leur actif aucune grande victoire. Quand César vint en Gaule, il les trouva écrasés sous les défaites que leur avaient infligées les Séquanes et les Germains. Dumnorix, en 88, se laissa mettre en fuite par les Helvètes. Depuis cinq mois, les Éduens avaient paru quatre à cinq fois sur le théâtre de la guerre : en février, ils n’avaient pas osé franchir la Loire pour secourir les Bituriges ; dans la campagne de Gergovie, les soldats de Litavicc avaient abandonné leur chef, et les auxiliaires éduens de César ne s’étaient présentés sur le flanc de la VIIIe légion que pour achever de l’affoler ; Litavicc, chargé par Vercingétorix de devancer les Romains, ne se retourne pas à temps pour les arrêter ; et, lors de cette même retraite, Viridomar et Éporédorix n’ont pu ni leur tuer un homme ni leur couper les vivres. Je ne crois pas que le courage ait manqué à tous ces chefs : mais ils n’ont jamais appris l’art de se battre et de forcer la chance.

Voilà le peuple et les hommes dont Vercingétorix vient enfin d’entraîner l’adhésion. Le roi des Arvernes a grossi son armée d’auxiliaires incommodes et son conseil d’opposants coutumiers de trahisons.

 

4. Vercingétorix à Bibracte ; conseil de toute la Gaule.

 

Il s’en aperçut aussitôt. Alors qu’il lui aurait fallu continuer la campagne sans se donner un jour de repos, pousser rapidement aux Lingons pour briser leur résistance, couper les routes du plateau de Langres, presser César par le fer et le feu, Vercingétorix fut au contraire obligé de suspendre les opérations, de discuter, parlementer, faire le métier d’orateur et de sénateur. Comme s’ils voulaient permettre à l’armée romaine de se reposer, les Gaulois se mirent, à l’instigation des Éduens, à délibérer longuement.

La première députation des Éduens à Vercingétorix avait été pour lui offrir l’alliance. La seconde fut pour l’inviter à se rendre auprès d’eux et à leur soumettre son plan de campagne. C’était lui rappeler qu’un roi arverne devait traiter d’égal à égal le vergobret éduen.

Il fallait ménager ces alliés nouveaux et ombrageux ; toute chicane eût fait perdre du123 temps. Le Mont Beuvray était après tout plus près que Gergovie des routes dont s’approchait César : Vercingétorix sacrifia son amour-propre aux intérêts de la Gaule, et il monta à Bibracte.

Les négociations commencèrent entre lui et les chefs éduens, dont les plus intraitables furent, comme à l’ordinaire, les plus récents renégats, Viridomar et Éporédorix. Les nobles de Bibracte annoncèrent et affirmèrent leurs prétentions à prendre le pouvoir suprême : un Arverne l’avait exercé pendant six mois, qu’il passât la main à un Éduen.

La demande était fantaisiste : les Éduens voulaient le profit alors que d’autres avaient eu la peine. Elle était dangereuse : ces aspirants au commandement en chef, Litavicc, Viridomar, Éporédorix, Cavarill, n’avaient jamais été que des sous-ordres de César, et, les jours précédents, au lieu d’arrêter le proconsul, ils l’avaient lâchement laissé passer. Vercingétorix refusa de tels successeurs.

Il ne s’opposa pas cependant à ce que ses pouvoirs fussent soumis à la réélection. L’arrivée de nouveaux membres à la ligue nécessitait une sanction nouvelle. Vercingétorix accepta qu’une assemblée de tous les chefs fût convoquée, et qu’elle se réunît à Bibracte. C’était un retard de plus, et une autre concession à la gloriole de ses alliés.

De toutes les tribus et de toutes les cités belges et celtiques, on se rendit en masse dans la ville éduenne. Elle devint pour quelques jours la tête et la citadelle de la Gaule entière. À l’ombre touffue des hêtres séculaires, les cortèges étincelants et chamarrés des cavaliers gaulois serpentèrent sur les vieux sentiers de la montagne, et la cité, abandonnée d’ordinaire aux marteaux des forgerons et aux fumées des émailleurs, retentit des rauques éclats de voix et des rudes clameurs des discussions politiques.

Mais, au milieu de cette foule, Vercingétorix prit sa revanche de l’astuce éduenne. Les intrigues des chefs se rompirent dans ces agitations passionnées. Il dut être impossible d’ouvrir une délibération régulière : les nouveaux venus ne pensaient sans doute qu’à acclamer l’homme qui avait vaincu César, à admirer sa haute taille, la fierté de son regard, l’auréole de sa gloire récente. Il fallut laisser à cette multitude armée, comme dans les jours héroïques des longues équipées, le soin de choisir son chef de guerre. L’enthousiasme populaire étouffa tous les égoïsmes, et, le jour de l’élection, le nom de Vercingétorix sortit d’une clameur unanime.

De nouveau, mais cette fois au nom de toute la Gaule, Vercingétorix recevait le commandement suprême. L’unité nationale était consommée ; et elle l’était, ainsi qu’au temps de Bituit et de Celtill, sous les auspices d’un Arverne comme chef. Peut-être même prononça-t-on un autre titre que celui de chef, et entendit-on parler de Vercingétorix roi des Gaulois.

Mais, à ce moment précis où l’unité était fondée et où l’autorité de Vercingétorix paraissait la plus forte, s’annoncèrent aussi les rivalités qui devaient ruiner l’une et l’autre. En voyant grandir au-dessus de lui et sur son propre sol la puissance rivale, le sénat de Bibracte se sentit profondément blessé. En entendant Vercingétorix leur donner des ordres, Éporédorix et Viridomar froncèrent les sourcils. Les Éduens sentaient déjà qu’ils regrettaient César et souhaitèrent son pardon.

 

5. Plans de Vercingétorix : il continue sa tactique.

 

Une fois proclamé, Vercingétorix imposa sa volonté avec sa précision et sa fermeté habituelles. Il refit après l’assemblée de Bibracte ce qu’il avait fait après celle de Gergovie : sauf, par malheur, l’exécution de quelques chefs.

Il commanda des otages et fixa les contingents. Tout ce qui restait de cavaliers disponibles en Gaule, quinze mille, devaient se concentrer au plus tôt dans le pays éduen : la tactique qu’il comptait suivre ne pouvait réussir qu’avec une cavalerie fort nombreuse.  Il ne voulut pas, auprès de lui, un supplément d’infanterie : il avait environ 80.000 fantassins, fournis par les Arvernes ses sujets ou par ses alliés de la première heure, suffisamment dégrossis par cinq mois de marches, de combats, de terrassements et d’obéissance ; il n’avait pas le temps d’en former d’autres, et des recrues l’embarrasseraient. Des ordres furent sans doute donnés pour mettre en état de défense quelques grandes villes fortes, que l’on devait conserver comme refuges.

Le plan de campagne de Vercingétorix ne fut autre que celui de février, mais élargi avec audace et intelligence. En hiver, il fallait retenir César dans la Province : maintenant il faut l’y renvoyer, le plus maltraité possible, et, si faire se peut, le renvoyer en Italie même.

Les Gaulois envahiront la Narbonnaise sur tous les points à la fois, de manière à ce que César soit obligé, ou de la défendre en personne, ou de l’abandonner toute entière. Il ne s’agit plus seulement de la menacer de biais par l’Ouest, comme l’avait déjà fait Lucter, mais de se déverser en masse sur elle par-dessus les Cévennes. Les Rutènes et les Cadurques prendront leur route, plus à l’est de celle qu’ils ont déjà suivie, le long des Causses et de l’Aigoual, et inquiéteront directement Narbonne, Béziers, Nîmes et les rivages de la Méditerranée elle-même. Les tribus du Gévaudan et du Velay n’auront qu’à suivre le chemin de César pour descendre chez les Helviens, gagner l’Ardèche et le Rhône. Enfin, les Éduens du Sud et leurs clients les Ségusiaves du Forez, au nombre de dix mille fantassins, flanqués de 800 cavaliers que leur adjoint Vercingétorix, déboucheront par la vallée du Gier ou la plaine des Dombes en face de Vienne, la grande cité gallo-romaine des Allobroges.

C’est à cette dernière expédition que Vercingétorix tenait le plus, et avec infiniment de raison. Que César retournât vers la Province ou qu’il s’enfuit en Italie, il lui fallait passer par Vienne ou par Genève, villes allobroges. Si les insurgés parvenaient à occuper ou à soulever le pays, le proconsul aurait devant lui une double ligne de dangers, celle de la Saône, rivière éduenne, celle du Rhône, fleuve des Allobroges. Aussi le roi arverne mit-il tout en œuvre pour s’assurer l’appui de ce grand peuple. Il envoya à ses chefs messages sur messages, il les accabla d’offres et de tentations. Il leur rappela sans doute ces liens d’amitié et de fraternité de guerre qui les avaient unis à Bituit et aux Arvernes ; il exploita les rancunes que les Allobroges conservaient contre Rome et ses magistrats : il y avait dix ans à peine, n’avaient-ils pas soutenu (en 61) une guerre ardente contre l’un d’eux, la troisième depuis trop quarts de siècle ? Il leur montra que le temps de la revanche, pour eux comme pour les autres, était venu, et qu’une fois les Celtes victorieux, les Allobroges recouvreraient, avec l’appui des Arvernes, l’hégémonie de la Gaule au sud des Cévennes.

Sur toute cette ligne d’invasion, dans toutes ces combinaisons militaires et politiques, Vercingétorix préparait les solutions les meilleures. Il montra la même prévoyance dans son plan d’attaque de l’armée proconsulaire.

Quel que fût le dessein de Jules César, disait Vercingétorix aux chefs de son entourage, celui des Gaulois devait être fixé d’avance. Peu importait la route qu’il prendrait. Il fallait s’en tenir, contre lui, à la tactique de la campagne d’Avaricum. Aucune autre ne valait celle-là ; incendier les fermes, détruire les greniers, enlever les convois, harceler les soldats en marche, massacrer les fourrageurs : que les quinze mille cavaliers se résignent à cette tâche, et les dix légions seront réduites sans coup férir. Vercingétorix continuait à réclamer de ses Gaulois le courage d’un double sacrifice : voir brûler leurs biens sans une plainte, voir passer l’ennemi sans le combattre. Car avant tout, disait et répétait le chef arverne, il faut éviter une bataille : la victoire est à ce prix (fin juin ?).

 

À suivre...

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 11:43

Bordo Sarkany (Bourdon Dragon), a été créé en 2010.
Le groupe joue surtout de la musique médiévale profane datant principalement du XIe au XVIe siècle. Leur répertoire contient des morceaux empruntés au folklore hongrois, écossais, irlandais, Sefard hébreu, macédonien, néerlandais, provençal, espagnol, de chansons françaises et de leurs propres compositions.

 

 

Nosa, groupe roumain de danse médiévale accompagné par Bordo Sarkany au festival de Sibiu.

 
Bordo Sarkany sur Scripta Manent.
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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 17:49

              Vercingétorix

 

Chapitre XV - L'assemblée du Mont Beuvray.

 

1. Soulèvement général de la Gaule : nouvelles cités qui se joignent à la ligue.

 

Car cette fois, autour de César et de Labienus, toutes les nations s’insurgeaient. Le long des rivages, depuis les marais de l’Escaut jusqu’à ceux de la Gironde, au pied des montagnes, depuis le Saint-Gothard sujet des Helvètes jusqu’au Mont Lozère client des Arvernes, une ligne continue d’hommes en armes bordaient les frontières de la Gaule soulevée. Il ne restait plus au proconsul que deux nations fidèles, chez lesquelles il pût abriter ses légions errantes : les Rèmes, qui les couvraient en partie contre les agressions du Nord, les Lingons, qui leur ouvraient, de Langres à Dijon, les routes de la retraite vers le Sud ; ces deux peuples étaient les seuls à garder la foi promise à César ; à défaut de patriotisme, ils eurent au moins le mérite de la reconnaissance.

Toutes les autres peuplades, travaillées sans relâche, depuis six mois, par l'or et les flatteries des émissaires de Vercingétorix avaient attendu sa victoire pour achever de se laisser convaincre. Après Gergovie, elles lui furent irrésistiblement gagnées. Ce fut à la nouvelle de la retraite de César, un va-et-vient de messages et d'ambassades entre les cités entre les cités de la Gaule : dans la joie tumultueuse de la délivrance, se perdit l'impression de la mort de Camulogène et de la victoire de Labienus.

La décisions de Éduens entraîna celle de tous leurs clients : une fois ralliés à la cause de la liberté, ils avaient intérêts à y amener le plus grand nombre de leurs amis. Ils s'empressèrent d'expédier partout de l'or, des promesses, des pières ou des menaces. Avec eux se groupèrent leurs vassaux ou alliés. Les Ségusiaves du Forez, les Ambarres de la vallées de l'Ain : renfort précieux entre tous, car les tribus de ces deux peuples, campés en face de Vienne et de Genève, menaçaient directement la province romaine et la retraite de César. Au sud-est de la Loire, les derniers récalcitrants, les Santons de la Saintonge, les Prétucores du Périgord, se décidèrent à suivre la cause que leurs voisins et rivaux du Limousin et de l'Agenais, qui avaient été si prompts à se joindre à Vercingétorix.

Au nord de la Seine, les Belges s'étaient enfin résolus à se battre une fois de plus, et à sacrifier ce qui leur restait d'hommes. On s'arma pour le compte de la Gaule chez les Nerviens du Hainaut, les Morins de la Flandre, les Ambiens de la Picardie, les AttrébatesCommios de l'Artois. De ce côté, l'insurrection fut fomentée par Comm l'Attrébate, guéri de sa blessure, mais non point de sa colère : car il avait juré de ne plus voir de Romains face à face, si ce n'est sans doute l'épée à la main. Étrange personnage que celui-là, le plus original peut-être des Gaulois de ce temps, du moins après Vercingétorix : brave comme pas un, d’une audace morale égale à son insouciance physique, souple, rusé, retors, beau parleur, ayant partout des amis et des hôtes, plein de ressources d’esprit et de bons conseils, disposé aux aventures les plus dangereuses, tenant à la fois d’Ajax, d’Ulysse et de Nestor. Jusqu’en 53, il avait été en Belgique l’homme d’affaires de César, qui ne pouvait se passer de lui ; le voilà maintenant patriote, et, semble-t-il, délibérément, sans arrière-pensée d’intérêt ni de jalousie. Grâce à lui, les Bellovaques eux-mêmes finiront par envoyer quelques hommes à la ligue : car l’individualisme de ce peuple était si incorrigible qu’ils déclaraient faire la guerre à Rome en leur nom et à leur guise, sans ordre de personne : mais ils ne purent s’empêcher d’écouter Comm l’Atrébate.

Des peuples de la frontière germanique, les Trévires, seuls, ne furent pas en mesure d’envoyer aux Gaulois un secours apparent. En réalité, ils leur étaient fort utiles. Depuis le commencement de la guerre, ils ne cessaient de batailler contre les Germains, et par là ils empêchaient la Gaule d’être prise à revers par une invasion toujours prète. Mais les Médiomatriques (de Metz), les Séquanes et les Helvètes acceptèrent de défendre la liberté de tous : les Séquanes n’étaient-ils pas d’anciens alliés du peuple arverne ? les Helvètes n’avaient-ils pas à venger la première injure que César eût infligée à une cité de la Gaule ? Au delà des plaines de la Saône, ces deux derniers peuples allaient mettre de nouvelles barrières entre César et sa province.

Pour achever de les décider, eux et les autres, les Éduens eurent recours au procédé cher aux Barbares. On venait de leur expédier à Bibracte les otages que la Gaule avait jadis livrés à César. Ils annoncèrent qu’ils mettraient à mort les représentants des nations qui refuseraient de s’allier à eux, et peut-être quelques premiers supplices montrèrent que la menace n’était point vaine. Les dieux, cette fois encore, eurent leurs victimes. Les peuples effrayés n’eurent plus qu’à obéir. Et ces mêmes otages qui avaient garanti la fidélité de la Gaule à César allaient garantir son attachement à la liberté.

 

2. Affaiblissement réel de l’autorité de Vercingétorix.

 

En réalité, ce soulèvement général de la Gaule enlevait à Vercingétorix autant de force qu’il lui amenait de secours.

Sans doute, il peut doubler l’effectif de sa cavalerie et de son infanterie. Mais les milices qui vont lui arriver ne valent pas ces hommes dociles et endurants dont il a, depuis vingt semaines, exercé et façonné l’âme et le corps. Les nouveaux venus apporteront cette indiscipline et cette ardeur à la bataille qu’il avait eu tant de peine à refréner chez ses premiers soldats, et ces défauts deviendront d’autant plus dangereux qu’ils agiteront des masses plus grandes.

Le nombre des chefs se multiplia comme celui des hommes. Si, devant Avaricum, Vercingétorix a dû céder aux autres maîtres de nations, il les avait réduits, dans Gergovie, à n’être que ses légats. Cette tâche était à recommencer pour lui.

Au début de l’insurrection, il avait, en l’honneur de ses dieux, fait flamber quelques bûchers d’adversaires. Ce qui lui était possible dans l’exaltation de la prise d’armes, et sur la terre paternelle de Gergovie, était impraticable après la victoire et sur le sol éduen, où il n’était plus que l’hôte d’une cité alliée.

De plus, Vercingétorix n’avait certainement pas, depuis six mois, épuré son conseil de toutes les jalousies. Ses succès et son commandement impérieux avaient dû bien plutôt en accroître le nombre. Les plus irréductibles, sans doute, étaient celles de ses plus proches voisins, ces chefs arvernes qui avaient été ses camarades de jeunesse ou ses rivaux politiques. Plus d’un sénateur gergovien ne devait pas lui pardonner d’être le fils d’un tyran, et roi lui-même. L’arrivée d’Éduens renforça la bande de traîtres et d’envieux qui se formaient autour de lui.

Enfin, c’étaient de nouveaux peuples qui se joignaient aux Arvernes et aux Carnutes, jusque-là les deux principaux arbitres de l’insurrection. Mais les Carnutes étaient trop compromis contre César pour souhaiter une défaite, et derrière les Arvernes, Vercingétorix s’appuyait sur l’amitié solide des Cadurques et autres clients séculaires de la royauté de Gergovie. Il avait à compter maintenant avec les Helvètes, les Séquanes, les Éduens, rivaux traditionnels de son peuple. Quelle sécurité pouvait-il trouver chez ces derniers venus de la révolte, décidés moitié par crainte et moitié par intérêt, et qui offriraient sans peine à César des occasions et des motifs de pardon ? Vercingétorix aurait à combattre, avec la jalousie des chefs, les rancunes des nations, et de la nation éduenne entre toutes.

 

À suivre...

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 18:02

Au VIe siècle avant Jésus Christ, quittant les terres peu fertiles d’Asie mineure, les Phocéens se tournèrent vers la mer. Tandis que Milet envoie des colonies sur les côtes du Pont-Euxin (mer Noire), Phocée lance vers l’occident ses vaisseaux rapides qu’entraînent cinquante rameurs.


Les riches métaux du pays de Tartessos sont une des matières essentielles de leur commerce. En – 600, conduits par Simos et Protis, de jeunes Phocéens fondent Massalia (Marseille) et s’assurent des escales sur le littoral ibérique. Vers – 565, pour éviter de longer le littoral étrusque, ils fondent sur la rive orientale de l’île de Kurnos (la Corse) un nouveau comptoir : Alalia, au débouché du Tavignano. Ce sont des commerçants, pas des pilleurs, aussi la population locale y trouvant probablement son compte, ne s’oppose pas à leur installation.

Celle-ci présentait trois principaux avantages : tout d’abord les richesses d’un arrière-pays ; ressources minières non négligeables (cuivre, fer, plomb argentifère, chaux). En outre, l’importance stratégique de l’île n’échappait point à ces Grecs soucieux d’établir en Méditerranée Occidentale leur hégémonie maritime ; désormais, ils pouvaient prétendre contrôler les côtes d’Etrurie et du Latium et surveiller la mer Tyrrhénienne. De Carthage à Marseille, l’itinéraire maritime par la Corse était enfin le plus rapide : 8 jours 5/6 et 7 nuits  contre 22,5 jours et 19 nuits par l’Italie et la Sicile, et 16 jours et 15 nuits par l’Afrique du Nord et l’Espagne.

Une nouvelle civilisation commence à naître : les Grecs introduisent la vigne et l’olivier, exploitent les forêts, élèvent des temples, etc.


En – 553, une grande bataille navale eu lieu, opposant les Phocéens à une coalition de Carthaginois et d’Étrusque, décidés à ne pas laisser les Grecs se forger un empire rival. Vaincu, les Phocéens se replient sur Marseille et Rhégion, abandonnant la Corse à leurs terribles rivaux[1].

La domination étrusque sera de courte durée. Viennent ensuite les Syracusains, puis les Carthaginois mais ceux-ci se heurtent à la population corse bien décidé à conserver sa vie et ses traditions. Ce qui fera d’ailleurs dire à Diodore de Sicile que les esclaves corses « ne sont pas apte à cause de leur caractère naturel, aux mêmes travaux que ceux des autres nations ».

 

En dépit du traité de neutralité signé en 509, les intérêts économiques de Carthage contrecarraient inévitablement les ambitions de Rome. Luttes implacables, longues et acharnées, les Guerres Puniques qui détruisent l’Empire africain font de la Méditerranée un lac romain et de la Corse une terre romaine.

 

En 260 avant J.C., le consul L. Cornelius Scipion, vainqueur du combat naval de Myles, passe en Corse et entreprend de lutter contre les troupes du Carthaginois Hannon. Alalia succombe après un siège des plus sévères. À la paix de 241, Carthage conserve pourtant la Corse. Ce n’est qu’un sursis. Profitant de la révolte des mercenaires, T. Sempronius Gracchus conduit alors les légions dans l’île ; l’hostilité des indigènes à cette mainmise romaine nécessite l’organisation de nouvelles expéditions en 236, 234, 231. Les efforts des consuls Licinius Varus, M. Malleolus, C. Papirius Maso aboutissent au rattachement de la Corse à l’administration de la République. En – 221, deux prêteurs gouvernent la province de Sardaigne dans laquelle est englobée la Corse. Une Corse conquise mais non soumise : aux rebellions et soulèvements intermittents des cités côtières s’ajoutent une permanente guérilla. En – 173, 7 000 combattants corses tombent en un seul combat. Les légions de Juventius Thalna et la flotte de P. Scipio Nasica ont néanmoins raison des derniers insurgés. En - 163, la Corse est « pacifiée ». L’île a perdu alors la moitié de ses 30 000 habitants.

 

La Corse romaine


La civilisation romaine peut donc s’étendre dans l’île ; taxes, impôts, réquisitions s’abattent alors sur les insulaires. A l’exemple de Verrès, le proprêteur de Sardaigne-Corse, Aemilius Scaurus, beau-fils de Sylla édifie une fortune scandaleuse aux dépens des indigènes ; défendu par Cicéron, il sera bien sûr acquitté.

En 94 avant J.C., à l’embouchure du Golo, Marius implante la colonie de Mariana ; en -81, Sylla case à Aleria une partie de ses vétérans, ce qui entraîne le démantèlement des grandes exploitations de la plaine. César qui séjourne en Corse en – 46, renforce la colonisation (et donc le contrôle militaire), colonisation réalisée aux dépens des meilleurs terres corses intégrées dans l’ager publicus.

Auguste érige la Corse en province impériale, administrée par un procurateur soumis à ses ordres directs et résidant à Aleria. Colonie de peuplement, l’île accueille des vétérans en quête de terre, des légionnaires démobilisés, des retraités avides de soleil et de tranquillité.

Repliés dans leurs montagnes, les Corses abandonnent-ils les plaines côtières à l’occupant ? Est-ce seulement dans les régions littorales qu’on peut parler de véritable romanisation ? En fait, progressivement, s’opère une assimilation profitable aux petits et grands propriétaires. D’Orient, d’Italie, arrivent de nouveaux colons. Plus de 100 000 habitants vivent ainsi dans l’île à l’apogée de l’Empire. La langue latine, gage de toute réussite, rapproche les mentalités. Mais dans la plaine orientale, les tentatives pour faire surgir une agriculture aux mains de petits propriétaires tournent court. Blé, vigne, olivier relèvent de grands domaines. Dans les 33 cités, le mode de vie ressemble à celui qui anime toutes les conquêtes romaines.

Insensiblement les montagnes connaissent une hémorragie qui pousse vers les hautes vallées et les cités côtières une partie des habitants. Deux grands centres étendent leur influence : Mariana et Aleria.  Avec ses 20 000 habitants, cette dernière fait figure de capitale et de centre commercial réputé. Les brassages de population transforment l’idiome corse en un dialecte dans lequel Sénèque retrouve des éléments « de latin, de cantabre, de ligure et de grec ».Corsica et Sardinia SPQR

Jugées peu attirantes en raison de leur rudesse, la Corse sert parfois de lieu de bannissement durant l’Empire romain.

Il est probable que Rome construit alors : thermes, aqueducs, forums, prétoires, temple ; mais Rome accapare l’essentiel des richesses : céréale, huile d’olive, poisson, sel, miel, minerais, liège et bois de construction navale… Et l’on sent bien dans les écrits d’auteurs romains le fossé qui sépare les deux peuples : Question de Sénèque : « Quoi de plus féroce comme peuple ? » affirmation de Tite-Live ; « Ce peuple n’a point du tout d’humanité, et il est plus intraitable que les bêtes elles-mêmes » ; constatation de Strabon : « Les montagnards corses vivent de brigandage. Toutes les fois qu’un général romain en ramène quelques-uns à Rome, en esclavage, c’est un singulier spectacle de voir leur férocité et leur stupidité ; ou bien ils se donnent la mort, ou bien leur indocilité et leur stupidité fatiguent leurs maîtres, au point de faire regretter le prix, même minime qu’il soit, auquel ils ont été achetés ».


Christianisation de la Corse.


À partir du IIe siècle, le christianisme conquiert lentement les campagnes et les villes. L’identité des premiers missionnaires peut-être envoyés par Saint Pierre ou Saint Paul, reste imprécise. Ce qu’il y a de certains, c’est que la nouvelle religion doit composer avec les vieilles croyances païennes, force constitutive d’une société encore rurale. Deux grandes figures de martyres émergent de cet anonymat : Sainte Julie étranglée etdevotetorturee.jpg crucifiée à Nonza, après avoir eu les deux seins coupés sur ordre du gouverneur Félix (450) ; Sainte Dévote[2], patronne de la Corse, que le préfet Barbarus fait trainer sur un sol rocailleux. À proximité de l’ancienne cité de Mariana subsistent encore les grottes de Santa Devota, où les premières communautés chrétiennes trouvèrent asile pour célébrer prières et offices. Cinq cités du littoral, Aleria, Mariana, Nebbio, Sagone, deviennent sièges épiscopaux.

 


[1] La bataille d'Alalia

[2] Sainte Dévote ou le courage de la foi

 

Source : Histoire des Corses, Louis Comby éd. Fernand Nathan.

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 06:49

Clovis devenu roi de France, transmet son royaume à ses enfants[1]. C’est donc une dynastie germanique (Francs saliens) qui accède au pouvoir ; et il faut bien dire que les fils de Clovis se conduisaient dans leurs Etats gaulois comme ils se conduisaient dans les régions qu’ils annexaient au terme de conflits armées, c’est-à-dire comme en pays conquis.

La génération précédente, de l’ancienne aristocratie sénatoriale gallo-romaine, laquelle avait souvent contribuée au succès de Clovis, avait été peu à peu écartée des fonctions de prestige tant ecclésiastiques qu’administratives ou militaires, et avait été remplacée une noblesse franque courageuse mais rarement méritante. Ainsi les Gaulois, en un demi-siècle, avaient-ils été écartés des affaires, voire réduit au statut de sujet de seconde zone dans leur propre pays. L’élite, ou ce qui passait pour telle, était franque. Alors nombreux étaient les Gaulois qui avaient germanisé leurs noms ainsi que ceux de leurs enfants.

 

C’est ce que firent les parents de frédégonde, paysans gaulois qui donnèrent à leur fille un prénom à consonance germanique, qui sonnait bien, avait même certainement de l’allure aux oreilles gauloises, mais qui, à celles des Francs, était tout bonnement grotesque.

 

Les prénoms germaniques sont en général totémiques, comme ceux des Peaux-Rouges. Ils renvoient à des animaux de bon augure : Bernard veut dire Ours courageux, Arnaud Aigle noble, Adolphe Noble loup, etc. Ou à des vertues guerrières : Clovis sera glorieux au combat, tout comme Clotilde, Conrad donnera d'audacieux conseils, Gérard sera terrible avec une lance, Herbert brillant au combat, Robert glorieux et brillant, Albert noble et brillant… Parmi les contemporains de Frédégonde, l’usage est aussi de donner à un enfant un prénom composé de deux racines propres l’une à sa famille paternelle, l’autre à sa famille maternelle, pour souligner une alliance importante. C’est ainsi que le prince héritier de Thuringe, Amalafrid, « Paix des Amales », porte un prénom renvoyant pour la première partie aux origines de sa mère, princesse de la dynastie wisigothe des Amales, l’autre à l’idée de paix : il est le gage de la paix avec les Wisigoths.

 

Cela peut donner des rapprochements inattendus, mais les parents de frédégonde qui ne comprenaient pas la langue qu’ils s’essayaient à manier, inventèrent un prénom à la signification aussi contradictoire qu'impossible : « Guerre et Paix ».

 

L’alliance est absurde car elle est constituée de deux termes antinomiques, Fried, la paix Gund, la bataille. Deux racines qui se retrouvent dans une multitude de prénoms germaniques, mais jamais associés. On retrouve la racine Fried dans les prénoms Frédéric, « paix assurée », Alfred « noble paix », Ferdinand « paix hardie », Gund dans de nombreux prénoms mérovingiens : Gontran « Corbeau des batailles », Gundewald ou Gondebaud « Vaillant au Combat », Gunther ou Gonthier, « Combattant », Radegonde, « Celle qui conseille dans le combat », etc.

 

Oui, son prénom en fit rire plus d'un, mais sa grande beauté fit oublier que frédégonde, reine de France, avait un drôle de prénom.135.jpg

 

[1] sa fille Clotilde à droit également à sa part du royaume, sous forme de dot.

 

Source : Frédégonde Épouse de Chilpéric Ier, Anne Bernet éd. Pygmalion

 


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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:12

Comme cela avait été le cas lors du décès de Clovis, et selon la tradition des Francs, le royaume du défunt Clotaire devait donc être divisé et distribué à ses enfants.


Ils étaient quatre à hériter (Chramne ayant été tué sur ordre de son père). Il y avait, par ordre d’aînesse, les trois fils d’Ingonde : Charibert ou Caribert[1] ; Guntramn, dont nous avons fait Gontran ; et Sigibert, orthographié plus habituellement Sigebert ; et le fils d’Arégonde, Hilpéric, dont nous avons fait Chilpéric[1] .Arégonde étant la sœur d’Ingonde, Chilpéric était le frère des trois autres par son père, et leur cousin germain par sa mère.


Les quatre fils n’avaient pas attendu l’inhumation définitive de leur père pour se partager son royaume. Chilpéric était le plus pressé des quatre ; le plus fourbe aussi. Les cierges des funérailles brûlaient encore, que lui s’était lancé à bride abattue en direction de la villa royale de Braine, située à une vingtaine de kilomètres de Soisson pour s’emparer du trésor royal qui y était entreposé.

Le trésor était entreposé dans des coffres, gardés par de farouches guerriers. Farouches, mais pas incorruptibles. Après de rapides tractations, tout le monde y trouvant son compte, le trésor fut livré à Chilpéric.

 

Naturellement, tout cela ne fut pas du goût de ses frères qui, furieux, envoyèrent une armée bien fournie à Paris, où Chilpéric s’était replié. Une fois capturé, il fut expulsé de la ville, s’en tirant finalement pas trop mal. Le problème étant réglé, Charibert, Gontran et Sigebert se réunirent pour procéder au partage du royaume de leur père. Ils se mirentP1040117 d’accord pour définir quatre royaumes, non pas avec des frontières propres, qui est une conception plus tardive, mais avec le nombre des cités et des villas qu’ils comprenaient.

À Charibert, l’aîné, échut le royaume de l’est, la Neustrie (ni-Oster-rike : le royaume qui n’est pas de l’ouest), qui ne portait pas encore ce nom au moment du partage, avec pour capitale excentrique Paris ; plus important que celui de Childebert, il s’étendait de la Somme aux Pyrénées, en incluant la basse vallée de la Seine, celle de la Loire à partir de Tours et celle de la Garonne toute entière. Au second frère Gontran, était attribué un territoire plus vaste encore : tout l’ancien royaume des Burgondes entre les Vosges et la Durance, plus la partie orientale de l’ancien royaume de Clodomir, avec Orléans et Bourges. Au troisième frère, Sigebert, échut l’ancien royaume de Thierry, l’Austrasie, mais bien plus étendu vers l’ouest, où il absorbait la moitié du royaume d’origine de Clotaire, avec toute la vallée de la Meuse ; l’Auvergne y était jointe. Quant à Chilpéric, il recevait ce petit royaume rétréci de son père, réduit à sa moitié occidentale (une superficie égale au tiers de l’Austrasie et au quart de la Bourgogne), avec encore pour capitale Soissons. Nul doute que Chilpéric payait là le mauvais tour qu’il avait essayé de jouer à ses frères.


Comme c’était à prévoir, les quatre frères ne tardèrent pas à entrer en guerre les uns contre les autres. Sans surprise, Chilpéric fut le premier à passer à l’action, profitant que son voisin, Sigebert, menait sur le Danube une campagne contre les Avars, pour s’emparer de Reims. Mais Sigebert, plus puissant, envahit ses Etats et emmena son fils en captivité, ce qui calma les ardeurs de Chilpéric.

En 567, Charibert mourut, le partage de son royaume occasionna la reprise des hostilités. Sigebert et Chilpéric avaient épousé deux princesses wisigothes : Brunehaut (Brunhild) et Galswinthe. Mais Chilpéric décidément intenable avait prit pour maitresse une fille de ferme appelée Frédégonde. Celle-ci, aussi ambitieuse et sans scrupule que son amant, fit étrangler la reine légitime. Sigebert et Brunehaut décidèrent de venger ce lâche assassinat. Les armées austrasiennes eurent vite raison des troupes de Chilpéric. Mais tandis que Sigebert mettait le siège devant Tournai, Frédégonde le fit poignarder à mort (575).

Désormais, ce fut par les deux reines, Brunehaut et Frédégonde, que l’âpre lutte fut activée. Après la mort de Frédégonde en 597, on pouvait supposer que Brunehaut l’emporterait : elle gouvernait maintenant les deux royaumes d’Austrasie et de Bourgogne, hérité de Gontran, pour  ses deux petits-fils mineurs, Thierry et Thibert. Mais une guerre implacable les dressa l’un contre l’autre durant laquelle ils perdirent la vie tout les deux. Le vainqueur malgré lui fut le jeune Clotaire II, fils de Frédégonde, qui  émergeait de ce chaos, et fut proclamé par les leudes des différents royaumes héritier de son grand-père Clotaire Ier. C’était l’unité retrouvée du Regnum Francorum, sous un seul sceptre. Pour assurer définitivement  cette unité, le jeune Clotaire, aussi cruel que ses parents, fit atrocement exécuter sa tante Brunehaut en 613.

 

 

 

[1] Charibert ou Haribert (CH = H = gutturale), de hari : troupe, groupe armé et bert : brillant, glorieux (latin clarus) : « troupe glorieuse ». Sigebert, de segis (celtique) : victoire ; « glorieuse victoire ». Guntramn, de gunt : combat, et ramn : corbeau. Chilpéric, de hilp : le secours (allemand hilf), et ric : le chef (latin rex) : « le chef secourable ».

 

Sources : Clotaire Ier fils de Clovis, Ivan Gobry éd. Pygmalion  _  Histoire des Francs, Grégoire de Tours

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 16:23

 

 

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