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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 05:38

Cette fois, quelques connaissances sont nécessaires !P1040633

P1040635 Réponse:

P1040640 

 

À quel endroit vous est-il impossible de passer vos vacances ?


_ Au Camping des Pins de Soulac sur Mer

_ À Punta Cana Club Méditéranée en République Dominicaine

_ À l'autel des Trois Gaule à Lugdunum

 

Réponse ici

 

Source : Le Figaro Jeux - Histoire de France  _  Le blog de Lutèce

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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 04:53

Ça se complique un peu. Mais pas de quoi attraper une migraine !P1040629 

 

Réponse :

P1040639

 

Où peut-on voir cette statue :statue-clovis10

_ à Soisson

_ à Reims

_ à Autun

_ à Poitiers

 

Réponse ici

 

Sources : Le Figaro Jeux - Histoire de France  _  Le blog de Lutèce

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22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 03:59

La chaleur nous accable, la déshydratation nous guette, saurons répondre aux questions niveau Cours Élémentaire d'autrefois, BAC + 2 aujourd'hui !P1040630

Réponse ici

P1040637

Réponse là :

 P1040640b

 

Source : Le Figaro Jeux - Histoire de France

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 03:51

Quelques exercices niveau - 3 pour être prêt à la rentrée !P1040625bP1040626 Wilhelm von Kaulbach 001 4/ La bataille des Huns est un tableau de : 

_ Pablo Picasso

_ Wilhelm von Kaulbach

_ Pablo Mannai

_ Karl Heinz Rummenigge

 

Réponses : Question 3 (trop facile débrouille toi !)  _  Question 4

 

Sources : Le Figaro Jeux - Histoire de France  _  Le blog de Lutèce

 


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18 août 2012 6 18 /08 /août /2012 12:34

Quelques exercices catégorie fastoche pour être en pleine forme à la rentrée !P1040624P1040627

 

Les réponses figurent dans les articles du blog !

 

Source : Le Figaro Jeux - Histoire de France

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23 juillet 2012 1 23 /07 /juillet /2012 10:25

La collection de peintures murales gallo-romaines du musée archéologique de Strasbourg a fait l’objet, pendant trois ans, d’une grande campagne d’étude, d’analyse et de restauration. Ce qui a permis de reprendre la totalité des restaurations anciennes (datant des débuts du XXe siècle) et de (re)traiter de nombreux panneaux peints à l’aune des normes actuelles.

L’exposition se propose donc de mettre en valeur cette « relecture » de la collection. Les responsables expliquent :

— L’accent est mis aussi sur l’iconographie spécifique des fresques strasbourgeoises dansexpo_strasbourg.jpg une province frontière de l’Empire et sur les relations qu’elles entretiennent avec les thèmes de la propagande impériale romaine à travers la mise en scène des mythes fondateurs de Rome. La présentation traite également des matériaux et des pigments employés et aborde, de façon pédagogique, les techniques des fresquistes antiques, tout en fournissant l’occasion de mettre en perspective la vaste collection strasbourgeoise par rapport aux autres sites alsaciens qui ont livré, lors de fouilles anciennes ou récentes, des enduits peints d’époque romaine.

La plupart de ces fresques ont été mises au jour à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à la suite de grands travaux urbains ou de la pose de canalisations dans le centre-ville. Notamment autour de l’église Saint-Thomas et de la place Kléber où il y avait de nombreuses habitations aux abords du camp romain d’Argentorate.

Ainsi, un important bâtiment romain, exploré sous la cathédrale dans les années 1970, a livré des fragments d’un plafond peint d’un bâtiment proche du camp.

Les campagnes de restaurations ont porté sur :

— un constat d’état et un inventaire photographique de l’ensemble de la collection

— un désépaississement de la face arrière de la plupart des fragments

— un assemblage des fragments peints

— une consolidation desdits fragments à l’aide d’un mortier synthétique de finition.

Cela effectué, les fragments ont été montés sur un support léger constitué d’une plage en « nid d’abeilles » insérée entre deux couches de laine de verre imprégnée de résine synthétique.

Selon les organisateurs de l’exposition, « la perception que l’Antiquité avait des couleurs était assez différente de la nôtre à une époque où les recherches sur la décomposition de la lumière et le spectre des couleurs n’avaient pas encore façonné la vision que l’on en a aujourd’hui » :

— La prise en compte de la valeur symbolique attachée aux couleurs était également très importante dans la perception qu’en avait le monde antique.

Le rouge est synonyme de pouvoir, le cinabre et le bleu égyptien de richesse, etc. À quoi s’ajoute un art au service de la propagande impériale.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 06:06

En l’an 154 avant Jésus Christ, les Massaliotes, en guerre avec les tribus liguriennes du voisinage, appellent les Romains à leur secours. Ceux-ci passent les Alpes, descendent dans la Gaule transalpine, battent les tribus qui inquiétaient la colonie grecque et leur enlève quelques terres qu’ils donnent aux Massaliotes.


Trente ans plus tard, nouvelle demande des Massaliotes, nouvelle victoire des Romains contre les tribus gauloise établies entre le Rhône et les Alpes (les Salyens et les Salluviens) cette fois les Romains restent dans le pays ; le consul Sextius en l’an 123, fonde la première station romaine dans la Gaule transalpine Aquae Sextiae Aix.

En l’an 121, les Allobroges et les peuples en deçà du Rhône sont vaincus par les Romains, mais imparfaitement soumis. Rome possède dès lors en Gaule un certain territoire dont il est d’ailleurs difficile de déterminer les limites : c’est la province (provincia).116-copie-1.jpg


Peu après l’an 118, voulant assurer ses communications avec l’Espagne, Rome étend la Province dans cette direction et fonde la colonie de Narbonne, destinée comme dit Cicéron à devenir une sentinelle et une forteresse du peuple Romain dans ces contrées. Les Romains étendent bientôt leur domination jusqu’à Toulouse.

La Province (qu’on nommera plus tard Narbonensis, Narbonnaise du nom de Narbonne, sa métropole) est menacée à la fin de IIe siècle, par la terrible invasion des Cimbres et des Teutons.

 

En – 102, Marius remporte sur les Teutons la grande victoire d’Aix, puis, l’année suivante, extermine les Cimbres à Verceil. La Province et sauvée. Elle sera gouvernée pendant quarante ans par des propréteurs, ou proconsuls forts obscures pour la plupart ; l’un d’eux, Fonteius sera connu pour ses exactions, accusé, il sera défendu par Cicéron, dont le plaidoyer ne nous est hélas pas parvenu intact.


En – 59, vit s’ouvrir pour la Gaule des destinées nouvelles. À cette date, les Suèves et leur chef Arioviste viennent de s’établir en Gaule chez les Séquanes après avoir mis en déroute les Eduens, alliés de Rome. D’autre part, les Helvètes, peuple gaulois fort redoutable, opèrent une migration, considérée par Rome comme une menacent pour la vallée du Rhône. L’Éduen Divitiacus vient à Rome et obtient l’appui du Sénat contre Arioviste. La loi Vatinia investit pour cinq ans Julius Caius Caesar de l’imperium dans les provinces de Cisalpine, de Transalpine (Narbonnaise) et d’Illyrie. Le Sénat ajoute la Gallia Comata qui est à conquérir. Les Helvètes sont renvoyés chez eux et les hordes germaniques misent au pas, mais en 52, la Gaule est terrassée et à la merci des Romains.

Elle aurait pu à ce moment-là être réduite toute entière en province romaine ; mais après avoir été redoutable, César choisi d’être populaire. Il emploie le dernier hiver passé par lui dans les Gaules à visiter les cités et à se les concilier, en attirant à lui les principes et la population militaire. Il décerne aux États gaulois des titres honorifiques, ne leur impose aucune charge, et s’abstient de réduire officiellement en province romaine la majeure partie de la Gallia Comata.

 

Source : Revue Historique / Gallica.bnf.fr

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 10:47

            Vercingétorix

 

Chapitre XVI - Défaite de la cavalerie gauloise.

 

6. Défaite de la cavalerie gauloise.

 

Sur les trois fronts de bataille, enveloppant l’armée presque entière de Jules César, les quinze mille cavaliers de Vercingétorix s’élancèrent dans un formidable ensemble.

Les cavaliers romains de l’avant-garde et de la gauche furent comme submergés et dissipés : le chef gaulois n’avait pas eu tort, la veille, de les juger médiocres. Mais derrière les chevaux ennemis, les Celtes aperçurent les cohortes romaines, enseignes en marche, hommes en rang de combat, que César détachait du carré et faisait avancer en ligne d’attaque : et sur leur front rigide, vaincus et vainqueurs arrêtèrent leur fuite ou leur poursuite.

Ce fut alors, entre les légionnaires et les Gaulois, une rencontre confuse et terrible, la mêlée la plus incertaine et la plus longue où César eût encore exposé ses cohortes. Les Romains, sentant qu’il y allait du salut de tous, sachant la retraite coupée et la fuite impossible, combattirent avec une énergie de désespérés. Leur chef donna dans l’action comme un centurion de la rue. Il perdit son épée, qu’un Arverne emporta pour l’offrir à ses dieux. Il faillit perdre plus encore, si du moins il faut croire et rapporter à cette bataille l’anecdote que le proconsul lui-même racontait dans son journal : un cavalier gaulois le saisit et l’enleva en croupe, et s'eût été la fin de César, si le Barbare, ignorant le prix de son butin, n’avait commis la maladresse de le laisser échapper. — Au moment oùromains-contre-celtes.jpg sa Fortune lui rendait la liberté, elle lui renvoyait la victoire.

À la droite des Romains, le spectacle était tout différent. Les Gaulois, à leur surprise et à leur colère, trouvèrent les Germains. Ceux-ci se ruaient sur leurs adversaires, pesant sur eux du poids de leurs corps et de leurs chevaux ; ils finirent par rompre les rangs opposés. Le cercle d’ennemis qui bloquait les légions fut brisé, les Gaulois reculèrent sur ce point. Les Germains se portèrent sur la colline, culbutèrent le poste ennemi, rejetèrent vers la rivière tous ceux qu’ils avaient vaincus, massacrant les hommes à plaisir. Enfin, ils apparurent sur le flanc des autres escadrons gaulois, qui s’escrimaient contre les légions romaines.

La vue inattendue des cavaliers germains victorieux changea en épouvante le courage des Gaulois. Ils comprirent qu’ils allaient être coupés et cernés par un ennemi implacable. La fuite commença de toutes parts, tandis que les Germains galopaient et tuaient sans relâche.

Tous les Gaulois ne montrèrent pas une égale bravoure. Les chefs éduens ne se firent pas tuer comme Camulogène. Ceux qui ne rejoignirent pas Vercingétorix se laissèrent prendre. On en amena trois à César, et des plus nobles : Cot, l’ancien rival de Convictolitav, Cavarill, le successeur de Litavicc, et Éporédorix l’ancien, qui, jadis battu par les Germains unis aux Séquanes, l’était cette fois par les Germains alliés de César. Et, voyant la facilité avec laquelle tous trois surent échapper au massacre, je me demande si le proconsul ne les a pas ménagés pour inspirer aux Éduens le désir de trahir de nouveau.

 

7. Retraite de Vercingétorix sur Alésia.

 

La cavalerie gauloise était définitivement vaincue. Ces troupes magnifiques en qui Vercingétorix avait mis le salut de la Gaule venaient de disparaître en quelques heures, et ce n’étaient point les Romains qui avaient eu raison d’elles. Comme aux temps des Teutons et d’Arioviste, l’inflexible intrépidité des cavaliers germains avait brisé la fougue désordonnée de la noblesse celtique.

Cette journée montrait une fois de plus ce qu’il y avait de sagesse dans l’esprit du roi des Arvernes. C’était la première fois qu’il connaissait une franche défaite, et il ne l’avait subie que pour avoir préféré les passions des siens aux conseils ordinaires de sa prudence. La mortelle folie des grandes batailles, comme il l’avait dit souvent, apparaissait aux yeux de tous les Gaulois ; même vaincu, Vercingétorix n’avait point tort.

Aussi, malgré l’étendue du désastre et malgré leur profond désespoir, les Gaulois gardèrent à leur chef leur docilité et leur confiance. Il prit sur-le-champ les précautions nécessaires pour sauver le reste de ses troupes. À la vue de la déroute, il ramena rapidement ses fantassins en arrière. Puis, faisant volte-face vers le Nord-Ouest, il commença sa marche de retraite (par les vallées de l’Ouche et de l’Oze ?). À moins de deux jours de marche (à 55 kilomètres), Alésia était prête à le recevoir, lui et son armée. Il se dirigea vers ce refuge, prenant lui-même la tête de son infanterie intacte : en toute hâte suivirent, sur son ordre, les trains d’équipage et les débris de la cavalerie.

Ses mesures furent prises assez promptement pour que la défaite ne se changeât pas en une panique irrémédiable. César, craignant peut-être quelque retour offensif, ne reprit la poursuite qu’après avoir mis ses bagages en sûreté sur une colline (Talant ?) et sous la sauvegarde de deux légions. Il ne put tuer à l’ennemi, dans le reste du jour, que trois mille hommes de l’arrière-garde. Pendant la nuit, les Romains perdirent le contact avec l’armée qui les précédait ; et quand, le jour suivant, qui était le lendemain de la bataille, ils débouchèrent dans la plaine que dominait Alésia, Vercingétorix attendait César avec ses troupes reformées.

Vers le même temps, les Allobroges se décidaient en faveur du peuple romain et fortifiaient eux-mêmes les rives du Rhône contre les menaces de l’invasion éduenne. Les Helviens, qui avaient pris l’offensive contre les Arvernes, étaient battus, et les Gaulois indépendants descendaient en nombre dans les vallées du Vivarais. — Mais ces victoires et ces défaites étaient également inutiles à César et à Vercingétorix. Ces lointaines rumeurs de guerre s’apaisent bientôt, et les destinées de la Gaule vont se décider sur un point unique, où toutes les nations se donnent rendez-vous (milieu de juillet ?).

 

À suivre...

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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 06:53

Le plus souvent encore on ne nait pas chrétien. On le devient au terme d’un long cheminement : le catéchuménat s’achève la nuit de Pâques.

 

 Le temps n’est plus, au IVe siècle, où l’on pouvait entrer dans la communauté des « fidèles » et accéder au baptême sur une simple profession de foi chrétienne. Le païen désireux d’être membre à part entière de l’Eglise doit parcourir les étapes d’une préparation morale et religieuse (le catéchuménat) que couronne le sacrement du baptême. Depuis le début du IIIe siècle, vraisemblablement, cette institution complexe s’est progressivement mise en place avec ses usages et ses rites précis. Si l’on observe dans le détail certaines variations selon les régions de l’Empire, le canevas général de toute initiation n’en est pas moins fixé.

 

Un païen vient s’ouvrir à l’évêque


Il désire se convertir ou simplement s’informer sur la religion chrétienne, sans être forcément décidé à y adhérer. Le prêtre ou l’évêque cherche d’abord à le confirmer dans son désir ou sa curiosité : habilement, il se met à sa place et développe une catéchèse d’initiation destinée à détruire les préjugés de son incroyance. S’il emporte son adhésion, il s’apprête à l’admettre dans le sein de l’Eglise.

Discrètement, il va se renseigner sur la profession du candidat et sur la réputation dont il jouit. Si celle-ci sont recommandables, le nouveau converti est alors admis dans l’EgliseAmbrosius.jpg comme catéchumène : nouveau membre du troupeau, il est « marqué » au front du signe de la Croix ; le prêtre répand également un peu de sel sur sa tête car « les entrailles que ronge la pourriture (du péché) se conserve longtemps intactes si on y répand du sel » (Saint Ambroise de Milan, commentaire de l’Evangile selon Luc X, 48).

 

Libre membre du troupeau


Le catéchumène est désormais chez lui dans l’Eglise. Il est cependant soumis à la discipline du secret, de « l’arcane ». Lors des offices dominicaux, il ne peut assister qu’à la première partie de la messe (lecture et sermon) ; il doit ensuite se retirer. Seuls les fidèles baptisés peuvent prendre part au repas eucharistique à l’intérieur de la basilique fermée aux regards indiscrets.

Le catéchumène est ainsi tenu dans l’ignorance de la nature exacte des mystères centraux de sa religion. Il n’y accèdera qu’après son baptême. Entre temps il doit parfaire son initiation sans le secours d’aucune catéchèse particulière : il s’instruit en assistant au sermon du dimanche ou en s’entretenant avec le prêtre et les fidèles de la communauté. Peu à peu, il donne des gages de l’authenticité de sa conversion, il prouve par son comportement la sincérité de son attachement à l’Eglise. C’est alors qu’il décide de franchir le pas décisif en inscrivant son nom sur la liste des catéchumènes aspirant (competentes) au baptême. Tous ne témoignent pas cependant d’une égale impatience : certains catéchumènes le sont depuis longtemps et ne paraissent guère pressés de quitter cet état somme toute peu exigeant. Les évêques le savent assez qui ne cessent de s’en plaindre amèrement dans leurs prônes dominicaux : « Personne encore ne s’est inscrit, il fait encore nuit pour moi. J’ai jeté la nasse de la parole à l’Epiphanie et je n’ai encore rien pris », soupire sant Ambroise de Milan (Commentaire de l’évangile selon Luc IV, 76.). Il est des croyants trop scrupuleux qu’obsède le sentiment de leur faiblesse, mais il est aussi des calculateurs qui retardent indéfiniment le moment de réformer leur vie. Dans l’un comme dans l’autre cas, on a la preuve de l’image exigeante que les premiers chrétiens se font de leur baptême.

 

Le temps de la retraite


Selon les usages locaux, on baptise à Pâques, à la Pentecôte ou à l’Epiphanie (en Orient surtout). A Milan, par exemple, comme à Hippone chez saint Augustin, on baptise une fois l’an à la veillée pascale. Les candidats peuvent se déclarer et « donner leur nom » depuis l’Epiphanie jusqu’au premier jour du carême. A cette date commence la grande retraite baptismale, la retraire quadragésimale (40 jours). Au cours d’un premier « scrutin » ou examen de vie, l’évêque scrute chaque « aspirant » et décide s’il est digne de se préparer au baptême. Puis commencent les exorcismes quotidiens pour aider les « lutteurs » à combattre Satan. On jeûne, on fait pénitence, on se soumet à plusieurs « scrutins », on dépouille peu à peu « le vieil homme » compromis avec le « monde ». Chacun s’apprête ainsi à la grande « mue » de son baptême et continue son instruction en suivant un catéchisme spécial.

Mais « chez un chrétien, la première qualité c’est la foi » (saint Ambroise de Milan, Des Mystères 9, 55) : si les futurs baptisés se pénètrent du sens de ce qu’ils vont vivre, ils continuent d’ignorer les cérémonies par lesquelles ils devront passer. On s’étonnera aujourd’hui que ce baptême, ce pivot de toute la vie chrétienne, reste entouré d’un tel mystère : c’est que le croyant, accueillit par l’Eglise, doit d’abord lui vouer une totale confiance ; de l’avis même des Pères, le choc émotionnel et spirituel doit précéder l’intelligence ; et puis la catéchèse doit rester progressive : les rites les plus ardus et les plus riches ne doivent pas être découverts trop tôt, de peur qu’on ne sache plus les goûter à leur juste valeur. « Tiens au chaud dans ton cœur les profonds mystères, de peur que par un discours prématurés tu n’offres à des oreilles hostiles ou trop débiles des plats, en quelque sorte, qui ne sont pas cuits et celui qui t’écoute ne se détourne et n’éprouve un dégout mêlé d’effroi » (saint Ambroise de Milan, De Caïn et Abel I, 9, 37).

On se prépare donc au baptême sans savoir totalement en quoi il consistera ; on s’apprête à vivre des rites énigmatiques dont on ne connaîtra le sens que dans la huitaine qui suivra Pâques. Vient enfin le dimanche des Rameaux : « Jusqu’à maintenant, on a cherché à découvrir si aucune impureté ne demeurait attaché au corps de l’un d’entre vous ; maintenant le jour est arrivé de vous livrer le symbole » (saint Ambroise de Milan, Exposé du symbole I). Ce jour-là après la messe, l’évêque rassemble les « aspirants » dans le baptistère pour leur détailler les douze articles du Credo. Ils doivent sur l’heure l’apprendre par cœur, car ils le « rendront » publiquement au cours de la semaine sainte devant les fidèles rassemblés. C’est là la dernière étape avant le grand jour.baptistere-saint-jean_poitiers.jpg

 

Vivre sa renaissance


Telle est la substance de ces heures précipitées. Autant jusqu’ici le cheminement à été lent, voire long, autant maintenant chaque minute pèse son poids de mystère et de rites. On imagine mal aujourd’hui ce que pouvait être la ferveur et certainement la curiosité de ces competentes n’en croyant pas leurs yeux.

Onction pré-baptismale, renoncement à Satan, bénédiction des eaux, baptême, onction post-baptismale, revêtement des tuniques blanches, confirmation, procession à la basilique et enfin messe eucharistique. Viennent ensuite différents épisodes de la liturgie du baptême au cours de cette nuit de Pâques. « L’aspirant » maintenant baptisé est devenu néophyte, enfant : c’est un nouveau-né. Il n’est pas, dès le lendemain de son baptême confondu dans la masse des fidèles. Il garde pour une semaine encore, son vêtement blanc qui le désigne à l’attention de ses frères. Il ne participe pas à la « messe des fidèles », car il doit, au préalable, intérioriser ce qu’il a vécu une fois pour pouvoir le revivre avec intelligence et en profondeur d’autres fois. Il a donc le devoir d’assister du lundi au dimanche d’après Pâques aux sept sermons de la catéchèse dite « mystagogique » que l’évêque lui destine : il y découvre la pleine signification des rites par lesquels il est passé durant la nuit pascale. Au cours de cette « octave » qui s’égrène de Pâques à Quasimodo, il acquiert désormais la pleine connaissance des mystères de la religion. Il n’est désormais pour lui plus « d’arcane », plus de secret. Au dimanche de Quasimodo (ou dimanche in Albis depositis, mot à mot : dimanche des vêtements blancs déposés) il peut quitter son habit d’initié pour se fondre dans le « corps » du Christ.

 

Images : Saint Ambroise de Milan _ Baptistère saint Jean de Poitiers

Source : 2 000 ans de christianisme Tome I, Collectif sous la direction d'André Mandouze éd. Hachette _

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 11:52

             Vercingétorix

 

     Chapitre XVI - Défaite de la cavalerie gauloise.

 

4. Pourquoi Vercingétorix se résolut à combattre. 

 

Les deux chefs se rencontraient une troisième fois, comme près d’Avaricum et comme devant Gergovie. Mais, dans la plaine de Dijon, Vercingétorix victorieux, à la tète de la noblesse de la Gaule entière, barrait la route à toutes les légions romaines, escortées d’escadrons germains. Le roi des Arvernes commandait à tout le nom celtique, et il avait devant lui les deux mortels ennemis de sa race.

Les deux armées se trouvaient dans la même position que lorsqu’elles avaient pris leur premier contact, sur la route d’Orléans à Bourges. Il fallait s’attendre à ce que Vercingétorix, qui était résolu à suivre la même tactique qu’au mois de mars, fit faire à ses troupes la même manoeuvre : se ranger pour laisser passer César, et l’accompagner en brûlant tout et en le guettant sans trêve.

 

Mais que s’agita-t-il alors dans l’esprit du chef ? Quelques jours auparavant, le dernier mot qu’il avait dit à l’assemblée de Bibracte était qu’il ne voulait pas tenter la fortune des combats et que l’incendie était le plus sûr moyen de vaincre. Il avait répété cette formule de bataille qui était son mot d’ordre invariable depuis le lever de la guerre ; il y était demeuré fidèle malgré tous et malgré tout, sous les murs d’Avaricum assiégé, le long des rivet de l’Allier, au pied de Gergovie délivrée, derrière les Romains en retraite : et voici que, — le premier jour qu’il rencontre à nouveau Jules César, au moment où il s’agit, plus que jamais, d’observer la tactique salutaire, quand sa formidable cavalerie va pouvoir ronger les légions pièce à pièce, comme les vagues de l’Océan effritent les rochers du rivage, — Vercingétorix donna le signal du combat. Son armée disposée en trois camps (au sud de l’Ouche ?), il réunit en un conseil de guerre les chefs des cavaliers, et, sans ambages, il annonça que le lendemain serait le jour, si longtemps attendu, de la grande victoire et de la liberté éternelle. — Les Romains, dit-il, battent en retraite. Mais César les ramènera, et en ramènera bien d’autres. Cet homme ne se lassera jamais de la guerre, si on ne lui inflige pas un affront irréparable. Au lieu de décimer les légions, il faut en finir avec elles. — Et Vercingétorix commanda nettement qu’on les attaquât dans leur marche. Il énuméra les conditions favorables aux Gaulois : ils avaient en face d’eux, non pas un front de bataille, mais un interminable convoi d’hommes et de bagages ; les troupes cheminaient en longue colonne, chaque légion séparée des autres par des trains d’équipage : il serait facile à des cavaliers gaulois de traverser et de retraverser cette file, d’achever l’isolement des cohortes, de faire main basse sur les bêtes et les voitures, les vivres et le butin. Si les légionnaires voulaient défendre leurs biens, ils n’auraient pas le temps de s’avancer pour se former en rangs de bataille : ils s’attarderaient à l’arrière, et c’en serait fait de toute résistance sérieuse. S’ils abandonnaient leurs bagages pour ne plus songer qu’à l’ordre de combat, ils resteraient dépouillés de leurs moyens d’existence et de leur prestige militaire. Quant à croire que les cavaliers romains sortissent du rang pour s’opposer à l’ennemi, les Gaulois savaient trop le peu qu’ils valaient pour avoir cette crainte. — Et enfin Vercingétorix rappela qu’il avait lui-même une infanterie solide et suffisante : il la rangerait en bataille devant les camps, prête à soutenir les combattants et à effrayer l’adversaire de ses cris et de sa vue.

C’est ainsi que parla le roi des Arvernes. César et Tite-Live sont formels sur ce point, qu’il voulut la bataille, qu’il l’ordonna, qu’il ne la subit pas des intrigues des chefs ou de la volonté populaire. Comment expliquer que cet homme, jusque-là tacticien sage et froid raisonneur, soit tout d’un coup devenu l’émule de ces meneurs d’escadrons dont il avait si souvent comprimé la fougue dangereuse ? — Il est permis de faire, en réponse à cette question, trois hypothèses.

Peut-être s’est-il simplement rallié à l’inévitable. Il se sentait moins le maître, depuis qu’il était à la tête de cette armée nouvelle, où dominait une noblesse rivale de sa nation, et où commandaient des chefs jaloux de son pouvoir. Les Éduens et les Séquanes se résigneraient-ils à dévaster leurs terres de la Saône, le plus fertile de leurs domaines, à incendier ces moissons, en ce moment près d’être coupées et leur principale espérance de l’année entière ? Il s’attendait à ce que cette brillante cavalerie, dont la moitié n’avait pas encore eu la gloire de combattre pour la Gaule, acceptât malaisément d’obscures et patientes manoeuvres : elle se ferait tôt ou tard entraîner à une rencontre, et sans doute dans des conditions plus mauvaises que celles qui s’offraient. Prévoyant qu’il faudrait se laisser imposer la bataille, Vercingétorix aima mieux la donner tout de suite, avec le geste du commandement.

Mais peut-être l’a-t-il désirée lui-même, dans une assurance réfléchie de la victoire. S’il n’avait pas eu l’intention de combattre bientôt, il n’aurait pas garni Alésia de vivres et de défenses, pour lui servir d’asile en cas de recul. Les circonstances étaient en effet fort avantageuses pour lui. D’un côté, la forteresse mandubienne prête à couvrir sa retraite. De l’autre, César, qui s’avançait sans crainte, dans un pays dont il se croyait sûr, ses légions échelonnées en colonne : l’ordre de marche le plus dangereux pour une armée qui approche de l’ennemi, celui qui avait permis à Ambiorix de vaincre Sabinus et Cotta, celui qui avait fait jadis espérer aux Nerviens la victoire sur le proconsul lui-même. En outre, Vercingétorix ignorait, semble-t-il, la présence des Germains, sans quoi il n’eût point parlé avec un tel mépris de la cavalerie de ses adversaires : venus du Nord-Est, l’arrivée des Barbares a pu échapper à ses éclaireurs. Il crut, en un mot, n’avoir affaire qu’à des légions, encombrées, démoralisées, disposées avec imprudence. Et il est certain que, si César n’avait pas changé son ordre de marche et s’il n’avait pas eu les Germains, il était presque aussi irrémédiablement perdu que Vercingétorix le faisait croire à ses hommes. — Enfin, qui sait si la vue de cette effrayante multitude de quinze mille cavaliers, n’attendant que son signal pour s’ébranler, n’a pas donné à l’Arverne l’illusion d’une force invincible ? Vercingétorix n’était qu’un jeune homme et qu’un Gaulois : il y avait deux saisons à peine que les devoirs du commandement l’obligeaient à la maîtrise de soi et aux décisions mûries. Un beau jour, l’impétuosité de son âge et de sa race a éclaté malgré lui, et a eu soudainement raison de cette froide discipline qu’il imposait à son âme.

Peut-être enfin n’a-t-il d’abord ni voulu ni ordonné la bataille telle qu’elle allait se dérouler. Ce qu’il a surtout demandé à ses chefs, c’est d’attaquer de flanc la colonne en marche, de la traverser et de revenir, de disperser et d’enlever les bagages, et rien que les bagages. Il semble même qu’il ait déconseillé l’attaque des légions, si elles abandonnaient leur convoi pour se masser en carré de bataille. — Mais, pour éviter un combat après avoir donné de tels ordres, il fallait arrêter dans leur élan quinze mille cavaliers gaulois, et ce n’était au pouvoir de personne au monde.

Et en définitive, ces trois hypothèses pour expliquer la bataille nous ramènent toujours à une même cause : c’est que la furie gauloise, contenue depuis six mois chez les soldats et chez le chef, devait être un jour plus forte que leur volonté à tous.

Il suffit en effet que Vercingétorix eût adressé un tel appel aux passions de ses hommes, pour que le combat fût résolu, sans contre-ordre possible. Les chefs gaulois, en Gravure-l'appel-de-Vercingétorixl’entendant, avaient retrouvé un roi de leur sang et de leur allure. Une vaste et joyeuse clameur s’éleva quand il eut fini de parler. Tous se déclarèrent prêts à faire leur devoir, et à jurer de vaincre. Ce serment ne fut pas la banale protestation des gens de guerre. Les dieux furent pris à témoin, la religion fournit à ces promesses, comme à celles de la conjuration pendant les mois d’hiver, les sanctions les plus redoutables et les formules les plus solennelles. Les quinze mille cavaliers furent convoqués, et tous jurèrent : Nul ne devait s’abriter sous un toit, nul ne devait s’approcher de sa femme, revoir ses enfants et ses père et mère, s’il n’avait traversé à cheval, deux fois, de part en part, la colonne de marche de l’armée romaine.

C’était exactement ce que Vercingétorix désirait d’eux. Mais après de telles paroles, quoi qu’il arrivât, les Gaulois ne renonceraient jamais au plaisir de la charge et à l’observation d’un serment.

 

5. Formation en bataille des deux armées.


Le lendemain matin, Vercingétorix disposa son armée avec le même soin que dans les campagnes précédentes. Devant ses trois camps, derrière une rivière (l’Ouche ?), il rangea en bataille son infanterie, protégée ainsi contre toute surprise : quelle que fût la fortune du combat, elle demeurerait intacte, et pour plus de sûreté, il s’éloigna d’elle le moins possible. De l’autre côté de la rivière, à gauche, sur une hauteur (Saint-Apollinaire, à l’est de Dijon ?), il plaça un fort détachement de cavaliers pour dominer la plaine, servant à la fois de vigie et de réserve. Au delà, vers le Nord-Est, dans les vastes espaces découverts par où s’avançait César (plaine de la Norges ?), il lança ses escadrons, groupés en trois corps : l’un devait faire face au front des troupes romaines et l’arrêter ; les deux autres devaient le dépasser, et se rabattre sur les flancs.

César, la veille, ne se doutait pas de l’approche de l’ennemi. Il paraît l’avoir ignorée encore de bon matin, et avoir fait prendre à ses légions le même ordre de marche que le jour précédent. Mais, quand on lui annonça l’ennemi, tout changea en un clin d’œil dans l’armée romaine.

César arrêta la marche, fit former les légions en un vaste carré (entre Varois et Quétigny ?), et placer les équipages derrière les rangs des soldats, au centre de la surface dont ils garnissaient le pourtour. Les bagages étaient désormais à l’abri, et les cohortes légionnaires, rapprochées le plus possible les unes des autres, couvertes et prêtes de tous côtés, présentaient une muraille d’hommes et de fers devant laquelle les chevaux se cabreraient aussi net que devant un rempart de pierres. Sur le front et sur le flanc des dix légions, César répartit ses cavaliers en trois corps : à sa gauche et par-devant, les Romains et autres ; à sa droite, qui était le plus menacée, et dominée par la colline, les escadrons germains, sa principale ressource.

Désormais, la surprise espérée par Vercingétorix était impossible. Ses cavaliers ne traverseraient même pas une fois les lignes ennemies. Mais les ordres étaient donnés. La lutte s’engagea.

 

À suivre...

 

À suivre...

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