Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 06:53

C'est lors de la construction de la ligne de chemin de fer de Chalindrey à Mirecourt en 1879 que fut découverte une grande villa gallo-romaine sur le territoire de la communeandilly.JPG d'Andilly-en-Bassigny (Haute-Marne).

Le site fut tout d'abord fouillé en 1895 par le curé du village, Virgile Multier (1859-1932), oublié, puis redécouvert dans les années 1960, il fut de nouveau fouillé par P. Ballet et T. Zeyer de l'association des Sciences naturelles et d'archéologie de Haute-Marne qui mirent au jour une grande construction dotée de thermes privés monumentaux particulièrement bien conservés avec vestiaire, salle tiède, piscine chaude, étuve et piscine froide.

Cet ensemble fut construit au cours du premier siècle après J.-C., agrandi au deuxième et occupé jusqu'au quatrième. Les fouilles ont également mis au jour une nécropole mérovingienne d'une centaine de sépultures établie dans les ruines de la villa et datée des VIe et VIIe siècle.

Partager cet article

Repost0
15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 07:41

             Vercingétorix

 

     Chapitre XVII - Alésia.

 

8. De l’utilité de la levée en masse.

 

Toutes ces précautions, César les avait prises parce qu’il s’attendait à voir paraître autour de lui, venues de tous les points de la Gaule, des foules profondes et sans fin.Museoparc_d-Alesia_fortifications.JPG Scipion Émilien eût regardé comme indigne d’un imperator de protéger par des pièges à bêtes les retranchements des légionnaires : mais il n’avait eu à redouter ni devant Numance ni devant Carthage ces hordes innombrables de Barbares dont César était menacé.

C’est qu’en effet, comme l’avaient dit au proconsul des transfuges et des prisonniers, les envoyés de Vercingétorix avaient la mission de lever en masse la Gaule entière. Le roi des Arvernes avait fait un grandiose projet de désespéré. Tous ceux qui pouvaient marcher devaient venir à lui ; quiconque pouvait manier une arme devait quitter son foyer et se sacrifier à la liberté commune. Il demanda le dévouement immédiat et inconditionné de tous. Ce n’étaient pas deux ou trois cent mille hommes, mais un million et davantage, qu’il appelait à l’assaut des retranchements de César.

C’était, depuis janvier, la troisième fois que Vercingétorix ordonnait des levées d’hommes. Mais, à l’assemblée de Gergovie, à celle du Mont Beuvray, il s’était contenté de troupes de choix, la cavalerie et quelques dizaines de mille de fantassins. — C’est qu’il savait qu’en rase campagne, une armée populaire, mal équipée et sans expérience, ne peut résister, si nombreuse qu’elle soit, à un corps de vieux soldats, disciplinés, pourvus d’armes parfaites, experts aux manœuvres savantes : on avait vu, dans les campagnes de Belgique, l’impuissance des levées en masse contre la solidité des légions et le coup d’oeil de César.

Assiégé dans Alésia, Vercingétorix ne désirait plus que le nombre : cette fois comme les deux autres, il calculait juste, et ce n’était pas son imagination qui l’entraînait à la chimère d’une bataille colossale. Il s’agissait, maintenant, moins de livrer bataille que de faire un siège, c’est-à-dire de combler des fossés, arracher des palissades, lapider des hommes, escalader des remparts, enlever des lignes, et les enlever d’assaut et d’emblée : besogne que des milliers de Barbares feraient mieux que des centaines de bons soldats. Quand les Gaulois attaquaient une place forte, ils espéraient plus du nombre des assaillants que de l’intelligence des moyens : c’était par la multitude des traits qu’ils rendaient les remparts intenables, sur l’amoncellement des corps qu’ils franchissaient les fossés, par la force de la poussée qu’ils ébranlaient les portes. Cette pratique eût été enfantine et dangereuse contre des villes ou des camps défendus à la romaine, et dont les remparts et les moyens de résistance auraient été ramassés et concentrés. Mais Vercingétorix la crut possible contre les lignes de César, étroites et allongées, et je ne puis me résoudre à lui donner tort.

Il a voulu s’assurer les deux avantages de l’assaut méthodique et de l’escalade par débordement : celui-là, il le confierait aux soldats d’Alésia, bonnes troupes qu’il avait formées près de Bourges et dans Gergovie, et qui attaqueraient les points faibles des lignes intérieures de César ; du côté de la Gaule, le nombre servirait à défaut de l’expérience.

Avant tout, il fallait rompre, renverser ou franchir une digue longue de quatre à cinq lieues, large à peine de 700 mètres, et menacée des deux flancs à la fois : sur cette ligne d’hommes et de défenses réduite à une profondeur minima, il importait d’exercer le maximum de pression. Ce que désirait surtout Vercingétorix, ce qui du reste s’imposait à la vue des retranchements de César, c’était de tenter sur eux une attaque en couronne, et pour la réussir, il était bon que tous les défenseurs légionnaires fussent tenus sans cesse en haleine, occupés sur tous les points, inquiétés, fatigués, énervés, aveuglés par des ennemis reparaissant toujours. Puisque le pro consul avait multiplié les fossés et les pièges qui rendaient la bravoure dangereuse et l’habileté inutile, il ne restait plus aux Gaulois qu’à combler les tranchées et recouvrir les chausse-trapes sous des flots renouvelés de corps humains, jusqu’au moment où ces vagues d’hommes, montant encore, submergeraient à la fin les chaussées, les palissades, les légions et César lui-même.  La Gaule était assez riche en mâles, les flancs de ses femmes étaient assez féconds pour qu’elle offrit sans regret toutes ces victimes à ses dieux.

Vercingétorix aurait pu obtenir de la Gaule entière ce sacrifice qui les aurait sauvés tous deux. Elle était prête à consacrer à la lutte tous ses sentiments et toutes ses ressources. Il y avait entre elle et son chef un merveilleux accord de pensées. César, dans ses Commentaires, abandonne un instant la froide concision de son style habituel pour admirer chez ses adversaires la force imprévue de l’élan national. Personne ne se souvenait plus de l’amitié du proconsul et des services qu’il avait rendus. En quelques semaines, le passé récent et ses hontes s’étaient oubliés, et toutes les autres impressions étaient effacées par le désir de combattre et la vertu du mot d’indépendance. On ne parlait plus que de refaire les glorieuses guerres d’autrefois, et les Gaulois allaient à la liberté comme à une magnifique aventure. Ils n’eurent ces jours-là qu’un seul esprit et qu’une seule âme, et, comme les Grecs avant Salamine et Platées, ils s’aperçurent qu’ils pouvaient former une même patrie.

 

9. Préparatifs des Gaulois du dehors.

 

De maladroites prudences et d’inquiètes jalousies enrayèrent cet élan et ruinèrent le plan de Vercingétorix.

Au lieu de s’entendre en quelques minutes sur le jour et le lieu où ils donneraient rendez-vous à toutes les forces de la Gaule, les fugitifs d’Alésia agirent avec une régularité de protocole. Ils convoquèrent le conseil général des chefs des cités, et celui-ci, réuni, délibéra sur le projet du roi. Ce qui signifiait que Vercingétorix n’était déjà plus le dictateur auquel on obéit, mais le général dont on étudie les plans.

Il y avait, parmi les chefs des cités, des hommes dévoués sans réserve à la liberté de la Gaule : l’arverne Vercassivellaun, cousin de Vercingétorix ; Comm l’Atrébate ; Sédulius, magistrat et chef de guerre des Lémoviques ; Sur l’Éduen ; Gutuatr le Carnute ; et surtout, les plus audacieux et les plus persévérants de tous, l’Aude Dumnac, le Cadurque Lucter, le Sénon Drappès. Mais le conseil renferma sans doute aussi des hommes à double face, — face romaine et face gauloise, — comme les deux jeunes Éduens Viridomar et Éporédorix.

Des objections furent faites à la levée en masse. — Comment nourrir tous ces hommes ? Comment se faire obéir d’eux ? les chefs auraient peine à rallier les gens de leurs clans : pourrait-on combattre suivant la tradition, les soldats par tribus et par cités, rangés sous leurs étendards ? — L’objection tirée des vivres était spécieuse : ce qui, en 57, avait empêché de maintenir la levée en masse de la Belgique, ce fut la difficulté de nourrir tant d’hommes. Mais il s’agissait, alors, d’une campagne longue et compliquée, et non pas, comme pour le salut d’Alésia, d’une marche de quelques jours et d’un assaut de quelques heures. — L’autre objection, si elle n’était pas dictée par le scrupule religieux du respect des enseignes, dissimulait peut-être quelque crainte politique. L’assemblée pensa sans doute que Vercingétorix allait vite en besogne, et que, si les Gaulois se mêlaient trop complètement pour le délivrer, ils ne distingueraient plus que lui comme chef au lendemain de la victoire.

Elle décida de lever une très forte armée, près de 300.000 hommes, six fois supérieure à celle de César. Elle crut que cela suffirait : mais il n’y avait même pas de quoi combler les deux millions de mètres cubes des tranchées romaines. Elle n’avait rien compris, sans doute, à la manière dont Vercingétorix entendait l’attaque, et les opérations devant Alésia allaient le montrer plus clairement encore.

Les chefs, toujours soucieux des convenances politiques, fixèrent eux-mêmes, suivant l’importance respective des nations, le contingent qu’elles devaient envoyer. Pour celles qui faisaient partie d’une ligue, comme les cités d’Armorique, les clientèles des Éduens et des Arvernes, on se borna à indiquer l'effectif que la confédération avait à fournir, et on laissa à ses chefs le soin de faire une répartition plus détaillée. Pour les autres, le chiffre fut arrêté à quelques centaines d'hommes près. L'assemblée se sépara ensuite, et chaque chef revint dans sa cité pour mobiliser son contingent.

Il faut dire à l'honneur de la Gaule, qu'aucun des peuples fédérés ne manqua au rendez-vous. On avait demandé 275 000 hommes ; on en eut 258 000 : 8 000 cavaliers et 250 000 fantassins. Il n'y eu qu'une note discordante, mais qui caractérise bien le séparatisme habituel des cités gauloises ; on devine qu'elle fut donnée par les Bellovaques, qui se battaient le plus possible, mais qui consentaient rarement à se battre en compagnie d'autres peuples. Ils refusèrent de se laisser taxer à dix milles hommes, affirmant qu'ils combattraient les Romains, mais sous les auspices et les ordres de leurs propres chefs ; cependant à la prière de Commius, qui était leur hôte, ils envoyèrent 2 000 hommes.

Touts cela prit du temps. Quand l'armée fut concentrée, non loin d'Alésia, sur le territoire éduens ( à Bibracte ?), on en perdit encore en besogne administratives ou religieuses, si bien qu'on laissa passer le jour du rendez-vous fixé par Vercingétorix.

On fit le recensement, on compta les effectifs, on choisit les chefs des détachements, on organisa le haut commandement.

Il y eut quatre grands chefs, Commius, Vercassivellaun, Éporédorix, Viridomar. Celui-là représentait les peuples belges ; le second, les intérêts arvernes ; les deux autres, les ambitions éduennes. Je m'étonne que l'on ait pas fait place à un chef de l'Armorique ou du Nord-Ouest, les régions, de toutes, les plus méritantes de la liberté de la Gaule : un des deux postes pris par les Éduens leur revenait de droit. Mais ceux-ci, évidemment, avaient gardé la part du lion, et les deux rivaux de Vercingétorix prenaient leur revanche de son triomphe au Mont Beuvray.

Cependant, comme on ne voulait pas de chefs absolus et irresponsables, on adjoignit aux quatre généraux un conseil de délégués pris dans les diverses cités, et chargés de préparer les plans ou de contrôler les actes.

Tout cela, pour une expédition qui devait durer une semaine à peine, réussir ou échouer en quelques jours ! On aurait dit que ces hommes conjuraient soit pour donner à César le temps d’en finir avec Alésia, soit pour se préparer au jour où ils imposeraient leur volonté à Vercingétorix victorieux. Dans ces allées et venues, ces sages délibérations, ces longs préparatifs, ces créations de conseils et de généraux, je soupçonne des lenteurs calculées ou des arrière-pensées d’égoïsme. Ce qu’il aurait fallu pour sauver Alésia, c’était un Lucter, un Dumnac ou un Drappès amenant un million d’hommes en quinze jours : et on ordonnait une armée régulière, avec des effectifs vérifiés, un commandement bien équilibré de quatre chefs et de quarante conseillers de guerre. On constituait le gouvernement militaire de la Gaule confédérée, alors qu’il s’agissait de se ruer, sur un signal, au lieu du rendez-vous.

 

À suivre...

Partager cet article

Repost0
13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:12

L'eau sur le site d'Alésia : la contrainte hydrogéologique lors du siège de 52 avant Jésus-Christ

 

L’occupation humaine sur le Mont-Auxois (Côte-d’Or), plateau naturellement protégé par des falaises, est attestée depuis le Néolithique. Les travaux archéologiques menés depuis le milieu du XIXe siècle ont permis une bonne connaissance des installations anthropiques sur cette commune d’Alise-Sainte-Reine. La mise en évidence de fortifications de siège de typologie tardo-républicaine autour du Mont-Auxois et l’identification d’un camp occupé par Titus Labienus ; la présence lors de ces événements d’une coalition gauloise à forte proportion d’Arvernes[1] ; la découverte du plus grand arsenal antique retrouvé en Europe, sont quelques-uns des éléments de la démonstration scientifique qui a conduit à l’identification du site comme celui du siège d’Alésia (Napoléon III, 1866 ; Le Gall, 1989 ; Reddé, Von Schnurbein dir., 2001 ; Reddé, 2003).

 

Afin de bien comprendre une situation militaire comme celle-ci, connaître l’environnement du siège est essentiel. Si la publication originale concernant l’aspect environnemental du lieu est due à l’étude de la région par J.-J. Collenot en 1873 (Collenot, 1873), c’est l’abbé Joly (1966) qui a réalisé les premiers relevés géologiques du Mont-Auxois. Ils ont été affinés par la suite lors de la réalisation de la carte du BRGM au 1/50 000 (Jacquin, Thierry, 1990). Les formations superficielles ont été identifiées par ce même abbé quand il définit le système géomorphologique de base de corniche (Joly, 1968) : ces blocs effondrés le long des versants du Mont-Auxois ont ensuite fait l’objet d’une cartographie précise (Petit, 1989). Le contexte environnemental du siège a été plus spécifiquement étudié lors des recherches franco-allemandes de 1991 à 1997 sur les travaux césariens (Petit, 2001), mais le fonctionnement hydrogéologique n’y a été abordé que succinctement. Cet élément revêt pourtant un intérêt tout particulier concernant la relation de l’homme à son environnement. La question de l’approvisionnement en eau en fonction des contraintes naturelles auxquelles ont été confrontés les hommes est un point capital dans une situation comme celle du siège de 52 av. J.-C.

 

Même si le cycle hydrologique n’est pas connu durant l’Antiquité puisque c’est Bernard Palissy qui le premier l’esquissera en 1580 dans son « Discours admirable de la nature des eaux et fontaines tant naturelles qu’artificielles » (Audiat, 1868), dès le premier siècle av. J.-C. Vitruve explique la formation des sources par la pénétration dans le sol des eaux de pluie, considérant déjà qu’elles sont arrêtées par une « couche de pierre ou d’argile » (Vitruve, VIII, I, 2). Un siècle plus tard, Pline indique bien que l’eau se mêle à la terre et que son tracé est complexe (Pline, II, 66). Ces données hydrogéologiques empiriques seront reprises plus tardivement par Palladius, qui précise qu’« il faut examiner la nature du terrain pour pouvoir juger de la quantité et de la qualité des eaux »(Palladius, IX, 8). Quelles que soient les hypothèses émises sur la nature et l’origine des eaux souterraines, elles sont très tôt exploitées (puits, captage…) (Viollet, 2005) et font l’objet, en particulier dans le monde romain, de nombreux travaux (Gros, 1996 ; Adam, 2008). D’un point de vue militaire, l’accès à l’eau est souvent abordé dans les traités et récits antiques, et en ce qui concerne la Guerre des Gaules, César le confirme en particulier par la stratégie employée à Uxellodunum (infra : partie II).

 

  I. Les contraintes naturelles

 

I. 1. Géologie et climat

 

Le Mont-Auxois (407 m) et les plateaux d’altitudes équivalentes de son entourage immédiat – la montagne de Flavigny, le mont Pennevelle, la montagne de Bussy et le mont Réa – appartiennent à la région du « haut-Auxois ». Appelée également « Auxois des plateaux », elle est constituée de tables calcaires en lanières orientées NW-SE dominant d’étroites vallées aux pentes marneuses incisées par les cours d’eau. Au pied du Mont-Auxois, seulement relié au plateau par le col du Pennevelle, s’écoulent en direction de l’ouest les deux rivières responsables de son isolement, l’Oze au nord et l’Ozerain au sud. En aval, la plaine alluviale s’élargit, atteignant près de 4 km (fig. 1).img-1.jpg

     Fig. 1. Vue aérienne du site d’Alésia vers l’est, avec position des rivières et des sources de l’aire visible. Cliché du fond : R. Goguey, vol du 10.12.1995.

 

Cette région est soumise à un climat intermédiaire entre le climat océanique et le climat semi-continental de latitudes tempérées (Marceaux, Traboulot, 1994). Les températures, basses pendant l’hiver avec une moyenne du mois le plus froid à 2° C, sont moyennes à fortes en été avec une moyenne du mois le plus chaud à 18° C. La pluviométrie moyenne annuelle dans ce secteur est de 850 mm. Sur les 97 ha du plateau l’apport annuel d’eau correspond ainsi à un volume moyen de 824 000 m3.

 

Bien définir la lithologie est essentiel car c’est la série stratigraphique qui détermine le fonctionnement des réservoirs hydrogéologiques. La géologie générale du site est constituée d’une dominante de marnes liasiques dans les vallées, surmontées de faciès calcaires sur les plateaux (fig. 2 et 3).img-2.jpg

          Fig. 2. Carte géologique du site d’Alésia. C. Petit 2001.img-3.jpg

          Fig. 3. Coupe géologique du Mont-Auxois.

 

Le substrat des vallées alluviales est formé des marnes micacées du Carixien et du Domérien. La base des pentes des vallées est constituée sur plus de 100 m d’épaisseur de marnes du Lias et à mi-pente affleurent 10 m de calcaire argileux à Gryphea Gigantea du Domérien.

 

Ces derniers sont surmontés par des argiles calcaires toarciennes de 40 à 50 m d’épaisseur. Au-dessus, la série calcaire du Jurassique moyen détermine les falaises de près de 40 m qui ceinturent le Mont-Auxois. Ce niveau bajocien moyen se présente sous la forme d’un calcaire orangé à entroques en partie inférieure, surmonté de calcaires à polypiers. Sur le plateau, des marnes à Ostrea Acuminata, dont le taux d’argile atteint 65 %, revêtent un faciès plus calcaire sur quelques intercalations ; elles sont d’une épaisseur maximale de 10 m. Enfin, la série lithologique du sommet est franchement calcaire, constituée de calcaires argileux et hydrauliques bathoniens, sur des épaisseurs de 5 à 20 m selon la topographie.

 

La série géologique présente un pendage général de 1-2° vers le nord-ouest ; sur le Mont-Auxois, une faille d’orientation SW-NE abaisse d’environ 10 m la partie orientale du plateau.

 

Ce substratum géologique est recouvert par des sols quaternaires peu épais et par endroits par des systèmes de bases de corniche (Joly, 1968) ; des blocs plus gros, détachés du plateau calcaire, forment des ressauts sur la pente. Leur glissement détermine en aval un bourrelet de marnes et peuvent retenir en amont des graviers cryoclastiques.

 

La suite sur le site de la Revue archéologique de l'Est.


 

[1] Et en présence de Vercingétorix, selon notamment le témoignage que représentent les monnaies obsidionales

Partager cet article

Repost0
12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 16:50

              Vercingétorix

 

     Chapitre XVII - Alésia.

 

6. Des intentions de César.

 

Assiégeant du côté d’Alésia, César allait être assiégé du côté de la Gaule ; et, le jour de l’attaque, une double masse d’assaillants marcheraient sur ses lignes, du dedans et du dehors.

Il n’eût point mérité le blâme s’il avait cru plus sage de se retirer. Mais il est probable que la pensée d’un départ ne lui vint pas à l’esprit. Sa nature lui faisait aimer les situations étranges et les périls peu communs ; elle l’entraînait à ces coups d’audace et à ces extravagances d’espoir, où il prétendait que sa Fortune l’accompagnait toujours. Au moment de son humiliante retraite sur Genève, elle lui était revenue à l’improviste : il la forcerait bien à rester avec lui.

Puis, il avait enfin la joie de bloquer Vercingétorix. Il était pour la première fois en arrêt devant son insaisissable ennemi, le seul homme qui l’eût vaincu, qui l’eût fait douter un instant de sa destinée : le roi des Arvernes, à lui seul, était plus redoutable que deux armées gauloises. Ce n’est pas rabaisser César que de supposer chez lui, à ce moment de sa vie, une haine personnelle contre le chef qu’il combattait : haine au surplus faite de larges sentiments, la colère de l’ambitieux retardé, la rivalité de l’homme de guerre, la jalousie de l’amoureux de gloire, la rancune enfin du conquérant à qui on dispute sa conquête la veille même du triomphe.

Pour immobiliser César, Vercingétorix était resté dans Alésia, au risque de mourir de faim. Pour prendre son adversaire, le proconsul n’hésita pas à demeurer dans ses lignes, au risque d’être pris lui-même ou de mourir de la même manière. La lutte ressemblait par instants à un combat singulier, comme la guerre punique avait paru à la fin un duel entre Hannibal et Scipion.

 

 

7. Construction de la double ligne d’investissement.

 

Le but de César fut de bâtir autour de Vercingétorix une vaste cité de défense, une sorte de couronne retranchée, faisant front sur le dedans et sur le dehors, large en moyenne de 2.000 pieds (?), longue de 11 milles sur son pourtour intérieur, de 14 sur son pourtour extérieur. Les camps et les redoutes achevés, il fallait les enfermer dans deux enceintes continues, l’une regardant Alésia, l’autre tournée vers la Gaule. — On s’occupa d’abord de la première, les Gaulois n’étant pas encore près d’arriver.

La bordure de la cité de César fut marquée, sur le front de la ville, par le fossé traditionnel, mais de dimensions et de forme inusitées : large de 20 pieds, profond de 9 (?), taillé à pic sur les parois, pouvant défier longtemps le saut, l’escalade et le comblement. — Il fallut du temps et des hommes pour remuer ces trois à quatre cent mille mètres cubes, et les légions, outre cette besogne, avaient à s’approvisionner de bois pour les constructions et de blé pour les provisions : les soldats se trouvèrent forcément disséminés en nombreuses et petites escouades, souvent envoyées fort loin dans la campagne. Les Gaulois se décidèrent alors à faire quelques sorties, vives et nombreuses, pour troubler les travailleurs. Mais ils durent y renoncer bientôt. Car César, n’ayant pas assez de soldats pour protéger toute la surface délimitée par ses lignes, remplaça les hommes par des pièges presque aussi redoutables. — Derrière le grand fossé, sur une profondeur de quatre cents pieds, pour retarder et reculer les approches de ses ouvrages essentiels, il entassa tout ce que l’imagination et la science de ses ingénieurs lui fournirent comme instruments de défense automatique.

En venant d’Alésia, c’était d’abord un vaste champ d’aiguillons invisibles et pénétrants, c’est-à-dire de dards de fer recourbés en hameçon- et rivés dans des pieux d’un pied de long qu’on avait plantés et cachés dans le sol. — Après le piège de fer, le piège de bois. Venaient ensuite, à trois pieds de distance l’une de l’autre, huit rangées en quinconce de trous de loups, en forme d’entonnoirs, profonds de trois pieds ; de ces fossés émergeaient, à quatre doigts à peine de la surface du sol, des pieux arrondis, gros comme la cuisse, aiguisés et durcis au feu, immobiles, inébranlables, enfoncés dans un pied de terre fortement foulée : le tout, dissimulé par des claies et des branchages. — Enfin, à ceux qui résisteraient à la piqûre ou qui échapperaient au pal, était réservé un danger plus sérieux encore. Dans des tranchées profondes de cinq pieds, on avait disposé, en les liant solidement par le bas, cinq rangs de troncs d’arbres et de grosses branches, pourvus de tous leurs rameaux ; le gros de ces faisceaux était caché dans le sol, mais les tiges extrêmes, écorcées et apointées, restaient en dehors et se présentaient en abatis : et c’était un fouillis inextricable et indéracinable, où les hommes s’entravaient comme dans un buisson de ronces de fer.

Ce dernier piège était le plus ingénieux et le plus à craindre. Les autres, chausse-trapes ou trous de loups, n’étaient que des perfectionnements d’anciens types fort connus. Le système des ronces artificielles était plus nouveau, et sans doute inspiré de ces palissades en ronceraies qui protégeaient les peuples de la Belgique contre les incursions des cavaleries ennemies. César était toujours prêt à profiter des leçons que lui donnaient ses adversaires, même les plus barbares.

A la suite de cette triple forêt de pièges, à 400 pieds du fossé extérieur, apparaissaient les lignes régulières des défenses classiques : un nouveau fossé, large de 15 pieds, profond de 8 à 9 (?), un fossé encore de dimensions égales, mais où on avait dérivé, dans les parties basses, les eaux d’une des rivières voisines (l’Ozerain ?).

Enfin, dominant toutes les autres défenses d’une hauteur de 12 pieds, les appuyant de la portée de ses machines, le retranchement romain surgissait en ‘une masse formidable. La base en était une terrasse large et compacte ; du sommet de cette levée émergeaient une fraise de branches d’arbres, dures et aiguisées, plantées en avant comme des ramures de cerfs, hérissées contre les escalades du dehors. Par-dessus le remblai s’alignait une palissade de pieux entrelacés, protégée au devant par une cuirasse de joncs et d’osiers, et garnie dans le haut de pointes de bois ou de fer, véritable parapet à merlons et créneaux, derrière lequel les légionnaires pouvaient s’abriter ou combattre. Enfin s’élevaient, plus haut encore, et tous les 80 pieds, des tours de bois.

Qu’on se représente cette monstrueuse muraille, faite ou armée de terre, de fer, de bois et d’osier, s’allongeant sur quatre lieues de tour, étendue sur toute la plaine, franchissant les rivières, escaladant les coteaux, suivant le rebord des plateaux, surplombant les roches escarpées, redescendant et remontant quatre fois, dominant les crêtes des monts de Bussy et de Flavigny, à cheval sur la croupe du Mont Pévenel, en contrebas du Mont Réa, et étreignant la montagne d’Alésia d’une ceinture continue. On avait bâti à Vercingétorix une prison digne de lui.siege-alesia.jpg

Du côté de la Gaule, César disposa ensuite une muraille parallèle à la première, en profitant de tous les avantages du terrain ; il la fit précéder, partout où il fut utile, de fossés et de défenses semblables. Quel que fût le nombre des ennemis qui arriveraient, il y aurait, sinon des coups d’épée, du moins des pièges pour tout le monde.

L’ensemble des camps, des redoutes, des lignes de contrevallation et de circonvallation fut divisé, à ce que je crois, en quatre secteurs, correspondant aux quatre camps, chacun occupé par deux légions et surveillé par deux légats. C. Antistius Réginus et C. Caninius Rébilus commandaient au Nord-Ouest, du côté du Mont Réa, qui était le point le plus faible ; Marc-Antoine et C. Trébonius commandaient à l’Ouest, dans la plaine des Laumes, qui était devenue la portion la mieux fortifiée. Deux légions (?), les deux excellents officiers C. Fabius et Décimus Brutus, Labienus enfin et César lui-même furent réservés pour les opérations d’ensemble ou les appuis décisifs.

Quand César eut achevé ses lignes du dehors après celles du dedans, il s’enferma, lui et ses troupes, dans la double enceinte circulaire qu’il avait fini de construire. Il s’approvisionna de blé et de fourrage pour trente jours. Il donna ordre à ses soldats d’éviter de sortir des lignes. Et il s’apprêta à subir ces souffrances de l’assiégé qu’il infligeait lui-même à Vercingétorix.

 

À suivre...

Partager cet article

Repost0
10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 08:07

Le musée Sainte-Croix de Poitiers propose au public de découvrir un choix de tombes gallo-romaines exhumées au cours des dernières décennies dans la régions Poitou-Charentes et datées du Ier siècle avant notre ère au IVe de celle-ci.amor.PNG

Mettant en vis-à-vis la tradition locale (tombes abritant un riche mobilier funéraire mais non indiquées au sol) et la tradition romaine (monuments funéraires fastueusement décorés), cette exposition à la muséographie soignée entend présenter les rites funéraires des populations de l'époque et, plus largement, leur mode de vie. Les multiples objets retrouvés dans les tombes (vaisselles, armes, un service à vin avec des amphores vinaires, un service de libation, objets de toilette, tissus et vêtements, statuettes, etc.) offrent en effet un bel aperçu de la vie quotidienne de ceux qui ont été ensevelis.

La sépulture d'un Gaulois de Saint-Georges-lès-Baillargeaux, figure dans cette exposition, mais les clous de la visite sont sans doute la présentation du riche dépôt du cénotaphe aristocratique d'Antan, daté du Ier siècle, et les exceptionelles tombes des «dames de Naintré» (IVe siècle) mises au jours en 1998 dans un état de conservation extraordinaire dû à l'étanchéité préservée des cercueils de plomb inclus dans les sarcophages en pierre.

Non loin des deux sarcophages, une vitrine recèle d'objets rares comme cette fineamor2.jpg sculpture représentant le visage de jeune prince ou cette fragile bouteille de verre gravée, ornée de génies ailés. Deux exemples parmi les riches objets déposés dans la tombe d'une enfant de l'aristocratie locale, décédée à l'âge de dix ans.

Au centre de la vitrine consacrée à la riche vaisselle trouvée sur le site funéraire de l'Houmeau (Charente-Maritime), c'est finalement une petite céramique qui révèle le sens énigmatique du titre de l'exposition. « Amor » est figuré en pointillé sur cet objet initialement placé près d'un défunt. « L'amour est plus fort que la mort », explique Anne Bénéteau-Péan, directrice des musées de Poitiers, en éclairant le public sur le choix de ce titre poétique, symbole de la permanence du sentiment au-delà de la mort à travers les siècles.

 

En savoir + sur le blog actu-histoireantique.com

Partager cet article

Repost0
7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 05:58

Le Pont du Gard - Hubert Robert . Huile sur toile . 2,42 x 2,42 m. Détail 1787.Pont-du-gard-hubert-robert-1786

Hubert Robert est un peintre d'architecture et de paysages, né à Paris en 1733, mort à Paris en 1808. De bonne famille bourgeoise, il fit de solides humanités au collège de Navarre, ou il compta parmi les meilleurs élèves de l'abbé Batteux. Nourri de bonne heure dans l'amour des lettres et de l'Antiquité, il passa des bancs de l'école dans l'atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz; mais il y apprit surtout à dessiner, négligeant la sculpture, et partageant ses goûts entre la peinture, l'archéologie et l'histoire.

Peintre-archéologue, voilà ce que fut Hubert Robert, et ce qu'il voulut être dès ses premiers pas dans la carrière. De 1753 à 1765, il parcourut l'Italie, recueillant des documents, prenant force croquis d'après nature, et enrichissant ses cartons d'une collection abondante d'esquisses pittoresques qui devaient plus tard alimenter sa verve. On était en plein enthousiasme de l'Antiquité romaine, lorsque Robert rentra à Paris. Déjà connu des amateurs et des artistes par les dessins qu'il avait envoyés, il eurent tout de suite la faveur du public.

 

 

Les ouvrages les plus justement célèbres de Hubert Robert sont : le Colisée de Rome, le Pont du Gard, les Catacombes de Rome (s'étant égaré en visitant, ces catacombes, il avait failli y périr : c'est cette terrible situation qu'il a représentée dans ce tableau), le Tombeau de Marius, la Vue des arènes de Nîmes, la Maison carrée de Nîmes, le Temple de Vénus, l'Incendie de l'Hôtel-Dieu de Paris, etc., les six tableaux dont il avait décoré le château de Méréville, vendus en 1900 (quatre achetés par un musée de Chicago), et les tableaux suivants, que possède le musée du Louvre : L'Arc de triomphe d'Orange, le Temple de Jupiter à Rome, Temple circulaire surmonté d'un pigeonnier, Sculptures rassemblées sous un hangar. (G. Cougny)


 

        Le pont du Gard    Stendhal, Mémoires d’un touriste  Pauvert, 1955

 

Profitant d’une nuit de pleine lune, un touriste nommé Stendhal a quitté Nîmes pour Remoulins. Le 3 août 1837 au matin, il est installé à l’ombre, sous une arcade du pont du Gard.

Vous savez que ce monument, qui n’était qu’un simple aqueduc, s’élève majestueusement au milieu de la plus profonde solitude.

L’âme est jetée dans un long et profond étonnement. C’est à peine si le Colisée, à Rome, m’a plongé dans une rêverie aussi profonde.

Ces arcades que nous admirons faisaient parties de l’aqueduc de sept lieues de long qui conduisait à Nîmes les eaux de la fontaine d’Eure ; il fallait leur faire traverser une vallée étroite et profonde ; de là le monument.

On n’y trouve aucune apparence de luxe et d’ornement : les Romains faisaient de ces choses étonnantes, non pour inspirer l’admiration, mais simplement et quand elles étaient utiles. L’idée éminemment moderne, l’arrangement pour faire de l’effet, est rejetée bien loin de l’âme du spectateur, et si l’on songe à cette manie, c’est pour la mépriser. L’âme est remplie de sentiments qu’elle n’ose raconter, bien loin de les exagérer. Les passions vraies ont leur pudeur.

Trois rangs d’arcades en plein cintre, d’ordre toscan, et élevées les unes au dessus des autres, forment une grande masse qui a six cent pieds d’étendue sur cent soixante de hauteur.

Le premier rang, qui occupe tout le fond de l’étroite vallée, n’est composé que de six arcades.

Le second rang, plus élevé, trouve la vallée plus large, et a onze arcades. Le troisième rang est formé de trente-cinq petits arcs fort bas ; il fut destiné à atteindre juste au niveau de l’eau. Il a la même longueur que le second, et porte immédiatement le canal, lequel a six pieds de large et six pieds de profondeur. Je ne tenterai pas de faire des phrases sur un moment sublime, dont il faut voir une estampe, non pour en sentir la beauté, mais pour en comprendre la forme, d’ailleurs fort simple et exactement calculée pour l’utilité.

Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s’étende, elle ne rencontre aucune trace d’habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de désert, y exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d’une sérénité éblouissante. L’âme est laissée toute entière à elle-même, et l’attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu’on a sous les yeux. Ce monument doit agir, ce me semble, comme une musique sublime, c’est un événement pour quelques cœurs d’élite, les autres rêvent avec admiration à l’argent qu’il a dû coûter.

Comme la plupart des grands monuments des Romains, le pont du Gard est construit en pierre de taille posée à sec sans mortier ni ciment. Les parois de l’aqueduc sont enduites d’un ciment qui se conserve encore. Une fois j’eus le loisir de suivre cet aqueduc dans les montagnes ; il se divisait en trois branches, et le guide me fit suivre ses traces dans une longueur de près de trois lieues ; le conduit étant souterrain a été mieux conservé.

Le Gardon passe sous le pont du Gard ; et comme souvent il n’est pas guéable, les états du Languedoc firent bâtir, en 1747, un pont adossé à l’aqueduc. Au dix-septième siècle, on avait essayé de rendre praticable aux voitures le dessus de la seconde rangée d’arcades.

On arrive à l’aqueduc proprement dit, supporté par trois arcades, en gravissant l’escarpement qui borde la rive droite du Gardon.

 

Hubert Robert sur cosmovisions.com

Partager cet article

Repost0
5 septembre 2012 3 05 /09 /septembre /2012 06:54

            Vercingétorix

 

     Chapitre XVII - Alésia.

 

3. Commencement du blocus ; construction des camps et des redoutes romaines.

 

César reconnut, à l’examen, que la situation d’Alésia appelait le blocus, l’imposait presque comme la solution la plus certaine et la moins sanglante. Son premier mot fut pour dire aux soldats qu’il fallait travailler : il ne s’agissait point de brandir des épées, mais de remuer la terre à grandes pelletées.

Alors commença la plus énorme besogne de terrassement qu’un imperator eût, depuis Marius, ordonnée à des légionnaires, citoyens romains. Il fallait creuser et bâtir, tout autour de la montagne d’Alésia, sur un circuit de onze milles (seize kilomètres) : mais César avait sous ses ordres, pour mener l’œuvre à bonne fin, quarante mille hommes, la plupart vieux soldats aux muscles robustes et aux gestes exercés.

Sa première tâche fut de tracer et de fortifier les camps. Il en établit quatre (?), tous sur les hauteurs qui faisaient face à Alésia : deux (?) au Sud, sur la montagne de Flavigny, et c’est sur ce point sans doute que se trouvait le quartier général ; un au Nord-Est (?), sur la montagne de Bussy ; un quatrième enfin au Nord-Ouest, en contrebas du Mont Réa : ce dernier, où s’installèrent deux légions, fut le seul qui ne s’élevât pas à la même hauteur qu’Alésia ; car sur ce point, le sommet des collines extérieures était trop éloigné pour être compris dans la ligne de blocus : César se contenta de dresser le camp à mi-côte.

Pour relier ces camps et préparer la contrevallation, il décida de construire, sur la même ligne, une série de redoutes, distantes l’une de l’autre d’à peu près un demi-mille, et assez grandes pour abriter quatre cohortes, seize cents hommes : il y en eut vingt-trois, presque toute l’armée pouvait s’y tenir en position de combat ; la nuit, on y veillait sans relâche ; le jour, on y postait des garnisons, prêtes à sortir pour protéger les travailleurs.

Ce furent les premiers travaux. Alésia n’était pas bloquée, mais surveillée de très près. Les camps et les redoutes étaient les jalons qui marquaient l’enceinte dont elle allait être bientôt entièrement investie. Elle voyait surgir tout autour d’elle, à douze ou quinze cents mètres de ses murailles, une cité ennemie, qui avait déjà ses tours et ses citadelles, et qui ne tarderait pas à avoir ses remparts continus, enveloppant les siens propres.

 

4. Nouvelle défaite de la cavalerie gauloise dans la plaine des Laumes.

 

Le seul endroit où les Gaulois pussent entraver les terrassements romains avec quelque chance de succès était la plaine des Laumes. Sur ce point les légionnaires travaillèrent longtemps sans abri, hors de la protection de leurs collines, sur des espaces découverts et peu propres à recevoir des camps et des redoutes. Ce secteur des lignes d’attaque était, par sa position, le plus faible : c’était donc celui où il importait le plus à César de pouvoir agir à sa guise.

Aussi Gaulois et Romains s’appliquèrent-ils également à devenir ou à demeurer les maîtres de la plaine des Laumes. Vercingétorix y déploya ce qui lui restait d’escadrons, en nombre encore suffisant pour résister fermement aux ennemis ; et malgré le désastre des jours précédents, il ne parut pas que le courage de ses hommes fût ébranlé.

Une nouvelle bataille s’engagea entre la cavalerie gauloise et la cavalerie proconsulaire,153.jpg et l’affaire fut presque aussi chaude que la dernière. Les Romains faiblirent les premiers, et César craignit un instant que l’infanterie ennemie ne vînt à la rescousse. Il dut faire sortir ses propres légions pour que leur vue donnât du coeur aux siens, et il lança à leur secours la masse des cavaliers germains. Pour la troisième fois, ceux-ci sauvèrent l’honneur de l’armée. Les Romains furent raffermis, et les Gaulois tournèrent bride devant leurs sauvages ennemis.

Ils s’enfuirent par les vallons (surtout de l’Ozerain ?) jusque vers leur camp. Ils pensèrent se trouver pris entre les légions qui s’avançaient, les Germains qui galopaient, l’enceinte de leur boulevard, percée d’ouvertures trop étroites. Les uns s’écrasaient aux portes, les autres abandonnaient leurs chevaux pour franchir le fossé et escalader les murailles. Il y eut quelques minutes où les Germains purent se donner la joie d’un grand massacre. Les Gaulois du camp finirent par craindre pour eux-mêmes et se hâtèrent en hurlant vers les murs d’Alésia. Mais Vercingétorix les dompta une fois encore, rit fermer les portes de la cité, força ses hommes à barder leur camp, et abandonna ses chevaux et ses morts à la victoire germanique. César, de son côté, refusa de donner l’assaut.

 

5. Vercingétorix appelle la Gaule à son secours.

 

Le proconsul ne voulait réduire Alésia que par le blocus et la famine. L’expérience de Gergovie l’invitait à la prudence. La nouvelle victoire lui donnait l’espoir de réussir. Vercingétorix avait perdu la plaine des Laumes : sa première défaite l’avait contraint à se réfugier dans Alésia ; la deuxième allait l’y enfermer. César pouvait achever sans crainte la ligne de ses redoutes, et tracer ensuite celle de ses fossés, qui séparerait les Gaulois du reste du monde. Leur sort était fixé, et s’achèverait tôt ou tard dans la faim, la mort ou l’esclavage, si la Gaule ne les secourait pas.

Mais Vercingétorix retrouvait, dans ces moments de danger, ces décisions rapides et sûres qui faisaient alors de lui l’égal de César.

Quelques routes étaient encore libres (au Nord-Ouest ?). Il fallait prévenir la Gaule du danger que courait sa principale armée, des ordres que lui donnait son chef. On se rappelle que Vercingétorix, à l’assemblée du Mont Beuvray, n’avait pas réclamé de ses nouveaux alliés un seul fantassin, sauf les troupes envoyées dans le Sud. Il restait donc d’immenses réserves d’hommes qu’il avait le droit d’appeler à son secours et à la défense de la Gaule.

Un jour, peut-être le lendemain ou le soir de la défaite, il convoqua tous les cavaliers qui avaient survécu aux deux combats, l’élite de la noblesse et des chefs. Il leur donna l’ordre de quitter Alésia dans la nuit, de se rendre dans leurs tribus et leurs cités respectives, et d’y appeler aux armes tous les hommes valides. Il tiendrait trente jours encore, davantage même, s’il rationnait les assiégés plus étroitement, et il fixa le jour auquel il donnait rendez-vous à l’armée de secours. — Ce furent de solennels adieux, une triste adjuration du chef qui restait : ceux qu’il congédiait étaient ses obligés ou ses proches ; il avait parmi eux ses plus fidèles collaborateurs, tels que Lucter, l’homme peut-être qui après lui aimait le plus la liberté gauloise. Un instant, comme s’il s’abandonnait, Vercingétorix parut songer à lui-même autant qu’à la Gaule, il fit souvenir ceux qui partaient des services qu’il leur avait rendus, il s’irrita à la pensée du sort qui lui était réservé, à ces mortels supplices dont César lui ferait payer son dévouement à la cause de tous, et il fit appel à leur zèle et à leur activité : il suffisait de quelques jours de retard pour que 80.000 hommes, les meilleurs fantassins de la Gaule, mourussent avec lui. — Enfin il les renvoya à la nuit noire, et ils s’éloignèrent en silence d’Alésia pour gagner leurs cités lointaines.

Je m’étonne qu’on ait reproché à Vercingétorix de ne les avoir point suivis pour se mettre lui-même à la tête de l’armée de secours. Il resta au poste où il y avait le plus de dangers et le plus de devoirs. Lui seul était capable d’obliger son armée à souffrir et la ville à résister. Alésia abritait les troupes les plus solides de l’infanterie gauloise : c’étaient des hommes qui le suivaient depuis le premier jour de la guerre, qui l’avaient accompagné sur tous les champs de bataille, et qui pour la plupart étaient ses sujets en Auvergne ou les clients de sa nation : il devait demeurer près d’eux pour les réserver, les diriger et les protéger au besoin. Mais Alésia garda peut-être aussi les chefs les plus réfractaires à sa volonté, les nobles éduens ou arvernes : aux premières souffrances, le roi étant là, ils parleront de se rendre ; soyons sûr que, s’il avait été loin, ils n’auraient pas attendu ce jour-là, et que Vercingétorix, venu à leur secours, aurait trouvé César victorieux dans Alésia rendue. Sa présence dans la cité était la seule garantie qu’elle résisterait assez pour arrêter le proconsul et donner à la Gaule le temps de lever sa dernière armée.

Après le départ de ses compagnons, il prépara ses soldats aux souffrances de l’incertitude et de la faim. Il s’agissait de ménager le plus possible les ressources de la place et les forces des hommes jusqu’au jour où il les ferait marcher contre les légions à la rencontre de l’armée du dehors. Il évacua le boulevard extérieur, devenu inutile puisque César renonçait à l’assaut, et il ramena toutes ses troupes derrière les remparts : l’ancien camp ne servit plus que de dépôt d’artillerie. Il fit transporter tout le blé, sous peine de mort, dans des greniers dont il prit la garde ; il répartit le bétail par tête d’homme ; il se réserva de fixer rigoureusement la ration de blé quotidienne. Cent mille hommes, entassés sur cent hectares, s’arrangèrent pour y vivre cinq semaines, dans l’obéissance au chef et l’espoir du salut (début d’août ?).

 

À suivre...

Partager cet article

Repost0
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 06:35

Manteau fait de toile mise en double (Serv. ad Virg. AEn. V, 421) et attaché par une broche sous le coup et au Haut de l’épaule. Ce vêtement était porté à l’origine par les soldats,abolla1 comme représenté dans la gravure de la colonne Trajane. Les habitants des villes s’en servirent en guise de costume civil (la toge), pendant les périodes de troubles ou d’invasions étrangères (Varr. Ap. Non. S. v.).

Par la suite, l’usage en devint plus commun, et toutes les classes s’en servirent comme d’une partie du costume ordinaire (Juv. IV. 76 ; Suet. Cal. 35). Il ne différait pas matériellement du sagum, mais l’étoffe en était plus fine, et il était moins ample. Aussi Martial recommande-t-il aux voleurs de ne pas porter une abolla, parce qu’elle n’était pas assez large pour cacher sous ses pans les objets dérobés (Mart. Ep. VIII, 48).

 

2. Abolla major. C’était une large couverture dont s’enveloppaient les philosophes grecs, plus particulièrement les Cyniques, qui comme ils ne portaient pas d’autres vêtementsabolla2.JPG dessous, jetaient autour d’eux, pour la décence une pièce d’étoffe fort ample (Mart. Ep. IV, 53). De là vient que l’expression facinus majoris abollae (Juv. Sat. III, 115) veut dire un crime commis par un philosophe grec. Le vêtement est mis pour la personne qui le porte : de même que notre phrase « la longue robe » s’appliquent à tous ceux qui suivent la carrière du droit.

Cette figure représente Héraclite d’après une pierre gravée.


 

Source : Dixtionnaire des Antiquités Romaines et Grecques, Antony Rich éd. Molière

Partager cet article

Repost0
1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 07:31

             Vercingétorix

 

     Chapitre XVII - Alésia.

 

1. Situation d’Alésia ; arrivée de César.

 

Tout concourut pour faire de la guerre d’Alésia l’épisode le plus grandiose de la vie de Vercingétorix, et l’acte décisif de la résistance de la Gaule au peuple romain : la gloire de cette cité, que les légendes populaires disaient inviolable, et où elles plaçaient le foyer de la race ; la présence, pour la défendre ou pour l’attaquer, de tous les chefs des tribus indépendantes et de toutes les légions du général conquérant ; enfin, l’immensité et l’aspect du champ de bataille.

Le pays que domine Alésia semblait désigné pour être le champ clos d’une de ces rencontres où se décident d’un coup la fortune des grands hommes et le sort des grands peuples. Il a la forme théâtrale qui convient au cadre des solennités historiques.

Le mont d’Alésia surgit de la plaine, complètement isolé des autres hauteurs, homogène, compact, sans contreforts ni caps avancés, couronné par une vaste plate-forme qui repose sur ses flancs inclinés comme un gigantesque entablement. À ses pieds, trois rivières sinueuses, la Brenne, l’Oze, l’Ozerain, lui forment, sur les neuf dixièmes de son pourtour, une ceinture d’eaux et de vallons. Au Levant, un col étroit est le seul trait d’union par lequel Alésia se relie aux terres voisines. À l’Ouest, s’étend devant elle la grande plaine des Laumes, large de 3.000, longue de 4.500 mètres. Enfin, au delà de ces ruisseaux et de cette plaine, l’horizon est fermé par un encadrement de montagnes qui s’élèvent à la même hauteur qu’Alésia, et qui lui font face de toutes parts : la tranchée qui les sépare d’elle ne s’élargit que pour laisser place aux vallées découvertes du Couchant. — On dirait un cirque construit pour le plaisir de géants : les collines de l’horizon présentent les gradins ; la plaine des Laumes forme l’arène ; Alésia, droite au milieu, fait songer à quelque autel colossal.

La ville, qui occupait tout le sommet de la montagne, était une de ces cités de refuge que, seules, Vercingétorix désirait épargner. Elle s’étendait sur plus de 2 kilomètres de long, et, par endroits, sur près de 800 mètres de large ; sa superficie était de presque un million de mètres carrés (97 hectares), supérieure à celles d’Avaricum et de ‘Gergovie même. Cent mille hommes et davantage pouvaient s’abriter derrière ses remparts ou sur les terrasses en contrebas du plateau.

Vercingétorix, qui laissait le moins possible au hasard, avait déjà tout préparé en vue d’un siège. — C’était du coté de l’Est que la ville était le moins forte : là, les flancs de la montagne ne tombaient pas dans la plaine, un seuil les unissait aux collines voisines, l’escalade était plus facile par une montée plus douce, et César, sans être trop téméraire, aurait pu songer à construire sur ce point une terrasse d’approche. Aussi Vercingétorix avait-il, à cet endroit, tout comme sur le versant le moins raide de Gergovie, établi une ligne de défenses avancées, formée de fossés et de murailles hautes de six pieds, et il fit camper sur ce boulevard la presque totalité de ses troupes. — Dans Alésia même, il avait assez de vivres, viande et blé, pour nourrir, un mois et davantage, la multitude de ses soldats et de ses fugitifs : car la tribu des Mandubiens s’y était réfugiée tout entière, hommes, femmes et enfants, et, ce qui était plus utile, de nombreux bestiaux avec elle. Il avait aussi accumulé de quoi construire un matériel d’artillerie et de siège, et attaquer le camp de César dans de meilleures conditions qu’à Gergovie.

Les précautions étaient si bien prises que, lorsque César arriva devant Alésia, le lendemain de sa victoire, les vaincus de la veille, si désespérés qu’il les supposât, se trouvaient déjà à l’abri d’un coup de main. L’élan du proconsul fut arrêté, ainsi que devant Gergovie.alesia2.jpg

 

2. Infériorité d’Alésia comme position militaire.

 

Mais la position d’Alésia ne valait pas, à beaucoup près, celle de la ville arverne. Elle avait autant de force en moins qu’elle offrait de plus comme spectacle. Cette plaine,, ces rivières, cet amphithéâtre de collines symétriques, cette grandeur paisible de la montagne isolée, tout ce qui faisait la beauté et l’unité de la scène, ne présentaient pas à la Gaule les mêmes sécurités que les âpres ravins et l’inextricable désordre des rochers de Gergovie.

D’abord, les collines environnantes, étant aussi hautes que celle d’Alésia, et terminées par des plateaux qui prolongeaient, au-dessus de la brèche des vallons, le plateau même de la ville, étaient d’excellents emplacements pour des camps romains. César n’avait que l’embarras du choix. À Gergovie, il avait campé misérablement au pied de la montagne : il allait ici planter ses tentes au même niveau que les remparts assiégés, et droit en face d’eux.

Puis, les rivières qui serpentaient autour du mont d’Alésia en fixaient exactement le contour ; leurs bords dessinaient un large vallon, un chemin de ronde : ils marquaient la ligne qu’on pouvait faire suivre à la terrasse et aux fossés d’une circonvallation continue. Cette route de blocus n’avait pu être tracée à Avaricum, bordé presque partout de vastes marécages, encore moins à Gergovie, où la base et les flancs de la montagne étaient coupés de ravins ou hérissés de croupes et de bois. La nature au contraire avait disposé Alésia comme pour être enclose sans peine.

Tandis que le plateau de Gergovie est flanqué de hauteurs d’avant-garde, qui peuvent abriter ou dissimuler une armée, user, briser ou diviser l’effort des assiégeants, former autant de redoutes faciles à défendre, les flancs d’Alésia s’élèvent toujours à découvert, montant en pentes plus ou moins rapides jusqu’aux rochers qui portent les remparts.

Enfin, Gergovie est à 744 mètres de hauteur, 300 mètres au-dessus du niveau de la vallée ; le sommet d’Alésia n’atteint que 498 mètres, et les rebords de son plateau sont rarement à 950 mètres au-dessus du fond des vallons. La ville de Gergovie reposait sur des assises basaltiques escarpées et glissantes ; sur près de la moitié de son circuit, on aborde Alésia par une montée facile, à travers des déblais de roches et de terres.

César aurait presque pu tenter l’escalade. Mais vraiment, à quoi bon risquer la vie de ses hommes, quand il n’avait, pour prendre Alésia et Vercingétorix, qu’à les enfermer et à attendre ?

Cependant, Vercingétorix n’eut point tort de s’y retirer et de lier sa destinée à celle de la vieille cité : vaincu à Dijon, il n’avait pas de meilleure décision à prendre. — On lui a reproché de n’avoir pas continué à battre la campagne, se bornant à harceler César : mais il avait perdu le gros de sa cavalerie, sa seule ressource en terrain découvert, et il s’exposait, en manœuvrant sous la menace des cavaliers germains, à sacrifier sans profit quelques milliers de ses fantassins. — On l’a raillé de s’être emmuré dans la ville. En quoi on se trompe, car il bâtit un boulevard extérieur semblable à celui de Gergovie, et mieux fait peut-être ; il le défendit tant qu’il lui fut utile, et il ne l’abandonna jamais à l’ennemi. — On l’a blâmé de n’avoir point fortifié les collines du pourtour de la plaine, de Flavigny, de Réa et de Bussy. Mais c’était là une besogne de quatre à cinq lieues, supérieure au temps que lui laissa César et aux forces malhabiles de ses quatre-vingt mille hommes. Et puis, disséminer ses troupes, c’était s’exposer à les perdre en détail. La défense d’une place forte antique gagnait souvent à être ramassée. — Il ne faut même pas l’accuser d’avoir choisi, en Alésia, un refuge moins sûr que Gergovie. Le mont d’Alise était ce que les abords du pays éduen lui offraient de mieux en ce genre, à proximité des terres lingones où s’était livrée la bataille. Ni lui ni personne ne pouvaient trouver dans cette région de hauteurs moyennes les inexpugnables avantages des massifs arvernes : Le seul tort de Vercingétorix a été d’attaquer César et de se laisser battre dans un pays médiocre pour la défensive.

 

À suivre...

Partager cet article

Repost0
29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 05:54

Et pour finir, un mot mystérieux :

G T O R Q U E E R E
G A E R G O V S C B
I E U R I T O I X A
V C E L R N E O N R
E N G T O O U V A D
A U L E T I T S R E
A N O P E S S M I L
A D R D A E A E N S
E U I E U T I O S I
T E E C E D U E N S

 

 

ALESIA  -  BARDE  -  CERVOISE  -  DRUIDE  -  EDUENS  -  EPONA  -  GAULOISES  -  GERGOVIE  -  LUTECE  -  TEUTATES  -  TONNEAU  -  TORQUE  -  VERCINGETORIX

 

Définition : Cherchez les intrus.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin