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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 20:49

Si les Gaulois utilisaient le miel pour l’hydromel par exemple, ils vont en se romanisant adopter certaines habitudes alimentaires latines.

 

Or, pour les romains, le miel est un élément omniprésent. Pas de repas romain sans miel !Abeille.jpg

Le miel se retrouve tout au long du repas romain : entrée, plat de résistance, dessert, le tout arrosé de muslum (vin miellé).

 

Les Romains ne peuvent vivre sans miel, synonyme de douceur et longévité. Melliculum est un petit nom affectueux qui signifie petit miel. Le miel est un symbole d’éternité, il se conserve à l’infini. C’est le premier aliment donné aux nouveau-nés après le lait maternel.

Les astucieux Romains avaient déjà une technique pour obtenir les abeilles dans leur jardin :

Celui-ci est parfumé grâce à des plantes mellifères (sarriette, thym, lavande…), des fleurs (crocus, violettes…) et des arbres fruitiers. Les prédateurs des abeilles comme les lézards, frelons, araignées sont chassés. Virgile conseille également de retirer les ailes royales pour sédentariser l’essaim.

 

La nature du miel (thym, acacia, miellat…) influence la saveur du plat. Si l’on n’est pas amateur de saveur corsée, il est préférable de commencer avec du miel clair et doux comme le miel d’acacia, de trèfle ou de fleur d’oranger.

Le miel figé se liquéfie à 40°, cependant il est préférable d’éviter une surchauffe qui peut altérer sa qualité.

 

Le miel a tout pour plaire à l’homme moderne, il est énergétique tout en étant moins calorique que le sucre, il contient oligo-éléments, vitamines et des prébiotiques dont on parle tellement aujourd’hui pour leurs effets immunitaires et bénéfiques sur la santé. Il est toujours pris pour le mal de gorge.

 

 

                    CARICARUM DEFRUTUM

                                       Sirop de figues sèches        d'après Apicius

 

Pour 8 cl de sirop

 

120g de figues sèchesfigues-1.gif

120g de miel

12cl de vin blanc moelleux

 

Couper les figues en petits morceaux.

Dans une casserole, mettre les figues en morceaux, le miel, le vin blanc et le même volume d’eau.

Porter à ébullition, puis cuire à couvert sur feu très doux pendant 45 minutes.

Passer au chinois en pressant bien la pulpe. Réserver la pulpe pour un autre dessert tel que la galette aux figues.

Garder le sirop dans un récipient fermé au frais.

 

Ce sirop a de multiples utilisations : allongé d’eau, il donne une boisson délicieuse, pur il sert de coulis pour les desserts. Il combat la toux et sert même de colorant alimentaire naturel. En le mélangeant à du vin blanc ou rouge, on obtient du muslum.

 

Source : Recettes romaines, René Husson & Philippe Galmiche _ éd. Fleurines

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 06:59

      ESSAI SUR LA CONDITION DES BARBARES  

        ÉTABLIS DANS L’EMPIRE ROMAIN AU IVe SIÈCLE

 

INTRODUCTION.


Deux grands faits dominent toute l’histoire du IVe siècle et la résument à eux seuls ; c’est, d’une part, le triomphe du christianisme, et, de l’autre, la pénétration de l’Empire par les Barbares.

L’attention s’est portée de préférence du côté de l’Église. Il suffit de rappeler le bel ouvrage où M. le duc de Broglie a mis en pleine lumière l’influence alors prépondérante de la nouvelle religion[1]. La politique de Constantin et de Théodose est une politique toute chrétienne ; les plus grandes figures du temps sont celles des évêques, des Athanase, des Basile, des Ambroise, des Chrysostome. Le rôle des Barbares à la même époque n’est pas moins important. Appelés eux aussi à devenir un des principaux éléments de la transformation sociale qui s’accomplit du IVe au VIe siècle, ils pénètrent de toutes parts la société romaine et préludent ainsi à la conquête par laquelle ils allaient substituer un monde nouveau à l’ancien.romain-20empire.jpg

Leur triomphe ne fut pas l’œuvre d’un jour. Préparé de longue date, il s’opéra par l’infiltration lente et progressive, mais continuelle, des Germains dans l’Empire, et n’entraîna la chute de ce dernier qu’après sa complète dissolution. Comment et par quels degrés a pu se produire une telle transformation ? Quelle était, dès le IVe siècle, la condition des Barbares établis sur le sol romain ? Cette question nous a paru fournir la matière d’une étude intéressante et utile. Nulle part, que nous sachions, elle n’a été traitée directement et dans son ensemble. Souvent abordée par nos historiens et nos jurisconsultes, car elle touche au droit aussi bien qu’à l’histoire, elle a donné lieu à des aperçus généraux, précieux et féconds à certains égards, mais détachés, sans cohésion, et par là même incomplets.

Ce n’est là du reste qu’un côté de la grande question des rapports des Romains avec les Barbares, question qui se rattache étroitement à celle de la politique romaine. Rome conquit le monde non seulement par force des armes, mais encore par l’habileté de sa politique. Les chapitres de Montesquieu sont dans toutes les mémoires[2], ainsi que les vers du poète latin :

Tu regere imperio populos, Romane, memento ;

Hæ tibi erunt artes, pacisque imponere morem,

Parcere subjectis et debellare superbos[3].

 

Toi, Romain, souviens-toi de gouverner les nations sous ta loi,

- ce seront tes arts à toi -, et d'imposer des règles à la paix :

de ménager les vaincus et de faire la guerre aux superbes ».


Cette politique, on la retrouve à toutes les époques, appliquée aux Barbares comme aux peuples du Latium, de l’Italie, de la Grèce, de la Gaule, de l’Espagne, de l’Asie et de l’Afrique.

Les moyens que Rome employa pour subjuguer les Germains ne différaient point de ceux auxquels elle avait l’habitude de recourir. Elle cherchait à semer parmi eux les divisions, à entretenir les haines, les jalousies, les rivalités de peuple à peuple, à les opposer les uns aux autres, afin d’épuiser leurs forces dans des luttes intestines dont elle savait profiter. Elle ne négligeait aucune occasion de s’immiscer dans leurs propres affaires, de s’interposer comme protectrice ou comme arbitre de leurs différends. C’était un premier pas vers la conquête. Les rois qui tenaient d’elle leur couronne et leur autorité se montraient généralement dociles, sachant que son abandon leur serait aussi funeste que son appui leur était avantageux. La clientèle romaine comprenait des princes de toutes les nations. Rome ne concluait jamais un traité d’alliance soit offensive, soit défensive, sans se réserver des otages comme garanties du traité ; ces otages étaient choisis parmi les personnages les plus considérables du pays ; c’étaient les fils, les plus proches parents du roi, du chef de la nation, les héritiers futurs de son nom et de sa puissance. On les conduisait à Rome où ils passaient les années de leur jeunesse, où ils recevaient une éducation toute romaine, et ils ne rentraient dans leur première patrie que pour y apporter les idées dont ils avaient été imbus. Tacite ne craint pas de nous dire que cette coutume de donner des rois aux peuples, aux cités conquises, remontait à une haute antiquité chez les Romains, et qu’elle était entre leurs mains un instrument de domination[4].

Il y avait une hiérarchie dans l’amitié romaine, des amis de différents degrés, selon les services rendus, selon les preuves de dévouement et de fidélité données à la cause de la République. Chacune de ces classes avait ses privilèges, ses obligations particulières. Elles ne se confondaient point entre elles. L’habileté souveraine de cette politique consistait à assurer le maintien de l’influence et de la prépondérance romaines tout en professant le respect des institutions, des moeurs, des traditions locales. Rome accordait une place dans son organisation sociale, politique et militaire, à tous ceux qui voulaient y entrer comme elle avait ouvert son Panthéon à tous les dieux de l’univers. Il suffisait de reconnaître sa suprématie et d’obéir à certaines de ses lois.

Les Barbares, eux aussi, entrèrent dans l’Empire à des titres divers ; ils servirent à le peupler et à le défendre avant d’en devenir les maîtres. Rome, en les attirant à elle, en les mêlant aux populations déjà soumises, à ses anciens sujets, ne s’écarta point de la ligne de conduite qu’elle avait suivie jusque alors. Ne pouvant triompher des Germains par la seule force des armes, elle chercha à les vaincre par sa politique, à se les assimiler comme elle s’était assimilé le reste du inonde. Le succès cette fois ne répondit plus à son attente ; elle ne fit que précipiter sa chute. Il ne pouvait en être autrement, car, si la diplomatie des Romains n’avait pas changé, la constitution intérieure de l’Empire s’était profondément modifiée. Cette force d’assimilation, si puissante, si féconde, tant que l’élément romain était resté l’élément prépondérant, tourna contre Rome le jour où, ayant plus à recevoir qu’à donner, elle se trouva à la merci des étrangers et ne put subsister que par eux. Les Barbares, supérieurs par le nombre, par la valeur personnelle, initiés à toutes les faiblesses d’une société amollie et corrompue comme celle au milieu de laquelle ils vivaient, n’eurent pas de peine à la dominer, à y occuper le premier rang. Dès lors, il advint ce qui devait infailliblement arriver : la domination romaine fit place à celle des Barbares ; la révolution politique fut accomplie en fait comme en droit.

Nous n’avons nullement la prétention d’embrasser dans toute son étendue une aussi vaste question. Nous nous bornerons à préciser les points les plut importants, à grouper les principaux documents, soit anciens, soit modernes, relatifs à notre sujet et qui peuvent contribuer à l’élucider.

Les copies des traités, des conventions conclues entre les Romains et les Barbares, véritables archives de la chancellerie romaine, sont perdues pour nous, mais nous avons le Code Théodosien, grand recueil des lois impériales du IVe siècle. Les historiens latins, depuis Tacite jusqu’à Ammien Marcellin, les orateurs, les poètes, les panégyristes, les apologistes chrétiens eux-mêmes renferment aussi de précieux renseignements sur la nature des rapports qui s’établirent entre Rome et la Germanie.

Parmi les modernes, les Allemands se sont particulièrement occupés d’une question qui touche de si près aux origines de leur nationalité. Ils l’ont fait avec leur esprit de recherche et de critique. Nous aurons souvent à les citer, à nous appuyer de l’autorité de leurs noms et de leurs écrits[5].

La part des écrivains français, moindre à certains égards, n’est pas cependant sans importance. Montesquieu et l’abbé Dubos[6] au siècle dernier, Chateaubriand, MM. Guizot, Ozanam, Augustin et Amédée Thierry dans le nôtre, ont exprimé sur la décadence romaine et les origines de nos sociétés modernes des idées aussi justes qu’élevées, sans parler de livres plus spéciaux et moins connus, mais d’un mérite réel, tels que les Institutions mérovingiennes de M. Lehuërou[7].

Cette question des rapports dés Romains et des Barbares est une question nationale pour nous comme pour les Allemands. La Gaule, principal théâtre des invasions germaniques, peuplée dès les premiers siècles de l’ère chrétienne de colons et de soldats barbares, occupée définitivement par les Germains au Ve siècle, tient une place considérable dans les événements qui ont amené la chute de l’Empire. Écrire l’histoire de ces événements, c’est écrire une page d’histoire de France. Outre l’intérêt de curiosité générale qui s’attache à l’étude d’une grande période, d’un grand siècle, il y a pour nous un intérêt particulier à étudier une révolution qui s’est opérée sur le sol de notre patrie, d’où est sortie notre nationalité.

Le plan était indiqué par la nature même du sujet. Nous passerons successivement en revue les différentes catégories de Barbares établies dans l’Empire : les Dedititii, les Fœderati, les Lœti, les Gentiles. Nous tâcherons de nous rendre un compte exact du sens et de la valeur de chacun de ces mots, de préciser, mieux qu’on ne l’a fait jusqu’à présent, chacun de ces états. Nous insisterons sur deux institutions qui ont joué un grand rôle dans l’histoire romaine et qui résument les divers modes d’admission des Barbares : le colonat et les établissements militaires. Ici un rapprochement se présente à l’esprit. Les nations modernes se sont trouvées, comme les Romains, en face de populations sauvages ou à demi barbares ; elles ont eu à employer les mêmes moyens ou des moyens analogues. La France, par exemple, après la conquête de l’Algérie, s’est trouvée en présence des Arabes. Qu’a-t-elle fait vis-à-vis des indigènes ? Comment a-t-elle cherché à se les assimiler et à les civiliser ? Il n’est pas sans intérêt de comparer les deux systèmes, de voir en quoi ils se ressemblent, en quoi ils diffèrent.

Quelques considérations préliminaires sur les invasions nous ont paru nécessaires, car elles se rattachent étroitement au système de colonisation germanique adopté par les Romains et qui exerça plus tard, nous aurons à le montrer, une influence remarquable sur la nature des rapports des différents peuples barbares avec les anciens sujets de l’Empire.

 

[1] L’Église et l’Empire romain au IVe siècle, 6 vol. in-8°, Paris, 1860-1866.

[2] Grandeur et Décadence des Romains, c. VI-XVIII.

[3] Virgile, Énéide, VI, v. 852-854.

[4] Tacite, Vita Agricola, c. XIV.

[5] Gaupp, Die germanischen Ansiedlungen und Landtheilungen in den Provinzen des Römischen Westreiches, Breslau, 1844. — Walter, Geschichte des Römischen Rechts, Bonn, 1860. — Sybel, Deutsche Unterthanen des Römischen Reichs, 1844. (Jahrbücher des Vereins von Alterthumsfreunden ion Rheinlande.)

[6] Histoire critique de l’établissement de la monarchie française dans les Gaules, 1734, 3 vol. in-4°.

[7] Lehuërou, Histoire des Institutions mérovingiennes, Paris, Joubert, 1842, in-8°.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 06:10

Pierre-André-Eugène Léotard est né à Lyon le 18 août 1835. Ancien doyen de la faculté catholique des lettres de Lyon. Il fut élève de l’école normale supérieure, Docteur ès-lettres en Sorbonne, chargé d’un cours libre d’histoire à la Faculté des Lettres de Lyon de 1874 à 1877, doyen de la Faculté catholique des lettres de Lyon de 1877 à 1898...

M. Léotard a publié un certain nombre d’ouvrages d’histoire ancienne ou moderne.

 

     ESSAI SUR LA CONDITION DES BARBARES

              ÉTABLIS DANS L’EMPIRE ROMAIN AU IVe SIÈCLE185.jpg

 

 

 

 

 

INTRODUCTION.


CHAPITRE I. — LES INVASIONS.

Caractère des premières guerres de Rome contre la Germanie. — Moeurs des Germains.

Situation intérieure de la Germanie.

Les quatre grandes confédérations germaniques : 1° les Allamans, 2° les Francs, 3° les Goths,

- 4° les Saxons.

Julien. — Valentinien Ier.

Constance.  — Gratien.

Les Huns.

- Double politique de Rome vis-à-vis des Barbares.


CHAPITRE II. — LES DEDITITII.

- Qu’était-ce que les Dedititii ?

- Leurs premiers établissements

- Leur assimilation aux colons. — Question du colonat : 1° son origine ;

- 2° ses caractères essentiels ; 3° développement du colonat par l’élément barbare.

- Les Barbares soumis comme les colons ; 1° à la capitation (tribularii),

- 2° à la loi du recrutement militaire (tirones).

- Principaux établissements des Dedititii au IVe siècle : 1° sur les domaines de l’État, 2° sur les propriétés particulières. - Maintien de leur qualité de Peregrini.


CHAPITRE III. — LES FŒDERATI.

- Différence des Dedititii et des Fœderati. — Origine des Fœderati. - Les Bataves.

- Les Francs Saliens.

- Les Vandales.

- Les Goths.

- Rois barbares fœderati.

- Condition des Fœderati. — Leurs droits civils et politiques : 1° le connubium

- Condition des Fœderati. — Leurs droits civils et politiques : 2° le commercium 

- Leur mode de cantonnement : 1° l’annona militaris, 2° le metatum.

- Le système des garnisons romaines appliqué par les Barbares dans leurs lois du partage des terres.


CHAPITRE IV. — LES LÆTI. 

- Étymologie du mot Lœtus.

- À quelle nationalité appartenaient les Læti ? 

- À quelle classe de la population germanique ?

- Condition des Læti : 1° les Læti colons militaires ; assimilés aux vétérans, 2° leurs obligations,

- 3° leurs droits, 4° leurs Præfecti. — Les Læti et les Lidi du moyen âge.


CHAPITRE V. — LES TERRES LÉTIQUES ET LES COLONIES MILITAIRES MODERNES.

- Condition des terres létiques identique à celle des terræ limitaneæ.

- Les bénéfices romains et les bénéfices mérovingiens.

 - Rapprochement entre les colonies militaires des Romains et les colonies militaires modernes : 1° les Confins militaires de l’Autriche,

- 2° la Russie méridionale, 3° les Arabes de Tell.


CHAPITRE VI. — LES GENTILES.

- Ressemblance de leur condition avec celle des Læti.

- Différence entre les Læti et les Gentiles : les Gentiles étaient des Sarmates et non des Francs.

- Leur date probable, postérieure à celle des Læti. — Leurs principaux cantonnements.

- Des différentes espèces de Gentiles.


CHAPITRE VII. — LES BARBARES DIGNITAIRES DE L’EMPIRE.

Droit de cité accordé aux étrangers : 1° à de simples particuliers, 2° à des nations entières. — Entrée des étrangers dans le sénat. — Population mixte des bords du Rhin. — Le Goth Maximin empereur.

— Politique de Constantin.

— Les Barbares consuls ou maîtres de la milice : Dagalaiphe, Merobaudes, Arbogaste, Stilicon.

— Rois barbares patrices.


CHAPITRE VIII. — VÉRITABLE CARACTÈRE DE LA CONQUÊTE DE L’EMPIRE ROMAIN PAR LES BARBARES.

CONCLUSION.

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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 07:12

Avec une superficie de près de 78 ha, le site de Vernon (Eure) compte parmi les habitats fortifiés les plus étendus de la Gaule belgique. L'enceinte est implantée sur la rive droite de la Seine, à proximité de la confluence avec l'Epte, à l'extrémité occidentale d'un éperon calcaire naturellement défendu par des versants abrupts d'environ 80 m de dénivelé. Vers l'extérieur, un puissant talus de 4 m de hauteur – qui n'est plus conservé qu'en périphérie du tracé – barre l'accès au plateau sur une longueur de près d'un kilomètre. Deux systèmes d'accès principaux ont été repérés à partir des photographies aériennes.

 

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 08:08

mntagne-rouge.jpg

Les dix premières minutes du livre conté par l’auteur :

 

L’e-book (PDF) et l’audio-book « Arvernes » (MP3)

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10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 06:51

Fruit de plusieurs années de recherches et de travaux 3D, ce documentaire présente un large panorama thématique du Paris antique depuis la période gauloise jusqu'à l'Antiquité tardive.

Voici un extrait du DVD que l'on peut se procurer ici : http://www.lutece3d.net/dvd.htm


Au travers de cette vidéo on découvrira une reconstution 3D des rives habitées par les Parisii, et l'incendie de Lucotetia relaté par Jules César. Puis, Lutèce gallo-romaine ; le Cardo, l'Aqueduc, le Forum avec le Temple de Mercure et des boutiques. On verra également les latrines, puis le port et les berges aménagées ; les thermes de Cluny, les bains publics de la crypte de Notre Dame, les arènes, et le théâtre. Nous entrerons dans l'intimité du foyer gallo-romain en visitant une villa, puis une taverne. Enfin nous aurons un aperçu des premières fortifications de Lutèce.

 


 

 

 

 


 
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29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 06:44

178.jpg

« La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers. »

 

César prêté la formule à Vercingétorix, Napoléon III l'a fait graver en 1865 sur le socle de la satue d'Aimé Millet, sculpteur graveur, médailleur et peintre français, né à Paris le 28 septembre 1819 et mort le 14 janvier 1891, qui domine le village d'Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or en Bourgogne.

 

La statue constitué d'un socle en granit de Saulieu et en pierre de Pouillenay de 7 mètres de hauteur, dessiné par Eugène Viollet-le-Duc porte un bandeau de bronze sur lequel se trouve la phrase qu'aurait prononcé Vercigétorix devant ses troupes à Avaricum, puis en dessous : « Napoléon III, empereur des Français, à la mémoire de Vercingétorix ».


La statue quant à elle est haute de 6,60 m. Elle est creuse et formée de tôles de cuivre179 battues et repoussées fixées sur un bâti de poutrelles comme la statue de la Liberté de New York. Elle a été construite à Paris et exposée au palais de l'Industrie lors du Salon de 1865 puis transportée et installée le 27 août 1865 à l'extrémité Ouest du mont Auxois, dominant le champ de bataille.

Vercingétorix est représenté d'une façon romantique, présenté comme un archétype de ce que les Français de l'époque connaissaient ou imaginaient du gaulois : moustaches tombantes, longs cheveux hirsutes, attitude morne (visage emprunté à Napoléon III et qui exprime la résignation après la défaite) et collier de perles. De nombreux anachronismes dans son vêtement et ses accessoires apparaissent aujourd'hui à la lumière de nos connaissances archéologiques, notamment le collier de perles de pure fantaisie, les bandelettes qui enserrent ses braies appartiennent au début du Moyen Âge ou son épée et sa cuirasse qui sont copiées sur des modèles de l'âge du bronze soit plus de 500 ans antérieurs à l'époque de Vercingétorix.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 07:00

            Vercingétorix

 

     Chapitre XXI  - L'œuvre et le caractère de Vercingétorix.

 

8. Part qui revient, dans la victoire, à Labienus et aux Germains.

 

Malgré tout, cependant, on ne peut pas dire que les légions et César aient suffi pour vaincre Vercingétorix. Il faut faire, dans le compte de cette victoire, une belle part à deux autres éléments qui ne viennent pas du proconsul ou qui ne sont pas de l’armée romaine.

Il y a d’abord les légats de César, ou plutôt, il y en a un, Labienus : les autres ont été, en 52, simplement utiles, Labienus a été indispensable. Il a tenu sans broncher pendant l’hiver au milieu de la Gaule insurgée, il a déjoué la conjuration de la Belgique, il a réduit Comm l’Atrébate à une impuissance de quelques semaines : si le complot avait éclaté dans le Nord en même temps qu’à Gergovie et à Génabum, César, revenu à Sens, aurait été pris à revers. Le même Labienus, quand l’armée du Nord se formait enfin sous Camulogène, l’écrasait à Paris pendant que César se faisait battre au Sud sous Gergovie : ce qui permit au légat de venir sans encombre secourir à temps son proconsul. C’est Labienus enfin qui, le jour du dernier combat devant Alésia, a dirigé cette sortie désespérée qui sauva les lignes romaines et qui fut, tout compte fait, la victoire décisive.

Si Labienus a préparé les succès de César, les Germains ont réparé les défaites des Romains. D’abord, leurs incursions contre les Trévires ont privé Vercingétorix d’auxiliaires fort utiles. Puis César, au début de ses principales campagnes, appelle à son aide immédiate les cavaliers et l’infanterie légère des peuplades germaniques. Il semble dire que ces alliés furent peu nombreux : mais leur nombre n’importe pas, il faut simplement constater leur rôle.

— La première rencontre de cavalerie entre les Gaulois de Vercingétorix et les troupes romaines a lieu près de Noviodunum : celles-ci reculent, les Germains rétablissent le combat.

— Devant Alésia, il y eut deux combats de cavalerie, l’un engagé par Vercingétorix et l’autre par l’armée de secours, et ils furent l’un et l’autre la répétition de celui de Noviodunum : « Nos hommes faiblissaient, dit César, mais les Germains assurèrent la victoire » ; enfin, la grande bataille de Dijon se composa de deux engagements distincts : à leur droite, où ils n’ont point de Germains en face d’eux, les Gaulois sont vainqueurs, et César lui-même faillit périr ; à leur gauche, les Germains les écrasent et arrivent à temps pour dégager le reste de l’armée romaine. Qu’on suppose le proconsul privé du secours des escadrons germains, la cavalerie gauloise eût été longtemps invincible, et Vercingétorix n’aurait pas eu à s’enfermer dans Alésia.

 

9. Ce qu’on peut supposer du caractère de Vercingétorix. Ses rapports avec les dieux.

 

Nous voici ramenés une fois de plus à constater la folie de cette bataille, d’avant Alésia où le roi des Arvernes ruina en quelques heures son œuvre de sept mois et l’espérance de la Gaule.

Pour excuser cet acte, il faut tenir compte de la jeunesse de l’homme et de son tempérament gaulois : à moins de trente ans, un Celte, chef de guerre depuis quelques mois à peine, n’a pas ce calme rassis de vieil imperator, qui, après tout, a manqué parfois à César quinquagénaire. Vercingétorix a subi, à certains moments de sa vie, l’irrésistible force de la pensée qui s’emballe. C’est à un emportement de ce genre qu’a obéi sa volonté, quand il a ordonné la charge colossale où il brisa ses meilleures forces ; et c’est aussi dans un de ces accès d’impétueuse imagination qu’il a tenu ce singulier discours d’après Avaricum, où il prédisait aux Gaulois vaincus l’empire du monde.

Ces impatiences de Vercingétorix rapprochent son tempérament du nôtre, ces rêveries ou ces faiblesses lui donnent peut-être un charme de plus. Il n’a pas l’éternelle froideur de l’ambitieux qui ne cesse de calculer et de décider. Je ne dirai pas qu’il eut ses instants de bonté : nous pouvons juger ses actes comme général, mais nous connaissons si mal son caractère, son humeur et ses pensées, qu’il ne faut rien affirmer sur l’homme. Mais il n’est pas interdit de supposer qu’un mouvement de pitié l’aida à sauver Avaricum, et que le noble désir du dévouement acheva de le résoudre à se rendre à César.

On lui a reproché ses exécutions sanglantes de l’entrée en campagne : il est facile de les justifier, elles étaient une nécessité politique, et il a dû croire aussi qu’elles étaient un devoir envers les dieux.

Car, à côté de Vercingétorix homme de guerre, le seul que nous fasse bien connaître Jules César, il faut aussi se figurer (et je sens parfaitement que je fais une hypothèse, mais que j’ai le droit de la faire), il faut se figurer un Vercingétorix pieux et dévot, adorant et craignant les dieux de sa cité et les dieux de la Gaule, l’équivalent celtique de Camille, de Nicias et de Josué. C’est afin d’obéir à ces dieux qu’après leur avoir donné, comme gages de victoire, des holocaustes humains, il s’est immolé à la fin, comme rançon de la défaite. Il s’est levé et courbé sous leur ordre, tel qu’un pontife armé de la patrie gauloise.

 

10. Du patriotisme gaulois de Vercingétorix.

 

En définitive, c’est bien par ce mot de patrie gauloise qu’il faut résumer sa rapide existence, son caractère, ses espérances et son œuvre.

S’il a combattu et s’il est mort, c’est uniquement par amour pour cette patrie. Jules César, qui l’a connu comme ami, comme adversaire, comme prisonnier, l’a dit et le lui a fait dire, et ne nous laisse jamais supposer, dans les actes de Vercingétorix, un autre mobile que le patriotisme. La dernière parole que l’auteur des Commentaires place dans la bouche de son ennemi est celle-ci : « Qu’il ne s’arma jamais pour son intérêt personnel, mais pour la défense de la liberté de tous ; et c’est sans doute parce que César redouta la puissance de ce sentiment exclusif que, Vercingétorix une fois pris, il ne le lâcha que pour le faire tuer.

La patrie gauloise, telle que l’Arverne se la représentait, c’était, je crois, la mise en pratique de cette communauté de sang, de cette identité d’origine que les druides enseignaient : avoir les mêmes chefs, les mêmes intérêts, les mêmes ennemis, une « liberté commune ». Que cette union aboutît, dans sa pensée, à un royaume ou à un empire limité, compact, allant du Rhin aux Pyrénées, pourvu d’institutions fédérales, ou qu’elle dut demeurer une fraternité de guerre pour courir et ravager le monde, nous ne le savons pas, et il est possible que Vercingétorix ait rêvé et dit tour à tour l’un et l’autre. Mais, et ceci est certain, il eut la vision d’une patrie celtique supérieure aux clans, aux tribus, aux cités et aux ligues, les unissant toutes et commandant à toutes. Il pensa de la Gaule attaquée par César ce que les Athéniens disaient de la Grèce après Salamine : Le corps de notre nation étant d’un même sang, parlant la même langue, ayant les mêmes dieux, ne serait-ce pas une chose honteuse que de le trahir ?

Et Vercingétorix identifia si bien sa vie avec celle de la patrie gauloise, que, le jour où les dieux eurent condamné son rêve, il ne songea plus qu’à disparaître.

 

FIN.177.jpeg

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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:38

1er siècle : Les Burgondes se trouvent entre l’Older et la Vistule.

 

Vers 350 : Les Burgondes fondent un puissant royaume sur le Main.

 

411 : Entrés dans l’Empire à la faveur de l’invasion de 406, les Burgondes proclament Jovin empereur à Mayence.

 

436/437 : Les Burgondes sont massacrés par les mercenaires Huns du général romain Aetius pour avoir tenté d’agrandir leurs domaines.

 

443 : Aetius crée le royaume fédéré des Burgondes en Sapaudia.

 

451 : Attila est vaincu à la bataille des Champs Catalauniques par Aetius à la tête d’une coalition où se trouvent les Burgondes.

 

457 : Les Burgondes annexent, avec l’accord de nobles provinciaux, les cités de Besançon,burgondie de la Tarentaise, de Grenoble, d’Autun, de Chalon et de Lyon.

 

469/477 : Une guerre oppose le Wisigoth Euric, Burgondes et Romains. La Burgondie s’étend jusqu’à la Durance.

 

476 : Romulus Augustule, le dernier empereur d’Occident, est déposé par Odoacre qui est proclamé roi en Italie. Euric, roi des Wisigoths, annexe la Provence romaine.

 

Vers 480-500 : Guerre entre les Burgondes et les Alamans.

 

489-490 : Odoacre, roi en Italie, tente en vain de repousser Théodoric le Grand, souverain des Ostrogoths. Le Burgonde Gondebaud attaque la Ligurie et en ramène de nombreux captifs.

 

502 : Gondebaud publie une deuxième édition de la loi des Burgondes.

 

507 : Francs et Burgondes déclarent la guerre aux Wisigoths. Aux côtés de Clovis, Sigismond participe à la bataille de Vouillé, où tombe le roi Alaric II.

 

508 : Les Francs et les Burgondes coalisés tentent de prendre Arles, mais les Ostrogoths, survenus entre temps, remportent la victoire et peuvent les repousser.

 

509 : Le duc Ostrogoth, Mammo, pille la Burgondie jusqu’à Orange et les Ostrogoths annexent la Provence wisigothique.

 

Vers 512 : Une paix définitive est conclue entre Wisigoths, Ostrogoths, Burgondes et Francs.

 

523 : Les Burgondes sont défaits par les Francs du roi Clodomir. Sigismond abdique ; il est livré aux Francs par sa garde personnelle.

 

524 : Clodomir et Théodoric le Grand s’allient pour attaquer conjointement les Burgondes, mais Théodoric fait défection. A la bataille de Vézeronce, les Burgondes mettent les Francs en fuite et Clodomir trouve la mort. Théodoric profite de la confusion pour s’emparer du sud de la Burgondie.

 

533 : Childebert, Clotaire et Théodebert vainquent les Burgondes. La Burgondie est partagée entre les rois francs.

 

552 : Première attestation du terme « Burgondie », dans une lettre des clercs de Milan.

 

561 : Gontran hérite de la Burgondie reconstituée. Elle restera une entité politique jusqu’en 843.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 06:54

            Vercingétorix

 

     Chapitre XXI - L'œuvre et le caractère de Vercingétorix

 

5. Des fautes commises dans les campagnes de 52.

 

Ce n’est pas qu’il n’ait commis des fautes, et on en a déjà signalé quelques-unes, comme les imprudences de Gergovie et les hésitations de l’assaut au pied d’Alésia. Mais les unes et les autres furent rapidement réparées. La seule faute insigne et irréparable, celle qui annula toutes les victoires et qui prépara toutes les défaites, ce fut d’engager la bataille, près de Dijon, contre César en retraite : bataille qui devait finir par un désastre presque sans remède. Vercingétorix avait toujours dit qu’il ne fallait jamais échanger la certitude de vaincre lentement contre l’espérance d’un triomphe immédiat. Il fit, ce jour-là, ce qu’il avait toujours empêché les Gaulois de faire, et le démenti qu’il donna à ses paroles ne fit que justifier l’excellence de ses principes.

Les autres fautes de la campagne furent moins les siennes que celles de son conseil : on eut le tort de ne point laisser César, après le passage des Cévennes, s’engouffrer jusqu’à Gergovie, et de perdre un temps précieux en revenant vers le Sud ; on eut le tort de ne point brûler Avaricum. Mais, sur ces deux points, Vercingétorix ne fit que céder aux chefs. On aurait dû harceler la retraite du proconsul, vaincu chez les Arvernes : mais c’était la tâche des Éduens. Enfin, si les Gaulois s’interdirent la levée en masse pour sauver Alésia, si les trois attaques des lignes de César furent conduites en quelque sorte à rebours, c’est que Vercingétorix, sans communication avec le dehors, ne put d’abord faire respecter ses ordres, ni ensuite les faire entendre.

 

6. Qu’elles sont la conséquence de la situation politique de la Gaule.

 

Au surplus, ces fautes militaires furent la conséquence de la situation politique où se trouvaient Vercingétorix et la Gaule.

Sa royauté sur les Arvernes était une tyrannie qu’il avait imposée par la plèbe et par ses clients à l’aristocratie de son peuple. Le principat d’un Arverne sur la Gaule était odieux aux Éduens et sans doute désagréable à d’autres peuples. Il en résulta qu’il eut pour principaux rivaux aussi bien les nobles arvernes que les nobles éduens, et que les chefs les premiers à se soumettre, après la reddition d’Alésia, furent ceux de ces deux pays : le plus utile des alliés de César, l’année suivante, fut l’arverne Épathnact, et la première ville où le proconsul put se reposer en sûreté après sa victoire, fut la Bibracte des Éduens.

Vercingétorix eut donc le plus à craindre des chefs dont il avait le plus besoin. La plupart des hommes de son conseil devaient le regarder comme un gêneur, puisqu’un jour ils essayèrent de s’en débarrasser comme d’un traître : les hommes les plus capables de trahir croient le plus volontiers à la perfidie des autres. Aussi le roi arverne dut-il maintes fois, pour obtenir beaucoup de son conseil, lui accorder quelque chose : quand César s’avança par le Sud contre l’Auvergne, Vercingétorix concéda à l’égoïsme des grands propriétaires d’aller défendre leurs terres ; et il épargna de même Avaricum, pour ne pas froisser les intérêts des citadins bituriges. J’explique encore par des jalousies politiques, soit le refus de la levée en masse, soit les lenteurs des Gaulois entre Gergovie et Dijon, entre le blocus d’Alésia et l’arrivée des secours. Après tout Vercingétorix, depuis son alliance avec les Éduens, ne fut-il pas obligé de leur soumettre ses plans et de faire renouveler ses pouvoirs ? Ce n’est pas un paradoxe de dire qu’une fois réuni à eux, il fut moins obéi et moins fort, et que ses vraies défaites datent du jour où il dut commander à toute la Gaule.

Supposez au contraire que les peuples celtiques eussent depuis longtemps pris l’habitude de combattre et d’obéir ensemble ; faites de Vercingétorix, non pas un roi d’aventure, intronisé pour une campagne, mais un maître légitime et reconnu de tous, comme Persée ou Mithridate, et il est vraisemblable que les choses eussent tourné autrement. Si la Gaule a été vaincue, ce n’est point parce que son chef a commis des fautes, c’est parce qu’elle s’est décidée trop tard à combattre, et qu’elle a parfois combattu à contrecœur.

 

7. Valeur des adversaires de Vercingétorix : les légions et César.

 

Mais il faut ajouter aussitôt qu’elle a été également vaincue parce qu’elle avait devant elle Jules César et dix légions, c’est-à-dire le général et les troupes les plus doués des120 qualités qui faisaient le plus défaut, l’autorité à Vercingétorix, la cohésion à ses soldats.

Les légions furent, durant cette campagne, la discipline et la solidité mêmes : la Xe était, pour ces deux mérites, célèbre dans le monde entier ; la VIIe, la VIIIe, la IXe, étaient, avec elle, les plus vieilles et les plus endurcies des armées du peuple romain ; la XIe et la XIIe, qui étaient regardées comme des troupes jeune encore, n’en servaient pas moins depuis sept ans sous les ordres de César ; les quatre autres étaient plus récentes, mais les nouveaux soldats, par esprit de corps et point d’honneur, se mettaient vite à l’unisson de leurs armés. Durant les trois principales campagnes de l’année 52, César n’eut à reprocher à ses légions que la fougue imprudente avec laquelle les centurions de la VIIIe se lancèrent à l’assaut de Gergovie, et encore n’est-il pas sûr qu’ils n’aient point cru obéir à ses ordres. Devant Avaricum, affamées et presque assiégées, elles refusèrent la retraite que leur offrait le proconsul ; devant Alésia, elles furent d’une invraisemblable force de résistance : on est effrayé par la quantité de terres, de bois, de fer et d’osier qu’elles ont dû brasser pendant un mois, et par l’effort d’énergie qu’elles ont présenté encore le dernier jour. Les légionnaires n’étaient pas seulement d’admirables soldats, mais des ouvriers de premier ordre, et quelques-unes de leurs victoires ont été, somme toute, des affaires de terrassement. Une dernière qualité était l’endurance à la marche : leur expédition contre Litavicc, 75 kilomètres en vingt-quatre heures, tout en étant un fait exceptionnel, montre ce qu’on pouvait exiger d’eux.

À côté de la force des hommes, la force de l’armement, de celui de la troupe, le camp, et de celui du soldat, l’armure et les armes : le légionnaire est pesamment armé et presque entièrement bardé de fer, et la légion, retranchée dans son camp, est presque aussi à l’abri qu’une ville derrière ses remparts. Voilà pour la défense. Pour l’attaque, l’usage du javelot, la charge à l’épée (qui seule put forcer, devant Alésia, l’armée de secours à la retraite, mais qui l’y força assez vite), et plus encore (car les campagnes de 52 ont été surtout des guerres de siège), l’expérience la plus complète des machines et des engins. Les légionnaires avaient de leur côté toutes les inventions que la poliorcétique grecque multipliait depuis trois siècles : les ingénieurs des pays helléniques ont sans relâche travaillé et perfectionné leur science pour le profit final de la conquête romaine. La lutte de 52 offre précisément les exemples les plus nets des deux types de siège : l’attaque de force d’Avaricum, à l’aide d’une terrasse et de machines de guerre (oppugnatio), l’investissement d’Alésia par les lignes d’un blocus continu et sa réduction par la famine (obsessio) ; s’il est possible de trouver, même dans l’histoire romaine, des attaques plus savantes que celle d’Avaricum (par exemple celle de Marseille par Trébonius), elle ne présente pas, à ma connaissance, de circonvallation plus complète, plus compliquée et plus infranchissable que celle d’Alésia. Il est vrai que Gergovie déjoua également toute attaque et tout blocus.

Enfin, pour comprendre la défaite de Vercingétorix, pensons que tous ces hommes et toutes ces machines furent à la disposition de Jules César, l’intelligence la plus souple et la volonté la plus tenace qu’on ait vue dans le monde gréco-romain : je n’excepte pas Alexandre. Assurément, le vainqueur de Vercingétorix n’est point le type parfait de l’imperator romain : bien des actes de sa nature primesautière, nerveuse et imprudente ; auraient été blâmés par Paul-Émile. Mais il fut en Gaule un modèle inimitable de conquérant et de général : précis et rapide dans ses ordres, l’oeil aux aguets, l’esprit à l’affût des occasions, calculant beaucoup, mais comptant parfois sur le hasard aussi bien que sur sa prévoyance, patient dans les sièges (sauf à Gergovie), prudent dans les marches, pressé sur les champs de bataille, où les bons moments viennent et s’enfuient rapidement, exigeant beaucoup des siens et de lui-même, se battant comme un soldat, dédaigneux des plus grandes fatigues et des pires dangers, réussissant à coups d’audace, comme dans la traversée des Cévennes, — et par-dessus tout, trop soutenu par une inaltérable confiance dans sa Fortune pour craindre jamais les hommes ni les dieux, et pour vivre autrement que dans l’espérance de la victoire et la volonté du pouvoir.

 

À suivre...

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