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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 00:28
Les premiers chrétiens persécutés par les autorités romaines l'utilisaient comme code secret pour se reconnaître entre eux.
263.jpg
Dictionnaire des antiquités chrétiennes (1877)
Joseph Alexandre Martigny

POISSON (SYMBOLE).
De tous les symboles de la primitive Église, aucun ne fut d’un usage plus vulgaire ni plus universel que le poisson. Il est employé comme métaphore, dans le discours, par les SS. Pères et les autres écrivains ecclésiastiques, figuré comme formule arcane sur les monuments de toute nature, soit par l’inscription de son nom grec, ixevc, soit par son image peinte, gravée ou sculptée, soit enfin par la réunion du nom et de l’image, comme sur ce curieux anneau trouvé prés de Rome (De Rossi. Bull. 1873. pl. iv. v), et où le poisson lui-même tient lieu de l’initiale i du mot ixthyc. On comprend donc qu’il ne s’agit ici, ni de ces poissons qui, à diverses époques, durent entrer, pour la fidélité historique, dans la représentation de certains faits évangéliques, ni de ceux que les artistes ont placés dans leurs compositions diverses comme simples motifs d’ornementation mais bien, et uniquement, du poisson isolé, retracé, dans une intention symbolique, sous l’empire de la discipline du secret, particulièrement sur les tombeaux et les pierres annulaires, par les chrétiens des quatre premiers siècles (V. De Rossi. De Christ, monum. ixgyn exhibent, in t. II Spicis. Solesm.) Or, dans la pensée de nos pères, ce symbole eut une double application au Christ et au chrétien.

I. Soit hasard, soit disposition providentielle, il se trouve que le mot grec ixevc, qui signifie poisson, fournit les initiales des cinq mots 3lr,(raj… soit, en français, JESUS CHRIST FILS DE DIEU E SAUVEUR. Comment et par qui cette énigme fut-elle découverte ? C’est ce qu’il serait difficile de dire on suppose qu’elle put venir d’Alexandrie, où quelques chrétiens, ayant cherché de bonne heure à substituer un nouvel acrostiche à ceux qui, au témoignage de Cicéron (De divin. ir. 54), formaient les sutures des vers attribués aux sibylles, en auront surpris les éléments dans ce mot mystérieux. Des livres,… ; énigmatique aurait passé dans le langage vulgaire des premiers chrétiens et il est certain que, dès le deuxième siècle, le sens en était familier aux fidèles, puisque S. Clément d’Alexandrie, qui leur recommande défaire graver sur leurs sceaux l’image du poisson {Paedag. m. 106), s’abstient de leur en expliquer le motif. Nous le savons du reste positivement par le témoignage de l’auteur africain anonyme du livre De promission, et benedict. Dei (n. 59)…, latine piscem, sacris litteris, majores nostri interpretali sunt hoc ex sibylliis versibus colligentes ; a l’interprétation de l’ichtus ; , ou poisson, nos pères l’ont tirée des vers sibyllins, » et il nous plait de reproduire l’explication si claire que S. Augustin donne de l’acrostiche (De civit. Dei xvni. 25) « Des cinq mots grecs qui sont Iesou, Xpistos, Theou, Uios Soter si vous réunissez les premières lettres, vous aurez ixthus, poisson, dans lequel nom le Christ est désigné mystiquement. »

Quoi qu’il en soit, la découverte, peut-être fortuite, d’un mot qui se prêtait si merveilleusement à exprimer le nom de Jésus-Christ, ses deux natures, sa qualité de Sauveur, dût être une véritable révélation et on comprend que, s’emparant d’une donnée si féconde, les SS. Pères durent donner carrière à leur imagination et à leur piété, pour rechercher dans la nature même du poisson des analogies avec les différents attributs du Rédempteur des hommes. Et, partant de cette supposition que l’ixthus fut avant tout employé comme énigme, nous nous figurons que l’ère des interprétations symboliques ne s’ouvrit que postérieurement. Ces interprétations sont nombreuses dans les textes anciens nous nous bornerons à indiquer rapidement les plus dignes d’attention.

Le Christ est appelé poisson :

 

La suite en cliquant ici

  
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 07:09

ESSAI SUR LA CONDITION DES BARBARES ÉTABLIS DANS L'EMPIRE ROMAIN AU IVè SIÈCLE

 

Chapitre III. Les Fœderati.

 

Différence des Dedititii et des Fœderati. — Origine des Fœderati. — Les Bataves.

 

À côté des Dedititii il y avait d’autres Barbares admis de bonne heure au service de l’Empire dans des conditions  meilleures et qui prenaient rang parmi les alliés du peuple romain (socii). Cette alliance reposait sur un traité non plus forcé, mais volontaire et librement consenti ; ils s’engageaient à fournir des troupes auxiliaires (auxilia), distinctes des légions, mais comprises dans les cadres des armées de la république et associées à toutes les guerres entreprises par Rome, destinées à combattre tous ses ennemis, quels qu’ils fussent. Les Barbares, ainsi enrôlés, jouissaient en retour de certains avantages, de certains privilèges attachés à la milice et analogues à ceux qui avaient été accordés aux premiers confédérés du Latium à de l’Italie[1].

L’histoire de ces volontaires barbares, désignés sous le nom de fédérés (Fœderati), commence avec Jules César et la guerre des Gaules. Le futur dictateur avait déjà dans son armée un corps de cavalerie germaine qui l’aida puissamment à triompher de Vercingétorix. À partir de cette époque, les Germains ne cessent plus de figurer sur les champs de bataille à côté des Romains. On les trouve à Pharsale, à Philippes[2] ; ils forment la garde des empereurs, plus confiants dans le dévouement de ces étrangers à leur personne que dans celui de leurs propres sujets. Les qualités guerrières des Germains, leur courage à toute épreuve, leur haute stature et la force de corps dont ils étaient doués, devaient attirer l’attention des Romains et les désigner au choix qu’ils avaient coutume de faire des meilleurs soldats.

Les Bataves et les Frisons, placés à l’extrémité septentrionale des Gaules, entre le Rhin et la mer, dans ce pays conquis sur les eaux, qui est devenu plus tard la Hollande, furent les premiers d’entre les Germains qui recherchèrent et obtinrent la faveur de servir sous les aigles romaines en qualité d’auxiliaires[3]. Il fallait avoir donné des preuves d’une persévérante fidélité pour être ainsi admis dans la clientèle de Rome et participer aux bénéfices d’une alliance offensive et défensive avec le peuple-roi. Les Bataves, illustres par les témoignages que les plus grands historiens latins ont rendus à leur bravoure, par les pages que leur a consacrées Tacite[4], avaient d’abord habité l’intérieur de la Germanie, dans le groupe des Cattes dont ils faisaient partie. Chassés par un de ces revers de fortune fréquents chez des peuples à demi civilisés et où la force constitue le260.jpg droit, ils vinrent chercher un nouvel établissement sur la rive méridionale du Rhin, dans l’espace désert que forment plusieurs bras de ce fleuve vers son embouchure. Cette portion de territoire était romaine. L’Empire reconnut leur établissement et les laissa paisibles possesseurs du sol sur lequel ils s’étaient fixés. Les Bataves devinrent les alliés des Romains. D’après les règles déjà anciennes de ces sortes de contrats (fœdera), ils conservèrent une liberté à peu près entière et les institutions qui les avaient régis dans leur, première patrie ; ils restèrent, comme par le passé, soumis à des chefs de leur nation[5] et ne se virent imposer aucune charge, aucun tribut, comme les peuples vaincus[6] ; ils durent seulement reconnaître la souveraineté de Rome et fournir, en qualité de Fœderati ; un contingent déterminé de soldats[7]. Les liens qui unissaient les Bataves aux Romains se resserrèrent de plus en plus au contact et sous l’influence d’une civilisation supérieure. La fameuse révolte de Civilis*, soulevée par un attentat à la liberté et à l’honneur du chef batave, par les exactions et la rapacité des employés romains chargés du recrutement[8], compromit un instant la domination de Rome dans les Gaules, mais ce ne fut qu’un accident dans la longue suite des rapports d’amitié des deux peuples. Moins d’un demi-siècle après, Tacite pouvait constater une harmonie parfaite, une étroite communauté d’idées et de sentiments (mente animoque nobiscum agunt), qu’il proposait comme modèle aux autres nations[9].

Les Bataves, peuple de marins, dignes ancêtres des Hollandais modernes, avaient la réputation d’excellents nageurs[10]. On vantait leur cavalerie comme la première du temps ; plus d’une fois, elle décida la victoire en faveur des Romains ; à la mémorable bataille de Strasbourg (Argentoratum), gagnée par Julien en 357 sur les Allamans coalisés, ce fut une charge des Bataves commandés par leurs rois qui repoussa les Barbares et causa la défaite de Chnodomar[11]. Aussi étaient-ils très redoutés et placés à la réserve pour donner en cas de nécessité et dans un pressant besoin[12]. Outre cette cavalerie si renommée (turmæ, alæ, equites), ils avaient une infanterie qui figurait avec honneur à côté des légions, parmi les troupes d’élite[13] ; les cohortes bataves s’étaient couvertes de gloire en Bretagne[14], en Germanie, dans toutes les parties de l’Empire où elles furent successivement appelées et où nous les retrouvons à la fin du IV, siècle, soit en Occident, soit en Orient, dans la Notitia dignitatum, recueil officiel du temps de Théodose.

On leur avait confié la garde du Rhin et là défense de la frontière romaine contre les incursions des autres peuples germaniques, placés sur la rive opposée, en dehors de l’Empire. C’était un des secrets de Rome et de sa politique de se servir des Barbares contre les Barbares, politique non sans danger comme le prouva l’événement, mais qui lui permettait, avec des forces relativement peu considérables, de protéger une ligne de frontières plus étendue que celles d’aucun de nos États modernes[15]. Le pays des Bataves, comme toutes les provinces limitrophes du Rhin et du Danube, se couvrit de forteresses, de camps retranchés, où les nouveaux soldats de Rome étaient disciplinés à la romaine et où se faisaient des levées annuelles de troupes (delectus)[16]. Nimègue (Noviomagus), Utrecht (Trajectum), Leyde (Lugdunum Batavorum), Alphen (castra Albiniana), Veux (Forum Hadriani), étaient les principales places de guerre où se concentrait l’influence dominatrice de Rome. Les Germains se sentaient attirés par cette grande puissance militaire qu’ils admiraient et les volontaires arrivaient en foule. Il est digne de remarque que, tout en laissant aux peuples amis et fédérés une liberté presque complète dans l’administration civile, l’Empire se réservait l’organisation militaire, la plus importante à ses yeux, et avait soin de la régler de manière à ce qu’elle fût en tous points l’image de la sienne propre.

Cette forme d’alliance que les Romains conclurent avec les Bataves et qui se perpétua jusqu’à la chute de l’Empire était commune à d’autres peuples de la Germanie. Les Mattiaques sont placés par Tacite sur la même ligne (est in eodem obsequio Mattiacorum gens) ; leur condition se trouvait identique à celle des Bataves ainsi que leur fidélité ; il n’y avait de différence que dans leur caractère, plus rebelle que celui de leurs voisins à la civilisation[17]. A mesure qu’on avance dans l’histoire de l’époque impériale, on voit les empereurs renouveler à chaque instant des pactes semblables avec les Barbares et leur accorder des terrains, moyennant l’engagement de suivre la fortune de Rome (Romanam felicitatem sequentes), et par là il faut surtout entendre un concours militaire déterminé par les traités.

 

* La révolte de Civilis sur Scripta Manent


[1] Walt., t. I, § 86-92, 93-98, 224-232. — Beck. et Marq., II, 1, p. 89-100. — Du Cange, Gloss. med. et inf. latinit. Fœderati (Φοιδεράτοι) generatim dicti e barbaris populis qui Romanis merebant.

[2] Opitz, p. 34 et suiv.

[3] Plusieurs peuples de la Gaule avaient déjà reçu le titre de fœderati, et étaient entrés dans l’alliance romaine par une faveur qui les distinguait des simples provinciales et les rapprochait du droit de cité. Pline dans son Histoire naturelle cite les Lingones fœderati (H. N., IV, 17) et Tacite au livre Ier de ses Histoires nous dit qu’Othon accorda à tous les Lingones le droit de cité romaine (Hist., l. I, c. LXXVIII.)

[4] Tacite, De mor. Germ., c. XXIX. — Ibid., Hist., l. IV, c. XII.

[5] Tacite, Hist., l. IV, c. XII.

[6] Tacite, Germania, c. XXIX. — Ibid., Hist., l. IV, c. XII.

[7] Tacite, Germania, c. XXIX. — Ibid., Hist., l. IV, c. XII.

[8] Tacite, Hist., l. IV, passim.

[9] Tacite, Germania, c. XXIX.

[10] Tacite, Hist., l. IV, c. XII.

[11] Ammien, l. XVI, c. XII.

[12] Ammien, l. XXXI, c. XIII.

[13] Tacite, Hist., l. IV, c. XIV.

[14] Tacite, Hist., l. IV, c. XII.

[15] Sismondi, t. I, c. I, p. 20. On a estimé que l’Empire romain avait six cents lieues du nord au midi, plus de mille du levant au couchant, et qu’il couvrait cent quatre-vingt mille lieues carrées de superficie.

[16] Tacite, Agricola, c. XXVIII.

[17] Tacite, Germania, c. XXIX.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 19:30

Les derniers feux de Rome : 340-451

 

À Rome l’usurpation de Magnence (349-353) et de son frère Décence (350-353) provoque la guerre civile et le départ pour l’Italie de nombreuses troupes du front rhénan. Une coalition de Francs et d’Alamans aux ordres de Chnodonar en profite pour253.gif passer le Rhin et écrase les troupes de Décence à Bingen en 352. La région entre Rhin et Moselle est envahie, les coalisés s’installent et déportent en masse les populations gallo-romaines pour cultiver les terres à leur place. Les villes sont démantelées, pillées et laissées à l’abandon. De cette époque datent les trésors de Villing (Lorraine), Mackwiller, Strasbourg-Saint Etienne, et le fabuleux trésor d'argenterie de Kaisers Augst. Beaucoup d’habitants fuient et se réfugient dans les montagnes. En 355, Cologne tombe. Constantin II appelle son cousin Julien (dit « Julien l’Apostat ») pour redresser une situation qui paraît sans espoir.

En 356, une première expédition permet à Julien de battre les Alamans au sud de Brumath. Prudent, il se replie sur Saverne qu’il fortifie. L’année suivante, deux armées romaines, l’une venant d’Augst commandée par Barbation, l’autre venant de Lorraine avec Julien, tentent de prendre la Alamans en tenaille. Barbation est mis en déroute près de Bâle. Tout repose sur Julien. En août, il marche sur Argentorate. Les deux armées se rencontrent entre Mundolsheim et Hausbergen. Longtemps indécise, la bataille tourne à l’avantage des Romains et de leurs auxiliaires Gaulois. Chnodonar est pris en envoyé à Rome où il meurt en prison.

 

La victoire de Julien redonne espoir aux Gallo-romains, d’autant qu’une série d’incursions en Germanie ramène nombre de déportés. Des Germains vaincus sont fixés sur le Rhin et deviennent soldats-paysans (Villages en « Heim » du Kochersberg ?). Julien et ses successeurs réorganisent la défense du pays. Le castrum d’Argentorate est reconstruit et fortifié par une double enceinte. Dans le Haut Rhin, près de Colmar, est érigé l’important fort d’Argentovaria-Horbourg. En 377, Gratien repousse une invasion alamane du côté d’Argentovaria, passe le Rhin et mène la dernière campagne romaine en Germanie.

Mais à partir de 383 de nouvelles guerres civiles affaiblissent l’Empire, dégarnissant les frontières.

 

En 401, Stilichon, un vandale au service de l’empereur Honorius réorganise la défense du territoire : troupes d'intervention à l'arrière et troupes frontalières groupées dans les forteresses et le long des routes stratégiques avec rôle de surveillance et de renseignement. Le système permet d'engager des batailles massives dans lesquelles les Romains sont supérieurs, au lieu de disperser les forces sur toute la frontière.

 

Rien n’y fait : la masse des Barbares, elle-même poussée par les Huns, est impossible à arrêter. Le 31 décembre 406 une véritable trombe ethnique (Vandales, Suèves, Alains, Burgondes) passe le Rhin à Bingen malgré la résistance des Francs fédérés et déferle pendant deux ans sur toute la Gaule. Saint Jérôme en témoigne dans une lettre célèbre à la veuve Ageruchia : « Des nations innombrables et féroces se sont rendues maîtresses de la Gaule... Tournai, Spire, Argentoratum ont été transférés en Germanie... » Les Alamans, succédant aux Vandales de Genseric, s'installent en Alsace. Pour tenter de colmater les brèches du système défensif romain, un commandement, le « Comes Argentoratensis », est créé à Strasbourg, comportant Argentorate, Saletio et Olino. En 443 Aetius réussit à freiner le déferlement des Burgondes en Alsace, en les vainquant et les transférant en Bourgogne.

En 451 Attila traverse le Rhin à Strasbourg et brûle celle-ci comme en témoignent les fouilles de l'église Saint-Etienne, de la ruelle Saint Médard et de la chapelle Saint-Laurent. Il repasse à l'automne après sa défaite des Champs Catalauniques. C'est la fin de la défense de l'Alsace par les Romains, la fin de la Gaule romaine.

 

À suivre...  5/6

 

Source : http://www.encyclopedie.bseditions.fr

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 17:28

Des Sévère à Constantin : 193-337

 

La mort de Commode déclenche une révolte générale dans l’empire. Septime Sévère (193-211) finit par triompher et récompense la Légion VIII pour sa fidélité : Argentorate est repris en main et rénové. On refait la voirie, les places, et la cité est197.jpg décorée par un bon sculpteur à qui l'on doit la « Tête de Caracalla » et la « stèle des quatre dieux » de la place Kléber. L'Alsace connaît une période de grande prospérité.

Les règnes de Caracalla (211-217), Elagabal (218-222) et Alexandre Sévère (222-235) prolongent la période de paix inaugurée par Septime Sévère. Mais l'assassinat d'Alexandre par les légions germaniques entraînent la révolte de l'Alsace et la VIIIè légion est écrasée par les mutin germains aux ordres de Maximin le Thrace, âme du complot : Argentorate, Ehl, Saletio et Saverne sont totalement détruites. Maximin, d’abord légitimé par Rome, lance de victorieuses offensives contre le danger Germain et plus particulièrement Alaman, qui se précise de plus en plus. Il est supplanté en 238 par deux empereurs sénatoriaux, dont Pupien, célèbre à cause de la tête monumentale retrouvée à Eckbolsheim (Musée archéologique).

Pupien règne 4 mois avant d’être renversé et assassiné par la garde prétorienne de Gordien III. S’ouvre alors une nouvelle période de troubles.

 

En 244, année de la mort de Gordien une première incursion de Germains ravage le nord de l’Alsace et détruit Saletio. Entre 258 et 260, Francs et Alamans franchissent le limes de Rhétie et ravagent le Haut Rhin. Le Limes est abandonné et les troupes romaines se replient à nouveau sur le Rhin. Les trésors monétaires et les réfections répétées de routes (milliaires de Seltz) attestent de multiples incursions. Un mouvement d'invasion plus ample encore semble avoir lieu vers 274-275. Il est probable que certaines fortifications ont été élevées ou renforcées à cette époque (Saverne). La légion VIII est transférée en Angleterre. Mais bien qu’il y ait encore des incursions alamanes en 298 puis en 313, le redressement militaire commence dès 284 sous Dioclétien (284-305).

 

Sous Constantin (306-337) la paix est rétablie. Le camp d’Argentorate est reconstruit et fortifié. Une nouvelle muraille est construite, protégeant désormais la population civile. Partout l’activité économique reprend son essor avec la sécurité revenue, pour une période de 40 années.

 

C’est sans doute aussi à cette époque que le christianisme apparaît à Argentorate : sur ses débuts à Strasbourg, on sait peu de choses. Les traditions placent les premiers lieux du culte, soit dans la région de la butte et de la chapelle Saint-Michel, soit sous l'église Saint-Pierre-le-Vieux. En 313, l'édit de Milan établit la liberté religieuse dans l'Empire. Strasbourg, siège d'un évêché, s'affirme comme foyer de rayonnement du culte nouveau, en voie de conquérir l'Occident.

 

À suivre... 4/6

 

Image : Stèle des quatre dieux de la place Kléber à Strasbourg : côté représentant la déesse Junon. IIIè siècle. Strasbourg, musée Archéologique

 

Source : http://www.encyclopedie.bseditions.fr

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 17:31

ESSAI SUR LA COLONISATION DES BARBARES ÉTABLIS DANS L'EMPIRE ROMAIN AU IVè SIÈCLE

 

Chapitre II. Les Dedititii.

 

Principaux établissements des Dedititii au IVe siècle : 1° sur les domaines de l’État, 2° sur les propriétés particulières. — Maintien de leur qualité de Peregrini.

 

La condition générale des colons au IVe siècle, telle que nous venons de la définir avec ses charges, ses obligations soit privées, soit publiques, était bien celle que durent accepter les Barbares établis à cette époque sur le territoire romain comme Dedititii. En dehors de l’esclavage il n’y avait pas de forme de sujétion plus complète, et, à certains égards, nous l’avons montré, le colonat était même pire ; de plus, il offrait au vainqueur un double avantage, précieux pour le gouvernement romain, celui d’augmenter ses revenus et de trouver des soldats qui ne lui coûtaient rien. Les courtisans, nombreux à toutes les époques, mais dont l’influence pouvait s’exercer plus facilement dans une cour semblable à celle des empereurs du IVe siècle, ne manquaient pas de faire ‘briller ces avantages aux yeux du prince et de les lui représenter comme l’heureux effet d’une fortune providentielle[59] : Proletarios lucrabitur plures et tirocinia capere poterit validissima, aurum quippe gratanter provinciales corporibus dabunt. Le texte d’Ammien, si remarquable pour l’appréciation de la politique romaine à l’égard des Dedititii, malgré l’altération évidente qu’il a subie dans ce passage, ne peut laisser aucun doute sur la nature des conditions auxquelles les Sarmates Limigantes furent admis par l’empereur Constance à devenir les sujets de l’Empire ; ils furent assimilés aux colons ; on leur imposa les mêmes charges, les mêmes obligations. Les Barbares ne l’ignoraient point, et, toutes les fois qu’ils faisaient leur soumission, demandant des terres à cultiver, ils allaient eux-mêmes au-devant des promesses qu’on avait l’habitude d’exiger en pareille circonstance : Docturi quœ sustinerent incommoda paratique intra spatia orbis Romani, si id placuerit, terras suscipere longe discretas, ut diuturno otio involuti et pacem colentes, tanquam salutarem deam tributariorum onera subirent et nomen[60]. Et ailleurs, au sujet des mêmes Sarmates, transplantés sur le sol romain : Tributum annuum delectumque validœ juventutis et servitium spoponderunt[61]. Cette facilité avec laquelle on admettait les Barbares pour les substituer aux Romains, dont le nombre diminuait chaque jour, est blâmée comme dangereuse par l’historien Ammien qui voyait mieux que la plupart de ses contemporains les périls d’une politique séduisante mais funeste : quœ spes rem Romanam aliquoties adgravavit[62]. Nous retrouvons partout les mêmes termes, les expressions consacrées pour désigner la classe sociale des colons, appliquées aux Barbares. Les Chamaves et les Frisons, forcés de se rendre avec leurs femmes, leurs enfants et tous leurs biens (sese dedere cum conjugiis ac liberis ceteroque examine necessitudinum ac rerum suarum)[63], pour aller habiter et labourer les champs déserts de la Gaule ; les Francs, réduits à implorer la clémence de Julien et à se laisser cantonner dans la même province[64] ; les Sarmates des bords de la Moselle[65] ; les Allamans, vaincus plus tard par Théodose et établis sur les rives du Pô, sont tous tributarii[66], c’est-à-dire soumis à l’impôt de la capitation comme les colons, passibles du service militaire (service militiœ nomine) et attachés au sol sur lequel ils ont été transplantés.

 

Une question se présente, question importante et inséparable de celle du colonat, à l’époque qui nous occupe, surtout lorsqu’il s’agit des colons barbares. Sur quels domaines258.jpg étaient établis les Germains vaincus et tributaires ? Pouvaient-ils l’être indifféremment sur les domaines de l’État qui se confondent alors avec ceux du prince (rei privatœ) ou sur les domaines des particuliers ? Devait-il y avoir une préférence, et quelles étaient les raisons de cette préférence ? Pourquoi et comment tendit-elle à disparaître ? Les textes que nous possédons sur les premiers établissements de colons barbares, antérieurs au IVe siècle, nous les montrent fixés sur les domaines du prince (coloni rei privatœ, coloni Tamiaci, dominici patrimoniales). L’État, jaloux de ses prérogatives et de ses moindres privilèges, ne devait guère être disposé à abandonner aux particuliers une source si précieuse de richesse, même dans un temps où les bras manquaient partout, et où là plupart des terres demeuraient incultes par suite de la dépopulation dès campagnes. Il suffit de se rappeler par quels moyens s’augmentaient alors les domaines du fisc, pour se faire une idée de leur immense étendue dans les différentes provinces de l’Empire et comprendre l’avantage qu’il trouvait à concentrer dans ses mains de pareils éléments de prospérité pour ses vastes possessions. Ce monopole de l’État se maintint longtemps. Le danger des agglomérations de Barbares sur un même point et la nécessité impérieuse de subvenir à la détresse des propriétaires le décidèrent à y renoncer. Les particuliers furent enfin admis à jouir du même bénéfice ; on leur attribua une partie des colons que l’État s’était d’abord exclusivement réservés[67]. Le préfet du prétoire était chargé de cette répartition toutes les fois qu’elle avait été autorisée par l’empereur après la soumission et la colonisation d’une peuplade vaincue. Chaque propriétaire devait adresser une demande par écrit (per libellos) et indiquer le nombre de colons qu’il désirait. On y faisait droit s’il y avait lieu, mais ces concessions étaient presque toujours accompagnées de mesures, de clauses restrictives qui en diminuaient l’importance ou en limitaient la durée[68]. C’est Ce que nous voyons par un texte de loi du Code Théodosien, relatif aux Scyres soumis par Théodose et distribués comme colons (colonatus jure) aux propriétaires des provinces d’Asie (per transmarinas provincias eorum distributio fiat), en vertu d’un rescrit impérial adressé au préfet du prétoire d’Orient[69]. Les communes rurales (vici), comme les particuliers, recevaient des colons barbares qui leur étaient attribués au même titre et dans les mêmes conditions (vicis adscripti). Ces colons étaient destinés à la culture des biens communaux et se trouvaient sous le patronage des communes qui avaient sur eux des droits analogues aux droits des maîtres sur les cultivateurs attachés à leurs domaines. L’État ne s’était décidé à accorder cette faveur aux communes qu’après la leur avoir disputée longtemps comme aux simples propriétaires ; les motifs qui l’y décidèrent ne furent pas différents. Il fallait à tout prix remédier aux désastres des invasions et réparer les ruines des provinces. Nous en avons la preuve dans l’époque même où ces nouvelles dispositions pénètrent dans les lois ; elles sont contemporaines du IVe siècle, du règne de Constantin et se généralisent sous ses successeurs[70].

En résumé, tous ces milliers de Barbares que Rome avait transplantés sur son territoire, après les avoir soumis par la force des armes et leur avoir imposé sa domination, perdaient non seulement leur indépendance antérieure, mais leurs mœurs, leurs usages, leur langue, tout ce qui pouvait leur rappeler les anciennes traditions de leur pays, pour adopter en échange les lois et la civilisation romaines[71].

Si tous ne se montraient pas également disposés à accepter la nouvelle condition qui leur était faite, si parfois ils se prenaient à regretter leurs forêts et la vie à demi sauvage qu’ils y avaient menée, le but de la politique des empereurs était bien de se les assimiler et d’employer à cet effet les moyens que mettait à la disposition du vainqueur le droit universellement reconnu et adopté dans les sociétés antiques, le droit absolu sur le vaincu. La dureté de cette législation ne devait point surprendre les Barbares habitués à se voir traiter avec une égale rigueur par les peuples de même race et de même origine qu’eux dans ces luttes intestines qui bouleversaient sans cesse la Germanie et où le pouvoir passait à chaque instant d’une tribu à une autre. Les Barbares, ainsi incorporés à l’Empire, soit individuellement, soit comme nation, avaient toutes les charges qui pesaient sur les contribuables romains et ne conservaient comme les colons que la liberté personnelle ; mais ce qui les distinguait du reste de la population, ce qui empêchait qu’ils ne se confondissent avec elle, c’est qu’ils ne cessaient point d’être considérés comme des étrangers (peregrini). Cette qualité d’étrangers (peregrini), comme celle de Latins (Latini Juniani), se maintint alors même qu’il n’y avait plus dans l’Empire que des citoyens et des sujets[72]. Elle servait à désigner différentes classes d’affranchis, placés dans une situation intermédiaire entre la liberté complète et l’esclavage[73]. Ainsi les peregrini dedititii, opposés aux cives et aux Latini, se trouvaient exclus de certaines fonctions publiques, privés des principaux droits civils conférés aux citoyens, et ne pouvaient prétendre au droit de cité que pour leurs enfants ; la résidence de Rome et de sa banlieue leur était interdite[74]. Tous ces degrés d’affranchissement, purement fictifs au IVe siècle, correspondaient dans la loi à autant d’états civils particuliers ; ils ne furent supprimés que sous Justinien, un siècle et demi plus tard[75]. Les Barbares dedititii, véritables étrangers transplantés sur le sol romain, ne pouvaient être traités d’une manière plus favorable ; les grandes villes leur étaient également fermées ; affranchis, eux aussi, par une sorte de fiction, ils durent porter la double marque de leur condition nouvelle et de leur ancienne origine[76]. S’il y avait des exceptions, ces exceptions n’étaient jamais que personnelles, en dehors du droit commun, et constituaient un véritable privilège. Sans doute, il n’est pas permis sur ce point d’arriver à la certitude absolue, mais telle est la conclusion à laquelle on aboutit par l’étude des textes, et il est peu probable que la découverte de nouveaux documents, alors même qu’ils éclaireraient la question d’un jour précieux, soit de nature à la modifier sensiblement.

 

[59] Ammien, l. XIX, c. XI.

[60] Ammien, l. XIX, c. XI,

[61] Ammien, l. XVII, c. XIII.

[62] Ammien, l. XIX, c. XI.

[63] Eumène, Panég. de Const., c. VIII.

[64] Ammien, l. XVIII, c. VIII. —Zosime, l. III, c. VI.

[65] Ausone, Mosella, v. 9.

[66] Ammien, l. XXVIII, c. V.

[67] Zumpt, op. laud. supra, p. 24 et suiv.

[68] Zumpt, p. 40.

[69] Cod. Theod., De bonis militum, V, tit. 4, loi 3. Édit. Wenck, (frag. du palimpseste de Turin). — Cf. Sozomène, Hist. ecclésiastique, l. IX, c. V.

[70] Zosime, l. II, c. XXII.

[71] Zosime, l. I, c. LXXI.

[72] Walter, Geschichte des Römischen Rechts, Zweiter Theil, § 488 (Civitat, Latinat, Peregrinitat.)

[73] Beck. et Marq., II, 1, p. 89-100. (Cives, Latini, Peregrini.)

[74] Walt., Geschichte des Römischen Rechts. Zweiter Theil, § 490.

[75] Cod. Just., VII, tit. 6, De statu hominum. — Walt., p. 607, t. I, § 421. — Ibid., § 490.

[76] Beck. et Marq., II, 1, p. 100.

 

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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 15:42

L'espace rhénan romain.

 

195.jpg La cité, camp et ville civile, est alors relativement bien développée : tout indique qu’elle compte vers 50 autour de 18 000 habitants (importante densité des marques céramiques et transfert du cimetière vers l'ouest à Kœnigshoffen). La population redescend aux alentours de 16 000 âmes après les inondations de la décennie 50-60 et les troubles de 68-70. Cette population est sans doute très hétérogène et multiraciale, étant composée principalement de familles de légionnaires venant de tous les coins de l’empire.

 

Le second siècle : 97-193

 

En 96 Domitien, le dernier empereur Flavien est assassiné par Nerva qui se proclame empereur. Par fidélité aux Flaviens, les Champs Décumates et le nord-est de la Gaule, alliés à la Légion XXI stationnée à Mayence, se soulèvent. Argentorate, Ehl, Saletio, Saverne et Brumath sont détruits.

 

Nommé empereur en 98, Trajan (98-117) rétablit l'ordre et reste deux ans dans les Agri afin de reconstruire la paix. Sa politique de conciliation entre l'armée et le sénat ouvre une période de paix et de prospérité dont bénéficie la région. La légion VIII reconstruit le castrum et le « modernise » ; son enceinte de pierre portée à sa hauteur définitive.

 

La légion ne se contente pas uniquement de l’aménagement du camp fortifié. Elle se consacre aussi alors à de grands travaux d’aménagement, à la production de matériaux de196.jpg construction et à la fabrication d’objets plus modestes. Ainsi, comme l’eau du lieu est peu salubre, la VIIIè construit un aqueduc de 20 km de long entre une source d’eau potable située à Kuttolsheim et le castrum. Cet ouvrage franchit un dénivelé de soixante mètres et dessert, avec une pente régulière de 2%, les thermes légionnaires, les maisons des officiers, les fontaines de la cité. Une tuilerie légionnaire est construite à Strasbourg-Kœnigshoffen et produit plus de 8 500 tubes en terre cuite, chacun mesurant 65 cm de long pour 30 cm de large : ainsi est réalisée la conduite constituée d’une double canalisation.

L’atelier fabrique également des tuiles estampillées pour beaucoup de castra, tout le long du limes (Ladenburg, Saalburg…), pour des villes de la province (Rottenburg, Baden-Baden…), ou des provinces voisines de Germanie inférieure ou Rhétie (Aalen). Elle alimente, essentiellement par voie d’eau, l’ensemble des sites militaires soumis à l’autorité de son légat mais aussi la Gaule, les Pays-bas... Mais l’atelier, situé sous la rue du Schnockeloch et le long de l’actuelle route des Romains, produit aussi de la céramique ordinaire utilisée à Argentorate et dans la région.

 

La VIIIè légion exploite aussi des carrières dans la région : celle de la « Champagnermühle » (grès) près de Reinardmunster qui a livré une inscription « Officina Leg.VIII Aug. », celle du Koepfel dans la région de Mackviller (grès gris), celle du Mont Sainte-Odile (poudingue), celles de granit à Dieffenthal et Scherwiller.

 

Sous Hadrien (117-138), La VIIIè aménage les rives de l’Ill pour installer un port fluvial qui va devenir la clef de la navigation sur le Rhin. Elle contrôle ce trafic comme le laisse supposer la célèbre inscription du légat Oppius Severus, inscription dédiée au « Père Rhin » (« Rheno Patri Oppius Severus Leg. Aug. ») Cette dédicace constitue à ce jour le seul témoignage épigraphique d’un culte rendu au dieu celtique « Père Rhin ». Elle correspond au développement du port et du trafic fluvial destiné à ravitailler le limes de Germanie supérieure. Le dédicant est un légat légionnaire de la VIIIe légion Augusta en poste entre 122 et 134 ; Oppius Severus appartient sans doute à la grande et vieille famille sénatoriale des Oppii d’Auximum (Osimo), la noblesse provinciale du Picenum, qui a donné deux consuls à Rome.

La fin du siècle voit deux époques troublées comme l'attestent les fouilles. La première en 165-170, la seconde en 180-190. Elles sont dues, sous les règnes de Marc Aurèle (161-180) et de Commode (180-193) à des incursions barbares, des guerres civiles et des troubles chez les Séquanes. Le castrum d'Argentorate aurait subi un nouveau siège en 186.

 

C'est aussi à cette époque qu'apparaissent les cultes orientaux, qu’atteste à Argentorate le sanctuaire dédié à Mithra découvert à Kœnigshoffen, et que travaille le « Maître du grand relief de Kœnigshoffen ».

 

À suivre... 3/6

 

Image : L’aqueduc double amenant l’eau de Kuttolsheim à Argentorate. Vue d’un dégagement réalisé en 1930 entre Dingsheim et Oberhausbergen

 

Source : http://www.encyclopedie.bseditions.fr

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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 15:08

252 Situation générale du camp.

 

À l’endroit où le Rhin resserre son cours mais tout en étant encore relativement large (entre 3 et 5 km en fonction de ses divagations) et où l’Ill et la Bruche forment un chapelet d’îles au milieu de marécages plus ou moins salubres, les Romains installent sur une terrasse avancée et non menacée par les inondations, en 12 avant Jésus-Christ, sous le règne d’Auguste (27av. – 14 ap JC.) un castrum devant assurer la sécurité sur la frontière nouvellement établie : Argentorate. C’est un détachement militaire venu de Mayence, alors centre militaire de la Germania Superior, l'aile de cavalerie « Ala Gallarum Petriana » qui se charge de construire le camp sous les ordres de Nero Claudius Drusus (38 – 9 avant JC), général en chef des armées du Rhin, qui par ailleurs est chargé de créer d’autres forts tout au long du Rhin (Basileia-Bâle, Cambete-Kembs, Olino-Biesheim, Mons Brisiacus-Breisach, Helvetum-Ehl, Saletio-Seltz…). De cette époque de fondation date la stèle de Mars Loucetius Fittio, cavalier de l'ala Petriana, une des plus anciennes de la vallée du Rhin, trouvée place Saint-Pierre-le-Jeune (vers 10 avant JC).

Le site choisi constitue un nœud de circulation dense grâce aux voies fluviales et terrestres qui y sont nombreuses, même s’il est relativement hostile, car constitué principalement d’une zone inondable et donc propice à l’action de la malaria… Le camp est implanté à l'extrémité de la terrasse lœssique dominant les terrains inondables à la confluence de l'Ill et de la Bruche avec le Rhin. Ce premier camp occupe un espace rectangulaire assez petit, autour de la cathédrale, entouré d'un rempart de terre et de bois que longe un fossé.

Le camp va notablement évoluer au fil des ans et des évènements (il sera détruit et reconstruit 9 fois en 463 ans d’existence), et va déterminer dès son existence toute l’histoire de la ville.


Argentorate, poste frontière.

 

De cette frontière rhénane, les Romains tentent de conquérir la Germanie. Mais en l’an 9 de l’ère chrétienne, les 3 légions de Varus sont défaites par Arminius dans la forêt du Teutobourg : ce désastre rend les Romains prudents. En 10, ils se replient sur le Rhin : la légion II Augusta s’installe à Argentorate et y remplace l’aile de cavalerie. La légion comptant environ 6 000 hommes, la surface du camp est triplée.

Son emplacement est précisément localisé dans « l'ellipse insulaire » formé par l'aménagement des fossés médiévaux entre la place de Broglie, la rue des Arcades, le quai Saint-Etienne et le quai Lezay-Marnesia. Du camp partent principalement deux axes : le premier vers le nord, correspondant à l’actuel faubourg de Pierre ; le second vers l’ouest l’actuelle route des Romains, baptisée ainsi à partir de 1894, suite aux nombreuses découvertes archéologiques qui y ont été faites.

Le camp ressemble à tous les camps militaires romains avec son « decumanus » et son « cardo », ses remparts, son quartier général et ses lieux de culte. Ce camps semble avoir été entouré d’un premier mur ancien (Ältere Mauer), réalisé en partie en basalte.

À l’ombre de ces murs s’installent peu à peu des civils, principalement les familles des légionnaires. Ils s’établissent précisément le long des deux axes nord et ouest, parce que les terrains sont surélevés et donc non inondables...

Sous Auguste, la bourgade aurait compté de 5 à 6 000 habitants, pour la plupart étrangers au pays. La légion devient le centre et le moteur de la vie de la cité, de sa croissance et de son rayonnement artistique.

En 21, alors que règne Tibère (1437) la Gaule se soulève contre Rome ; le vicus d’Helvetum (Ehl près de Benfeld) est détruit, mais Argentorate reste sous la protection de la IIè légion, qui participe à la répression.

En 40, après une nouvelle révolte, partie du Taunus, qui secoue la région (Helvetum est à nouveau incendiée) ; l’empereur Caligula doit intervenir personnellement. En 43, la légion II plie bagage pour partir à la conquête de la Grande Bretagne. Le camp est partiellement désaffecté avant que n’arrive légion IV « Macedonia », suivie vers 48 par la XXIè « Rapax », venant de Vindonissa (Windisch). Elle construit une nouvelle enceinte selon un plan d'urbanisme aboutissant à une voirie structurée et préparant la vocation future à laquelle les militaires romains destinent Argentorate : la clef d'un passage rhénan et un nœud d’échanges entre la Gaule et la partie de la Germanie qui doit être conquise. Les travaux de la légion ont semble t-il étés contrariés entre 50 et 60 par une série d’inondation très importantes ; mais les travaux reprennent et la « Rapax » édifie notamment les thermes de la rue du Dôme entre 54 et 68. Lui succède alors la légion XIV « Gemina ».

C’est alors, en 69 que survient la révolte de Claudius Civilis le Borgne, préfet de cohorte batave, révolte soutenue par une partie des Gaulois et des Germains et qui embrase rapidement toute la vallée du Rhin : Argentorate, Saletio, Ehl, Brocomagus, Tres Tabernae et Olino sont ravagés lors de cette véritable guerre civile de l’« année des quatre empereurs ». La révolte est finalement matée par Vespasien (69-79), qui décide d’agir sur une grande échelle contre les Germains. Il met en chantier une vaste opération destinée à annexer toute la région entre Rhin et Danube et à y former un vaste glacis défensif : les Agri decumates. La conquête est entreprise à partir de 73 par Cnaeus Pinarius Cornelius Clemens. Les champs Décumates conquis, les Romains défendent la Germanie par un rempart continu, le « Limes germanicus ».

 

À suivre... 2/6

 

Source : http://www.encyclopedie.bseditions.fr

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 18:14

CASTRA (pluriel de CASTRUM)

 

Campement ou camp fortifié. La disposition d’un camp romains attestait un système est un art remarquable. La forme générale du camp était carrée, et la position entière entourée d’un fossé (fossa) et d’un retranchement (agger) en dedans de ce fossé, dont le haut était défendu par une forte enceinte de palissades (vallum). 251Chacun des quatre côtés avait une vaste porte pour l’entrée et la sortie ; la plus éloignée de la position de l’ennemi (A) était appelée porta decumana ; celle qui faisait immédiatement face a cette position (B) porta praetoria ; pour les deux autres : celle à main droite (C) porta principalis dextra ; celle à main gauche (D) porta principalis sinistra. L’intérieur était divisé en sept rues où passages dont le plus large, qui établissait une communication directe entre les deux portes latérales et passait devant la tente du général (praetorium), était large de 30,50m de, il s’appelait Via Principalis. En avant de cette rue, mais dans une direction parallèle, il y en avait une autre, appelée Via Quintana, large de 15,25 m, qui partageait la partie supérieure du camp en deux divisions égales ; et celle-ci était de nouveau subdivisé par cinq autres rues de même largeur qui coupait la Via Quintana à angle droit. Les tentes et les quartiers des troupes étaient disposés ainsi qu’il suit : 1, le praetorium, ou tente du général ; 2, le Quaestorium, espace concédé au questeur pour sa tente et pour les magasins du commissariat qui étaient sous ses ordres ; 3, le forum, sorte de place du marché ; 4, les tentes de la cavalerie d’élite et les volontaires ;DSCN5235.JPG 5, les tentes de l’infanterie d’élite et des volontaires ; 6, les Equites extraordinarii ou cavalerie extraordinaire fournie par les alliés ; 7, les Pedites extraordinarii ou infanterie extraordinaire fournie par les alliés ; 8, places réservées pour les auxiliaires d’occasion ; 9, les tentes des tribuns et des praefecti sociorum, ou généraux qui commandaient les alliés. Telle était la partie supérieure du camp. Le centre de la partie inférieure était occupé par les deux légions romaines qui formaient une armée consulaire, flanqué de chaque côté parlers aile droit et gauche, composé des troupes alliées. On comprendra au premier coup d’œil la manière dont ces corps étaient distribués, par les noms de chacun d’eux qui sont écrits dans notre plan au-dessus de leurs positions respectives. Enfin tout l’intérieur était entouré d’un espace découvert, large de 60 m entre l’agger et les tentes, pour les mettre à l’abri du feu et des traits est facilité à l’intérieur le mouvement des troupes. Le plan, dressé d’après la description de Polybe, à l’époque où les armées romaines étaient divisées par manipules, est donnée est ici pour expliquer la méthode générale suivant laquelle était disposée un camp Romains, et non comme un dessin authentique d’un monument ancien. Quelques-uns des détails de moindre importance furent nécessairement modifiés, quand la coutume de diviser les légions encore fortes au lieu de manipules eu prévalu ; mais le plan général et les traits principaux de la disposition intérieure restèrent les mêmes.


2. Castra Praetoriana. Camp permanent aux portes de Rome, où était établie la garde prétorienne (Suet. Claud.21 ; Tac. Ann. IV, 2). Une partie du haut mur de briques qui l’enfermait avec une des portes est encore debout auprès de la Porta pia où il forme une portion des murs actuels de la ville ; il fut compris dans l’enceinte générale quand elle fut reculée après Aurélien.


3. Castra navalia ou nautica. Campement naval, c’est-à-dire ligne de fortification formée autour d’une flotte, pour la protéger contre l’ennemi, quand les vaisseaux étaient tirés sur le rivage (Caes. B. G. v, 22 ; Nepos. Alcib. 8)

 

Source : Dictionnaire des Antiquités Romaines et Grecques, Anthony Rich éd. Molière

 

Voir l'article : Le castrum d'Argentorate (Strasbourg).

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 05:48

 Cette mosaïque découverte à Bordeaux en 1876, rue Père-Louis-de-Jabrun, est composée de terre cuite, calcaire et de marbre et pourrait dater du VIè siècle.

 

Ce pavement de mosaïque de taille impressionnante ornait plutôt une galerie que la salleP1050063.JPG de réception d’une habitation urbaine (domus), car on a retrouvé en bordure d’un des longs côtés un aménagement avec une base de colonnes en marbre encore en place. Lors de sa découverte la mosaïque mesurait plus de 10 m de longueur, mais les mauvaises conditions de conservation (sols vaseux et instables) n’ont pas permis à l’époque d’en déposer l’intégralité. Elle se prolongeait encore considérablement au sud sous les maisons actuelles, non loin de l’extrémité du port antique qui pénétrait profondément dans la ville. De l’autre côté, au Nord, d’autres pavements de types très différents appartenant à la même demeure ont été découverts en 1973-1974 lors de fouilles sous l’îlot Saint-Christoly. On peut imaginer l’impression grandiose ressentie à l’époque par les visiteurs qui, fraîchement débarqués du port, s’arrêtaient chez ces riches propriétaires installés au cœur de la ville antique…

Le tapis de la mosaïque reprend une composition d’octogones entourés de carrés séparés entre par des losanges. Comme le reste du pavement, les interstices sont complets de motifs géométriques (pavés carrés, demi-roses, losanges et écoinçons) extrêmement colorés dont l’influence africaine se fait nettement sentir, notamment la Tunisie (station thermale antique de Djebel Oust). Les couleurs dominantes sont le blanc, le noir, le rouge, le jour de verre. Elle est encadrée d’une frise à dents de loups et terminée sur un côté par une élégante frise de rinceaux à feuilles de lierre, rare en Aquitaine.P1050066.JPG

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 07:39

ESSAI SUR LA CONDITION DES BARBARES ÉTABLIS DANS L'EMPIRE ROMAIN AU IVè SIÈCLE

 

Chapitre II. Les dédititii

 

Les barbares soumis comme les colons ; 2° à la loi du recrutement militaire.

 

Le second caractère distinctif du colonat au IVe siècle, caractère non moins important que le précédent, est l’obligation du service militaire. L’armée romaine, qui avait fait la conquête du monde, devait sa force et sa supériorité à la manière dont elle était organisée. La légion, type primordial de cette armée, se composait exclusivement de citoyens romains. De même que, dans le principe, le citoyen seul payait l’impôt (stipendium) et concourait aux charges de l’État, de même, nul ne pouvait servir la république, combattre dans les rangs des légionnaires, s’il n’appartenait à cette classe privilégiée, seule admise à l’exercice des droits politiques et qui seule semblait offrir des garanties suffisantes pour la défense de la patrie[44]. Telle était l’admiration des Romains pour l’organisation de la légion que Végèce a pu lui attribuer une origine surnaturelle et la regarder comme d’institution divine[45]. Cette organisation, si sage, si merveilleuse, subsista longtemps. Les changements successifs et nécessaires apportés par le temps et les circonstances dans le nombre des légions, dans le chiffre de leur effectif, ne portèrent point atteinte au principe fondamental sur lequel elle reposait[46].

Ce fut plus tard seulement, sous l’Empire et en pleine décadence, que le relâchement des mœurs amena le relâchement de la discipline. On vit alors toutes les classes de la société déserter les légions. Dans les classes supérieures, les sénateurs, les grands propriétaires, les premiers citoyens, n’étant plus rattachés à l’État par les mêmes liens, cherchèrent les moyens de se soustraire à une obligation qu’on regardait autrefois comme un honneur, mais qui était tombée dans une sorte de mépris. Les armes pesantes du légionnaire, les exercices, les travaux, les rudes fatigues auxquelles, il était soumis, répugnaient à leur mollesse ; ils préféraient entrer dans les corps auxiliaires où la discipline était moins sévère, le service moins pénible[47]. Dans les classes inférieures, plusieurs allaient jusqu’à se mutiler volontairement en se coupant les pouces afin de se rendre impropres au maniement des armes et d’échapper ainsi à la loi de la conscription : on les désignait par l’épithète flétrissante de murci [48]. Ce fut une première cause d’infériorité pour les légions dont le recrutement devint très difficile et qui durent ouvrir leurs rangs presque uniquement aux prolétaires ou aux étrangers. L’introduction de l’élément étranger et barbare dans une proportion d’abord minime, mais toujours croissante, marque un pas décisif dans cette voie de transformation.

Au IVe siècle, en effet, une loi nouvelle change les conditions du service militaire en194b.jpg faisant de la conscription un impôt dont fut grevée la propriété foncière. Les propriétaires (possessores), au lieu d’être enrôlés eux-mêmes dans l’aimée active et de payer personnellement leur dette à la patrie commune, étaient tenus de fournir un certain nombre de recrues (tironum prœbitio) d’après leur cens territorial (jugatio)[49]. Ces recrues étaient naturellement prises parmi les cultivateurs établis sur leurs domaines et dans la classe des colons, car les esclaves ne pouvaient porter les armes, que dans des circonstances exceptionnelles, dans le cas de levées extraordinaires et en masse, pour conjurer un danger imminent (tumultuarius miles), et la liberté devenait alors la récompense de leurs services[50]. Le même système s’est pratiqué en Russie jusqu’à nos jours* : les seigneurs russes, ayant à fournir des soldats, les prenaient parmi leurs serfs attachés à la glèbe comme les colons romains[51].

Le maître, intéressé à garder ses meilleurs colons, ceux qui lui étaient le plus utiles et dont les qualités lui promettaient les plus grands avantages, choisissait de préférence les hommes tarés, les lâches, les paresseux (ignavos, ineptos), tous ceux que leurs défauts physiques ou leurs vices rendaient impropres à la vie laborieuse des champs, et les légions se trouvaient ainsi peuplées du rebut des campagnes[52]. La faveur et la corruption qui s’exerçaient à cette époque sous toutes les formes, à tous les degrés de la hiérarchie sociale, permettaient d’éluder facilement les prescriptions de la loi ; les agents du pouvoir chargés de contrôler le recrutement se prêtaient volontiers à la fraude pourvu qu’on les payât bien. Végèce[53] ne cesse de déplorer ces abus si fréquents et qui devaient nécessairement aboutir à la ruine de toute discipline, à la perte irréparable des anciennes traditions et de cet esprit militaire qui excitait encore l’enthousiasme de l’historien Josèphe au temps de la guerre des Juifs[54].

Les frais d’entretien et d’équipement étaient à la charge du propriétaire. Le privilège, seule garantie contre les exactions et l’avidité insatiable du fisc, ne tarda pas à être invoqué pour modifier encore le caractère de la nouvelle loi. Les sénateurs demandèrent et obtinrent la faveur de se racheter de l’impôt du service militaire moyennant une somme d’argent payée au trésor et fixée tantôt à trente-six, tantôt à vingt-cinq sous d’or pour chaque recrue[55]. L’État, par cette concession qui se généralisa et devint facultative pour tous les propriétaires[56], avait moins en vue l’avantage des particuliers que l’éventualité d’un bénéfice à réaliser sur les soldats qu’il enrôlait lui-même, pour son compte, à de meilleures conditions, mais qui dès lors n’étaient plus que de simples mercenaires attirés par l’appât du gain. Cet impôt est appelé dans le Code Théodosien aurum tironicum, aurum temonarium, à cause de sa destination et la faculté de se racheter ainsi du service militaire (auri tironici adœratio). C’était quelque chose d’analogue à nos bureaux de remplacement pour la conscription* (advenarum coemptio juniorum). Les petits propriétaires formaient des espèces d’associations (conjunctiones), se réunissaient pour la prestation des recrues ou le paiement de l’impôt ; et le principe de la solidarité, alors universellement appliqué, se retrouve là comme ailleurs. Chacun des associés (consortes, socii) fournissait à tour de rôle un soldat ou payait la somme d’argent équivalente, sauf à se faire rembourser par ses coassociés leur part afférente[57]. L’association, dont le but est ordinairement de protéger l’individu, devenait ainsi pour l’État un moyen d’atteindre tout le monde sans distinction, de frapper le plus petit propriétaire comme le plus grand.

Le septième livre du Code Théodosien, dont un titre entier est consacré aux lois sur la conscription (de tironibus), nous permet de suivre pas à pas le législateur sur cette pente fatale où il était entraîné par les événements et les nécessités du moment. Presque toutes les constitutions impériales relatives à cette question si importante du recrutement des armées sont de la dernière partie du IVe siècle. Ces constitutions, que nous appellerions des décrets et qui avaient force de loi, étaient adressées par les empereurs au préfet du prétoire dans les attributions duquel rentrait tout ce qui n’était pas du ressort purement militaire des maîtres de la milice[58].

 

[44] Végèce, De Re militari. — Juste Lipse, De Militia Romana.

[45] Végèce, De Re militari, l. II, c. XXI.

[46] Beck. et Marq., III, 2. (Das Militärwesen.)

[47] Végète, De Re militari, l. II, c. III.

[48] Ammien, l. XV, c. XII. (Voir le commentaire de Wagner sur ce passage, t. II, p. 170.)

[49] Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 7. — Juste Lipse, De Milit. Rom., l. I, dial. 9.

[50] Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 16.

[51] Guizot, Hist. de la civilisation en France, t. III, 7e leçon.

[52] Juste Lipse, op. cit.

[53] Végèce, l. I, c. VII.

[54] Josèphe, De Bello Judaico, l. III, c. V. — Végèce, De Re militari.

[55] Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 7. — Ibid., VII, tit. 13, l. 13 — Le sou d’or valait environ 13 francs : 36 sous d’or équivalaient à 470 francs et 25 sous d’or à 325 francs environ de notre monnaie.

[56] Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 7.

[57] Cod. Théod., VII, tit. 13, loi 7.

[58] Cod. Théod., VII, tit. 13, De tironibus.

 

* L'ouvrage date de la fin du XIXè siècle

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