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Actualités/Entretiens

Lundi 10 septembre 2012 1 10 /09 /Sep /2012 08:07

Le musée Sainte-Croix de Poitiers propose au public de découvrir un choix de tombes gallo-romaines exhumées au cours des dernières décennies dans la régions Poitou-Charentes et datées du Ier siècle avant notre ère au IVe de celle-ci.amor.PNG

Mettant en vis-à-vis la tradition locale (tombes abritant un riche mobilier funéraire mais non indiquées au sol) et la tradition romaine (monuments funéraires fastueusement décorés), cette exposition à la muséographie soignée entend présenter les rites funéraires des populations de l'époque et, plus largement, leur mode de vie. Les multiples objets retrouvés dans les tombes (vaisselles, armes, un service à vin avec des amphores vinaires, un service de libation, objets de toilette, tissus et vêtements, statuettes, etc.) offrent en effet un bel aperçu de la vie quotidienne de ceux qui ont été ensevelis.

La sépulture d'un Gaulois de Saint-Georges-lès-Baillargeaux, figure dans cette exposition, mais les clous de la visite sont sans doute la présentation du riche dépôt du cénotaphe aristocratique d'Antan, daté du Ier siècle, et les exceptionelles tombes des «dames de Naintré» (IVe siècle) mises au jours en 1998 dans un état de conservation extraordinaire dû à l'étanchéité préservée des cercueils de plomb inclus dans les sarcophages en pierre.

Non loin des deux sarcophages, une vitrine recèle d'objets rares comme cette fineamor2.jpg sculpture représentant le visage de jeune prince ou cette fragile bouteille de verre gravée, ornée de génies ailés. Deux exemples parmi les riches objets déposés dans la tombe d'une enfant de l'aristocratie locale, décédée à l'âge de dix ans.

Au centre de la vitrine consacrée à la riche vaisselle trouvée sur le site funéraire de l'Houmeau (Charente-Maritime), c'est finalement une petite céramique qui révèle le sens énigmatique du titre de l'exposition. « Amor » est figuré en pointillé sur cet objet initialement placé près d'un défunt. « L'amour est plus fort que la mort », explique Anne Bénéteau-Péan, directrice des musées de Poitiers, en éclairant le public sur le choix de ce titre poétique, symbole de la permanence du sentiment au-delà de la mort à travers les siècles.

 

En savoir + sur le blog actu-histoireantique.com

Par Lutece - Publié dans : Actualités/Entretiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 23 juillet 2012 1 23 /07 /Juil /2012 10:25

La collection de peintures murales gallo-romaines du musée archéologique de Strasbourg a fait l’objet, pendant trois ans, d’une grande campagne d’étude, d’analyse et de restauration. Ce qui a permis de reprendre la totalité des restaurations anciennes (datant des débuts du XXe siècle) et de (re)traiter de nombreux panneaux peints à l’aune des normes actuelles.

L’exposition se propose donc de mettre en valeur cette « relecture » de la collection. Les responsables expliquent :

— L’accent est mis aussi sur l’iconographie spécifique des fresques strasbourgeoises dansexpo_strasbourg.jpg une province frontière de l’Empire et sur les relations qu’elles entretiennent avec les thèmes de la propagande impériale romaine à travers la mise en scène des mythes fondateurs de Rome. La présentation traite également des matériaux et des pigments employés et aborde, de façon pédagogique, les techniques des fresquistes antiques, tout en fournissant l’occasion de mettre en perspective la vaste collection strasbourgeoise par rapport aux autres sites alsaciens qui ont livré, lors de fouilles anciennes ou récentes, des enduits peints d’époque romaine.

La plupart de ces fresques ont été mises au jour à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, à la suite de grands travaux urbains ou de la pose de canalisations dans le centre-ville. Notamment autour de l’église Saint-Thomas et de la place Kléber où il y avait de nombreuses habitations aux abords du camp romain d’Argentorate.

Ainsi, un important bâtiment romain, exploré sous la cathédrale dans les années 1970, a livré des fragments d’un plafond peint d’un bâtiment proche du camp.

Les campagnes de restaurations ont porté sur :

— un constat d’état et un inventaire photographique de l’ensemble de la collection

— un désépaississement de la face arrière de la plupart des fragments

— un assemblage des fragments peints

— une consolidation desdits fragments à l’aide d’un mortier synthétique de finition.

Cela effectué, les fragments ont été montés sur un support léger constitué d’une plage en « nid d’abeilles » insérée entre deux couches de laine de verre imprégnée de résine synthétique.

Selon les organisateurs de l’exposition, « la perception que l’Antiquité avait des couleurs était assez différente de la nôtre à une époque où les recherches sur la décomposition de la lumière et le spectre des couleurs n’avaient pas encore façonné la vision que l’on en a aujourd’hui » :

— La prise en compte de la valeur symbolique attachée aux couleurs était également très importante dans la perception qu’en avait le monde antique.

Le rouge est synonyme de pouvoir, le cinabre et le bleu égyptien de richesse, etc. À quoi s’ajoute un art au service de la propagande impériale.

Par Lutece - Publié dans : Actualités/Entretiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 10 octobre 2011 1 10 /10 /Oct /2011 09:37

   Une équipe de l’Inrap fouille actuellement, à Wissous, sur prescription de l’État sur l’emprise de l’aéroport Paris-Orly, un important site gaulois. Sur 4 hectares, il est occupé dès l’âge du Bronze final (vers 800 avant notre ère) mais c'est c'est l'implantation d'une puissante ferme datée du IIe siècle avant notre ère, qui présente un grand intéret.

Un imposant établissement gaulois

   La ferme, avec plus de 2 hectares, est de dimensions impressionnantes. De plan trapézoïdal, elle est enclose par deux fossés parallèles de 3 m de large et 1,5 m de profondeur.
   À l’intérieur de l’enceinte, l’espace est segmenté en deux zones par un énorme fossé rectiligne de 7 m de large et près de 3 m de profondeur. Un tel ouvrage, mobilisant des subsides et une main-d’œuvre importante, au sein d’une imposante exploitation agricole, est une marque de puissance, voire de pouvoir. Ce fossé sépare l’habitat, à l’est, de l’espace agricole, à l’ouest.wissous-fouilles
   L’espace résidentiel est occupé par deux bâtiments successifs d’environ 200 m² au sol. De plan allongé et arrondis aux extrémités, ceux-ci sont édifiés à l’aide de poteaux porteurs en bois dont le diamètre suggère qu’ils supportaient au moins un étage. La charpente était en bois, les parois montées en torchis sur clayonnage, la toiture était de chaume ou de bardeaux. D’un format familial c’est néanmoins la demeure d’une élite locale. 
   Dans l’espace agricole, l’élevage tient une place importante avec des bœufs et des cochons mais aussi des chevaux. Parmi les outils mis au jour, une serpette révèle la culture des arbres fruitiers. Les activités artisanales sont aussi attestées, le tissage par des pesons et des fusaïoles, la métallurgie et la forge par des scories et des parois de four vitrifiées.

Un mobilier de rejet révélateur

   Fossés et dépotoirs livrent fibules, potins frappés par les Parisii, mais aussi amphores vinaires romaines (Dressel I).
   Le rejet d’un mobilier métallique non recyclé est une autre marque de l’aisance des habitants qui ont les moyens de le remplacer plutôt que de remployer le métal.
   La forte présence d’amphores vinaires italiennes démontre, elle aussi, la richesse de ces Gaulois qui dès le milieu du IIe siècle avant notre ère importent un vin italien coûteux.

Des dépôts cultuels

   Quantité de bucranes de bœufs et de chevaux ont été retrouvés dans les fossés, mais ilmonnaie-gaul.jpg ne s’agit probablement que de simples rejets dans des dépotoirs. Deux dépôts à vocation cultuel ont, en revanche, été découverts à chaque extrémité du fossé monumental. Le premier se compose d’un ensemble céramique, de potins mais aussi de bracelets en bronze. Le second, actuellement en cours de dégagement, a déjà livré céramiques et potins.
Aucune sépulture n’a été découverte, mais les fragments de deux cranes humains sont présents dans les fossés d’enclos.

   Située sur le territoire des Parisii, à proximité de la voie gauloise (puis romaine) reliant Lutèce à Cenabum (Orléans), la ferme gauloise de Wissous est un site de première importance par son implantation au cœur des réseaux commerciaux de la région, ses dimensions, la variété et la richesse de son mobilier et des métiers qui y sont pratiqués. Première découverte préventive de ce type sur le plateau d’Orly, elle est également remarquable par la durée de son implantation, de la fin de l’âge du Bronze à l’antiquité gallo-romaine.

Visite virtuelle de la fouille de Wissous : ici



 
Source : Inrap
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Lundi 15 août 2011 1 15 /08 /Août /2011 16:07

   Une équipe d'archéologues dirigée par l'Italien Francesco d'Andria a affirmé avoir retrouvé à Pamukkale, l’antique Hiérapolis, dans l'ouest de la Turquie, la tombe de SaintApostle Philip on St.Isaac cathedral (SPb) Philippe, l'un des douze apôtres de Jésus-Christ, rapporte l'agence Anatolie.

  « Nous tentons de retrouver depuis des années la tombe de Saint Philippe (...) Nous l'avons finalement trouvée dans les décombres d'une église (de la zone) que nous avons mis au jour il y a un mois », a souligné l'archéologue qui travaille depuis plusieurs années en Turquie, précisant que la tombe n’avait pas encore été ouverte.

  « Un jour elle le sera sans doute. Cette découverte est d'importance majeure pour l'archéologie et le monde chrétien », s'est félicité l'archéologue.

  Originaire de Galilée, l'actuel Israël, Philippe fut l'un des disciples du Christ. Il serait parti évangéliser des régions d'Asie Mineure et aurait été lapidé puis crucifié par les Romains à Hiérapolis, en Phrygie.

   L'actuelle Pamukkale est un site touristique connu surtout pour ses eaux thermales et ses roches sédimentaires, les travertins blancs, d'où son nom qui signifie « château de coton » en turc.

 

En savoir plus sur le blog : Scripta manent

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Vendredi 5 août 2011 5 05 /08 /Août /2011 18:00

  Jean-Claude Golvin est architecte, archéologue et chercheur attaché au CNRS à l'université de Bordeaux III Michel de Montaigne, né en 1942.

  Passionné par le dessin et la BD, l’architecture et son histoire, il a découvert sa voielivre-golvin1 dans les années 70 : l’archéologie.

  En 1976, en mission à Karnak en Égypte pour le compte du CNRS qu’il vient d’intégrer, il réalise ses premières reconstitutions en aquarelle, qui apportent un sens aux paysages en ruines.

 

  Expliquez-nous quelles sont les étapes de votre travail quand vous élaborer la reconstitution d’un site antique.

  Mon travail est simple. Il s’agit de montrer la représentation en image d’une ville ou d’un monument tel que j’aurais pu le voir au moment de son achèvement si j’avais vécu dans l’Antiquité. Tout d’abord je me rends à l’emplacement du site en question, je m’y promène et, bien sûr, je demande un maximum de renseignements aux équipes qui ont participé aux fouilles. Au début d’un projet, il faut réaliser un gros travail de collecte des informations, tout étudier. Ensuite, je réalise des croquis avec des indications, des précisions. Puis, lors de la phase suivante, sur ma table de travail, je Vue antique orange par golvin commence le dessin au crayon. Je travaille dans mon atelier en musique. Au moment où je commence cette partie, le dessin achevé est très clair dans ma tête. Le projet a pris le temps de mûrir après la lecture et l’étude du dossier. Je gomme, je crayonne, je recommence, puis je passe à l’encre pour tout finaliser. Le dessin est là, présent, mais il faut maintenant que je le laisse reposer. Quelque temps plus tard, j’y reviens et j’apporte souvent des petites corrections, des modifications de détails. Enfin, je peux le peindre. J’applique sur le fond une couleur café, puis je peins le ciel, la mer éventuellement, le paysage et je me rapproche du cœur du dessin. Le dernier travail de la couleur est celui de la mise en place des ombres du soleil. Cela finalise le dessin, lui donne vie.


 

  Comment pouvez-vous connaître tous les détails visibles dans vos reconstitutions ?

  Au début de mon travail, parfois encore un peu maintenant, je dois expliquer aux chercheurs et aux archéologues ma démarche. Je prends toutes les connaissances disponibles sur un site et, avec, je réalise un modèle théorique de base.

  En tant qu’architecte, je sais ce qui peut fonctionner ou pas et, en tant qu’archéologue, forum-lutece-4-siecle j’utilise le résultat des fouilles. Certains endroit ne seront jamais fouillé, des choses ont disparu à jamais, moi je me permets de voir une image de ce que cela pouvait être. Je donne ma vision personnelle, mais elle est le résultat d’une somme de connaissances, pas celle d’un artiste peintre. Lorsque des personnes sont très critiques, je leur dis : « Regardez au loin cet arbre, qu’est-ce que c’est ? – C’est un olivier. Et cet autre ? – C’est un pin. Vous les reconnaissez de loin, même si le vent a fait tomber les branches ou les feuilles, ils restent un pin et un olivier. Vous les avez reconnus dans leur ensemble. » C’est pareil pour les villes et pour les monuments que je restitue.

  Le lecteur de l’image doit tout de suite voir le message, ce qui est important dans l’image. Que ce lecteur soit un scientifique ou un jeune collégien ! Dans mes représentations des détails sont imaginés, mais tous sont cohérents et tout peut fonctionner sur les plans archéologiques, esthétique et de l’architecture.


 

  Est-il possible de reconstituer n’importe quel site ?

  Je suis un peu comme un enquêteur qui doit dessiner un portrait-robot, il me fautth-lillebonne-golvin impérativement des éléments déterminants. Sans eux, il me manquerait trop de cho  ses, le portrait-robot ne serait pas fiable. Ces éléments sont, pour une ville, par exemple : la topographie et le paysage (montagne, colline, végétation…), le contour de la ville (enceinte, fleuve…), le tracé de la ville (les voies de circulation), la forme des édifices publiques et la position des édifices les uns par rapport aux autres. Tous ces éléments correspondent à la forme du visage, au nez, aux yeux et à la bouche de mon portrait-robot. Avec tout cela, je peux réaliser quelque chose de fiable. Ces déterminants sont la structure du dessin. Mais même si les informations archéologiques sont incomplètes, l’on sait qu’une ville romaine d’une certaine importance comptait toujours des thermes et un forum. Ces données permettent alors de continuer le dessin au-delà des strictes connaissances. 


 

  Dans les musées, les restaurateurs font désormais bien apparaître les parties manquantes des objets archéologiques, ils ne refont pas « à l’identique » pour ne pas tromper le visiteur en présentant des objets complets qui ne le sont plus en réalité. Pourquoi n’adoptez-vous pas cette pratique dans vos aquarelles ?

  Moi, je ne travaille pas sur un vestige antique. Mon travail est de donné ma vision de quelque chose. En outre, par des astuces de dessinateur, je sais orienter le regard du lecteur de mon image vers les points important de ce qu’il doit voir et retenir. L’ensemble des détails permet de donner une vie, une cohérence à l’ensemble. Enfin, si les connaissances évoluent suite à des découvertes, il est toujours possible de modifier une aquarelle. Chacune d’elles représente l’état actuel du savoir.



  Les autres archéologues apprécient-ils vos restitutions ?

  Il y a eu des réticences au départ. Souvent, mes collègues ne savaient pas lire leslivre-golvin3 images. J’ai fait tout un travail pour expliquer mes œuvres et faire en sorte que mes dessins soient toujours lisibles et compréhensibles par tous. Tout comme un texte peut être écrit avec des mots trop compliqués, un dessin peut être difficile à « lire » ; c’est à moi d’y faire attention et de la rendre agréable. De plus, mes dessins sont toujours accompagnés d’un texte que je rédige moi-même, les deux vont ensemble. Les conservateurs de musée, qui sont en relation avec le public, ont quant à eux, immédiatement été conquis par mon travail. Aujourd’hui, j’interviens très souvent dans des musées, ainsi que sur des sites en cours de fouilles, en France comme à l’étranger.

 
Source : ARKÉO junior N°173 - Extraits d'un entretien réalisé par l'IUT d'Arles
Par Lutece - Publié dans : Actualités/Entretiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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