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Peintures/Sculpture d'Histoire

Mercredi 22 mai 2013 3 22 /05 /Mai /2013 19:50

284.jpg                                         Huile sur toile réalisée vers 1900. Collection privée.

 

Contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent le gui est rare sur les chênes. Aussi n’en est-il que plus précieux. Ce parasite aérien toujours vert est l’objet d’une vénération particulière chez les Celtes qui le considèrent comme un attribut ou même un avatar d’une divinité importante. On dit que les druides utilisent pour sa cueillette une serpe d’or. En réalité, cela est peu probable car l’or est un métal mou. Les serpes sont donc plutôt en bronze ou en fer recouvert d’or. L’or représente le soleil et la faucille le croissant lunaire. Le gui est recueilli dans un linge blanc, et le druide porte une robe blanche, couleur sacerdotal. Il est cueilli le sixième jour de lune, moment où la force du rayonnement lunaire est dans une phase ascendante. Ce même jour, les druides sacrifient deux taureaux blancs, très jeunes puisque « leurs cornes sont unies pour la première fois » (Pline). C’est alors la communion des êtres et des choses (animaux, végétaux, minéraux).


Le gui possède également pour les Celtes des vertus thérapeutiques. Ils pensent que, mélangé à une potion, le gui est un remède à la stérilité. Si l’on regarde la signification de ce mot dans les différents dialectes, on remarque qu’il signifie « qui guérit tout » en irlandais (uileiceadh) et Gallois (oll-iach). En breton-armoricain il signifie « haute branche » (uhelvarr) et signifiera par la suite « eau de chênes » au XVIIIe siècle (deur derhue), le chêne étant la représentation des divinités.

 

Présentation d'Henri Paul Motte ici.

 

Source : www.arbre-celtique.com

Par Lutece - Publié dans : Peintures/Sculpture d'Histoire - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 18 mars 2013 1 18 /03 /Mars /2013 05:48

 Cette mosaïque découverte à Bordeaux en 1876, rue Père-Louis-de-Jabrun, est composée de terre cuite, calcaire et de marbre et pourrait dater du VIè siècle.

 

Ce pavement de mosaïque de taille impressionnante ornait plutôt une galerie que la salleP1050063.JPG de réception d’une habitation urbaine (domus), car on a retrouvé en bordure d’un des longs côtés un aménagement avec une base de colonnes en marbre encore en place. Lors de sa découverte la mosaïque mesurait plus de 10 m de longueur, mais les mauvaises conditions de conservation (sols vaseux et instables) n’ont pas permis à l’époque d’en déposer l’intégralité. Elle se prolongeait encore considérablement au sud sous les maisons actuelles, non loin de l’extrémité du port antique qui pénétrait profondément dans la ville. De l’autre côté, au Nord, d’autres pavements de types très différents appartenant à la même demeure ont été découverts en 1973-1974 lors de fouilles sous l’îlot Saint-Christoly. On peut imaginer l’impression grandiose ressentie à l’époque par les visiteurs qui, fraîchement débarqués du port, s’arrêtaient chez ces riches propriétaires installés au cœur de la ville antique…

Le tapis de la mosaïque reprend une composition d’octogones entourés de carrés séparés entre par des losanges. Comme le reste du pavement, les interstices sont complets de motifs géométriques (pavés carrés, demi-roses, losanges et écoinçons) extrêmement colorés dont l’influence africaine se fait nettement sentir, notamment la Tunisie (station thermale antique de Djebel Oust). Les couleurs dominantes sont le blanc, le noir, le rouge, le jour de verre. Elle est encadrée d’une frise à dents de loups et terminée sur un côté par une élégante frise de rinceaux à feuilles de lierre, rare en Aquitaine.P1050066.JPG

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Mercredi 5 décembre 2012 3 05 /12 /Déc /2012 19:56

 

Ville romaine bâtie aux pieds des Alpes dauphinoise quelque temps après la conquêtes des Gaules (1870) - Octave Penguilly l'Haridon


Huile sur toile (Hauteur 1.31 - Largeur 2.08) exposée au Musée d'Orsay (Paris)


penguilly-l-haridon3.jpg

 

Le contraste entre deux civilisations

 

Le titre du tableau nous apprend que la scène se passe dans la Alpes dauphinoises, chez les Allobroges. Sur la même image deux civilisations cohabitent. Une étendue d’eau délimite deux mondes. Sur fond d’altières montagnes à l’arrière-plan, se dresse une orgueilleuse cité[1] dotée d’un temple, juché sur un éperon rocheux, alimenté par un aqueduc, ceinte d’une muraille scandée de tours, percée d’une porte ponctuée de deux arcades, accessible par une rampe maçonnée ornée à son extrémité de lions sculptés monumentaux[2].

Sur l’autre rive, au premier plan, une barque, tirée sur le rivage et amarrée, est à quelques pas d’une simple hutte qui se fond dans la nature, construite de bois et de torchis, couverte de chaume, percée d’un trou central pour la fumée du feu, et desservie par un chemin de terre battue. Dans cette hutte vit une famille de Gaulois. Assis sur un tronc d’arbre près d’une barque, l’homme, à la fois passeur et pêcheur, vêtu de braies et de peaux de bêtes, ravaude un filet, outil de travail et moyen de subsistance, tandis que la femme s’occupe des enfants[3], l’un tenu par la main, l’autre assis sur le seuil de la cabane. C'est un peu le petit village gaulois qui résiste aux romains, sans Astérix.

 

Le heurt de deux mondes

 

Suivi de deux soldats des cohortes dalmates, armés d’un bouclier rectangulaire et de deux javelots, un centurion, coiffé d’un casque à aigrette rouge, portant cuirasse, tenant dans sa main gauche un bâton de commandement, semble enjoindre de son index droit, en un geste impérieux[4], au gaulois chevelu de prendre sa barque, de traverser la rivière et ainsi de ne plus vivre en marge de la nouvelle société.

Le mode de vie ancestral de ce passeur, reposant sur la cueillette et la pêche, ne sera bientôt plus de saison. Sa modeste cabane, habitat isolé et précaire, semble condamnée à s’effacée devant la grandiose érection d’une ville de pierre. Ce Gaulois va devoir s’adapter à la civilisation urbaine conquérante.

De nombreux arbres portent un feuillage roux, signe d’automne – l’automne de cette civilisation celte qui va renaître au printemps, fécondée par le génie latin. Voici venu le temps de la culture latine…

 


[1] P1040704
 [2]  Lions
 [3]  P1040707.JPG
 [4]  P1040706


 

Octave Penguilly l'Haridon est né à Paris en 1811 et y est mort en 1870. Bien que né dans la capitale, Penguilly l'Haridon est originaire de Pleyben (Finistère). C'est pendant qu'il suit une formation d'officier, qu'il reçoit des cours de dessins. Artilleur, il est nommé en 1854 conservateur du musée de l'Armée. Il peint en 1857 un épisode de la guerre de Succession de Bretagne, le Combat des Trentes, avec une grande minutie de détails. Il expose au Salon de 1870 sa Ville romaine, acquise par l'État et envoyée au musée des Antiquité nationales de Saint-Germain-en-Laye, que Napoléon III a inauguré en 1867, afin de mettre en valeur les origines gauloises de la France.

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Lundi 29 octobre 2012 1 29 /10 /Oct /2012 06:44

178.jpg

« La Gaule unie, formant une seule nation, animée d'un même esprit, peut défier l'univers. »

 

César prêté la formule à Vercingétorix, Napoléon III l'a fait graver en 1865 sur le socle de la satue d'Aimé Millet, sculpteur graveur, médailleur et peintre français, né à Paris le 28 septembre 1819 et mort le 14 janvier 1891, qui domine le village d'Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or en Bourgogne.

 

La statue constitué d'un socle en granit de Saulieu et en pierre de Pouillenay de 7 mètres de hauteur, dessiné par Eugène Viollet-le-Duc porte un bandeau de bronze sur lequel se trouve la phrase qu'aurait prononcé Vercigétorix devant ses troupes à Avaricum, puis en dessous : « Napoléon III, empereur des Français, à la mémoire de Vercingétorix ».


La statue quant à elle est haute de 6,60 m. Elle est creuse et formée de tôles de cuivre179 battues et repoussées fixées sur un bâti de poutrelles comme la statue de la Liberté de New York. Elle a été construite à Paris et exposée au palais de l'Industrie lors du Salon de 1865 puis transportée et installée le 27 août 1865 à l'extrémité Ouest du mont Auxois, dominant le champ de bataille.

Vercingétorix est représenté d'une façon romantique, présenté comme un archétype de ce que les Français de l'époque connaissaient ou imaginaient du gaulois : moustaches tombantes, longs cheveux hirsutes, attitude morne (visage emprunté à Napoléon III et qui exprime la résignation après la défaite) et collier de perles. De nombreux anachronismes dans son vêtement et ses accessoires apparaissent aujourd'hui à la lumière de nos connaissances archéologiques, notamment le collier de perles de pure fantaisie, les bandelettes qui enserrent ses braies appartiennent au début du Moyen Âge ou son épée et sa cuirasse qui sont copiées sur des modèles de l'âge du bronze soit plus de 500 ans antérieurs à l'époque de Vercingétorix.

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Vendredi 7 septembre 2012 5 07 /09 /Sep /2012 05:58

Le Pont du Gard - Hubert Robert . Huile sur toile . 2,42 x 2,42 m. Détail 1787.Pont-du-gard-hubert-robert-1786

Hubert Robert est un peintre d'architecture et de paysages, né à Paris en 1733, mort à Paris en 1808. De bonne famille bourgeoise, il fit de solides humanités au collège de Navarre, ou il compta parmi les meilleurs élèves de l'abbé Batteux. Nourri de bonne heure dans l'amour des lettres et de l'Antiquité, il passa des bancs de l'école dans l'atelier du sculpteur Michel-Ange Slodtz; mais il y apprit surtout à dessiner, négligeant la sculpture, et partageant ses goûts entre la peinture, l'archéologie et l'histoire.

Peintre-archéologue, voilà ce que fut Hubert Robert, et ce qu'il voulut être dès ses premiers pas dans la carrière. De 1753 à 1765, il parcourut l'Italie, recueillant des documents, prenant force croquis d'après nature, et enrichissant ses cartons d'une collection abondante d'esquisses pittoresques qui devaient plus tard alimenter sa verve. On était en plein enthousiasme de l'Antiquité romaine, lorsque Robert rentra à Paris. Déjà connu des amateurs et des artistes par les dessins qu'il avait envoyés, il eurent tout de suite la faveur du public.

 

 

Les ouvrages les plus justement célèbres de Hubert Robert sont : le Colisée de Rome, le Pont du Gard, les Catacombes de Rome (s'étant égaré en visitant, ces catacombes, il avait failli y périr : c'est cette terrible situation qu'il a représentée dans ce tableau), le Tombeau de Marius, la Vue des arènes de Nîmes, la Maison carrée de Nîmes, le Temple de Vénus, l'Incendie de l'Hôtel-Dieu de Paris, etc., les six tableaux dont il avait décoré le château de Méréville, vendus en 1900 (quatre achetés par un musée de Chicago), et les tableaux suivants, que possède le musée du Louvre : L'Arc de triomphe d'Orange, le Temple de Jupiter à Rome, Temple circulaire surmonté d'un pigeonnier, Sculptures rassemblées sous un hangar. (G. Cougny)


 

        Le pont du Gard    Stendhal, Mémoires d’un touriste  Pauvert, 1955

 

Profitant d’une nuit de pleine lune, un touriste nommé Stendhal a quitté Nîmes pour Remoulins. Le 3 août 1837 au matin, il est installé à l’ombre, sous une arcade du pont du Gard.

Vous savez que ce monument, qui n’était qu’un simple aqueduc, s’élève majestueusement au milieu de la plus profonde solitude.

L’âme est jetée dans un long et profond étonnement. C’est à peine si le Colisée, à Rome, m’a plongé dans une rêverie aussi profonde.

Ces arcades que nous admirons faisaient parties de l’aqueduc de sept lieues de long qui conduisait à Nîmes les eaux de la fontaine d’Eure ; il fallait leur faire traverser une vallée étroite et profonde ; de là le monument.

On n’y trouve aucune apparence de luxe et d’ornement : les Romains faisaient de ces choses étonnantes, non pour inspirer l’admiration, mais simplement et quand elles étaient utiles. L’idée éminemment moderne, l’arrangement pour faire de l’effet, est rejetée bien loin de l’âme du spectateur, et si l’on songe à cette manie, c’est pour la mépriser. L’âme est remplie de sentiments qu’elle n’ose raconter, bien loin de les exagérer. Les passions vraies ont leur pudeur.

Trois rangs d’arcades en plein cintre, d’ordre toscan, et élevées les unes au dessus des autres, forment une grande masse qui a six cent pieds d’étendue sur cent soixante de hauteur.

Le premier rang, qui occupe tout le fond de l’étroite vallée, n’est composé que de six arcades.

Le second rang, plus élevé, trouve la vallée plus large, et a onze arcades. Le troisième rang est formé de trente-cinq petits arcs fort bas ; il fut destiné à atteindre juste au niveau de l’eau. Il a la même longueur que le second, et porte immédiatement le canal, lequel a six pieds de large et six pieds de profondeur. Je ne tenterai pas de faire des phrases sur un moment sublime, dont il faut voir une estampe, non pour en sentir la beauté, mais pour en comprendre la forme, d’ailleurs fort simple et exactement calculée pour l’utilité.

Par bonheur pour le plaisir du voyageur né pour les arts, de quelque côté que sa vue s’étende, elle ne rencontre aucune trace d’habitation, aucune apparence de culture : le thym, la lavande sauvage, le genévrier, seules productions de désert, y exhalent leurs parfums solitaires sous un ciel d’une sérénité éblouissante. L’âme est laissée toute entière à elle-même, et l’attention est ramenée forcément à cet ouvrage du peuple-roi qu’on a sous les yeux. Ce monument doit agir, ce me semble, comme une musique sublime, c’est un événement pour quelques cœurs d’élite, les autres rêvent avec admiration à l’argent qu’il a dû coûter.

Comme la plupart des grands monuments des Romains, le pont du Gard est construit en pierre de taille posée à sec sans mortier ni ciment. Les parois de l’aqueduc sont enduites d’un ciment qui se conserve encore. Une fois j’eus le loisir de suivre cet aqueduc dans les montagnes ; il se divisait en trois branches, et le guide me fit suivre ses traces dans une longueur de près de trois lieues ; le conduit étant souterrain a été mieux conservé.

Le Gardon passe sous le pont du Gard ; et comme souvent il n’est pas guéable, les états du Languedoc firent bâtir, en 1747, un pont adossé à l’aqueduc. Au dix-septième siècle, on avait essayé de rendre praticable aux voitures le dessus de la seconde rangée d’arcades.

On arrive à l’aqueduc proprement dit, supporté par trois arcades, en gravissant l’escarpement qui borde la rive droite du Gardon.

 

Hubert Robert sur cosmovisions.com

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