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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 16:47

  La victoire de Jules César sur Vercingétorix  en 52 av.J.C. change le destin de la Gaule. En se romanisant, elle adopte une organisation administrative et militaire qui lui faisait défaut, tout en gardant certaines caractéristiques qui lui sont propre, son héritage celte.

  Le latin, la langue des nouveaux maîtres du pays s'impose. Mais les années, les siècles passent et cette langue évolue sous l'influence du gaulois puis du francique.

  Voici un exemple d'un terme latin tripalium ou trepalium qui va, à force de transformation donner le verbe travailler.

  La petite histoire d'un mot, c'est l'histoire d'une langue, l'histoire d'un peuple.

 

Instruments-Torture  Tripalium, mot composé de tres, "trois" et de palus, le "pieu"; dans le latin populaire parlé en Gaule, un tripalium était une structure formée de trois pieux, une sorte de chevalet auquel on attachait les bœufs ou les chevaux, afin de les immobiliser pour pouvoir leur mettre des fers ou leur donner des soins. Puis au Moyen Âge, le nom de trepalium va désigner "un instrument de torture", comme l'atteste un texte du VIè siècle : à cette époque, ce sont les voleurs, les brigands, les criminels qui étaient attachés à un trepalium pour y être châtiés et torturés.

  À partir de trepalium a été formé le verbe tripaliare ("torturer sur un trepalium"), qui a donné, au XIè siècle, travailler : en ancien français, travailler signifiait, au sens propre, "torturer un condamné", et, plus généralement, "tourmenter, faire souffrir quelqu'un physiquement ou moralement" ou "souffrir". Au cours du Moyen Àge, travailler a pris aussi le sens de "brutaliser, malmener (quelqu'un)" et d'"abîmer (quelque chose)". Quant au nom travail, apparu au XIIè siècle, il désignait une "vive douleur", un "tourment", un "effort important" ou la "grande fatigue" en résultant.

  Peu à peu, l'idée de souffrance véhiculée par les mots travailler et travail s'est affaiblie : travailler est devenu synonyme de "tracasser, inquiéter", et de "fournir un effort"; c'est dans le prolongement de ce dernier sens que, au XVIè siècle, le verbe travailler a commencer à s'employer pour désigner l'action d'"exercer une activité pour gagner sa vie"; parallèlement, le nom travail a pris le sens courant de "activité régulière permettant de subsister", et de "métier", tout en continuant à désigner un effort qu'on fournit pour accomplir une tâche". Si cet "effort fourni" est important et pénible, alors on peut aussi lui donner le nom de labeur.

  Labeur vient du latin labor signifiant "effort fatigant", "peine qu'on se donne pour réaliser quelque chose", "épreuve",et aussi "situation pénible" ou "malheur". Ce labor latin a donné en français, le nom labur, au XIIè siècle, qui par la suite a pris deux formes distinctes : d'une part le labour, ou travail (fatigant et pénible) de la terre et des champs, et d'autre part le labeur, désignant plus généralement un "travail pénible", et aussi, à l'origine, comme en latin, un "malheur", une "douleur profonde".

 

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commentaires

Tancos 28/03/2017 18:11

Excellent ! Merci

descendant de Clovis 17/07/2010 17:29


Article très intéressant qui nous replonge dans l'origine de notre belle langue qu'est le français. Bravo.


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