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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 17:11

burgondie  Le royaume de Burgondie (voir carte) est un royaume artificiel. En 435, les hordes Burgondes (dont les ancêtres provenaient de Scandinavie), qui avaient passées le Rhin, furent écrasées par Aétius. Refluent un moment, elles se heurtèrent aux Huns qui les massacrèrent. En pleine déroute, elles furent, selon une habile politique des Romains, adoptées par l'Empire. Ces barbares, assignés dans un royaume taillé spécialement pour eux, avec Genève pour centre, devenaient les alliés de Rome et gardiens des frontières, sur le Rhin et la Saône. Pour les fixer sur le sol gaulois, on leur octroyait des droits exorbitants; dans chaque lieu où ils choisissaient de s'installer, ils devenaient propriétaires du tiers de la maison et des esclaves, des deux tiers des terres et de la moitié des bois. Même si ces barbares, convertis à l'arianisme, ne persécutaient pas les catholiques, comme le faisaient les wisigoths, le fait qu'ils entretenaient marginalement leurs évêques et leurs prêtres froissait la population. Ainsi, pour les Gaulois, cet étranger minoritaire et hérétique était de plus un usurpateurs de leur droits et une présence détestée.

  Après la mort d'Aétius, les légions romaines devaient faire face aux Wisigoths, aux Saxons et aux Francs; les Burgondes en prirent à leur aise, et s'étendirent dans la vallée du Rhône, occupant tour à tour Lyon, Vienne, Valence, Avignon, et ne s'arrêtant qu'en trouvant la Gondebaud StatueProvence occupée par les Ostrogoths. Le roi Gundioc (436-473) avait partagé son royaume entre ses quatre fils; après la mort successive de ses frères, l'aîné, Gundobald (ou Gondebaud), était resté depuis 507 l'unique souverain de Burgondie. Vaincu et soumis par Clovis, il restait allié et tributaire des Francs comme il l'avait été des Romains. À cela s'ajoutait qu'il était l'oncle de Clotilde. Les quatre fils de Clovis gardaient donc quelques scrupules à son égard; mais ils écoutaient chaque jour les plaintes de la population spoliée, et des évêques agacés d'avoir pur roi un négateur de la divinité de Jésus-Christ. Les rois francs ne convoitaient pas ce royaume pour des raisons religieuses, comme leur père attaquant Alaric; mais ils savaient que; s'ils entreprenaient sa conquête, ils seraient approuvés et bénis.

  Cependant, de nouveaux éléments secouaient la monarchie burgonde. Gondebaud, voyant approcher sa fin, songeait à sa succession. Il constatait combien la réunion des différentes parties du royaume sous son unique sceptres était bénéfique pour son peuple, et avait décidé de conserver son unité. Au lieu de prévoir un partage qui aurait satisfait ses deux fils, Sigismond et Gondomar, il préféra léguer son pouvoir au seul aîné, instituant ainsi la succession par primogéniture. Dans une cérémonie solennelle, devant ses guerriers réunis, il associa Sigismond au trône et lui donna le titre de roi. Il demanda pour lui à Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths, la main d'une de ses filles; et il en reçu Ostrogotha. C'était, pour Gondebaud, le gage d'une alliance et d'une protection de la part du puissant roi voisin, et, pour Théodoric, l'affirmation de sa domination dans le monde barbare. Il avait pour cela tissé tout un réseau d'alliances matrimoniales qui faisaient de lui une sorte de père de l'Europe. Ayant épousé Aldoflède,sœur de Clovis, il était l'oncle des jeunes rois francs. Ilavait donné en mariage à Thrasamond, roi des Vandales, sa sœur Amalafrède et à Alaric II, roi des Wisigoths, sa fille Theudgotha; ce qui faisait de lui le grand-père du petit roi Amalaric, successeur d'Alaric sur le trône des Wisigoths d'Espagne.

  Sous l'influence de son beau-père et d'évêques ariens, Sigismond n'hésita pas à s'opposer à la population catholique, ce qui lui aliéna plus encore la considération de la population gauloise.

  Et pourtant...

  Sous l'influence de saint Avit de Vienne, Ostrogotha, l'épouse de Sigismond, abjura l'arianisme. Le vieux Gombaud, tolérant, ne s'en était pas ému; mais son fils en avait été affligé, ce qui rendait difficile à la jeune reine d'exercer sur lui l'ascendant que Clotilde avait exercé sur Clovis. Elle attendait cependant son heure, et elle vint vite. Quelques jours après que Sigismond ai banni l'évêque de Valence pour désaccord, le burgonde fut saisi d'une fièvre intense qui laissa entrevoir une issue fatale. La reine pria Apollinaire, l'évêque exilé de venir au chevet de son mari : peut-être obtiendrait-il sa conversion in articulo mortis, et peut-être même sa guérison; mais Apollinaire ne croyant pas en l'efficacité d'une intervention refusa de faire le voyage inverse. Ostrogotha alla à Lyon pour le supplier; tout ce qu'elle obtint, ce fut d'emporter son manteau. Retournée auprès de son mari, elle étendit sur lui ce vêtement qu'elle considérait comme une relique. À l'instant même, la fièvre quitta Sigismond, qui se leva et se sentit en parfaite santé. Quand son épouse lui eut révélé la cause de cette subite guérison, le roi se précipita à Lyon et se jeta aux pieds d'Apollinaire.

_ J'ai péché, confessa t-il. J'ai commis l'iniquité en persécutant les saints du Seigneur. Et la justice de Dieu s'est appesantie sur moi.

  Il alla trouver Avit à Vienne et lui demanda la faveur de devenir catéchumène. L'évêque, qui était en outre un ami de son père, l'instruisit quotidiennement et, dans une cérémonie publique, qui fit la joie des catholique et la rage des ariens, il reçut son abjuration.

 

sigismond

                                                                     Scène de la vie de saint Sigismond

  Gombaud n'avait rien fait pour empêcher l'abjuration de son fils. Ses coreligionnaires le soupçonnaient même de s'en réjouir. Il appelait en effet de plus en plus fréquemment Avit dans son palais pour avoir avec lui des conversations théologiques; gagné petit à petit par ses arguments, il lui disait regretter de ne pouvoir passer d'un culte à l'autre à cause de sa fonction de roi protecteur des évêques ariens. Ces paroles avaient été ébruitées, et les ariens, tout en s'affligeant de voir leur roi abandonner ses convictions, se contentaient de le voir rester l'un des leurs pour les apparences. La conversion publique de son fils laissait entrevoir d'important changements lorsque celui-ci accéderait au trône.

  En 516, quand Gombaud mourut, Sigismond prit aussitôt le pouvoir et logiquement, proclama le catholicisme religion de ses États. Un roi catholique, des sujets majoritairement catholiques, il ne restait plus aux nobles Burgondes qu'à suivre le mouvement, ce qu'ils firent rapidement pour la plupart; tout comme un grand nombre de prêtres ariens, les autres quittèrent le royaume.

  La Burgondie toute entière devenait catholique, et l'arianisme quittait les Gaules.

 

  Cet événement n'arrangeait pas les fils de Clovis qui perdaient tout prétexte d'intervention chez leur voisin. Mais l'avenir leur en fournirait bien un autre...

 

Sources : Clotaire Ier, fils de Clovis Ivan Gobry - Histoire de la Savoie Christian Sorrel

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commentaires

Helena Grantham 24/07/2012 12:57

Merci pour cette version Clotairisée de l'histoire des Burgondes. Auriez-vous une autre source, moins péjorative ?
Merci de me répondre.
H.G

Lutece 27/07/2012 10:51



Actuellement en vacance en Charente maritime, je répondrai aux commentaires la semaine prochaine.


A bientôt


L'article "Sigismond abjure l'arianisme" n'est pas consacré à l'histoire des Burgondes. Par contre j'ai publié un article intitulé Les Burgondes qui, bien que très incomplet peu vous intéresser. Je dispose de quelques documents sur les
Burgondes qui à l'occasion me permettront de réaliser de nouveaux articles les concernant, je travaille d'ailleurs actuellement sur le partage des terres entre gallo-romains, burgondes et
wisigoths...


A bientôt.



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