Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 01:25

Réponse à la question du mois de février qui était : Au IVè siècle, le 37è pape confie à un certain Eusebius Sophronius Hieronymus une mission d'une extrème importance pour la chrétienté. Quels sont les noms usuels de ces deux personnages, et surtout, quelle est cette mission ?

 

  En 383, Damase, 37è pape, confie à Eusebius Sophronius Hieronymus, plus connu aujourd'hui sous le nom de saint Jérôme de Stridon, la tache colossale de traduire l'intégralité de la Bible en latin, la langue courante de l'époque. En effet, la Bible n'est traduite que partiellement, dans un mauvais latin, ou alors en hébreu ou en grec, mais avec de nombreuses fautes ou erreurs.

  Damase qui lutte contre les hérésies, voudrait que les chrétiens puissent lire la bible, du début à la fin, et sans erreurs. Jérôme, que le pape a pris pour secrétaire est le seul capable d'effectuer ce travail.

  Simple prêtre avant d'être recruté par Damase, Jérome parle le latin aussi bien que l'hébreu ou le grec. Sa mémoire est fascinante, il écrit avec une élégance rare, en un mot, c'est un génie !

  La traduction de la bible prendra plus de vingt ans, mais Jérôme aime travailler sur ces textes, de plus il a bien conscience de l'importance de cette tache.

  Damase meurt en 384, et Jérôme quitte alors Rome pour Bethléem. Il poursuit son travail et lorsqu'il s'éteint à son tour en 420, sa mission est accomplie : il existe enfin une belle traduction de la bible. On l'appellera la Vulgate, c'est à dire la Bible «pour tout le monde». Effectivement, pendant des siècles, c'est la Bible de Jérôme que liront tous les chrétiens du monde.

 

    DAMASE Ier

 

Né à Rome vers 305 et mort le 11 décembre 384; pape à partir du 1er octobre 366.

 

  Au IVè siècle, l'Église catholique est en pleine confusion, des élections irrégulières portent sur le trône pontifical des prétendants alors qu'un pape exerce déjà ou pendant une vacance du trône : ce sont des antipapes.

  Damase devient pape en 366, il succède à Libère et Félix II, respectivement pape et antipape.Damase Alors que les partisans de Libère élisaient Ursin dans la basilique julienne, leurs adversaires choisissaient Damase. Celui-ci parvint à s'imposer par la violence : il paya des hommes de main qui envahirent la basilique et semèrent la terreur pendant trois jours parmi les partisans d'Ursin. La bande occupa l'église de Latran le 1er octobre 366, et Damase Ier fut sacré pape. Il fit ensuite appel au préfet(une première dans l'histoire de la papauté) afin de chasser Ursin et ses fidèles de Rome. Cet épisode fut également sanglant.

  Constamment tracassé par les partisans d'Ursin, Damase parvient à s'imposer avec l'aide de l'empereur. Il poursuit dès lors, les doctrines qui s'écartaient du christianisme avec la même ardeur qu'il avait autrefois démontré contre ses adversaires à Rome, notamment l'arianisme, le priscillianisme (un mouvement ésotérique espagnol) et l'apollinarisme. Il n'hésite alors jamais à faire appel au soutient de l'État. Il n'entretient que peu de contacts avec les Églises orientales et ne participe pas davantage au concile de Constantinople (381) qui condamna la doctrine selon laquelle le Saint-Esprit serait une créature du Christ et établit définitivement la doctrine de la Trinité. À Rome, en revanche, Damase Ier pose des jalons important pour la consolidation du primat romain. Il obtient que le Saint-Siège soit reconnu comme l'instance juridique pour toutes les questions relatives à la foi et aux mœurs.

  L'établissement du christianisme comme religion d'État (27 février 380) par l'empereur Théodose Ier (379 - 395) est conforme aux attentes du pape. Il fait également construire un grand nombre d'églises (entre autres, l'église Saint-Laurent-in-Damaso), et fait restaurer les catacombes, fermées depuis les persécutions sous Dioclétien, et parer les tombes des martyrs avec des vers de son cru poétique, gravés avec art. À la fin de sa vie, il engage saint Jérôme comme secrétaire et lui confie la rédaction de la Bible en latin, la Vulgata.

 

Saint Jérôme de Stridon

 

 Eusebius Sophronius Hieronymus est né en 347 à Stridon, cité située entre la Pannonie et la Dalmatie (actuelle Croatie). Son père l'instruit dans les lettres, puis Jérôme part effectuer ses études à Rome auprès du grammairien Donat. Il va ensuite en Gaule étudier la rhétorique, puis à Trèves, transcrire des œuvres pour la bibliothèque.

  Après avoir reçu le baptême en 366, il voyage beaucoup pendant quelque temps pour maintenir les liens avec érudits, théologiens et exégètes. Il mûrit sa décision de se faire moine et part vivre en ermite dans le désert de Chalcis en Syrie, de 375 à 378.

  Après être allé à Constantinople étudier avec Grégoire de Nazianze, il se rend à Rome, où éblouie par ses connaissances, le pape Damase Ier en fait son secrétaire particulier.

  À la demande de ce dernier, il se lance dans la rédaction d'une bible en latin, intégrale, débarrassée de fautes et d'erreurs, connue sous le nom de Vulgate. Après la mort de Damase, Jérôme part poursuivre son travail en terre sainte. Il s'installe à Bethléem où il fonde un monastère. Celui-ci est composé d'une hôtellerie afin d'accueillir les pèlerins, mais aussi d'un monastère pour les femmes. Jérôme défend tout au long de sa vie la possibilité pour les femmes d'avoir une vie consacrée. Dès l'époque romaine, il défend la virginité de la femme dans son traité Contre Helvidius. 

  Le statut des femmes à Rome à l'époque de Jérôme laissait place à une large émancipation pour les femmes riches de Rome; l'apparition de femmes consacrées encouragées par Jérôme était donc une nouveauté qui était mal vue par la société romaine. Il commence à rencontrer des femmes dévotes à Rome, Marcella, amie du pape Damase Ier, puis d'autres romaines comme Paule auxquelles il enseigne la Bible et l'exégèse.

  Après une vie bien remplie et passionnante[1], Jérôme de Stridon meurt le 30 septembre 420, à Bethléem. Considéré comme un des Pères de l'Église catholique, il est fait  docteur de l'Église en 1298, par Boniface VIII.

  vulgate1

                                               Vulgate de Saint Jérôme, publiée à Paris en 1552

 

 

 Lorenzo Lotto

Saint Jérôme pénitent, vers 1520

st-jérome-pénitent2

Analyse du tableau :

Saint Jérome est représenté en ermite, portant la barbe et à demi nu. Les tableaux qui lui sont consacrés le représente soit travaillant dans un petit cabinet, soit, comme c'est le cas ici, en vieil homme en fin de vie.

_ À l'arrière plan, sur la droite, on distingue, au loin la ville de Rome, où l'on reconnaît la silhouette du château Saint-Ange, représentée ici pour souligner le détachement de l'ermite vis-à-vis de la cité terrestre.

_ À gauche, sous les arbres, un lion : selon La Légende dorée, saint Jérome guérit un lion qui s'était blessé à une patte. L'animal est considéré comme un symbole de la force brute vaincue par la pitié.

_ Tout en bas, dans l'angle à gauche (pas très visible sur cette image hélas !), un crâne d'oiseau fait allusion à la vanitas.

_ Il y a aussi un peu sur la droite du crâne, un serpent (entre le crâne et la sauterelle) : celui-ci est un symbole du démon insidieux, prêt à tenter l'ermite dans le desert.

_ Dans la main droite, le saint tient une pierre : il s'en sert pour se frapper la poitrine en signe de pénitence, mais aussi pour vaincre les tentations de la chair.

Selon l'interprétation médiévale, reprise par La Légende dorée, Jérôme devait, pour être secrétaire du pape, être cardinal. C'est pourquoi figure un manteau pourpre à ses côtés, mais Jérome n'était pas cardinal.

_ Des livres sont posés devant lui : le livre est un attribut iconographique de l'homme d'étude; dans ce cas précis, on peut le rapporter à ses nombreux écrits exégétiques, mais aussi à l'entreprise de la Vulgate.

_ Autour des livres, il y a des plantes grimpantes symbole de fidélité et donc de solidité de la foi.

_ Dans la main gauche, saint Jérome tient un crucifix, attribut des ermites, objet de méditation devant lequel le saint se prosterne en signe de pénitence.

 

[1] à lire : Saint jérome par Philippe Henne, ou par Régine Pernoud

 

Sources : Phillipe Henne, Saint Jérôme, éd. Cerf_ Reinhard Barth, Tous les papes, éd.komet _  Le livre des merveilles, éd. Mame

 

Saint Jérome par Le Caravage sur le blog Scripta manent : cliquez ici

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin