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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 11:12

Les persécutions antichrétiennes des premiers siècles 1/3

Les persécutions antichrétiennes des premiers siècles 2/3

 

IV. Persécutions au IIIe siècle et au début du IVe.

 

1. Leurs caractères.

 

La persécution se ralentit à la fin du IIe siècle sous l'empereur Commode (180-193), dont une favorite, Marcia, esclave devenue son épouse, obtint la grâce de nombreux chrétiens ; il en fut de même durant les dix premières années du règne de Septime-Sévère (193-211).

À l’hostilité latente des deux premiers siècles, succéda pour les chrétiens, au IIIe siècle, la persécution violente, ordonnée à intervalles réguliers, par les édits des empereurs. S’il y eut des périodes de paix qui favorisèrent le développement rapide du christianisme, il y eut aussi des périodes de crise aigüe où le clan des fidèles coula à flots.

Le IIIe siècle compte cinq grandes persécutions : la cinquième sous Septime-Sévère, la sixième sous Maximin, la septième sous Dèce, la huitième sous Valérien et la neuvième sous Aurélien.


2. Cinquième persécution, sous Septime-Sévère (202-211).

 

Cet empereur, guéri par un esclave chrétien, se montra d'abord favorable aux disciples du Christ, et protégea même de nobles romains dont les païens réclamaient la mort. Mais obsédé par les clameurs populaires et par les perfides insinuations des courtisans, il résolut d’arrêter le développement du christianisme. En 202, il publia un édit ordonnant aux magistrats de punir de mort les nouveaux convertis et leurs catéchistes. Beaucoup de chrétiens, baptisés depuis longtemps, périrent comme eux.

Saintes Félicité et Perpétue, dont les noms sont inscrits au canon de la messe, souffrirent le martyre à Carthage avec plusieurs compagnons. Elles n’étaient encore que catéchumènes lorsqu’elles furent arrêtée avec leur catéchiste qui acheva de les instruire en prison et les y baptisa. Le récit de leur martyre, commencé par Perpétue et achevé par un autre chrétien, est un des plus beaux monuments de l’antiquité chrétienne.

Saint Irénée successeur de saint Pothin sur le siège de Lyon, aurait été martyrisé en 203 avec dix-huit mille fidèles.

C’est alors que Tertullien écrivit son Apologétique pour défendre les chrétiens.

 À la mort de Septime-Sévère, l’Eglise jouit d’une paix relative, surtout pendant le règne d’Alexandre-Sévère (222-235) qui réservait une place à Jésus-Christ dans son oratoire à côté de ses dieux, et faisait graver sur les murs de son palais des sentences chrétiennes comme celle-ci : « Traitez les hommes comme vous voudriez qu’ils vous traitent » (Luc 6, 31)

3. Sixième persécution, sous Maximin le Thrace (235-238).


Elle ne dura que trois ans mais fut atroce. Ancien pâtre, Maximin, géant à demi-barbare, persécuta les chrétiens parce que son prédécesseur qu’il avait assassiné, s’était montré bienveillant pour eux. Craignant de dépeupler l’Empire s’il s’en prenait à la multitude des fidèles, il ordonna de mettre à mort surtout les chefs des églises, prêtres et évêques.

Parmi les illustres victimes de cette persécution, on compte deux papes : saint Pontien (230-235) et saint Anthère (235-236) ; saint Hippolyte et peut être aussi sainte Barbe.

Sous les premiers successeurs de Maximin : Gordien (238-244) et surtout Philippe (244-249) si favorablement disposé qu’on s’est demandé après Eusèbe qui l’affirme dans sa « chronique », s’il n’était pas chrétien, bien qu’il resta officiellement païen, l’Église jouit de quelques années de paix et se développa considérablement. On lui aurait reconnu, à cette époque, le droit d’exister comme corporation et de posséder des biens en commun.


4. Septième persécution, sous Dèce (249-251).


Pour redonner à l’Empire son antique vigueur, Dèce, meurtrier et successeurs de Philippe, voulut rétablir partout le culte des dieux nationaux, abandonnés surtout par les chrétiens. C’est pourquoi il essaya d’arrêter la propagation de leur religion, leur en défendit la pratique, et prétendit les obliger à sacrifier aux idoles. Il ordonna, non de les tuer, mais de les torturer jusqu’à ce qu’ils eussent abjuré leur foi. Plusieurs, cédant à la douleur, apostasièrent ; d’autres se procurèrent, à prix d’or, de faux certificats d’apostasie ; quelques-uns, doutant de leur constance au milieu des tourments, s’enfuirent dans les déserts où ils menèrent, à l’exemple de saint Paul ermite, une vie de prière et de mortification.

Par contre, beaucoup supportèrent avec courage les plus cruels supplices et moururent martyrs; parmi ces derniers, on distingue le pape saint Fabien et les saints Abdon et Sennen à Rome, sainte Agathe en Sicile, saint Polyeucte à Mélitène, les Sept dormants à Ephèse, saint Christophe en Lycie, saint Saturnin à Toulouse, saint Denis à Paris.

                                        Saint Christophe, par Claude Bassot (1607)
Saint-Christophe-1607-Jesonville.jpg
 Saint Christophe, d'après la légende, était un géant. Il se mit au service des voyageurs pour leur faire traverser un fleuve large et profond en les portant sur ses épaules. Un jour un enfant recourut à sa charité; mais arrivé au milieu de la rivière, l'enfant devint si pesant que le géant ne pouvait plus avancer. «Qui donc es-tu pour être si lourd ? — Je suis, répondit l'enfant, Celui qui porte le monde». C'est pourquoi on donna au saint le nom de Christophe, c'est-à-dire Porte-Christ. Les automobilistes l'ont choisi pour patron.


 

5. Huitième persécution sous Valérien, (253-260).

 

D’abord favorable aux chrétiens, la cupidité porta Valérien à les persécuter. Par un édit de 257, il déclara illicite les associations chrétiennes, confisqua leurs biens et punit du bannissement les évêques et les prêtres qui ne sacrifieraient pas aux idoles. L’année suivante, un second édit y ajoutait la peine de mort et s’étendait aux nobles chrétiens qui ne renieraient pas leur religion.

Alors on martyrisa : les papes saint Étienne et saint Sixte II décapité dans sa chaire, aux catacombes ; saint Laurent, brûlé vif sur un gril, saint Tarcisius, martyr de l’eucharistie, saint Cyprien, évêque de Carthage, saint Fructueux et ses deux diacres brûlés vif à Tarragone, en Espagne ; à Césarée, en Cappadoce, un tout jeune enfant, saint Cyrille, qui confondit par sa fermeté la rage des persécuteurs et expira également sur un bûcher, en exhortant l’assistance de se réjouir avec lui de son bonheur.

Mais Dieu vengea le sang de ses martyrs. Vaincu et fait prisonnier par le roi de Perse, Valérien fut réduit à servir de marchepied à son vainqueur lorsqu’il montait à cheval. Finalement on l’écorcha vif.


6. Neuvième persécution sous Aurélien (270-275).


Longtemps favorable aux chrétiens, Aurélien changea de conduite vers la fin de sa vie, au moment où il proclama le culte du Soleil. Les chrétiens se montrèrent irréductibles ; il publia alors contre eux un édit de persécution ; mais cet édit eut peu d’effet car la mort de l’empereur suivi de près.


7. Dixième persécution (303-311).


Dioclétien (284-305) était doué de grandes qualités d’homme d’Etat. Persuadé qu’il ne pourrait à lui seul, gouverner son vaste empire menacé par les Barbares, il s’associa en 285 un général danubien d’esprit grossier, Maximien-Hercule, et le chargea de gouverner l’Occident, tandis qu’il s’occuperait de l’Orient. Huit ans plus tard (293), il nomma deux césar pour aider les deux augustes : Galère fut associé à Dioclétien, et Constance Chlore à Maximien-Hercule.

Excité par Galère son gendre, Dioclétien commença par épurer l’armée dont il expulsa les officiers et les soldats chrétiens. On rattache à cette épuration le martyre de saint Sébastien, officier de la cohorte prétorienne, celui de la légion thébéenne, commandée par saint Maurice, et celui de saint Victor, officier à Marseille.

En 303 et 304, Dioclétien publia quatre édits :

Le 1er défendait aux chrétiens de s’assembler, ordonnait de détruire leurs églises, de brûler leurs livres, et les condamnaient à la dégradation civique s’ils n’abjuraient pas.

Le 2e prescrivait l’emprisonnement des membres du clergé.

Le 3e exigeait l’apostasie de ces derniers, sous peine de mort.

Le 4e punissait de la même peine tous les chrétiens qui refuseraient de sacrifier aux dieux.

Cette persécution, la plus violente de toutes, dura près de dix ans dans certaines parties de l’Empire, et mérita d’être appelée l’ère des martyrs.

On compta une multitude de victimes. La Gaule et la Grande-Bretagne, où régnait Constance Chlore, furent à peu près seule épargnées.

Saint Pantaléon, médecin de Dioclétien, subit le martyre à Nicomédie, en Bithynie ; sainte Agnès, à Rome ; sainte Lucie, à Syracuse ; saint Janvier, à Bénévent (Italie méridionale) ; saint Vincent, à Valence, en Espagne ; saint Eulalie, à Mérida, en Espagne ; sainte Catherine, à Alexandrie.

À Rome, le sang des martyrs inonda l’arène du Colisée.

 

8. Fin des persécutions. L’édit de Milan (313).

 

Dioclétien et Maximien Hercule abdiquèrent en 305. Leurs successeurs prolongèrent la persécution jusqu’en 311. A cette date, Galère mourant publia un édit de tolérance que promulguèrent également Licinius en Orient et Constantin, fils et successeur de Constance Chlore, dans la préfecture des Gaules. Maximin Daïa en Illyrie et Maxence en Italie continuèrent à persécuter les chrétiens.Monogramme_du_Christ.jpg

Menacé par Maxence, Constantin se porta à sa rencontre à la tête de son armée (312). Pendant sa marche, une vision lui montra la croix comme signe de victoire. Aussi, bien que païen, il plaça le monogramme du Christ, sur son étendard[1].

La bataille décisive se livra près du pont Milvius, au nord de Rome, Maxence vaincu, se noya dans le Tibre en fuyant (oct. 312) et Constantin entra dans Rome où il remercia Dieu de sa victoire.

Maximin Daïa étant mort l’année suivante, il n’y eut plus que deux empereurs : Constantin en Occident et Licinius en Orient. Après une entrevue ils publièrent en 313, l’édit deconstantin Milan qui accordait à l’Église la liberté du culte, le droit de posséder, et prescrivait de lui restituer ses biens confisqués.

Cependant Licinius rouvrit bientôt la persécution dans ses États. C’est alors que périrent les Quarante martyrs de Sébaste, en Arménie (320). Mais Licinius mourut en 324 et Constantin resta seul maître de tout l’Empire.


 

[1] Le labarum de Constantin sur Scripta manent

 

Source : Histoire de l'Église,  éd. Clovis

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