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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 14:24

  Ernest Lavisse est né le 17 décembre 1842 et est mort le 18 août 1922. Cet historien a écrit de nombreux ouvrages, parmi lesquels les « manuels Lavisse », qui ont accompagné la formation de multiples générations de professeurs, d’instituteurs et d’élèves. Ils vont faire naître, phénomène nouveau, une véritable culture historique populaire en France. Toutefois, bon nombre de clichés y trouvent aussi leurs sources, Lavisse étant souvent plus soucieux d’une reconstruction systématique de l'Ancien Régime en fonction de l’avènement de la République que d’une stricte recherche de la vérité historique.

  Le texte qui suit, issue de Histoire de France Tome I - Les Origines (395-1095),écrit en 1893, et traitant des missions chrétiennes en Gaule au IIIè siècle, est digne de confiance, même si depuis, les recherches historiques ont apporté de nombreuses précisions.

 

  Les missions au IIIè siècle.

 

  Sous le règne de Dèce, écrit Grégoire de Tours, sept hommes, après avoir été ordonnés évêques, furent envoyés pour précher la foi en Gaule, ainsi que le raconte la passion de saint Saturnin... Voici leurs noms : à Tours, Gatien; à Arles, Trophime; à Narbonne, Paul; à Toulouse, Saturnin; à Paris, Denis; chez les Arvernes, Austremoine; à Limoge, Martial». Et ailleurs il indique que cette mission était partie de Rome.

MartyreSaintSaturnin  Sur plusieurs de ces évêques, Grégoires de Tours ne donne point de renseignements précis. Il mentionne la décapitation de saint Denis, il raconte que Saturnin, attaché aux jambes d'un taureau furieux, fut précipité du Capitol de Toulouse. Quand à Gatien, un de ses prédécesseurs dans l'épiscopat à Tours, Grégoire parle de lui plus longuement et même fixe sa venue à la première année du règne de Dèce. Il devait parfois se cacher, pour se dérober aux attaques des «puissants» qui l'accablaient d'outrages, et célébrait secrètement, le dimanche, l'office divin dans de cryptes. «Il vécut ainsi à Tours cinquante ans, à ce qu'on dit, mourut en paix, et fut enseveli dans le cimetière du quartier chrétien. Après lui l'épiscopat resta vacant trente-sept ans.» Un disciple de ces évêques, Ursin, aurait fondé l'église de Bourges. Il recrutait ses adeptes parmi les pauvres. Un haut personnage,Leocadius, qui était de la famille d'un des martyrs de Lyon, Vettius Epagathus, ouvrit sa maison aux fidèles, pour en faire une église. Mais tout ce qui concerne cette évangélisation du IIIè siècle est singulièrement obscur, et le témoignage de Grégoire de Tours n'a pas une valeur chronologique précise. Si l'existence de plusieurs évêchés en Provence, à Arles, Marseille, Vaison, Nice, Orange, Apt, est certaine, pour l'Aquitaine on ne sait rien d'assuré avant le IVè siècle : en 314, des évêques existent à Bordeaux, à Eauze, à Gabales. Ailleurs, quelques églises, Rouen, Sens, Paris, Reims, Autun, paraissent un peu plus anciennes. Dans la région rhénane, à Trèves, à Cologne, on rencontre des évêques dès le commencement du IVè siècle. Le christianisme a dû y être introduit, au cours du IIIè, par les légions qui y étaient cantonnées, ou par les commerçants étrangers.[1]

  Au commencement du IVè siècle, alors que Dioclétien et Galère entreprirent en Orient une guerre d'extermination contre le christianisme, les fidèles des Gaules jouirennt d'un calme relatif. Constance Chlore, qui exerçait dans ce pays le pouvoir impérial, n'était pas un soldat de fortune comme ses collègues. Esprit modéré, administrateur habile, il semble avoir reculé devant des mesures qui répugnaient à la douceur de ses mœurs autant qu'elles inquiétaient son sens politique. Pour se conformer en apparence aux édits promulgués par Dioclétien et par Galère, il fit détruire quelques églises, mais ne persécuta guère les personnes. En orient, le nombre, l'importance des chrétiens pouvaient alarmer même une politique calme et réfléchi comme l'était Dioclétien; en Gaule, disséminés dans quelques villes, ils n'inspiraient pas les mêmes craintes.  Cette différence de situation aide à comprendre la conduite de Constance Chlore; rien ne prouve qu'il ait adhéré au christianisme et qu'il ait dépassé à son égard une curiosité bienveillante. Mais son fils Constantin, lorsqu'il alla; en 312, disputer l'Italie à Maxence, se déclara l'allié et le protecteur des chrétiens et plaça sur ses enseignes le monogramme du Christ. Après sa victoire, l'édit de Milan, qui proclama la liberté de conscience, accorda aux chrétiens le droit d'exister, de posséder, de célébrer leurs cérémonies religieuses. Si le christianisme n'était pas encore le culte officiel, il devenait le culte protégé; désormais l'Église pouvait s'appuyer sur l'État pour continuer la conquête religieuse de la Gaule, mais sa tâche devait y être plus laborieuse que dans la plupart des autres régions de l'Empire.

 

[1] Vers cette époque la querelle du Novatianisme agita toute l'Église. L'antipape Novatien s'était mis à la tête des rigoristes qui ne voulaient pas qu'on pardonnât à ceux qui avaient faibli pendant les persécutions. Il eût pour partisanen Gaule l'évêque d'Arles, Martien; Fauslin, évêque de Lyon, et ses collègues gaulois se prononcèrent contre lui, d'accord avec le pape Étienne et Cyprien de Carthage, le grand adversaire du novationisme.

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