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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 22:37

  Léon Ier et Grégoire Ier sont les seuls papes qui portent, accolé à leur nom, le qualificatif «le Grand». Léon Ier était originaire d'une famille de Toscane. Archidiacre sous Célestin Ier et Sixte III, il exerçait une grande influence sur la politique de l'Église de Rome, et ce, déjà avant son pontificat. Son élection eut lieu alors qu'il était en mission diplomatique en Gaule pour le compte de l'Empereur. Il fut sacré à son retour en 440, le 29 septembre, jour qu'il fêta ensuite chaque année comme son «jour d'anniversaire». Le discours qu'il faisait en ce jour reflète son approche de l'autorité supérieure et universel de l'Église, qui n'était pas affectée même quand la fonction supérieure pastorale était mal assumée. «La dignité de Pierre n'était pas entamée par une succession indigne», telle était la formule avec laquelle Léon Ier exprimait sa vision de la tradition papale, dont les racine remontaient à la mission de l'apôtre Pierre par Jésus, comme une valeur en soi, indépendamment de la personne qui en exerçait alors la fonction.

  L'œuvre de Léon Ier à Rome est éclairée par quatre-vingt-dix-sept prêches qui nous sont parvenues, ainsi que par cent soixante-treize lettres (dont trente lui sont adressées). Il combattit âprement les doctrines erronées, notamment celles du manichéisme et du pélagianisme, et émit un grand nombre de décrétales sur des questions de discipline dans les Églises occidentales. Dans sa célèbre lettre dogmatique de 449, le Tomus Leonis, adressée au patriarche de Constantinople, il défendait les deux nature du Christ - divine et humaine - contre le monophysisme. Le Tomus Leonis servit de fondement à la définition de la foi lors du concile de Chaldénoine, en 451. Léon Ier ne put toutefois pas empêcher que l'on accordât les mêmes prérogatives religieuses à Constantinople qu'à Rome. Il veilla cependant à entretenir de bonne relation avec le pouvoir laïque de l'Empire byzanthin, et créa une délégation papale permanente à la cour de l'Empereur de Constantinople.

  À l'ouest, où l'Empire était en pleine décadence, le pape se vit reconnaître une autorité politique croissante en 452, il parvint à obtenir le retrait d'Italie des Huns sous le commandement d'Attila; en 455, il obtint de Genséric, le roi des Vandales qui occupaient Rome, que la population soit épargnée. Lors de l'intervention du pape face aux Huns qui dévastaient le pays, l'empereur demanda, raconte-t-on, conseil au pape. Léon Ier pria à genoux trois jours et trois nuits durant. Puis il se leva et dit : «Que celui qui veut me suivre le fasse». Accompagné de quelques dignitaires, il partit à la rencontre d'Attila à Mantoue. Lorsque ce dernier le vit, il tomba à genoux, et le pape lui ordonna de quitter l'Italie avec ses troupes. Attila s'exécuta. Lorsqu'on lui demanda pourquoi l'homme le plus puissant du monde avait satisfait le souhait d'un homme d'Église, Attila répondit : «C'est pour mon et votre salut, parce que j'ai vu à la droite du pape un horrible chevalier, une épée à la main. Il prédisait ma perte et celle de mon peuple si je n'obéissait pas». La scène est fixée pour toujours dans l'estampe du Vatican sur un tableau de Raphaël. À sa mort, le 10 novembre 461, Léon Ier le Grand fut enterré sous le porche de l'église Saint-Pierre, puis ses ossements furent transférés à l'intérieur de l'édifice, en 688. En raison de son engagement pour la musique religieuse, saint Léon (fêté  le 10 novembre) est le patron des chanteurs et des musiciens.

  Raphael-Leon Attila-1513

                                             La rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila

 

 Raffaello Sanzio, plus connu sous le nom de Raphael réalisa cette œuvre en 1513, au Vatican, dans la chambre d'Héliodore. Autrefois, cette salle était réservée aux audiences privées du pape. Elle fut décorée aussitôt après la salle de la Signature. Les scènes, à fond politique, illustrent la protection miraculeuse accordée par Dieu à l’Eglise, en divers périodes de l’histoire allant de l’Ancien Testament à l’époque médiévale. Raphaël a également peint sur la voûte les quatre épisodes de l’Ancien Testament. La dernière fresque peinte dans la Chambre d'Héliodore fut La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila, le triomphe de la chrétienté sur les peuples barbares.Elle fut terminée après la mort de Jules II (pape de 1503 à 1513), sous le pontificat de son successeur Léon X (pape de 1513 à 1521).Léon Ier est représenté sous les traits de Léon X qu’accompagnent les envoyés de Dieu qui provoquent la panique dans les troupes ennemies. L’Eglise est victorieuse face à la menace extérieure sur les territoires que Dieu lui a accordé. Dans le contexte politique de l'époque, le message possède un double sens : il met en garde les souverains européens qui souhaiteraient attaquer les provinces italiennes. Raphaël a situé l’épisode aux portes de Rome dont on voit le Colisée, un aqueduc, un obélisque et d’autres édifices, alors qu’en réalité ce fait historique a eu lieu en Italie du Nord, dans les environs de Mantoue.

 

Sources : Tous les papes, Rheinhard Barth éd. Komet - http://mv.vatican.va - http://histoiredelart.net

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commentaires

Jean-Marie LETIENNE 01/01/2011 06:56


Tous mes voeux de bonne année 2011 pour vous-même et les vôtres. Encore merci pour vos articles aussi intéressants.
Bien cordialement
Jean-Marie Létienne


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