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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 17:52

À la fin du IVè siècle, par la volonté de théodose, non seulement le christianisme devient seule religion d'État, mais encore l'accès aux fonctions publiques est interdit à tout homme qui ne professerait pas la religion du Christ[1]. Par voie de conséquence, la diffusion du christianisme s'effectue dans le cadre du réseau administratif, ce qui explique la prise de responsabilité des évêques lorsque l'Empire défaillant voit son administration disparaître.

 

livrhist 007  À partir du Vè siècle, les évêques s'impliquent donc beaucoup plus dans l'administration des cités qui était assurée au temps de l'Empire romain par les chefs des grandes familles réunis dans des assemblées municipales. Progressivement, le ravitaillement de la cité, l'entretien des bâtiments civils, l'enseignement et dans une certaine mesure l'exercice de la justice passent dans les mains de l'évêque et de ses clercs.Cette évolution qui s'explique en grande partie par la décadence de l'Empire, a une autre conséquence : dès lors, la fonction d'évêque est briguée par les familles aristocratiques, qu'elles soient issues de l'ancienne noblesse sénatoriale gauloise ou de parentèles puissante d'origine germanique.

  Ce renforcement de pouvoir de l'évêque dans la cité se traduit par l'installation de celui-ci au cœur de la ville enserrée par des remparts dont la construction date le plus souvent du IVè siècle. Désormais, cathédrale, basiliques annexes, résidence de l'évêque, logement des clerc, lieux d'accueil couvrent alors une part considérable de l'espace urbain.

  La conversion de Clovis, si elle influence son entourage le plus proche, ne suscite pas immédiatement une adhésion personnelle massive au sein du peuple franc. Elle est surtout appréciée par la population gallo-romaine, heureuse de voir le roi rejoindre leur communauté.

  L'association entre le pouvoir et les évêques devient alors officielle, comme le montrent à partir du concile d'Orléans de 511 et tout au long des VIè et VIIè siècles, les assemblées régulièrement réunies dans toutes les grandes villes du royaume.

  Les relations entre la royauté et les grands monastères témoignent elles aussi de l'idée que les souverains se font de leur fonction. Depuis le VIè siècle, rois et reines ont pris l'habitude de fonder et doter à titre personnel de grands monastères ( comme Saint-Marcel à Chalon, Saint Médard de Soissons ou Saint Denis).

  Les évêques désignés à clero et populo, c'est à dire par les clercs et les laïques les plus éminents, doivent à partir du milieu du VIè siècle, voir leur nomination entérinée par un écrit du roi; ensuite seulement, seront-ils consacrés par l'évêque métropolitain (l'évêque de la province, plus tard, archevêque).

  L'organisation de l'Église est issue du découpage administratif romain. La Gaule était divisée en cités, regroupées en provinces. Chaque chef-lieu de cité devient un siège épiscopale.

  Les évêques sont à la tête du clergé de leur diocèse; ils ordonnent les prêtres, consacrent les églises, administrent le sacrement du baptême et de la confirmation. Leurs sermons doivent diriger les fidèles. Ils remplissent aussi une fonction essentielle, dans la vie quotidienne des cités. Ils défendent leurs administrés face aux rigueurs de la justice civile ou aux exigences abusives du fisc. Ainsi, Saint Germain d'Auxerre, qui avait commandé les troupes romaines entre Seine et Garonne, avant de devenir évêque, s'en alla un jour à Arles, protester contre les impôts exceptionnels qui surchargeaient son diocèse.

 Plus les circonstances deviennent critiques, plus nettement se dessine le rôle politique des évêques, leur esprit d'humanité, de charité, les portait à être l'organe de leurs villes, à en être les bastions.

 

«Que le flot des barbares vienne se briser contre le Christ, et qu'ils se laisse dompter». Ces vers de saint Paulin de Nole définissent bien l'attitude qu'allait prendre, tout le long du Vè siècle, l'épiscopat gallo-romain.

 

 

saint-aubin 

  L'Église et les évêques possèdent des biens considérables, mais ils ont le devoir de secourir les pauvres et les malades, pour lesquels ils fondent parfois hospices et léproseries. Les évêques se chargent souvent de la réparation des remparts ou des édifices de leur cité. Outres les réparations, certains consentent également à bâtir, perpétuant ainsi les traditions artistiques et architecturales romaines. Dans ces nouvelles basiliques urbaines ou suburbaines, telle la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul à Paris, accourent des foules de pèlerins venus vénérer les reliques des saints qui s'y trouvent conservées. Leurs pouvoirs vont croissant. Seul maître de la cité, l'évêque en devint le défenseur, l'administrateur, voire le percepteur. 

  Une telle charge a pu entraîner des ambitieux à briguer la nomination, et à en user à des fins politiques : l'histoire mérovingienne abonde en évêques guerriers ou intrigants, mais le nombre de pasteurs dévoués et efficaces que la foule canonisera spontanément est beaucoup plus élevé.

  Après le souverain, l'évêque est l'homme de la politique religieuse du haut Moyen-Âge. Dans le cadre de son diocèse, dans les limites duquel il veille jalousement à l'exercice de ses pouvoirs, c'est lui qui a la responsabilité concrète de la christianisation sous toutes ses formes. Il mène également un combat systématique contre les éventuelles manifestations hérétiques, et plus encore contre toutes les formes de ce qui semble ressortir du paganisme. Cette lutte anti-païenne est marquée par la prédication, par des gestes spectaculaires comme la destruction d'anciens lieux de culte païens, par diverses actions destinées à montrer la toute-puissance du Dieu des chrétiens, par une politique plus subtile de récupération ou d'adaptation de lieux ou de coutumes païennes dont on conserve la forme extérieure mais dont on modifie l'interprétation.

 

  Dans les actes du concile que Clovis convoqua à Orléans, en juillet 511, les trente-deux évêques présents, saluent le roi en des termes respectueux sans équivoque et précisent explicitement que c'est Clovis lui-même qui a établit l'ordre du jour de la réunion, que c'est lui qui prendra les décisions en la matière et que leur avis n'est que consultatif. C'est dans cette ligne que se succèderont, sous les rois mérovingiens des VIè et VIIè siècle, quelque trente autres conciles dont les actes ont été conservés.

 

  Suite à la chute de l'Empire romain, l'autorité religieuse catholique, par l'intermédiaire de ses évêques, a donc pris la responsabilité du pouvoir dans les grandes villes Gauloises. Si cela fut une aubaine pour l'Église, les cités désorganisées par la disparition de l'administration et fragilisées par la disparition progressive des armées qui assuraient leur protection, trouvèrent dans les évêques des hommes dévoués et compétent pour les guider. Puis, lorsque Clovis pris le contrôle du pays et embrassa la religion du Christ, les hommes d'églises conservant de nombreux avantages et certaines responsabilités, abandonnèrent l'autorité principale aux rois, séparant ainsi que l'avait préconisé le Christ, le pouvoir spirituel du pouvoir temporel.

 

 

[1] Toutefois, au sein de cet Empire catholique, certains royaumes germaniques "fédérés" ont obtenu de l'Empereur l'autorisation de conserver leur roi, leur droit, leurs coutumes mais aussi leur religion -païennes ou, parfois ariennes-; dans les territoires où ces fédérés ont été établis.

 

Sources : L'Histoire N° 358 _  Dossiers d'Archéologie N° 223 _ Histoire de la Nation Française Tome VI - Gabriel Hanotaux _ Clovis - collection Rois de France - ed. Atlas

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commentaires

jiji bonjour 26/01/2016 15:35

très bon site je le consèlle

Michèle FISCHER 04/11/2010 21:16


Merci de votre réponse ; j'attends donc votre biblio d'autant que votre article m'intéresse bp.


jiji bonjour 26/01/2016 15:35

yo lo je taime

Lutece 04/11/2010 22:16



Les sources de l'article ont été notées en bas de page. N'hésitez pas à vous incrire à la newsletter afin de recevoir des nouvelles du blog, projets, infos expos, articles inédits etc...


A bientôt



Michèle FISCHER 03/11/2010 21:40


Quelles sont vos sources ? Quand on rédige un article, il est indispensable de faire une bibliographie pour être scientifiquement crédible (je ne dis pas que le vôtre ne le soit pas.


Lutece 04/11/2010 12:45



Vous avez totalement raison et je vais m'appliquer dorénavant à citer mes sources, en commençant par celles concernant cet article.


Cordialment.



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