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12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 19:17

  L’Armorique (le pays devant la mer) fut, longtemps avant le début de notre ère, une région périphérique, fort peu gagnée par les influences celtiques continentales.

  Des indices (objets en bronze, armes) ainsi que des traces de naufrages découverts sur le littoral nord de la Manche attestent  que des échanges commerciaux avaient lieu entre l’Armorique et la (Grande) Bretagne au cours de la période appelée âge de Bronze atlantique, qui se prolongea jusqu’à la Tène. 

  C’est la naissance des colonies méditerranéennes des Grecs et des Puniques qui donna une impulsion majeur au commerce atlantique.

Au premier siècle avant Jésus-Christ, plusieurs tribus celtes occupaient le massif Armoricain. Elles appartenaient au rameau celto-belge qui peuplait également une partie des îles Britanniques.

Cinq peuples ou nations se partageaient le territoire qu’on appelle aujourd’hui la Bretagne :

  Les Redones, limités au nord par la Manche, la Rance et le Couesnon, à l’ouest par la forêt de Brocéliande, occupaient le bassin de la Vilaine. Leur capitale, Condate (confluent), est devenue Rennes.

  Les Namnètes, entre le bassin de la Vilaine et la Loire, peuplaient approximativement le département de la Loire-Atlantique. Leur capitale, Condevincum, au confluent de l’Erdre et de la Loire, est devenue Nantes.

  Les Vénètes, établis sur la côte sud de l’Armorique depuis l’embouchure de la Vilaine jusqu’à une limite occidentale difficile à préciser, constituaient la principale des nations armoricaine. Ils formaient un peuple de vaillants marins. Leur capitale, Darioritum, était située sans doute sur l’emplacement actuel de Locmariaquer.

  Les Ossismes peuplaient l’extrémité de la péninsule armoricaine. Leur capitale était Vorganium devenue Carhaix.

  Les Curiosolites, entre la forêt de Brocéliande et la Manche d’une part, la rivière de Morlaix et la Rance d’autre part, avaient établi leur capitale à Corseul.

  Peuples celtes en armorique

  D’immenses forêts couvraient le pays et rendaient difficiles les relations entre ces différents groupements ethniques. Les villes, fort rares, n’étaient semble-t-il, que des camps retranchés où la population trouvait un abri en cas d’invasions.

  Les cinq peuples cités, auxquels il faut joindre quelques tribus celtes à l’est, formaient la confédération armoricaine. L’existence de l’Armorique est signalée une première fois par le navigateur célèbre dans l’Antiquité, Pythéas, qui fit un voyage sur les côtes occidentales de l’Europe en 320 avant Jésus-Christ, sans doute pour assurer à l’antique cité des Phocéens (Marseille) le bénéfice du commerce de l’étain.

  Les Vénètes

  Parmi les nations armoricaines, celle des Vénètes tenait la première place. IlsNavire venete 2 possédaient une marine composée de vaisseaux de haut-bord. Ces embarcations massives se mouvaient au moyen de voiles faites de peaux fines et souples, pouvant braver les fortes tempêtes de l’océan. Leur carène plate, fortement charpentée, n’avait aucune difficulté à s’aventurer sur les bas-fonds. Les proues et les poupes étaient très relevées ce qui leur permettait de naviguer plus facilement par gros temps et par tempête. Les bateaux étaient en bois, les ancres étaient retenues par des chaînes et les voiles étaient faites à partir de peaux.

  Grâce à leur marine, les Vénètes exerçaient sur les autres nations armoricaines une supériorité incontestée. Ils concentraient dans leurs mains le commerce avec les îles Britanniques avec lesquelles ils entretenaient des relations beaucoup plus suivies qu’avec la Gaule proprement dite.

  Depuis longtemps, les Vénètes faisaient le commerce du cuivre de Dortmoor, ainsi que de l'étain de Cornouailles. Les mineraies étaient acheminés par leurs bâteaux de charge (les pontas), le long du littoral atlantique vers le midi, via la Gironde, la Garonne, Toulouse et l'Aude, pour arriver enfin à Narbonne. En sens inverse c'était le vin, les bijoux, les denrées rares qui étaient trasportées vers la Bretagne.

  Dans ce contexte, l'Armorique riche en plomb et en sel, joue un rôle considérable dans le trafic international de marchandise. Des poteries disséminées dans tout le sud-ouest de l'Angleterre, attestent de l'intensité de ce commerce.

  La conquête romaine

  Lorsqu’en 57 avant J.C., Jules César entreprit la conquête de la Gaule, la confédération armoricaine prit la décision de reconnaitre la puissance romaine, et en gage de soumission, livra des otages.

  Crassus, lieutenant de César, prit ses quartiers d’hiver dans l’Anjou. Les vivres faisant défaut à ses troupes, il demanda aux Armoricains de lui fournir du blé. Mais prenant conscience de la menace que représentaient les armées de Rome stationnées maintenant à proximité, la coalition, emmenée par les Vénètes, refusa l’aide demandée, et gardèrent même les envoyés de Crassus en otage.

  César, campé en Illlyrie, informé de la tournure des événements, accourut en Gaule et comprit immédiatement le danger que ce soulèvement faisait courir à son œuvre. Il se décida à frapper les Vénètes, mais la tâche n’était pas facile. Les Romains n’ayant point de marine à opposer à celle des Armoricains ; les légions romaines s’épuisèrent à poursuivre un ennemi insaisissable.

  Campés sur les promontoires ou dans les presqu’îles, les Vénètes réussissaient à tenir en échec les Romains. A chaque fois que les affrontements tournaient en faveur des soldats de César, les assiégés se repliaient sur leurs navires et allaient établir un camp retranché sur un autre promontoire.

  César comprit alors que puisqu’il ne pouvait les battre sur terre, il fallait être capable de les affronter sur mer. Il commanda donc à son lieutenant Brutus, positionné dans l’estuaire de la Loire, de préparer une flotte capable de s’opposer aux Armoricains. Les Romains reçurent pour cette tâche, l’aide de tribus gauloise du Sud jalouses de la puissance maritime des Vénètes.

  Lorsque Brutus parut avec sa flotte composée de galères légères, en face du Morbihan,bataillemorbihan56 les Vénètes se portèrent à sa rencontre avec (d’après J. César) deux cent vingt navires. César se tenait sur la côte, à la tête de son armée, pour stimuler le courage de ses marins. Le début de la bataille sembla favorable aux Vénètes. Les robustes navires armoricains pouvaient facilement venir à bout des galères romaines, à condition d’être poussés par une forte brise. Mais le vent tomba brusquement, rendant impossible toute manœuvre des navires à voiles. Les galères romaines, au contraire, propulsées par des rameurs, purent assaillirent à dix contre un les vaisseaux des Vénètes incapables de se porter mutuellement secours. A l’aide de longuesgalère-romaine1 faux, les équipages romains coupaient voiles et cordages, et incendiaient les bateaux ennemis. Impuissants, les Vénètes combattirent avec l’énergie du désespoir. Tandis que les uns tombaient sous les coups de Romains plus nombreux sur leurs propres navires, d’autres se jetaient à la mer, essayaient de monter à l’assaut des galères ou se perçaient de leur propre épée pour ne pas tomber entre les mains de leurs ennemis qui n’auraient pas hésité à faire d’eux des esclaves. Les Romains qui avaient enfin les Vénètes à leur merci ne firent pas de quartier, ce fut un désastre pour ces derniers dont les survivants s’en remirent à la générosité de leur vainqueur. Mais César n’eut aucune pitié pour cette fière nation. Tous les sénateurs furent égorgés et le reste de la population fut mise en vente comme du vulgaire bétail. « Cette forte et laborieuse nation, dit Camille Julian, dont les origines et la puissance remontaient aux hommes des dolmens, la plus ancienne et la plus originale de toute la Gaule, s’effondra dans l’esclavage et dans la mort. »

  Malgré cette sauvage et brutale répression, peut être devrait-on dire « à cause », ceux-ci répondirent plus tard à l’appel de Vercingétorix en envoyant un fort contingent de guerriers pour dégager Alésia. Mais le sort de la Gaule entière dont les nations n’avaient su taire leurs rivalités, se joua donc en faveur de Rome. Les Gaulois, vaincus, soumis et romanisés devraient rompre avec la tradition celtique.

Sources : Histoire de Bretagne, H. Poisson - J.P. Le Mat éd. Coop Breizh _ Les Celtes - Les Rois oubliés, M. Brasseur éd. Terre de Brume

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Published by Lutece - dans Les Gaulois
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