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18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 00:14

  Les guerriers en pierre ou en bronze découverts par les archéologues fournissent des indications sur les armes ou le type d'armure portées par les soldats de l'armée celtique. Les soldats étaient équipés de lances, d'épées et de poignards pour ce qui est des armes offensives, mais aussi de boucliers, de casques, et de temps en temps d'armures, généralement à mailles métalliques. Ces dernières étaient rares, sans doute en raison de leur coût élevé de fabrication. Elles ne font leur véritable apparition qu'à la fin de l'âge du Fer.

  statue-chef-gaulois

  Statue en pierre d'un chef gaulois - seconde moitié du 1er siècle avant J.C. provenant de Vachères (Alpes -de-Haute-Provence)

  _ La facture des traits du visage, très précisément dessinés et d'une fixité presque solennel, rappele la tradition de la statuaire celtique du Sud de la France, connue pour la représentation d'animaux, symboliques ou sacrés, et de figures, presque exclusivement masculines de divinités et de héros.

  _ Plusieurs indices révèlent que le personnage représenté est de type romain : la cotte de mailles métallique munie d'épaulières et fermée sur la poitrine, la ceinture sur le côté de laquelle est suspendu le glaive à lame étroite, le manteau aux pans accrochés sur l'épaule par une fibule (aiguille ronde). Tout cet équipement indique que son propriétaire est un officier de haut rang.

  _ Le bouclier de forme ovoïde, doté d'un umbo, et la présence d'un torque au cou indiquent que malgré son vêtement "à la romaine", ce personnage est un chef guerrier gaulois.

 

 Selon les auteurs classiques, les Celtes combattaient parfois nus. Les chevaux jouaient un rôle important dans la guerre : ils étaient montés par des cavaliers, mais étaient aussi utilisés pour tirer les chars. Les soldats utilisaient également sur le champ de bataille des trompettes dont le son puissant et discordant avait l'art de déconcerter l'ennemi.

  guerrier-trompette

  Cet instrument était constitué d'un long tube de bronze terminé par un pavillon en forme de hure de sanglier – une tête qui semblait grommeler – ou, plus rarement, de tête de loup.

 

    Les armes et l'armure des guerriers étaient souvent ornées de nombreux motifs sophistiqués, sculptés ou obtenus au repoussé. Il présentait même parfois des incrustations d'émail, de corail, d'ambre et d'autres matériaux exotiques. Les boucliers, les casques, les harnais, et surtout les épées représentent bien ce que peut être l'art celtique. L'équipement nécessaire à la pratique de la guerre offrait aux artisans de multiples occasions d'exprimer plastiquement leurs propres idées et celles de leur société, et permettait aux guerriers de faire étalage de leur statut et de leur art : "L'armement est à la mesure de la haute taille des hommes une grande épée qu'on suspend au côté droit, un bouclier oblong de grande dimension, des piques longues à proportion"comme l'a formulé Strabon dans sa Géographie. Plus les armes d'un guerrier étaient impressionnantes, plus il jouissait d'une position sociale élevée. 

Certaines, davantage conçues pour l'apparat que pour le champ bataille, témoignent de la dimension ostentatoire de l'équipement guerrier.

  Les armes des Celtes étaient généralement en fer ou en bronze, mais leur ornementation avec des matériaux rares, chers ou exotiques permettait d'en faire des objets d'apparat.

 

  epee courte poignee anthropoide

   Épée courte celtique, 1er siècle avant J.C. retrouvée dans une tombe à Tesson (Charente-Maritime)

  _ Cette épée est longue de 50 cm environ : il s'agit d'une épée courte à double tranchant, adaptée au combat rapproché, au duel à pied; toutefois, le caractère peu fonctionnel de sa poignée incite à y voir plutôt une arme d'apparat, qui n'était pas réellement utilisée pour se battre.

  _ Les épées à poignée anthropoïde (en forme de corps humain) quoique peu nombreuses, sont répandues dans toute l'Europe.

  _ Le pommeau de l'épée représente une tête dont les traits du visage sont rendus de manière schématique : une petite bouche presque souriante, un nez rectiligne et des yeux globuleux; les cheveux semblent coiffés et séparés par plusieurs raies.

  _ Les branches en «X» que dessine le corps de la poignée pourraient représenter les bras et les jambes écartés de la figure humaine.

 

  Parmi les motifs représentés sur les armes, il en est quelques-uns, comme les images de sangliers ou de loups par exemple, qui véhiculent immédiatement l'idée de férocité et d'agressivité, d'un fort pouvoir symbolique. D'autres demeurent en revanche plus énigmatiques, et le rattachement au thème de la guerre de tel ou tel thème découvert sur un bouclier ou un fourreau relève du domaine des conjectures. Il est possible que des messages subtils et complexes – messages de  communication entre groupes humains ou messages entre  le héros de la guerre et ses dieux – aient fréquemment pris une forme plastique symbolique. De nombreux fourreaux et boucliers présentent des motifs qui pourraient être liés à l'efficacité de l'arme et chargés de lui conférer encore plus de pouvoir. L'idée était peut-être de lui donner des propriétés magiques, d'augmenter par exemple, pour une épée, son pouvoir de destruction ou, pour un bouclier, sa capacité à détourner les flèches.

 

  Les casques, en cuir (les plus nombreux), en bronze ou en fer, étaient tout simples : de forme pointue ou arrondie, ils comportaient des paragnathides (couvre-joues) et parfois un couvre-nuque. Quelques exemplaires montrent quels supports ils offraient aux fabuleuses possibilités d'ornementation de l'artiste.

  casque-agris

                                     Casque celtique de parade, IVè siècle avant J.C. provenant d'Agris (Charente)

  _ Au Ivè siècle avant J.C. l'incursion des Celtes en Italie fut l'occasion d'établir des relations plus étroites avec le monde de l'Étrurie et de la Grande-Grèce : il en résulta une évolution de l'art celtique, qui assimila le répertoire des orfèvres et des bronziers italiotes et grecs, et prit le nom de "style végétal".

  _ Ce casque sans aucun précédent local, a été très probablement importé de la péninsule italienne ou bien fabriqué sur place par des artisans formés dans un milieu italo-celtique.

  _ Ce casque doté (à gauche sur la photo) d'un protège nuque et paragnathides (couvre-joues mobile) sur lesquels fugurent de minuscules têtes d'animaux, est en bronze recouvert d'une feuille d'or avec incrustations de corail; la richesse de son décor et de ses matériaux en fait un objet de grand prestige, utilisé pour les cérémonies et les parades.

  Une grande partie du matériel archéologique dont nous disposons a été trouvé dans des sépultures. Les Celtes d'Europe avaient pour coutume d'enterrer, dans les cas d'inhumation, les guerriers avec leurs armes. Lorsque le corps était incinéré, seule une pièce représentative de l'activité du défunt accompagnait les cendres dans la tombe. Il a été établi que les armes placées dans les tombes, ou jetées à l'eau en guise d'offrandes votives, étaient parfois "tuées" rituellement, c'est-à-dire mises en pièces ou pliées en deux. L'idée était peut-être de les faire passersymboliquement d'une existence matérielle à une existence spirituelle, de leur ôter toute valeur ou simplement de faire preuve de Prodigalité. Parfois aussi, des armes quasiment neuves étaient jetées dans les cours d'eau. 

casque-amfreville

  Casque celtique en bronze et en fer, feuille d'or et émail rouge, deuxième quart du IVè siècle avant J.C. provenant d'Amfreville-sous-les-Monts (Eure)

  _ Ce casque a été trouvé au XIXè siècle dans un bras mort de la Seine : le dépôt intentionnel d'armes dans de cours d'eau ou des étangsest interprété comme un élément d'un rituel particulier consistant à offrir des biens précieux aux divinités qui avaient leur demeure dans les eaux ou qui communiquaient avec le monde humain par l'intermédiaire de l'eau.

  _Le motifs décoratifs sur la feuille d'or recouvrant le casque ainsi que ceux en corail et en émail rouge appartiennent au "style végétal".

  _ La forme de ce casque, sa décoration et l'emploi de matériaux divers le rapproche de l'exemplaire précédent. Son origine est probablement la même.

  L'ornementation des casques de combat semble chargée d'un sens symbolique spécifique : talismanique, elle était peut-être destinée entre autres à augmenterla combativité du guerrier.

  L'ornementation des casques semble chargée d'un sens symbolique spécifique : talismanique, elle était peut-être destinée entre autres à augmenterla combativité du guerrier.

 

  Parmi les tombes gauloises riches par leurs contenus, on peut citer, par exemple, celle de La Gorge-Meillet dans l'Est de la France qui renfermait le char du défunt, ses armes ainsi que son casque en bronze, placé à ses pieds. Elle contenait aussi tous les récipients utilisés pour le banquet funéraire, ainsi que des rôtis de porc et de boeuf.

 

  La lance – qu'il s'agisse de la lance proprement dite ou du javelot – était, avec l'épée. la principale arme du guerrier celte. Diodore de Sicile a décrit la formidable apparence de quelques-unes de ces lances qui, dentelées ou barbelées, pouvaient infliger d'horribles blessures.

 

  Une nouvelle protection apparaît vers le IIIè siècle avant J.C. : les cuirasses.

  En fer, rares à cause de leur coût de fabrication élevé, et les celles de cuir, d'où leur nom, plus nombreuses, mais qui disparurent sans laisser de traces du fait de leur matière périssable.

cuirasse2

 

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Published by Lutece - dans Les Gaulois
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commentaires

sittelle 21/11/2010 08:57


Savez-vous à quel endroit de la Seine avait été faite la découverte ? merci, bien cordialement


Lutece 23/11/2010 17:49



Ce casque conservé au musée d'archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye a été retrouvé à Amfreville-sous -les-monts (Eure), dans un bras mort de la Seine, c'est à dire à un endroit
où le fleuve ne passe plus. Je n'en sais pas plus.



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