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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 07:20

  Georgius Florentius Gregorius est né à Clermont le 30 novembre 538 dans une illustre famille de l’aristocratie sénatoriale gallo-romaine ; un de ses parents, Avitus († 456), a même été empereur d’occident. Lui et plusieurs autres membres de la famille ont occupé des postes majeurs, notamment en tant qu’évêques, en Gaule. Du côté maternelle, ses attaches sont surtout bourguignonnes (Langres, Dijon, Autun, Chalon-sur-Saône, Lyon). Orphelin, il est élevé par son grand-oncle maternel Nizier, évêque de Lyon, et par son oncle Gall, évêque de Clermont.

 Suivant la tradition familiale, il opte résolument pour la dynastie mérovingienne issue de Clovis et fréquente volontiers la cour des rois francs d’Austrasie. Ayant embrassé très tôt la carrière ecclésiastique, il obtient en 573, grâce à l’appui du roi Sigebert († 575),gregoiredetours.jpg la charge prestigieuse d’évêque de Tours qu’avaient déjà occupée certains de ses parents.

  Cette haute fonction, magnifiée par la responsabilité du tombeau de saint Martin, permet à Grégoire de jouer un rôle significatif auprès des petits-fils de Clovis et, plus généralement, dans la gestion du royaume mérovingien.

   Son action s’affirme parfois de façon conflictuelle (avec le roi de Neustrie Chilpéric notamment) mais ses qualités personnelles font aussi de lui un conseillé politique écouté et il apparaît, par exemple comme médiateur entre le roi Gontran de Burgondie († 593) et le jeune Childebert II d’Austrasie († 596) lors du traité d’Andelot (587).

   Grégoire de Tours a laissé une volumineuse œuvre littéraire, surtout hagiographique : des livres de miracles, (ceux de saint Martin de Tours ou de saint Julien de Brioude en particulier), d’autres à la gloire des confesseurs et des martyrs, un ouvrage consacré à la vie des Pères. Il s’est également intéressé à la liturgie et à la théologie (un commentaire des psaumes qui semble aujourd’hui perdu). Mais il est surtout célèbre pour ses Dix livres d’histoire (Historiarum libri decem) qu’il commença à rédiger, par morceaux, à partir des années 576 – 580, puis compléta et remania jusqu’à la fin de sa vie. Ces dix livres constituent une immense analyse exégétique des événements qui se sont succédé depuis la création du monde et l’incarnation. L’essentiel de l’œuvre est centré sur la Gaule mérovingienne et sur l’Histoire des Francs qu’on lui conféra plus tard et qui lui restera.

Décrite au livre II, la figure du roi Clovis qui a mené son peuple à l’adoption de la foi catholique joue un rôle clef.

   Sans surprise, Grégoire place le baptême de Clovis à l’exacte milieu du règne : pendant quinze ans, Clovis, encore païen, a multiplié les gestes favorables au christianisme puis, devenu catholique, il a pendant quinze ans combattu avec succès les wisigoths ariens et imposé son pouvoir avec l’aide de Dieu. Les livres suivants insistent sur les bienfaits de la collaboration entre souverains et évêques, intercesseurs efficaces entre l’ici-bas et l’au-delà, porte parole des saints et interprètes de la volonté de Dieu.

  L'Histoire des Francs s'arrête en 591. Grégoire pensait sans doute la poursuivre : le livre X est en effet beaucoup plus court que les autres, comptant 30 chapitres, contre plus de 40 pour les précédents. C'est néanmoins à ce moment-là qu'il achève son ouvrage, y ajoutant des notices et un petit opuscule. Celui-ci constitue le chapitre 31 du livre X. Il y demande à ses successeurs de ne jamais faire détruire ces livres, ni de les réécrire sans respecter leur intégrité, et de les conserver entiers et intacts.

  Pour son travail, Grégoire de Tours utilisait les documents, les traditions orales, et faisait appel à ses souvenir personnels à partir du livre IV, racontant avec beaucoup de vie et dans un style très simple ce qui lui parait essentiel.

  Les Dix livres d’histoire ne sont pas des livres historiques au sens actuel, scientifique, du terme. L'auteur entend surtout étudier l'histoire universelle et présenter la société chrétienne de son temps. Il juge les rois en fonction de leurs relations avec l'Église.

  Grégoire meurt à Tours en 594.

  La langue de Grégoire de Tours, éloignée du latin classique, a valu de nombreux jugements péjoratifs à son œuvre. Ces préjugés ont été jusqu'à très récemment une des causes de la méconnaissance générale du haut Moyen Âge. Cette époque était considérée de façon réductrice comme une période de recul de la civilisation. Pour se convaincre de l'acuité et de la précision du style de Grégoire de Tours, on peut se référer au chapitre I du livre VII de l'histoire des Francs, dans lequel Grégoire décrit la mort et le rappel à la vie du moine Salvi, qui sera plus tard évêque d'Albi puis canonisé après sa mort. La description du miracle par Grégoire de Tours reprend très exactement la description clinique d'une "Expérience de mort imminente" étudiée par les médecins contemporains, montrant bien que le texte n'est pas une affabulation hasardeuse d'un auteur crédule, prompt à crier au miracle, mais bien un témoignage factuel, qui valide la valeur de l’œuvre, rassure sur la fiabilité l'historien et conduit le lecteur à un autre regard sur le fait religieux.

 

Sources : Rois de France - Clovis Ier, éd. Atlas _ Religions & Histoire N° 41

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