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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 05:53

« L’Aquitaine s’étend de la Garonne aux Pyrénées » (César, Guerre des Gaules, Livre I – 1)

« Au bruit de cette victoire la plus grande partie de l’Aquitaine se rendit à Crassus, et envoya d’elle-même des otages. De ce nombre furent les Tarbelles, les Bigerrions, les Ptianii, les Vocates, les Tarusates, les Elusates, les Gates, les Ausques, les Garunni, les Sibuzates et les Cocosates ». (César, Guerre des Gaules, Livre III – 27)

« Les Aquitains diffèrent des peuples de race gauloise tant par leur constitution physique que par la langue qu’ils parlent, et ressemblent bien d’avantage aux Ibères. (…) On compte plus de vingt peuples aquitains, mais tous faibles et obscurs. (Strabon, Géographie, Livre IV – 2)

 

La Gaule Belgique s’étend au nord de la Seine, la Gaule Aquitaine au sud de la Garonne et la Gaule Celtique occupe l’espace entre Seine et Garonne. 

Les données archéologiques semblent indiquer que la région bordelaise est sous l’influence des Santons, et non d’un peuple aquitain. De même, les influences romaines (la Province romaine de la Transalpine existe depuis 118 av. J.C. et comprend Toulouse) se font fortement sentir jusqu’à la région d’Agen. La Garonne est plus ou moins la frontière entre les Aquitains et les Gaulois, mais cette frontière est fluctuante et perméable. C’est surtout un espace de rencontres et d’échanges.

Grâce aux textes antiques, il est possible de connaitre la localisation des peuples aquitains pour la période précédant la guerre des Gaules. Cependant, les auteurs de ces textes ont rarement voyagés dans les pays qu’ils décrivent et rapportent des témoignages de seconde main.

Aquitania_SPQR.png

En s’appuyant sur la toponymie, la toponymie et l’onomastique, linguistes et historiens ont essayé de préciser l’identité des populations dans l’Aquitaine définie par César. Ils ont cherché à déterminer l’origine celtique ou bien aquitanique (c’est-à-dire issus de la langue parlée par les anciens aquitains) des noms de lieux, de personnes ou de dieux.

On a ainsi pu remarquer que la répartition des noms de lieux actuels avec un suffixe en -os, -osse, -oz, -ués, considérés par les linguistes comme d’origine aquitanique, correspond assez bien à l’Aquitaine césarienne. Toutefois, on ne peut pas les dater précisément : un certain nombre d’entre eux se sont formés pendant la période romaine ou plus récemment encore. Les textes et les inscriptions antiques, plus fiable, montrent que les noms de personnes et de lieu à consonance aquitanique rares auprès de la Garonne, deviennent plus nombreux en allant vers les Pyrénées. Inversement, les noms de lieux et de peuples à consonance celtique sont rares au sud de l’Aquitaine est totalement absents dans le bassin de l’Adour ; plus on se rapproche de la Garonne, plus leur fréquence augmente.

A l’époque romaine, la langue celtique pénètre donc assez loin vers le sud et l’ouest de la vallée de la Garonne. Il est difficile de savoir si cette mixité linguistique témoigne d’un brassage survenu depuis la conquête romaine, ou si elle a échappé aux auteurs antiques qui ont dépeint la région avant celle-ci. Cette situation résulte peut-être en partie de l’installation en bordelais des Bituriges Vivisques (seconde moitié du premier siècle avant J.-C. ?) qui, selon Strabon sont le seul peuple gaulois établi chez les aquitains (Géographie, 4. 2. 1).

 

Au sud du fleuve, César donne les noms de douze peuples dont certains comme les Gates, les Ptiani et les Garunni sont difficiles à localiser. Les Bituriges Vivisques, habitants de Burdigala à la période romaine, ne sont pas encore installés dans le Bordelais à l'époque où César rédige la Guerre des Gaules.

Au nord du fleuve, les Nitiobroges habitent le Lot-et-Garonne actuel, les Pétrocores sont installés en Dordogne, les Lémovices dans le Limousin et les Santons dans la Saintonge actuelle. Généralement, les peuples occupent un territoire correspondant à un de nos départements actuel. Pour l’Aquitaine, chaque peuple occupe un espace plus restreint.

L’archéologie peut nous renseigner sur ces peuples au travers de certains objets. En allant du sud au nord de l’Aquitaine, les céramiques et les parures, par leurs décors, leurs styles, se rapprochent de plus en plus d’objets que l’on trouve en Gaule Celtique. Au sud de l’Adour, les influences en provenance des ces régions sont très rares et au nord de la Garonne, les influences ibériques et sud-aquitaines disparaissent.


En Aquitaine, les monnaies ont souvent une diffusion restreinte, correspondant à leur utilisation par le peuple qui les a créées. Elles sont de très bons marqueurs de l’influence des différents peuples.


Plus on s’éloigne dans le temps, plus les données sont rares. Il n’y a plus de textes et il devient impossible de mettre un nom sur ces peuples. Pour le Premier âge du Fer (entre 800 et 450 av. J.C.), on ne parle pas de Gaulois. On rassemble les populations comme le « Groupe girondin » ou le « Groupe landais » à partir des formes et des décors des céramiques. L’origine de ces populations fait encore débat : s’agit-il de populations ayant évolué sur place ou de groupes venant de l’est de l’Europe ?

 

Source : Au temps des Gaulois. L'Aquitaine avant César, Musée d'Aquitaine éd. Errance _ Gaulois d'Aquitaine éd. Ausonius

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Published by Lutece - dans Les Gaulois
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