Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 décembre 2013 6 07 /12 /décembre /2013 08:48

ESSAI SUR LA CONDITION DES BARBARES ÉTABLIS DANS L'EMPIRE ROMAIN AU IVè SIÈCLE

 

Chapitre VII - LES BARBARES DIGNITAIRES DE L'EMPIRE

 

Les Barbares consuls ou maîtres de la milice : Dagalaiphe, Merobaudes, Arbogaste, Stilicon.

 

L’influence des Barbares, pendant toute la seconde moitié du IVe siècle, fut considérable. Ils étaient partout, avaient envahi successivement les armées, les magistratures, la cour, les conseils du prince ; on pouvait leur appliquer ce que Tertullien disait un siècle auparavant des chrétiens[22] : Nous ne sommes que d’hier et cependant nous remplissons vos places, vos maisons, vos palais. Dans quel lieu pénétrerez-vous sans nous y rencontrer ?

Parmi tous ces peuples de la Germanie, appelés à fournir à l’Empire des capitaines, des généraux, des hommes d’État, des ministres, les Francs tiennent la première place ; leurs noms dominent tous les autres. A chaque page d’Ammien Marcellin nous retrouvons quelqu’un des leurs mêlé aux événements et à la politique. Lorsque Constantin leur accordait toutes ses faveurs, il ne prévoyait point que son fils Constance se verrait disputer l’héritage paternel par l’usurpateur Magnence, fils d’un de ces Barbares admis dans la Gaule à titre de Læti, et qui du commandement de deux légions, les Joviens et les Herculéens, s’éleva jusqu’à la pourpre impériale. Acclamé par le peuple, salué Auguste par les soldats, Magnence força l’empereur Constant à fuir en Espagne et à s’y donner la mort, puis, à la tête d’une armée composée principalement de Francs et de Saxons, il tint en échec Constance pendant plusieurs années, jusqu’à ce que la trahison d’un autre Franc, Silvanus, fît tourner la fortune du côté de son rival. La plupart des corps d’élite dont se composaient les troupes palatines avaient pour chefs des Barbares, des Francs : ces emplois étaient recherchés et avaient une grande importance par le crédit qu’ils assuraient à la cour et dans l’entourage du prince. Un Bainobaudes, tribunus scutariorum, un Malarichus, rector Gentilium, un Agilon, tribunus stabuli, un Dagalaiphe, comes domesticorum, un Balchobaudes, tribunus armaturarum[23], étaient de vrais personnages politiques dans une monarchie telle que celle du Bas-Empire ; ils avaient la main dans toutes les intrigues, dans tous les partis, et dans les révolutions de palais. C’est ainsi que Malarichus, voulant sauver son compatriote Silvanus, sur qui pesaient les plus graves soupçons, réunit tous les Francs, employés comme lui à la cour et faillit soulever une tempête par le ton de sa protestation[24].

Le conseil particulier du prince (Consistorium)[25], où se prenaient toutes les décisions importantes, d’où partaient les rescrits impériaux, n’avait point de secret pour les Barbares : ils y occupaient une large place ; parfois même ils s’y trouvaient en majorité. Ce conseil, revêtu des principales attributions de l’ancien sénat et qui ressemblait beaucoup à un conseil des ministres, se composait des premiers fonctionnaires, ayant le titre et le rang d’illustres et résidant à la cour : du préfet du prétoire (Præfectus Prætorio Præsens), du maître de la milice (Magister militum Præsentalis), du maître des offices (Magister Officiorum), du questeur du palais (Quæstor sacri Palatii), du comte des largesses (Comes S. S. Largitionum) et du comte du domaine privé (Comes Rerum Privatarurn)[26]. On y avait adjoint un certain nombre de comtes de première classe (Comites primi ordinis Consistoriani) et de comtes honoraires ou anciens fonctionnaires, ayant voix délibérative (Comites Vacantes)[27].

Les chefs barbares, après avoir commandé des corps auxiliaires, ou même les troupes palatines, composées en partie d’étrangers, arrivaient facilement au grade de maîtres de la milice, et dès lors ils avaient leur entrée dans le consistorium où leur avis prévalait souvent comme dans les conseils de guerre. Silvanus était maître de la milice, pedestris militiæ rector, quand ses rivaux ourdirent contre lui cette conspiration à laquelle il crut échapper en se faisant proclamer empereur à Cologne[28]. Dagalaiphe, d’abord comte des domestiques, comes domesticorum, était maître de la cavalerie, magister equitum, à la mort de Jovien, pendant la désastreuse retraite de l’armée romaine engagée au cœur de la Perse. Il eut part comme tous les grands dignitaires civils et militaires de l’Empire à l’élection de Valentinien[29], et, quand ce dernier voulut s’adjoindre Valens pour collègue, ce fut ce même Dagalaiphe qui seul osa élever la voix et tenir ce digne langage : Si tu considères l’intérêt de ta famille, très excellent empereur, choisis ton frère ; si tu préfères l’intérêt de l’État, cherche ailleurs[30]. La franchise du Barbare ne diminua point son crédit à la cour ; ce qui le prouve, c’est que, deux ans plus tard, il partageait les honneurs du consulat avec Gratien, le fils de Valentinien[31].

A la mort de Valentinien Ier, frappé, sur les bords du Danube, d’une attaque d’apoplexie foudroyante, à la suite d’un violent accès de colère[32], ce fut le Franc Merobaudes, dont le talent et l’habileté étaient universellement reconnus[33], qui sauva la couronne du jeune Valentinien, âgé de quatre ans. Ce Barbare sut prévenir tous les complots, se hâta de faire proclamer le jeune prince, résidant alors avec l’impératrice Faustine, sa mère, dans une maison de campagne voisine, fit ratifier l’élection par un conseil rassemblé immédiatement, et conduisit l’héritier de Valentinien dans le camp, où les soldats le saluèrent Auguste, six jours après la mort de son père, avant même que son frère aîné, Gratien, eût été consulté sur le choix d’un nouveau collègue[34]. Le consulat, décerné à Merobaudes quelques années après (377)[35], et qu’il partagea avec Gratien lui-même, fut la récompense de son dévouement à la famille impériale. Faut-il voir dans ce Flavius Merobaudes, consul l’an 377, le même personnage que celui auquel fut érigée plus tard, sur le forum de Trajan, une statue d’airain[36] ; pour récompenser la double gloire qu’il avait acquise dans les armes et dans les lettres ? Il est plus vraisemblable de supposer qu’il y eut plusieurs Merobaudes, appartenant à une même famille d’origine franque et dont plusieurs membres s’illustrèrent soit comme guerriers, soit comme orateurs ou comme poètes[37]. Il est certain que les Barbares, mêlés à la haute société romaine, très versés dans la langue de Rome, qu’ils avaient souvent apprise dès leur enfance, cultivèrent avec succès la poésie latine et trouvèrent parfois des accents dignes de la muse de Virgile[38]

Un autre Franc, également illustre, Mallobaudes, qu’il ne faut pas confondre avec Merobaudes, fournit une longue carrière au service de Rome et occupa successivement différents grands militaires importants. Chef du corps des armaturæ (tribunus armaturarum), en 354, il fut chargé, en compagnie de deux courtisans émérites, le grand chambellan Eusebius et le secrétaire d’État Pentadius, d’une mission secrète auprès du César Gallus, gardé à vue dans une ville d’Istrie, à Pola, par ordre de Constance[39]. Plus tard nous le retrouvons à la cour, mêlé à cette coterie  d’étrangers dont le crédit, supérieur à celui des Romains, s’exerçait sans obstacle et, pour ainsi dire, sans limite[40]. Enfin, à l’époque où Valens, menacé par les hordes barbares auxquelles il avait accordé une imprudente hospitalité, appela son neveu Gratien au secours de l’Orient, Mallobaudes était comte des domestiques, comes domesticorum, tout en conservant le titre de roi d’une tribu franque, rex Francorum[41]. On lui conféra, de concert avec le général Nanniénus, la charge de commander les troupes destinées à opérer contre les Lentienses. Mallobaudes avait les qualités de sa race ; c’était un brave et intrépide guerrier. Contrairement à Nanniénus, qui craignait de hasarder les chances d’une bataille, il pressait de marcher à l’ennemi : son ardeur entraîna les autres, et le succès du combat justifia pleinement ses prévisions : la victoire fut complète, éclatante, malgré la supériorité numérique des Barbares, vaincus cette fois encore par la discipline romaine[42].

Il semble qu’à cette époque l’Empire soit condamné à chercher ses meilleurs et ses plus fidèles appuis parmi les étrangers, signe d’une profonde et irrémédiable décadence. Cette terre d’Italie, autrefois si féconde en grands hommes, magna parens virum[43], suivant la belle expression du poète, et qui avait donné au monde entier des capitaines, des législateurs, des maîtres, ne se suffisait plus à elle-même ; après avoir absorbé dans son sein les éléments de vie et de richesse des peuples soumis à sa domination, elle se voyait réduite à tirer du dehors ses propres généraux, ses magistrats, ses chefs, comme elle en tirait sa subsistance ; or, il n’y avait alors dans le monde que Rome et les Barbares ; c’était donc aux Barbares qu’elle combattait tous les jours et qui la menaçaient dans son existence qu’elle était, obligée de recourir pour sa défense et son gouvernement. Il fallait le prestige de sa civilisation, de ses honneurs, de ses dignités, de son nom, pour faire ainsi de ses ennemis de la veille les amis du lendemain.

Les Barbares n’étaient point insensibles à cette grandeur qui avait survécu à tous les désastres de l’Empire ; ils se sentaient attirés par l’éclat incomparable d’une cour dont les splendeurs dépassaient tout ce que leur imagination avait pu rêver, et par la supériorité intellectuelle d’une société plus corrompue peut-être, mais plus policée que la leur. Les chefs surtout, élevés la plupart à Rome ou d’après les leçons de Rome, adoptaient volontiers une nouvelle patrie, mieux faite pour eux que les déserts de la Germanie. On est frappé des qualités remarquables qu’ils déployèrent, soit à la tête des armées romaines, soit dans les conseils publics. Habitués dès l’enfance à la guerre, car les Germains étaient tous soldats, à une vie sobre et austère, aux fatigues, aux privations de tous genres, ils étaient admirablement préparés à devenir d’excellents généraux ; accoutumés aussi, en raison de la constitution même de leurs tribus, à prendre une part active à toutes les affaires publiques, à toutes les délibérations de la commune, où chacun exprimait et discutait librement son opinion[44], ils acquéraient un certain sens politique, une fermeté de langage qui contrastait singulièrement avec les déclamations et les flatteries des rhéteurs romains. Quelle fierté, quelle force de caractère, quelle indomptable énergie dans ces rois et ces princes de la Germanie ! Les portraits que nous en ont laissés les historiens, les écrivains sacrés, les chroniqueurs, bien qu’idéalisés parfois, attestent de riches et puissantes natures dont les défauts se trouvaient rachetés par d’éminentes vertus. Le Franc Arbogaste, qui a joué un rôle si considérable sous les règnes de Gratien et de Valentinien II, nous est représenté par Zosime comme dévoué aux Romains, plein de désintéressement, incorruptible et très versé dans l’art militaire[45]. Les mêmes éloges sont accordés à un autre général barbare, le fameux Bauto, qui appartenait également à la nation franque, qui avait mis son épée ainsi que ses talents au service de Rome et dont la fille Eudoxie devait plus tard, en épousant l’empereur Arcadius, monter sur le trône de Constantinople[46].

De tels hommes étaient appréciés et méritaient de l’être. Mais, quel que fût leur dévouement à l’Empire, ils ne pouvaient oublier complètement leur première origine. Leurs exigences croissaient avec l’élévation de leur rang. Du moment où ils se sentaient indispensables, où ils disposaient de l’armée, seule et principale force de l’État, il leur était permis de tout oser impunément et de braver une autorité dont ils connaissaient mieux que personne la faiblesse et l’impuissance. Les Barbares ne résistaient guère cette tentation ; une fois parvenus aux dignités romaines, leur ambition n’avait plus de bornes. Arbogaste lui-même en fournit un éclatant exemple. Non content du poste qu’il occupait à la mort de Gratien, il profita de son crédit à la cour et sur les soldats, ainsi que de la jeunesse de Valentinien, pour prendre de son chef le commandement de toutes les troupes et le titre de maître de la milice. Son ascendant sur le jeune prince qui le craignait et n’osait lui résister n’empêcha point Valentinien de ressentir l’humiliation d’un pareil affront ; il le dévora d’abord en silence, mais finit par vouloir faire acte d’autorité. Un jour qu’il était assis sur son trône, il vit Arbogaste venir à lui, lui lança un regard courroucé et lui tendit un papier où était écrite sa révocation. Le fier Barbare, après l’avoir lu, se contenta de répondre à son maître : Ce n’est pas de vous que je tiens mon pouvoir ; vous n’avez pas le droit de me l’enlever ; puis il déchira le papier, le jeta et sortit[47]. Cette scène jette un jour singulier sur les rapports qui pouvaient exister entre les empereurs et les Barbares dont ils étaient entourés. Arbogaste n’attendit pas que Théodose, appelé par le jeune Valentinien, vînt punir sa rébellion. Il résolut de se débarrasser de Valentinien, choisit le moment où le prince s’exerçait avec quelques soldats sous les murs de Vienne dans les Gaules, fondit sur lui à l’improviste et le frappa mortellement ; puis, dédaignant de se faire proclamer lui-même empereur, il revêtit de la pourpre le rhéteur Eugène, une de ses créatures[48]. Mais il avait compté sans Théodose qui ne voulut point reconnaître le nouvel empereur, se déclara le vengeur de son parent et remporta dans les passages des Alpes une victoire décisive à la suite de laquelle Eugène eut la tête tranchée et Arbogaste se donna la mort pour ne pas tomber vivant entre les mains du vainqueur[49]. Un Barbare avait été le principal auteur du couronnement de Valentinien ; un autre Barbare fut l’auteur de sa chute. Dans cette même bataille où Théodose triompha du rhéteur Eugène ainsi que d’Arbogaste, les Barbares fédérés, désignés par Zosime sous le nom de légions barbares, comme pour mieux marquer qu’il n’existait plus aucune différence entre les soldats romains et les soldats étrangers, étaient commandés par Gainas, tandis que les troupes romaines proprement dites avaient à leur tête un autre Barbare, le Vandale Stilicon, allié à la famille impériale, par son mariage avec Séréna, la nièce de Théodose[50].

 

[22] Tertullien, Apologétique, c. XXXVII.

[23] Ammien, passim.

[24] Ammien, lib. XV, c. V.

[25] Ammien, Index, II, Consistorium.

[26] Ammien, Index, II, Consistoriani.

[27] Böcking, Not. Imp. Occid., p. 298. — Ibid., p. 303. — Cod. Théod., VI, tit. 12, De comitibus consistorianis, Paratilon. — Humbold, De Consistario Principis opusculum. — Hollweg, III, p. 17 ; p. 94 et suiv.

[28] Ammien, lib. XV, c. V.

[29] Ammien, lib. XXVI, c. I.

[30] Ammien, lib. XXVI, c. IV.

[31] Ammien, lib. XXVI, c. IX.

[32] Ammien, lib. XXX, c. VI, passim.

[33] Ammien, lib. XXX, c. X. — Zosime, lib. IV, c. XVII.

[34] Ammien, lib. XXX, c. X.

[35] Ammien, lib. XXXI, c. VIII.

[36] Orelli-Henzen, n° 1183.

[37] Saint-Martin (édition de l’Histoire du Bas-Empire de Lebeau), t. VI, p. 177, note 3. — Ozanam, Études germaniques, t. III des œuvres complètes, c. VI, p. 339 et suiv.

[38]Relliquiæ Merobaudis, edidit Niebuhr. Bonn, 1824.

Saint-Martin, dans son commentaire de Lebeau (Hist. du Bas-Empire, t. VI, liv. XXXII, p. 177, not. 3), consacre un article spécial à la question des deux Merobaudes.

On ne peut admettre que Fl. Merobaudes, consul d’abord en 377, puis en 383, soit le même que Fl. Merobaudes, auteur du Panégyrique d’Aétius et de divers fragments publiés par Niebuhr sous le titre de Fl. Merobaudis Carminum Panegyricique reliquice in membranis Sangallensibus, Bonn., 1824.

L’inscription découverte à Rome en 1813 (Orelli-Henzen, n. 1183) et gravée sur la base d’une statue élevée à Fl. Merobaudes dans le Forum Ulpianum par ordre des empereurs Théodose et Valentinien le jeune, est de 435 (Dedicata IIII Kal. Aug. Conss. D D. N N. Theodosio XV et Valentiniano IIII).

On pourrait supposer qu’elle lui fut érigée après sa mort. Mais le Panégyrique d’Aétius est évidemment postérieur à la date de l’inscription : on y parle de la paix faite avec Genséric et de la prise de Carthage ; il n’a donc pu être composé que pour le troisième consulat d’Aétius, c’est-à-dire en 446. Or, quelle que fût alors la limite d’âge fixée pour le consulat, limite très variable sous les empereurs qui la modifiaient à leur gré, il n’est point vraisemblable que Fl. Merobaudes, consul pour la première fois l’an 377, ait vécu jusqu’en 446. L’inscription, du reste, ne mentionne point le consulat dont parle M. Ozanam ; on y lit seulement V. S. (Vir Spectabilis.)

La Chronique d’Idatius nous apprend que Fl. Merobaudes, gendre d’Asturius, qui fut consul en 449, succéda à son beau-père en qualité de maître de la milice et remporta de brillants succès sur les Bagaudes d’Espagne. (Asturio, magistro utriusque militiæ, gener ipsius successor ipsi mittitur Merobaudis, natu nobilis... Brevi tempore potestatis suæ Aracellinatorum frangit insolentiam Bacaudarum). Comme son beau-père, il cultiva aussi la poésie et son nom figure avec honneur dans cette école poétique des Gaules du Ve siècle, qui comptait parmi ses plus illustres représentants Sidoine Apollinaire et Ennodius (Rossi, Bulletin d’archéologie chrétienne, 1871, 3e fascicule, p. 118). Nous nous expliquons dès lors très bien cette double illustration de la plume et de l’épée que rappelle l’inscription : Ingenium fortitudini ut doctrinæ natum stilo et gladio pariter excercuit.

M. Ozanam consacre plusieurs pages à Fl. Merobaudes ; il cite plusieurs passages des fragments de ses œuvres pour nous donner une idée du talent poétique de ce Barbare tellement imbu de la civilisation latine qu’il prenait parti dans ses vers pour Rome contre la Germanie :

Teutonicum Latiis hostem cum sterneret armis,

Tunc ad bella rudem nec adulto Marte ferocem.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

(Panég. d’Aétius, v. 194 et suivants.)

En effet, bien que Sidoine Apollinaire et d’après lui Sirmond en fassent un Espagnol, ortu Hispanus... (Sid. notæ Sirmondi ad excusatoriurn ad Felicem), il est certain que le nom de Merobaudes, commun à cette époque, est celui d’un Barbare et d’un Franc. Cette famille des Merobaudes, déjà ancienne et illustre, s’était en quelque sorte naturalisée dans l’Empire. Rien ne s’oppose à ce qu’on voie dans le Fl. Merobaudes de l’inscription (vir antiquæ nobilitatis) le descendant, le petit-fils de Merobaudes, roi franc, qui s’était attaché au service de Rome sous Valentinien Ier, et le fils d’un autre Merobaudes, duc d’Égypte en 384. Le petit-fils ajouta à l’illustration de ses ancêtres une nouvelle gloire, celle de l’écrivain (novæ gloriæ). La statue et l’inscription devaient perpétuer le souvenir de cette double gloire.

[39] Ammien, lib. XIV, c. XI.

[40] Ammien, lib. XV, c. V

[41] Ammien, lib. XXXI, c. X.

[42] Ammien, lib. XXXI, c. X.

[43] Virgile, Géorgiques, II, v. 173-174.

[44] Opitz, p. 38.

[45] Zosime, lib. IV, c. XXXIII.

[46] Zosime, lib. IV, c. XXXIII.

[47] Zosime, lib. IV, c. LIII.

[48] Zosime, lib. IV, c. LIV.

[49] Zosime, lib. IV, c. LVIII.

[50]

Zosime, lib. IV, c. LVII.


 

Partager cet article

Repost 0
Published by Lutece - dans Livres-Romans
commenter cet article

commentaires

Grégoire 11/12/2013 19:08

Bonjour, bravo pour cette synthèse. Au sujet de cette antiquité tardive, je ne saurais trop conseiller la lecture du Clovis de Michel Rouche :
http://www.gregoiredetours.fr/moyen-age/haut-moyen-age/michel-rouche-clovis/ . Comme vous le soulignez, les liens entre barbares et romains sont plus qu'ambigus à cette époque : la majorité des
gradés, et bientôt la majorité de toute l'armée romaine, est barbare. Additionné à la chute démographique de l'empire Romain, et à l'instabilité de haute hiérarchie (coups d'état, assassinats de
quasiment tous les derniers empereurs, conversions incessantes), cela entraînera une scission avec les barbares. Goths et burgondes en tête, ces derniers conserveront une partie de la loi romaine
mais il faudra Clovis pour retrouver, à travers le christiannisme et par opposition à l'arianisme, un vrai renouveau de l'Empire Romain.

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin