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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 01:20

  Devenue reine en 491, Clotilde mit au monde l'année suivante, un garçon prénommé Ingomir ("grande race, descendance illustre"), mais celui-ci fut très vite emporté par un mal soudain.

  L'année suivante, la reine donnait naissance à un nouveau fils auquel on donna le nom de Clodomir ("glorieux et grand"). Mais à peine fut-il baptisé qu'une terrible fièvre s'empara de lui. On crut bien que le malheur allait s'abattre à nouveau sur Clovis et Clotilde. Mais les ferventes prière de la jeune maman furent entendues, et le petit prince recouvra la santé.

 

  Tout comme ses frères, Clodomir fut élevé dans la foi catholique par sa mère,et dans la tradition des guerriers francs par son père.

  Si l'éducation qu'il a reçu a fait de lui un croyant sincère, elle a aussi façonné un chef cruel et sans vergogne.

 

  Le partage du royaume de Clovis avait été établi avant la mort de celui-ci. Aussi la division entre les frères fut accueillie sans surprise et sans contestation.

  Clodomir reçut en héritage un territoire situé à l'ouest et au centre de la Gaule, dont l'essentiel était formée de la vallée de la Loire entre Nevers et l'Océan, il fit d'Orléans la capitale de son royaume qui comptait au sud des villes prises aux wisigoths, comme Bourges, Tours et Poitiers, et au nord Chartres. clo-clot-chil-thie

 

  Clodomir administrait son royaume, nommait les évêques, finançait l'entretien des édifices administratifs, tout en s'entraînant au combat d'homme à homme et à la maîtrise d'un cheval.

  Les quatre frères, guerriers dans l'âme, étaient à l'affût de nouveaux territoires à conquérir, mais à titre individuel bien sûr !

  En faisant assassiner son propre fils, Sigismond, roi de Burgondie, fournit un prétexte aux rois Francs : venger la victime, Sigeric, qui était leur cousin.

  Clodomir qui avait une frontière commune avec la Burgondie était particulièrement intéressé par l'éventuelle conquête de ce royaume.

  Il persuada ses frères de joindre à lui dans l'expédition punitive à l'encontre de Sigismond. Ceux-ci acceptèrent à l'exception de Thierry qui avait épousé la fille du roi Burgonde. Surprises par l'attaque de Clodomir, Childebert et Clotaire, les armées de Sigismond furent rapidement dépassées, et le roi ainsi que son frère Gondomar s'enfuirent.

  Les trois mérovingiens prirent donc possession de la Burgondie. Pour ne pas que leur intervention soit prise pour une invasion pure et simple, ils annoncèrent leur volonté de châtier les responsables de la mort de leur cousin.

  Pour cela, Clodomir fit publier un édit qui promettait une récompense à quiconque lui livrerait les fils de Gondebaud. Pour l'instant, il avait capturé et enfermé à Orléans, l'épouse de Sigismond, ainsi que les deux enfants qu'il avait eu d'elle : Gisald et Gombaud.

  La récompense promise pour la capture des rois en fuite allait rapidement donner des résultats.

  Des leudes burgondes qui s'étaient rendus dans un ermitage qui abritait Sigismond, affirmèrent à celui-ci que sa cachette n'était pas sûre et qu'il ne tarderait pas à être découvert. Ils lui recommandèrent donc de gagner l'abbaye d'Agaune où il ne serait jamais retrouvé. Confiant, le roi accepta de s'y rendre, escortés par ces fidèles sujets. Mais alors qu'ils se trouvaient aux portes de l'abbaye, ils furent soudain entourés par des soldats francs qui capturèrent Sigismond et l'enchaînèrent. Le prisonnier fut conduit à son tour vers Orléans, pendant que les traîtres touchaient leur récompense.

 

  Sous la responsabilité de Clodomir, des garnisons furent installées dans les principales villes récemment conquises. Mais n'appréciant pas l'appétit des Francs, le roi des Ostrogoths en Italie, se décida à intervenir.

Gondomar lui ayant envoyé des émissaires pour lui faire connaître sa retraite, il lui adressa un corps d’armée sous le commandement du général Tolonic, qui fit publier un appel aux leudes burgondes. Tous, avec l’aide des Ostrogoths, devaient se rassembler sous la bannière de Gondomar et reconquérir leur royaume.

 Il fut entendu. Tous les guerriers qui avaient déposé les armes les reprirent et se rassemblèrent autour de Gondomar. Des détachements composés de Burgondes et d’Ostrogoths s’emparèrent des places trop faiblement occupées. Quelques mois après la défaite, Gondomar entrait triomphalement dans Lyon et dans Vienne.

 Ce fut une amère surprise pour les rois francs. Childebert et Clotaire reprochèrent à Clodomir cet évènement. Celui-ci entra dans une violente fureur et tint pour responsable de la situation le malheureux Sigismond. Il donna l’ordre de l’exécuter. Avit, abbé de Micy dans le diocèse d’Orléans, tenta de l’en dissuader mais Clodomir déterminé, le fit expulser du palais.

  Le 1er mai 524, avant d’entrer en campagne, Clodomir fit sortir de leur prison Sigismon, sa femme et ses fils. Ils furent conduits à Columna, à proximité d’Orléans, et là décapités tous les quatre. Puis on jeta les corps mutilés dans un puits.

  Son forfait accompli, Clodomir décida d’envahir à nouveau la Burgondie. Cette fois ses jeunes frères préférèrent ne pas participer à l’aventure. Par contre Thierry, dont seule la frontière méridionale le séparait de la Burgondie, et qui en tant que gendre du roi défunt avait des droits sur une partie du royaume, répondit favorablement à l’appel.

  Ensemble, les deux complices pénétrèrent en Burgondie, et s’y enfoncèrent. Ils n’y trouvèrent aucune résistance : toutes les places fortes jusqu’à Vienne étaient soumises. Mais ils savaient que Gondomar s’était réfugié dans les Alpes, où il avait rassemblé un petit corps de troupes ; c’était là-bas qu’ilfallait le rejoindre, l’écraser, lui faire subir le sort de son frère. Ils le trouvèrent à Vézeronce (Virontia). Le combat s’engagea mais très vite les armées Burgondes se trouvant en grande difficulté, Gondomar fit demi-tour et s’enfuit au galop. Clodomir se lança immédiatement à sa poursuite en compagnie declodomir quelques-uns de ses hommes, mais Gondomar qui connaissait les lieux disparu. Le roi franc ne voulut pas abandonner la poursuite et se retrouva bientôt dans un passage étroit et feuillu entouré de hauts rochers. Soudain le cri de ralliement des Francs retenti, Gondomar avait probablement été capturé par des antrustions. Clodomir s’approcha de l’endroit d’où provenaient les appels mais lui et ses fidèles n’eurent pas le temps de prendre leurs armes : ils furent massacrés. Gondomar se précipita sur le corps de l’assassin de son frère, lui trancha la tête et l’éleva au bout de sa lance en signe de victoire.

 Malheur au vaincu, mais aussi malheur à sa famille ! Apprenant la mort de son frère, Clotaire se précipita à Orléans. Il envahit le palais où se trouvait encore Gontheuque l’épouse de Clodomir, avec ses trois jeunes fils. Malgré les protestations de la jeune femme, il déclara qu’elle devenait son épouse. Du même coup, il prenait possession du royaume de Clodomir et de son trésor. Clotilde apprenant la mort de son fils ainé et le sort fait à sa veuve, se transporta à Paris et demanda à Childebert de réclamer pour elle ses trois petits-fils. Clotaire les remit volontiers ; ces trois gamins n’auraient fait que lui compliquer la vie.

  En prenant pour épouse Gontheuque, Clotaire avait pris un avantage sur ses frères quant au partage du royaume de Clodomir. Mais en vérité, et cela semble avoir échappé à Clotaire, les vrais héritiers, c’étaient Théodebald, Gunther et Clodoald, les enfants de Clodomir !

 Trop jeunes pour régner, les enfants vivaient donc pour l’instant auprès de Clotilde à Paris. Mais l’aîné, âgé de dix ans pourrait dans deux ans être proclamé roi, ce qui semble bien être l’intention de sa grand-mère.

 Clotaire et Childebert ne l’entendant pas ainsi, durent prendre une décision sur la conduite à tenir. Deux options leur apparaissent : soit les héritiers ont le crâne tondu, ce qui signifie leur destitution ; soit, ils meurent.

 Les oncles de Théodebald, Gunther et Clodoald envoyèrent donc un message à Clotilde, l’invitant à leur faire parvenir les enfants afin de proclamer leur royauté. Mais une fois sur place, Clotaire se chargea lui-même supprimer ses neveux. Ce fut tout d’abord Théodebald qui fut passé par le glaive, puis Gunther. Mais au moment de s’en prendre à Clodoald, celui-ci avait disparu. Ses protecteurs, probablement d’anciens amis de son père, le conduisirent en Provence, hors de portée de ses oncles. massacre-enfants-de-clodomir

  Se consacrant à la religion, plus tard, le jeune homme se fit ermite…

 

Sources : Ivan Gobry, Clotaire Ier fils de Clovis - Grégoire de Tours, Histoire des Francs -

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