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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 15:28

  Childebert est né vers 497, il est le quatrième fils de Clovis[1], et le troisième garçon que Clotilde et Clovis aient eu ensemble. Son nom signifie en langue franque "combat(tant) brillant".Childebert-I

  À la mort de son père en 511, Childebert devint roi de Paris. Son royaume comprenait, outre la région parisienne, la Picardie, la future Normandie, le Maine, ainsi qu'une partie de la Charente et de la Gironde. (Voir carte ci-dessous)clo-clot-chil-thie

  Entraîné à la guerre et au combat depuis son enfance, en 523, Childebert se joignit sans hésitation à Clotaire et Clodomir qui avait monté une expédition punitive à l'encontre du roi burgonde Sigismond, oncle de Clotilde, qui avait fait assassiner son fils Sigeric. Le but de cette attaque en réalité, était moins de venger leur cousin que de s'emparer de la Burgondie.

  Rapidement vaincus, Sigismond et son frère Gondomar s'enfuirent, abandonnant le royaume aux mains des Francs. Childebert n'ayant pas de frontière commune avec la Burgondie laissa à ses frères, et plus particulièrement à Clodomir, instigateur de cette campagne, le soin de prendre possession des terres conquises. Les frères trouveraient bien par la suite le moyen de se partager le butin !

  Mais le roi Ostrogoth d'Italie, Théodoric le Grand, ne désirant pas voir les Francs s'installer aux portes de son royaume, fournit des troupes à Gondomar afin que celui-ci reprenne possession du royaume. Les principales villes burgondes, fraîchement conquises n'étaient pas suffisamment gardées, aussi, quelques mois après avoir connu la défaite, les Burgondes prirent leur revanche; ce que Childebert et Clotaire ne manquèrent pas de reprocher à Clodomir.

 

  Ne voulant pas en rester là, en 524, Clodomir lança en compagnie de son frère Thierry, une seconde expédition contre les Burgondes. Mais en juin de cette année, aux environs de l'actuel village de Vézenonce (Isère), Clodomir trouva la mort.

  Le royaume de Clodomir devait donc être partagé entre ses trois enfants, bien que ceux-ci fussent encore trop jeunes pour régner. Childebert qui souhaitait récupérer les terres de Clodomir, ou tout au moins une partie de celles-ci, invita Clotaire à Paris afin d'élaborer un accord. Deux options furent retenues : supprimer les enfants, ou leur raser la tête, ce qui signifierait que ceux-ci renoncent à leur droits. La deuxième solution elle était la moins cruelle, cependant, arrivé à l'âge adulte, les héritiers de Clodomir risquaient de poser des problèmes à leurs oncles. Childebert et Clotaire décidèrent donc de se débarrasser d'eux définitivement.

  Clotilde qui avait recueilli Théodebald, Gunther et Clodoald, reçut un message de Childebert et Clotaire, l'invitant à leur faire parvenir les enfants afin de proclamer leur royauté. Mais dès qu'ils furent arrivés, Clotaire assassina l'aîné, Théodebald, d'un coup de couteau dans l'aisselle. Épouvanté, Gunther se jeta aux pieds de Childebert qui, choqué faillit céder aux suppliques de son neveu, mais Clotaire lui fit remarquer qu'il était à l'origine de l'entreprise. Childebert rejeta alors Gunther contre Clotaire qui l'égorgea. Clodoald resta en vie parce qu'il parvint à s'enfuir. Mieux connu sous le nom de saint Cloud, il devint par la suite abbé de Nogent-sur-Seine, lieu qui prit ensuite le nom de Saint-Cloud. Ayant préféré renoncer à la royauté plutôt qu'à la vie, il se fit tondre les cheveux.

  Clotaire et Chidebert se partagèrent alors le royaume de Clodomir, c'est ainsi que Childebert devint roi d'Orléans.ChildebertIer-Gravure-1836

  En 517, afin de celer la paix entre les héritiers de Clovis et les Wisigoths, le roi franc avait donné sa fille unique en mariage à Amalaric.

   Ce mariage était aussi une bonne affaire pour Amalaric, car Clotilde lui apportait un douaire d’une grande valeur : la moyenne vallée de la Garonne avec Toulouse, ancienne capitale des rois wisigoths. Clotilde qui avait été solidement éduquée par sa mère dans la foi catholique, manifesta sa réticence devant cette union avec un arien ; aussi, pour calmer ses craintes, ses frères firent signer à l’époux une déclaration par laquelle il s’engageait à respecter la pratique religieuse de sa femme.

  Amalaric fut quelque temps fidèle à sa promesse. Mais, poussé par son entourage, il décida d’entreprendre la conversion de la jeune Clotilde à l’arianisme. Il commença lui-même, par des discours, à tenter de la convaincre d’adhérer à sa religion, puis il la fit catéchiser par les évêques ariens, qui n’obtinrent pas plus de succès. Lasse, Clotilde réclama à son époux de la laisser tranquille. Ne pouvant réussir sur le terrain théologique, Amalaric passa à la persécution. Ce furent des menaces, puis les mauvais traitements. Quand la reine se rendait à l’église catholique, elle recevait de la boue et des immondices lancés par des sujets postés sur son chemin. Elle continua malgré tout à fréquenter assidûment la maison du Christ. Le roi irrité de cette résistance, en vint aux coups ; au point qu’en 531, elle put envoyer à Childebert, par un messager sûr, un linge maculé de son sang.

    Le message parvint à Childebert alors que celui-ci se trouvait en Auvergne, région récemment conquise par son frère Clotaire. Arcadius, un notable un peu fourbe, avait fait savoir au roi de Paris que les habitants de la région seraient favorables à ce que leur province passe sous son contrôle. Or, une rumeur annonçant la mort de Clotaire lors d’une campagne qu’il menait en Thuringe, parvint aux oreilles de Childebert. Ce-dernier se rendit donc en pays Arverne où, avec la complicité d’une partie de la population, il se rendit maître d’Averna (Clermont).

  Childebert n’eut guère le temps de profiter de sa conquête puisqu'il apprit immédiatement que son frère n’était pas mort, qu’il avait triomphé des Thuringiens, et qu’il se dirigeait maintenant vers l’Auvergne. Ne souhaitant pas affronter Clotaire, Childebert avait commencé à quitter les lieux lorsque l’appel à l’aide de sa sœur lui fut remit.

  Il n’hésita pas une seconde : il devait aller au secours de Clotilde. D’abord parce qu’elle était sa sœur, ensuite parce que son persécuteur était un hérétique ; enfin, parce que ce méchant personnage détenait un territoire des Gaules.

  Quand Amalaric apprit qu’une armée franque était en marche vers Narbonne, il prit peur. S’il éprouvait de la bravoure à frapper une femme, il ne tenait nullement à affronter des guerriers. Il ne prépara aucune résistance militaire : il ordonna d’appareiller une flotte qui les transporterait lui et les siens en Espagne.

  Mais arrivé au vaisseau qui devait l’emporter, il constata avec effarement qu’il avait oublié ce qu’un roi barbare n’oubliait jamais : son trésor. Il retourna immédiatement dans sa capitale. Les Francs n’y avaient pas encore pénétré. Alors sans envoyer d’éclaireurs pour savoir s’ils approchaient, il courut, avec quelques serviteurs dévoués, jusqu’à son palais. Mais tandis qu’il emportait un coffre rempli d’or et de pierreries, un cri retentit :

_ Childebert est à Narbonne !

  Il fallait fuir au plus vite, et tant pis pour le trésor. Dans la plus grande confusion, livré à lui-même, Amalaric ne savait où se cacher. Dans les rues, les guerriers francs seFramee faisaient de plus en plus nombreux, cherchant les lieux propices au pillage. Terrorisé, le roi Wisigoth se dirigea, comble de l’ironie, vers l’église catholique, afin de s’y réfugier. Mais avant qu’il ait atteint son objectif, un leude qui l’avait reconnu, le transperça de sa framée. C’est du moins ce que raconte la chronique de Saragosse, qui met ainsi la mort du dernier roi de la dynastie amale au compte de ses ennemis. Mais dans son Histoire des Goths, Isidore de Séville, s’appuyant sur d’autres sources raconte que les compagnons d’armes d’Amalaric, voyant le roi fuir lâchement au lieu de combattre, le massacrèrent.

  Rendu maître de la ville, Childebert fit main basse sur le fameux trésor des rois wisigoths. Clotilde était libre, mais bien mal en point. La princesse prit place dans un chariot qui fit route en direction de Paris. Hélas, bien qu’elle fût entourée de tous les soins et de toutes les attentions, Clotilde épuisée, usée par les mauvais traitements, s’éteignit avant d’être parvenu à destination. Childebert ramena son corps jusqu’à Paris, où il l’a fit inhumer dans la grande basique Saint-Pierre, où leur père reposait, auprès de Sainte Geneviève.

 

  En 532, en accord avec ses frères, Childebert repartit en guerre contre le nouveau roi de Burgondie, Godomar III.

  Il assiégea Autun, la prit, et enferma à jamais Godomar III. Et en 534, Clotaire Ier, Théodebert, fils de Thierry et Childebert prirent l’intégralité du royaume burgonde, sur lequel, ils co-régnèrent.

  La même année, Thierry malade, mourut. Childebert fut tenter de récupérer le royaume de son demi-frère, mais Théodebert, soutenu par ses leudes, réussit à conserver son royaume et calma l'avidité des ses oncles par de grandes donations. 

 

  En 542, accompagné de Clotaire, Childebert prit Pampelune en Espagne, et fit le siège de Saragosse. Ce fut un échec, mais il rapporta de cette expédition l'étole de saintChildebert consacre une basilique Vincent, en l'honneur de qui il fit bâtir une église.

  Childebert mourut le 13 décembre 558, jour choisi pour la dédicace solennelle de la basilique Saint-Vincent et Sainte-Croix, appelée ensuite Saint-Germain-des-Prés, qu'il avait fondée pour glorifier les reliques de saint Vincent de Saragosse. On n'ajourna pas la cérémonie, qui fut en même temps, fait unique, celle des funérailles du roi. L'évêque Germain officiait au maître-autel entouré de six autres évêques et la dépouille de Childebert fut inhumée dans le caveau qui l'attendait et qu'il avait lui-même désigné.

 

 Clotaire s'empara de son royaume et fit main basse sur le Palais de la Cité à Paris où se trouvaient les trésors royaux et la famille du défunt. Il condamna alors Ultrogothe, l’épouse de Childebert, ainsi que ses deux filles à l'exil, d'après Grégoire de Tours.

  Toutes trois reposent également en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

 

 

 [1] Le premier : Thierry avait pour mère une princesse franque, rapidement décédée. Le deuxième, le premier avec Clotilde : Ingomer, meurt peu après sa naissance. Puis viendront : Clodomir, Childebert, Clotaire et une sœur, Clotilde.

 

Source : Grégoire de Tours, Histoire des Francs _ Ivan Gobry, Clotaire Ier - éd. Pygmalion _

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commentaires

Kryss 24/04/2012 12:25

Merci pour ce super article !

Lutece 03/05/2012 18:25



Merci beaucoup. Je termine en ce moment la 2ème partie de l'article sur Clotaire 1er.


A bientôt j'espère



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