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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 06:45

             Vercingétorix

 

     Chapitre X - L'empire Gaulois.

 

2. Quels peuples prirent part à la conjuration.

 

Voici les peuples et les chefs qui se firent représenter auprès de Vercingétorix.

Les Arvernes finirent sans doute par accepter sa royauté. Mais ce ne fut pas sans arrière-pensée chez quelques-uns. Parmi les chefs qui entourent Vercingétorix, Épathnact se ralliera assez vite à César et deviendra un très grand ami de Rome. En revanche, le roi des Arvernes a près de lui deux vaillants auxiliaires : son cousin Vercassivellaun, fils de la sœur de sa mère ; Critognat, un des hommes les plus nobles et les plus influents du pays, patriote ardent et écouté.

Les Carnutes ont pour chefs les deux conjurés de Génabum : Gonconnetodumn et Gutuatr. C’est celui-ci, surtout, qui fut regardé comme le boute-feu de la révolte. Jusqu’à son dernier jour, il inspirera aux Romains une haine inexpiable. Ils ne furent pas éloignés de lui attribuer tous leurs malheurs. Vercingétorix a été pour eux un adversaire, Guluatr, une sorte de génie malfaisant, exécuteur d’œuvres sanglantes. Peut-être était-il revêtu de quelque sacerdoce, qui en faisait l’homme des sacrifices humains.

Au sud-ouest des Arvernes, les Cadurques, leurs clients traditionnels du Quercy, avaientvercingetorix_statere.jpg envoyé leur chef favori Lucler : c’était peut-être l’homme le plus riche de sa nation, il avait dans sa clientèle une ville entière, Uxellodunum, aussi grande et presque aussi forte que Gergovie ; mais, surtout, c’était l’homme le plus entreprenant qu’on pût voir, le moins capable de désespérer, prêt à toutes les audaces d’actes et de projets, désigné pour les chevauchées les plus aventureuses. — Dans cette même région, d’autres voisins immédiats des Arvernes, les Lémoviques du Limousin, apportèrent à la ligue le contingent d’une race à peine moins robuste que celle d’Auvergne : la nation tout entière y adhéra, sous les ordres de Sédulius, à la fois son magistrat et son chef de guerre. — Chez les Pictons du Poitou, au contraire, il n’y eut pas unanimité : une partie seulement d’entre les tribus accepta le mouvement, une des villes principales, Lémonum (Poitiers), demeura fidèle aux Romains.

En revanche, tout le Nord-Ouest de la Gaule, sans exception, depuis la Loire jusqu’à la Seine, se rallia publiquement à l’insurrection : ce qui fut dû peut-être à l’influence qu’exerçaient les Carnutes dans ces contrées sauvages, belliqueuses et dévotes. Là étaient les Aulerques (Le Mans, Jublains, Évreux), avec leur vieux Camulogène, le robuste vétéran des guerres gauloises, l’un des généraux les plus expérimentés du pays celtique ; les Andes (Anjou), qui avaient pour chef militaire Dumnac, un opiniâtre et un entêté, à qui il sera impossible de demander grâce ; les Turons ou gens de la Touraine ; et enfin toutes les peuplades qui formaient la ligue armoricaine, marins et soldats des côtes de l’Océan breton et normand. Sur ces dernières, toute conspiration pouvait compter ; elles n’avaient cédé en 57 que devant les légionnaires ; elles avaient commencé dès l’année suivante la série des révoltes ; au temps de l’alerte d’Indutiomar, leurs armées s’étaient trouvées subitement prêtes à entrer en campagnes. Comme les Carnutes et comme les Belges, les peuples d’Armorique ne savaient point guérir de l’indépendance. Grâce à leur appui, la Gaule soulevée était maîtresse de la mer, et pouvait communiquer avec ses frères de la Bretagne insulaire.

Au Nord, les Sénons avaient d’autant plus adhéré au mouvement qu’ils l’avaient devancé. Un de leurs chefs, Drappès, avait fait sur leur territoire, presque sous les yeux de Labienus, la même besogne que Vercingétorix autour de Gergovie. Il s’était mis à la tête d’esclaves échappés et de vagabonds, il avait appelé autour de lui les exilés des cités, otages fugitifs qui s’étaient dérobés à la colère de César, et il avait ainsi rendu une armée au peuple sénon, malgré les exécutions de l’année précédente et la présence de six légions. C’était un homme de la même trempe que Lucter et Dumnac.

Enfin, dans le voisinage des Sénons, les Parisiens, leurs alliés et associés de jadis, encore incertains l’année précédente, firent cette fois cause commune avec eux. Cela avait une très grande importance pour l’avenir militaire de la confédération. Lutèce, leur principale ville, n’était qu’une bourgade isolée dans une petite île de la Seine, et ils étaient eux-mêmes une tribu de force médiocre. Mais ils formaient, au Nord, l’avant-garde de la Gaule proprement dite en face des peuples belges ; leur territoire, qui au Sud était limitrophe de ceux des Carnutes et des Sénons, touchait au Nord à ceux des Suessions et des Bellovaques, les plus vaillantes des nations septentrionales : le jour, déjà espéré des conjurés, où la Belgique se joindrait à eux, Lutèce deviendrait le point naturel de ralliement où les confédérés de ce pays s’uniraient à ceux de la ligue arverne ; c’était chez les Parisiens que la Seine était rejointe par les deux grandes voies de la Belgique, la Marne et l’Oise, et leur ville était à égale distance de l’Océan, le long duquel veillaient les Armoricains, et de la forêt de la Meuse, où errait encore Ambiorix.

Les nations conjurées représentaient seulement la moitié de la Gaule conquise par César : c’étaient presque toutes celles de l’Ouest et du Centre, et probablement celles qui avaient jadis soutenu le parti arverne. L’ancien parti éduen n’y était représenté que par les Sénons. Dans le Sud, les Santons restaient attachés, ainsi qu’une partie des Pictons, au peuple romain ; sauf les Cadurques, les peuples des montagnes, malgré d’anciens liens de clientèle avec les Arvernes, attendaient d’avoir la main forcée : le voisinage de la province romaine les effrayait. — Au Nord, on pouvait faire fond sur les Trévires et sur bien d’autres Belges, le jour où la présence des légions les inquiéterait moins, et où Commios l’Atrébate, guéri de sa blessure, pourrait satisfaire sa rancune contre Labienus et César. Mais il fallait compter avec la jalousie ou l’hostilité des Éduens et des Bituriges leurs alliés, dont les territoires s’étendaient depuis la Saône jusqu’à la Vienne et coupaient presque en deux tronçons les pays confédérés. — À l’Est enfin, si les Séquanes et les Helvètes étaient incertains, les Rèmes et les Lingons ne trahiraient jamais la foi promise à César : chez ces deux peuples, la haine de l’indépendance gauloise était passée à l’état de vertu.

 

À suivre...

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Published by Lutece - dans Livres-Romans
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