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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 06:32

                VERCINGETORIX

 

      Chapitre I - Le pays d'Auvergne

 

2. Des routes qui y conduisent

 

Par sa masse et par sa hauteur, elle commande toutes ces routes.

Voici, à droite, la voie du Rhône et de la Saône, par laquelle Grecs et Romains ont civilisé ou conquis le monde barbare, Gaulois et Germains ont envahi le monde classique, la grande voie de lutte et de pénétration du Nord et du Midi. Au nord du Mont Pilât, qui est le premier mont méridional de la France, la coupure de la vallée du Gier s’ouvre entre le plateau central et la plaine du Rhône : elle débouche précisément entre les deux plus importants carrefours de cette plaine, entre le coude du Rhône et l’embouchure de l’Isère, en face de la ville de Vienne qui fut, avant l’arrivée de Jules César, l’avant-poste romain du côté de la Barbarie celtique et germaine.

Du haut du Mont Mézenc, qui marqua longtemps, vers le Sud-Est, la fin de la domination Mont Mezencdes Arvernes, ils voyaient se dérouler au Midi la large plaine narbonnaise, peuplée de villes, encombrée de tribus, riche en cultures, qui s’étalait entre l’Italie et l’Espagne, entre l’Aquitaine de l’Océan et la Ligurie méditerranéenne. Là s’étaient heurtés pour la première fois Hannibal et Rome, dans le duel où se décida le sort de l’Occident. De ce côté, le plateau finissait brusquement, tombant sur la plaine en ravins abrupts ; les Cévennes fermaient, d’une muraille presque sans jointure, l’Auvergne et ses dépendances : à peine çà et là quelques défilés, connus des hommes en temps d’été, tels que le col du Pal entre l’Ardèche et la Loire, sur la ligne la plus courte qui menât de Marseille à Gergovie.

Au Nord et à l’Ouest, au contraire, point de rampes ardues ni de sentes mystérieuses. Le plateau descendait vers les fleuves en pentes douces, aussi aisément qu’ils descendaient eux-mêmes vers l’Océan. Les Arvernes n’avaient qu’à se laisser glisser, eux et leurs ambitions, le long des cours d’eau de leur pays, pour arriver sans encombre à la Loire et à la Garonne, vieilles routes sans cesse sillonnées de clans en quête d’aventures et de caravanes de marchands.

 

3. Auvergne et Morvan


Un seul pays, dans la Gaule centrale, ressemblait à l’Auvergne, et se dressait ainsi en donjon massif au milieu de roules et de rivières : le Morvan, domaine exclusif du peuple des Éduens, était également une citadelle compacte, assise sur un socle de granit ; et de là aussi, des eaux descendaient vers les deux mers, vers la Seine et la Loire de l’Atlantique, et vers le Rhône gréco-romain.

Mais le plateau éduen n’était qu’un raccourci du plateau central ; il n’en avait pas l’étendue, ni les contreforts vigoureux, ni la robuste carrure, ni le noyau retranché ; son sommet le plus élevé (Bois du Roi, 902 mètres) n’atteignait pas à la moitié du plus grand puy d’Auvergne (Puy de Sancy, 1 886 mètres). Il est sans doute plus près que son rival (mais de si peu !) des routes de la Seine et de la Maine : il est en revanche complètement séparé par lui de la route historique des villes du Midi.

Le Morvan eut un seul avantage : il inclinait mollement vers les coteaux et les vallons de la Bourgogne ; et par là les terres éduennes s’unissaient librement aux plaines de la Saône et du Rhône, alors que la principale ouverture de l’Auvergne, la vallée de l’Allier et la Limagne, se dirigeait uniquement vers le Nord. Les Arvernes faisaient front aux bassins de l’Océan ; les Éduens, maîtres de la Côte d’Or, tenaient la tête de celle roule, droite et gaie, entremêlée de vignes et d’eaux vertes, qui commence à Beaune et qui finit à la mer des cités antiques. Ceux-là regardaient surtout vers les terres d’où étaient venus les Gaulois ; ceux-ci aspiraient aux pays par où les Romains arrivaient.

Ces tendances méridionales des Éduens étaient fortifiées encore par la situation de leur territoire dans le réseau des vallées fluviales. C’est un lieu de passage et de portage. Veut-on, en remontant la Saône, gagner par le chemin le plus commode la Loire navigable : on pénètre en pays éduen par les vallées recourbées de la Dheune, de la Bourbince et de l’Arroux ; vise-t-on l’Yonne ou la Seine, on a la vallée de Touche, qui conduit chez les Éduens ou chez leurs clients d’Alésia. Routes point trop longues, sans montées terribles, sans neiges intolérables : que peuvent être, à côté d’elles, les sentiers du Velay et l’étroite percée du Gier, les seuls passages par lesquels on puisse aborder, en venant du Rhône et du Midi, les terres du peuple arverne ?

Entites_paysageres_du_massif_du_Morvan-png
 

Entités paysagères du Morvan      

La « Dorsale boisée »      

Le « Morvan des 400 m »      

Les « Piedmonts »      

Les « Franges »      

Limites du parc naturel régional du Morvan

 

À suivre...

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Published by Lutece - dans Livres-Romans
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