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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 18:03
Alors qu'en Gaule romanisée triomphe le culte de Rome et de ses empereurs, un nouvel élément se glisse dès le courant du IIè siècle, qui allait avoir une importance capitale dans la destinée de tous les peuples et très particulièrement de peuple français : le Christianisme.

  L'histoire du Christianisme en Gaule commence dès le second siècle et, chose curieuse, ce sont dans les centres officiels du culte païen de l'Etat que se propage la nouvelle religion : Lyon en particulier, Autun, Bordeaux, etc...
  C'est à Lyon que périssent les premiers martyrs : l'évêque saint Pothin et la jeune esclave Blandine[1]. Il est prouvé que dès 177, une communauté chrétienne existait à Autun. Une inscription grecque trouvée en 1839 y célèbre en vers d'une extraordinaire élévation mystique l'Ichtus, le poisson dont, on le sait, les premiers chrétiens avaient fait le symbole de Christ, en des termes voilés où l'on reconnaît des allusions aux sacrements de Baptême et de l'Eucharistie.
  L'évangélisation proprement dite de la Gaule commence entre 236 et 250, lorsque le pape Fabien y délègue sept missionnaires : Paul à Narbonne, Trophisme à Arles, Saturnin à Toulouse, Martial à Limoges, Gatien à Tours, Stremonius (Austremoine) à Clermont, Denis à Paris. Plusieurs de ces noms sont d'origine grecque, ce qui explique pourquoi la liturgie grecque a été, à Paris notamment, utilisée pendant les premiers siècles. Peu de temps après, ce sont les première persécution qui  allaient se multiplier à l'époque de Dioclétien, soit à la fin du IIIè et dans les premières années du IVè siècle : en particulier sainte Foy à Agen, saint Vincent non loin d'Agen, saint Genest à Arles, saint Denis à Paris, saint Lucien à Beauvais, saint Quentin à Vermand, dans l'Aine (qui par la suite allait prendre le nom de son premier martyr) et surtout saint Maurice et la légion Thébaine, entièrement composée de chrétiens, à Agaune, dans le Valais, en Helvétie.
  Quelques souvenirs subsistent sur notre sol de cette première empreinte du christianisme dans la clandestinité. On a la certitude que les chrétiens se réunissaient à proximité des villes dans les endroits où étaient ensevelis leurs morts et où ils célébraient leur culte, comme dans les catacombes romaines : ainsi près de Paris, dans la crypte de Montmartre où se trouvait le tombeau de saint Denis, et au Mons Cetardus (aujourd'hui rue Mouffetard)[2] et qui fut le plus ancien cimetière de Paris.
A Bordeaux les chrétiens se réunissaient auprès des tombeaux en bordure de la route, là où devait s'élever plus tard l'église Saint Étienne, devenue Saint-Sernin, sur l'emplacement de laquelle se trouve de nos jours encore une basilique; enfin à Reims, on a mis à jours, en 1738 un hypogée (une tombe souterraine) indubitablement chrétien et datant probablement du IIIè siècle, qui malheureusement a été  depuis réenterré, si bien qu'on ignore aujourd'hui où il se trouve et qu'on ne le connaît que par les reproductions maladroites qui furent faites alors des peintures qui le décoraient.
Pendant toute cette période clandestine, la vie chrétienne s'est limitée aux villes. Lorsque paraît en 313 l'édit de Constantin qui renversaient la situation et faisait du christianisme la religion officielle de l'empire, les basiliques ne tardent pas à s'élever dans les cités gauloises. Mais les campagnes ne devaient commencer à être atteintes que par les grandes missions d'évangélisation de saint Martin dans le courant du IVè siècle. Celui-ci, convertisseur infatigable, parcourut la vallée de la Loire, la Bourgogne, le Berry et les régions de l'Est, puisqu'on trouve trace de son passage à Trèves (Allemagne).
  Méthodiquement les cultes locaux sont remplacés par le culte chrétien et l'on trouve fréquemment dans les fondations ou sur les emplacements des églises élevées alors les traces d'anciens temples païens : il en est ainsi à Saint-Bertrand de Comminges, à Marseille (La Major), à Aix (Saint-Sauveur), à Vence, à Béziers, etc... Cette substitution d'un culte à l'autre permet de constater une certaine persistance de la religion gauloise malgré la domination romaine, et cela, plus particulièrement dans les campagnes où la présence romaine était moindre. Ainsi à Vandeuvre-du-Poitou (Vienne) qui avait été l'un des principaux marché du pays des bituriges[3], l'ancien temple romain contenait des images de dieux gaulois. A la différence du culte romain qui s'implanta artificiellement en Gaule, le christianisme se propagea naturellement au sein de ce peuple que Jules César déclarait entièrement tourné vers la religion.
  Il est clair que l'influence du christianisme a été extraordinairement profonde dans les destinées du peuple français. Deux faits entre autres en sont un parfait exemple : il y a d'abord l'extrême abondance des mots d'origine chrétienne dans le fond roman de la langue française. Ces mots sont beaucoup plus nombreux que ceux d'origine païennne, ce qui laisse déduire que la formation de notre langue doit beaucoup au christianisme.
  Les vocables vocables d'origine chrétienne foisonnent dans les noms de lieux français; et cela est typique du processus celte; les Gaulois se plaisaient à donner à leurs villages ou leurs hameaux des noms de divinités dont quelques-uns ont subsisté jusqu'à nos jours : ainsi Beaune qui vient de Belenus, dieu de la lumière, Sceaux de Segeta, déesse des moissons, etc... De même l'empreinte chrétienne se marque t-elle par l'extraordinaire abondance de localités portant un nom de Saints. Et parmi celles-là, les plus nombreuses sont celles consacrées à Saint Martin[4], hommage rendu au cavalier magyar, qui fut le plus grand missionnaire des campagnes gallo-romaines.
Ainsi enraciné en Gaule, le christianisme n'allait pas tarder à féconder ce sol et à en faire surgir les magnifiques basiliques qui s'y élevèrent dans le courant du IVè siècle. Beaucoup d'entre elles furent bâties par des évêques et ce fut presque une mode pour les grands personnages de se faire élever des sanctuaires dans leurs villas. C'est ce que fit Sulpice Sévère[5] dans sa villa d'Auch, après avoir été converti par Saint Martin.



[1] http://dossierstorique.over-blog.com/article-27985929.html
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Rue_Mouffetard
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Bituriges_Cubes
[4] http://dossierstorique.over-blog.com/article-29185315.html
[5] http://fr.wikipedia.org/wiki/Sulpice-S%C3%A9v%C3%A8re

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commentaires

Nour 28/12/2015 18:13

Bonjour,

Comment Le christianisme a t-il été introduit en France (en Gaule) et par qui ?
Cordialement

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