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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 15:42

Les femmes, qui déja tenaient un rôle important au sein de la société Gauloise, occupèrent par la suite une belle place dans la vie économique du monde Gallo-Romain. Quelque soit leurs classes sociales, elles pouvaient sortir librement, notamment pour travailler.

Les documents écrits de l'époque Gallo-Romaine ne donnent quasiment aucun renseignement sur les métiers exercés aussi bien par les femmes que par les hommes de cette époque. Ce sont des représentations figurées qui apportent un certain nombre de renseignements.
Il est très probable que la catégorie sociale dont étaient issus les gens et plus particulièrement les femmes, avait une influence sur le métier exercé.

Les cadastres d'Orange, mentionnent qu'au premier siècle, et plus précisément pendant le règne de Vespasien (69-79), au moins 21 femmes ont pris à bail à leur nom des lots de terre. Propriétaires de terrains, elles furent donc exploitante. La source précise par exemple que Appuleia Paulla possédait quarante-deux jugères (unité de mesure de surface, un jugère = approximativement un quart d'hectare) de bonnes terres et seize jugères de mauvaises terres.
La sépulture de Titia Dorcas nous apprend que cette femme fut au IIè siècle, propriétaire et exploitante terrienne à Aix-Les-Bains.
Des inscriptions gravées sur un poids étalon en marbre qui servait a vérifier le poids des lingots de fer commercialisé, nous apprennent que Memmia Sosandris était propriétaire de mine de fer, sa société était basé à Lyon en 226.
Ces exemples témoignent de l'esprit d'entreprise et de l'autorité dont savaient faire preuve les femmes de cette époque.

Autre domaine dans lequel on ne s'attend pas forcément à trouver la présence de femmes : Plombier.
Ce métier était l’un des plus important dans la Gaule-Romaine. On fabriquait le plomb en grandes quantités, notamment pour les conduites d’eau. La fabrication était très soignée, et d’une grande variété. Pour les grands travaux publics, on avait souvent recours à l’armée : plus d’un tuyau porte l’estampille de l’unité qui l’a fait exécuter. Les artisans apposaient eux aussi
des marques sur leurs produits identifiant ainsi leur travail, et à Vienne (Isère), où se trouvaient au IIè siècle de très nombreux ateliers de plomberie, des pièces au nom de Staia Saturnina ont été trouvées. Celle-ci semble avoir connu une certaine réussite professionnelle puisque l'on trouve ses productions sur les deux rives du Rhône, chose peu commune.

Staia Saturnina ne fut pas la seule femme à évoluer dans ce domaine car à Lyon, Terentia Secundilla était propriétaire d'une entreprise de plomberie, comme l'atteste une inscription sur un tuyau : "TERENTIA SECUNDILLA A FAIT (ce tuyau) A LYON".
Si de nombreuses traces de la civilisation Gallo-Romaine proviennent de la ville de Lyon et de ses environs c'est parce que Lyon était la capitale de la Gaule Romaine. Cette cité, presque inexistante en civilisation Gauloise était devenu la clé de voûte de l'administration romaine. C'est à Lyon que convergeaient toutes les grandes voies par lesquelles les légions pouvaient parcourir le territoire, venant d'Italie soit par le Mont Genèvre soit par le Grand ou le Petit Saint Bernard. De Lyon, elle gagnaient facilement les frontières de la Germanie, soit par le Jura et Nyon pour gagner Bâle, soit par Langres, Toul et Metz pour toucher le Rhin à la hauteur de Coblenz. A Langres un embranchement conduisait vers Reims et de là vers Boulogne. Enfin, Lyon était également le noeud de le vallée du Rhône et deux routes tracées par les Romains partaient de là pour contourner le Massif Central d'un côté vers Poitiers, de l'autre vers Cahors et Saintes. Toutes ces villes citées, regorgent d'intéressants vestiges Gallo-Romains.

Dans la vallée du Rhône, dans le Jura et jusqu'en Afrique, ont été retrouvés des tuiles et des tuyaux d'hypocaustes, datant du IIè siècle et marqués au nom de leur fabriquant Clarianus, dont la briqueterie, de belle taille, était probablement située au sud de Vienne. Certaines briques provenant de cette entreprise sont gravées au nom de Clariana, indiquant qu'une femme fut pendant un temps la propriétaire de la briqueterie, probablement après héritage.

Un hypocauste (photo - Hypocauste de Vieux-La-Romaine) est un système de chauffage par le sol utilisé à l'époque romaine et gallo-romaine surtout dans les thermes romains mais aussi dans les riches maisons particulières. Un grand foyer, le praefurnium, était situé à l'extérieur des constructions et l'air chaud produit était envoyé par des canalisations sous les sols dont les dalles reposaient sur des petits piliers de briques (pilettes). En général la hauteur du vide ainsi créé pour la circulation de l'air chaud était d'environ 40 à 60 cm. On estime que la température obtenue dans les pièces ne pouvait pas dépasser 30 degrés


Dans les thermes, pour obtenir une plus forte chaleur, on intégrait également dans les murs des tuyaux de terre cuite (tubuli), qui évacuaient la fumée des foyers (intégrés au bâtiment) et l'air chaud circulant dans l'hypocauste.

La médecine est un domaine où il n'est pas surprenant d'y trouver des femmes,et de nombreuses sources attestent que les Gallo-Romaines pratiquèrent cette profession.

En médecine, Rome avait recueilli l’héritage de la Grèce et jusqu’à l’Empire ce sont surtout de Grecs qui avaient exercé en Italie. Aussi malgré la création d’une médecine latine, le nombre de Grecs resta t-il important à Rome et dans les provinces.

L’école de Marseille était célèbre au début de notre ère. Dans cette vieille colonie grecque, celle des phôcéens, Crinas s’illustra par la mise au point du régime alimentaire, son confrère Charmis par l’ordonnance de bains froids en toute saison fut le bienfaiteur de la cité, dont il fit reconstruire les remparts.

Mais on connaît également quelques médecins d’origine gauloise, par exemple le père du poète de langue latine, Ausone qui exerçait au IVè siècle à Bordeaux , et que son fils fait parler en ces termes : “J’ai nom Ausone; je n’étais au dernier rang dans l’art médical et, pour qui connut mon temps, j’étais au premier.(...) Ni riche ni besogneux, je fus économe et non avare; ma table, mon train de maison, mes moeurs n’ont jamais changé. Je ne parlais pas facilement le latin, mais dans la langue grecque j’ai trouvé un vocabulaire suffisant pour m’exprimer avec élégance. J’ai donné gratuitement à qui me le demandait le secours de mon art, et n’ai point distingué entre ma profession et la charité.”

Ainsi la langue d’hippocrate est restée la langue médicale par excellence mais la profession n’a pas manqué d’attirer les Gaulois.

Flavia Hedone exerça au Ier siècle, à Nîmes; Metilia Donata, à Lyon aux Ier-IIè siècles; un monument funéraire du Ier siècle, à Metz, représente une femme médecin, sans préciser son nom.
Ausone, encore, évoque toujours dans son ouvrage "Parentalia", sa tante Aemilia Hilaria qui "pareille à un homme s'adonna à l'art du médecin". C'est à Bordeaux qu'elle exerça, en compagnie de son beau-frère.
Dans la droite ligne de la tradition hippocratique*, il semble que les médecins apprenaient l'essentiel de leur métier en accompagnant pendant quelques années un médecin installé, même si des cours plus théoriques étaient probablement dispensés dans certaines villes, notamment à Metz et à Avenches (Suisse). A Autun, dans l'épitaphe (une inscription funéraire, placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire) de Victor .... (reste du nom illisible, effacé), est écrit après son nom : "médecin médiomatrique"**. Cette indication ne mentionne probablement pas l'origine du médecin, mais précise plutôt qu'il avait été formé à Metz. où il y aurait donc eu une "école" réputée de médecine.
Des inscriptions nous font connaitre l'exixtence de Cléopatra, à Fréjus (Var) et de Iulia Pieris à Trèves (Gard), qui étaient sages femmes (obstetrix).
Outre les accouchements, les femmes soignaient au moins les femmes et les enfants en tant que généralistes.





La tradition des plantes médicinales était forte ancienne en Gaule et les pharmaciens jouaient un grand rôle dans la médecine du temps. Ils préparaient des médicaments et des onguents et une représentation sculptée (voir photo) nous indique qu'il y avait des femmes pharmaciennes, ou laborantine
Sur cette stèle une femme, probablement la propriétaire de l'officine plutôt qu'une divinité, prépare des plantes médicinales. Elle pose la main gauche sur une tablette et de la droite tient une patère au bord d'une cuve supportée par une chaudière placée sur un four où brûlent des bûches; dans la cuve il y a une cuiller dont le manche se termine en caducée. Au second plan, une jeune assistante debout, tient des deux mains une "éprouvette" qu'elle regarde attentivement au dessus d'un cuveau en bois, rempli à ras-bord.




  Plusieurs monuments funéraires montrent des femmes exerçant le métier de commerçantes. Le commerce occupait une place importante dans la société, car c'était le pivot essentiel d'une vie économique très active.
Un bloc sculpté découvert à Til-Chatel (Côte-d'Or) présente une succession de boutique le long d'une rue : dans l'étal de droite, probablement une charcutière et dans celui de gauche une marchande de vin.
A Vicq-le-Fesc (Gard), est connu une relief d'une marchande de couronnes de fleurs faites pour les banquets et les réunions joyeuses, avec cette inscription : "Non vendo nisi amantibus coronas. Je ne vends mes couronnes qu'aux seuls amants !".
De Soulosse (Vosges) proviennent deux autres scènes de commerce. L'une montre une marchande peut-être ambulante si l'on en juge par ce qui semble être un coffre monté sur roues qui contient sa marchandise, et des objets allongés (peut-être des outils) sont suspendus au toit de cet étalage roulant. L'autre relief montre un couple debout à l'intérieur d'une niche séparée par une sorte de comptoir. La femme tient une bourse au-dessus d'un coffret posé sur le comptoir.
A Bordeaux, une femme debout derrière son comptoir tient de la main droite une balance et de la main gauche semble t-il un miroir. Que vend t-elle ? Mystère.
A Rome, de nombreuses femmes évoluaient dans le milieu artistique; actrices, danseuses, musiciennes, il y en avait même qui combattaient dans les arènes, mais aucune preuve écrite ou aucune représentation n'en fait état en Gaule.
Les femmes fabriquaient généralement des vêtements pour les membres de la famille et certaines exerçaient cette activité dans des ateliers de confection. Un texte nous apprend que des ateliers installés à Arles, Autun, Lyon, Reims, Tournai et Trèves travaillaient à la confection des habits de la cour, et que des étoffes de luxe étaient conçues à Metz et à Trèves. Ces ateliers étaient constitués en large majorité de femmes.
On trouvait des femmes dans d'autres branches des métiers du textile, telle que la pesée, la distribution ou le filage de laine brute.

S'il existait des femmes Gallo-Romaine chef d'entreprises, médecins, artistes ou ouvrières, la principale qualité appréciée chez une femme était d'être une bonne mère de famille capable de transmettre à ses enfants les valeurs morales héritées de ses parents.

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate
** La cité des Médiomatriques : Metz

 

 

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Published by Lutece - dans La Gaule Romaine
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