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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 01:02

        En prêchant l’amour du prochain dans un monde ou l’esclave n’était qu’une marchandise, le pardon des offenses dans une société violente, le mépris des richesses et en assurant la vie éternelle dans le Royaume de Dieu, Jésus, juif de Palestine, va bouleverser l’histoire et se faire quelques ennemis impitoyables.

 

        Les juifs attendent un “messie”, un sauveur annoncé par les prophètes, pour les délivrer du joug des Romains qui occupent la Palestine.

        Lorsque Jésus à la suite de Jean-Baptiste commence à prêcher, certains espèrent qu’il va les libérer de l’occupant . D’autres pensent qu’Il est peut être plus qu’un prêcheur : Le Sauveur envoyé par Dieu pour faire naître un monde meilleur.

        Si Jésus apporte l’espoir, éclaire ceux qui l’écoutent, ramène certains qui s’étaient égarés, Il fait aussi beaucoup de mécontents : Il déçoit ceux qui attendent un chef politique, en refusant de s’opposer aux Romains (“Mon Royaume n’est pas de ce monde”) et surtout, Il irrite les prêtres juifs en les contredisant et en dénonçant l’imposture de certains. Ceux-ci l’accusent de blasphémer, délit punit de mort par la loi hébraïque, et obtiennent des autorités Romaines qu’elles le condamnent à mort.

        Après la mort du Christ et selon sa volonté, ses disciples s’en vont prêcher son enseignement (apostolat), annoncer “la bonne nouvelle” (évangile en Grec).

       
        Dès la première génération, le message du Christ est accueillit avec succès particulièrement auprès des “gentils”, gentilis en latin ou goïm en hébreux, c’est à dire les païens ou non juifs. Mais la mission est beaucoup plus difficile auprès des juifs.

         Le message du Christ se répand au prix de nombreux sacrifices et souffrances, comme celles d’Etienne, premier martyre chrétien, qui comme son maître Jésus Christ tint tête aux prêtres hébreux, et qui, accusé de détruire les traditions juives, fut lapidé aux portes de Jérusalem. L’assassinat de Saint Etienne déclencha le départ des Apôtres de Palestine.
        Saül, un juif qui avait assisté à la lapidation d’ Etienne et qui se rendait à Damas persécuter les chrétiens, rencontra Jésus ressuscité. Il sortit de cette rencontre aveugle, mais trois jours plus tard, Ananie, un disciple qui vivait à Damas le guérit. Il se convertit et se fit baptiser.
        Décidant de devenir un apôtre du Christ, il aida à l’”ouverture vers les gentils”, de l’église puis, grand voyageur, il fonda et s’occupa des communautés chrétiennes dans tout l’est du bassin méditerranéen. Son engagement ne tarda pas à lui attirer l’inimitié des juifs de Jérusalem. Il y fut arrêté et manqua d’être lynché. Étant citoyen romain il fut à sa propre demande conduit à Rome pour comparaître devant l’empereur. Saint Paul y fut décapité quelques années plus tard.

       
        Saint Martial qui, enfant avait vécut auprès de Jésus avec sa famille, fut plus tard, envoyé par Pierre en Gaule selon la volonté du Christ où réalisant de nombreuses guérisons, il évangélisa la région de Limoges.

        Un peu partout au second siècle, il y eut des martyrs. Les écrivains chrétiens en mentionnent en Grèce, en Italie, en Asie Mineure (ou Anatolie, 96 % du territoire total de la Turquie). Ils étaient souvent les victimes de lynchages populaires.

 

                                  Diffusion du christianisme








 

        A Antioche, ville de Turquie proche de la Syrie, où dès les premières années du christianisme, une communauté s’y était développée, les plus fidèles étaient sans cesse accueillies à coup de pierre, il suffisait d’une dénonciation pour qu’il fussent condamnés aux travaux forcés des mines.

 

Barthélémy, l’un des douze apôtres de Jésus évangélisa l’Arabie et la Perse. Il fut écorché vif, crucifié et enfin décapité en Arménie.



                        Saint Barthélémy par Giovanni Tiepolo






        Le vieux Polycarpe, évêque de Smyrne, un port de Turquie appelé aujourd’hui Izmir, fut brûlé vif, vers l’an 165; il était d’une génération qui avait connu des disciples de Jésus. Au proconsul qui lui demandait de maudire le Christ, il répliqua :”Il y a 86 ans que je le sers, et il ne m’a jamais fait aucun mal. Comment pourrais-je blasphémer mon roi et mon sauveur.”

 




       
         A Rome, sa ville natale, Saint Sébastien fut nommé capitaine de la garde prétorienne par les empereurs Dioclétiens et Maximilien Hercule qui ignoraient qu’il était chrétien.
         Il encouragea dans leur foi et au glorieux martyre des prisonniers chrétiens et rendit la parole à une femme en présence de 77 personnes qui se convertirent aussitôt.     
        Apprenant cela Dioclétien donna l’ordre de l’exécuter. Les archers qui aimaient beaucoup leur chef, obéirent en criblant de flèches le corps de Saint Sébastien mais en prenant soin de ne toucher aucun organe vital. Soigné et rapidement rétabli il se rendit auprès de l’empereur pour lui reprocher sa cruauté à l’égard des chrétiens.
        Dioclétien, furieux le fit alors rouer de coup jusqu’à la mort et ordonna que son corps soit jeté dans les égouts de la ville. 
        Son corps, retrouvé grâce à une vision de Sainte Lucine fut ensevelit auprès des restes des apôtres Pierre et Paul.

    
         Saint Sébastien par Pietro Perugino

 À  Rome toujours, Saint Laurent originaire d’Espagne subit le martyre en 258. Responsable du trésor de l’église, et chargé d’en distribuer les revenus aux pauvres, le préfet de Rome lui ordonna de lui céder les richesses de l’église. Saint Laurent fit venir alors les orphelins de la ville et dit: “Voilà les trésors, que je vous avais promis.“ En représailles pour son insolence il fut torturé à mort.

        Saint Denis, “l’ apôtre des Gaules,“ premier évêque de Paris fut martyrisé avec ses compagnons vers 272, pendant la persécution de Valérien. Alors qu’il venait d’être décapité, Saint Denis marcha, tenant sa tête sous le bras, pendant six kilomètres, traversant Montmartre par le chemin qui sera nommé rue des martyrs. A la fin de son trajet il donna sa tête à Catulla, une femme pieuse et s’écroula. Il fut enseveli à cet endroit. La ville où il repose prit son nom, et une basilique fut édifiée en son honneur.

        La communauté chrétienne se renforce grâce à l’attitude de ses martyres, véritables héros, qui par leurs sacrifices donnent la force à leurs frères et sœurs de résister aux mauvais traitements dont ils sont victimes.
        Issus le plus souvent, mais pas uniquement, d’un milieu modeste (marins, artisans, esclaves ...) les premiers chrétiens vivent en communautés : Tous leurs biens sont mis en commun. Ils vivent selon la parole de Jésus , dans l’amour du prochain, la générosité, la paix, adorent un dieu unique et croient en la vie éternelle.

        Les Romains sont choqués par ce mode de vie et par leur refus de rendre un culte à l’empereur, considéré comme un dieu. De plus, la société Romaine dans laquelle le rôle des esclaves est très important n’a pas intérêt à voir se développer une religion qui parle de liberté et d’égalité entre les hommes. Aussi les Romains qui avaient jusqu’ici accepté et même adopté les dieux étrangers, s’opposent au christianisme et persécutent les chrétiens.

        Les persécutions commencent sous l’empereur Néron qui rend les chrétiens responsables de l’incendie qui ravage Rome en juillet 64 et dont il est finalement lui-même accusé. Sous son règne, Saint Pierre, l’un des principaux apôtres de Jésus et premier pape de l’église catholique fut crucifié.

        Ses successeurs accentuent la répression : Des chrétiens sont jetés en pâture aux bêtes féroces dans les cirques ou crucifiés.

 

        Ignace d’Antioche, condamné à mort sous Trajan, devenu empereur en 98,fut envoyé à Rome dans un convoi de prisonniers pour servir aux jeux de l’amphithéâtre.

Durant le trajet, Ignace ne cessait de réconforter ses compagnons venus de toutes les régions de l’empire, pour eux aussi alimenter les combats contre les bêtes qui servaient d’attraction pendant les fêtes romaines.

       
        Au confesseur de la foi, à celui qui avait beaucoup lutter contre l‘agnosticisme, qui en divisant la communauté chrétienne, risquait de détruire le christianisme, au futur martyr qu’il était on demandait conseil. Les chrétiens des villes traversées venaient lui confier les difficultés de leurs églises. Mettant de côté sa propre personne, Ignace implorait Dieu par des prières pour les communautés qui souffraient et dictait des messages et des lettres qui furent longtemps après sa mort, lues et relues dans les communautés chrétiennes.

  

 








        En 177 à Lyon, dans les arènes de la ville, une humble servante prénommée Blandine, fut suspendue à un poteau et exposée pour être la pâture des bêtes lâchées contre elle. A la voir pendue sur une sorte de croix, à l’entendre prier continuellement, les lutteurs fortifiaient leur courage. Dans ce combat ils voyaient le Christ à leurs côtés.
        Aucune des bêtes sauvages ne la toucha, elle fut détachée du poteau, ramenée en prison et gardée pour un autre combat. Son supplice reprit lors d’une grande fête romaine pour laquelle les personnalités venaient de tout le pays.
        Ce jour-là des citoyens furent décapités, les autres subirent la longue liste des supplices de l’arène. On avait gardé pour la fin Blandine et un jeune garçon de quinze ans, Ponticus. On les fit passer par toutes les tortures, parcourir tout le cycle des supplices; on essaya de les forcer l’un et l’autre à jurer, mais en vain. Ponticus était exhorté par Blandine et fit preuve d’un admirable courage. Blandine demeura la dernière. Après les fouets, les fauves, elle fut mise sur une chaise brûlante, et enfin livrée à un taureau furieux qui la jeta en l’air avec ses cornes, mais elle ne renia jamais le Christ. On dut finalement l’achever au glaive. Ceux qui des tribunes avaient assisté à ce terrible spectacle, étaient troublés par l’attitude de Blandine que toutes ces souffrances ne semblaient ébranler.

        Pour échapper aux persécutions, les chrétiens célèbrent durant cette période, leurs rites et commémorent leurs morts en secret dans les catacombes (des cimetières souterrains décorés de fresques).
                                                          Scène de baptème (cimetière de Calliste)

        Les chrétiens torturés pour qu’ils renient le christ “acceptent” ce martyre (martyr, témoin en Grec) par amour pour Dieu, pour témoigner de leur foi.

 

         Par leur attitude, les martyrs chrétiens, torturés, humiliés, assassinés, triomphent de leurs oppresseurs. Leur humilité, leur courage, la charité dont ils font preuve envers leurs frères et sœurs et même envers leurs bourreaux force l’admiration. Cette force qui leur est enviée, ils le proclament, leur vient du Christ. De plus en plus de romains comprennent que si les chrétiens acceptent de mourir, c’est parce qu’ils sont sûrs d’avoir la vie éternelle. Peu à peu, les conversions se multiplient dans tout l’Empire.


        En 313 l’empereur Constantin reconnaît officiellement la religion chrétienne et fait construire la basilique Saint Pierre à Rome.


        Ne craignant plus dès lors d’être persécutés, nombre de païens se font alors baptiser.

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commentaires

Olivier C 24/07/2010 11:11


Bonjour,

Bien que la tradition la représente jeune fille, certains chercheurs pensent que sainte Blandine était plutôt une femme âgée au moment de son martyr.

Il est pas mal votre blog. Qui est son auteur ? Vous devriez créer une page "à propos"...

Bien à vous


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