Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 13:13

        Depuis 121 avant Jésus-Christ, les parties Est de la Gaule ainsi que la Gaule Narbonnaise sont occupées par l’armée Romaine. Une occupation qui permet à la Gaule de profiter de la richesse de la civilisation romaine, richesse culturelle, technologique, artistique et commerciale entre autres. Une occupation pacifique qui fait des Eduens par exemple des “amis de Rome”, titre proclamé par le Sénat.

        Toutefois toutes les tribus gauloises ne perçoivent pas la colonisation romaine avec joie, et en -80 un chef Arverne, Celtillos tente de restaurer le pouvoir régalien sur son peuple. Trahi, il échoue et est brûlé vif sous les yeux de son jeune fils Vercingétorix.
       
         Quelques années plus tard le poste de gouverneur des Gaules est confié à Jules César. Il dispose de quatre légions et a une ambition énorme, devenir le maître de Rome.

        Pour cela il a besoin d'une victoire grandiose et un évènement secondaire va lui offrir la possibilité d’obtenir la renommée qui lui est nécessaire.

        Les Helvètes se sentant à l’étroit sur leur territoire, confiné d’un côté par le Rhin qui les sépare des Germains, d’un autre par le Jura qui marque la frontière avec las Séquanes, et du troisième par le lac Léman et le Rhône qui les séparent avec la province romaine de la Gaule narbonnaise, ils décident d’émigrer dans le pays des santons, (dans l’actuelle Charente) qui accepte de les accueillir.

        En 58 avant J-C, les Helvètes, auxquels se sont adjoints des peuples voisins, au total 368 000 personnes, se rassemblent sur les bords du Rhône près de Genève, et s’apprêtent à franchir le fleuve. A cette nouvelle César quitte Rome, gagne à marche forcée la Gaule transalpine et arrive devant Genève.

        César s’évertue à repousser les Helvètes et les Suèves, un peuple venu d’Europe centrale, avec l’aide des peuples gaulois alliés dont font parti les Eduens. Cette intervention marque le début de la guerre des Gaules.

        Les armées de Jules César ont donc attaqué un peuple gaulois, les Helvètes, en territoire gaulois de plus, loin de se retirer, les légions romaines traversent la Gaules chevelue et battent une coalition Belges dès juillet 57 av. J-C puis écrasent les troupes germaniques en -55.

        Mais les choses vont bientôt changer. L’attaque de la Bretagne (actuelle Angleterre) en 54 av. J-C est un échec et en Gaule Belgique la révolte des Eburons est victorieuse. L’année suivante César prend sa revanche.


        Vercingétorix a grandi, il approche de la trentaine et est devenu un valeureux guerrier rompu aux techniques de guerre gauloises et romaines . Dans une Gaule lasse de ces années de guerre et de la domination romaine il prend le pouvoir au sein de son peuple, les Arvernes, par la force et s’impose à la tête du “parti anti-romain”, notamment grâce à l’art du discours prisé chez les gaulois.

        Il organise la résistance sous forme de guerre de guérilla (à laquelle la géographie gauloise se prête excellemment) et s’emploie à rassembler à ses côtés le plus grand nombre possible de tribus de Gaule et leurs chefs contre Jules César.

        Vercingétorix se rend dans de nombreux villages à la rencontre des chefs des différentes tribus afin de les convaincre que les peuples Gaulois doivent oublier les petites querelles qui les opposent et s’unir pour lutter pour la survie de leur civilisation face à la domination Romaine.
        Et lors du concile de la forêt des Carnutes où le plan du soulèvement général de la Gaule est dressé, Vercingétorix acquiert la confiance et l’appui des chefs gaulois et il s’impose rapidement comme la personne la plus à même de mener la coalition.

        Il remporte plusieurs victoires et afin d’affamer les légions romaines, pratique la politique de la terre brûlée, toutefois en avril -52 César s’empare de la ville de Avaricum (Bourges) qui n’a pas été brûlée et se dirige sur Gergovie où Vercingétorix a stationné ses troupes qui reçoivent le renfort de nouvelles tribus comme les Nitiobrogues venus d’Aquitaine ou des Rutènes et des Gabales venu du sud du pays Arverne.

 

        Les troupes de Vercingétorix ont donc gagné l'oppidum (une fortification positionnée sur une hauteur), de Gergovie, ils occupent également les sommets voisins.

Arrivé sur place, Jules César fait d’abord construire un grand camp et cherche à améliorer ses positions.

        Il utilise alors deux légions pour déloger une troupe Gauloise d’une colline proche de l’oppidum. Il y fait installer un petit camp ainsi qu’un double fossé d’environ 3,60 m de large qui permet aux Romains de circuler entre les deux camps en étant protégés des forces ennemies.

        A ce moment là du siège, César dispose encore du soutien des Eduens qui doivent lui envoyer des cavaliers. Mais Convictolitavis, un notable Eduen fait comprendre aux jeunes guerriers de sa tribu que leur aide serait plus précieuse aux gaulois qui se battent pour l’indépendance de leur territoire.

        Les Romains doivent alors faire face à la défection de ce peuple qui jusqu’alors était leur principal soutien.

        La menace est grave : la cavalerie éduenne forte de dix milles hommes pourrait prendre à revers les Romains. César décide de quitter immédiatement sa position pour aller à l’encontre des Eduens.

        Durant l’absence de César, les Gaulois attaquent les camps Romains.
        Aussitôt le chef Romain rentre de nuit vers Gergovie. Il y parvient avant l’aube. Les troupes de Fabius ont tenu, en particulier grâce à leur artillerie constituée de catapultes et de puissantes arbalètes. Néanmoins la position est loin d’être confortable.

gaulois 3
        César fait manœuvrer ses troupes qui partent au combat mais lorsque ce dernier, à la tête de la dixième légion sonne la retraite, bon nombre d’entre elles n’entendent pas ce signal et continuent à se battre. Sans soutien les pertes sont importantes.

        L’issue de la bataille est favorable aux Gaulois.
        Le siège n’est plus tenable, les risques étant trop grands pour l’armée Romaine, César et ses armées quittent l’Auvergne.

       
        Après cet échec César remonte au nord avec ses légions rejoindre son lieutenant Labiénus qui stationne chez les Lingons, peuple resté fidèle à Rome.
        Voyant les légions romaines battre en retraite, Vercingétorix abandonne sa stratégie de terre brûlée et décide d’anéantir l’armée de César.
        Mi-août, une attaque surprise de la cavalerie gauloise est mise en échec et Vercingétorix décide de se replier sur la hauteur d’Alesia avec une impressionnante armée composée d’après César, de 95 000 hommes munis d’un mois de ravitaillement. Le chef gaulois attend une armée de secours, qui doit venir prendre l’armée romaine à revers.
        César et ses 10 à 12 légions soit environ 70 000 hommes, décident devant l’infériorité numérique de ses troupes de renoncer à un assaut et de faire le siège de l’oppidum d’Alésia afin d’affamer les Gaulois et d’obliger ces derniers à se rendre.
        Il établit pour cela une double ligne de fortifications.
        Autour de la ville, une ligne de travaux défensifs de plus de 16 km est édifié, pour empêcher les assiégés de sortir.
        Le système de fortification est constituée d’un fossé de 4,50 m de largeur et de même profondeur. La terre déblayée sert à construire un remblai de 3,50 m de haut surmonté d’une palissade avec pieux. Cette construction qui encercle l’oppidum est ponctué tout les 24, 25 mètres d’une tour. En avant du fossé de petits pieux munis de pointes de fer sont enterrés, et à proximité sur 8 rangs des trous de 90 cm de profondeur, recouverts de broussailles, au fond desquels ont été calé des pieux acérés sont disposés en quinconce. Ensuite vient un second fossé de 4,50 m de profondeur et de largeur suivi d’un troisième de 1,50m de profondeur et de 6 m de largeur, comblé de troncs d’arbres dont les branches ont été taillées de manière à former des pointes. Vingt-trois fortins renforcent cette ligne de défense. Une rivière est en partie détournée afin de remplir le principal fossé d’eau.
       
       Enfin pour se protéger d’une éventuelle attaque extérieure mené par une armée de secours les même travaux sont effectués sur 21 km autour des premiers travaux.
        
        Le lendemain, les Gaulois de l’armée de secours lancent l’assaut. Ils se servent de flèches et de pierres et bousculent les défenseurs romains armés de frondes, de casse têtes et d’épieux. La bataille fait rage et l’artillerie lance une grêle de projectiles.


        Fin septembre, alors que l’armée de secours est arrivée, César ordonne à sa cavalerie d’engager le combat contre la cavalerie gauloise renforcée par les archers et l’infanterie légère de l’armée de Vercingétorix. Les combats durent de mi-journée jusqu’à la tombée de la nuit. La cavalerie romaine, composée de cavaliers germains alliés de César, finit par mettre les combattants gaulois en fuite et massacre les archers.

 

        Les pièges ralentissent l’avancée des Gaulois qui, au pied des palissades et n’ayant pu percer nulle part finissent par se replier au petit matin. De son côté l’armée de Vercingétorix, alertée par les clameurs des combats, attaque à son tour, mais les soldats du grand chef Gaulois mettent trop de temps à manœuvrer leurs engins d’assaut et à combler les premiers fossés. Celui-ci apprend la retraite de l’armée de secours avant d’avoir pu parvenir au contact des soldats de l’armée de Rome, il ordonne alors à ses troupes de regagner la ville.

        Suite à ces deux échecs, dus principalement à un manque de coordination entre les deux armées gauloises, Vercingétorix confie à son cousin Vercassivellaunos, une troupe d’élite de 60 000 hommes. Ce dernier attaque le camp romain depuis une montagne au nord. En même temps la cavalerie gauloise s’approche des fortification de la plaine et le reste des troupes se déploie en avant du camp gaulois. Vercingétorix sort de la ville avec tout son matériel d’assaut.

        Les Romains, attaqués de toute part, commencent à céder, d’autant que les Gaulois réussissent à combler les obstacles.

        Les combats sont intenses, César dirige de main de maître ses légions. Il envoie sa cavalerie prendre à revers l’ennemi. Les Gaulois, voyant les troupes romaines à cheval arriver dans leurs dos, prennent la fuite, mais les cavaliers romains leur coupent la retraite et les massacrent. Vercassivellaunos est capturé. Voyant ce désastre, Vercingétorix ordonne le repli de ses troupes, les troupes de secours quittent leurs camp et s’enfuient, mais la plus part sont rattrapés, fait prisonniers ou tués par les légionnaires.

        Le lendemain afin d’épargner la population affamée d’Alésia, Vercingétorix monta sur son plus beau cheval et jeta ses armes aux pieds de César pour montrer qu’il se rendait.

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César par Lionel-Noël Royer
       
        Après la reddition, 70 000 personnes, (des guerriers en majorité) seront déportées par les Romains, pour être données ou vendues comme esclaves. Chaque soldat de César reçoit alors un Gaulois comme esclave personnel.

        Jules César rentre vers Rome triomphant. Il ramène Vercingétorix comme trophée de sa longue campagne militaire en Gaule.

       
        Le chef gaulois est maintenu prisonnier dans les geôles romaines. Terrible fin pour ce grand guerrier qui a donné sa vie pour la liberté de son peuple et l’amour de sa terre.

        Après sept années de captivité il est exécuté dans sa cellule avec un lacet étrangleur sur ordre de César, en août -45, date de la célébration du triomphe de Rome sur les Gaules.



Un site interressant sur la Bataille d'Alésia http://www.alesia.com/index.php?ig=fr

 

La guerre des Gaules : http://www.theatrum-belli.com/archive/2008/08/16/125-av-j-c-rome-decide-d-envahir-la-gaule.html#more

Partager cet article

Repost 0
Published by Lutece - dans Les Gaulois
commenter cet article

commentaires

DESCENDANT DE CLOVIS 17/02/2009 17:36

Article interessant et instructif, bien documenté et expliqué.

Présentation

  • : Le blog de LUTECE
  • Le blog de LUTECE
  • : Petits dossiers sur des thèmes historiques simples mais serieux
  • Contact

Facebook

Retrouvez et devenez amis du Blog de Lutèce sur facebook

Recherche

English & Deutch versions

1348995815 United-Kingdom-flag1348995857 Germany-Flag

Site sélectionné par :

elu-sdj

Livres à lire sur le blog

Vercingétorix - Camille Jullian

L'oeuvre intégrale cliquez ici

  Essai sur la condition des Barbares - Eugène Léotard

Pour lire cliquez ici

 

Articles à venir

_ La borne militaire de l'Empereur Victorin