Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 16:52

  L'arrivée de soldats, fonctionnaires, commerçants, etc... venus de Rome, va amener sur la table des habitants de Gaule, de nouveaux aliments, de nouvelles recettes, de nouvelles habitudes.


  Dès le Ier siècle, sous l’influence de Rome, les Gaulois ont modifié leur mode de vie et donc leurs habitudes alimentaires. Si la plupart des gens se contentaient de pain, de légumes et de bouillie, les plus aisés prenaient comme les Romains, trois repas par jour.

   Le petit déjeuner (jentaculum) se prenait à l’aube. Il était composé de pain frotté à l’ail, accompagné de fromage, d’olives et de fruits.

  Le déjeuner (prandium) se prenait en fin de matinée. Sa composition était similaire à celle du petit déjeuner.

  Le repas du soir (cena) se prenait avant le coucher du soleil. Il était composé de hors-d’oeuvre (oeufs, escargots), de plusieurs plats (viandes, poissons, légumes) et de desserts (fruits, pâtisseries).

  Dans les villes, on pouvait se restaurer dans des thermapolia, de petites échoppes où étaient vendues des boissons chaudes et quelques plats à emporter ou à consommer sur place.

  Ils comportaient des comptoirs en maçonnerie dans lesquels étaient creusés des emplacements pour garder les marmites au chaud. Dans les tavernes, on avait le droit de vendre uniquement des légumes. Il existait aussi des marchands de nourriture ambulants.

 

  L'alimentation du petit enfant de cette époque est connu grâce aux textes de Soranos d'Éphèse, médecin Grec du début du IIè siècle après J.C. Celui-ci a fait ses études à Alexandrie avant d'exercer à Rome sous le règne de Trajan et Hadrien. Il a écrit notamment "Traité des maladies des femmes" où l'on retrouve les écrits les plus précis de l'Antiquité sur la grossesse, l'accouchement et l'allaitement.
  Soranos préconise pour le nourrisson une diète de deux jours, indispensable, selon lui, pour permettre de se rétablir au traumatisme de la naissance et de digérer la nourriture maternelle avant d'en recevoir une autre. Après ces deux jours de jeûne forcé, le nouveau-né pouvait enfin être nourri.
  L'allaitement au sein était bien évidement la méthode la plus c
ourante pour nourrirbiberon-gallo-romain-c-ramique les bébés. Les mamans qui manquaient de lait, pouvaient si elles en avaient les moyens financiers, recourir aux services d'une nourrice; les moins fortunées donnaient à l'aide d'un biberon de terre cuite ou de verre, du lait de brebis à leurs enfants. Ces biberons ressemblaient à une petite cruche d'eau, avec une anse et un bec très étroit.
  L'allaitement artificiel était cependant assez risqué, dans la mesure où la stérilisation du lait n'existait pas.
  Le sevrage ne se faisait pas pas avant l'âge de deux ans. Puis, comme le conseillait Soranos, la nourriture solide remplaçait peu à peu le lait : "les miettes de pain ramollies dans de l'Hydromel, dans du lait, dans du vin doux et miellé. Plus tard viendront le potage de gruau (grains de céréales dépouillés de leur enveloppe corticale par une mouture incomplète), la purée très liquide, un œuf mollet". Puis, "dès que l'enfant a des dents, des aliments plus solides, qui insensiblement vont l'accoutumer à un régime alimentaire nouveau". Soranos conseillait "un large éventail de mets et de boissons (y compris le vin), de manière à ce que l'enfant se familiarise avec toutes les saveurs". L'enfant gallo-romain mangeait donc très tôt les mêmes aliments que les adultes.

  La façon de se nourrir des gallo-romains différait suivant la région habitée. Logiquement, ceux qui habitaient à proximité des côtes maritimes mangeaient plus de poissons frais que les habitants de l'intérieur du pays. Au sud le climat étant plus favorable à la culture de certains fruits ou légumes, les habitants de ces régions avaient une alimentation plus diversifiée que les nordistes. Toutefois, les plus riches pouvaient acheter aux nombreux marchands ambulants qui sillonnaient le pays, des produits provenant par exemple de régions méridionales que les romains appréciaient particulièrement. 

  Les céréales constituaient un élément essentiel de l'alimentation dans toute la Gaule romaine. 
  Le blé, l'orge, le millet, le sésame, l'avoine et le seigle se préparaient en bouillie. 
  En pillant le blé dans un mortier, on obtenait une semoule appelée alica qui était  précuite à la vapeur, séchée et enfin, concassée. Avec de l'orge additionné de graine de lin, on faisait de la polenta. Et en dessert, la placenta était appréciée. Avec de la semoule de blé on faisait une pâte qui ensuite était garnie avec du miel et de la crème préparée à partir de fromage de brebis.

  Le pain que l'on faisait soi-même à la campagne ou que l'on achetait dans des boulangeries dans les villes, existait sous différente forme et était fabriqué avec différentes céréales.

 

pains-copie-1  Les familles gallo-romaines qui disposaient généralement d'un potager cultivaient des salades : chicorée, pissenlit, roquette, laitue, mâche, cresson, ou endive, ainsi que différentes sortes de légumes : carottes, panais, radis, asperges, poireaux, concombres, bettes, cardes ou artichauts. Le choux, cuisiné seul ou avec du lard était fréquemment consommé, tout comme les pois, fèves, lentilles ou pois chiche.
  Les nombreuses forêts gauloises offraient aux habitants du pays un choix varié de champignons, certains comestibles, d'autres moins... 
  Les légumes étaient consommés frais, bouillis, en purée ou même frits et étaient conservés dans du sel, du vinaigre ou étaient séchés. 

  Les Gallo-romains raffolaient de fruits. Ils produisaient des pommes, des coings, du raisin, des abricots, des cerises; cueillaient des mûres, des noix, des noisettes, des amandes et des pignons. Sur les marchés, les figues, les dattes, les prunes et les pêches avaient beaucoup de succès.
  Pour conserver les fruits afin de pouvoir en consommer en dehors de la saison, certains d'entre eux étaient cuits avec du miel ce qui donnaient une sorte de pâte de fruit, avec le raisin, on faisait de la gelée.

  À Rome, dans les milieux populaires, on offrait en fin d'année[1], des dattes de Syrie, en guise de confiseries. Des fouilles archéologiques effectuées en Gaule relèvent la trace de ces fruits, ce qui nous permet d'imaginer que nos ancêtres gallo-romains adoptèrent cette coutume romaine.

 

  Les repas quotidiens de cette époque étaient donc constitués principalement de légumes, de céréales (sous forme de pain) et de fruits.

  La viande n'était pas denrée journalière, elle se faisait même relativement rare chez  le peuple, il ne faut pas en conclure pour autant que les gens de cette époque étaient végétariens.

  Le porc était élevé pour sa viande, et la charcuterie gauloise était depuis longtemps réputée. Varron, au premier siècle avant notre ère affirme : «La charcuterie des Gaules a toujours été renommée pour l'excellence et la qualité de ses produits. L'exportation considérable de jambons, saucissons et autres confections de ce genre, qui se fait annuellement de ce pays à Rome, témoigne de leur supériorité comme goût» (De agricultura, II, IV). Toutefois, tous les foyers n'avaient pas possibilité d'élever un cochon. Engraissé au début de l'automne et tué à la fin de cette saison le porc dont la race différait un peu de celle élevée de nos jours allait nourrir toute une famille pendant l'hiver. L'animal abattu, sa viande était immédiatement salée et fumée afin de pouvoir être conservée.
  La viande des bovins était rarement de bonne qualité. Ces animaux étaient élevés avant tout pour les travaux agricoles, il fallait de bêtes fortes, solides, que l'on utiliserait le plus longtemps possible, au détriment de la qualité de leur viande.

  Les ovins eux aussi étaient élevés durant plusieurs années, pour leur lait, et pour leur laine qui servait à la confection de la majorité des vêtements. Manger de l'agneau était un luxe réservé à des événements particuliers.

  Très abondant dans certaines régions, le lièvre finissait souvent dans la marmite des familles gallo-romaines.

  Le sanglier, plus difficile à capturer et bien que très apprécié était beaucoup moins souvent invité à table que son cousin le porc dont les races domestiqués à l'époque étaient bien différentes de celle élevée aujourd'hui en Europe.

  Le cerf (biche, chevreuil) très coûteux car compliqué à chasser, était réservé aux plus riches.

  Des découvertes archéologiques, comme celle faite à Saint Marcel (Indre), nous apprennent de nombreuses choses se rapportant à la consommation de viande aux premiers siècles de notre ère. À Argentomagus (Saint Marcel) l'importante couche d'ossement d'animaux trouvée était attribuable à 95% à des bovins, et près de 60% présentent des traces de découpe bouchère. Ces chiffres tendent à montrer que si dans les villes et les agglomérations secondaires les bovins étaient abattus et débités dans des établissements spécialisés, les animaux plus petits comme le cochon et le mouton étaient tuée et découpés sur place dans les fermes. Ces marques de découpe bouchère et de raclage observées sur les ossements ont permis de reconstituer les phases successives de la préparation de la viande, depuis la mise à mort de l'animal jusqu'à la vente à l'étal.

  Le bœuf était d'abord assommé par un coup de masse porté sur le front, puis l'animal était tué au couteau. Les parties consommables comme la langue et la cervelle étaient alors retirées. La bête était ensuite dépecée à l'aide de feuille, ces couteaux à large lame. La peau était alors posée à terre et la découpe effectuée dessus pour éviter toute souillure des quartiers de viande. Boyaux et viscères étaient retirés, puis le boucher séparait la carcasse en deux. Restait à détacher épaules et cuisses ou à désosser les flancs.

  Après avoir fait bouillir la viande pour l'attendrir, on la salait, la nappait de miel et la faisait rôtir au four. La viande était aussi appréciée grillée ou à la cloche à braise. Il s'agissait de couvrir les aliments avec un couvercle (la cloche) pendant leur cuisson. Ce système permettait aux aliments de cuire en se gorgeant de sauce.

  Le ragoût, un plat classique de l'époque pouvait être préparé de façons différentes :

Le plumentum : soupe épaisse de viande, de légumes et de céréales.

L'offella : petits morceaux de viande en brochettes grillées au four, puis mijotés en cocotte avec une sauce. Ils étaient parfois marinés avant cuisson.

  Généralement, la viande était consommé fraîche, mais elle pouvait également être salée ou fumée pour être conservée.

  Les abats étaient cuisinés en farce dans les patina (gratin) ou dans les sauces.

  Boudins et quenelles modelés à partir de viande hachée menu dans des mortiers étaient également proposés à la vente sur les étals des bouchers et des charcutiers.

   

  Les volailles étaient principalement élevées pour leurs œufs qui étaient déjà cuisinés de différentes façons. Celles qui étaient destinées à la consommation étaient généralement prêparées farcies.

 

  Occasionnellement, on mangeait du foie gras d'oie, gavée essentiellement aux figues.

 

  Une bonne pluie d'été offrait la possibilité de ramasser des escargots dont les gallo-romains appréciaient le goût et le coût.

 

  Coquillages et crustacés, ramassés sur les côtes de la Méditérannée, de l'Atlantique ou de la Manche étaient appréciés des gens de l'époque. Huitres dégustées fraiches ou conservées dans de la saumure et du vinaigre, ainsi que les moules étaient le plus fréquement consommées. Mais coquilles Saint-Jacques, pétoncles, palourdes, télines, praires, bulots, oursins, crevettes, langoustines, et poulpes rencontraient également un certain succès.

  Les Gallo-romains étaient aussi amateur de poissons. Pêchés en mer, en eau douce ou élevés en vivier.

  Le poisson de mer était très coûteux car sa capture demandait beaucoup de travail. Le plus consommé était le thon, dégusté frais ou en salaison. Mulets, dorades, soles, murènes, loups (ou bars) garnissaient occasionellement les assiettes. Les gourmets raffolaient de turbots et de rougets.

  Les poissons de rivières comme la truite, la tanche, le saumon, l'anguille, l'ablette ou le brochet, moins perilleux à prendre et présent sur l'ensemble du territoire étaient, comme les poissons de mer, cuisinés grillés, en friture, farcis ou cuits à l'étouffée.

 

  Avec les produits de la mer, on fabriquait une sauce destinée à relever les mets et à élaborer des plats. Recette très ancienne, le garum provenait de la macération de poissons (thons et maqueraux principalement), dans une saumure de sel marin."Ces morceaux" précise Pline l'Ancien, sont "les intestins et les autres déchets" (Histoire Naturelle, XXXI,93). Parmi les différentes variétés de garum, le hallec était une préparation produite parfois à partir d'huitres et d'oursins. Étant peu coûteuse, elle régalait les plus pauvres.

  Les fabriquants de garum produisaient également des salaisons de poisson, les salsamenta. Les espèces ainsi conservés étaient les thons, les maquereaux, les sardines, les mendoles et les surmulets, tantôt entiers, tantôts découpés en morceaux, en tranches ou en filets. Le poète Martial[2] raffolait du jeune thon plongé dans la saumure et qu'on pouvait laisser macérer pendant plusieurs années (Épigrammes, XI, 52). À Saintes (Charente-Maritime), une incription peinte sur le col d'une amphore expédiée de Bétique (actuelle Andalousie), l'eût sans doute comblé : «Jeune thon de quatre ans d'âge. Excellent». Quant aux fouilles de la Bourse à Marseille, elles ont livrées des amphores contenant une massse encore importante d'écailles et d'arêtes de petits poissons. Leur contenu s'était peut être avarié : dans l'une d'elles on a retrouvé un squelette de souris !

 

  Le fromage en Gaule était principalement fabriqué avec du lait de brebis. Il pouvait constituer

à lui seul un repas : le petit déjeuner ou le déjeuner. Il était alors communément parfumé de menthe, de coriandre ou d'épices : le moretum[3].

  Le lait et le fromage étaient tous deux utilisés dans les recettes de cuisine et surtout dans les pâtisseries, comme les globi, beignets préparés à partir de semoule et de fromage frais[3].

  Consommateurs de beurre, les Gaulois utilisèrent l'huile d'olive un peu plus plus fréquement, avec l'implantation des Romains. En Gaule du Nord, on préférait toutefois cuisiner avec des graisses animales comme le suif ou le saindoux.

 

  Comme le pain et le lait, le miel constituait un aliment de base utilisé dans la préparation des desserts (gâteau au miel), des viandes et des boissons (hydromel) Le miel tenait lieu de sucre, dont on ne connaissait pas la fabrication à l’époque gallo-romaine. Il était aussi utilisé pour conserver les fruits et la viande. Les gallo-romains fabriquaient également du “miel de dattes” qui était un sirop obtenu par la cuisson de dattes de rebut. Des fruits secs ou concassés trempés dans du miel étaient consommés en tant que friandise.

  Épices, aromates et condiments étaient très nombreux à accompagner les recettes romaines. Il n’y avait jamais une seule épice mais un mélange d’épices utilisé dans les recettes. Ces dernières étaient toujours très assaisonnées. Les épices et aromates se divisaient en deux grandes catégories :

- les productions locales gallo-romaines : ail, menthe, coriandre, céleri, aneth, livèche, sarriette, laurier, carvi, ciboulette, câpre, genièvre, myrte (qui remplaçait le poivre), fenouil, basilic et persil.

- les importations : poivre d’Inde, gingembre. L’éloignement des zones de production en faisait des produits très coûteux.

  Le sel était indispensable pour la conservation des aliments. On l’extrayait de trois manières différentes :

 

- le sel gemme ( sel à l'état de minéral).

- le sel de source

- le sel marin

  potsetamphores

 

  À table, des Gallo-romains buvaient de l'eau et du vin. Ah, le vin ! Vaste sujet à traiter dans un autre article[4].
  

[1] En 46 avant notre ère, l’empereur romain Jules César décida que le 1er janvier serait le Jour de l’An.

En France, le Jour de l’an n’a pas toujours été le 1erjanvier : la nouvelle année commence à cette date depuis 1564. C’est le roi Chales IX qui, dans l'Édit du Roussillon du 9 août 1564, fixa le début de l’année au 1er janvier. Pour les peuples usant du calendrier solaire, le Jour de l’an a beaucoup changé au fil des siècles, au gré des Églises, des époques et des pays.

Aux VIè et VIIè siècles dans de nombreuses provinces, le Jour de l’an était célébré le 1ermars. Sous Charlemagne, l’année commençait à Noël. Du temps des rois capétiens, l’année débutait le jour de Pâques. En conséquence, les années étaient de longueur très variable. Cet usage fut quasi général aux XIIè et XIIIè siècles et même jusqu’au XVedans certaines provinces. Les généalogistes des rois de France devaient donc jongler avec les dates en fonction des lieux pour raconter l’Histoire car auparavant le début de l’année variait selon les provinces : à Lyon, c’était le 25 décembre, à Vienne, le 25 mars… L’édit de Charles IX mit tout le monde d’accord.

En 1622, cette mesure fut généralisée par le Pape à l’ensemble du monde catholique, notamment pour simplifier le calendrier des fêtes religieuses.

En 1792, le calendrier républicain abolit le 1er janvier et fait débuter l'année le 1er vendémiaire.

 

[2] Martial (en latin Marcus Valerius Martialis) est un poète latin du 1er siècle après J.-C., originaire de Bilbilis en Hispanie, réputé pour ses Épigrammes.

 [3] recettes de moretum et de globi : http://www.leg8.com/textes/vie_quotidienne/cuisine_romaine/5_recettes_laitages.php

[4] Les Gallo-romains buvaient du Gevrey-Chambertain : http://dossierstorique.over-blog.com/article-36024911.html

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Par Lutece - Publié dans : La Gaule Romaine - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 25 février 2010 4 25 /02 /Fév /2010 23:29

  Le monde celtique était constitué d'un morcellement de peuples, sans unité politique stable. Il est donc difficile de dresser un portrait commun aux druides Gaulois, Celtes de la péninsule Ibérique, Irlandais et Gallois.

  Cependant, certains points culturels apparaissent communs à ces différents peuples celtes.

 Druide1

 

   Les druides faisaient partie de la classe sacerdotale celtique, qui se divisait principalement en trois spécialités : les druides, les bardes et les devins. En haut de la hiérarchie se trouvaient bien entendu les druides. Dans son ouvrage sur la guerre des Gaules, César (100 à 44 av. J.C.) les présentaient comme une catégorie de privilégiés (en compagnie des chevaliers) dans la mesure où ils s'abstenaient d'aller à la guerre, étaient exemptés d'impôt, de service militaire et de toute autre charge. Il existait un druide supérieur qui possédait sur tous les autres une très grande autorité. Lorsqu'il mourrait, la succession revenait au plus digne; s'il y avait plusieurs candidats, la décision se faisait par le suffrage des druides ou par une lutte armée. Le rôle des druides était de s'occuper de la religion, de veiller à l'observation des rites, de régler les pratiques religieuses, de rendre la justice et d'enseigner (Guerre des Gaules, VI, 13-14). Pour l'historien grec Diodore de Sicile[1] (90 à 20 environ av. J.C.), les druides étaient des philosophes et des théologiens. Pour le géographe grec Strabon (environ 63 av.J.C. à 19 apr. J.C.), les druides s'adonnaient à l'étude des sciences de la nature et à le philosophie morale; ils rendaient justice et avaient le rôle d'arbitre au cours des guerres (Géographie, IV, 4, 4). Enfin, le géographe romain Pomponius Mela (milieu du premier siècle apr. J.C.) décrivait les druides comme des érudits, maîtres de sagesse et d'astronomie (chorographie, V, 2, 18).

 

  Le mot druide utilisé également en Irlande, vient de dru-, "chêne" et -wid- "voir, savoir. Druide signifie donc : "celui qui connaît par le chêne". Cette explication donné par Pline l'Ancien est aujourd'hui confirmé par une majorité d'historiens qui se sont penchés sur la question.

 

  La classe sacerdotale celtique était également  composée de bardes, mot utilisé en Irlande: bard, et au Pays de Galles :  bardd. Selon Diodore de Sicile, ils étaient des poètes lyriques, accompagnés d'une harpe, qui chantaient tantôt des hymnes, tantôt des satires. Ils utilisaient surtout leur art à l'occasion des guerres; sur les champs de batailles, ils s'avançaient au milieu des adversaires et les apaisaient (Bibliothèque historique, V, 31). Timagène[2] d'Alexandrie (Ier s. av. J.C.) indique que les bardes chantaient en vers les hauts faits des hommes illustres, accompagnés de leur harpe.

 

  Autre catégorie de druides : les devins. Pour Diodore de Sicile, ceux-ci prédisaient l'avenir par l'observation des oiseaux et l'immolation des victimes. (Bibliothèque historique, V, 31). Strabon les appelaient les "vates", spécialisés dans le sacrifice et l'interprétation de la nature (Géographie, IV, 4, 4). Enfin, ils portaient le nom d'"euphage" chez Timagène, et avaient pour fonction de révéler la force et les merveilles de la nature (Ammien Marcellin, XV, 9).

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  Des écrits parlent de druidesses ayant vécues au IIIè siècle, mais la classe sacerdotale semblait plutôt réservée aux hommes. Alors s agissait-il de druidesses, de femmes qui s'étaient auto-proclamée druidesses alors qu'au IIIè siècle les vrais druides étaient en voie de disparition, ou était-il plutôt question de voyantes ?

 

  Les druides n'ont pas mis par écrit leur savoir religieux pour les Celtes, les choses importante ne s'écrivaient pas, elles se disaient de vive voix. Cette position par rapport à l'écriture peut sans doute s'expliquer comme suit : les druides considéraient certainement la parole comme active, dynamique, évoluant comme la vie, à la différence de l'écrit qui fixait, figeait les choses et, dans un certain sens, les tuait. Une raison est donnée par César : les druides n'ont pas mis leur doctrine par écrit afin de ne pas la divulguer aux profanes.   

 druids stonehenge-711682L'enseignement se basait uniquement sur l'oral, ce qui obligeait les élèves à faire travailler leur mémoire. Les gens qui venaient s'instruire auprès des druides devaient ainsi apprendre par cœur un grand nombre de vers. Pour devenir druide, les études étaient très longues car elles pouvaient durer vingt ans (Guerre des Gaules, VI, 14). Pomponius Mela[3] confirme cette durée d'enseignement et précise qu'il était dispensé aux personnes les plus distinguées, mais aussi que cette formation se déroulait secrètement au fond des cavernes ou des bois les plus retirés (Chorographie, V, 2, 18).

  De par leurs nombreuses compétences, les druides occupaient une position prééminente chez les Celtes anciens. Pour ainsi dire, il étaient dépositaires d'un savoir traditionnel qui constituait les fondements de la société qu'ils conservaient et transmettaient de manière orale. Cette classe de savants existait sans doute avant la dispersion des différentes populations celtiques, ce qui peut expliquer la présence de traits de civilisation communs entre Gaulois, Celtes Ibères, Irlandais ou encore Gallois.

  La romanisation, qui a touché la plupart des pays celtiques (à l'exception de l'Irlande) a causé la disparition du druidisme. La conquête romaine a entraîné de nombreux bouleversements au niveau politique et institutionnel.

  Dans le nouveau mode de société imposé par Rome, qui exigeait le culte de l'empereur, les druides n'avaient plus leur place. Leur importance déclina progressivement, et c'est la période augustéenne qui a scellé définitivement leur sort. Suétone[4] nous apprend que l'empereur Claude "abolit entièrement chez les Gaulois, la religion si barbare des druides qu'Auguste s'était contenté d'interdire aux citoyens romains". (Vie des douze César, 5, Claude, 25). La disparition de l'élite sacerdotale a entraîné de facto l'affaiblissement inéluctable de la langue indigène, la perte de la théologie ainsi que la fin d'un système religieux cohérent.

 

  En tant que représentants de la classe sacerdotale, les druides étaient les seuls personnages de la société celtique à pouvoir communiquer avec les dieux. Pour cela, les druides les invoquaient essentiellement par des surnoms, car le véritable nom des divinités faisait l'objet d'une interdiction religieuse. Par respect, superstition, pour ne rien révéler de la religion à un étranger ?

  Les druides qui entretenaient une relation privilégiée avec les dieux, tenaient de ceux-ci leurs pouvoirs et leurs connaissances. Ils faisaient donc office d'intercesseurs entre les dieux et les hommes. Et lors de la prise de pouvoir d'un nouveau roi, ils transmettaient à celui-ci les valeurs de vérité, de savoir et de sagesse, chères à leurs divinités.

  Ayant le privilège d'avoir accès à la science divine, les druides avaient la connaissance des choses du passé, du présent et de l'avenir. Cela explique leur pratique si fréquente des actes de divinations et de prophéties.

  Diodore de Sicile a noté que les devins avaient recours à un rite particulier pour consulter les présages : "Après avoir consacré un homme, il le frappe avec une épée de combat dans la région au dessus du diaphragme, et quand la victime est tombée sous le coup, ils devinent l'avenir d'après la manière dont elle est tombée, l'agitation des membres et l'écoulement du sang" (Bibliothèque historique, V, 31). Une technique comparable se retrouve chez l'historien romain Justin (II ou IIIè siècle apr. J.C.) Lorsque les Gaulois ont appris qu'Antigone, le roi de Macédoine, allait les attaquer, ils se sont préparés au combat en immolant des victimes pour interroger les auspices; l'aspect des entrailles leur a présagé une grande défaite mais, au lieu de prendre peur, ils sont entrés en fureur et ont commis un véritable massacre dans leur propre camp (Histoires philippiques extraites de Trogue Pompée[5]). Il y a aussi le témoignage de rituels divinatoires moins sanglants. Ainsi, le même Diodore de Sicile nous apprend que les devins prédisaient l'avenir par l'observation des oiseaux. Justin confirme là aussi cette information lorsqu'il explique que les Gaulois ont pénétré en Illyrie car ils étaient guidés par le vol des oiseaux. Justin précise qu'ils étaient, de tous les peuples, les plus instruits dans la science augurale. Enfin, Élien le Sophiste[6] (170-234 apr.J.C.) évoque plusieurs peuples "barbares", dont les Celtes, qui se livraient à des actes de divination par l'entremise d'oiseaux, de signes ou par les entrailles des animaux (Histoires variées, II, 31).

  Comme la plupart des peuples, les Celtes eurent recours au sacrifice, quelquefois humain car, avant la christianisation ce rite était un acte essentiel de la vie religieuse qui permettait de communiquer avec les dieux et de purifier la société humaine. Il était forcément accompli par des personnes qui étaient en contact avec les forces divines, c'est à dire les druides pour les Celtes. À en croire César, le sacrifice avait une place très importante dans la vie de la société gauloise. Ainsi, les personnes qui ne se soumettaient pas à la décision des druides étaient exclues des sacrifices, ce qui était le châtiment le plus grave chez les Gaulois; ceux-là étaient dès lors considérés comme des impies, des criminels ou des impures (Guerres des Gaules, VI, 13).

 

  Celui qui avait les connaissances, l'expérience et la sagesse était considéré comme le plus à même à délivrer des jugements corrects. "Ce sont les druides qui tranchent presque tous les conflits entre États ou entre particuliers, et su quelques crime a été commis, s'il y a eu meurtre, si un différent s'est élevé à propos d'héritage ou de délimitation, ce sont eux qui jugent, qui fixent les satisfactions à recevoir et a donner" (Guerre des Gaules, VI, 13). Cette fonction est confirmée par Strabon selon qui les druides rendaient des jugements sur tous les litiges privés ou publics, se prononçaient dans les cas de meurtre (Géographie,IV, 4, 4)

  Les druides disposaient de pouvoirs de guérison. Par incantation, par chirurgie et par les plantes.

  Si l'on sait peu de choses sur les deux premières méthodes, les sources concernant la druidspratique de la médecine par les plantes sont plus nombreuses : Il convient tout d'abord de citer le célèbre passage sur la cueillette du gui : "Les druides n'ont rien de plus sacré que le gui et l'arbre qui le porte, pourvu que ce soit un rouvre... On trouve très rarement du gui (de rouvre) et, quand on en a découvert, on le cueille en grande pompe religieuse; ce doit être avant tout au sixième jour de la lune, qui marque chez eux le début des mois, des années et des siècles... Ils l'appellent dans leur langue "celui qui guérit tout". Il préparent selon les rites au pied de l'arbre un sacrifice et un festin religieux et amènent deux taureaux blancs dont les cornes sont liées alors pour la première fois. Un prêtre, vêtu de blanc, monte dans l'arbre, coupe le gui avec une serpe d'or et le reçoit avec un sayon blanc. Ils immolent ensuite les victimes en priant le dieu de rendre son présent propice à ceux auxquels il l'a accordé. Ils croient que le gui, pris en boisson, donne la fertilité à tout animal stérile, qu'il est un remède contre tous les poisons. Tant les peuples mettent d'ordinaire de religion dans des objets frivoles !" (Histoire naturelle, XVI, 95). Pline évoque ensuite une plante appelée selago en gaulois, qui ressemble au genévrier sabine (arbuste rampant). Sa cueillette faisait l'objet d'un véritable rituel : "On la cueille sans se servir du fer avec la main droite à travers la tunique à l'endroit où on passe la gauche, comme pour voler; il faut être vêtu de blanc, avoir les pieds nus et bien lavés, et avoir, avant la cueillette, sacrifié du pain et du vin; on l'emporte dans une serviette neuve. Les druides gaulois ont publié qu'il faut en avoir sur soi contre tous les malheurs et que la fumée en est utile contre les maladies des yeux". Pline parle d'une autre plante que les druides ont nommé samolos : "C'est une plante qui croît dans les lieux humides; elle doit être cueillie de la main gauche, à jeûn, pour préserver de la maladie les porcs et les bœufs; celui qui la cueille ne doit ni la regarder ni la mettre ailleurs que dans l'auge, où on la broie pour la leur faire boire"(Histoire naturelle, XXIV, 62-63).Dans les trois cas, les druides utilisaient une plante qu'il fallait cueillir selon un rituel précis (ce qui témoigne du caractère religieux de l'acte) et qui sera utilisée pour guérir les hommes et les animaux. L'utilisation d'une médecine par les plantes est également attestée par Marcellus de Bordeaux[7] qui évoque de nombreuses formules magiques, notamment une adressée aux déesses gauloises (matronae).

 

  En cas de guerre, les druides n'étaient pas tenus de combattre. L'utilisation des armes ne leur étaient pas interdites, mais les druides étaient souvent âgés et les précieuses connaissances qu'ils avaient acquises, les rendaient plus utiles à l'écart plutôt qu'au cœur des combats. En cas de conflit, les druides ne se contentaient pas de décider s'ils prendraient part au combat ou pas, ils pouvaient également occuper la fonction d'ambassadeur ou de médiateur. C'est ce que dit Diodore de Sicile : "Non seulement dans les nécessités de la paix, mais encore et surtout dans les guerres, on se confie à ces philosophes et à ces poètes chantants, et cela, amis comme ennemis. Souvent, sur les champs de bataille, au moment où les armées s'approchent, les épées nues, les lances en avant, ces bardes s'avancent au milieu des adversaires et les apaisent, comme on le fait avec les bêtes farouches avec des enchantements. Ainsi chez les barbares les plus sauvages la passion cède à la sagesse et Arès respecte les Muses" (Bibliothèque historique, V, 31). Strabon indique que lors des guerres, les druides avaient la position d'arbitre (Géographie, IV, IV, 4). C'est ce que fit Diviciacos, un druide Éduen, vers l'an -60, quand il se présenta devant le Sénat romain pour demander une aide militaire pour combattre les Séquanes.

 

  Le druide n'était pas le chef de son peuple, toutefois, quel chef se serait aventuré à commander sans consulter régulièrement son druide.

 

 

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[1] Diodore de Sicile, vécut du temps de Jules César et d'Auguste. Après avoir visité les contrées d'Europe et d'Asie ainsi que l'Égypte, il s'établit à Rome. Il laissa une œuvre considérable, l'une des plus riches d'informations sur l'Égypte antique, la Grèce antique et la Rome antique. Il travailla pendant 30 ans à la Bibliothèque historique, qui couvre plus de mille ans d'histoire, des temps mythologiques  à Jules César . Son œuvre, rédigée en grec, comprend 40 livres.
[2] Timagène : Rhéteur ( Professeur de rhétorique - l'art de bien parler -, dans l'Antiquité) et historien de langue grec, né à Alexandrie, vers 80av. J.C. et mort à la fin du Ier siècle.
[3] Pomponius Mela est le plus ancien géographe romain. Il écrivit aux alentours de 43 une description qui couvre le monde connu des Gréco-Romains.
[4] Suétone est un polygraphe et un érudit romain ayant vécu entre le Ier et le IIè siècle.  Il est principalement connu pour sa Vie des douze Césarqui comprend les biographies de César à Domitien.
[5] Trogue Pompée est un Gallo-Romain né à Vaison-la-Romaine, auteur au Ier siècle ap. J.-C. d’une Histoire universelle, l'Histoire philippique, en 44 livres, essentiellement à partir d'historiens grecs de l'époque hellénistique. Il acheva son récit à l'époque d'Auguste, contemporaine de la sienne
[6] Élien le sophiste est un historien et un orateur romain de langue grecque.
[7] Marcellus de Bordeaux surnommé l'Empirique, naquit vers le milieu du IVè siècle. Il n'était pas médecin et semble ne s'être adonné à l'étude de la médecine que pour le plaisir d'être utile. Son habileté, ses succès nombreux firent du bruit et attirèrent sur lui l'attention de l'empereur Théodose Ier. Sous le règne de Théodose II, il rédigea son traité de Medicamentis, une liste de tous les remèdes qu'il avait pu recueillir dans ses lectures et dans le cours de ses voyages.
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Par Lutece - Publié dans : Les Gaulois - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 17:35
  À Mouliets-et -Villemartin (Gironde) un village gaulois d'artisans et de commerçants gaulois prospère, situé au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques, des Petrucores et des Nitiobroges, a été découvert. Le site

  Le site

  Le site de Lacoste a été découvert en 1954 dans la petite commune de Mouliets-et-Villemartin en Gironde. Lors de prospections de surface, une multitude d'objets celtiques et antiques, datés entre le IVe siècle avant notre ère et le IIe siècle de notre ère, avaient été recueillis. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis d'y localiser une zone d'habitat et un quartier artisanal de potiers du second âge du Fer (-450 à -50).

  Entre août 2007 et avril 2008, la construction d'un gazoduc a été l'occasion pour une équipe de l'Inrap de fouiller une bande de 800 m de long sur 10 m de large, et d'approfondir les connaissances du site et de son organisation.

  Un village bien organisé

  Le site s'étend sur une trentaine d'hectares dans la basse vallée de la Dordogne. Non fortifié, il se trouve près d'un carrefour de voies, à la croisée de plusieurs peuples du nord de l'Aquitaine : les Petrucores, les Nitiobroges et les Bituriges Vivisques.

  Autour d'un village de 4 à 5 hectares, des quartiers voués à la production d'objets manufacturés sont implantés : ateliers de potiers, de forgerons et de bronziers. Un réseau de petits fossés, constituant un parcellaire très régulier, orienté nord-sud et est-ouest, délimite des espaces destinés, semble-t-il, aux activités agropastorales.

  L’habitat et les quartiers artisanaux

  Les sols des maisons, en graviers, étaient recouverts de planchers aujourd'hui disparus.
  Les parois, de terre et de bois, reposaient sur des poutres sablières. A l'extérieur, on trouve de nombreux dépotoirs (tessons de céramiques, faune, etc.) et des foyers formés de plaques d'argile reposant sur des céramiques écrasées.

  La principale activité artisanale reconnue à Lacoste est le travail du fer. Outre des amas de scories et des battitures , les forgerons ont laissé derrière eux une importante quantité d’objets en fer cassés, rompus lors de leur mise en forme – principalement des petites pièces comme des fibules – ainsi qu’un lingot de fer de type Currency bar
Des ateliers de bronziers ont été identifiés grâce à la présence de fragments de creusets, de coulées et de gouttelettes de métal. À ces gouttelettes étaient associés de nombreux fragments de creusets (dont un complet), quelques barrettes de métal préformées, ainsi que des fragments de petites fibules vraisemblablement cassées en cours de fabrication. La manufacture de petits objets en bronze à Lacoste n’est pas une surprise. Les ramassages de surface ont depuis longtemps permis d’identifier la pratique de cet artisanat, notamment grâce à la découverte de certains objets caractéristiques, comme les entonnoirs de coulée  et des fragments de moule en terre cuite.
  Des ateliers de verriers sont également pressentis.

  Le mobilier archéologique

  Le mobilier archéologique recueilli lors de cette fouille est très abondant. Ce sont plusieurs tonnes de céramiques qui ont été découvertes dans la zone d'habitat et plusieurs centaines d'objets en fer dans les quartiers des forgerons. De nombreux vestiges de la vie quotidienne ont été exhumés, notamment des objets de parures celtiques en métal, en verre, en ambre ou en lignite.
  Le site de Lacoste a livré une multitude d’objets témoignant d’activités domestiques, artisanales, agricoles ou artistiques avec des objets de parure. La fouille préventive apporte une information capitale sur leur origine. En effet, nombre d’entre eux étaient fabriqués sur place, dans des quartiers spécialisés. Parmi les objets de parure, ont été également découverts des fragments de perles et de bracelets en verre. Le verre gaulois, qui n’est pas soufflé mais filé, présente une extraordinaire gamme de bleus, de jaunes, de verts et de pourpres. À la centaine de fragments déjà recueillie sur le site depuis sa découverte s’ajoutent 28 nouvelles pièces qui font aujourd’hui de Lacoste l’un des sites les plus riches de Gaule pour ce type de parures. Leur fabrication in situ est probable, au même titre que celle des objets en fer et en bronze dorénavant bien attestée.
Voir l album
  Lacoste ville-marché
  Cette fouille fournit une somme d'informations capitales concernant une catégorie de sites encore mal connue aujourd'hui.
  Lacoste était situé au carrefour des territoires des Bituriges Vivisques (en Gironde, autour de Bordeaux), des Petrucores (en Dordogne, autour de Périgueux) et des Nitiobroges (dans le Lot-et-Garonne, autour d'Agen).
La prospérité de cette petite bourgade repose essentiellement sur une société qui a su très tôt - dès le IIIe siècle avant notre ère - développer une économie basée sur la production de masse, le commerce et les échanges, parfois à longue distance.
 


Source : INRAP
Par Lutece - Publié dans : Les Gaulois - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 15:26

  frappe-monnaie

  Au VIIè siècle avant Jésus-Christ, les Lydiens (habitants de la Lydie, un ancien pays d'Asie Mineure, situé sur la mer Égée) ajoutèrent dans leurs transactions basées sur le troc, les premières monnaies frappées au marteau sur des pépites d'électrum (alliage naturel d'or et d'argent). Elles étaient marquées d'un sceau, sur une seule face, à l'aide d'un cylindre de métal. Plus tard, Crésus (-561 à -547), pour éviter la fausse monnaie, fit graver des monnaies en or sur les deux face : les «créséides». Cette empreinte était reconnue de tous, acceptée et utilisée dans toute les transactions. La monnaie était née, sa valeur dépendait alors de son poids et du métal employé.

  Les Grecs furent les véritables propagateurs de la monnaie utilisée comme moyen d'échange autour du bassin méditerranéen. 
  La monnaie fait son apparition en Gaule au VIe siècle av. J.-C.par la colonie grecque établie à Marseille qui frappe des oboles. Progressivement, elle se répand parmi les peuples limitrophes (vallée du Rhône). 
  De très nombreux guerriers Gaulois exerçaient en tant que mercenaires, leur valeur était reconnue ce qui leur permettait de négocier chèrement leurs services notamment au sein des cités grecques. Ce mercenariat fit entrer plus de 4 tonnes d'or en Gaule dont le statère d'or de Philippe II de Macédoine (-359 à -336) qui servit de modèle aux artistes gaulois qui s'en inspirèrent largement pour réaliser des pièces de monnaies sur lesquelles ils ajoutaient des symboles issus de la mythologie celte. 
 

monnaie-Gaul
  Au IIe siècle av. J.-C., le monnayage est développé, et les peuples ayant des mines d'or, comme les Arvernes, frappent des statères.
  Chaque peuple gaulois était indépendant du point de vue du monnayage, certains étaient plus productifs que d'autres, mais il y a tout lieu de supposer que les pièces en métaux précieux circulaient entre peuples voisins. Les monnaies frappées à cette époque représentent souvent des animaux, des humains stylisés, des formes géométriques.
  Le cheval fut couramment représenté sur le revers des monnaies gauloises. Le sanglier était également assez représenté. Quand au coq, bien qu'emblème de la France, il ne figure sur aucune pièce gauloise. 

  Habiles commerçant, les Gaulois du centre de la France ont introduit des monnaies d'argent basées sur la drachme des Phocéens mais également sur le denier romains. Ils installèrent un système monétaire copié sur Rome.
  Les Romains qui 300 ans avant J.C. avaient développé un système original avec comme unité un as de bronze dont le poids, la forme et le métal variait, passèrent une centaine d'années plus tard au denier d'argent. Puis, fut créé l'auréus composé d'or et valant 25 deniers d'argent. Le cuivre fut réservé pour l'as et le bronze pour le sesterce.
Tableau-Monnaie  En Gaule, les échanges commerciaux étaient abondants, de grandes foires organisées dans ses principales cités attiraient de nombreux négociants. Ses tissus, ses salaisons, ses produits agricoles, sa situation géographique, toutes ces richesses, amèneront le jeune et ambitieux proconsul Caius Julius Caesar à soumettre la Gaule à la puissance de Rome en 52 av. J.C.
Vercingetorix stater CdM
 
Statère Gaulois des Arvernes.
Bien que le nom de Vercingétorix figure sur cette pièce, il ne s'agit pas du portrait du héros Gaulois, mais du profil d'Apollon.


  Peu à peu, les espèces romaines se substituèrent totalement aux monnaies gauloises.
  En 15 av. J.C. Lyon (Lugdunum) capitale des Gaules, se vit attribuer un atelier monétaire. Et lorsqu'en 4 av.J.C. celui de Rome fut fermé par la volonté de l'empereur Octave Auguste, Lyon devint le plus important atelier monétaire de l'Empire dans lequel toutes les espèces furent frappées. Malgré des arrêts sporadiques, l'atelier fonctionna jusqu'à la chute de Rome.
  D'autres ateliers furent ouverts de manière exceptionnelle à Vienne, Nîmes ou Arles. C'est d'ailleurs à Nîmes que furent frappées les deniers sur lesquels figuraient le portrait de Jules César, qui fut le premier Romain à voir de son vivant, son buste orner l'avers des pièces.

  Sous le contrôle de Rome, la Gaule entame une transformation progressive de sa société. Mais les taxes imposées par l'administration romaine occasionnent des mécontentements et parfois même des révoltes. 
  En 21, excédé par la lourdeur des impots à payer, Julius Florus, un Gaulois du peuple Trévire tente de soulever les Belges, et la même année, l'Éduen Julius Sacrovir, aidé des Séquanes réunit plus de 40 000 hommes. Mais les deux légions envoyées à leur rencontre s'imposent et le calme revient en Gaule-romaine.

  La romanisation de la Gaule se poursuit, le commerce se développe, et les commerçants occupent une place importante dans la société gallo-romaine.
  Il existe toutes sortes de corporations tant pour l’alimentation que les vêtements ou la poterie. Les stèles présentent assez souvent les deux symboles du commerce : la balance et la monnaie. Les balances sont de deux sortes : la libra à deux plateaux la plus répandue et la statera qui comprend un seul plateau et un fléau à bras inégaux, un peson mobile se déplaçant le long du bras le plus long. C’est la balance romaine. Pour la balance à deux plateaux, on utilise des poids calibrés. La mesure de base est la livre de 327,45 g.; et il existe des pesons de plusieurs livres ainsi que des sous mesures duodécimales, jusqu’à l’once, 1/12 de livre, soit 27,88 g., et le scrupule, 1/288 de livre, soit 1,137g. 
  L’usage de la monnaie est général à l’époque gallo-romaine, toutefois il devait subsister un large usage du troc.

Comment lire une monnaie gallo-romaine : http://dossierstorique.over-blog.com/article-32264124.html

 

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Par Lutece - Publié dans : Les Gaulois - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 22:56
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Observation : Fig. 7. -- À remarquer le luxe de la demeure gallo-romaine : mosaïques du sol, sculpture des colonnades. -- Tirer de l'image quelques indications sur les esclaves, anciens captifs : aucune liberté, achetés, vendus, cédés comme du bétail. -- Faire observer au premier plan, à droite : le chef franc : tête couverte d'un casque, cheveux flottant sur les épaules; derrière lui, le soldat franc : tête nue, cheveux relevés en crinière sur le sommet de la tête. -- Les armes des francs : l'épée, la hache, (francisque) qu'ils lançaient à distance pour atteindre leurs ennemis. -- Au fond, un vrai «déménagement de voleurs» (étoffes, bijoux, etc.); à gauche, un élément comique dans la tristesse générale de la scène.


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Observation : Fig. 8. -- Trois personnages, trois attitudes : le roi franc, assis sur un siège élevé, semble écouter, en réfléchissant tout comme un bon élève, l'évêque qui parle debout devant lui; la reine, assise en contre-bas, à gauche du roi, les yeux levés vers le prêtre, l'écoute également avec une profonde attention. -- Faire remarquer les rouleaux près du siège de l'évêque (livres écris à la main, très long travail, ce qui explique le petit nombre des manuscrits). -- Quelques remarques sur les costumes : cheveux long de Clovis, insigne de la royauté chez les Francs, sandales, robes flottantes, etc.

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Par Lutece - Publié dans : Les Mérovingiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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