Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 02:08


. [Observe : les dalles, les traces des roues de chars, les bornes, les tombeaux (à gauche).Distinguer les costumes romains et gaulois. Citez des monuments gallo-romains qui existent encore (photographies)*. Quelle solide maçonnerie ! ]


De nombreuses constructions témoignant de la contribution romaine au développement de la Gaule existent toujours.
En voici deux exemples :



Le Pont Du Gard 


Situé dans la commune de Vers-Pont-du-Gard, le Pont du Gard est un pont-aqueduc romain à trois niveaux.
Construit au Ier siècle, il est le vestige d'un monumental aqueduc de près de 50 km de long.
Un aqueduc est un ouvrage destiné à amener l'eau depuis sa source à travers un réseau de conduites vers les lieux de consommation (ou d'habitation).
L'eau coulait dans un canal couvert, dans la partie supérieure. Au dessous passaient les voitures à cheval et les piétons.
Plus haut pont-aqueduc connu du monde romain, c'est un chef-d'œuvre d'ingénierie, témoignage de l'extraordinaire maîtrise des constructeurs anciens : le dénivelé entre les points de départ et d'arrivée n'est que de 12,6 m, la pente moyenne générale étant de 24,8 cm par km. À cause du relief, l'aqueduc serpente à travers les petites montagnes et les vallées de la région.
Il servait à l'alimentation des thermes, bains et autres fontaines de la ville de Nimes.
Il cessa probablement de fonctionner (en particulier à cause des dépôts calcaires et d'un manque d'entretient) au commencement du VIe siècle. Du Moyen Âge au XVIIIe siècle, le pont était utilisé comme un passage pour traverser la rivière.
Le pont du Gard a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, en décembre 1985.


L'AMPHITHÉÂTRE D'ARLES



L'Amphitéatre d'Arles, ou Arènes d'Arles, a été construit aux environs de 80/90 après Jésus Christ.
Des combats de gladiateurs ainsi que des spectacles s'y tenaient.
La ville subissant à la fin du VIème siècle de nombreuses attaques, les habitants se réfugièrent dans son enceinte, dotant l'édifice de quatre tours, plus de 200 habitations et deux chapelles y prennent place.
Cette fonction résidentielle se perpétue dans le temps avant que l'expropriation commencée dès la fin du XVIIIe siècle n'aboutisse définitivement en 1825 sous l’impulsion du maire de l’époque, le baron de Chartrouse.
Aujourd’hui les arènes abritent de nombreux spectacles, en particulier des corridas, auxquelles il faut ajouter théâtre et spectacles musicaux.
L'amphithéâtre fut classé monument historique dès 1840 sur l’initiative de l'écrivain Prosper Mérimée et en 1981, inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Par Lutece - Publié dans : La Gaule Romaine - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 01:43

          Si en anglais dimanche se dit Sunday et en allemand Sonntag, c'est parce que ces pays ont laissé à ce jour la signification que les romains donnèrent aux jours de la semaine et qui coïncidaient avec les planètes du système solaire connues à cette époque. Sunday et Sonntag correspondent donc au latin "dies Solis", signifiant jour du Soleil.
          Nous retrouvons également en français les planètes gravitant autour du Soleil. Lundi vient de Lune, mardi de Mars, mercredi de Mercure, jeudi de Jupiter, vendredi de Vénus, Samedi de Saturne et dimanche... tient oui pourquoi dimanche n'a t-il aucun rapport avec une planète ?
          Parce que la France, pays de tradition chrétienne, et c'est également le cas pour l'Italie, l'Espagne ou le Portugal par exemple, transforma, à l'instigation des premiers chrétiens le "dies Solis" en "dies Dominius" c'est à dire le jour du Seigneur.

          Les chrétiens choisirent ce jour pour rendre grâce à Dieu car c'est un vendredi après midi que Jésus est mort sur la croix. Il fut enterré rapidement à cause du Shabbat * qui commence dès la tombée de la nuit et pendant lequel il est interdit d'ensevelir les morts et de les couvrir de parfum. Les femmes myrrhophores furent donc obligées d'attendre le dimanche matin, pour procéder aux embaumements et préparations qu'elles n'eurent pas eu le temps de faire le vendredi avant le coucher du soleil. Elles découvrirent alors le tombeau vide.
          Ce jour, fut donc désigné premier jour de la semaine, il commémore la résurrection du Christ. " Le jour du Seigneur, le jour de la résurrection, le jour des chrétiens est notre jour. C'est pour cela qu'il est appelé jour du Seigneur : car c'est ce jour-là que le Seigneur est monté victorieux auprès du Père. Si les païens l'appellent jour du soleil, nous aussi, nous le confessons volontiers : car aujourd'hui s'est levé la lumière du monde, aujourd'hui est apparu le soleil de justice dont les rayons apportent le salut." - Saint Jérome de Stridon (vers 340 - 30 septembre 420) -
          Le nouveau testament,  instaure une nouvelle ère de liberté affranchissant le peuple de Dieu des observances de la loi de Moïse. Le dimanche, jour de la résurrection du Christ, est le jour privilégié des chrétiens pour se réunir et partager ensemble.
          C'est le dimanche que les catholiques célèbrent l'Eucharistie, célébrant ainsi la mort et la résurrection de Jésus, à travers la proclamation de la Bible et à travers une action de grâce qui culmine avec le partage des éléments eucharistiques - le pain et le vin - qui représentent, le corps et le sang du Christ, offert en sacrifice sur la croix et ressuscité. L’Eucharistie est, l’actualisation de ce sacrifice. Elle se fonde sur la Cène, le dernier repas de Jésus avec ses apôtres.
         
          Constantin 1er, qui fut le premier empereur romain à se convertir au christianisme mit fin aux persécutions que subissaient les chrétiens, il aida l'Église chrétienne à prendre son essor, en établissant la liberté de culte par le biais de l'édit de Milan qui permit à chacun d'«adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel» ; il accorda la liberté de culte à toutes les religions et permit aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l'empereur comme un dieu.
          En 321, il décrèta  que "toute activité manuelle et judiciaire est interdite le dimanche" pour les juges, les fonctionnaires et les plèbes** urbains. Cette loi entraîna l'organisation du temps en semaines, ce qu'ignorait le calendrier romain.
          En 389, l'édit de l'empereur Théodose 1er instaura le repos dominical et des jours fériés pour les fêtes chrétiennes.
          En 585, le concile*** de Mâcon, présidé par Prisque, évêque de Lyon, interdit le travail et les procès le dimanche.
          Et en 650, le concile de Rouen imposa des surveillants pour faire respecter le repos dominical.

          Le roi de France Henry IV  soucieux du bien-être de ses moindres sujets, répéta maintes fois : « Je veux que chaque laboureur de mon royaume puisse mettre la poule au pot le dimanche ».

          A partir de 1793, les révolutionnaires, obsédés par leur désir de faire disparaître toute trace de chrétienté, imposèrent le calendrier républicain. Ce calendrier qui comprenait des semaines de dix jours posa des problèmes de repos dans les campagnes, puisqu'on n'avait qu'un jour sur dix pour se reposer. Cela causa aussi des difficultés dans les régions frontalières, pour les échanges économiques.
          Napoléon 1er rétablit le calendrier grégorien le 1er janvier 1806.

          En 1906, la loi du repos dominical a consacré le dimanche comme jour de repos en France.

          Depuis quelques années, certains dirigeants politiques proposent d'étendre les dérogations d'ouverture de certains commerces à d'autres secteurs dans un premier temps.

          Le 18 décembre 2008, Sa Sainteté le Pape Benoit XVI a rappelé : " Ce jour est offert à tous pour que l'homme ne soit pas réduit à n'être qu'une force de travail ou un consommateur, mais qu'il puisse se reposer et consacrer du temps aux réalités les plus hautes de la vie humaine : la vie familiale, la rencontre gratuite avec les autres, les activités de l'esprit et le culte rendu à Dieu... Il est important de ne pas perdre, dans une vaine et dangereuse course au profit, ce qui est, non seulement un acqui social, mais surtout le trait d'une sagesse humaniste profonde".



* Le Shabbat est un jour de repos observé par les juifs, du vendredi avant le coucher du soleil au samedi après la sortie des étoiles. Durant le Shabbat, qui est un jour de fête et de prières, les juifs doivent s'abstenir de faire certaines choses telles que des funérailles par exemple.

** Dans la civilisation romaine, la plèbe, les plébéiens, désigne le peuple et les patriciens la noblesse.

*** Un concile est une assemblée d'évêques de l'Église catholique ou orthodoxe. Cette réunion permet de prendre ensemble des décisions qui engagent la foi et la discipline.

Par Lutece - Publié dans : Catholicisme / Religion - Communauté : Histoire Géographie
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 14:42

         
          Inviolées depuis 1500 ans, les sépultures de trois aristocrates de Champagne,certainement Francs d'origine et enterrés entre 520 et 550 ainsi que celle du cheval de l'un d'eux ont été mises à jour à Saint Dizier en 2002.
          Jusqu'au 30 juin 2009, une exposition tout à fait exceptionnelle nous permet de les découvrir !

          Ces contemporains des fils de Clovis livrent un pan de la longue épopée barbare qui fera de la dynastie mérovingienne la première puissance européenne. Le mobilier funéraire des deux hommes et de la jeune femme est également exceptionnel, comptant près de 50 objets qui révèlent les premières traces d'un artisanat ancien : travail du verre, orfèvrerie forge... Aujourd'hui restaurées , ces pièces témoignent du statut de ces aristocrates. Une épée porte par exemple un anneau doré et des inscriptions runiques*.
          Les rois "barbares" de cette époque étaient ce que les sagas de scandinavie, dont les Francs étaient originaires, appellent des donneurs d'anneaux ou (et oui !) Seigneurs des anneaux. Ils donnaient aux "grands" du royaume des anneaux que ces derniers soudaient à leurs épées.
          Des bagues en or et pierres précieuses ont retrouvé leur éclat originel. Les analyses physico-chimique ont entre autres révélé la présence, sur un fermoir d'aumônière,** de lapis-lazuli provenant des confins irano-afgans : c'est la première pierre précieuse de ce type retrouvée sur un objet de l'époque mérovingienne. De la soie provenant d'Orient est également exposée, témoignant ainsi du fait que les Francs n'hésitaient pas à commercer bien loin de chez eux. La qualité, la quantité et les décors de la vaisselle et des verreries sont également supérieurs à ceux découvert dans d'autres tombes de l'époque. Ces trésors découverts sont d'autant plus rares qu'au 19ème siècle, une grande partie du matériel retrouvé dans des tombes de rois mérovingiens fut volé, tel le trésor de Childéric (le père de Clovis) :
          Le 27 mai 1653, lors de travaux effectués près de l’Église St Brice, Adrien Quinquin, un ouvrier sourd-muet, mit fortuitement au jour, un trésor. Il venait de découvrir la tombe de Childéric. Celle-ci contenait des pièces d’or et des monnaies d’argent, une bague sigillaire portant l’inscription «Childerici Regis », des bijoux, une épée, mais surtout trois cents abeilles en or et verre grenat façonnées selon la technique des « bijoux cloisonnés » répandue à l’époque mérovingienne.
La « fouille » qui suivit sa mise au jour ne fut évidement pas menée avec la précision souhaitable. Le doyen de la paroisse ne recueillit qu’une partie du matériel découvert.
Jean-Jacques Chifflet, médecin et historiographe, étudia les pièces récupérées et publia en 1655 un ouvrage intitulé « Anastasis Childerici I Francorum Regis » qui reste de nos jours la source essentielle pour la connaissance du trésor de Childéric.
Le trésor de Childéric fut offert en 1665 à Louis XIV par l’empereur Léopold Ier en remerciement de l’aide militaire reçue contre les Turcs. Le trésor de Childéric fut alors déposé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Royale où il fut pratiquement oublié.
En 1831 le Cabinet des Médailles fut victime d’un vol considérable. Dans le butin se trouvait le trésor de Childéric. Un certain nombre d’objets furent fondus et le reste fut retrouvé immergé dans la Seine dans des sacs. Aucun inventaire du trésor n’ayant été dressé entre 1665 et 1831 on ne sait exactement l’ampleur de ce qui a été perdu à ce moment. Mais sur les 300 abeilles initiales, il semblerait que déjà en 1665, il n’en restait plus que 27; aujourd’hui, seuls deux exemplaires peuvent témoigner de la richesse de Childéric.

Depuis lors, le trésor de Childéric (du moins ce qu’il en reste) est conservé au Cabinet des Médailles de la Bibliothèque Nationale à Paris.

En héraldique, les abeilles sont un symbole d'immortalité et de résurrection suite à leurs métamorphoses, de grandeur d’âme et de sagesse et de sociabilité grâce à l’organisation sans faille de la ruche et à leur caractère laborieux.
Considérées comme le plus ancien emblème des souverains de France, Napoléon fit broder les abeilles de Childéric sur son manteau impérial, rattachant ainsi symboliquement sa dynastie naissante aux origines de la France.

L'exposition a en outre l'excellente idée de dépassé le simple cadre des fouilles, dressant un panorama du peuplement de l'Europe au VIème siècle, le contexte politique complexe d'un royaume partagé que les descendants de Clovis se disputeront, les influences, les us et les rites communs, la christianisation... Plus de deux cents objets prêtés par les musées français et européens sont ainsi mis en perspective avec le trésor de Saint Dizier, composant un ensemble spectaculaire : reconstitution des trois sépultures mérovingiennes dans des matériaux contemporains, mise en scène des personnages parés de leurs riches attributs, tels qu'ils furent inhumés 1500 ans plus tôt.
Un catalogue complète l'exposition, rédigé par des scientifiques de renom et richement illustré. Des conférences mensuelles prononcées par des experts de l'époque mérovingienne (professeurs, historiens...), ont lieu pendant toute la période de l'exposition. Des spectacles vivants réguliers viennent aussi animer la manifestation. Tous ces éléments nous permettront de comprendre qu'au VIème siècle, les Francs ne sont plus des "Barbares".



Quelques photos de l'exposition :
http://www.linternaute.com/sortir/exposition/photo/nos-ancetres-les-barbares/les-tresors-de-nos-ancetres-les-barbares.shtml
http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Decouvrir/Multimedias/Visites_virtuelles/Les_tombes_de_Saint_Dizier/p-2346-Le_mobilier_des_tombes_aristocratiques_de_Saint_Di.htm

Vidéo de présentation de l'exposition :
http://www.ville-saintdizier.fr/video,80136,fr.html

* L'alphabet runique était l'alphabet utilisé par les anciens peuples de langue germanique, tels que les Anglo-saxons (pour écrire le vieil anglais) ou les Scandinaves.

** Bourse que l'on suspendait à la ceinture. Elles sont faites de tissus souvent richement brodés de fils d'or, d'argent ou de soie de couleur. On y rangeait de petits objets et des pièces de monnaie.

Par Lutece - Publié dans : Actualités/Entretiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 10:17


 

 

. [Pourquoi ces invasions ? (richesse de la Gaule). Les envahisseurs : les terribles Huns; les Vandales; les Burgondes qui sentent l'huile et le beurre rance; les Francs. Gravure : Costumes; armes; dévastation.]

Par Lutece - Publié dans : Histoire de France - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 09:21

    Attila est né aux alentours de 406 , il est le fils de Moundzouk, roi d’une tribu hunnique. Moundzouk meurt à la guerre en 408. Attila et son frère ainé Bleda sont recueillis par leur oncle, le roi des Huns Ruga.

  En 434, alors qu’il venait de désigner Bleda pour lui succéder, Ruga meurt empoisonné, probablement par ses neveux.

   L’Empire hunnique qui s’étend sur une grande partie de l’Europe centrale et de l’Asie centrale est alors partagé entre Bleda et Attila.


                                                              L' empire des Huns au Vème siècle


          Entre 435 et 440 Bleda qui s’est imposé à Théodose II, l’Empereur romain d’Orient obtient que celui-ci double le tribut versé à l’Empire hunnique afin que les Huns laissent en paix Constantinople.

          Pourtant en 440 Bleda, profitant que les Romains attaqués dans une partie de leur empire (l’Arménie romaine) par les Perses sassanides (d’Iran) relâchent leur surveillance, attaque à nouveau l’empire romain d’Orient.

          De sont côté, Attila reste à distance ne faisant qu’aider son frère en quelques occasions, car celui-ci a d’autres ambitions et ne tient pas à rester plus longtemps derrières Bleda.

Fin 444 ou début 445, Attila fait assassiner son frère et devient ainsi le seul roi des Huns.

                                                                                            Attila

          Dès lors, Attila et ses armées ne cessent de pénétrer sur le territoire romain pour piller les villes et les campagnes qui se trouvent sur leur chemin.

          Mais le 27 janvier 447, un tremblement de terre provoque d’immenses dégâts qui entraînent une famine importante dans l’empire d’Orient.

          Le chef des Huns profite de l’occasion pour envahir une partie de l’empire mais il ne rencontre que désolation sur sa route et surtout ne trouve pas suffisamment de nourriture pour son importante armée.

          De plus, Constantinople ne payant plus son tribut aux Huns, Attila, sans ressource est contraint de négocier la paix avec Théodose II. Mais ce dernier trouve la mort dans un accident de cheval, en 450. Et Marcien, qui lui succède refuse de payer quoi que ce soit aux Huns.

           L’empire romain d’Occident est à cette époque dirigé par Valentinien III. Cet empereur né à Ravenne (Emilie-Romagne) en 419 est débauché et sans caractère.

                                                      Valentinien III, Honoria et leur mère Galla Placidia

          Afin de garder l’unité du pouvoir, il oblige sa sœur, l’Impératrice Honoria à vivre chastement. Mais celle-ci ne l’entend pas ainsi et envoyant sa bague à Attila, elle demande au roi des Huns de l‘épouser.

          Le roi des Huns qui cherchent une opportunité pour s’installer en Gaule demande alors la main d’Honoria en spécifiant qu’elle devait recevoir en dot la moitié de l’empire d’occident ou à défaut de celle-ci, au moins la Gaule.

          Valentinien III refuse catégoriquement et prétend que sa sœur est déjà mariée, et que par conséquent le mariage est impossible.

          A l’automne 450, Attila déclare la guerre à l’empire romain d’occident et au printemps 451 débute une campagne contre la Gaule.

          Il réunit alors une armée composée de différents guerriers de peuples issus de son empire. Des Ostrogoths, des Gépides (qui ont chassé les Vandales de leurs terres), des Skires (peuple Balte installé sur les bords de la Mer Noire), des Suèves, des Alamans, des Hérules (autre peuple germanique présent dans différents coins d’Europe, mais plus particulièrement sur les bords du Danube), des Alains etc... Et sous prétexte d’aller récupérer les Wisigoths, peuple qu’Attila considère faire partie de son empire et qui se sont installés en Gaule, celui-ci franchit le Rhin à la tête de ses troupes.

          Une fois pénétré en Gaule, Attila dévaste de nombreuses villes, permettant à ses hommes de se ravitailler et brûle Metz, le 7 avril.

                                                                           Attila attaque la Gaule

         
           Les armées romaines reculent devant l’avancée des Huns, les villageois se cachent dans les forêts.

 

          À Paris les habitants s’apprêtent à fuir, mais Geneviève, une jeune fille, de père Franc et de mère Gallo-romaine encourage les Parisiens à résister à l’invasion.

“Que les hommes fuient s’il veulent, s’il ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’Il entendra nos supplications.”


          Et Attila continue sa route, délaissant les richesses de Paris.


          Arrivé à Orléans, ville située à la frontière du territoire accordé par Rome à Théodoric 1er, roi des Wisigoths, Attila encercle la ville et fait le siège.

          La ville, assiégée depuis le début du mois de mai et délaissée par son gouverneur est prise en charge par son évêque de 92 ans, Aignan. Celui-ci demande l’aide de Dieu et encourage la résistance de la population.

          Les Orléanais repoussent attaque sur attaque mais le siège dure depuis plusieurs semaines et ils sont épuisés. Ils proposent aux Huns de cesser le combat si la vie leur est épargnée. Attila répond : “ Les orléanais vivront mais ils seront mes esclaves”.Ceux-ci se résignent finalement à se rendre et alors que les Huns commencent à pénétrer dans la ville, un cri se fait entendre : “ Voilà le secours de Dieu !” Il vient d’une tour où, pour observer l'horizon, Aignan est monté. C’est Aetius qui, rentré précipitamment de Rome, arrive avec son armée.

          Ceux, devant qui habituellement l’on fuit, sont surpris par cette attaque et quittent précipitamment la ville.

          Flavius Aetius est un généralissime des armées romaines, c’est un fin stratège qui a l’habitude de combattre les barbares et qui connaît personnellement Attila depuis de nombreuses années. Il dispose d’une armée squelettique renforcée par des soldats issus de peuples alliés aux romains.

          Le consul romain ne veut pas se contenter de la fuite des Huns, alors il cherche à obtenir le soutien des différents peuples installés en Gaule.

          Conscient du danger que représente l’armée d’Attila, les Francs, puis les Burgondes installés en Savoie, des Alains installés à l’ouest d’Orléans et vers Valence (entre Le Puy et Grenoble, Drôme), des Saxons, installés sur les côtes de la Mer du Nord, les Armoricains et les Wisigoths de Théodoric se regroupent derrière Aetius.

         
          Attila et son armée sont parties vers l’Est, et c’est dans les environs de Troyes qu’il s’est installé environ quinze jours après avoir quitté Orléans. L’armée d’Aetius s’y rend et se prépare à affronter les troupes hunniques.


X = Emplacement de la bataille (dans le département de l'Aube) où les armées d'Aetius auxquelles se sont joint les Francs et les Wisigoths encerclent les Huns.

          Le roi des Huns a consulté les augures qui lisent l’avenir dans les entrailles de victimes sacrifiées. On lui a appris que ses adversaires remporteraient la victoire mais que le chef ennemi trouverait la mort.
          Ne pouvant de toute façon fuir bien loin, il décide de passer à l'attaque le lendemain en fin d’après midi pour pouvoir utiliser l’obscurité de la nuit en cas de désastre.

          La bataille qui a lieu aux alentours du 20 juin 451 se déroule dans une vaste plaine (la bataille des champs catalauniques) dure jusqu'à la nuit.

          Durant les combats le roi des Wisigoths, Théodoric 1er est tué. Son fils Thorismond lui succède. Et au matin le nouveau roi accompagné d’Aetius peut mesurer la porté de la situation.

          Le champ de bataille est couvert de cadavres et Attila s’est réfugié derrière un rempart formé par les chariots qui accompagnent les Huns dans leurs déplacements.

          Cette position est difficilement attaquable. Par conséquent Aetius décide d’encercler les Huns et d’attendre. Il ne souhaite pas la défaite totale d’Attila qui fut son ami, de plus l’anéantissement des Huns donnerai aux Wisigoths un pouvoir trop important.

          Aetius convainc donc ses alliés de retrouver leurs peuples et de le laisser seul assiéger les Huns.

          Les Francs et les Wisigoths parties, Aetius fait manœuvrer ses troupes de façon à donner à Attila l’occasion de s’enfuir. Celui-ci se saisit de l’opportunité et s’échappe en compagnie d’une partie de ses hommes.

 

          La Gaule est définitivement débarrassée des Huns.

 

         Mais le chef romain a commit là une grave erreur car au printemps 452 Attila, qui a reconstitué une armée, marche sur l’Italie, pillant, massacrant comme à leur habitude en commençant par Aquilée, dans le Nord-est du pays, puis il se dirige vers la Vénétie.

          La population épouvantée par l’arrivée des troupes hunnique va chercher asile dans les iles de l’Adriatique. L’ile du Rialto choisie pour échapper aux hordes sanguinaires donnera naissance à la merveilleuse cité de Venise.

          Après avoir saccagé Padoue, Vérone et Brescia (Vénétie) il continue sa route et ravage Milan, Pavie, Bergame etc...

          Toutefois cette campagne est éprouvante pour les Huns qui, affaiblies succombent en grand nombre de maladie (peut être la peste).


                         La rencontre de Léon 1er Le Grand et Attila par Raphaël (musée du Vatican)

          Le 8 Juillet 452 le Pape Léon 1er sort en grande pompe de Rome et va à la rencontre d’Attila. Le roi des Huns cède à sa prière, renonce à envahir Rome et retourne dans les steppes où vit son peuple (la Pannonie une ancienne région d’Europe centrale, actuelle Hongrie + une partie de la Croatie et de la Serbie).

         
          Parce qu’il avait épargné Paris, où Sainte Geneviève animait la résistance, épargné Troyes devant les supplications de l’évêque Saint Leu et avait fait demi-tour après avoir rencontré Léon 1er, Attila fut nommé par les chrétiens “le Fléau de Dieu” autrement dit l’instrument de la punition divine. Il frappe ceux qui se sont détournés de l’enseignement de l’église, et épargne les miséricordieux.

 

          En 453, la nuit de ses noces, Attila succombe à une hémorragie du nez ou de la gorge, précipitant la chute de son empire.

 

Par Lutece - Publié dans : Barbares - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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