Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 08:09

   Dans la sociéte gauloise de la fin de l'indépendance, la guerre était un phénomène quasi permanent. De ce fait, les hommes s'étaient organisés militairement en conséquence. Les Gaulois de ce temps, connaissaient les grand principes de la guerre et les paramètres de la manœuvre. Ils combattaient en établissant des stratégies embryonnaires et en appliquant des tactiques élaborées.

   Une certaine habitude de la violence, qui n’était pas réservée d’ailleurs à la seule civilisation celte, s’explique entre autres par les conceptions religieuses exaltant le héros et le sacrifice suprême ; mais aussi sur les fondements matériels de la société qui repose sur une véritable « économie de la guerre », le tout sur fond de conflits avec l’étranger.

L’art de la guerre dans la période du IIe et Ier siècles avant J.C., a connu de profondes mutations par rapport à la période antérieure : mise en place progressive d’un processus de décision codifiée, structuration des forces, accroissement des effectifs, développement d’un art du commandement avec des préoccupations stratégiques embryonnaires et leur traduction tactiques sur le terrain modifiant la manière traditionnelle de combattre. La diversification de l’armement précède ou accompagne le développement des armes « tactiques » et, en particulier, celui des troupes montées, véritable fer de lance des armées. Dans l’infanterie, on assiste à la substitution partielle de formations plus légères et mobiles à l’antique phalange grecque. C’est aussi l’époque du développement des fortifications et des premiers balbutiements dans l’art de la poliorcétique (science du siège des places fortes). Certains nobles celtes (les equites) tentent alors de détourner cette force naissante à leur seul profit, faisant de la guerre un métier à part, une activité de professionnels et non plus un spectacle d’amateur en quêtes d’émotions fortes.


     Sur le champ de bataille.


  À partir du IVe siècle av. J.C., les armées étaient disposées d’après le modèle méditerranéen. L’infanterie occupe le centre de la ligne de front et place des réserves en profondeurs. Les ailes sont occupées par la cavalerie.

  Le rôle de l’infanterie consiste à barrer le passage à l’adversaire. Pour cela elle combineEvariste-Vital Luminais - Combat de Romains et de Gaulois de l’infanterie légère et de l’infanterie combattant au corps à corps. L’infanterie légère est disposée en première ligne, pour engager en premier lieu le combat avec ses armes de jet couvrant ainsi le front ennemi de projectiles et l’empêchant d’avancer. Elle se retire lorsqu’elle a épuisé ses munitions, ou lorsqu’elle se retrouve pressée par un adversaire qu’elle n’a pu faire reculer. L’infanterie au corps à corps prend alors le relais pour continuer le combat.

  La cavalerie, de part sa rapidité, a un rôle d’appui et peut tenter de déborder les ailes ennemies pour l’encercler ou protéger les ailes de son propre camp afin d’éviter toute manœuvre de la part de son adversaire.

  Ces manœuvres d’encerclements sont toujours tentées par les belligérants, car lorsqu’elles réussissent, elles peuvent entraîner des victoires relativement rapides et peu couteuses en hommes pour le vainqueur.

 

Sources : A. Deyber, Les Gaulois en guerre : stratégies, tactiques et techniques. Essai d'histoire militaire (IIe - Ier siècles av. J.C.) éd. Errance _ Histoire Antique & Médiévale N° 52

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Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 07:37

             Vercingétorix

 

     Chapitre V - Celtill, père de Vercingétorix.

 

3. Cimbres et Teutons en Gaule.

 

Les conséquences de ces luttes de partis et de la ruine de la royauté arverne se firent sentir rapidement. Rome fut l’agent destructeur de la patrie gauloise.

En 125 avant notre ère, l’empire celtique était le plus brillant de l’Occident barbare, il en était aussi le plus utile. Il contenait à la frontière du Rhin les migrations germaniques. Quand il se fut disloqué, aucune nation ne présenta une surface assez grande pour les arrêter. En 110 (?), les Cimbres et les Teutons franchirent le fleuve.

Entre la Marne et la Moselle, les peuples belges furent assez forts et assez unis pour écarter l’invasion. Il ne fallait qu’un peu de cœur et d’entente pour imposer le respect à ces hordes naïves. Elles refluèrent vers le Sud. invasion-germains

De la Marne aux Pyrénées, le courage manqua aux Celtes désunis. Ce ne fut pas une déroute, mais une de ces paniques effroyables qui saisissent les foules au moment des inondations subites. Les bandes germaines envahirent, dévastèrent, recouvrirent toutes les campagnes ; la population se réfugia dans les bourgades fortifiées, îlots de résistance au milieu de terres submergées. La Gaule fut frappée de la même manière qu’elle devait l’être, six cents ans plus tard, par d’autres troupes transrhénanes. Pendant des semaines, les envahisseurs allaient et venaient au pied des villes investies, et il y eut de telles misères que les Gaulois durent s’entre-dévorer.

Les Arvernes, qui avaient les plus riches plaines, les trésors les plus abondants, et les forteresses les plus solides, furent sans doute ceux qui souffrirent le plus et qui résistèrent le mieux. Enfin les Barbares s’écoulèrent dans la province romaine, et la vie normale reparut en Gaule au milieu de ces ruines.

Au temps de l’empereur Vespasien, le légat Cérialis faisait en ces termes l’apologie de l’œuvre romaine : Sans nous, la Gaule était impuissante contre les Germains : elle est la terre favorite de leurs convoitises éternelles ; mais ses divisions l’ont toujours empêchée de se protéger contre eux. Cérialis ne dit point quel peuple avait été l’auxiliaire de ces divisions. Si au lieu de nations rivales, les Cimbres et les Teutons avaient rencontré Bituit, il y aurait eu de belles batailles en Gaule.

 

4. Celtill : reconstitution de l'empire arverne.


Les temps qui suivirent sont pleins d’incertitudes. Un seul fait s’en dégage avec netteté. L’unité de la Gaule, ou pour le moins de la Gaule celtique (entre les Cévennes et la Marne) fut un instant reconstituée, et elle le fut, cette fois encore, au profit des Arvernes. Il y eut, vers l’an 80 avant notre ère, un nouvel empire de la Gaule, sous le principat de la nation de Bituit.

Mais cet empire et l’Auvergne elle-même ne furent pas alors, comme au temps de Luern et de son fils, entre les mains d’un roi. La monarchie était de moins en moins populaire dans les cités gauloises. La fédération se fit sous le régime de la magistrature, et non pas de la royauté. Les Arvernes avaient à leur tête, comme vergobret ou comme chef militaire, un des leurs, Celtill, et celui-ci était en même temps le dictateur de la Gaule confédérée, comme le consul de Rome était le chef de la ligue latine. — Tout cela est certain, si César, qui nous l’a fait entendre, ne se trompe pas. Mais ce qui va suivre n’est qu’une hypothèse.

Il est possible que les hommes de cette génération aient sincèrement voulu réparer le mal que Rome et les Cimbres leur avaient fait. Un ennemi barbare (et les Germains ne pouvaient être que des Barbares pour les Celtes) allait sans relâche déverser en delà du Rhin des masses d’hommes toujours plus nombreuses. Les Gaulois, maintenant installés chez eux, étaient à leur tour sous la menace de ce péril d’invasion qu’ils avaient eux-mêmes fait si longtemps courir à la Grèce et à l’Italie. L’union du plus grand nombre pouvait seule les sauver. Ils renouèrent les liens que les générations précédentes avaient formés autour des Arvernes. Peut-être les druides aidèrent-ils à ce groupement, qui servait les intérêts de leur propre association ; peut-être encore, dès ce temps-là, les Celtes eurent-ils l’idée d’assemblées générales, d’un conseil politique de la Gaule semblable à ces grandes assises religieuses que les prêtres de toutes les nations organisaient dans la forêt des Carnutes. En dépit de nombreuses défaillances, la pensée de l’unité gauloise continuait à vivre.

 

À suivre...

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Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 05:06

   Outre la victoire de Tolbiac ou l'apparition de la Sainte Ampoule lors de son baptême, le Christ allait encore accomplir de nouveaux prodiges en faveur de Clovis :

  « On lit… en auculnes escriptures qu’en ce temps avoit un ermite, prudhomme et de saincte vie qui habitoit en un bois près d’une fontaine, au lieu qui de présent est appelé Joye-en-Val, en la chastellenie de Poissy, près de Paris : auquel hermite ladicte Clotilde, femme dudict Roy Clovis avoit grande fiance et pour sa saincteté le visitoit souvent et luy administroit ses necessitez.

  « Et advint un jour que ledict hermite estant en oraison, un ange s’apparut à luy en luy disant qu’il feist raser les armes des trois croissants que ledict Clovis portoit en son escu (combien qu’aucun disent que c’estoient trois crapeaux) eu lieu d’iceux portast un escu dont le champ fust d’azur, semé tout de fleurs de liz d’or, et luy dict que Dieu avoit ordonné que les Rois de France portâssent dorénavant telles armes.

« Ledict hermite revela à la femme dudict Clovis son apparition ; laquelle incontinant feit effacer lesdicts trois croissants ou crapeaux et y feit mettre lesdictes fleurs de liz et les envoya audicts Clovis son mari qui, pour lors, estoit en guerre contre le Roy Audoc, sarrazin qui estoit venu d’Allemagne à grande multitude de gens, es parties de France et avoir son siège devant la place de Conflans Saincte Honorine, près Pontoise.

  « Clovis se combattit et eut victoire: et combien que la bataille commençast en la ville, toutefois fut achevée en la monteigne, en laquelle est à présent la tour de Montjoye.
  «Et là fut pris premièrement et nommé le cry des François et les armes, c'est à savoir Montjoye et depuis y a été adjousté Sainct Denis.
   «Et, en la révérence de la mission desdictes fleurs de liz, fut illec en la vallée fondée un monastère de religieux qui fut et encore est appelée l'abbaye de Joye-en-Val, pour la mission de la saincte Ampolle et desdictes fleurs de liz qui furent envoyées à ce grand roy Clovis, premier roy chrestien.
   «Enquoy appert avidemment que Dieu notre père et Sauveur a singulièrement aimé les Rois de France et les a voulu décorer et garnir de singulières grâces et préeminances pardessus tous autres rois et princes terriens et d'iceux faire les deffenseurs de la saincte Foy et Loy de Jésus-Christ» (Nicole Gilles - Histoire de France, 1492) embleme-crapeau.jpg

  Et Guillaume de Nangis, dans la chronique de Saint Louis, explique ainsi la signification symbolique des armes de France:

 

  «Puisque Notre Père Jhésus-Christ veut espécialement sur tous autres royaumes, enluminer le royaume de France de Foy, de Sapience et de Chevalerie, li Roys de France accoustumèrent en leurs armes à porter la fleur de liz paincte par trois fueillées (feuilles), ainsi come se ils deissent à tout le monde: Foi, Sapience et Chevalerie sont, par la provision et par la grâce de Dieu, plus habondamment dans nostre royaume que en ces aultres. Les deux fueillées qui sont oeles (ailes) signifient Sapience et Chevalerie qui gardent et défendent la tierce fueillée qui est au milieu de elles, plus longue et plus haute, par laquelle Foy est entendue et segneufiée, car elle est et doibt estre gouvernée par Sapience et deffendue par Chevalerie. Tant comme ces trois grâces de Dieu seront fermement et ordénement joinctes ensemble au royaume de France, li royaume sera fort et ferme, et se il avient, que elles soient ostées et desseurées (séparées), le royaume cherra (tombera) en désolacion et en destruiement»

 

  Les trois fleurs de lys du blason donné par Dieu à nos Rois ont d'autres significations blason_france.jpg plus belles encore que l'histoire, la science héraldique et les révélations nous enseignent: Charles V fixa définitivement à trois les fleurs de lys des armes de France qui souvent, étaient nombreuses et en semis. Il prit cette décision en l'honneur et pour représenter les trois personnes de la Sainte Trinité.

Elles représentent également la Sainte Famille et aussi le triangle symbolique manifesté à la vénérable Philomène de Sainte Colombe: le Christ, Sa Divine Mère et Saint Michel, les trois grands vainqueurs de Lucifer.


 

 

  Source : La mission divine de la France, Marquis de la Franquerie

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Mercredi 11 janvier 2012 3 11 /01 /Jan /2012 05:34

               Vercingétorix

 

     Chapitre V - Celtill, père de Vercingétorix

 

1. Politique et alliances du sénat en Gaule.

 

Les Arvernes et la Gaule celtique, au lendemain de la défaite de Bituit, jouissaient d’une liberté beaucoup plus grande que celle qui resta, après Cynocéphales, à la Macédoine et à la Grèce. Les soldats romains ne franchirent pas les Cévennes ; dans les deux vallées du Midi, ils s’arrêtèrent à Toulouse sur la Garonne et à Vienne sur le Rhône. Au delà de ces limites, aucun délégué, que l’on sache, ne s’aventura pour parler au nom du sénat et du peuple romain. Le voisinage de la Province ne pouvait être importun que par l’excès d’initiative des marchands italiens : mais les Celtes les accueillaient avec joie, ils recevaient d’eux ce dont ils étaient le plus friands, des amphores d’excellent vin et des poignées de nouvelles.

Cependant, le sénat ne se désintéressa pas des affaires d’au delà des Cévennes. Ses générosités étaient d’ordinaire sans lendemain, et il ne renonçait jamais à une convoitise qui lui avait été une fois ouverte. Sa politique en Gaule ressembla à celle de Flamininus en Grèce, avec une allure plus discrète ou plus insouciante il se prépara à toute éventualité d’ambition romaine, et pour cela chercha à se créer, chez les Celtes, des amis et un parti.

Les amis, le sénat les choisit avec discernement. Le principal adversaire qui le gênait en Gaule était toujours la nation arverne ; sans être souveraine, elle demeurait la plus forte. Elle conserva sans doute ses clientèles du plateau central : par les vallées du Tarn, de l’Aveyron et du Lot, ses alliés menaçaient la Garonne, romaine jusqu’à Toulouse ; par la plaine de l’Allier, elle avait sa voie de conquête tracée vers le Nord. Les Romains renouvelèrent ou conclurent des traités d’alliance avec les peuples qui pouvaient fermer ces deux routes aux revanches arvernes.

Le confluent du Lot et de la Garonne appartenait aux Nitiobroges d’Agen : leur roi fut déclaré par le sénat l’ami du peuple romain. Les Éduens étaient maîtres du confluent de l’Allier et de la Loire : ils continuèrent à être traités en amis et alliés, avec beaucoup d’égards. Rome consentit même à ce que ce peuple barbare s’appelât son frère : étrange et rude fraternité, qui complétait l’alliance politique par une communion mystique de sang et de race.

Plus loin encore vers l’inconnu, mais toujours dans les deux mêmes directions, le titre d’ami GAUL0is.GIF fut donné à un roi aquitain à l’Ouest, au roi des Séquanes dans le Nord.

Ces alliances servaient à la fois les intérêts militaires et commerciaux de Rome. La province proconsulaire de la Gaule se composait surtout de deux routes, celle de l’Aude et Garonne, et celle du Rhône. Les Nitiobroges à Agen, les Éduens à Mâcon, tout en surveillant le flanc de la puissance arverne, dégageaient pour le négoce rentrée de ces deux routes dans le monde barbare : ils se faisaient, comme hôtes et amis, les fourriers du peuple romain.

 

2. Révolutions aristocratiques.

 

Surveillés de côté, les Arvernes étaient contenus d’en haut. Rome leur laissait lois et liberté ; mais on a tout lieu de croire qu’elle ne leur permit que les chefs qui pouvaient lui plaire. Or le sénat n aimait point les grandes royautés : il y avait, entre elles et lui, incompatibilité d’ambitions. Les principaux obstacles à sa domination universelle lui vinrent des rois, Pyrrhus, Philippe, Antiochus, Persée, et en ce moment même Mithridate ; Hannibal, tout compte fait, fut roi hors de Carthage. Les aristocraties, qu’elles fussent italiennes, grecques ou celtiques, étaient moins dangereuses pour le sénat : aucune n’avait des velléités conquérantes excessives, presque toutes regardaient la noblesse romaine comme un idéal, elles lui ressemblaient, l’enviaient ou l’imitaient ; et, surtout, elles désiraient gouverner leur peuple comme le sénat paraissait gouverner le sien. Ce fut sur elles que les chefs de Rome s’appuyèrent, aussi bien chez les peuplades gauloises qu’à Athènes ou à Capoue.

Chez les Arvernes, les Romains firent si bien, que l’aristocratie fut désormais le seul gouvernement possible. Ils confisquèrent la famille royale : Bituit et son fils restèrent dans le Latium. L’historien qui rapporte ce détail ajoute que ce fut dans l’intérêt de la paix. La noblesse arverne, qui put prendre alors l’autorité, dut savoir gré au sénat de cette intention pacifique.

Cette ruine du pouvoir royal ne fut point, à celle époque, un fait particulier aux Arvernes. Nombre de cités de la Gaule traversaient alors la même révolution politique que Rome et les villes latines au temps des Tarquins. La vieille royauté, qui était héréditaire, militaire, et peut-être aussi sacerdotale, y luttait péniblement contre les chefs de clans, les patriciens gaulois. Les grandes familles se lassaient d’être gouvernées par une lignée qui ne leur paraissait que la première d’entre elles. Le régime aristocratique, çà et là, se substituait à la monarchie. Les peuples dépendirent alors uniquement de leurs chefs de clans, réunis en sénat, dirigés par un magistrat annuel, le vergobret, sorte de juge suprême qu’ils choisissaient dans leur rang.

Ces révolutions occupèrent fort les Gaulois entre la défaite de Bituit et l’arrivée de César : elle fut, chez les Arvernes, la conséquence de la victoire de Rome. Le sénat ne la provoqua peut-être pas ailleurs : nulle part il ne la vit avec déplaisir ; le parti aristocratique lui fournit, par exemple chez les Éduens, ses meilleurs amis.

 

À suivre...

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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 07:55

  À partir de 500 avant Jésus-Christ, une crise économique voit le jour au sein du monde celtique. Les échanges avec la Méditerranée se font rares, de moindre quantité, et les bijoux sont fait de matériaux moins précieux. Les sépultures deviennent plus banales,  dans celles des chefs, on retrouve moins d'armes que dans les sépultures des siècles précédents. Tout ceci provient du fait que pour éviter une crise, les Grecs et les Étrusques ont modifié leur organisation commerciale. Les Celtes doivent par conséquent abandonner certaines routes commerciales et citadelles. La ruralité revient au galop.

 

  Néanmoins, en Bourgogne, certaines citadelles comme Bibracte (Saône-et-Loire), Alésia (Côte d'Or) ou Eburobriga (Yonne) résistent et même grandissent, malgré la conjoncture économique défavorable . Chacune de ces oppida appartiennent à un peuple Gaulois différent. Car divers peuples celtes vivent en Bourgogne, conséquence des voies commerciales fluviales et terrestre entre la Méditerrannée et la Manche.

 Dans le Morvan, les Éduens sont rois ! Avec Bibracte comme capitale ("De loin le plus riche et le plus grand oppidum des Éduens" dira Jules César plus tard), ils étaient le peuple le plus puissant de la région, mais aussi de la Gaule. Ils étaient gouvernés par un seul chef (le Vergobret) élu par les druides, qui avait interdiction de quitter le territoire et ne commandait l'armée que pour des actions de défense du territoire. Le Vergobret était élu pour un an. Les Éduens possédaient les villes de Cabillonum (Chalon-sur-Saône), Matisco (Mâcon) et Nevirnum (Nevers). Ce sont également eux qui contrôlent les routes commerciales Saône-Rhône et du bassin de la Loire.

  Au Nord se trouvent leurs puissants alliés, les Lingons qui ont Langres pour capitale mais qui s'étalent jusqu'aux actuelles Dijon (qui était un site religieux) et Montbard. Une de leurs nécropoles fut d'ailleurs retrouvée à Nod-sur-Seine. L'Ouche était la frontière naturelle du territoire des Lingons.monnaie_eduens1.jpeg

   Avec les Séquanes, les Lingons et les Éduens forment une monnaie unique (voir photo), chose rare à l'époque. Ce système permet des échanges faciles, de s'enrichir rapidement et une stabilité économique. Les Séquanes ont pour capitale Vesontio (Besançon). Mais en Bourgogne, ils occupaient l'Est de la Saône.

Les Mandubiens occupent l'Auxois et leur capitale est Alésia. Ils sont une fraction des Éduens.

 

   Autres alliés des Éduens en Bourgogne, les Bituriges Cubes. Bituriges veux dire "roi du monde" en Celte. Avaricum (Bourges) est leur capitale, mais ils s'étendent jusqu'à la Bourgogne où la Loire est une frontière naturelle avec les Éduens. Ces derniers, afin de mieux contrôler le territoire leur appartenant et les peuples alentours forment une confédération avec les Bituriges Cubes et d'autres peuples qui se situent en Bourgogne comme les Aulerques Brannovices (vallée de l'Yonne et de la Saône) qui sont des vassaux des Éduens, ou les Senons qui occupent l'actuelle Sens. La confédération accueille aussi des peuples extérieur à la région comme les Bellovaques (Belgique), Parisii (Lutèce) ou Ségusiaves (Forez). Mais le plus important de ces peuples de l'extérieur est le peuple Romain, grand et puissant allié des Éduens. Les deux peuples sont d'ailleurs frères de sang. bourgognegauloise.gif

 

   C'est à Bibracte, véritable centre politique de la région qu'ont lieu de fréquentes réunions entre membres de cette confédération celte.

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