Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 07:50

Garmarna  est un groupe suédois. Leur musique folklorique, comporte des titres tantôt repris d'airs traditionnels, tantôt composée par eux-mêmes. Les paroles des chansons, principalement reprises de ballades, sont puisées de poèmes et de contes traditionnels suédois.

Le nom du groupe vient de Garm, le chien qui garde le Helheim dans la mythologie nordique.

 

Herr Manneligg

 

Vänner och Fränder 

 
Varulven
Par Lutece - Publié dans : Musique - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:00

             Vercingétorix

 

     Chapitre XIII - Gergovie.

 

7. Nouveau système de défense des Gaulois : César prépare l’assaut.

 

Les deux adversaires se retrouvaient dans leurs positions de l’avant-veille. Mais l’armée romaine était harassée par la marche ou les combats ; les communications avec Nevers étaient moins faciles, et les vivres plus rares. Les Éduens envoyèrent des députés faire amende honorable, et César les reçut avec une parfaite bonne grâce : mais il ne fut point leur dupe, et savait que c’était seulement partie remise.

Il comprit enfin qu’il fallait arrêter le siège, abandonner Gergovie, gagner Nevers et Sens, rejoindre Labienus tant que les routes étaient libres encore. Et cependant, il ne put se résigner à donner le signal d’un départ qui ressemblait à une fuite, à quitter des yeux une proie qu’il convoitait depuis tant de semaines. Il commit une dernière faute, en rêvant jusqu’à la fin que sa Fortune lui fournirait une revanche, lui apporterait la chance d’un coup de main. Dans ces journées où il sent que la défaite le guette. César a perdu sa netteté d’esprit et son ferme bon sens : la vue de cette montagne et de cette armée proches et invincibles l’agace et l’exaspère, et ses soldats, comme lui, s’énervent à ne pouvoir escalader ces roches et mutiler ces visages. Il leur paraît à tous que la majesté du peuple romain est compromise, s’ils s’éloignent sans avoir fait quelque chose de bien.

Un jour, Jules César eut la surprise joyeuse de se voir offerte l’occasion cherchée.

Vercingétorix avait lieu de croire que le proconsul voulait continuer l’investissement de la ville en prolongeant ses lignes au nord-ouest de La Roche-Blanche, par-dessus le col des Goules ou les hauteurs de Risolles (entre Opme et le plateau). C’était du reste ce que les Romains avaient de mieux à faire : car, de là, ils domineraient les vallons du Nord, les seuls où les Gaulois pussent encore fourrager, et ils seraient maîtres d’une autre des routes, et des moins difficiles, qui conduisaient à Gergovie. Jusqu’ici, comme on l’a vu, Vercingétorix s’en était remis, pour la défense de la ville sur ce point, à l’étroitesse de l’isthme, aux dangers des ravins, à l’épaisseur des bois qui hérissaient cette croupe, et il n’avait tout au plus fait occuper par ses hommes que le versant du col qui faisait face au petit camp de César. Mais, depuis la mésaventure de La Roche-Blanche, il se méfiait des bois et des embûches ; il ne voulut pas risquer de perdre ces hauteurs d’avant-garde avec la même facilité que celle des bords de l’Auzon ; et dès le retour de César, il employa son armée à fortifier le massif de Risolles (le long du chemin d’Opme au plateau). Si le proconsul avait eu l’intention de s’y installer, ce qui est fort possible, son adversaire l’avait devancé. Tandis que le Romain étendait sa ligne d’attaque, le Gaulois allongeait sa ligne de défense. L’élève en poliorcétique devenait digne du maître.

Mais, pour construire ce nouveau boulevard, Vercingétorix avait dû dégarnir de troupes les pentes gergoviennes qui faisaient face, au Nord, à La Roche-Blanche. César, en tournée d’inspection sur le petit camp, remarqua l’absence de cette armée qui, quelques jours auparavant, semblait tapisser la montagne. Il s’étonna, interrogea les transfuges qui affluaient autour de lui, et apprit d’eux la cause de ce changement.

De ce qu’il sut alors, le proconsul pouvait tirer deux conclusions : l’une, qu’il ne prolongerait ses lignes de blocus qu’au prix de nouveaux combats ; l’autre, qu’il fallait profiter de la dispersion des Gaulois pour tenter l’escalade. Il décida qu’elle aurait lieu le lendemain. C’était la dernière de ses espérances qu’il engageait.

Pendant la nuit, il prépara tout en vue de confirmer Vercingétorix dans la crainte d’une attaque sur ce massif de Risolles que le Gaulois se hâtait de fortifier. Ce fut, dans le grand camp (?) romain, un branle-bas général : des escadrons sortent en tumulte, se dispersent de côté et d’autre, pour remonter ensuite le vallon vers l’Ouest dans la direction des hauteurs de Risolles (vers le sommet coté 723). Au petit jour, une file de cavaliers, nombreux, casques en tête, s’engagent dans le même sens (par la vallée de l’Auzon et le ravin d’Opme) : ce sont, il est vrai, de simples muletiers, déguisés en soldats, tandis que leurs bêtes, dégarnies des bâts, ont été travesties en chevaux de guerre : mais de Gergovie nul ne peut voir la supercherie, et du reste, il y a, à côté de ces soldats d’emprunt, quelques vrais cavaliers qui ont ordre de se montrer le plus près possible de l’ennemi. Enfin, c’est une légion entière qui s’avance sur le flanc des hauteurs (par le131.jpg versant Nord de La Roche-Blanche et le pied du Puy de Jussat ?). Tout ce monde, s’enfonçant dans la vallée par de longs circuits ou des sentiers divers, se dirige également vers les collines où travaillaient les Gaulois. Brusquement, la légion pénètre dans un bois, au pied des hauteurs, et y demeure cachée (entre Jussat et Chanonat ?). Vercingétorix, qui suit ces va-et-vient, ne doute plus que l’attaque ne soit prochaine sur le point menacé, et rappelle le reste de ses troupes des trois camps qui faisaient face à César : il n’y laisse que quelques traînards, comme le roi Teutomat, et on était si tranquille de ce côté que le chef agenais, en méridional qu’il était, ne renonça pas à faire sa sieste ce jour-là.

Le proconsul, voyant les Gaulois partis, prit ses dispositions pour l’assaut décisif de Gergovie. Par les couloirs qui réunissaient les deux camps, les soldats romains sont venus à La Roche-Blanche, en petits groupes, enseignes baissées, panaches couverts. César a maintenant sous ses ordres cinq légions presque entières, et il ne reste dans le grand camp que les Éduens.

Ceux-ci feront diversion à droite en gravissant lentement la montagne par les sentiers de l’Est ou du Nord. La XIIIe légion, avec le légat T. Sextius, se tiendra en réserve à La Roche-Blanche ; la légion favorite de César, la Xe, et le proconsul au milieu d’elle, demeurera en avant du petit camp, en arrière des combattants, pour les soutenir et donner la main aux différents corps. Enfin les trois autres, vieilles troupes aguerries (la VIIIe, et sans doute la IXe et la XIe), auront la gloire de monter à l’assaut : il y a dans leurs rangs les plus robustes, les plus têtus, les plus bravaches des centurions, ceux sur lesquels César peut le plus compter à l’heure des casse-cous : L. Fabius, de la VIIIe, qui vient de jurer qu’il monterait le premier sur le rempart gaulois ; M. Pétronius, lui aussi de la VIIIe, un des sous-officiers les plus souples et les plus solides de toute l’armée.

Quelques mots encore furent adressés par le proconsul aux légats de ces trois légions. Que le soldat ne perde pas de temps à tuer ou à piller. Il s’agit de courir et de grimper, et non pas de se battre. Pas de combat : mais de la vitesse, du jarret, et un coup de main. Puis le signal fut donné, vers midi.

 

 

À suivre...

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Jeudi 24 mai 2012 4 24 /05 /Mai /2012 06:48

    Début du VIe siècle - La construction de l'empire chinois.

 

Au début du VIe siècle, la Chine était divisée en deux. Dans le sud, à Nanjing, d'éphémères empereurs se succédèrent, tentant de perpétuer la tradition chinoise. Jouets des grands, ils parvinrent néanmoins à contenir les tentatives d'expansion venues du Nord et favorisèrent l'essor économique.

Si la dynastie des Qi du Sud (479 - 502) se révéla incapable de soumettre les familles128 aristocratiques, venues du Nord au IVe siècle et formant les oligarchies fermées, celle des Liang (502 - 537) les repris en mains, alors que la région connaissait un essor du commerce sans précédent. C'est à cette époque que l'empereur Wu (502 - 544) imposa le bouddhisme Mahayana qui gagna toute la Chine.

La Chine du Nord, elle, voyait depuis le début de notre ère l'installation de nomades barbares d'origines diverses (Tibétains, Tanguts, proto-Turcs, proto-Mongols, Toungouses). Peu à peu, ceux-ci s'étaient sinisés et sédentarisés. La fin de la dynastie des Jin (265 - 316) fut marquée par la formation de royaumes éphémères, tel les «Seize royaumes des Cinq Barbares». Ce n'est qu'avec les Bei Wei (386 - 535) que l'unification de la Chine du Nord fut réalisée en 439.

L'encadrement administratif et fiscal des paysans fut poussé à l'extrême, les familles étant regroupées par cinq sur les lopins de terres qui leur étaient attribués. La culture fut privilégies face à l'élevage, et l'artisanat de tradition chinoise fut encouragé.

L'empereur Xiaowendi (471 - 499) transféra la capitale à Luoyang (Hunan) en 494. En 501, la cité était entourée d'une muraille de trente kilomètres et renfermait mille trois cent soixante sept temples boudhiques.

La sinisation des populations barbares s'intensifia, touchant les noms et le costume, et imposant le chinois comme langue officielle. Les mariages entre les aristocraties tuoba, de l'État des Wei du Nord, et chinoise furent encouragés.

Cette volonté d'intégration n'emporta pas l'adhésion de tous les Tuoba, qui provoquèrent, en 523, la «Révolte des Six Garnisons». La guerre civile se solda, en 534, par la mise à mort du jeune empereur, de la régente Hu et de milliers de courtisans.

 

Illustration : empereur Wudi de la dynastie Liang

 

Source : La France au fil de ses rois - 250/751 éd. Sélection du Reader's Diggest / Historia

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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 06:41

             Vercingétorix

 

     Chapitre XIII - Gergovie.

 

5. Installation de César ; premiers combats ; les Romains occupent La Roche-Blanche.

 

Le jour même de son arrivée, Jules César eut à livrer un léger combat de cavalerie, dont il ne nous dit pas quelle fut l’issue. Ce qui prouve qu’il ne tourna pas à son avantage, et ce fut un mauvais présage.

Son camp fut établi le moins mal possible, sur un des mamelons qui bombent les basses terres, entre le lac de Sarlièves et le cours de l’Auzon (sur la colline au nord-est du Petit Orcet). César trouvait là de l’eau, un large espace pour sa cavalerie, il était à une demi-lieue, à vol d’oiseau, des regards des Gaulois, et, s’ils voyaient quelque chose dans son127 camp, ils le voyaient fort vaguement. Il était enfin maître de la route du Nord, par où les Éduens allaient le ravitailler. Seulement, la position qu’il avait dû choisir était assez médiocre, et se défendit surtout par les retranchements élevés de main d’homme.

Tout de suite, César éprouva de forts ennuis. Vercingétorix tenait son armée bride en main : jamais il n’en fut plus maître que devant Gergovie. Elle comprit que la partie était sérieuse, et elle ne fit ni faux pas ni écart. Plus d’assemblées tumultueuses, plus de ces délibérations agitées où s’émoussait la force du commandement. Sur ce sol familier de la cité de ses ancêtres, auprès de ces remparts et de ces monts dont il était le souverain, Vercingétorix put parler en prince absolu à tous les Gaulois. Cette fois enfin, il apparut comme roi. Il avait réduit son conseil aux chefs des cités alliées, une vingtaine d’hommes seulement, qui se sentaient responsables du salut de tous ; il les réunissait chaque matin, au lever du soleil, non pas pour discuter longuement avec eux, mais pour entendre leurs rapports et donner ses ordres, et pour arrêter ensemble le plan des opérations de la journée.

Presque tous les jours, Vercingétorix leur taillait une besogne à faire. Il envoyait dans la plaine, autour du camp de César, des escadrons de cavalerie et ses nouveaux détachements d’archers. Le proconsul était obligé de faire sortir ses hommes, et ils étaient sans doute souvent battus, puisqu’il ne nous dit pas qu’ils furent jamais vainqueurs : si parfois les Gaulois étaient serrés de trop près, ils n’avaient aucune peine à se replier à l’abri sur leurs rochers, loin de la portée des frondes et des javelots. Vercingétorix se tenait non loin de là, regardant combattre les siens, appréciant leur valeur, jugeant ce qu’il pouvait demander à chacune de ses troupes. Il les exerçait ainsi, plutôt encore qu’il ne les exposait, et les abords du camp romain étaient transformés par lui en un champ de manège.

La situation devenait humiliante pour César. Coûte que coûte il devait se dégager, tenter quelque chose du côté de cette masse de hauteurs qui commandaient son camp.

La plus rapprochée de lui et la plus éloignée de Gergovie était celle de La Roche-Blanche. Bien isolée, escarpée de toutes parts, elle était un excellent poste d’observation et de retraite, comme une petite citadelle en face de la grande : elle dominait à la fois les ravins méridionaux de Gergovie, où étaient campés les Gaulois, et la vallée de l’Auzon, qui leur fournissait leurs principales provisions d’eau et de fourrage. La Roche-Blanche avait une bonne redoute : mais la garnison était de médiocre importance, et campée tout entière du côté de l’Est, où était César ; sur les autres points, les Gaulois se croyaient, suivant leur erreur habituelle, gardés par les bois et les fourrés qui garnissaient les flancs de la colline. Ils ne se sont jamais, dans ce siège et dans cette campagne, défiés des embûches qu’abritent les forêts.

Une nuit, César envoya par la gauche, dans les bois de La Roche-Blanche, les meilleurs de ses légionnaires. Le matin, il commença lui-même l’escalade à droite, à découvert, avec d’autres troupes : les Gaulois ne s’occupèrent que de cette attaque. Pendant ce temps, rampant à travers les taillis, les soldats de l’embuscade arrivaient et fondaient sur eux par derrière. La garnison fut culbutée, avant qu’un secours ait pu descendre de Gergovie.

La Roche-Blanche était séparée du camp romain par un vallon de plus de deux kilomètres. Rien n’était plus facile aux Gaulois que d’isoler les deux positions. Mais César installa sur la colline deux légions ; il en fit son petit camp. De l’un à l’autre poste, il fit creuser, parallèlement à l’Auzon, deux tranchées larges de six pieds chacune : une route à demi souterraine relia ainsi ses deux camps, et pouvait en quelques minutes amener les légions d’un point à l’autre.

Une petite ville romaine commençait donc à s’élever au pied de Gergovie. César se décidait, la chose était visible, pour le système de la circonvallation. Il avait achevé le premier secteur de la ligne d’investissement : depuis le lac de Sarlièves jusqu’à La Roche-Blanche, la montagne gauloise était bloquée au Sud-Est par des ouvrages continus. — Mais c’était un quart à peine de sa périphérie, et le plus facile à fermer. César aurait-il le temps, la patience et les hommes pour continuer l’œuvre sur tous les côtés ?

En tout cas, il avait besoin, pour cela, de ramener à lui toutes ses légions, tous ses auxiliaires, de s’assurer d’immenses convois de vivres et de machines. Or, au moment où la première tâche sérieuse du siège était terminée, le service des étapes était désorganisé par la révolte du contingent éduen.

 

6. Première défection des Éduens.

 

César avait décidément commis une faute en réconciliant les deux partis éduens : s’il les avait laissés se battre, il aurait été certain d’en avoir un pour allié. Puis, entre les candidats, il avait eu l’imprudence de choisir le plus jeune. À peine fut-il arrivé et occupé devant Gergovie, que le vergobret Convictolitav, qui lui devait le pouvoir, se déclara contre le peuple romain, et entraîna avec lui l’élite de la jeunesse.

Le proconsul a écrit qu’il avait été acheté par Vercingétorix, et qu’il partagea avec ses complices l’or de la trahison. Mais le vergobret alléguait de très bonnes raisons pour juger le métal arverne plus généreux que la protection romaine. — L’arbitrage de César, dans l’affaire de l’élection, n’était-il pas un outrage au droit et aux lois éduennes ? Le pays, depuis six ans que durait la guerre, s’épuisait pour lui de grains et d’hommes. Nevers était devenu un vaste campement romain. Plus de dix mille Éduens étaient ou allaient être à la merci du proconsul ; devant Gergovie, les plus nobles de leurs cavaliers lui servaient d’otages. Les négociants italiens s’étaient installés aux bons endroits, à Nevers, à Bibracte, à Chalon, et de là pressuraient le pays et monopolisaient les grandes entreprises.

Il n’était point nécessaire des statères d’or de Vercingétorix pour que l’aristocratie éduenne s’aperçût de ces vérités. Mais la multitude s’en rendait moins compte, et ne paraissait pas désireuse de suivre ses chefs contre Jules César. On eut recours à une ruse assez grossière pour la décider.

Un des chefs du complot, Litavicc, fut mis à la tête des dix mille hommes qui étaient prêts pour rejoindre le camp romain. Ses frères prirent les devants pour débaucher les cavaliers qui combattaient devant Gergovie. Litavicc partit avec ses hommes, sans leur rien dire : il escortait un immense convoi de vivres et de bagages destinés à l’armée proconsulaire ; des Italiens, qui se rendaient auprès de César, se placèrent sous sa sauvegarde. Ni Romains ni Gaulois ne se doutèrent qu’ils allaient à la trahison.

À trente milles environ de Gergovie (au passage de l’Allier à Vichy ?), Litavicc s’arrêta plus longuement, et, les larmes aux yeux, annonça aux Éduens que leurs amis, leurs parents ou leurs patrons, ses frères tout comme les autres, avaient été exécutés par ordre de Jules César. Cette race d’hommes, écrit l’auteur des Commentaires, est ainsi faite qu’elle accepte pour vérité la plus fantaisiste rumeur. La foule se hâte de croire Litavicc. Sur un signe de son chef, elle massacre les Italiens et pille le convoi. En quelques heures, la révolte gagnait tout le pays éduen, et partout s’y renouvelaient les scènes du jour de Génabum : les citoyens romains égorgés, expulsés ou réduits en esclavage, et leurs biens saccagés. Alors, excitée par l’appât du butin et la complicité du vergobret, la plèbe accepta de combattre César. Mais les Éduens n’osèrent pas encore toucher à Nevers.

Le coup fait, l’armée de Litavicc reprit sa route, et atteignit Randan, à 25 milles du camp de César. Les Romains, déjà coupés de Nevers, allaient être pris entre les nouveaux venus et l’armée de Vercingétorix.

Mais les chefs de la cavalerie éduenne qui servaient près de César, Eporédorix et Viridomar, jugèrent qu’il n’était pas encore temps pour eux de trahir : peut-être furent-ils jaloux de l’initiative prise par Litavicc. Ils refusèrent d’écouter ses frères, et l’un des deux dénonça le complot au proconsul.

César raconte qu’en apprenant ces nouvelles au milieu de la nuit, il éprouva une profonde angoisse. Mais elle fut courte, et il se sauva, comme déjà si souvent, par la rapidité de ses décisions et de ses actes. Les frères de Litavicc s’enfuirent dans Gergovie, les autres Éduens protestèrent une fois de plus de leur dévouement. Le matin, toute la cavalerie, quatre légions, sans bagages, armés à la légère, partirent avec César sur la route du Nord. Il ne laissa devant Gergovie que deux légions, sous les ordres de son légat C. Fabius : il ne se donna même pas le temps de concentrer les troupes dont il lui confiait la garde. Avant tout, il avait résolu d’arrêter les Éduens, le plus loin possible, et de les arrêter de gré ou de force.

Ce fut moins une marche qu’une course échevelée. Le soleil était encore fort haut, que les Romains avaient parcouru les 25 milles qui les séparaient de Litavicc.

César, bien entendu, ne voulait risquer une bataille qu’à la dernière extrémité. À l’approche des Éduens, il commanda halte à ses légions, et fit avancer sous les regards de l’ennemi, l’arme au repos, les cavaliers de son escorte, et, parmi eux, ces mêmes nobles éduens que Litavicc avait déclarés égorgés par son ordre.

L’effet de ce spectacle fut tel qu’il l’avait prévu. La foule des Éduens passa en un instant d’un sentiment à l’autre, se reconnut trompée par Litavicc, l’abandonna, et acclama César. La victoire était gagnée par le proconsul : il avait frappé un coup de théâtre, la versatilité gauloise fit le reste.

On ne sait trop ce qu’il advint de ces soldats éduens : en tout cas, ils furent mis quelque part en sûreté, sous les ordres de Cavarill et à la disposition de César, qui se fit gloire auprès de leur nation de ne les avoir point massacrés. Litavicc trouva moyen de s’échapper et de rejoindre Vercingétorix ; et c’est à cette occasion que les Romains admirèrent la puissance et la solidarité du clan gaulois : pas un des clients de Litavicc ne refusa de le suivre dans celle extrémité.

César accorda trois heures de repos à ses soldats, à l’entrée de la nuit. Puis il reprit la route de Gergovie. Presque à moitié chemin, il reçut de ses camps et de Fabius de désastreuses nouvelles.

À peine s’était-il éloigné que les troupes de Vercingétorix s’étaient précipitées de la montagne contre les positions romaines. Toute la ligne des camps avait été attaquée, non pas dans une folle tentative d’assaut, mais prudemment, sous la protection de décharges continues de flèches et de traits de tout genre. Il avait fallu que Fabius mit en branle son artillerie, qui avait seule sauvé la situation. Le jour durant, aucun légionnaire n’avait pu quitter les retranchements, trop étendus pour leur petit nombre, alors que les Gaulois lançaient sans cesse des troupes fraîches. Beaucoup de Romains étaient blessés. Le soir, Fabius avait fait ajouter des parapets blindés aux remparts et condamner toutes les portes, sauf deux : car il s’attendait, pour le lendemain, à une nouvelle attaque.

César fit doubler le pas à ses soldats, et put rejoindre Fabius avant le lever du soleil. Il y avait vingt-quatre heures qu’il était parti ; ses soldats avaient fait 75 kilomètres, 50 milles : ce fut leur plus belle marche. Et cette expédition d’un jour, entre Litavicc et Vercingétorix, rappelait aux Romains leur campagne du Métaure, entre Hasdrubal et Hannibal.

Seulement Vercingétorix, à la différence d’Hannibal, refusa de reconnaître son mauvais destin : il se borna, quand il vit César de retour, à ne point bouger de Gergovie.

 

À suivre...

Par Lutece - Publié dans : Livres/Romans - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 06:37

Selon Grégoire de Tours, « Le roi Clotaire a eu sept fils de diverses femmes : d’Ingonde il eut Gonthier, Childéric, Charibert, Gontran, Sigebert, et une fille, nommé Closinde ; d’Arnegonde, sœur d’Ingonde, il eut Chilpéric ; et de Chunsine, il eut Chramne. »

Chramne, est né entre 520 et 540, sa date de naissance précise n’est pas connue. Il semblerait cependant qu’il soit né aux alentours de 520 car, en 555, son père lui confia la responsabilité de prendre possession de l'Auvergne en son nom, or pour cela,  il fallait qu'il soit majeur, c'est-à-dire âgé d'au moins quinze ans. Puisque son père lui confie cette responsabilité plutôt qu'à Charibert, il est permit d’en déduire que Chramne est le plus âgé des fils de Clotaire après les décès de Gonthier et Childéric, ce qui situerait sa date de naissance vers 520 entre celle de Childéric et de Charibert. Autre possibilité, l’ambition dont fait preuve le jeune prince ; Clotaire a peut-être fait passer Chramne devant ses frères pour calmer ses ardeurs.

En 555, Thibaud (Théodebald) meurt et son royaume passe sous la domination de Clotaire Ier. Le roi Franc qui prend donc possession de l’Auvergne sait que cette région s’est montrée à plusieurs reprises agitée. Il choisit donc de confier à ce dernier la charge de résider à Clermont et d'occuper la région. Chramne se retrouve ainsi à la tête des cités de Poitiers, Tours, Limoges et Clermont. Il est fort probable que Bourges, Le Puy, Javols, Rodez, Cahors, Albi, et même Toulouse soient également passées sous son autorité.

C’est certainement beaucoup pour un jeune prince inexpérimenté. A peine installé, il émet des préceptes et implante des fidèles. À l'aide de gens de sa truste (garde personnel du roi généralement issu d'origine servile), il fait enlever des filles de sénateurs. Cette manœuvre permet aux futurs maris d’hériter des terres de ces jeunes filles de la haute société, de dépouiller les grands propriétaires terriens et d’implanter des jeunes Francs richement pourvu et allié aux grandes familles. Il y a là infraction au code théodosien et au bréviaire d'Alaric qui interdisent et punissent le rapt de jeunes filles mineures mais aussi le mariage entre femmes de l’ordre sénatorial et esclave.

Puissance, pouvoir, voilà ce que désirait le jeune prince qui évidemment en veut plus encore.

En s’emparant du royaume de Thibaud sans effectuer le partage voulu par la loi salique, Clotaire a fortement irrité son frère Childebert. Conscient de la situation, Chramne demande alors à son oncle de l’aider s’attribuer la couronne d’Auvergne. Celui-ci, désirant se venger, accepte de s’allier à son neveu pour renverser Clotaire. Chramne réunit une armée épaulé par les comtes de Tours et de Poitiers. Il se rend alors à Limoges et proclame son autorité sur toute la région.

Clotaire, occupé à faire entendre raison aux saxons qui se sont soulevés, ne peut intervenir personnellement. Il envoie donc ses fils Charibert et Gontran mener une armée à la rencontre de Chramne. Ils se rendent alors en Auvergne, puis à Limoges, et enfin le retrouve à Saint-Georges-Nigremont, dans le canton de Crocq de l'actuel département de la Creuse. Leurs armées se font face au pied de la montagne noire où ils incitent Chramne à rendre les terres appartenant à leur père. Celui-ci  refuse mais une tempête empêche la bataille. Chramne a alors l’idée de génie de faire croire à ses frères que leur père a perdu la vie en combattant les saxons. Charibert et Gontran se rendent aussitôt en Burgondie. La rumeur disant que Clotaire est mort en Saxe se répand dans toute la Gaule, y compris aux oreilles de Childebert. Chramne en profite alors pour étendre son influence jusqu’à Chalon-sur-Saône. Il assiège la ville, la conquiert, puis se rend à Dijon où il se voit refuser l'accès à la ville. Le clergé qui hésite entre livrer leur cité et refuser de se soumettre à un prince qui a trahi son père, soumet l’entrée de Chramne au jugement de Dieu. Le verdict est sans appel : l’ambition du prince le conduira à la ruine. Les prélats refusent donc d’ouvrir les portes de la ville. Chramne n’insiste pas et prend la le chemin de l’Armorique par la vallée de la Saône. Il fait étape à Orléans où il épouse Chalda, la fille du comte de la ville. 126

Chramne rencontre une nouvelle fois Childebert à Paris qui lui confirme son soutien. Mais le 23 décembre 558, Childebert meurt d’une longue maladie, ce qui permet à Clotaire de s’emparer de son royaume. Ce décès brise net la consolidation du royaume de Chramne. Dénué de soutien, ce-dernier se retrouve obligé de se soumettre à l’autorité de son père comme il aurait dû le faire depuis longtemps suivant les lois romaines, germaniques, et chrétiennes. Clotaire qui s’est montré si souvent impitoyable, accorde son pardon à son fils mais le place tout de même sous surveillance.

Mais décidément, Chramne ne peut se contenter de rester dans l’ombre de son père. Entre le 1er septembre 559 et le 31 août 560, avec l’aide des Bretons, Chramne qui s’est installé avec sa femme et ses filles dans le centre-ouest de la Bretagne, auprès du comte Conomor, ancien allié de Childebert, pille et détruit un grand nombre de lieux appartenant à son père.

Clotaire, accompagné de son fils Chilpéric, s’avance vers le pays vannetais dans lequel il arrive en novembre ou décembre 560. Cette fois plus question de fuir ; Chramne, soutenu par Conomor est décidé à affronté son père.

La bataille qui a lieu dans les environ de Carnac tourne en faveur de Clotaire. Conomor est tuée et Chramne est contraint de rompre le combat. Son malheureux allié possédant des terres des deux côtés de la Manche, des bateaux avaient été prévu pour fuir au cas où les choses tourneraient mal. Mais Chramne ne veut pas s’enfuir sans son épouse et leurs filles ; aussi fait-il un détour pour aller les chercher. Hélas celles-ci ont été faites prisonnières par les soldats de Clotaire et en tentant de les délivrer, il tombe à son tour aux mains de ses ennemis.

Cette fois, plus question de pardonner son fils. Clotaire fait enfermer Chramne dans une masure avec son épouse et ses filles, ordonne qu’on étrangle le fils indigne, et fait mettre le feu à l'édifice, avec tout le monde dedans.

125                                        La Mort de Chramne

                                   Par Evariste Vital Luminais

 

Source : Grégoire de Tours, Histoire des Francs.

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