Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 09:15

Les romains appelaient le coq : gallus, nom qui avec une majuscule désignait un habitant de la Gallia, de la « Gaule », un gaulois donc. Au Moyen Âge, les Anglais et les Allemands, se souvenant du double sens latin de gallus, ont par dérision associé le coq, volatile réputé 0215orgueilleux, prétentieux et vaniteux, aux français, lesquels ont assumé la comparaison, et adopté le coq comme image de leur fierté nationale.

Mais c’est surtout à partir de la révolution de 1789, que le coq gaulois s’est imposé comme symbole de la France, pour remplacer la fleur de lys, qui était l’emblème de la monarchie déchue.

En ancien français, le coq était appelé jal (ou gal, ou jau), mot issu du latin gallus. Mais, à partir du XIIe siècle, jal a été concurrencé et peu a peu éliminé par coc et coq, nom qui a très probablement été formé à partir d’une onomatopée. On sait qu’en latin l’onomatopée imitant le chant du coq était coco coco...

On a aussi retrouvé la trace, en latin tardif, du coccus, autre onomatopée, évoquant le caquettement de la poule. Mais, par ailleurs, en latin classique, le terme coccum désigne une couleur « rouge écarlate », comme la crête du coq : y a-t-il un rapport entre coccum et coq ? C’est possible, auquel cas le coq que serait un cousin de la coccinelle, insecte qui doit son nom à la couleur écarlate de ses ailes.

Quelle que soit son origine, le mot coq, dès lors qu’il s’est imposé en français, a donné naissance à une famille de mots nouveaux, parmi lesquels coquerycoq, puis coquerico, pour désigner le cri du coq. Car, jusqu’au XIXe siècle, dans les basses-cours françaises, les coqs poussaient des coquericos sonores, et ce n’est que dans les années 1860 que les coquericos sont devenus des cocoricos… 0214

Coquerico, l’ancien cri du coq, avait une variante, coquelicoq : ces deux mots, à partir du XVIe siècle, ont été également employés pour désigner une fleur des champs aux pétales rouges vifs, ressemblant à la crête d’un coq ; cette fleur, qui jadis était un coquerico ou un coquelicoq, est aujourd’hui appelé le coquelicot.

Au Moyen Âge, le coq, augmenté du suffixe péjoratif -ard, a donné le nom cocard ou coquard, lequel a d’abord désigné un « vieux coq », puis a pris un sens figuré, inspiré par l’allure et par le comportement du coq se pavanant dans la basse-cour au milieu des poules : ainsi, un coquard est devenu un « homme sot prétentieux », et l’adjectif coquard, a qualifié une « personne sotte et vaniteuse ».

L’adjectif coquard n’est plus guère utilisé aujourd’hui, mais deux de ses dérivés en revanche sont toujours bien vivants : le nom cocarde et l’adjectif cocasse. Commençons par la cocarde : ce nom, à partir du XVe siècle, a désigné, dans l’expression coiffée à la cocarde, une coiffe ornée de plumes de coq ou de rubans, et ressemblant à une crête de coq. Puis, au XVIIIe siècle, une cocarde est devenue un « nœud de ruban » décerné aux soldats comme décoration militaire, et un « un signe, généralement rond, que l’on porte en signe de ralliement à un parti politique » : ainsi, durant la Révolution française, certains portaient la cocarde blanche des royalistes et d’autres la cocarde tricolore (bleu, blanc, rouge) des révolutionnaires.

C’est au XVIIIe siècle également qu’est apparu, par déformation de coquard, l’adjectif cocasse : il qualifie « ce qui est d’une bizarrerie ou l’extravagance comique », « ce qui est d’un ridicule qui fait rire », comme le coq vaniteux et fanfaron, faisant de l’esbrouffe parmi les poules.

Dans la famille du coq, on trouve aussi le diminutif coquet, qui à l’origine a servi à nommer un « petit coq » ou un « jeune coq », avant de prendre, au XVIIe siècle, un sens figuré : un coquet devient un « homme qui cherche à plaire, à séduire ». À cette époque également, la coquette, version féminine du coquet, entre en scène : en effet, au théâtre, dans certaines comédies, on prend l’habitude de parler de la coquette ou de la grande coquette pour désigner le principal rôle féminin de séductrice et d’intrigante dans certaines comédies.

Employé comme adjectif, coquet, coquette qualifie, au XVIIe siècle, « celui ou celle qui cherche à plaire », et la coquetterie est le « souci de plaire ». C’est au XVIIIe siècle que ces mots prennent leur sens moderne : coquet, coquette signifie alors « qui a le goût des vêtements élégants, des belles toilettes et parures » ou « qui a le souci de plaire par sa mise, sa manière, ces attitudes, son esprit » et la coquetterie devient le « goût de plaire par ses vêtements, sa mise ».

 

 

Source : Virgule N° 86

Par Lutece - Publié dans : L'histoire des mots - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Vendredi 1 août 2014 5 01 /08 /Août /2014 11:04

L’édification de l’église en hommage à Saint Sigismond étant achevée, le petit-fils de Theudoald continua l’œuvre de son aïeul. Au lieu des cabanes qui, jusqu’alors, avait abrité les pèlerins venus des localités voisines, il construisit quelques maisons puis en fit élever d’autres, la renommée du saint grandissant. Bientôt, un village entier entoura l’église, qu’on appela Puits de Saint Sigismond, puis Saint Sigismond. Au XVe siècle, cette localité avait acquis de l’importance, et sur son territoire s’étaient élevés plusieurs fermes et petite-fiefs. Ce fut alors que Louis de Saint-Simon, conseiller et chambellan de Louis XII, sollicita et obtint du roi, en novembre 1498, la création de deux foires par an et d’un marché par 0212.jpg semaine, en faveur « du lieu de sainct Simon qui est, disent les lettres-patentes, ung beau lieu et villaige assis en bon pays et fertil. » Ne cessant de guérir les fièvres depuis le VIème siècle, le puits de Saint Sigismond était placé sous le maître autel dont on soulevait le tablier lorsqu’on voulait puiser de l’eau, au moyen d’une corde qui, frottant sur la margelle, a laissé dans la pierre des traces profondes. Ruinée et reconstruite plusieurs fois, elle fut en dernier lieu démolie presque en entier par les calvinistes, le puits ne faisant dès lors plus parti de l’église et demeurant enclos par des ruines qui furent vendues en 1791 et servirent à édifier quelques maisons.

Chaque année, le 1er mai, fête de Saint Sigismond, la procession sortait de l’église par la porte principale, traversait la cour du prieuré, et entrant dans les ruines par une porte percée au nord, faisait une station au lieu vénéré. Tous les pèlerins et gens du pays suivaient le clergé, et en passant devant le puits, les femmes y jetaient une épingle, afin de se préserver les fièvres. En 1775, le curé de Saint Sigismond, s’élevant avec force contre cette pratique superstitieuse, obtint de Monseigneur de Jarente la défense de faire la station accoutumée au mois de mai ; et les trois dimanches précédents, on lut cette proclamation en chaire. Mais deux marguilliers et la foule transgressant l’injonction, de Jarente et l'intendants de la province ordonnèrent de combler le puits, la tâche étant confiée à Mathieu Pinsard, fermier à Chan et syndic de la paroisse. Il y renonça lorsque, après avoir fait jeter dans le puits la charge de vingt grandes voitures, en pierre et en immondices, il reconnut que le sol ne s’était élevé que de 2 mètres. On dit même qu’ayant, à l’aide de six chevaux, arraché du massif de maçonnerie le couronnement du puits, il ne put parvenir à la traînée hors des ruines. Le peuple cria au miracle, et la sédition fut près de renaître, le calme ne revenant dans la paroisse que lorsque le couronnement eut été rétabli sur sa base.

 

 D’après... Légende de l’orléanais paru en 1846

 

Source : La France pittoresque N° 44

Par Lutece - Publié dans : Histoire de France - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 17:34

Les débuts du christianisme furent agités par de vives discussions dogmatiques, surtout dans les champs christologique*  et trinitaire** (comment comprendre les paroles du Christ qui se dit fils de Dieu et fils d’une femme, et qui annonce la venue de l’Esprit divin ? Est-il avant tout Dieu, avant tout homme, homme et Dieu à part égale ? Quels sont les rapports qui existent entre lui, le Père et l’Esprit ?)

Les réflexions, les débats, les recherches ont parfois débouché sur ce que l’on appelle des hérésies (du grec hairésis, « choix, opinion, inclination »). Mais il faut savoir que ces dernières n’ont commencé être considérées comme telles qu’après de longs débats, souvent pacifiques ; que certains évêques, dont nul n’aurait contesté la légitimité ont professé telle ou telle d’entre elles ; et que ces courants, dont certains auraient pu devenir majoritaires, n’ont finalement été rejetés comme hérétiques qu’à l’occasion de conciles, à la majorité des votants.

Ce fut le cas de l’interprétation professée vers 320 à Alexandrie par le prêtre Arius, selon laquelle des trois personnes de la Trinité divine, seul le père est éternel, inengendré, tout-puissant, et possède la transcendance absolue. Le Christ, sa première créature, ne participe pas de la même identité ni de la même éternité divine, il n’a qu’une divinité déléguée. Cette doctrine fut condamnée en 325 par le concile de Nicée qui fixa, presque une fois pour toutes, l’acte de foi du chrétien (dit symbole de Nicée) : « Jésus-Christ, fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, vrai Dieu du vrai Dieu, engendré et non créé, consubstantiel au Père. » Les débats ne furent pas clos pour autant, notamment sur la validité du concept de consubstantialité. Certains empereurs, comme 0211.jpgConstance II et Valens, tendirent à une forme nuancée de l’arianisme, que condamna définitivement le concile convoqué en 381 à Constantinople par l’empereur Théodose. Mais entre-temps, la doctrine avait été transmise aux barbares Goths par Ulfila, l’un des leurs, initiée lors d’un séjour dans l’Empire romain d’Orient et qui, revenu chez les siens avec le titre d’évêque vers 350 leur avaient prêché l’Évangile traduit en langue gothique.

Sans doute cette traduction et la pratique du liturgie célébrée dans leur langue explique-t-elle le succès de l’arianisme chez les Goths, qui en firent un marqueur de leur identité et qu’ils transmirent, au rythme de leur migration vers l’ouest (jusqu’en Aquitaine pour les Wisigoths, en Italie pour les Ostrogoths), aux autres peuples barbares avec lesquels ils entrèrent en relations diplomatiques ou matrimoniales : Vandales, Suèves, Burgondes et même Francs.

Ce sont sant doute des émissaires goths, probablement ostrogoths, qui instillèrent l’arianisme à la cour de Clovis Ier, et obtinrent la conversion de Lantechilde, l’une des sœurs du roi franc. Toutefois, Grégoire de Tours raconte que celle-ci se convertit à la vraie foi sitôt après le baptême de son frère et qu’elle fut à cette occasion ointe du saint chrême. Il n’était pas nécessaire en effet qu’elle fut baptisée de nouveau puisque, comme tout arien, elle avait déjà subi le rituel de la purification. En revanche, il était essentiel que par l’onction, elle exprima son adhésion au Credo nycéen et au principe de l’égalité du Père, du Fils et de l’Esprit.

 

 

*relatif à la nature du Christ

**relatif aux liens existants entre les trois personnes de la Trinité

 

Source : Religions & Histoire N° 41

Par Lutece - Publié dans : Catholicisme / Religion - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 9 juin 2014 1 09 /06 /Juin /2014 08:01

Au début de 286, avant d'aller affronter les barbares du Rhin et de la mer du Nord, le César Maximien eut à combattre en Gaule des paysans et esclaves révoltés.


Mamertin, contemporain des événements et auteur des deux panégyriques de Maximien, en 289 et 291, évoque sans les nommer les monstra biformia qu'étaient ces rebelles, "laboureurs devenus fantassins, bergers mués en cavaliers", dévastant les campagnes 0207.jpg à la manière des barbares. Leur nom celtique de Bagaudes, peut-être dérivé de bagad, "combat", n'apparaît que dans la seconde moitié du IVe siècle, tant chez Aurelius Victor, pour qui les Gaulois appellent ainsi des bandes de paysans mêlés à des latrones, que chez Eutrope et dans la chronique de saint Jérôme, où les Bagaudes sont seulement des rusticani révoltés. Dans des textes hagiographiques beaucoup plus tardifs, les Bagaudes, paysans et esclaves soulevés par la misère et supposés chrétiens, réapparaissent : l'une des Passiones de Saint-Maurice-d'Agaune, abbaye située près d'Octodurum (Martigny), œuvre rédigée entre 475 et 500, ainsi surtout que la Passio des Saints Martyrs de la légion thébaine, écrite par Sigebert de Gembloux au XIe siècle, relient les Bagaudes à la présence du César Maximien dans les Alpes Pennines, à Octodurum : là, les soldats chrétiens de la légion thébaine, venue d'Orient, refusèrent de leur faire la guerre et furent exécutés sur l'ordre de Maximien, récit repris par l'auteur, au XIe siècle aussi, de la vie de saint Babelon, abbé de Saint-Maur-des-Fossés au VIIe siècle.

Si ces textes tardifs s'inspirent sûrement des souvenirs de la grande persécution contre les chrétiens, de 304 à 311, et de la grande révolte des Bagaudes du Ve siècle en Armorique et en Aquitaine, où ces rebelles avaient suscité la sympathie de saint Germain d'Auxerre et de Salvien, il reste que, d'une part, les noms des deux chefs bagaudes, Aelianus et Amandus, donnés par Aurelius Victor, Sigebert de Gembloux et l'auteur de la Vie de saint Babelon, sont reproduits par huit monnaies, d'authenticité douteuse cependant, et que, d'autre part, la Vie de saint Babelon mentionne un castrum bacaudarum dont huit documents des Ve-VIe siècle attestent l'existence à Saint-Maur-des-Fossés, sans qu'on puisse savoir s'il s'agit d'un fort occupé par les Bagaudes de 285-286 ou par ceux du Ve siècle.

Pour tenter de comprendre les Bagaudes, il faut se replonger dans la société gallo-romaine du IIIème siècle. À cette époque l’Empire a connu depuis longtemps son apogée et s’est replié sur des frontières plus faciles à défendre, le Danube et le Rhin. Mais sa richesse attire toujours autant les peuples voisins : à l’est, les Goths, allié envahissant, accentuent leur pression. Au sud, les Maures multiplient des razzias. Et à l’intérieur, l’instabilité gagne. Une période d’« anarchie militaire », se déroula suite aux assassinats des empereurs Sévère Alexandre en 235 et Carin en 285, année qui voit Dioclétien accéder officiellement au trône et restaurer la stabilité. Cette période d’un demi-siècle verra plus de 60 prétendants se disputer le pouvoir, lever des armées, annexer des provinces.

Entre 260 et 274, il existe même des « empereurs » gaulois dans une Gaule indépendante.

Les querelles de ces braves gens ruinent l’économie et affaiblissent le tissu social, tant à l’intérieur qu’aux frontières de l’Empire.

Les légions sont mobilisées pour s’entre-déchirer et la sécurité dans les campagnes n’est plus qu’un souvenir. Les raids germaniques de 276 et une piraterie croissante sur le littoral de la Manche conduisent à l’abandon de nombreux villages et la fuite des habitants vers les forêts. C’est dans les années 280 à 300, par exemple, que les ateliers de salaison installée sur le site de l’actuelle ville de Douarnenez (Finistère) cesse de fonctionner et que le sanctuaire gallo-romain du Haut Bécherel (Côtes-d’Armor), élevé à la fin du premier siècle, est abandonné et incendié. En 312, un notable d’Augustodunum (Autain, Saône-et-Loire), dans un discours voué à remercier l’empereur Constantin d’avoir allégé les impôts de sa ville, rappelle que nombres de ses concitoyens ont été réduits, dans les années précédentes, « à se cacher dans les bois ou même à partir pour l’exil ».

Cette crise politico-économico- militaire se déroule à un moment de mutation sociale. L’édit de Caracalla, en 212 a fait de tous les hommes libres de l’Empire des citoyens romains... mais pas égaux pour autant. En réalité, la société est, depuis longtemps déjà, scindée en deux. D’un côté, la classe des « honestiores » (sénateurs, chevaliers, militaires, fonctionnaires, prêtres et leurs familles) : ils détiennent les postes-clés, la richesse et le pouvoir. Leur position les exonère de l’impôt et leur permet d’être jugé par des tribunaux spéciaux. De l’autre côté, l’immense majorité de la population, les « humiliores » : est soumise à l’impôt, les corvées et les droits civils réduits. Il leur était interdit de détenir des armes, de changer de domicile ou de métier. Il existe enfin une troisième et une quatrième classe sociale, souvent négligées : celle des citoyens déchus pour dettes et celle des esclaves. Evariste-Vital_Luminais-Pillards_gaulois.jpg

                                          Pillards Gaulois, par Evariste-Vital Luminais


 Il est intéressant de préciser les régions gauloises concernées par ce soulèvement de petits paysans ruinés, d'esclaves et de colons des grands domaines émancipés à la suite des invasions du IIIe siècle, rusticani que vinrent rejoindre et encadrer des latrones et des soldats déserteurs, tels apparemment Aelianus et Amandus ? Comme les Bagaudes furent les premiers ennemis que combattit, pour gagner le Rhin, Maximien qui était à Mayence en juin 286, il est probable qu'ils sévissaient surtout dans les régions où débouchaient les routes qui, par les cols des Alpes et du Jura, menaient d'Italie en Gaule, régions d'ailleurs sillonnées par les invasions alamanniques depuis 254 et, en 186 déjà, par les bandes de l'ancien soldat Maternus, pillant les campagnes et même attaquant les villes. Là effectivement, le brigandage était endémique à la fin du IIIe siècle, attesté tant par un praefectus arcendis latrociniis institué par la cité de Nyon que par le nombre des trésors monétaires enfouis avec des monnaies terminales de Dioclétien-Maximien dans la région de Genève et, du côté gaulois, dans la Franche-Comté et les départements de l'Ain, de la Saône-et-Loire, de l'Yonne, de la Nièvre, enfin de l'Isère et de la Drôme, c'est-à-dire aux abords des routes allant d'Italie soit vers Lyon et Vienne, soit, par Besançon, vers Chalon-sur-Saône et Autun, d'où partaient les routes de l'Ouest et de la basse Seine, vers le castellum bacaudarum de Saint-Maur-des-Fossés, sur la Marne, à l'entrée de Paris.

Le vaste secteur routier d'au-delà des cols des Alpes occidentales devint le tractus de la Gallia riparensis organisé militairement en duché très tôt : d'après ce qu'il en reste dans la Notice des Dignités, il correspondait au débouché des routes alpines entre le lac de Genève et Marseille, la partie septentrionale dépendant d'un duc de Séquanique, lequel n'avait plus, alors, qu'une petite garnison à Besançon, comparable à celles de Milites distribuées dans les provinces des Lyonnaises à l'ouest de la Saône, sans doute parce qu'au cours du IVe siècle le brigandage était resté très actif dans la zone alpine et sa périphérie.

Maximien ayant soumit les Bagaudes en quelques mois, il reçut, dès avril 286, peut-être même plus tôt , le titre d'Auguste qui consacrait ses succès, il est probable néanmoins que cette rapide soumission fut incomplète et que le César se borna à rétablir des communications sûres dans la région de l'axe Rhône-Saône-Rhin, en guerroyant contre les bandes d'Aelianus et Amandus qui avaient réussi à s'imposer avec le concours des latrones locaux. Vaincus, les deux chefs bagaudes furent abandonnés par les rusticani, puisque Mamertin vante la clémence de Maximien envers ces misérables rebelles. Vainqueur, le César ne chercha même pas à atteindre, par les routes de l'Ouest qu'il avait rouvertes, le littoral gaulois dévasté par les pirates saxons et francs, dont Dioclétien avait confié la défense à un officier originaire de Belgique Seconde, le Ménape Carausius, probablement déjà investi par l'empereur Carin du commandement de ce tractus étendu aux côtes de Bretagne. Il s'empressa de pénétrer en Germanie Supérieure pour y lutter contre des barbares — Aelianus et Amandus avaient-ils essayé de les refouler ? — qui sont vraisemblablement des Alamans, car Maximien était à Mayence en juin 286.


Il est amusant de noter qu'à l'issue d'une des dernière bagaude menée en Gaule centrale en 448, par un médecin nommé Euxode, vaincu, celui-ci se réfugia à la cour d'Attila... 

 

Sources : www.theatrum-belli.com / Guerre et Histoire N° 18

Par Lutece - Publié dans : La Gaule Romaine - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Lundi 2 juin 2014 1 02 /06 /Juin /2014 06:34

À la fin du IIIème siècle, Maximilien Hercule envoya à Agaune (aujourd’hui en Suisse) une légion venue de Haute Égypte pour renforcer l’armée impériale qui allait combattre en Gaule.

Le défilé rocheux d’Agaune était un endroit stratégique, conduisant au Grand Saint-Bernard et permettant de franchir les Alpes.

La légion était composée de chrétiens. Elle avait à sa tête un dénommé Maurice. Arrivé sur les lieux, Maurice reçu l'ordre de tuer les habitants récemment convertis au christianisme, d’une ville située aux abords d’Octodure (Martigny). Ce copte, fidèle à sa foi, refusa catégoriquement de ce livrer à un tel crime.

L’ordre fut alors donné de massacrer Maurice, ces officiers Candide et Exupère, ainsi que tous leurs soldats.0208c.jpg 

                          Le Martyre de Saint Maurice par Le Greco

               Peinture sur toile (1582) - Escurial, Monastère de San Lorenzo


  0208.jpg  

 

En 515, Sigismond établit officiellement à Agaune, une abbaye vouée à la laus perennis, la louange perpétuelle de Dieu, et aux cultes de Saint-Maurice et des martyrs de la légion thébaine. Auparavant, une basilique avait été fondée sur cet emplacement par Théodule, évêque du Valais qui, d’un songe, avait vu l’endroit où, reposaient les dépouilles de Maurice et ses compagnons.

Protégé par les souverains burgondes, les papes et les comtes de Savoie, l’abbaye reçut en don de précieux reliquaires qui constituèrent un trésor exceptionnel. Saint patron du Saint Empire romain germanique, saint-Maurice fut vénéré au Moyen Âge par les plus grands souverains d’Occident, pour lesquels il offrait le modèle idéal du chevalier chrétien.

Les pièces les plus spectaculaires du trésor sont celles du premier millénaire, qui n’ont plus d’équivalent en France pour les périodes mérovingiennes et carolingiennes. Parmi celle-ci, le vase dit de Saint-Martin, qui servit de reliquaires au sang des martyrs thébains, offre un rare exemple d’orfèvrerie de la période mérovingienne : il s’agit d’un magnifique vase de Sardoine antique qui fut remonté, probablement au début du VIème siècle, avec une monture de grenats cloisonnés réhaussé de saphirs et d’émeraudes.Vase St Martin

On trouve également une représentation de la scène du martyre de candide, reproduite sur la partie inférieure d’une magnifique pièce de métal représentant le beau visage (idéalisé) du saint.st-candide-face.jpg

 

 
Source : Grande Galerie, le journal du Louvre N° 27
Par Lutece - Publié dans : Peintures/Sculpture d'Histoire - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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