Mardi 25 novembre 2014 2 25 /11 /Nov /2014 06:16

                           Mon premier livre d'Histoire de France

                             Cours élémentaire - Première année

 

   Image en couleur de René Giffey

                    1946

 

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Par Lutece - Publié dans : Histoire de France - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 22 novembre 2014 6 22 /11 /Nov /2014 18:20

 

L’enseignement, l’éducation des jeunes Gaulois, provenait principalement des druides. Cet enseignement druidique, paraît avoir été réservé principalement à la noblesse guerrière des gaulois, ce que César appelait les chevaliers, c’est-à-dire les combattants utilisant le cheval. Comme chez toutes les peuplades issues de la Germanie, l’éducation à la violence guerrière fut certainement primordiale : « il y eut un temps, dit César, où des gaulois l’emportaient en bravoure sur les germains, où c’était eux qui leur portaient la guerre et qui, par suite de leur nombreuse population et de l’insuffisance des terres cultivables, envoyaient des colons au-delà du Rhin. » Certes, cela ne dura qu’au cours des premiers siècles de leur indépendance, puisqu’une des causes de la conquête romaine fut l’appel des gaulois aux Romains pour les défendre contre les germains devenus trop belliqueux. Mais il n’empêche que demeurèrent longtemps chez eux des pratiques qui visaient à ne mettre en honneur que le courage et le mépris de la mort.

Les druides par leur enseignement, les prêtresses par l’exaltation consécutive au sacrifice humain, transformèrent la mort en un simple fossé qu’il suffisait de savoir sauter. Ainsi s’explique le fait qu’ils aient poussé des guerriers gaulois à combattre nus, s’offrant ainsi en véritable sacrifice au dieu de la guerre afin de rendre la tribu victorieuse. Ils leur enseignaient une technique d’exacerbation des sens qui permettait au guerrier de provoquer l’adversaire d’abord par une danse sauvage, accompagnée d’un chant ; nu, les armes à la main, l’homme finissait par entrer dans un état de fureur guerrière qui le poussait à ouvrir largement la bouche, tirant une langue énorme jusqu’à faire entrevoir le fond de la gorge et même quasiment (dans son esprit) le fond de son cœur. Cette férocité ainsi exhalée était perçue par les gaulois comme une manifestation du dieu infernal chthonien dévorant comme à l’avance l’ennemi. Cette technique de possession divine rendait ainsi à leurs yeux le guerrier invulnérable et invincible.

Il en reste de nombreuses traces dans l’inconscient collectif. Chimères et dragons sortant une langue démesurée symbolisèrent longtemps ses états de fureur destructrice et maléfique. Le folklore français conserva, lui aussi, par le biais des romans celtiques et bretons, comme Tristan et Iseut, le souvenir des sauvages gaulois coupant la tête de leurs ennemis et, surtout, mettant la langue à part. La légende de la bête à sept têtes en est un exemple bien connu, puisque le véritable vainqueur du monstre est découvert grâce au sept langues qu’il avait soigneusement conservées. Le symbolisme de la langue dans l’éducation gauloise et donc, au strict sens du mot, capital. Siège de la vertu belliqueuse, elle est aussi, par la parole qu’elle émet, la créatrice de l’éloquence politique, porteuse de messages, annonciatrice de prophéties et moyen privilégié d’exacerbation des pulsions homicides.

Ainsi druides, bardes et prêtresses apprenaient aux jeunes aristocrates, la fleur des guerriers, à « craindre les dieux, à ne rien faire qui ne soit noble et à s’exercer aux qualités viriles ». Ceux-ci devaient apprendre à se battre sous la direction des anciens, ce qu’une phrase bien comprise de César souligne lorsqu’il dit que les gaulois « n’admettent pas d’être abordés dans un lieu public par leurs propres enfants, avant que ceux-ci soient en âge de porter les armes ; ils estiment honteux qu’un fils encore enfant se tienne en publics sous les yeux de son père ».

Il fallait donc être considéré comme un guerrier adulte ayant voix à l’assemblée tribale et, pour cela, être passé par toute une formation. De même qu’il fallait vingt ans à l’apprenti druides pour être totalement initié, il devait exister aussi une véritable initiation pour ces guerriers en herbe que sanctionnait un rite de passage. Ces collèges de jeunes sont en effet courants dans toutes les sociétés indo-européennes, et c’est peut-être à eux que l’historien Polybe faisait allusion lorsqu’il parlait des hétairies des Celtes. Ils continuèrent très certainement sous la domination romaine, car, lors d’une révolte gauloise à Autun en 21 après Jésus Christ, Sacrovir « distribua en même temps à la jeunesse des armes fabriquées en secret ». Ainsi l’école romaine prenait-elle la suite de l’enseignement des druides et la noblesse gauloise continuait à faire s’entraîner les jeunes gens aux exercices physiques et militaires puisqu’ils ne possédaient pas d’arme et qu’ils surent manier celles qu’on leur distribua. 0219.jpg

Il est difficile de savoir comment cet entraînement se faisait. La chasse aux sangliers avec des épieux et des coutelas en étaient probablement la première forme. Le dressage des chiens, et peut-être aussi des faucons, constituait un apprentissage lent et difficile où le jeune Gaulois apprenait à lâcher la bête sur la proie de manière à faire se déchaîner toutes ses forces sauvages au meilleur moment. D’ailleurs, les gaulois importèrent jusqu’à la fin de l’Empire romain des chiens de chasse de grande race depuis l’Irlande. Ils les utilisaient aussi à la guerre pour les lancer contre leurs ennemis. De même, ils apprenaient à se servir pour la chasse à l’oiseau d’une espèce de javelot qui se lançait sans propulseur et qui allait plus loin qu’une flèche. Ils s’en servaient également en bataille rangée.

Ainsi la lutte menée contre les animaux permettait-elle de mieux affronter les hommes. La chasse préparait à la guerre. Il en résulterait une sauvagerie et une barbarie qui frappèrent beaucoup Grecs et Romains.

Au retour de la bataille, ils suspendaient à l’encolure de leurs montures les têtes de leurs adversaires. Ils en clouaient d’autres devant les portes. Ils embaumaient même les têtes des chefs de leurs ennemis à l’huile de cèdre et les exposaient dans leurs temples. Ainsi exaltaient-ils la violence pour que leurs jeunes gens devinsent des guerriers émérites.

L’embonpoint leur était interdit, et quiconque négligeant l’exercice physique voyait son tour de taille dépasser la mesure permise se trouvait sévèrement puni. Enfin, comme toujours dans ce milieu de compagnonnage militaire, il était normal que ces jeunes adolescents se prodiguassent mutuellement leurs charmes, car le désir de se montrer digne de son amant ne pouvait que pousser l’aimé à l’éblouir par son audace et sa force. L’amour pédérastique poussait ainsi à l’exaltation des forces physiques. De plus, il devait exister des jeux sportifs ou guerriers, du genre des courses de chevaux ou des combats de gladiateurs, auprès des sanctuaires religieux où se déroulaient de grandes fêtes solennelles, car une espèce particulière de combattants, appelé en gaulois cruppellaire, portait une cuirasse de fer lui couvrant tout le corps. Des esclaves sans cuirasse destinés à ces duels inégaux terminaient leur vie sous les yeux exaltés des spectateurs, ce qui n’était pas sans entretenir le goût du sang au milieu de ces festivités sauvages.

Nous ignorons l’âge auquel commençait et finissait l’adolescence aux yeux des gaulois, de même que nous ne savons pas quand l’enfant se trouvait séparé de sa mère.

 

Source : Histoire de l'enseignement et de l'éducation en France, Michel Rouche éd. Perrin

Par Lutece - Publié dans : Les Gaulois - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 15 novembre 2014 6 15 /11 /Nov /2014 06:52

Lors de la chute de l’empire romain (Romulus Augustule) en 476, les Francs se sont déjà installés en Gaule, après avoir (comme les Romains l’avaient fait aux Grecs, aux Égyptiens et aux Orientaux) pillé et ravagé les pays vaincus, jusqu’à la conquête du pouvoir par Clovis, roi des francs de 481 à 511.

 

À cette date, le concept de puissance publique n’existe pas encore ; le roi n’est reconnu que si, au gré des conquêtes de nouveaux territoires, il impose aux populations un prélèvement de leurs biens et les partages en récompense avec ses fidèles. Pillage et partages sont les deux piliers de l’identification au chef. Pourtant, les Francs pour les Wisigoths, découvre un oxydants romanisés, ou l’une des règles majeures du droit écrit et la reconnaissance de la propriété privée.

 

La dislocation de l’empire entraîne une désagrégation progressive de l’État et corrélativement de l’administration romaine, alors que symétriquement, en Orient, naissent des états puissants qui vont se doter d’une administration centralisée, dont les ressources proviendront pour l’essentiel de l’impôt (Empire byzantin, Empire des sassanides, Empire chinois...).

 

Pendant ce temps, en Occident, à Clovis se succédèrent des rois mérovingiens célèbrent sous leur nom de « rois fainéants » qui ne se donnèrent aucune peine pour le recouvrement des impôts. À l’époque, les rois tirent leurs ressources financières de l’agriculture et de la terre, par une confiscation de la quasi-totalité du territoire et des hommes qu’il occupe, au mépris de la propriété privée.

 

En pratique, le fonctionnement de l’État mérovingien (puis carolingiens) repose sur une participation directe des habitants, sous forme de corvées ou de prestations obligatoires, au rang desquelles celles du droit de gîte ou de transports issues des obligations d’hospitalité et de la poste imposées à l’époque romaine. Ainsi, un envoyé du roi pouvait exiger, où qu’il se trouve, d’être nourri, logé et de bénéficier de chevaux et voitures ; seule l’église était exempte de cette obligation. En effet, il est interdit aux agents royaux de pénétrer dans les territoires qu’elle possède au contrôle ; dans ce périmètre, l’église seule peut percevoir les ressources du roi.

 

À la fin de l’époque romaine, la puissance de l’église, lui a permis progressivement d'échapper à l’impôt et même d'en accaparer une partie à son profit. Les Évêques sont ainsi des percepteurs et de facto les plus gros collecteurs d’impôts, à telle enseigne qu’à la fin du VIIIème siècle, la vocation des gens de l’église peut être suspectée d’être inspirée davantage par des convictions d’ordre patrimonial que spirituel.0218.jpg

 

Au-delà du privilège de collecteurs, l’église réussie en outre à bénéficier à son seul profit d’un nouvel impôt, la dîme. Cet impôt obéissait aux mêmes principes que celui rencontré au cours de l’histoire, c’est-à-dire le paiement d’environ 1/12e ou 1/13e des revenus, récoltes, fruits... ; elle était perçue en amont des prélèvements seigneuriaux.

 

Progressivement, il s’est agi d’une véritable taxe parafiscale avec affectation spéciale, puisque la dîme comportait quatre parts égales réparties entre :

 

-          l’évêque lui-même ;

-          les Clercs ;

-          l’entretien de l’église ;

-          les pauvres.

 

La dîme rencontra un « grand succès », au point de se généraliser et donner naissance à différentes dîmes : « prédiale », qui portait sur les héritages, « mixte » (sur les fruits du travail et de la terre), « grosse » (blé ou vin...), « menue » (poulet, agneau, cochon...), « verte » (pois, les fèves et les lentilles...).

 

Le Clergé percevait le « casuel », une redevance due lors de la célébration des principaux sacrements (baptêmes, mariages et sépultures).

 

Cette pression fiscale supplémentaire au profit de l’église entraînera des réactions. Ainsi, le roi Clotaire II, père de Dagobert, promulguera en 615 un édits importants, contenant en germe l’idée d’un consentement à l’impôt ; c’est édit dispose que si un cens nouveau est ajouté de manière impie, après enquête et sur réclamation du peuple, il sera réformé. 250 ans plus tard, Charles le chauve (qui instaurera le serment de fidélité féodale) déclare dans l’édit de Pistes (864) que « le consentement du peuple confirmé par le Roi, est tel la loi. »

 

Source : Histoire du droit et de la justice en France, ouvrage coordonnée par Eve François éd. Prat

Par Lutece - Publié dans : Les Mérovingiens - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Mercredi 12 novembre 2014 3 12 /11 /Nov /2014 18:35

Etudier, imaginer, tester la cuisine gauloise ; c'est ce qu' Anne Flouest et Jean Paul Romac ont réalisé dans leur livre : "La cuisine Gauloise continue" présenté ici

 

Les viandes

Quelles viandes mangeaient les Gaulois ? À cette question on serait tenté de répondre : du sanglier. Et pourtant, dans les restes d’animaux issus des déchets culinaires, les archéozoologues identifient à peine 1 % d’os d’animaux sauvages, et les restes de sanglier, au demeurant facile à distinguer du porc, qui sont très rares.

On ne peut qu’être frappé, comme l’ont été les observateurs étrangers de l’Antiquité, par l’importante consommation de viandes et de laitages chez les Gaulois. L’ampleur des restes archéologiques en témoigne. Ces restes renseignent sur les espèces consommées, leur fréquence relative, leur stature, les modes d’élevage, leur mode de préparation (découpe, conservation, cuisson). Si une part des viandes était réservée aux morts, l’examen des parts réservées aux vivants montre que, globalement, tous les morceaux étaient consommés.

 

Viande de boucherie

Les archéologues ont mis en évidence la petite taille du bétail (bœufs, veaux, vaches, moutons et porcs). La qualité des viandes, alors moins grasse qu’aujourd’hui, n’en pâtissait cependant pas. Cette petite taille atteste que les gaulois étaient sans doute peu portés à sélectionner les races.

 

Gros bétail

La viande de bœuf (et de vaches) apporte près de la moitié de l’alimentation carnée. Les traces de découpe observée sur les eaux montrent qu’on distinguait, avec la même attention qu’aujourd’hui, les différents morceaux selon leur qualité : les pièces de premier choix (viandes à rôtir ou à griller : filet, gîtes, jumeaux, macreuse, culotte), puis les viandes à braiser (plat de côte, etc.) et, enfin, les viandes à bouillir (pieds, queue, etc.). L’âge d’abattage et le sexe sont aussi des paramètres qui jouent sur la qualité. Selon les maisons, la qualité diffère : les familles paysannes se contentent souvent de la consommation d’animaux de réforme, vieilles vaches laitières et vieux animaux de trait, tandis que des animaux jeunes sont appréciés dans d’autres maisons, peut-être plus aisée.


 

        Bœuf éduen

 

   • 1,5 kg de bœuf bourguignon

   • 1 l de cidre

   • 1 bouquet garni

   • Saindoux

   • Carottes

   • Champignons

   • Oignons

   • Echalotes

  Cuisson 2 heures

 

La veille, voir l’avant-veille, placer les morceaux de bœuf dans un pot, ajouter du sel fin, des condiments et un oignon coupé en tout petits morceaux ainsi que deux échalotes, mélanger le tout et laisser reposer une nuit.

Pendant ce temps, préparer la marinade. Faire bouillir un pot de cidre avec un bouquet garni, une pointe de miel et un petit morceau de couenne salée (la présence d’un morceau de salé et la courte salaison permettent à la viande de garder quelques couleurs sans devenir terne). Quelques bouillons, laisser refroidir une nuit environ. Verser la marinade dans le pot sur la viande, remuer, couvrir et laisser au frais une nouvelle nuit.

Le lendemain, laisser reposer la viande quelque temps pour qu’elle s’égoute ; au besoin, passer un linge pour enlever l’excès d’humidité. Dans une belle terrine, faire rissoler les morceaux de bœuf dans deux cuillerées de saindoux salé, faire dorer. Ajoutez la marinade chaude, faire prendre un bouillon, ajouter un bon bol de jus de veau ou, à défaut, un reste de bouillon de pot-au-feu, ajoutez les carottes, deux au minimum, des petits oignons, des champignons, un bel os fendu, laisser mijoter quelques heures, rectifier l’assaisonnement et servir !0216.jpg

Garniture : soit les carottes de l’accompagnement, soit autre chose, par exemple des pâtes fraîches, un plat de champignons ou des quenelles cuites dans un bouillon de pot-au-feu.

 

Source : Anne Flouest, Jean-Paul Romac, La cuisine Gauloise continue - éd. Bibracte & Bleu autour

Par Lutece - Publié dans : Cuisine Gauloise / Romaine - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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Samedi 30 août 2014 6 30 /08 /Août /2014 09:15

Les romains appelaient le coq : gallus, nom qui avec une majuscule désignait un habitant de la Gallia, de la « Gaule », un gaulois donc. Au Moyen Âge, les Anglais et les Allemands, se souvenant du double sens latin de gallus, ont par dérision associé le coq, volatile réputé 0215orgueilleux, prétentieux et vaniteux, aux français, lesquels ont assumé la comparaison, et adopté le coq comme image de leur fierté nationale.

Mais c’est surtout à partir de la révolution de 1789, que le coq gaulois s’est imposé comme symbole de la France, pour remplacer la fleur de lys, qui était l’emblème de la monarchie déchue.

En ancien français, le coq était appelé jal (ou gal, ou jau), mot issu du latin gallus. Mais, à partir du XIIe siècle, jal a été concurrencé et peu a peu éliminé par coc et coq, nom qui a très probablement été formé à partir d’une onomatopée. On sait qu’en latin l’onomatopée imitant le chant du coq était coco coco...

On a aussi retrouvé la trace, en latin tardif, du coccus, autre onomatopée, évoquant le caquettement de la poule. Mais, par ailleurs, en latin classique, le terme coccum désigne une couleur « rouge écarlate », comme la crête du coq : y a-t-il un rapport entre coccum et coq ? C’est possible, auquel cas le coq que serait un cousin de la coccinelle, insecte qui doit son nom à la couleur écarlate de ses ailes.

Quelle que soit son origine, le mot coq, dès lors qu’il s’est imposé en français, a donné naissance à une famille de mots nouveaux, parmi lesquels coquerycoq, puis coquerico, pour désigner le cri du coq. Car, jusqu’au XIXe siècle, dans les basses-cours françaises, les coqs poussaient des coquericos sonores, et ce n’est que dans les années 1860 que les coquericos sont devenus des cocoricos… 0214

Coquerico, l’ancien cri du coq, avait une variante, coquelicoq : ces deux mots, à partir du XVIe siècle, ont été également employés pour désigner une fleur des champs aux pétales rouges vifs, ressemblant à la crête d’un coq ; cette fleur, qui jadis était un coquerico ou un coquelicoq, est aujourd’hui appelé le coquelicot.

Au Moyen Âge, le coq, augmenté du suffixe péjoratif -ard, a donné le nom cocard ou coquard, lequel a d’abord désigné un « vieux coq », puis a pris un sens figuré, inspiré par l’allure et par le comportement du coq se pavanant dans la basse-cour au milieu des poules : ainsi, un coquard est devenu un « homme sot prétentieux », et l’adjectif coquard, a qualifié une « personne sotte et vaniteuse ».

L’adjectif coquard n’est plus guère utilisé aujourd’hui, mais deux de ses dérivés en revanche sont toujours bien vivants : le nom cocarde et l’adjectif cocasse. Commençons par la cocarde : ce nom, à partir du XVe siècle, a désigné, dans l’expression coiffée à la cocarde, une coiffe ornée de plumes de coq ou de rubans, et ressemblant à une crête de coq. Puis, au XVIIIe siècle, une cocarde est devenue un « nœud de ruban » décerné aux soldats comme décoration militaire, et un « un signe, généralement rond, que l’on porte en signe de ralliement à un parti politique » : ainsi, durant la Révolution française, certains portaient la cocarde blanche des royalistes et d’autres la cocarde tricolore (bleu, blanc, rouge) des révolutionnaires.

C’est au XVIIIe siècle également qu’est apparu, par déformation de coquard, l’adjectif cocasse : il qualifie « ce qui est d’une bizarrerie ou l’extravagance comique », « ce qui est d’un ridicule qui fait rire », comme le coq vaniteux et fanfaron, faisant de l’esbrouffe parmi les poules.

Dans la famille du coq, on trouve aussi le diminutif coquet, qui à l’origine a servi à nommer un « petit coq » ou un « jeune coq », avant de prendre, au XVIIe siècle, un sens figuré : un coquet devient un « homme qui cherche à plaire, à séduire ». À cette époque également, la coquette, version féminine du coquet, entre en scène : en effet, au théâtre, dans certaines comédies, on prend l’habitude de parler de la coquette ou de la grande coquette pour désigner le principal rôle féminin de séductrice et d’intrigante dans certaines comédies.

Employé comme adjectif, coquet, coquette qualifie, au XVIIe siècle, « celui ou celle qui cherche à plaire », et la coquetterie est le « souci de plaire ». C’est au XVIIIe siècle que ces mots prennent leur sens moderne : coquet, coquette signifie alors « qui a le goût des vêtements élégants, des belles toilettes et parures » ou « qui a le souci de plaire par sa mise, sa manière, ces attitudes, son esprit » et la coquetterie devient le « goût de plaire par ses vêtements, sa mise ».

 

 

Source : Virgule N° 86

Par Lutece - Publié dans : L'histoire des mots - Communauté : L'HISTOIRE DE FRANCE
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