Les lieux habités par l'homme sont fréquemment caractérisé par des mots désignant la maison.
« Maison » est issue de mansionem (accusatif de mantion), de la famille du latin manere « rester, demeurer ». Le terme apparaît rarement seul, trop
courant pour se passer d’un élément déterminant. En Vendée, sont issus de manere des noms formés avec –main « maison » comme La Mainborgère, avec –mans comme
Manfray « maison froide », Le Mans et Le Mans Brun – qui n’ont aucun rapport avec Le Mans dans la Sarthe, capitale des Gaulois Cenomani ou Cenomanni. Mes ou
mé, mai, may,meix… apparaissent dans Le Mée (Eure-et-Loir, Mesum 1192), Les Mées (Sarthe, Manso 1028), Meys (Rhône) ; on les
trouve dans Beaumetz
(Pas-de-Calais), Messas (Loiret) avec le latin arsus « brulé », Royaumeix (Meurthe-et-Moselle) avec royal. La langue d’oc qui, elle, utilise le dérivé mas,
possède des toponymes comme Mas-Blanc-des-Alpilles (Bouches-du-Rhône), le Mas-Grenier (Tarn-et-Garonne) ou le Mas-d’Azil (Ariège).
Parmi les dérivés des mansionem, le bas-latin a créé un nouveau terme, mansionile, devenu en français médiéval maisnil, mesnil, « maison avec terrain ». Il en existe des quantités, avec ou sans déterminant. Si le Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) évoque le terrain crayeux (XIe siècle), Ménilmontant, village rattaché à Paris en même temps que Belleville en 1860, serait, d’après Marianne Mulon*, un mesnil-Mautemps, du nom d’un possesseur, encore qu’une charte de 1224 latinise le nom en mesnilium mali temporis « mesnil du mau(vais) temps » ; les pentes de Ménilmontant ayant, de toute façon, favorisé la déformation en montant.
Les « Maison-Rouge » seraient-elles d’anciennes auberges situées le long des voies romaines ? Certaines sans doute. Mais, hormis quelques exemples (Rouge-Maison dans l’Aisne, la Marne, le Pas-de-Calais), Maison-Rouge conserve l’ordre substantif –adjectif du français moderne, plaidant pour le caractère récent de la formation. Par ailleurs, l’adjectif « rouge » peut caractériser n’importe quel bâtiment de cette couleur, sans que l’on puisse établir systématiquement un lien de proximité avec une voie.
Autre mot du bas-latin, casa, au sens de « maison » à, lui aussi, fourni d’innombrables toponymes, formés sur chese, chiese en langue d’oïl, sur casa en langue d’oc. S’il a lui-même disparu du vocabulaire français, il a tout de même engendré la préposition chez (d’abords chiés, 1130-1160), très employée devant des noms de personnes : Chez-Fortuneau, Chez-Gallant, Chez-les-Gens, Chez-les-Rois (Charente-Maritime). Les dérivés peuvent être seuls : La Chaise (Aube, Charente), La Chase (Lozère), La Chèze (Côtes-d’Armor), Caix (Somme), La Quièze à Saméon (Nord), Kiesa 1221, avec une phonétique picarde, ou s’accompagner de déterminants : Casefabre (Pyrénées-Orientales) avec faber, forgeron ; Casalta (Corse) « maison haute », Chèzeneuve (Isère). Dans le midi de la France, les dérivés donnent ; La Chaze-de-Peyre (Lozère), et les divers Cazals (Ariège Lot, Lot-et-Garonne), Cazaux (Ariège, Haute-Garonne, Gers, etc…)
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Borde « cabane, maisonnette, métairie » est un mot d’origine germanique (francique bort « planche », d’où borda « cabane » en latin tardif), désignant d’abord la maison isolée, puis des hameaux : La Borde (Aisne, Aube, Haute-Marne, etc…), Les Bordes (Cher, Côte-d’Or, Loiret, etc…). On connaît des dérivés Le ou Les Bourdeaux (Vienne, Deux-Sèvres), Bourdigal et Bourdigaux en composition Bordesoulle (Vienne) soulle « seule ». Quant à la ville de Bordeaux (Gironde), elle est mentionnée dans l’Antiquité romaine sous le nom de Burdigala, mais l’évolution phonétique qui a abouti au pluriel Bordeaux et laisse supposer une interférence avec le mot germanique borde, n’est pas claire. Dès le VIIe siècle, est attestée une forme Bordel, puis on trouve au XIIIe siècle, Bordeu.
Certains toponymes ont une connotation régionale. Pierre Gauthier** nous apprend que
La ou Les Bourrine(s) se trouvent tous dans le marais breton-vendéen (18 exemples), dont ils évoquent
l’habitation typique : « celle-ci tire son nom d’un adjectif formé sur le mot bourre désignant ici les joncs servant à la couverture ; à l’origine, on disait maison
bourrine sur le modèle de maison teubline « couverte de tuiles » ou chaumine « couverte de chaume ». Le bousillage (Vendée) conserve le terme désignant
« le torchis de terre et de paille détrempée » qui permet de construire cette habitation ; on le retrouve à Le Bousillé (Deux-Sèvres) ». En Île-de-France, Senlisse (Yvelines)
Scindelicias en 862, n’a rien à voir avec Senlis (Oise), issu du nom d’un peuple gaulois, mais désigne des maisons couvertes de berdeaux (du latin scindula
« bardeau »). Quant aux nombreux Malassis, Malassise (la maison de Malassize en 1373 à Voinsles, Seine-et-Marne), ils désigneraient des habitations mal construites, plutôt que
mal situées.
* Marianne Mulon, Noms de lieux d'Île de France, éd. Bonneton
** Pierre Gauthier, Noms de lieux du Poitou, éd. Bonneton
Photos : La Chaze de Peyre _ christiane53.over-blog.com - Bourrines vendéennes _ bourrines photographiées vers 1890 par Jules-César Robuchon
Source : L'Archéologue N° 105
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n’eut pas toujours pour les sénats des cités gauloises le respect et les
attentions que Flamininus et Paul-Émile avaient témoignés à ceux de la Grèce. Le régime oligarchique des chefs ne trouva pas chez lui les sympathies exclusives que le patriciat éduen avait
espérées. César ne tarda pas à moins s’inquiéter de ces aspirations monarchiques et populaires contre lesquelles Diviciac l'avait mis en garde. Du jour où il se crut le maître en Gaule, il pensa
qu’il lui était profitable d’avoir comme amis des tyrans ou des rois gaulois. Après tout, leur situation ressemblerait un jour à la sienne, et, dans ses luttes contre la noblesse italienne, il
trouverait un appui plus utile chez des rois amis de César que chez un sénat frère du peuple romain. Aussi peu à peu voyons-nous se réorganiser en Gaule, avec l’appui du proconsul, ces monarchies
que Rome et César lui-même avaient contribué à renverser.
Vosges, Arioviste amassait de nouvelles espérances. À
Bibracte même, Dumnorix ne renonçait à aucun de ses projets ; c’était un homme d’une ambition tenace, d’un esprit retors, d’un caractère souple, qui savait vouloir, attendre et se taire. Enfin,
les Helvètes n’abandonnèrent point leur résolution de s’établir dans l’Ouest : leurs préparatifs étaient achevés, leur migration commença (début de 58). Dumnorix avait conservé d’excellentes
relations et des attaches de famille chez les Séquanes, les Bituriges et d’autres peuples ; il demeurait l’ami des Helvètes, il avait parmi eux ses beaux-frères, les fils d’Orgétorix, auxquels la
nation avait laissé leur rang ; le chef éduen se tint prêt à accueillir les émigrés, en dépit de son sénat, et comme auxiliaires à ses entreprises sur la Gaule.
par les enzymes et bactéries contenues dans le malt
d’orge. On peut mélanger au malt d’orge d’autres malts ou des farines. Un beau jour de printemps, la Gauloise se mit en tête de préparer un gruau avec son orge germée. Quelques tours de meule
pour disposer d’une farine grossière, de l’eau chaude, un chaudron, le brassin est prêt. Mais les aléas des travaux domestiques ont éloigné la Gauloise de son feu qui s’est presque éteint… On
connaît la suite : le gruau commençait à fermenter !
La cervoise est vraiment terminée. Pour obtenir bulles et mousse, il
suffira d’ajouter du sucre sous forme de miel, à raison de 6 à 9g par litre. Mettre en bouteille ou consommer directement depuis un fût en fermentation. Tous les brasseurs s’accordent pour
affirmer qu’il n’y a ni bonne cervoise ni bonne bière sans une eau spéciale, en générale de l’eau de source issue de massifs granitiques, légèrement acide. Les eaux calcaires sont rarement
utilisées. Exclure les eaux chlorées.